Auteur : Sladana
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent toujours pas et je ne tire aucun profit de cette histoire.
Note : je suis absolument désolée d'avoir été aussi longue, je vous fais mes plus plates excuses. Le dernier chapitre est déjà écrit et arrive juste après. N'hésitez pas à me laisser des reviews !
Chapitre 13
- Comment ai-je pu accepter de porter ça ? grogna Drago
- Parce que je te l'ai demandé, sourit Katiouchka
- Il y a quand même des limites !
- Et comment te sens-tu ? demanda Harry
- Mal à l'aise et particulièrement stupide.
- Je vois ce que tu veux dire mais je faisais référence à ton…agression.
- Oh, de ce côté-là ça va. Mon ego en a prit un coup mais ce n'est rien par rapport à l'humiliation que je subis en ce moment même.
- Harry ne s'en plaint pas, remarqua la sorcière.
- Je prends sur moi, répondit ce dernier.
- Parce que moi je ne prends pas sur moi ? s'écria le blond. Je te signale que j'ai survécu à l'attaque d'un monstre sanguinaire qui…
- On se dépêche les garçons ! intervint Katiouchka. Notre train part bientôt.
Ils pressèrent le pas. Sur les docks de grosses caisses de bois prêtes à être embarquées étaient entassées. Quelques dockers étaient déjà à la tâche et sur les navires quelques marins s'affairaient à divers travaux.
- Voilà, ça doit être ici.
Harry leva les yeux vers l'enseigne dont la peinture s'écaillait.
- « La sirène mal embouchée » ? Tu es sûre ?
- Mais oui, entrez.
Ils pénétrèrent dans un bar sombre et il faut l'avouer plutôt glauque. Harry fut parcouru d'un frisson. Le sol craquait comme le pont d'un navire agité sous le roulis. L'odeur d'après Drago était celle d'une baleine bicéphale en décomposition avancée. Et Harry devait reconnaître que l'odeur de poisson était un peu forte. Quelques marins jouaient aux dés mais il n'eut pas le temps de voir si leur jeu différait de celui moldu car Katiouchka les poussaient déjà vers le comptoir. Le barman était une sorte de gros ours à l'épaisse moustache rousse mais ses petits yeux bleus s'éclairèrent à la vue de la sorcière.
- Katiouchka Majarski ! s'exclama l'homme. Si je pensais un jour te revoir ! Toujours pas décidée à m'épousée ?
- Toujours pas, Alan. Pas tant que tu seras mariée à cette mal embouchée ! J'ai un train à…
- Les gnomes des îles Sakisbima t'ont relâchés ? Il faut dire que tu y avais été un peu fort avec les…
- Hum, je suis un peu pressée là.
- Ce sont tes filles ? Elles sont très mignonnes…
- C'est-à-dire que…
Harry et Drago tentèrent de rester calme. Qu'ils portent des robes de filles passait encore mais qu'on leur dise qu'ils étaient « mignonnes », ils ne fallait pas trop pousser ! Le Serpentard triturait nerveusement sa grande natte blonde nouée par un ruban bleu. Comment avait-il pu accepter de porter une robe bleue bordée de dentelles ? Jamais il n'avait été plus humilié. Il avait cru défaillir quand Katiouchka leur avait expliqué son plan et aucune de ses protestations n'y avait changé quoi que se soi. Harry et lui reconnaissaient que c'était une bonne idée de camouflage mais de là à l'avouer… Harry portait une robe verte assortie à ses yeux, Katiouchka le trouvait absolument superbe. Il avait dû se retenir pour ne pas lui faire avaler sa robe.
- Alan, mon train part dans 3 mn !
- Il fallait le dire plus tôt !
Alan appuya successivement sur six écailles de la sirène dorée qui se trouvait juste derrière le bar. Les yeux de la créature mi-femme mi-poisson s'ouvrirent et elle tira la langue avec un sourire malicieux, laissant apparaître de longues dents. Et dans un grondement le mur du fond s'ouvrit en une large porte laissant apparaître un quai sur lequel s'affairaient tout un tas de sorciers.
- Il fut un temps où cette porte restait constamment ouverte, soupira Alan avec nostalgie. Mais j'ai bon espoir que cela redevienne ainsi, tu sais qu'ils vont rénover la ligne ?
- Oui, ça sera bon pour le commerce.
Katiouchka consulta rapidement l'horloge sur le quai. Il leurs restait très peu de temps.
- Bon, Alan, j'ai été ravie de te revoir mais je dois vraiment y aller.
