Il n'est pas d'éternel secret

Je courais à toute allure à travers les rues de notre petit village. J'avais rendez-vous avec mes amis et j'étais en retard. Ma vieille servante avait plus de mille fois tenté de me faire mettre un kimono mais je lui avais tenu tête. « Une jeune femme de votre rang ne sort pas dans une telle tenue! » avait-elle fini par crier. Mais une jeune femme de mon rang ne désire pas abîmer ses vêtements en allant s'amuser. Ce n'était pas la princesse Hyûga qui sortait, mais Hinata, une simple ninja de Konoha. Le kimono était bon pour les cérémonies, pour les dîner en famille, pour les réceptions importantes, mais je voulais être à l'aise pour être avec mes amis... J'avais donc eu gain de cause, mais cette dispute avait suffit à me mettre en retard. Je tournai dans une ruelle un peu plus petite que les autres. J'avais pris le chemin de la boutique du vieux Rei, nous devions tous nous retrouver là-bas... j'étais si impatiente et si anxieuse.

Enfin, j'aperçus l'échoppe bancale où flottait la bannière « thé et dangô ». Je ne pris pas la peine de m'arrêter, ni de souffler et entrai, paniquée, dans la boutique. Assis dans un coin, ils étaient tous là. Je me précipitai vers eux et m'inclinai profondément:

- Je suis désolée pour mon retard!

Tous les regards se tournèrent vers moi. Je me sentis bien mal à l'aise. Il ne manquait personne. Bien sûr il y avait Kiba-kun et Shino-kun, mais aussi Naruto-kun, Sasuke-kun, Sakura-chan, Shikamaru-kun, Choji-kun, Ino-chan, Lee-san, Tenten-san et, bien évidemment, Neji-nii-sama. Il était assis juste à côté de Tenten-san et me regarda à peine lors de mon arrivée. Je pinçai les lèvres, la jalousie commençait déjà à m'envahir. Kiba-kun m'attrapa par le poignet et me tira vers la table.

- C'est bon,c'est pas grave Hinata.

Je m'assis entre lui et Naruto-kun. Ce ne fut qu'en nous regardant tous ainsi réunis, que je réalisai à quel point nous avions changé. Ils étaient loin, les enfants de l'académie de Ninja. Installée entre Naruto-kun et Kiba-kun, je me sentais minuscule. Ils avaient tous les deux une tête de plus que moi et les épaules larges des jeunes hommes qui s'entraînaient régulièrement. Mais ils n'étaient pas les seuls, tous les garçons autour de cette table ressemblaient plus que jamais à des hommes, et mon Neji-nii-sama... si beau et si charismatique! Mes yeux se posèrent sur Sasuke-kun, lui qui avait été sauvé de justesse, lui qui nous avait abandonné, il s'était si bien réintégré à la vie de Konoha. Il était même devenu plus souriant et moins froid depuis son retour... et il le devait à Naruto-kun. Je lui lançai un regard oblique et sourit. Son enthousiasme et sa force étaient toujours les mêmes. Il ne changeait guère, excité comme une puce, parlant fort et riant aux éclats quand le cœur le lui dictait. Les filles réunies étaient, elles, devenues femmes. Ino-chan était toujours aussi soucieuse de son apparence, elle était de loin la plus éclatante de nous toutes. Sakura-chan respirait le bonheur et la force, les années passées aux côtés de Tsunade-sama l'avaient rendue plus mature, comme en témoignait sa sérénité. La belle Tenten-san était d'un calme sans pareil, sûrement trop habituée à devoir calmer les ardeurs de l'excentrique Lee-san... Oui, nous paraissions tous différents, mais qu'est-ce qui avait réellement changé?

- Hé! Rei! tu nous apporte un autre thé!

Le cri de Kiba-kun me ramena à la réalité. Je souris et le remerciai de son attention. Il se pencha vers moi et demanda en riant.

- Alors, qu'est-ce qui t'as mis en retard, Hinata-hime?

- Kiba-kun, ne m'appelle pas comme çà!

- Allez! C'est bon, c'est bon! pouffa-t-il en me caressant les cheveux, ne t'énerve pas Hinata! Et donc, ton retard?

- Ma servante qui faisait une scène, elle ne voulait pas que je sorte habillée ainsi...

- Une jeune femme de votre rang ne sort pas dans une telle tenue, s'exclama-t-il en imitant la voix aiguë et éraillée d'une femme d'âge plus que mûr.

J'éclatai de rire et acquiesçai. Ce n'était pas la première fois que ma servante agissait de la sorte et j'avais raconté à Kiba-kun mes petites mésaventures vestimentaires. Alors que je riais mon regard croisa celui de Neji-nii. Mon cœur rata un battement. Il semblait en colère. Il détourna les yeux de moi et parla à Tenten-san au creux de l'oreille. Je sentis la rage m'envahir et s'amplifier quand dans un gloussement, Ino-chan lança:

- Vous êtes toujours aussi proche Tenten, Neji... vous faîtes un joli couple.

Je vis Tenten-san rougir, alors que Neji-nii souriait poliment. J'en aurais pleuré. Comment pouvait-il laisser dire de telles choses? A moins qu'il y ait une part de vérité! Que ce que nous vivions n'était qu'un divertissement pour lui. Si Rei n'avait posé ma tasse de thé devant moi juste à ce moment, j'aurais sûrement pris la fuite pour ne pas avoir à subir cette humiliation. Au lieu de m'échapper, j'attrapai la tasse de porcelaine grossière, les mains tremblantes, et la portai à mes lèvres. Soudain, Kiba-kun arrêta mon geste . Il posa ses mains sur les miennes et prit la tasse pour la reposer sur la table. Il se pencha vers moi et murmura:

- Tu vas te brûler comme ça, Hina-chan... Qu'est-ce qui t'arrive? Tu es devenue toute pâle.

Je secouai la tête aux bords des larmes, mais n'eus pas le temps de répondre.

- Ooh, mais regardez-moi ce petit couple là-bas! S'écria Tenten-san

Je suis certaine aujourd'hui encore, qu'elle avait avant tout tenté de détourner l'attention de Neji et elle.

- Dis donc Kiba! C'est vrai que tu es bien attentionné avec Hinata depuis tout à l'heure, fit remarquer Sakura.

