Le marionnettiste

Titre : Le marionnettiste

Auteurs : Kris & Stellar

Genre : Slash HP-DM en 7 chapitres

Résumé : Qu'est-ce qui excite Harry ? Que ses amants portent des uniformes de fille. Maintenant, qu'est-ce qui excite Draco ? Harry Potter et ses fétichismes. Ajoutez un prof un peu voyeur…

Rating : K

Spoilers : Aucun

Disclaimers : Persos de JK Rowlings

Playlist écoutée au moment de l'écriture : Des'ree – Kissing you, Stina Nordenstam – Little Star, Gavin Friday – Angel, Cocorosie – Friday, Mundy – To I bestow, One Inch Punch - Pretty Piece of Flesh, Garbage - #1 crush, Radiohead – Talk show host, Kyo – Dernière danse, Scorpions – Still loving you, Royksopp – Tristesse globale, Sugarbabes – Too lost in you, Robbie Williams – Advertising space, The Pretenders – I go to sleep, Disturbed – Darkness, Bush - Inflatable, Garbage – Cup of coffee, Gary Jules – Mad world, Archive – Clouds in the sky, Muse – Butterflies and Hurricanes, Sneaker Pimps – Loretta Young Silks, System of a down - Chop suey, Erik Satie – Gymnopedie #1.

Note : Utilisation des termes anglais : Slytherin (Serpentard), Gryffindor (Gryffondor), Head Boy (Préfet en chef), Snape (Rogue), NEWTs (ASPICs)

Note 2 : système de notation (du meilleur niveau au pire) : O : Optimal ; E : Effort exceptionnel ; A : Acceptable ; P : Piètre ; D : Désolant ; T : Troll.

Note 3 : Ise : baie japonaise (on a mis une petite carte du Japon sur note site). Quelques termes relatifs à la culture shinto : jinja : sanctuaire shinto, Amaterasu : la déesse du Soleil, hakama : large pantalon plissé, haori : longue tunique, le chiffre 3 : au Japon, le chiffre «3 » symbolise la longévité et comme c'est un chiffre un impair, il ne peut être divisé. Il est important de savoir que les Samurai avant de se faire harakiri ou seppuku boivent 2 gorgées de saké, de ce fait 2 gorgées symbolisent « aucune longévité » et 4 gorgées symbolisent Shi ou « Mort », tamagushi : petite branche de l'arbre à feuilles persistantes auxquelles on attache des bouts de papiers blancs pliés que l´on donne en offrande au temple. ça représente le lien entre le kami (kami divinité shinto, pour Harry et Draco, ils ont choisi Amaterasu comme kami protecteur de leur mariage) et l´âme humaine.

Note 4 : Vous pouvez voir la tenue de mariage sur notre site. Sur la photo, le haori est noir. Pour le papillon en orgami, c'est Stellar qui l'a fait mais c'est une version moderne du papillon. Le papillon du mariage shinto est beaucoup plus complexe.

Note 5 : c'est toujours sympa de voir que l'histoire vous plaît, on promet un beau final... et de belles retrouvailles...Merci encore de nous suivre :-)

Note 6 : très Joyeux Noël !!! K & S

Note 7 : RAR (c'est un peu long, mais c'est pask'on vous aime )

Vert Emeraude : désolées, la fin heureuse ne sera pas pour ce chapitre. Mais bon, si le temps passe ça ira peut-être mieux entre eux, non ???Garde espoir, on aime les happy end

Nadwen et Tatsu-chan : d'abord, c'est Snape le sadique, pas nous, lol

zaika : Mmmmmh, non non, Roméo et Juliette, on les laisse à Shakespeare. Ne t"inquiète pas

Sahada : courage, ça viendra ce jour. Pas tout de suite, mais... après celui-là, il n'y a plus qu'un chapitre, et le titre est prometteur, non ??

Dramyre lovy : les explications commencent à arriver. Si tu aimes les révélations... tu vas être ravie !!

Polarisn7 : bon, désolée de l'avoir fait pleurer, mais de toute façon, c'est au tour de Harry de pleurer. Donc... désolée à l'avance...

petite abeille : tu veux qu'ils finissent ensemble??? mmmmh, encore un peu de patience, alors.