- Bien sûr, sourit le sorcier, mais n'hésite pas à venir voir un vieil ami. Tu me présenteras mieux tes charmantes filles.
Ils saluèrent le barman et s'élancèrent vers le train. Il était bien loin d'être aussi rutilant que le Poudlard Express. Harry se demanda ce que pouvaient bien faire ses amis. Il espérait qu'ils ne se trouvaient pas dans une situation aussi étrange que la sienne. Déguisé en fille avec Drago Malefoy et poursuivit par la mère de celui-ci qui serait ravie de le livrer à son maître, beaucoup auraient craqués pour moins que cela. Le jeune homme ne comprenait pas vraiment ce qu'il le faisait tenir. Comment pouvait-il être aussi détendu dans un moment pareil ? Par ailleurs il ne s'inquiétait pas pour ses amis. Il les savait pleins de ressources. Hermione avait son implacable intelligence et le détachement de Ron lui permettait de prendre du recul dans n'importe quelle situation critique. Et Dumbledore devait veiller au grain. Le sorcier les avait écarté lui et Drago de l'école et du pays pour avoir un problème de moins à gérer. Ca avait été la décision la plus sage à prendre et Harry le comprenait. Seulement il avait toujours été avec ses amis quand ça allait mal. Là chacun devrait se débrouiller seul.
Le Gryffondor chassa ses pensées et suivit Kat' et Drago dans le train à la recherche de leur wagon.
Ca doit être ici, annonça la sorcière en ouvrant un compartiment dont le numéro était à moitié effacé. C'est…coquet.
Si des rideaux poussiéreux et des couchettes miteuses peuvent l'être, répondit Drago.
Ok ce n'est pas le grand luxe mais nous devrions y être en sécurité.
Bien sûr, les seules créatures capables de vivre là sont les fantômes et les Mangemorts alors nous devrions être tranquille.
Katiouchka le foudroya du regard et sortit après un rapide « Je vais inspecter les lieux, ne bougez pas de là. »
Tu y as été un peu fort, reprit Harry quand ils furent seuls. Elle fait tout ça pour notre bien.
Notre bien ? Tu as vu ce qu'on porte et dans quoi on doit voyager ? Ce train va prendre l'eau de toute part dès qu'il entrera dans l'océan !
Harry ne comprenait pas ce subit retour en arrière dans le comportement de son camarde. Il se conduisait à nouveau comme un petit imbécile.
Aurais-tu peur Malfoy ? Tu ne sais pas nager ?
Ta gueule Potter. Je pense juste que si Snape était là nous ne serions pas dans pareille situation.
Mais il n'est pas là ! Il nous a abandonné ! Kat' fait de son mieux en son absence et si tu n'es pas content tu n'as qu'à partir !
Et pour aller où ? Si tu es si malin dis moi où je peux aller ! Chez mes parents ? Ou chez mon traître de parrain ?
Harry avait touché au problème. Voilà ce qui tracassait Drago. Sans Snape il se retrouvait à nouveau seul.
Tu ne penses pas qu'il va revenir ?
Non, il faut voir les choses en face. C'est trop tard maintenant, il ne reviendra pas.
Le train se mit en mouvement. Les secousses faisaient trembler le train comme une énorme machine à laver. Il prit peu à peu de la vitesse et durant tout ce temps les deux adolescents étaient à la fenêtre, silencieux, à regarder le paysage disparaître et le fond de la mer apparaître.
Je n'aime pas Snape, commença Harry, mais je ne pense pas qu'il puisse t'abandonner comme ça.
Moi je le sais capable du pire.
Harry posa sa main sur l'épaule de Drago. Ce dernier la retira violemment.
Je n'ai pas besoin de ta pitié Potter.
Ma pitié ? Non, je n'aurais jamais pitié d'un petit imbécile comme toi.
Harry avait dit ça avec un grand sourire, il reprit.
Mais que dirait-tu de mon amitié ?
Drago ouvrait grands les yeux d'étonnement. Harry se mit à rire et le blond se renfrogna.
Je parle sérieusement Drago.
On ne dirait pas ! Je ne sais jamais à quoi m'en tenir avec toi.
C'est toi qui dis ça ? Toi la personne la plus inconstante que je connaisse ?!
Drago sourit et Harry en fut heureux. Il détestait plus que tout voir les gens tristes, même Malefoy.
A notre âge, il serait peut-être temps d'arrêter de nous comporter comme des gamins, suggéra Drago.