- T'as de drôles de goûts, Hinata-chan! s'exclama Naruto-kun en grimaçant.

- Ta gueule Naruto! s'emporta Kiba-kun

- Laisse-le dire, intervînt Shikamaru sourire aux lèvres, il est jaloux parce qu'aucune fille ne veut de lui!

- Mais y'a rien entre Hinata et moi !

- Ouais... mais c'est vrai que tu es toujours bien sympa avec elle, appuya Shino-kun. Même pendant les missions.

- Shino-kun voyons!m'emportai-je. Ce n'est pas vrai!

- Shino espèce de traître! Ne les conforte pas dans leurs illusions!

- Si ce n'est pas vrai, cracha Neji-nii sur un ton glacial, pourquoi vous en défendez-vous autant?

Je le pris comme un poignard au cœur (un peu maladroit… «un coup de poignard en plein cœur », peut être ?). De tels propos... Pourquoi? Je baissai la tête et ne participai plus à la conversation. J'entendis à peine Kiba-kun insulter Nieji-nii, puis répondre à Ino-chan qui venait de rajouter son grain de sel. J'étais contrite, je lui en voulais, mais je m'en voulais aussi... Et pourquoi aurais-je dû m'en vouloir? N'avais-je donc pas le droit d'avoir un proche ami qui se souciait de moi? Neji-nii se montrait si odieux en me le reprochant et en s'affichant ainsi au bras de Tenten-san !

Les heures qui suivirent furent une véritable torture. Refermée sur moi même, j'attendais que le temps passât et que s'achevât se ce rendez-vous raté. Personne ne sembla remarquer mon trouble, ce qui m'arrangeait grandement. Ils parlaient encore et toujours des missions, de leurs vies quotidiennes, de petites anecdotes plus ou moins drôles... L'ambiance était au rire, mais mon cœur était aux larmes. Tenten-san se montrait particulièrement démonstrative envers Neji-nii depuis la remarque d'Ino-chan. Elle s'accrochait à son bras, quand elle ne s'écroulait pas sur lui pour glousser comme une poule. J'étais hors de moi, comment pouvait-on se comporter de la sorte? Comment Neji-nii pouvait-t-il la laisser se conduire ainsi! Ma colère grandissait à mesure que les secondes passaient. Je ne lui pardonnerais pas... Non, il ne s'en sortirait pas si facilement. Je lui ferais comprendre que même le mouton noir de la famille Hyûga, avait une fierté à ne pas bafouer!

Enfin, cette réunion de vieux amis prit fin. Nous sortîmes tous de la boutique de Rei, mais restâmes encore un peu à discuter devant. Là non plus, je ne pris pas part à la conversation. Un peu à l'écart, je regardais fixement le chemin qui me mènerait chez moi, espérant pouvoir l'emprunter bientôt. Je n'avais qu'une hâte, me retrouver seule dans ma chambre, et laisser libre cours à ma colère. Soudain, je sentis une main sur mon épaule. Je sursautai et me retournai. Kiba me regarda, l'air soucieux. Il resserra sa paume sur moi et se pencha pour parler au creux de mon cou.

- Qu'est ce qui t'arrive Hina-chan?murmura-t-il.

- Rien Kiba-kun, je suis fatiguée mais ça ira.

- Ouhou! cria Naruto-kun, regardez-moi ces deux-là!

Kiba-kun se retourna vivement, le mitrailla du regard mais ne fit aucun commentaire. Il me contempla de nouveau, inquiet, m'attrapa par les deux épaules pour que je lui fasse bien face et que je soutienne son regard.

- Hina-chan, je te connais, tu es bizarre depuis tout à l'heure? Qu'est-ce que tu as?

- Kiba-kun, je...

- Hinata-sama!

Je me pétrifiai. Je pris une grande inspiration et me tournai lentement vers Neji-nii. Comment osait-il m'adresser la parole? Ne comprenait-il pas que j'étais folle de rage. N'avait-il donc pas la moindre idée de ce que je ressentais? Quand nos regards se croisèrent, il reprit:

- Nous devrions rentrer, votre père nous attend.

J'étais surprise. Généralement, quelque soit la situation, jamais nous ne rentrions ensemble. Mais cette fois, il me proposait, de manière implicite, de faire route avec lui. J'aurais voulu refuser! J'aurais voulu lui hurler à la figure que je n'avais aucune envie d'être à ses côtés et qu'il n'avait qu'à se promener avec sa chère Tenten! ... Je ne le pouvais malheureusement pas... Nos amis se poseraient beaucoup trop de questions, notre relation ne devait être découverte sous aucun prétexte, car si elle parvenait aux oreilles d'Otosama, nous pourrions en parler au passé. J'acquiesçai donc et me dégageai de l'étreinte de Kiba-kun. Puis, je saluai tous mes amis.

Je sentais sur moi leurs regards étonnés. Eux aussi se posaient des questions... Qu'arrivait-il à Neji-nii? Ce serait la première fois que ces deux membres-ci de la famille Hyûga seraient vu ensemble dans les rues de Konoha.. Je me dérobai à leur regards interrogateurs et rejoignai Neji-nii. Dès que je fus à ses côtés, il prit la route. Je le suivis sans un mot. Nous fîmes quelques mètres en silence, mais dès que nous fûmes hors de portée de voix, il se mit à me faire des reproches.

- Ainsi donc Kiba et vous avez ce genre de relation... moi qui pensait être votre seul amant, murmura-t-il.

- Ce qui est le cas Neji-nii, il n'y a rien entre Kiba-kun et moi.

- Dans ce cas vous devriez vous comporter autrement.

- Notre comportement n'a rien d'incorrect! En revanche celui de Tenten-san ainsi que le votre sont plutôt déplacés!

- Je ne vois pas en quoi! Tenten est une fille charmante avec qui il est agréable d'être vu... C'est ma plus proche amie. Je sais qu'elle m'aime et je l'avais toujours repoussée. Mais puisque vous et Kiba entretenez de si proche relation, je ne me gênerai plus auprès de Tenten...

CLAC!

