Disclaimer : non, ce n'est pas un chapitre pirate que j'ai écrit moi-même. L'histoire est toujours de shiv5468, et de toute façon les personnages sont de JK Rowling, alors…
Chapitre six
Le pauvre jeune Severus se rendit compte que d'avoir dix-sept ans était beaucoup plus marrant que ce qu'il aurait cru. Maintenant qu'il s'était assuré qu'Hermione resterait avec lui, la question la plus compliquée à laquelle il devait réfléchir, c'était 'qu'est-ce que tu veux boire ?', et finalement, c'était assez amusant.
Les jeunes de dix-sept ans pensaient que goûter ce qu'il y avait dans chacune des bouteilles derrière le bar était une bonne idée, même si certaines boissons étaient vertes. Surtout si certaines boissons étaient vertes.
Les jeunes de dix-sept ans pouvaient s'asseoir dans un coin pendant leur fête d'anniversaire avec une jolie fille et la peloter. Son jeune lui-même se satisfaisait étrangement de ces caresses, malgré le cocktail enivrant d'hormones qui courait dans ses veines. Il pensait que de poser la main sur le sein d'une fille, c'était vraiment faire preuve de culot.
Et puis, il était avec une femme plus vieille que lui, ce qui voulait forcément dire qu'il était charmant et sophistiqué.
Il était vaguement conscient que la fête continuait autour de lui – il entendait des cris étouffés, qui signifiaient certainement que Smudger jouait à nouveau aux fléchettes – et soudain, quelqu'un monta le son de la musique. A un moment, il fut même séparé de son Hermione, quand Smudger l'entraîna pour danser avec elle sur des pas qui ne ressemblaient en rien à la valse élégante qu'il avait eu tant de mal à apprendre pour les bals de l'école.
Ça avait l'air marrant, alors il décida d'essayer lui aussi. Il était doué. Il le savait, parce que les gens l'applaudissaient. Et puis, il se retrouva sur une table avec Lucius et Hermione, et ils dansaient encore, et quelqu'un lui fit passer un autre verre, c'était sympa, et ils dansaient toujours.
Ils dansaient si bien que tout le monde se mit à danser autour.
Et puis il y eut d'autres verres, et quelqu'un qui lui posait des questions, mais il ne savait pas répondre, et se contenta de sourire d'un air idiot, mais ce n'était rien, le questionneur s'en allait.
Et ensuite, il se retrouva dans le noir, et il eut froid, mais il y eut plein de jolies lumières et de sifflements.
Après, il retrouva sa vieille amie la porte, et il eut chaud, trop chaud, mais une gentille jeune fille l'aida à se déshabiller, alors tout allait bien, même si son lit était un peu plus bancal que dans ses souvenirs.
La jeune fille lui donna encore quelque chose à boire, et les brumes alcooliques se dissipèrent suffisamment pour qu'il puisse se souvenir de comment elle s'appelait, comment lui s'appelait, et ce qu'il était supposé faire avec cette charmante demoiselle.
La combinaison de l'énergie de ses dix-sept ans et de l'expérience de ses quarante se révéla très, très réussie. Plusieurs fois. Et, puisqu'il n'avait plus mal au dos, dans de nombreuses positions.
&&&&&
Lucius s'assit à la table du petit-déjeuner très tôt. Ce n'était pas un effort surhumain, étant donnée sa gueule de bois carabinée, et le faible nombre d'heures de sommeil qu'il avait comptabilisées cette nuit – en fait, il n'avait pas encore tout à fait dessaoulé, et il n'avait retrouvé ni son lit, ni celui de personne d'autre d'ailleurs.
Il avait une assiette pleine, il avait le journal du matin, et sa femme n'était pas encore là. Par ce petit matin d'hiver, dans les rayons du soleil qui filtraient à travers les rideaux, il se sentait particulièrement heureux de vivre, et attendait avec impatience le reste de sa vie, qui commencerait environ un quart d'heure après que Narcissa ait fait son apparition.
