Que vous soyez Elfe, Nain, Hobbit ou Homme (même Femme... ), je vous souhaite le bonsoir!

Voici le deuxième chapitre de ma petite fic. J'espère que le premier vous aura plu... Je voulais au passage remercier ceux qui m'ont lu et celle (ou celui, je sais pas trop...) qui a reviewé: Mandil Peredhel, merci beaucoup pour ton ptit mot. J'espère être à la hauteur de tes attentes!

Au programme? Deux intrus pour le moins... envahissants, une fête qui se prépare, des feux d'artifices légendaires, un vieillard à la barbe grise (comment ça, vous ne trouvez pas de qui je parle?! Bah... lol) et... un très léger début-de-commencement-de-slash entre... mais chuuuut! Je n'en dis pas plus...

Bonne lecture et dormez bien! (je précise: je ne suis pas obsédée par le dodo, mais chez moi, il est tard, et je commence à fatiguer... ZZZzzz... lol)


2. La Croisée des sentiers...

- Deux ans et neuf mois ! J'ai mis deux ans et neuf mois pour apprendre à nager, Monsieur Sacquet !!!

Frodon suffoqua, recrachant eau et têtard en toussant. Sam, les cheveux ruisselants, tentait de reprendre contact avec la réalité après le coup reçu sur la tête.

- Oui, Monsieur Sacquet, mieux vaut ne pas plaisanter avec les dates... ça peut coûter très cher, vous savez ?

Frodon esquissa un sourire. Face à eux, dégoulinants et hilares, Meriadoc Brandebouc et Peregrïn Touque les fixaient d'un air insolent.

- Oh ! s'exclama Frodon en riant. Et je suppose que c'est vous qui allez me punir ? Hein... ?

- Mais... c'est que nous en serions bien capables ! rétorqua Merry en s'approchant d'un air qui se voulait menaçant. J'ai peut-être mis deux ans et neuf mois pour apprendre à nager, mais si je me souviens bien, c'est toujours moi qui arrive à te couler, non ?

Sur ce, il se rua sur Frodon et lui enfonça la tête dans l'eau. Pippin, pour ne pas être en reste, lui saisit prestement les chevilles et l'entraîna au fond de l'étang.

Une joyeuse bousculade s'en suivit : plusieurs grenouilles outrées quittèrent leurs refuges de nénufars et plongèrent dans les roseaux. Sam, lui, préféra reculer prudemment jusqu'à la rive. Il s'assit sur une grosse pierre et laissa le soleil caresser ses cheveux. Nager était une chose ; se faire noyer par deux énergumènes en était une autre.

Enfin, quelques vingt minutes plus tard, les trois compères sortirent de l'étang. Ils étaient trempés, mais heureux et s'échouèrent lourdement sur un rocher, à côté de Sam. Frodon avait du rire dans les yeux et lorsque Sam croisa son regard, il ne put s'empêcher de sourire à son tour.

- Alors comme ça, demanda Pippin en mâchonnant une herbe folle, tu joues les professeurs avec Sam, Frodon ?

- Comme c'est mignoooon !ironisa Merry. Je pensais que tu savais nager depuis longtemps, Sam.

L'intéressé piqua un fard et bredouilla une réponse inintelligible.

- Ne fais pas cette tête, mon vieux, le rassura Merry. On disait ça comme ça. Je sais bien que les paysans de Hobbitebourg ont les idées très arrêtées pour ce qui est de l'eau...

- ... et pour un grand nombre d'autres choses, renchérit Pippin.

Sam sentit l'indignation lui brûler les joues. Comment ! On osait se moquer des Hobbits qui vivaient du bon côté de la Comté ? ça n'allait pas se passer comme ça ! Il préparait déjà une répartie cinglante, mais Frodon posa une main apaisante sur son bras :

- Ne les écoute pas. Tu sais comment ils sont...

Merry eut un large sourire :

- Insolents et totalement irresponsables...