Je mis toute ma force dans cette gifle. Neji-nii parut surpris. Il resta tétanisé quelques secondes, juste assez pour me permettre de m'enfuir en courant. Je savais que mes amis nous avaient vu. Je savais que cette situation ferait jaser. Je savais aussi que ma réaction n'était peut-être pas la bonne... Mais plus rien n'avait d'importance. J'étais en colère contre lui. De telles insinuations! Comment pouvait-il? Je ne lui pardonnerai pas, je ne lui adresserai plus jamais la parole... Du moins le pensais-je sur l'instant, mais la vie nous réserve bien des surprises...

J'étais de nouveau à genoux devant Ojii-sama, tremblante, apeurée, mais rassurée. Neji-nii avait pris la peine d'écouter mes conseils. Ojii-sama était furieux, toutes ses tentatives d'assassinat sur Neji-nii avaient échoué. C'était sur moi qu'allait se venger le vieux fou, mais quelle importance? Il m'avait fait appeler pendant le repas et père m'avait évidemment autorisée à le rejoindre. J'avais senti le regard insistant de Neji-nii sur moi. Mais il n'avait pas dit un mot non plus. Je ne m'en étonnais pas, depuis notre dispute deux jours plutôt, nous nous étions superbement ignorés, tous deux persuadés d'être dans notre bon droit... Mais malgré nos différends, je l'aimais et préférais subir les foudres d'Ojii-sama plutôt que de le voir mourir. Le vieil homme bougea légèrement dans son fauteuil et se pencha vers moi.

- Ce bâtard a su déjouer tous mes plans... Je ne comprends pas Kuzu, que se passe-t-il?

- Je l'ignore Ojii-sama.

- Me mens-tu Kuzu?

- Non Ojii-sama, jamais je n'oserais...

- De toutes façons Kuzu, c'est uniquement de ta faute! Si tu t'étais montrée à la hauteur de nos espérances, tout cela ne serait pas arrivé! Pourquoi es-tu si mauvaise Kuzu? Tu aurais du naître dans la Bûnke... Ah si tu t'étais montrée digne de ton rang tout cela ne serait pas arrivé, répéta-t-il avec rage, Tu es la pire chose qui me soit arrivée, KUZU!

Les lèvres pincées, le front contre terre, je retenais mes larmes, ma colère et mes insultes. Je ne pouvais lui répondre, je lui devais le respect, je n'avais pas le droit de lui dire tout le mal que je pensais de ses principes. J'étais déjà si épuisée par cette journée de mission, si attristée par ma dispute avec Neji-nii... Il était injuste que je doive en plus subir les avanies du doyen aliéné... Que pouvais-je y faire? Baisser la tête et subir était ma seule solution.

- Approche Kuzu!

Je me levai et obtempérai. Je me tins debout face à lui, à quelques centimètres de ses genoux noueux que découvrait son kimono de nuit mal ajusté. Son visage flétri était horriblement déformé par la rage.

- A genoux!

Ce que je fis sans prendre la peine de discuter. A peine avais-je touché le sol que sa main sèche et osseuse se leva et s'abattit sur ma joue de toutes ses forces d'ancien ninja. Je fus projetée sur le parquet. Le bruit mat du bois heurté résonna dans la grande chambre vide. Il se leva et me donna des coups de pieds dans les côtes puis des coups de badine dans le dos. Il me frappait sans discernement, ses bras chargés d'une animosité sans précédant. Prostrée, je subissais en silence chaque coup, les larmes baignant mes joues et ma bouche bée dans un cri muet. Il me frappait encore et encore, je n'en pouvais plus.

Soudain, les coups cessèrent... était-il fatigué?

- Toi!

Curieuse, je relevai la tête et mon cœur ne fit qu'un bond. Neji-nii retenait le bras maigre d'Ojii-sama. A ses côtés, Otosama fixait la scène, à la fois incrédule et furieux. Je tentai de me relever mais mon corps tout entier fut parcouru d'une violente décharge électrique et dans un spasme de douleur je retombai lourdement, vaincue. Neji-nii lâcha Ojii-sama et se précipita vers moi. Inquiet, il caressa mon front brûlant, dégageant les mèches collées par la sueur. Avec délicatesse, il passa un bras dans mon dos, et m'incita à le laisser me venir en aide. Alors qu'il facilitait ma relevée en me soutenant de toute sa force, j'entendis le sifflement de la badine et le lourd impact qu'elle eut sur le dos d'Onii-sama. Celui-ci laissa échapper un gémissement rauque, étouffé par ses lèvres pincées de fureur. Il chancela légèrement, mais ne ploya pas sous le coup. Comme le rugissement du tonnerre trouble la nuit sans lune, la voix d'Otosama déchira le lourd et sombre secret de la pièce:

- Il suffit! Avez-vous perdu la raison, Otosama? Frapper mon héritier et ma fille...

- Ce ne sont que des déchets!

- J'ai dit assez, Otosama! Depuis combien de temps maltraitez-vous ma fille ainsi? Je vous interdis de l'approcher à compter de ce jour! M'entendez-vous?

- Quel hypocrite tu fais Hisashi! Tu es bien content que je me sois occupé de cette Kuzu à ta place! Tu la hais autant que moi! La preuve, tu as toujours fermé les yeux sur notre petit manège...

- Espèce de fou! Je suis le seul en droit de juger ma fille et de la punir si nécessaire! Si j'avais pu seulement me douter une seule fois de vos agissements...

- Otosama! intervint Neji-nii, il faut soigner Hinata-hime.

- Oui bien sûr... Otosama (1), je ne veux plus vous voir dans le sillage d'Hinata...

Les yeux brouillés par les larmes, je distinguais à peine la silhouette des deux hommes qui se disputaient, mais je n'en avais cure. Je sentais sur moi l'étreinte de Neji-nii et cela suffisait à m'apaiser. Je le sentis me soulever de terre et nous quittâmes la lugubre chambre d'Ojii-sama. A peine revis-je la lumière que toute ma tension disparut. Enfin soulagée, je perdis connaissance.