Maco : petit avertissement : si tu as pleuré au chapitre 5... prépare le paquet de kleenex là aussi.

Lovely A : MERCI !!

Lightofmoon : voila la suite aujourd'hui comme prévu, et même plus tôt que d'habitude. Pour le sadisme... on s'est lâchées encore, dsl :-$ Merci d'aimer

Zelda-sama : huhu, on sait, on est des méchantes. On aime jouer avec vos nerfs, yark yark ! Mais c'est pour rendre tout ça encore plus intéressant

Lady Shadow Cassandra : MDR !!! On aurait dû te prendre en conseillère pour les titres Bon, pour le M, le côté lemon s'amoindri pour la suite (qd il y a un scénar, on a plus de place pour le sexe, dsl ;-)

Bonne lecture à tous et toutes !!! Et pour les votes du titre de ce chapitre : 4 voix pour le 2 / 2 pour le 1. Donc... :



- Quelque part, sous les cerisiers en fleurs -

Ise. Dans le jinja de bois et de chaume le plus vénéré du Japon, ils se dirent « oui ». Devant Amaterasu, ils se jurèrent amour et fidélité.

C'est Harry qui décida pour une cérémonie traditionnelle shinto. Draco approuva rêveusement, se demandant si le kimono serait assez sexy et si le décalage horaire ne le fatiguerait pas trop. Ils rencontrèrent un prêtre et lui exposèrent la situation. L'union devait avoir lieu le 21 mars, quand les premiers rayons du soleil embraseraient le ciel. Le religieux rechigna un peu. Ils étaient adolescents, non-Japonais et surtout, ils étaient du même sexe. Une fois encore c'est Harry qui prit la parole. La malédiction qui les frappait était puissante : seule une religion puissante pouvait la contrer. Et qui mieux qu'un prêtre du pays du Soleil Levant pouvait défaire ce sort ? Le bât blessait toujours au niveau de l'homosexualité. Harry abattit sa dernière carte. Ils étaient deux garçons mais un mariage d'amour serait sûrement plus efficace qu'une union arrangée. Un peu malgré lui, le prêtre, lui-même sorcier, accepta. Mais la cérémonie traditionnelle devrait être respectée. Les deux amants avaient eu de la chance : l'équinoxe de printemps coïncidait avec un jour faste. Draco demanda en quoi ça pouvait avoir de l'importance. Et puis d'abord, qu'est-ce que c'était qu'un jour faste ?

« Les jours fastes et propices d'une année chinoise correspondent aux jours où l'orbite de la révolution de la Terre autour du Soleil projette sur le Globe Céleste. Ils se calculent selon le calendrier lunaire. »

Harry sourit. Vu la tête de Draco, il n'avait toujours pas compris. Il développa :

« Les jours fastes correspondent aux jours propices sur le plan mystique… Des espèces de jours bénis qui favorisent les démarches professionnelles, judiciaires ou… personnelles comme… le mariage, simplifia le rouge et or en caressant du regard son fiancé. C'est… pour nous marier sous une bonne étoile… »

Le blond sourit et se blottit dans les bras de son Harry. Il lui faisait confiance et après tout, une étoile de plus dans leur union ne ferait pas de mal.

Ils transplanèrent la veille du mariage. Le matin du jour J, conformément à la tradition, ils revêtirent le hakama et le haori de cérémonie - noir pour Harry, bleu pour Draco.

Arrivés au temple, ils furent séparés, chacun dans une antichambre. Mais c'est ensemble qu'ils entrèrent dans le hall de cérémonie, suivis par deux témoins, « recrutés » dans la rue. Les futurs mariés s'assirent au milieu de la pièce. Un roulement de tambour précéda les prières purificatrices du prêtre. Puis eut lieu le Sansankudo ou rituel du saké qui consistait à s'échanger à trois reprises des coupes de saké qui devait être bu en trois gorgées. Cet échange symbolisait le mélange des principes féminins et masculins au sein du couple. Le religieux fit ensuite une autre prière, tout en agitant une branche de l'arbre sacré sasaki (pour chasser les mauvais esprits et convoquer les bienveillants afin qu'ils purifient et bénissent les deux époux) et ils récitèrent chacun leur tour leurs vœux écrits en furigana. Harry et Draco s'étaient entraînés et avaient beaucoup ri de leur prononciation maladroite. Le furigana était des caractères japonais très complexes et difficiles à lire. Le prêtre les leur avait retranscrits en phonétique pour en faciliter l'apprentissage. Enfin, ils posèrent ensemble la tamagushi sur l'autel en offrande à Amaterasu. D'autres bénédictions achevèrent la cérémonie. Les témoins quittèrent le hall et les époux signèrent le registre.