- ... c'est du moins ce que prétend le vieux Gandalf, compléta Pippin.

Frodon se redressa, intéressé :

- Gandalf est ici ? À Hobbitebourg ?

- Mais oui mon bon Monsieur, répondit Merry en sortant de sa poche une pipe et un paquet d'herbe à fumer. Il est arrivé tôt ce matin. Il vient pour l'anniversaire de ton oncle, Frodon...

Puis, sur un ton de conspirateur :

- D'après la rumeur, sa charrette serait pleine de feux d'artifice, et ce soir...

Il laissa sa phrase en suspens. Frodon se recoucha sur la pierre chauffée par le soleil, aux côtés de Sam. Son esprit tournait à toute allure : voilà longtemps qu'il n'avait pas vu le vieux magicien. Sa venue était toujours synonyme d'histoires fabuleuses et d'instants fantastiques. L'anniversaire de Bilbon serait une réussite. Des feux d'artifice ! Dans toute la Comté, on en parlait avec admiration : gerbes de lumière, cascades de feu, pluies d'éclairs, nuages d'étincelles et brume d'étoiles... Ce serait une fête inoubliable et on en parlerait longtemps. Pourtant, Frodon sentait au fond de son cœur que quelque chose serait différent. C'était comme le sentiment qui l'assaillait quand il était avec Sam : diffus, mais bien présent.

Frodon secoua la tête et chassa ses sombres pensées. À sa droite, Sam avait fermé les yeux et le soleil dansait sur son front. Il semblait avoir trouvé là son paradis personnel. À gauche, Merry et Pippin se partageaient une pipe de Langoulet, sans doute une des meilleures herbes à pipe de toute la région. Merry lui passa la pipe et il en prit une bouffée en soupirant de contentement :

- J'ai hâte d'être à ce soir...


Etendus sur le rocher, sous le soleil de septembre, les quatre amis se laissaient bercer par le murmure du vent. À cet instant, nul endroit au monde ne leur aurait paru plus calme.

- On dit... que ce serait une fête fantastique.

Pippin mâchonnait quelques myrtille, glanées ici ou là ; Merry fumait en faisant des ronds qui s'envolaient doucement ; Sam jouait avec une herbe folle et Frodon savourait simplement le chant des oiseaux.

- Fantastique, oui, c'est le mot, assura Merry.

Il se haussa sur un coude et regarda Frodon, la pipe coincée entre ses lèvres :

- Bière, bonne chaire, chants, danses et rires... et puis les feux de Gandalf. Peut-être même une annonce importante, qui sait ?

Frodon croisa son regard et sourit largement :

- Oh... non, non, non ! Je vois tout à fait où tu veux en venir, Meriadoc Brandebouc ! Mais je ne te dirais rien, parce que je ne sais rien ! Attends donc ce soir, et ne sois pas si impatient...

- Allez, Frodon, ne te fais pas prier ! supplia Pippin en délaissant ses myrtilles.

Frodon secoua la tête, tandis ce que Merry lui passait à nouveau la pipe :

- Non, je suis désolé, mais...Bilbon ne m'a rien dit.

- Mais tu dois bien avoir une idée ! Au moins une !

Le regard de Frodon se perdit un instant dans le vague ; il semblait réfléchir. Au fond de lui, il savait que quelque chose allait se passer, mais son oncle restait évasif sur le sujet. Quoi, où, quand, comment, pourquoi ? Il l'ignorait. Mais...

- Il y a... il y a une chose que Bilbon ne cesse de répéter, murmura Frodon en laissant un filet de fumée s'échapper de ses lèvres. Il dit... qu'il veut revoir les montagnes. Oui... que les Monts Brumeux lui manquent...

À présent, Merry et Pippin étaient attentifs, avides de connaître la suite :

- Et... ?

Un court silence :

- Et parfois, lorsqu'il se croit seul, il marmonne des mots en elfique ; des mots que je ne connais pas. Et il tient quelque chose dans la main... une chose très important, à ce qu'il me semble...