Quand je rouvris les yeux, il me fallut quelques secondes pour réaliser que j'étais dans ma chambre. J'observai la pièce abondamment éclairée et soupirai d'aise, ce qui attira l'attention de ma servante. Elle se rapprocha de mon futon. Je vis son visage baigné de larmes et son air soulagé en me voyant éveillée. Sans un mot, elle se leva et s'éloigna. Je tournai la tête pour la suivre du regard, mais mon corps tout entier me fit souffrir, je ne pouvais même pas bouger à mon aise. Elle ouvrit la porte, dit quelques mots à quelqu'un que je ne voyais pas puis s'inclina et partit. Mon père et Neji-nii pénétrèrent dans ma chambre. Ils vinrent tous deux s'asseoir de part et d'autre de ma couche. Ils restèrent un long moment à me regarder, plongés dans un mutisme si pesant que je n'osais pas non plus prononcer le moindre mot. Nous nous toisions ainsi depuis quelques minutes, quand Otosama se décida enfin à parler:

- Pourquoi n'avoir rien dit?

- Je n'ai fait que respecter les lois de notre famille!répondis-je de ma voix étrangement faible. Respecter ses aînés et accepter les punitions qu'ils nous infligent.

- Punition? C'était de la violence gratuite!

- Ojii-sama disait que c'était ma punition pour ne pas avoir été assez forte... pour ne pas avoir pu devenir votre héritière... Il disait que c'était de ma faute si vous aviez choisi Neji-nii pour héritier!

- Et tu l'acceptais?

- Comme vous me l'aviez si bien appris!

Otosama écarquilla les yeux et ne répondit rien. Je me sentis rougir. Comment avais-je répondu à Otosama? Bien sûr il s'agissait de la vérité, mais jamais auparavant je n'avais osé lui montrer tant de franchise. Pour détourner la conversation, je demandai:

- Comment se fait-il que vous soyez venu chez Ojii-sama à ce moment?

- C'est Neji qui a remarqué. Il a utilisé le Byakugan pour... d'ailleurs Neji, comment se fait-il que tu aies observé Hinata juste à ce moment?

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Les sourcils froncés, Otosama fixait Neji-nii, l'air suspicieux. Je tournai mon regard vers lui. Qu'allait-il lui répondre pour ne pas éveiller ses soupçons sur notre relation? Neji-nii ne se troubla pas le moins du monde, il répondit avec humilité:

- Je suis né pour protéger Hinata-hime, c'est mon devoir! Je l'observe donc régulièrement et je trouvais étrange que les convocations d'Ojii-sama coïncident toujours aux périodes où elle subissait de graves blessures.

- Blessures? Je ne les avais pas remarquées. Mais Neji, tu es mon héritier, tu n'es plus obligé de passer tes journées à protéger Hinata, tu...

- Hisashi-san.

Otosama leva les yeux alors que Neji-nii se retournait. Je ne pris même pas la peine de bouger. Qu'importe de qui il s'agissait, mon corps meurtri me faisait endurer trop de tortures pour que je puisse faire le moindre mouvement.

- Je vous demande de pardonner mon interruption mais votre père souhaiterait s'entretenir avec vous, immédiatement.

- Je m'en vais régler cette affaire une fois pour toute avec ce vieux fou! gronda Otosama en se levant. Neji, assure-toi qu'Hinata ne manque de rien avant de partir. Prendre soin de chaque membre de notre famille fait partie des devoirs du chef.

Il disparut de mon angle de vue, puis j'entendis le glissement du Shôji qu'il refermait. Je devinai que Neji-nii et moi étions seuls. Je percevais les traits soucieux de son visage. J'étais moi même anxieuse. C'était la première fois, depuis notre dispute, que nous retrouvions face à face, sans le moindre gêneur. Je ne savais quoi lui dire, j'ignorais même s'il était encore en colère... Moi, j'avais abandonné mes griefs. Il m'avait sauvée, que vouloir de plus? Nos gamineries me paraissaient si lointaines, mais en était-il de même pour lui... ?

- Pardon.

Je fronçai les sourcils. Sa voix était basse, légèrement éraillée par l'émotion. Avais-je bien entendu? Je sentis ses doigts glisser contre ma paume et la chaleur de sa grande main prendre possession de la mienne.

- Je suis désolé Hinata-hime.

- Mais de quoi? répondis-je dans un murmure.

- Tout! De ne pas m'être rendu compte plus tôt des agissements d'Ojii-sama, de m'être disputé avec vous, de vous avoir dit des horreurs, de m'être comporté comme le dernier des idiots...

- Baka, dis-je avec douceur, tu n'es pas coupable. Nous devrions tous les deux faire des efforts... Ne pouvons-nous pas avoir confiance l'un en l'autre? Me croyez-vous quand je vous dis que Kiba-kun n'est et ne sera jamais qu'un ami très cher?

Il sembla hésiter un moment, mais son visage s'adoucit. Il sourit et me dit:

- Oui je vous crois. Et je vous prie de me croire quand je vous dis que jamais Tenten ne sera aussi belle et aussi charmante que vous. Vous êtes l'unique, Hinata-hime.

Je lui souris. Il se pencha vers moi et posa un baiser sur mes lèvres. Ainsi, les brimades d'Ojii-sama n'avaient pas eu que de mauvais côtés, j'avais pu me réconcilier avec Neji-nii, c'était l'essentiel.

Deux semaines nous séparaient de l'anniversaire de Neji-nii. Otosama, soucieux de préparer une fête mémorable à son héritier, éveillait les soupçons de son entourage. Très vite, plus personne ne doutait de ses intentions. Les bruits sur la succession étaient de plus en plus persistants et avaient même atteint les oreilles des autres membres de la Sôke.

Pour que je sois digne de mon rang et de cet évènement, Otosama avait commandé un kimono dans un pays voisin réputé pour ses créations. Enfin, il était arrivé et ma servante avait tenu à me le faire essayer. Dans sa lancée, elle avait sorti la panoplie complète et me coiffait à présent.

Le kimono que je portais était un vrai chef-d'œuvre. Père avait demandé et s'était assuré qu'il serait unique. C'était une pièce de collection qui enjoliverait la fête de son cher fils! Je devais avouer, malgré ma rancœur, qu'il était superbe. Taillé dans de la soie de toute première qualité, il arborait des motifs tissés main aux couleurs pastels. Un dragon d'eau serpentait parmi les fleurs de Sakura roses tendres. Il me semblait percevoir chaque écaille luisante de l'animal mythique tout comme les dégradés qui dessinaient en volume les pétales soyeux. Je jouais avec les longues manches qui découvraient à peine mes mains pâles. Dans le miroir, je voyais ma coiffure prendre peu à peu forme. Un chignon très simple où se mêlaient peigne en or et fleurs en tissus. La servante s'arrêta et me regarda. « Il n'y a pas de doute, Hinata-sama, vous serez la plus belle. » Quelle importance d'être la plus belle, cette fête n'était pas en mon honneur. Je n'y étais invité que par principe et j'acceptais toutes ces simagrées uniquement pour plaire à Neji-nii...

