Titre : J'ai épousé un mec
Chapitre : 11
Autrice : Sialeeds
Fandom : Naruto
Genre : Romance, UA (en quelque sorte …), ''Drame'', légèrement OOC
Couple : SasuNaru, SasuTen, ItaShika, KibaNaru, KibaNeji, KankuNaru, ShikaTema (La liste s'est un peu allongée, vous trouvez pas ?)
Rating : K+
Disclaimer : À Kishimoto jusqu'à preuve du contraire.
Note : Désolée du retard (sincèrement) mais c'était la vrai pagaille à la maison (épidémie de gastro, allez tous vous cacher ). Parce que j'étais malade et que mon fils a été malade puis ma coloc' a été malade et quand je me suis senti mieux, j'ai du faire 6h de ménage non-stop et le mal de tête partait pas. Écrire, c'est pas la joie quand on est malade (J'avais assez de force pour écrire sur mon blog et encore …) Je profite de ce moment où tout le monde dort sauf moi pour (enfin) écrire la fin de chapitre.
Note 2 : J'ai hésité longuement sur la fin (Mais très longuement là …), un truc mielleux avec pas trop de réalisme, un truc sadique qui arrive que dans le pire des cas ou un truc plus ou moins normal. J'ai failli publier les trois par indécision mais ça gâcherait franchement tout. À vous de deviner ce que j'ai choisi … :D. Ah oui et le chapitre est … très long. Bonne lecture à tous :D
« Est-ce que c'est mal, Onii-san ? »
Itachi faisait les cent pas dans sa chambre. Le sol craquait sous ses pieds à chaque nouveau pas. Son petit frère se tenait assis sur son lit, l'écoutant comme si il était le seul à détenir la clé de la vérité, le regardant avec confusion. Itachi ne savait pas exactement quoi répondre.
« Mal … non, pas vraiment, Sasuke-kun.
- Alors pourquoi personne n'en parle ? Pourquoi suis-je le seul ?
- Tu n'es pas le seul, le rassura t'il.
- Vraiment ? Tu en connais d'autres ?
- Non mais tu vois … comment dire … ce n'est pas mal mais pour certaine personne, c'est jugé … mal.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, Sasuke-kun. Personnellement, je ne vois pas ce qu'il y'a de mal là-dedans mais par exemple, père n'aime pas du tout ces personnes. Quand il parle de tapette ou de pédale, il parle de garçon qui aime d'autres garçons.
- Alors c'est mal.
- Non, Sasuke-kun. Pour lui, c'est mal mais si toi, tu n'y vois rien de mal, il n'y a pas de raison pour que tu restes sur son point de vue.
- Mais père va me détester si il apprend que je suis amoureux d'un garçon.
- … Sasuke-kun, tu n'es pas obligé de lui dire.
- Mais si il l'apprend ?
- Comment ? Enfin, comprends bien que si tu aimes un autre garçon, il n'y a rien de mal là-dedans. Père a des préjugés vis-à-vis des gens et ils ne sont pas toujours exacts. Tu dois avoir tes propres points de vue. »
Sasuke ne put acquiescer. La voix de son père énonçait déjà quelques jurons dans le salon. Sa curiosité piquée à vif et l'envie de s'évader de cette conversation embarrassante le poussèrent à se précipiter vers le salon où son père se trouvait, un journal à la main. Sasuke se dirigea vers son père pour connaître les raisons de sa colère.
« Que se passe-t-il père ? »
Fugaku se tourna vers son fils cadet en soupirant d'exaspération.
« Sandaime a permis a ses sals pédés de se marier, grommela-t-il. »
Sasuke sentit un long frisson parcourir son échine en entendant les paroles de son père puis en voyant deux hommes s'embrasser en couverture du journal. Son père haïssait les garçons qui aimaient d'autres garçons comme l'avait si bien dit Itachi. N' y avait-il pas là, une opportunité de se rapprocher de son paternel ?
« Sals tapettes, avait alors dit le petit Sasuke. »
Les regards s'étaient alors braqués sur lui. Celui d'Itachi, de son père et de sa mère. Puis un sourire s'élargit contre les lèvres de Fugaku et il avait ébouriffé affectueusement les cheveux de Sasuke.