Les deux adolescents étaient mariés à présent. Leurs cœurs débordaient de joie. Sans honte ni tabou ils déambulèrent dans la ville de Nagoya, au nord de la baie. Toujours indifférents au regard des passants, qui s'étonnaient de voir deux hommes ainsi vêtus et aussi jeunes se tenir la main, ils se lassèrent de la métropole assourdissante et achetèrent à manger à emporter. Sous les cerisiers en fleur, ils déjeunèrent de sushis dans le parc de la ville, le parc Meijo, véritable poumon vert de la cité. Là, Draco voulut visiter le château de la ville. Exauçant son époux - son « époux » !!!! - Harry prit deux billets. Quand ils furent fatigués, ils regagnèrent leur chambre. Draco fut ébloui : la pièce baignait dans la lumière. Des pétales rose pâle de cerisiers parsemaient le drap blanc du lit matrimonial et deux papillons en origami s'étaient posés sur chaque oreiller. Le Gryffindor grimpa sur le lit et recueillit un des papillons dans sa main :

« C'est un porte-bonheur, expliqua-t-il. L'origami est présent dans le shintoïsme. Le papillon, c'est pour le mariage. »

Il avança vers Draco à quatre pattes sur le lit :

« Tiens, il est pour toi celui-là. On en a un chacun… le même… »

Draco exultait ! Il prit l'insecte de papier et le posa sur la table de nuit. Il ôta ses chaussures et rejoignit Harry sur le lit. Ce jour était parfait. Il était marié au plus beau garçon du monde, leur chambre était on ne peut plus luxueuse, il adorait le Japon et surtout… et surtout il allait faire l'amour à son mari sans avoir de crise. C'était fini les accès de démence post-orgasmiques. Il allait vivre pleinement son amour pour son Harry. Il dénoua en silence le haori du gryffy, puis le sien :

« Et notre lune de miel, Monsieur Harry Potter-Malfoy ? » lui susurra-t-il langoureusement au creux de l'oreille.

Comme par magie, les derniers vêtements disparurent et les deux jeunes garçons s'aimèrent toute la nuit parmi les pétales rose pâle, uniques témoins de leurs ébats.


Qui prédestinait les deux ennemis à enterrer leur haine sous un parterre d'amour et de passion ? Comment en étaient-ils arrivés là ? Que s'était-il passé dans la salle des Requêtes le soir-même du dépucelage de Draco ?

Draco avait de lui-même écarté la lame. Il l'avait lâchée et sanglotait doucement, le cœur en poussière. Il était resté inerte, comme une poupée cassée aux pieds de Harry. Harry qui lui avait menti depuis le début et son parrain qui… qui les avait regardés… C'était trop horrible. Pourquoi tant de cruauté ? Il n'avait aspiré qu'à une relation simple, sincère et unique. Et là Potter lui apprenait qu'il couchait avec le professeur depuis un an et demi, que son dépucelage n'avait été qu'un… défi, que Snape n'avait manqué aucune miette de leurs rendez-vous. La salle de Divination, celle de Potions. Harry l'avait livré en pâture à ce vieux pervers et le Slytherin se sentait souillé et trahi à présent. Snape avait même été dans la salle de bains des Préfets, caché derrière le grand miroir. Le blond eut la nausée. Potter n'était qu'une ordure. Il s'était relevé et avait titubé sur quelques pas. Harry aussi s'était redressé et avait recouvert son amant du drap car il était toujours nu. Il le serra contre lui. A bout de forces, Draco s'était laissé faire.