Il y avait trois jours qu'il était parti en mission spéciale avec son équipe dans un pays voisin. J'attendais avec impatience son retour, mon cœur battant au rythme de mon inquiétude et de ma peine. Chaque mission qui le séparait de moi était une torture et je craignais pour sa vie. Un ninja de son rang était souvent assigné à des missions dangereuses et c'était avec soulagement que je le voyais revenir... Mais ce jour-là fut différent...

Nous entendîmes des pas de courses dans le couloir avant que le Shôji de ma chambre ne s'ouvre brutalement. Une servante de mon père s'écroula, face contre terre et se mit à hurler, les larmes dans la voix:

- Hinata-sama! Hisashi-sama vient de se rendre à l'hôpital. Neji-sama a été ramené dans un état critique par une équipe de secours! Il est soigné depuis quelques heures, je...

Je n'écoutais déjà plus ce qu'elle disait. D'un bond, je m'étais levée et tenais la porte extérieure grande ouverte. Je me ruai sur mes geta et courus aussi vite que le permettait cet inutile kimono. J'étais dans un état de totale panique. Mon cœur battait si vite que je ne le sentais plus, mes mains tremblaient sous l'émotion... Neji-nii, je vous en prie, soyez fort... Attendez-moi, ne partez pas! Ne m'abandonnez pas!

J'aperçus enfin l'hôpital de Konoha. Je pénétrai comme une furie dans le grand hall et me jetai sur l'hôtesse d'accueil:

- Neji Hyûga?

- Hyûga? Il vient de sortir des soins intensifs. Il repose à la chambre 302...

Je partis sans même la remercier. Jamais le couloir blanc de cet hôpital ne m'avait paru si long. Depuis quand ces escaliers étaient si hauts? Les marches ne s'arrêteraient donc jamais?

Premier étage...

Deuxième étage...

Troisième étage! Enfin! Je me précipitai devant la porte de la seconde chambre, des gens y étaient attroupés... Je les reconnaissais mais n'avais que faire de leur présence. Nos amis étaient tous là, sûrement alertés par Lee-san et Tenten-san... Arrivée à eux, je les bousculai sans ménagement. J'entendis la voix de Kiba-kun m'interpeller mais ne pris pas la peine de répondre. J'ouvris la porte à la volée:

- ONII-SAMA!

La pièce spacieuse était occupée par deux personnes, Otosama et Tsunade-sama. Otosama parut à la fois surpris et furieux de ma soudaine interruption. Dans le lit, j'aperçus le corps inerte de Neji-nii. Mon cœur rata un battement.

- Onii-sama, murmurai-je la voix brisée.

Je m'avançai à pas lent vers le lit. J'entendis la porte claquer derrière moi et la voix aiguë et ironique d'Hanabi-chan s'élever:

- T'inquiètes Onee-chan, il va bien, il dort.

Je ne lui répondis pas. Peu m'importaient ses paroles pleines de joie sournoise, elles n'avaient aucun impact sur moi. Je m'assis au chevet de Neji-nii. Son visage était serein, un peu pâle, certes, quelque peu balafré aussi, mais il ne semblait pas souffrir. Toute ma pression retomba et j'éclatai en sanglot. Je pris sa grande main bandée dans la mienne et posai mon front dessus, comme pour me rassurer.

- Ne t'inquiète pas Hinata, intervint Hokage-sama d'un ton apaisant, Neji est hors de danger. Comme j'étais en train de l'expliquer à ton père, il a été d'un courage exemplaire. Il a protégé toute son équipe en se battant contre ce ninja... Il était d'une force incroyable, selon l'équipe médicale qui l'a appréhendé, dopé par une quelconque drogue militaire qui décuple force et pouvoir...Ce n'était pas un combat pour Neji, pourtant il s'en est sorti à merveille. C'est miraculeux qu'il soit toujours en vie. L'ennemi utilisait de puissants poisons mais nous avons stoppé leur progression. Il a besoin d'un peu de repos, mais dans quelques jours il sera sur pieds...

« Hisashi-san, ajouta-t-elle en se tournant vers Otosama. Je vais vous laisser en famille. Je veillerai personnellement aux soins de Neji. Votre héritier sera vite guéri.

- Je vous remercie Gondaime-sama, votre sollicitude me touche.

Elle lui sourit et fit un geste nonchalant avant de s'incliner. Elle sortit avec grâce de la chambre immaculée. Otosama resta incliné jusqu'à ce que la moindre vibration de son charisme éclatant ait disparu de l'atmosphère. Je regardais la scène les yeux vides, tout juste soulagée par les paroles de Tsunade-sama.

- Pffff... que l'Hokage soit obligée de te soigner comme ça, tu n'as pas honte Neji?lâcha soudainement Hanabi-chan, T'aurais dû crever là-bas, tu te serais évité l'humiliation d'être un poids pour Tsunade-sama et nous...

- TAIS-TOI!

Je m'étais redressée brusquement et défiais ma sœur du regard:

- Hanabi-chan! Comment peux-tu dire des horreurs pareilles ! La vie de Neji-nii-sama est importante ! Il est l'héritier d'Otosama.. A moins que ce soit précisément ce détail qui te chiffonne. Tenais-tu tellement à cette place, que tu souhaites la mort d'un membre de notre famille! Hanabi-chan tu es...

- Il suffit Hinata!intervint Otosama. Cependant ta sœur a raison Hanabi, tu dois faire preuve de plus de retenue et ne pas manquer de respect à Neji, il...

- Hinata-hime?

Je sursautai et me tournai vers Neji-nii. Les yeux à demi ouverts, il souriait, difficilement bien sûr, mais la joie qu'il éprouvait était palpable. Il leva une de ses mains et la glissa dans mes cheveux. Je pleurai de plus belle, incapable de contrôler mes émotions.

- Êtes-vous un ange? Je croyais mourir... Je ne pensais plus revoir votre visage, Hinata-sama... Je vous aime.