A notre âge ? Tu penses avoir quel âge grand-père ?! répondit Harry et, s'emparant d'un oreiller sur une couchette, l'envoya sur le blond.
Hé ! Tu vas décoiffer ma merveilleuse natte! s'écria Drago en lui renvoyant le projectile.
La bataille qui s'en suivit fut des plus animées. Les évènements se succédaient rapidement dans la confusion. Au final les deux garçons étaient étendus essoufflés à même le sol. Plus aucun drap ni oreiller ne se trouvait sur les couchettes et ils traînaient un peu partout dans un véritable bazard.
Je commence à avoir faim, dit Harry.
Tu ne fais que manger !
Et alors ? Je me dépense donc je mange, c'est normal.
Il va falloir faire attention à ce que tu manges, répondit Drago en s'asseyant pour tenter de renouer ses cheveux. Une véritable jeune fille fait attention à sa ligne.
Tu oublies que nous ne sommes pas de véritables jeunes filles. Attends, je vais t'aider.
Harry s'assit derrière Drago et entreprit de lui renouer les cheveux. C'était agréable de passer ses mains dans la longue chevelure blonde du garçon. Et après le combat amical qu'ils avaient menés, une pause n'était pas superflue. La porte s'ouvrit alors doucement sur une Kat' étonnée.
Mais… Mais c'est quoi ce chantier ?! Qu'est-ce que vous avez fait ?
Nous ? Rien, sourit Harry. Comme si des filles pouvaient mettre un tel chantier !
Si elles le peuvent, continua Drago, pour des fringues ou un mec !!!
Les deux adolescents éclatèrent de rire.
Je vois que vous vous amusez bien. Je venais voir ce que vous vouliez manger. J'ai repéré le wagon restaurant.
Je t'accompagne, dit Drago, enfin…si ça ne t'ennuie pas.
Bien sûr que non. A tout de suite Harry.
Ils sortirent dans le couloir désert. Les lampes à la lueur jaunâtre et le fond de la mer bleu sombre donnaient une ambiance quelque peu glauque.
Je voulais m'excuser pour tout à l'heure, commença Drago. Je n'aurais pas dû te parler comme ça. Tu te démènes pour nous alors merci.
C'est normal voyons. Qui serais-je si je vous laissais dans pareille situation ?
Snape.
Oui, bon, ça c'est un problème que je règlerais plus tard. Je peux t'assurer que quand je l'aurais retrouvé je lui ferais regretter son départ.
Je te fais confiance !
Le voyage se passa bien. Le train était quasiment vide de tout voyageur mais la sorcière restait sur ses gardes. La nourriture n'était pas trop mauvaise et Drago parvint même à ne faire aucun commentaire à ce sujet.
Au petit matin le train commença sa remontée vers la surface. Drago et Harry étaient à la fenêtre de leur compartiment, enroulés dans leurs draps après une nuit presque calme, pour admirer les derniers poissons et les premiers oiseaux. La nuit n'avait pas été aussi calme que l'aurait voulu la sorcière. Les deux garçons s'étaient chamaillé comme des amis de toujours. Et si Katiouchka était ravie de cette nouvelle relation elle aurait préféré qu'ils dorment comme les bébés qu'ils n'étaient plus.
On arrive quand ? demanda Harry pour la centième fois.
Dans deux heures. Tu n'as pas de montre ?
Je l'ai perdue…au Brésil je crois. Et il n'y en avait pas dans ma panoplie de fille.
Mais il y avait de sublimes rubans pour les cheveux, sourit Drago, et c'est le plus important !
Vivement qu'on arrive et qu'on les enlève, soupira Harry.
Dès que nous aurons quitté les abords immédiats du train vous retrouverez vos vêtements habituels, sourit Kat'.
Peu avant midi le train accosta à Londres après avoir remonté la Tamise. Les trois sorciers purent constater combien effectivement le train était vide. N'avaient voyagé avec eux que deux grands-mères aux manteaux élimés, un vieil homme à la barbe à moitié brûlée et une famille nombreuse où les enfants braillaient comme rarement Katiouchka avait entendu brailler. Il y avait aussi trois hommes portant des costumes moldus parfaits, sans la moindre étrangeté et deux fillettes qui avaient l'air de partir pour un long voyage. Katiouchka et les deux garçons quittèrent rapidement le reste du groupe pour se noyer dans la masse des Londoniens. En ce début de mois de janvier l'air était particulièrement glacé et les gens marchaient rapidement emmitouflés dans d'épais manteaux. En un tour de baguette Katiouchka fit disparaître les robes des deux garçons pour les vêtir de vêtements chauds et de longues capes d'hiver.