« Malgré ça…, avait difficilement articulé le vert et argent, je… je t'aime encore à un point que tu ne peux pas imaginer. Tu pourrais me traîner dans la boue devant toute l'école, je t'aimerais encore... C'est... Une prison de verre effilée dans laquelle est enfermé mon cœur et… et à chaque mouvement que tu fais, tu me blesses, mais je t'aime toujours plus fort... »

Harry l'avait serré plus fort contre lui, lui aussi sanglotait doucement :

« Il... Il n'était pas là tout le temps. Je... je voulais être seul avec toi. Que... que ça soit 'nos' moments. Juste... toi et moi. »

Mais Draco n'entendait plus. Il avait envie de vomir. Il avait envie de mourir. Son monde s'effondrait. Harry le secoua légèrement pour attirer son attention :

« Je t'ai laissé fixer nos rendez-vous pour... pour qu'il ne sache pas. Si je ne savais pas, il ne savait pas non plus. Après... après le bain il a vu que quelque chose clochait. Que... que je lui échappais. Il... il m'a menacé. Ou je continuais à... à l'inviter ou... ou il parlait de nous à... à ton père. »

Pour la première fois depuis les révélations, un joli sourire éclaira le visage de Draco :

« Tu as voulu me protéger ?

- Ton père t'aurait battu ou tué s'il avait su…

- Harry... Qu'est-ce que tu ressens pour moi ? »

Le brun détourna le visage. Il ne savait pas trop. Tout… tout était confus :

« Je... je sais pas. Tu me manques vraiment et… et j'aime être avec toi… »

- Et avec... lui ?

- C'est… c'est juste sexuel…

- Tu continues à le voir ?

- …

- Tu continues à le voir ?, insista Draco.

- Oui… J'ai peur que si j'arrête il… se doute de quelque chose et nous dénonce… »

Draco soupira et laissa Harry le ramener vers le lit sur lequel ils s'assirent.

« Nous deux, Harry, c'est… fini ?

- Il… il faudrait, avait répondu Harry à contre-cœur.

- Fini… », répéta Draco recroquevillé sur lui-même.

Pourtant, aucun des deux ne se résigna à quitter l'autre ce jour-là. Harry avait bercé son ange jusqu'à ce qu'il s'endorme blotti dans le creux de ses bras. Draco s'était réveillé en début de soirée. Il était content d'avoir Harry auprès de lui. Le Gryffindor avait réfléchi pendant ce temps-là à leur situation. Si le Slytherin voulait toujours de lui, il quitterait Snape en douceur mais leur relation devrait rester cachée. Draco sourit. Bien sûr qu'il voulait de son Harry ! Et il s'excusa même, jamais il n'avait voulu le tuer réellement.

« Tu... tu me fais peur parfois, lui avoua le gryffy. Surtout ce soir… Quand tu t'énerves comme ça, tes yeux... tes yeux s'enflamment. Ils deviennent… rouges. C'est… terrifiant…

- Oh, n'exagère pas non plus…

- Draco, ils deviennent vraiment rouges… »

Un petit silence gêné s'installa entre eux mais s'estompa aussitôt. Il y avait d'autres problèmes plus importants à régler. Notamment ce qu'ils allaient devenir.

Le temps répondit à cette question : Harry ne pouvait plus supporter que le professeur de Potions le touchât et Draco lui manquait trop. Lentement, il espaça ses rencontres avec Snape et intensifia celles avec Malfoy. Les deux amants simulèrent une séparation dont seul Snape fut témoin. Dans cette mise en scène, Draco piétinait le lionceau. Il fit ce en quoi il excellait : il se débarrassa de son amant comme d'un vieux jouet. Il disait s'être lassé et avoir rencontré quelqu'un de mieux. Le professeur, persuadé de les avoir surpris à leur insu, s'en frotta les mains. Le petit Malfoy était décidément un pur Slytherin et Potter un pur idiot. Ainsi, la menace de les dénoncer à Lucius ne pesait plus sur les adolescents. Début février, le Gryffindor était affranchi de son vieil amant. Il ne l'avait pas vraiment quitté. Il s'était arrangé pour se faire quitter. Si Draco et Harry vivaient enfin leur relation seuls, des difficultés persistaient. Le blond avait de plus en plus de crises de violence. Après le coït, ses yeux se pigmentaient de pourpre et Draco entrait dans des colères noires pour rien du tout. Plusieurs fois, il avait failli blesser Harry. Tout cela n'avait rien de naturel ! S'agissait-il d'un sort ? Le blond en parla à sa mère, rajoutant que cela concernait « l'ami d'un ami » bien évidemment. Fin février, Draco reçut un hibou de sa mère.