Mon cœur cessa de battre, il était certain qu'Otosama venait d'entendre ses paroles. Qu'allait-il me dire? Mais pire se produisit. Neji-nii m'attira vers lui et m'embrassa. J'étais incapable de me débattre tant ma surprise était grande. Je sentis sa peau brûlante contre la mienne, il était fiévreux... Ce pouvait être un prétexte! Mettre ses propos et son attitude sur le compte d'un délire lié à la fièvre. Mais n'était-ce pas manquer de respect à notre amour? Je fermai les yeux... « Nul secret n'est éternel. » m'avait dit un jour ma servante lorsque, enfant, j'avais tenté de dissimuler l'une de mes bêtises. « Tout finit par ce savoir ».

Ainsi Otosama venait de découvrir notre secret. Je sentis la main de Neji-nii s'alourdir. Il s'était rendormi. Je me dégageai de son étreinte, anxieuse, attendant la réaction d'Otosama... qui ne se fit pas attendre!

- Qu'est-ce que cela? DEHORS HINATA! Que je ne te revois plus dans cette chambre!

Je me levai sans le moindre mot et obéis. Comment aurais-je pu protester? Ce n'était ni le moment, ni le lieu. Je comprenais aussi son trouble et sa surprise. Il était préférable de lui laisser le temps d'appréhender les faits pour peut-être en discuter. Je me doutais, évidemment, que j'aurais droit à une crise de colère en bonne et dûe forme, mais lui obéir me donnait à moi aussi le temps de préparer ma riposte. Alors que je refermais la porte derrière moi, mes amis se précipitèrent pour m'accueillir:

- Hina-chan, qu'est-ce qui t'arrive? demanda Kiba-kun en saisissant mon bras, tu es pâle comme un linge!

- Tsunade-baa (2) nous a pourtant dit que Neji allait bien, s'écria Naruto-kun, toujours aussi survolté.

- J'étais étonnée de voir à quel point tu te sentais concernée, Hinata.

Je relevai des yeux étonnés vers Gondaime-sama dont je n'avais pas noté la présence. Dans un élan de gratitude envers celle qui avait sauvé Neji-nii, je m'inclinai profondément et, légèrement rougissante, murmurai « merci » dans un souffle. Elle ne dut cependant pas m'entendre car ce fut le moment que choisit Naruto-kun pour hurler:

- C'est normal qu'elle soit inquiète Obaa-baa(3), il est de sa famille!

- Tu ne la fermeras donc jamais, sale gosse ? s'emporta Gondaime-sama, vexée par l'allusion à son âge. Tu m'prendsla tête!

- T'as dit quoi O-b-a-a-b-a-a? s'écria sur un ton provoquant un Naruto-kun furieux, bondissant déjà sur Hokage-sama.

- Hinata-chan...

Je me retournai vivement. A côté de moi, Lee-san et Tenten-san s'inclinaient profondément. Ils étaient tous deux couverts de pansements et bandages mais semblaient bien se porter.

- Nous sommes réellement désolés Hinata-chan, reprit Tenten-san d'une voix tremblante, il a voulu nous protéger. Ce qui est incompréhensible, c'est que ce ninja semblait en avoir spécialement après Neji-kun. Lui seul a été empoisonné. L'ennemi nous a porté de nombreux coups assez lourds, mais il n'a utilisé les poisons que contre Neji-kun! Oh et puis cet homme était un véritable démon, il n'avait rien d'humain avec ses pupilles dilatées et ses yeux gris...

Tenten-san se laissa aller à la tristesse alors qu'un violent frisson parcourut tout mon corps. Un doute venait de traverser mon esprit. Le pouvoir de ce shinobi... ses pupilles... ses iris... Se pouvait-il...? Avait-il osé? Non, il n'avait tout de même pas pu...? Pas après l'intervention d'Otosama. La voix de Lee-san me tira de mes réflexions.

- Si Gaï-sensei est encore en vie, expliqua-t-il ses yeux, rougis par les larmes qu'il avait versé, plantés dans les miens, c'est uniquement grâce à Neji-kun.Je suis mort de honte! Gaï-sensei viendra très bientôt présenter ses excuses à votre famille, mais pour le moment, il est alité.

- Ne vous en faites pas sempai, Neji-nii-sama n'a fait que son devoir. Vous souhaiterez bon rétablissement de ma part à Gai-sensei, je crains de ne pouvoir le faire moi-même avant un certain temps.

- Pour quelle raison? interrogea Lee-san les sourcils froncés.

- HINATA! gronda la voix d'Otosama dans mon dos au moment où la porte s'ouvrait à grands fracas.

- Celle-ci.

Tous s'étaient tus. Même Hokage-sama et Naruto-kun avaient cessé de se disputer. Je me retournai lentement pour faire face à Otosama. Il me paraissait plus grand et plus imposant que jamais. Sans le moindre mot d'introduction, il me gifla si fort que j'atterris dans les bras de Kiba-kun.

- Hyûga-san! Pas si fort! Hurla Kiba-kun

- La ferme le mioche! s'écria Tsunade-sama en s'avançant, Hisashi-san ce geste est-il vraiment nécessaire? Votre fille...

- Sauf votre respect, Gondaime-sama, il est de mon bon droit de vouloir éduquer ma fille. Hinata a besoin que nous lui rappelions les règles de notre famille! Maintenant, si vous vouliez bien nous excuser.

Il s'inclina respectueusement face à la première dame de Konoha, puis se tournant, m'attrapa brutalement par le bras.

- TOI! Tu me suis!

Il me tira loin de la chambre de Neji-nii, sans ménagement. Hanabi-chan nous suivait de très près, un drôle de sourire aux lèvres. Jamais le trajet qui menait à notre propriété ne me parut si bref. Dans la grande cour, de nombreux membres de la famille s'étaient rassemblés, inquiets du sort de Neji-nii. Ils n'eurent malheureusement pas le loisir d'étancher leur curiosité. Otosama les fit taire d'un seul regard. Je vis leurs yeux interrogateurs suivre le drôle de trio que nous formions. Une famille?... Un père et ses deux filles?... Personne ne pouvait voir un tel tableau! Il n'en avait jamais été ainsi. Mon tortionnaire me traîna jusqu'à ma chambre, me jeta au sol et fit fuir ma servante. Hanabi-chan s'empressa de refermer la porte et Otosama se planta devant moi les poings serrés.