La guerre n'est pas encore parvenue jusqu'aux moldus ? s'étonna Drago.
Quelques évènements isolés seulement mais ils ne voient rien. On ne voit que ce que l'on veut voir. Venez, le ministère est par là.
Harry reconnaissait les bâtiments qu'ils avaient pu voir l'année précédente en compagnie de Mr Weasley puis en fin d'année. Le pub avait la même allure insalubre et le ministère de la Magie à côté était tout aussi peu impressionnant. Ils entrèrent dans la vieille cabine téléphonique rouge encore plus vandalisée si c'était possible que dans son souvenir.
Alors, voyons, réfléchit Katiouchka, le code…
Je le connais si tu veux, proposa Harry.
Le nouveau ? Ils l'ont changé depuis l'année dernière. Alors, deux…trois…neuf, quatre, zéro.
Comme Harry s'y attendait la même voix féminine et peu engageante répondit.
Bienvenue au Ministère de la Magie. Veuillez décliner vos noms, prénoms et la raison de votre venue.
Majarsky Katiouchka, Malefoy Drago et Potter Harry. Nous venons sauver un vieil ami.
Merci. Veuillez prendre vos badges et les mettre à vos robes.
Trois badges en métal à leurs noms tombèrent du poste de téléphone puis la cabine s'enfonça dans le sol pour atteindre, enfin, le Ministère. Les sorciers du Ministères étaient pressés, affairés à tenter de gérer l'actuelle situation du monde sorcier. Ils ne prêtèrent pas attention à la sorcière et aux deux garçons, semblant les ignorer même.
Je n'aime pas ça, confia à voix basse Katiouchka aux deux adolescents. Restez sur vos gardes.
Harry les guida jusqu'à la salle où se trouvait le voile. Rien n'avait changé, les traces du combat avaient été enlevées mais à part cela rien n'avait changé. Il ne put s'empêcher de retenir son souffle en voyant le voile. Il revit le visage de Sirius quelques instants avant qu'il ne disparaisse. Drago posa sa main sur son épaule et cela l'apaisa quelque peu.
Ca va aller, lui assura le Serpentard.
Harry sourit et Drago s'écarta. Katiouchka s'approcha et lui tendit le collier contenant le fragment d'âme.
Moi ? Tu ne veux pas le faire ?
Non, c'est à toi que revient cet honneur. Tu n'as qu'à tendre ton bras et de lâcher le collier.
Et ensuite ?
Ensuite nous attendons le verdict.
Harry fit quelques pas en direction du voile. Il tendit le bras, le collier brilla légèrement puis disparu dans les ténèbres. Les minutes s'égrainaient dans l'immense sablier posé non loin de là. Harry commençait à perdre patience et espoir. Drago croisait les doigts, cela portait parait-il chance pour les moldus. Katiouchka fermait les yeux et priait tout les dieux qu'elle connaissait de leur venir en aide. Ce serait trop horrible et trop douloureux si elle s'était trompée. Un quart d'heure s'écoula sans qu'il ne se passa rien. Soudain Kat' réagit.
Passe ton bras Harry ! A travers le voile !
Harry s'exécuta prestement. Il sentit alors une main maigre s'agripper à la sienne et le tirer à l'intérieur. Drago accouru et le retint par la taille.
C'est Sirius ! s'écria la sorcière.
A son tour elle vint aider Harry et bientôt un homme maigre et sale ressortit du voile. Harry se jeta dans ses bras et ne le lâcha pas avant plusieurs minutes.
Tu m'as fais si peur disait-il entre ses sanglots.
Ha…Harry.
Le Gryffondor se mit à rire, relâchant ainsi la pression qu'il avait accumulée peu à peu. Kat' et Drago regardaient la scène avec émoi. La sorcière versa elle aussi quelques larmes. Ce n'est que lorsque Harry s'éloigna que Sirius la remarqua.
Katiouchka ? C'est toi ? Qu'est-ce que…Comment…
Oh Sirius !
Et la sorcière vint se jeter dans ses bras.
Tu m'as tellement manqué. Je suis désolée…
Tu n'as rien te reprocher.
Sa voix était rauque et coupée comme s'il n'avait pas parlé depuis une éternité, ce qui était probablement le cas.