« Tu es bien mon fils. »
Derrière eux, Itachi semblait exaspéré. Il lança un regard, une sorte d'appel à l'aide à sa mère mais celle-ci ne put que lui rendre un rictus facial de tristesse et de compassion …
Sasuke se réveilla pendant que son rêve s'effilochait, il replongea dans son sommeil, s'imprégna du décor de ses songes tout en ramenant la couverture jusqu'à son menton. Il revivait une scène de son passé encore fraîche à son esprit. Il voyait Naruto tomber sans grâce contre le parquet blanc de l'hôpital puis il le voyait venir s'effondrer dans ses bras, venir cacher sa tête dans son cou et sangloter sans retenue. Une mèche blonde comme le blé, tremblotante comme une feuille morte en automne, venait chatouiller son menton, s'imprégner de ses propres larmes. Puis Naruto relevait sa tête vers Sasuke, un visage aux cheveux courts et en bataille. Un corps masculin. Plus aucun sillon de larme n'était visible. C'était un rictus de colère, des lèvres qui formaient une seule affirmation ''T'es qu'un salop, Sasuke !''. La violence de l'affirmation sortit Sasuke de ses songes. Il retrouva le décor sombre de sa chambre, la chaleur de sa couverture. Son cœur battait encore jusqu'à ses tempes et il avait l'impression désagréable d'être coupable. Il prit une grande inspiration pour se remettre de ses émotions, de son cœur qui était pris d'un vertige inexplicable. Il sentit de fins doigts, doux et parfumés se poser contre son cou et il se tourna nonchalamment vers sa nouvelle compagne. Une kunoichi légèrement garçon manqué qui de cet attribut, lui rappelait énormément Naruto. Elle se prénommait Tenten.
« Tu ne dors plus, bébé ? »
Sasuke secoua lentement la tête comme si la réponse aurait pu être une autre alors qu'il avait les yeux grands ouverts.
« T'as encore un peu d'énergie, questionna t'elle avec une lueur de perversité dans la voix.
- Non. »
La réponse foutue un froid entre la brune et le brun. Sasuke était encore dans un état comateux. Il avait envie de dormir et pas envie de dormir en même temps. Ses songes portaient tous sur Naruto, chacun de ses rêves étaient peuplés par Naruto. Il n'aimait pas ça du tout. C'était tellement mal … tellement mal de l'aimer encore après tout ça. C'était son père qui lui avait enseigné que c'était mal d'être homosexuel et il le comprenait. Il comprenait si bien pourquoi son père haïssait ses gens qui n'étaient pas comme tout le monde. Il avait craqué sur Naruto, s'était accroché à lui de jour en jour sans poser les yeux sur personne d'autre. Il avait aimé une fille, avait apprécié ses défauts autant que ses qualités. Il n'avait jamais aimé personne d'autre si on oubliait son béguin d'enfance pour un petit blond aux yeux bleus mais plus il pensait, plus il comprenait que c'était peut-être encore Naruto. Pouvait-on dire qu'il était gay si il avait aimé la même personne toute sa vie ? Pouvait-on seulement le dire homo ou hétéro ? Les filles ne l'attiraient nullement. Il avait essayé, toute la semaine, tous les soirs avec une fille différente mais il n'y avait que l'image de Naruto qui réussissait à l'exciter. Les garçons ne l'attiraient pas non plus. Le seul fait de s'imaginer avec un homme le dégoûtait et pourtant … si il s'agissait de Naruto, c'était une autre affaire. Naruto en mec l'attirait même beaucoup plus physiquement que Naruto en fille. Il avait l'impression de trahir la mémoire de son père en fantasmant sur Naruto et il ne le pouvait pas. Il aurait aimé en parler à sa mère, lui dire à quel point il se sentait perdu mais aujourd'hui, elle n'était plus là. Il se sentait seul au monde car il avait même quitté Naruto. Une larme roula sur sa joue, s'engouffra dans son cou et mourut de la chaleur de son corps. Il voulait revoir Naruto, même si ce n'était que pour lui parler …
Le lendemain, Sasuke s'était réveillé tôt dans des draps froids. Sa froideur avait du faire déguerpir Tenten dès l'aube mais il ne s'en formalisa pas outre mesure. Il voyait en cette journée, une occasion de trouver Naruto et de lui parler. Il ne le voyait jamais, il habitait trop loin de son nouveau domicile et les missions les séparaient toujours un peu trop longtemps. Il avait besoin d'entendre le timbre de sa voix, besoin de se noyer dans les deux ciels trop bleus de ses yeux. Il avait besoin de retourner auprès celui qu'il avait fait souffrir. Il connaissait ses habitudes par cœur, les endroits qu'il préférait et ceux où il passait le plus de temps. Il eut bien fait de le trouver à la lisière de la forêt, entrain de donner des coups de poing contre un arbre tout en murmurant des choses qui n'étaient pas trop claires pour Sasuke mais il crut entendre son prénom à plusieurs reprises. Il entendait les mots ''Je te hais'' plus franchement mais son cœur n'en fut pas plus brisé qu'il ne l'était déjà. Il approcha calmement du blond, entendit plus nettement ses paroles étouffés de rage ''Je te hais, Sasuke, je te hais''. Sa main tremblait et il hésita longuement à la poser contre l'épaule de Naruto car sa colère lui faisait peur mais il le fit, bien qu'il sache que tout ce qu'il ferait à Naruto, ce serait le faire souffrir un peu plus mais il était égoïste … l'amour le rendait égoïste. Naruto se tourna vers Sasuke d'un sursaut. L'Uchiwa put voir au moment même le visage du blond, ravagé de larme, empiété par un chagrin violent. Et pourtant, à la vue de Sasuke, une lueur d'espoir s'allumait dans les deux océans bleus, même si toute l'expression du visage restait ravagée de tristesse.