- Je désire des explications!

- A quoi bon vous mentir plus longtemps Otosama ?dis-je en sentant un soudain courage m'envahir, je vais vous révéler la vérité.

- Ainsi, voici votre décision?

Neji-nii et moi nous regardâmes droit dans les yeux avant d'acquiescer.

Neji-nii avait quitté l'hôpital le matin même. A peine était-il arrivé à la maison principale qu'Otosama nous avait tous rassemblés dans l'une des pièces les plus reculées de la maison pour un conseil de famille. J'avais tout révélé à Otosama et Onii-sama le savait. Après nous avoir longuement fait la morale, m'avoir juré que je ne trouverai jamais d'époux, Otosama nous révéla la raison de sa colère. Pour la pérénité du sang des Hyûga, il avait décidé de faire d'Hanabi-chan l'épouse de Neji-nii. Celui-ci c'était révolté, j'étais aussi une descendante de la Sôke, le même sang coulait dans nos veines de sœurs! Je ferais une épouse parfaite! Oui, mais je n'avais pas la force d'Hanabi-chan...

Neji-nii s'emporta et proposa une autre solution: « Trois jours avant mon anniversaire, s'ouvrira l'examen Chunnin. Proposons à Tsunade-sama un combat opposant Hinata-hime et Hanabi-chan, en guise de 'spectacle'. La gagnante sera mon épouse. » J'avais très facilement accepté cette idée, elle nous laissait au moins une chance, même infime. Hanabi-chan se montra plutôt enthousiaste.

- Qu'il en soit fait ainsi.

Quelques heures plus tard, je retrouvai Kiba-kun dans la forêt. Ce combat prenait une envergure particulière dans mon cœur. Je ne pouvais le perdre sous aucun prétexte, mon amour en dépendait. Bien sûr Neji-nii s'était proposé pour m'aider, mais je ne me sentais pas rassurée. Je savais qu'Otosama ferait tout pour nous empêcher de nous voir durant les quelques jours qui nous séparaient du combat. Il ne me restait qu'une personne vers qui me tourner... Mon meilleur ami!

-Kiba-kun, j'ai besoin de ton aide! L'heure n'est plus au secret, je vais t'expliquer ma situation.

Une fois de plus je me retrouvais dans la chambre sombre d'Ojii-sama. Mais cette fois-ci, je m'y étais rendue de mon plein gré. La force que m'avait transmise cette décision qui avait été prise, était vivace en moi et me donnait le courage de faire face au vieux dragon amer. Il me toisait du haut de son fauteuil, son regard demandant sans détour ce que mon insignifiante personne pouvait vouloir au dieu qu'il pensait être.

Sans peur, je le défiai du regard. Des soupçons avaient été éveillés en moi par les paroles de Tenten-san. Durant les jours qui suivirent, les conjectures devinrent certitudes quand mes réflexions mûries parvinrent à créer un lien entre chaque élément. Ojii-sama continuait à agir selon son bon vouloir. Qu'importaient les menaces d'Otosama, il agissait toujours en chef de famille. J'humectais mes lèvres avant de commencer, la bouche asséchée par l'anxiété.

- C'est vous n'est-ce pas, qui avez tenté de faire tuer Neji-nii pendant qu'il était en mission ?

- Que dis-tu Kuzu?

- Inutile de nier Ojii-sama... Vous avez engagé Katsuki-san, dont la famille est liée à la nôtre. Que lui avez-vous promis? Que les Hyûga reconnaîtraient sa lignée décadente? Vous n'en avez pas le pouvoir, vous le savez!

- Mais lui l'ignore! Tu m'impressionnes, Kuzu... percer ainsi mes secrets...

- Je vous connais assez pour savoir à quel point vous êtes tordu. Mais il suffit Ojii-sama! Que vous le vouliez ou non, Neji-nii sera l'héritier d'Otosama.

- Sauf si je le tue avant!

- Dans ce cas, vous m'en voyez navrée, mais pour le bien être d'Onii-sama je me vois dans l'obligation de révéler vos manigances à qui de droit.

- Le bien être de ce déchet! Laisse-moi rire! Ta satisfaction personnelle, sale traînée! Tu ne veux pas perdre ton jouet! Putain! T'acoquiner avec un sang sale de la Bûnke! N'as-tu donc aucune fierté?

Je souris et lui tournai le dos. A quoi bon répondre. Ses paroles chargées de haine et de crainte ne pouvaient entacher ni ma volonté, ni mon amour. Il était comme un animal blessé face à son ennemi, sentant son heure arrivée. Il ruait une dernière fois, rassemblant toute sa hargne pour partir en beauté... mais qu'importe! Je devais protéger Neji-nii de ce vieux roi, et pour cela provoquer sa chute... et seul son propre fils pouvait s'acquitter de cette lourde tâche.

Bientôt, Ojii-sama perdit sa place dans la famille et fut envoyé terminer sa vie dans une des maisons de repos des Hyûga, là où il pourrait continuer à abuser de son pouvoir fantoche, sans que jamais plus il ne fasse souffrir qui que ce soit.

Suite au chapitre 4.

Note:

1 – Nda: Je rappelle qu'Otosama signifie père et Ojii-sama grand-père... Il est normal que Hisashi appelle l'autre vieux croûton père... (cette précision est dû à une incompréhension de la part de mes lectrices-testeuses...)

2- Tsunade-baa: Contraction de Tsunade-obaa-san, en gros: Tsunade la vieille.

3- Obaa-baa: Obaa-san veut dire « grand-mère » Obaa-baa est une formule irrespectueuse dévié de ce terme. On pourrait le traduire par la vieille ou vieil peau... à vous de choisir! ;p

Petit mot de l'auteur:

Petit Mot de l'auteur:

DESOLEE!!!!!

Je m'agenouille pour supplier votre pardon! J'étais débordée par les cours ces temps derniers et j'avais moins de temps pour taper ma fanfic! Mais voilà! Enfin! Le chapitre 3! J'espère qu'il vous plaira et que le travail que je vous offre à lire est à la hauteur de l'attente que je vous ai fait supporter!!!!!

J'en profite pour remercier ma béta-lectrice, Etincelle, qui pour cette fic, comme pour toutes les autres fait un excellent travail! Gros bisous à toi...