J'aurais dû comprendre plus tôt. J'aurais dû leur faire comprendre…
Les regrets ne servent à rien, tout ce qui compte est le moment…
Des applaudissements froids vinrent l'interrompre.
Absolument charmant cette petite scène de retrouvaille.
Severus ? Tu nous as enfin rejoint…
Et il n'est pas seul.
Voldemort et deux Mangemorts dont Lucius Malefoy entrèrent à leur tour dans la pièce qui se glaça aussitôt. Katiouchka se plaça instinctivement devant Harry et Drago. La situation était absolument critique. Drago n'avait plus de baguette, Sirius n'était pas vraiment en état de se servir de la sienne. En somme seuls Harry et elle pouvaient faire quelque chose, s'ils pouvaient faire quelque chose contre Voldemort. Il restait encore Severus. Il pouvait peut-être les sortir de là. Il fallait gagner du temps.
Que voulez-vous ? siffla t-elle.
Potter, je ne veux que lui. Par contre il est possible que Lucius souhaite vous voir mourir, Melle Majarsky.
Je n'en attendais pas moins de lui.
La sorcière tenta de calmer ses mains qui tremblaient. Cette confrontation avec le Seigneur des Ténèbres était cauchemardesque et elle se demanda comment elle ne s'était pas encore évanouie. La réponse était presque trop simple, elle avait encore de l'espoir. Severus était là, il savait probablement quoi faire.
Ne m'oubliez pas, dit Sirius dans un râle, je suis toujours là. Je ne vous laisserais pas faire.
Vous ? Résidu de cadavre, Severus aura tôt fait de vous régler votre compte. Il ne rêve que de ça.
Résidu de cadavre ? Je vous retourne le compliment !
Katiouchka accusa un choc. Severus n'était pas là pour les sauver ? Comment…comment était-ce possible ? Il avait trahi à nouveau. Cela ne semblait étonner personne sauf elle. Drago avait un air si détaché qu'on eut dit qu'il était prit de folie. La scène qui se déroulait sous ses yeux n'avait pas plus d'importance que s'il regardait la télévision, pour peu qu'il eut connu la télévision. Harry s'en aperçut, prit en compte cette information mais ne bougea pas.
Severus ? parvint à dire Kat'. Pourquoi ?
Cessons ces bavardages inutiles ! la coupa Voldemort. Potter, j'attends. Vous restez là sans bouger, avez-vous oublié qui a tué vos parents ?
Harry fit un pas en avant et Kat' tenta de la retenir mais en vain. Il était clair que le garçon souhaitait se venger à ce moment là. Elle comprit qu'aucun argument n'y ferrait. Elle-même ne souhaitait que la mort de Lucius. Elle vit un éclair de fureur et de folie dans les yeux d'Harry.
Je n'aurais de répit que lorsque votre sang s'épanchera à mes pieds !
Et Harry se jeta sur Voldemort. Ce fut le signal qu'attendaient les Mangemorts pour attaquer. Drago, démuni de toute baguette évitait les sorts et tentait de jeter les objets qui lui tombaient sous la main sur son agresseur. Sirius se démenait mais la fatigue rendait ses muscles quasiment inactifs. Les sorts qu'il lançait étaient faibles par rapport à ceux de Severus. A ce rythme il ne tiendrait pas longtemps. Severus semblait prendre un malin plaisir à ce combat, comme un chat avec sa proie. Katiouchka quant à elle, parait tant bien que mal les sorts de Lucius mais la différence de niveau était énorme. Jamais elle n'atteindrait son niveau et elle le savait depuis longtemps.
Harry s'en sortait tout aussi bien avec Voldemort. La haine l'aveuglait complètement et il combattait sans réfléchir, dans le seul but de faire souffrir son adversaire autant qu'il avait souffert par sa faute. Après quelques minutes à peine de combat de bilan était mauvais. Sirius avait tout le côté droit du corps incapable de faire un mouvement, Drago avait le dos en sang, Katiouchka avait perdu l'usage de la vue pour son œil gauche et ses jambes étaient lacérées de milles lames et Harry était gravement brûlé sur tout le buste.
Katiouchka tentait de rester concentrée sur cet homme qui lui avait et qui lui faisait tant de mal. Jamais cela ne finirait, ou si cela finissait ce ne serait que par sa mort à elle. Soudain, le corps Sirius assommé atterri à ses pieds. Elle leva les yeux vers Severus, oubliant Lucius momentanément.
Comment as-tu pu faire ça ? Je te faisais confiance !