« Mon ange,

Ne perds pas de temps : ton ami est atteint de la malédiction de l'Amour Damné. C'est une malédiction redoutable ! Il n'y a eu que très peu de cas mais presque tous ont abouti à la mort des deux amants : le maudit tue son amant et se suicide souvent après. Malheureusement il n'y a qu'un seul moyen de s'en défaire : l'Union solaire. Le ou la maudit(e) doit s'unir solennellement à l'aube de l'équinoxe de printemps. Mon ange, j'espère que tu ne fréquentes pas la maudite, c'est très dangereux.

Tendres baisers, mon Ange, et fais attention à toi !

Maman.

PS : as-tu bien reçu les chocolats que je t'ai envoyés la semaine dernière ? »

Draco avait grimacé. Non il ne fréquentait pas la maudite… Si sa mère savait pour son homosexualité et que c'était « lui » le maudit... Ainsi il devait se marier ou il risquait la folie… Il avait gardé ses informations pour lui mais il devait avertir son amant.

Ils n'avaient eu que trois semaines pour se décider. L'équinoxe approchait. A son habitude, les traits fins de Harry ne trahirent ni un engouement au mariage, ni une répulsion. Il était resté silencieux. Le 4 mars au soir, pourtant, il avait fait sa demande en bonne et due en forme. Il avait préparé un dîner aux chandelles et au dessert, s'était agenouillé devant le blond le demandant officiellement en mariage. Il n'avait pas vraiment réfléchi. Le temps jouait contre eux et il était très excité. Le Slytherin bondit de joie. Il exultait. Oui ! Oui ! Oui ! OUI !!! Il allait épouser Harry et le Gryffindor ne serait qu'à lui pour toujours !


Petite forme recroquevillée dans la pénombre…. Tes sanglots étouffés m'ont réveillé mais… je n'ai pas bougé. J'ai eu peur. Et si les effets secondaires de la conjuration dont nous a parlé le prêtre étaient là ? Déjà ? N'aurions-nous eu droit qu'à une nuit d'amour parfait ? Ton cœur est-il déjà vide de moi ? Pourquoi pleures-tu, mon Ange ? Tu ne risques plus de me tuer…

Voilà maintenant de longues minutes que tu sanglotes. Je n'ai pas bougé. Tétanisé.

Le soleil a commencé à s'immiscer dans notre chambre nuptiale. Tremblant, tu as rejoint le lit et t'es serré contre moi. J'ai fait semblant me réveiller, souriant. Toi, tu avais le visage grave et strié par les larmes.

« Harry… La malédiction.…»

Mon cœur s'est comprimé dans ma poitrine. J'avais vu juste cette nuit. J'ai fermé les yeux une seconde. Je me suis préparé à ça toute la nuit…Je t'ai rassuré comme j'ai pu :

« Je… je t'aimerai pour deux. »

Et tu as éclaté en sanglots. Dans mes bras cette fois. Je me suis mordu la lèvre jusqu'au sang pour tenir le coup. La journée a été lugubre. Nous sommes restés le plus longtemps possible au Japon mais nous avons dû rentrer à l'école, le week-end se terminait.

Pendant les derniers mois d'école, nous avons tout fait pour oublier ce nouveau… « problème. » Nous avons tous les deux fait l'autruche, la tête cachée dans les livres. Nous ne nous sommes vus que pour de brèves étreintes, volées aux révisions et à nos soucis, mais nous savions que nous devrions affronter tôt ou tard ce fâcheux effet secondaire. Tu ne m'aimes plus. Qu'est-ce qui est pire ? Que tu me tues, dément, ou restes à mes côtés le cœur sec ?

J'ai mal.

J'ai compté sur les vacances pour redonner un second souffle à ton cœur endeuillé. Mais ça n'a fait qu'aggraver les choses. Après les examens réussis brillamment tu as passé quelques jours avec tes parents puis tu m'as rejoint à Grimmauld, notre nid d'amour. J'avais commencé à restaurer la maison mais il y a du boulot. Je pensais que ça nous occuperait de lui redonner vie. A l'image de notre couple, je pensais faire d'un champ de ruine un palais. Mais à mesure que la maison revivait, notre mariage s'effilochait.