(D'ailleurs allez lire sa fic originale, Passages, elle vaut vraiment le coup d'œil!)

Et un gros coucou-bisouxmerci à ma meilleure amie qui me soutiens toujours dans tous mes délires même les pires! (Et qui du coup ce coltine tout ce que que j'écris... même le pire!) Bisous Valiré... et courage! Tu vas devoir me supporter encore quelque temps!!!

Je me suis dis que pour ma peine je répondrais à chaque commentaire un par un:

Cristinasanae: Tend une bouteille de rhum arrangé maison à Sanae-sama! Allez cul sec! Pour fêter le troisième chapitre enfin publié! Et OUI tu est perverse... mais c'est çà qui est sssssssouette! Allez! A trois on court à l'INA se faire un concours de bibine... en priant pour que Kaly ne sorte pas son fouet à plumes roses! XD

Silvia: Merci pour ton com'. C'est vrai que son grand-père est horrible, mais là je crois que tu le déteste plus encore pas vrai! - Mouark! Mouark! Mouark! Au fait, c'est quoi le mot trop violent qui pourrait choquer les âmes sensibles? Je veux savoir

Yuuko-hime: Comme pour Silvia tu dois le haïr encore plus le vieux là, non? Moi je le hais assez fortement!

Sirius: perplexe C'est toi qui l'a fait comme çà

Miou: Mon cher et tendre époux, ce n'est pas parce que c'est moi qui écrit cette histoire que je suis obligée d'aimer les salops qui la compose...

Sirius: Mouai, si on veut! Toute façon tout le monde sait que tu es tordue...

Miou: Sirriuuuuuusss!!!

Scène censurée

Miou revient l'air de rien

je disais donc: merci pour ton com' Yuuko-hime

Lil Dia: o Une nouvelle!!! Bienviendue! Si je suis forte en français?.. Mmmmh Bonne question... C'est vrai que j'ai fait une section littéraire et que je me débrouillais... mais je n'étais pas une lumière! Et puis je crois qu'écrire comme çà n'a aucun rapport avec le français qu'on pratique en classe... Non, je crois que c'est surtout écrire en dehors qui est important...

C'était en direct live la moral du jour par la vieille de service qui a quitté le lycée depuis plus de deux ans déjà... AAARF! çà ne me rajeunit pas tout çà!

HinaNeji: merci! merci! ;p

Comme ton site est bien, je te fais un coup de pub ici. Si vous aimez le couple NejixHina, faîtes un petit tour par le site de la demoiselle, il est bien: http://eutopic. Mouaaaaaah! Encore du sang neuf, c'est merveilleux! Merci pour ton com', je suis heureuse. -Miou toute rouge- Y'a trop de compliments juste pour moi... Je ne sais plus quoi dire, sinon que je suis heureuse que çà t'ait plu... J'espère que la suite est à la hauteur de tes attentes.

Nee-san: Miou, submergée par l'allégresse, s'évanouit à la vue de cette autre nouvelle. Sirius l'attrape et la baffe allègrement (c'est qu'il se venge le sagouin!) Miou finit par émerger.

Miou: Oh mon amour

Sirius: Ouais, Ouais, plus tard... tu pourrais au moins avoir la décence de répondre à la demoiselle.

Miou: Mmmmh... ah... euh ... oui!

Merci pour ton com' Nee-san, il me fait très plaisir! Je suis heureuse de te compter parmi mes lecteurs,j'espère que le chapitre 3 t'a plu et désolée pour cette longue période d'attente.

Je vous remercie tous pour vos com'! J'espère que le troisième chapitre vous a plu... J'ai découvert une nouvelle technique pour avoir des com': le chantage! Si je n'ai pas 100 commentaires, je ne vous mets pas la suite... MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH! Bon! Ok, je vais me montrer magnanime... 20 com' et je mets la suite!

BWAHAHAHAHAHAHAHAHAH! Des com'! Des com'! Je veux des Com'!!!

Sirius: oulà! çà va plu là! Je crois que j'ai tapé trop fort! Bien, je vous prie de l'excuser et n'écouter pas ses menaces! Je vais la calmer et vous aurez vite la suite... De toute façon elle est incapable de ne pas mettre la suite, question de fierté mal placée!

Sirius attrape Miou à bout de bras et s'apprête à s'en aller quand il se retourne brusquement: « C'est pas une raison pour pas laisser de com'! Parce qu'après c'est moi qu'elle tape! Alors soyez sympa, commenter sa fic! » salut et la porte jusqu'au lit pour tenter de soigner la folie de son épouse...

c'est pas gagné!

Allez! Rendez-vous au chapitre 4.

Miou revient en courant...

Entre le moment où j'ai fait béta-lire ma fic et le moment où je vous offre enfin la suite... (Miou se prosterne encore pour demander pardon!) J'ai reçu deux autres commentaires aux quels je tiens absolument à répondre!

aliana: Une... Une... une nouvelle encore!

Merci pour ton commentaire, je suis contente que cette intrigue te plaise, j'aime bien axé les choses sur les conflits familiaux car ce sont eux qui inéxorablement influent le destin amoureux de nos deux tourtereaux... Mais chut! Je n'en dit pas plus, la suite au prochain chapitre!

mars: Salut mon comander! Quoi? Non? Çà se dit pas?

Bof de toute façon moi je suis toujours à côté de la plaque!

BOUDE, BOUDE, BOUDE, BONDIT SOUDAINEMENT!

Pis d'abord n'écoutez pas ce qu'il dit dans son com'! c'est moi qui ait raison, j'ai toujours raison!! Na!

Non, plus sérieusement! Comme je l'ai déjà expliqué en MP, je sais que Neji est le petit fils de l'autre $:§?µ# mais la complexité de succéssion oblige, son père et toute se descendance ont été regnié DONC ne sont plus considéré par le $\+²§? comme étant de son propre sang!

Au fait comme tu le remarqueras, le message a été transmis mais pas compris donc je te laisse libre choix de faire ce que tu veux du :(¡£#...

Miou livre le vieux à mars, saucissonné sur un plateau d'or

Tiens en prime un bouquet de fleur!!! ;) Allez Bisous et plus

Miou s'en va en courant pour taper la suite de sa fic avant de se faire taper sur les doigts!