- Et qui est... ?

Frodon haussa les épaules :

- Ca, je n'en sais rien ; il s'empresse d'y remettre dans sa poche lorsque j'arrive, comme s'il ne voulait pas que je le vois. Mais je crois... je crois que ça a un rapport avec cette histoire qu'il nous racontait autrefois ; cette histoire à propos d'une grotte, de ce Gollum et d'un anneau...

- Mais... ce ne sont que des histoires, n'est-ce pas ?balbutia Pippin en écarquillant les yeux. Il n'a pas vraiment...

- Comment savoir ?répondit Frodon avec un sourire. Peut-être que non... et peut-être que oui...

- Et vous croyez... que Monsieur Bilbon nous quittera, un de ces jours prochains ? Qu'il s'en ira dans les montagnes ?

Les trois autres se retournèrent vers Sam. Frodon tira sur la pipe presque éteinte, le regard pensif.

- Je ne sais pas. Peut-être... il n'a pas voulu m'en parler.

À dire vrai, cela peinait Frodon. Il aimait profondément son oncle, et le voir partir le peinerait. D'un autre côté... à supposé que Bilbon se rendent effectivement dans les montagnes... lui demanderait-il de l'accompagner ? Le vieil Hobbit connaissait suffisamment l'engouement de son neveu pour les aventures... Mais à nouveau, Frodon ne pouvait que formuler des suppositions ; tout cela ne reposait sur aucune base solide. Pourtant, il existait une personne qui connaissait les réponses.

- Gandalf...

- Quoi ? demanda Merry en se tournant vers lui.

- Gandalf connaît les réponses à toutes ces questions !

Frodon se releva d'un bond ; ses yeux pétillaient. Il devait voir le magicien ; il devait le lui demander. Et alors... son cœur bondit à cette pensée. Il épousseta rapidement son pantalon. Sam se leva à sa suite :

- Où allez-vous ?

- Voir Gandlaf, Sam. Je veux un peu l'interroger...

- Il ne te dira rien, lança Pippin en mâchouillant une herbe sèche.

Frodon fronça les sourcils :

- Et pourquoi cela ?

- Parce que, mon très cher ami si incertain, nous lui avons posé la question ce matin.

- Et le vieux bougre est resté muet comme une tombe !

Merry sourit d'un air sarcastique :

- Mais si tu penses y arriver mieux que nous...

Frodon grimpa le chemin, suivit par Sam. Un fois sur la berge qui surplombait l'étang, il se retourna en souriant :

- Il y a l'art et la manière !

Puis il éclata de rire et s'en fut, le cœur léger.


Ils marchaient tranquillement sur le petit chemin de terre, à travers les bosquets. Au dessus-deux, quelques étourneaux piaillaient en se disputant des cerises, volées dans les vergers. Le soleil brillait, plus doré que jamais et une source glougloutait tout près. Arrivé près de la fourche, à cet endroit que les fermiers du coin appelaient « La Croisée des Sentiers », Sam ralentit le pas et demanda :

- Dites Monsieur Frodon... Si... si Monsieur Bilbon s'en va... est-ce que... est-ce que vous partirez avec lui ?

Frodon s'arrêta en poussant un soupir. Il se tourna vers Sam :

- Je... je ne sais pas, Sam.

Sam baissa la tête :

- Vous ne savez pas... mais vous partirez, n'est-ce pas ?

Frodon eut un sourire : il le trouvait touchant, lorsqu'il rougissait ainsi. Un instant, il eut envie de répondre : « non, je ne partirai pas. » Mais il ne le fit pas, parce que ce n'était pas vrai. Il était partagé, diviser : quitter la Comté et laisser derrière lui toutes les choses qu'il aimait, ou partir à la découverte du monde et de l'inconnu, pour revenir peut-être un jour, couvert de gloire... ou ne pas revenir du tout. C'était tentant, mais... quitter la Comté, cela signifiait aussi quitter Sam. Et plus que tout, c'est cela qui le peinait.