Tu haïssais cette maison.

« Bon, Harry, elle est où la vraie maison ? On va pas vivre dans ce taudis ? »

Tu haïssais bricoler.

« T'as voulu habiter ici, tu te démerdes, Potter. Moi je vais faire les magasins. »

En septembre, nous avons accueilli avec soulagement la reprise des cours. Notre formation d'Auror nous permettrait de prendre un peu du recul. Evidemment, nous ne nous affichions pas ensemble. Tu arrivais en premier et moi en retard pour brouiller les pistes. Nous nous évitions. Personne ne savait pour notre mariage. Très vite, tu as reformé une petite cour. Moi, je regardais de loin ces garçons tourner autour de toi.

La vie est devenue invivable. Tout était prétexte à dispute à la maison. Le toit qui fuit, les appareils électroménagers :

« T'as pris des trucs moldus pour que je dépende de toi, hein Potter ? HEIN ??? »

Tu es redevenu ce garçon détestable et capricieux. Mais moi je n'ai pas retrouvé ma verve assassine. Quelque chose en moi s'était cassé. Passif, je t'écoutais hurler pour un oui ou un non.

Tu traînais de plus en plus avec d'autres types. Tu rentrais tard le soir sans prévenir que tu avais déjà dîné. Les week-ends tu n'étais pas là parfois. Où allais-tu ? Avec qui ?

Nous faisions de moins en moins l'amour. Puis nous ne l'avons plus fait. Je n'y arrivais plus. Je te désirais ardemment mais… mon corps n'a pas suivi. Ça a été terrible pour moi. La coquille de solitude et de désespoir qui enveloppait mon cœur s'est renforcée. Je me suis senti indigne de toi. Et quand j'étais à terre, tu as donné le coup de grâce. Sec et froid, tu as craché ton venin.

« Regarde-nous, Potter. Tu peux plus bander et moi, je ne peux plus t'aimer. On n'a plus rien à faire ensemble. »

Plus que la maison, les appareils moldus, tu "me" haïssais, tu ne connaissais plus mon prénom.

C'était fini nous deux.

Il y a tant de choses que tu ne sais pas de moi et moi de toi et nous ne les saurons jamais. Draco, je ne te l'ai jamais dit, pas même le jour de notre mariage mais… je t'aime. Tu ne le sauras jamais et c'est peut-être mieux comme ça. Je t'aime depuis ce soir dans la salle de bains des Préfets. Ce soir je te pleure car tu es parti ce matin. Tu m'as quitté. A présent me voilà dans cette grande maison, seul…


Prochain (et dernier) chapitre : Dans ton cœur

P.S de Stellar : je sais, ça va faire neuneu de dire ça mais écrire ce chapitre-là (le 6) a été un peu éprouvant (j'ai pleuré à chaque fois presque) (avec Butterflies & Hurricanes de Muse c'est superbe) et à la énième relecture (il faut traquer les "phottes d'ortograffe" lol) du monologue de fin de chapitre de Harry (que j'aime beucoup - avec les accès de colère de Draco ds le chap 5) je me suis dit que c'était cruel de vous laisser sur une impression triste à deux jours de Noël. Avec Kris on en a discuté et on écrit au pied levé (c'était vraiment pas prévu) un pur lemon de noël pour vous remonter le moral après ce chapitre triste et surtout la question qui vous brûle les lèvres : "par Merlin ! Est-ce qu'ils vont finir ensemble ou non !!??? Draco n'aime plus Harry, il est parti !!! Comment ça va se terminer ??" (pour tout vous dire, nous aussi on s'est posés la question avec Kris lol) (peut-être que le père Noel nous l'amènera en cadeau lol) (non je rigole, rassurez-vous on a la réponse) bref, je m'égare une fois de plus... en plus, la touche "a" de me clavier déconne alors je dois les traquer aussi et voir où je les ai perdus bref... on a écrit avec Kris un petit OS sans scénar (mais il remonte le moral et c'est ce qui compte) pour se faire pardonner... on ne le dit pas assez... joyeux noel (avec un peu d'avance) :-)