A d'autres ! Il n'y en a toujours eu que pour cet imbécile !
Je t'ai attendu tu sais ? Je n'ai pas cessé de d'attendre.
La sorcière, du seul œil valide qui lui restait, regarda Lucius. Il attendait avec calme la fin de la discussion et le moment opportun pour l'expédier dans l'autre monde. Severus quant à lui semblait décontenancé. Katiouchka le regarda et fut prise d'une tristesse qu'elle n'aurait pas imaginé.
STUPEFIX !
Katiouchka s'était retournée et, aussi vive que le vif d'or, avec stupéfixé le Mangemort qui en avait après Drago. Les deux Mangemorts n'avaient pas fait le moindre geste.
Bien joué Katiouchka, sourit Lucius, mais il en faudra bien plus pour te sauver.
Hahaha ! Parce que tu crois que j'ai encore la prétention d'espérer me sauver ? Enfin, regarde mes troupes, nous ne nous battons que pour l'honneur. Parce que nous nous battons pour ce en quoi nous croyons et nous nous y tenons !
Et vous allez mourir pour cela aussi !
Je ne parierais pas mon chapeau là-dessus, dit une voix grave au fond de la pièce.
Dumbledore ! s'écria la sorcière.
Le vieux sorcier semblait mal en point. Le bas de sa robe était brûlé, ses épaules étaient lacérées et une large entaille lui barrait le visage. Malgré cela il gardait un air fier et puissant. Le poids qui écrasait Katiouchka depuis l'arrivée des Mangemorts et de leur maître sembla se soulever un peu.
Harry, toujours aveuglé par sa rancœur et sa haine, n'observait pas se qu'il se passait à l'autre bout de la pièce. Combattant dans le coin le plus sombre, son seul objectif et soucis était Voldemort. Il l'aurait ce soir ou il mourrait. Il ne pouvait y avoir d'autre issue. Il était couvert de blessure mais il ne ressentait absolument rien. Il était anesthésié contre toute douleur physique. Ce n'est que lorsque Drago passa dans son champ de vision, derrière Voldemort, qu'il le remarqua. Drago était seul, aucun Mangemort ne l'attaquait mais Harry n'y pensa même pas. Ils échangèrent un bref regard que le Seigneur des Ténèbres ne nota pas. Il n'avait pas même noté la présence du blond tant lui aussi était concentré sur ce combat. Cela devait être LE combat, celui qui assiérait son pouvoir sur le monde sorcier. Avec la mort du garçon tout espoir quitterait ses ennemis. Il ne pouvait perdre. D'ailleurs sa victoire était courue d'avance. Il n'avait quasiment aucune blessure et le garçon était au bord de la mort.
Le regard qu'échangèrent Drago et Harry ne dura qu'un centième de seconde mais ce temps, si bref soit-il, leur suffit pour se dire tout se qu'ils n'avaient jamais osé se dire.
Allez Potter, est-ce tout ce dont vous êtes capable ?
Harry ne répondit pas et se contenta de rire d'un rire presque dément. D'un ton méprisant il lui répondit :
Non, je suis capable de bien pire.
Et Harry, lâchant sa baguette, se rua sur Voldemort. C'est le moment qu'attendait Drago pour s'allonger sur le sol. Le sorcier trébucha, perdit l'équilibre et bascula dans les tréfonds obscurs du voile juste derrière lui. Harry, au dernier moment, fut retenu de cette même chute par Drago. Durant plusieurs minutes le Serpentard ne le lâcha pas. Ils ne pensaient pas aux autres ou ne voulaient pas y penser. Ils ne voulaient pas savoir. S'il leur était arrivé malheur ils ne pourraient pas y survivre. Seul comptait pour le moment ce corps serré contre le leur.
Harry ?!
Harry ouvrit les yeux. Il était encore dans ce maudit ministère. Drago s'était assoupi dans ses bras. Il sourit quand il vit sa marraine, son sourire redoubla quand il vit à ses côtés son parrain. Les larmes de joies ne coulaient même pas tant il était exténué.
Comment ? bredouilla t-il.
Les deux sorciers s'écartèrent pour laisser apparaître Dumbledore.
Il est temps d'y aller, dit-il d'une voix douce. J'en connais deux qui trépignent d'impatience de te revoir.
Vraiment ? Ron et Hermione vont bien ?
Oui, rassure-toi. Ils ont vaillamment combattu et s'en sont sortis sans dommage.
Je le savais…
Et Harry sombra à nouveau dans le sommeil.