En attendant, il parcourut le journal, s'arrêtant plus particulièrement sur le reportage à sensation qui parlait de troubles dans le Chemin de Traverse la veille au soir :
Aux environs de deux heures trente cette nuit, les Aurors ont été appelés pour régler un problème de tapage nocturne dans un Pub à proximité du Chemin de Traverse. Apparemment, un groupe de jeunes gens – tous vêtus de noir – se comportaient de façon tout à fait scandaleuse, et les choses ont tellement dégénéré qu'il a fallu intervenir. On a retrouvé le propriétaire de l'établissement, un moldu, errant dans les rues et marmonnant quelque chose à propos de gens qui rajeunissaient. Son témoignage visuel a permis d'établir que de grandes quantités d'alcool avaient été ingurgitées.
Comme il arrive si fréquemment dans la jeunesse aujourd'hui, cette consommation d'alcool a provoqué des conduites inconvenantes. Des témoins parlent de danse effrénée sur les tables au son de musique moldue, dans laquelle des hommes et des femmes se sont donnés en spectacle d'une façon digne de l'Allée des Embrumes.
Des rumeurs, non confirmées encore, parlent d'une jeune Auror retenue en otage, retrouvée plus tard dans les rues dans un état de confusion, et qui se remet en ce moment de l'intoxication qu'elle a subi d'un breuvage nocif appelé un 'Blo di Mari' qu'elle aurait été forcée de boire.
Au moment où les Aurors sont arrivés, les jeunes gens ont fui, laissant derrière eux un groupe de Sorciers respectables qui faisaient de leur mieux pour éviter que cette terrible situation se détériore plus avant. Notre journaliste, qui est rapidement arrivé sur les lieux, a pu obtenir une interview d'Hermione Granger – amie du célèbre Harry Potter – qui était tellement traumatisée par les événements de la soirée qu'elle n'a pas pu en parler. Elle a cependant confirmé à la Gazette du Sorcier qu'elle était bel et bien fiancée au Professeur Snape.
Tous les détails sur la noce à venir pages 3, 4, et 5.
En page 8, notre dossier sur la Décadence de la Jeunesse aujourd'hui. Que peut-on faire ? Pouvons-nous apprendre quelque chose des moldus à ce sujet ? Et ce sort d'ASBO, qu'est-ce que c'est, au juste ? (1)
&&&&&&
Lucius eut un rictus amusé. Le journal était loin de décrire combien la fête de la veille avait été réussie. Ils ne parlaient même pas de la Partie de Fléchette.
Même lui avait choisi de revisiter sa jeunesse perdue, et il l'avait passée de façon plus profitable et plus sage que la première fois. C'était ça qu'ils auraient dû faire quand ils étaient des adolescents, au lieu de gamberger pour trouver un moyen de ne pas accomplir la quelconque mission que ce déséquilibré de Voldemort leur avait confiée.
Ils avaient bu plus d'alcool en une nuit qu'il n'aurait cru humainement possible – sauf Severus, qui avait passé sa soirée dans un fauteuil métamorphosé à la hâte, Hermione sur ses genoux.
Des sortilèges de protections avaient été érigés, et Smudger et Lucius s'étaient engagés dans un duel à mort aux fléchettes, qui avait dégénéré quand ils avaient collé des portraits de Dumbledore et de Fudge sur la cible, pour voir s'ils parvenaient à viser les yeux.
Tonks, qui lui avait toujours semblé manquer un peu d'humour, s'était immensément décoincée, et avait été l'inspiratrice de la chenille qui s'était glissée hors de leur pub habituel, pour remonter gaiement le Chemin de Traverse vers un autre Pub, et une autre tournée générale.
La beuverie ne s'était terminée que quand les Aurors avaient été prévenus par un vieux con présent sur les lieux – Lucius avait son nom, et s'assurerait qu'il regrette cette décision – et ils n'avaient eu que quinze minutes de délai pour prendre l'antidote.
Le temps que les Aurors arrivent, les Gars étaient tranquillement assis dans un coin, jouant aux dominos et se lamentant tranquillement sur le comportement de la jeunesse. Severus, qui avait gardé ses dix-sept ans, et qui souriait comme un idiot, avait été calé entre deux Gars, afin qu'il reste vertical. Les Aurors avaient cru l'histoire qu'on leur avait servie : c'était un neveu de Snape, qui était venu passer la soirée avec les amis de son oncle, et il était un peu simple d'esprit.