- Oui, je pense que je partirai, en effet.

- Mais si vous partez, alors...

Frodon posa un doigt sur les lèvres de Sam. Le jeune Hobbit frissonna à ce contact, hélas trop vite interrompu.

- S'il te plait, Sam... ne dit plus rien. Je ne vais peut-être pas partir ; Bilbon ne m'a rien dit. Je ne sais pas. Ne t'inquiète donc pas tant...

Sam rougit et baissa les yeux. Son attitude lui paraissait soudain totalement ridicule. Frodon cependant, pensait le contraire.

- Dis-moi... si je partais... est-ce que... tu serais... triste ?

La question se voulait innocence ; elle n'en était pas moins tremblante. La réponse fusa presque immédiatement :

- Bien sûr que vous me manquerez !

Sam réalisa trop tard la gaffe et tenta de se rattraper :

- Je veux dire... vous me manquerez, c'est sûr. Mais... d'un autre côté, c'est normal, puisque... enfin... je vous connais depuis...

Il bredouilla encore quelques phrases et s'emberlificota dans des justifications vaseuses. Frodon souriait ; son cœur cognait fort, comme un oiseau sur le point de s'envoler. Le curieux sentiment était de retour : seul comptait le « bien sûr ! » éloquent de Sam.

Alors que son ami murmurait des brides de mots inaudibles, les yeux fixés sur le sol, Frodon s'approcha doucement de lui. D'une main un peu tremblante, il effleura sa joue. Il savait que ce n'était pas bien ; qu'il aurait dû faire demi-tour en courant pour fuir le curieux sentiment, mais... d'un autre côté, il ne pouvait pas s'en empêcher. Sa main agissait d'elle-même ; ses doigts goûtaient enfin la peau de Sam.

- Tu sais...

Frodon prit une inspiration. Il n'était pas sûr de ce qu'il voulait dire. Il y avait tant de choses, et tout ce bousculait. Les mots naissaient dans son esprit, aussi vite que les fleurs du printemps, pour retomber ensuite en poussière.

Sam sentait son souffle au creux de son cou, et les doigts posés sur sa joue. Il aurait tout donné pour que cet instant ne se termine jamais ; il aurait tout donné pour que le temps se fige. Si Frodon partait... cela voulait dire qu'il perdrait non seulement un ami, mais aussi quelque chose qui lui était infiniment plus cher. Quoi exactement, il ne le savait pas. Ce qui était sûr, c'était qu'il ne le supporterait pas. La main s'attardait sur sa joue, descendit l'arrondi de la mâchoire, effleura les boucles châtains. Sam frissonna. Les yeux de Frodon se plongèrent dans les siens, et pendant un instant, il n'y eu tplus rien d'autre que l'immensité bleue dans laquelle il plongeait.

- Si un jour je pars...

Il y eut un silence.

- Je ne partirais pas sans toi, Sam.

Le cœur de Sam fit un bond :

- Monsieur Frodon...

Ce dernier eut un sourire. Un sourire tendre, bien qu'un peu coupable. À présent, ses lèvres étaient si proches, et sa peau si douce... La bouche nichée au creux du cou de Sam, il murmura :

- Je ne partirais pas sans toi... parce que... je ne le pourrais pas.

Et, tout doucement, Frodon posa ses lèvres sur celles de Sam. Un baiser tendre et innocent, comme la caresse de la brise sur les feuilles d'automne. Un contact bref et bien vite rompu. Frodon se détourna alors et dévala en courant le sentier qui menait à Hobbitebourg, laissant Sam seul, à la Croisée des Sentiers...


Voilààà... alors... qu'en avez-vous pensé? J'espère que cela a été à votre goût. Dans le prochain chapitre, je vous promets quelques rebondissements et un début d'explication entre Frodon et Sam...

À bientôt!