Ça avait été vraiment dommage de se séparer aussi tôt – à peine quatre heures du matin – mais Severus ne paraissait pas spécialement contrarié de se retrouver traîné à la maison par Hermione.
Lucius espérait seulement que le pauvre était toujours en un seul morceau ce matin.
La soudaine froideur de l'air augura l'arrivée de sa femme.
« Bonjour, Lucius, » dit-elle, prenant place en face de lui. Un Elfe de Maison lui apporta son petit-déjeuner habituel, un toast mince et une tasse de café très noir et très fort. Elle fronça le nez, dégoûtée à la vue des restes du petit-déjeuner de Lucius.
« Narcissa mon amour, » répliqua-t-il. « Est-ce que tu aimerais que je fasse de toi la femme la plus heureuse du monde ? »
« Est-ce que tu veux encore parler de divorce, Lucius ? » demanda-t-elle hargneusement. « Je serais ravie d'accepter, pour un certain prix. »
Lucius lui fit un grand sourire – ce qui déconcerta Narcissa – et sortit une fiole de sa poche. « Tu te souviens de m'avoir dit encore et encore que si tu pouvais remonter dans le temps, jamais tu ne m'épouserais ? J'ai là ta chance de me le prouver. Avec cette potion, je peux te rajeunir de vingt ans. »
Narcissa le dévisagea.
« Tout ce que je demande en échange, c'est un divorce. Tu peux garder la propriété en France, et disons, 10 pour cent du contenu du coffre des Malefoy. » Enfin, de celui qu'elle connaissait.
« J'ai droit à la moitié, » affirma-t-elle sèchement.
« C'est vrai. » Il ne dit rien de plus, mais continua à faire osciller la fiole sous ses yeux.
« Très bien, » se décida-t-elle soudain. « Demande à ton avocat de préparer les papiers, et je les signerai – une fois que mon avocat aura eu une chance de les relire. »
« Disons, pour dans une semaine, mon amour ? »
Narcissa acquiesça, avant d'emporter son toast et son café dans une autre pièce, impatiente de commencer à organiser sa nouvelle vie. Lucius soupçonna que son accord si facile signifiait qu'elle avait trouvé un moyen de piquer dans la caisse, mais il était prêt à fermer les yeux, plutôt que de devoir affronter dix autres années d'enfer.
Il prit un morceau de parchemin sur la desserte, et griffonna un mot à Severus.
Tu pourras dire à ta fiancée que son plan a fonctionné, et que nous sommes quittes maintenant. Bonne chance pour le futur – tu en auras besoin.
La réponse lui arriva par hibou, quarante minutes plus tard.
J'ai déjà eu beaucoup, beaucoup de 'chance'. Plusieurs fois hier soir, et encore ce matin. Tous les adolescents n'ont pas de problèmes de performances… Ça te dirait d'être témoin ?
Et plus bas, d'une autre écriture :
Essayez de vous souvenir que, si le témoin est supposé coucher avec une demoiselle d'honneur, ça se limite à une seule à la fois.
Ça par exemple, c'était une idée… Lucius réajusta sa poche de glace, et s'assoupit, se demandant qui avait des chances d'être demoiselle d'honneur, et s'il parviendrait à convaincre Hermione qu'il lui en fallait vraiment trois.
FIN (de la deuxième partie, ne me regardez pas comme ça vous me faites peur.)
&&&&&&&
…parce qu'il y a une troisième partie. Et cette fois-ci, je ne vais même pas essayer de prétendre que je fais une pause entre les deux. Satisfaits ? benebu
(1) ASBO, AntiSocial Behaviour Order. Une charmante particularité anglaise, qui permet à un tribunal de menacer de prison quelqu'un qui se conduit régulièrement de façon à 'troubler l'ordre public', sans pour autant faire quoi que ce soit d'illégal en soi. Y'a pas que les sorciers anglais que ça laisse perplexes…