« Naruto … je … »
Les mots restaient bloqués en travers la gorge de Sasuke dans une énorme boule de sanglots. Il avait l'impression que Naruto s'était emparé de son cœur et le serrait jusqu'à ce qu'il ne batte plus. Il s'en voulait de l'aimer, de déshonneur la mémoire de son père, la mémoire de son clan. Il ne voulait pas être comme son frère. Jusqu'où devrait-il souffrir les fantômes de son passé ? Même si Itachi ne l'avait pas tué physiquement, il l'avait complètement assassiné moralement. Il voyait le menton de Naruto trembler pendant qu'il tentait de ravaler ses larmes sans succès.
« … On peut parler ? »
Naruto avait hoché la tête hâtivement, avait essuyé ses larmes d'un revers de main puis s'était assis par terre, contre l'arbre qui recevait ses coups juste avant. Sasuke s'était assis à ses côtés. Tout son corps tremblait d'être si près de celui de Naruto et cette envie de le rassurer, de le serrer contre lui aussi fort qu'il le pouvait. C'était déchaîné et brûlant dans son cœur parce qu'il ne pouvait rien faire pour soulager la peine de celui qu'il aimait. Et même si il s'était interdit formellement de parler à cœur ouvert avec Naruto, il le fit …
« Je m'excuse, Naruto … de te faire souffrir … je m'excuse.
- C'était à moi … de ne pas te mentir, Sasuke … je récolte ce que je sème, c'est tout. Ne t'en veux pas.
- Tu as un passé difficile et …
- Toi tu as un présent difficile, Sasuke. Quelque chose de pire que mon passé. C'est toi qui a le plus souffert dans cette histoire.
- Même si c'était vrai, Naruto … tu n'as pas à souffrir.
- … Si on pouvait contrôler ça, Sasuke. Je ne serais pas là à chialer comme un con.
- C'est pour ça que je m'excuse.
- Tu n'as pas à le faire, Sasuke. »
Les larmes ruisselaient sans cesse contre les joues de Naruto, sa voix palpait un chagrin immense. Sasuke le regardait, sans pouvoir tourner le regard et il ne pouvait s'imaginer lui en vouloir antécédemment. Il ne le méritait nullement. Naruto méritait d'être aimé ….
« Sasuke … je voulais … moi aussi je voulais te parler … mais j'en avais pas trop le courage en fait. Je voulais juste … te remercier.
- Me remercier ?
- Oui … de m'avoir aimé quand j'étais … quand j'étais … bref. Je ne sais pas si tu comprends à quel point ça m'a rendu heureux d'aimer quelqu'un qui m'aimait en retour. Même si ça a été éphémère, j'ai apprécié … sincèrement. Je m'excuse de ne pas être la fille que tu aimais, je m'excuse de ne pas être … la personne que tu croyais que j'étais.
- … Naruto … »
Sasuke ferma les yeux, il voulait essayer de respirer calmement, de laisser en dehors de la conversation, les sanglots qui agitaient sa gorge. Tout était si douloureux dans son âme et dans son cœur. Un énorme vide se creusait peu à peu et s'inondait de ses larmes refoulées. Son geste ne fut pas guidé par sa conscience ni par son corps. Ce fût son cœur qui guida les opérations lorsqu'il attira le corps de Naruto jusqu'au sien, qu'il serra le blond plus fortement encore qu'il ne l'avait imaginé.
« Naruto, je t'aime ! Encore plus que tu ne pourrais l'imaginer, je t'aime à en crever et de te voir souffrir, ça me rend malade. Je me fiche que tu sois un gars ou une fille. Je t'aime peu importe qui tu es ! Je voudrais te rendre heureux, je voudrais te rendre tout ton amour comme tu me donnes le tien mais je ne peux pas … si tu savais comme ça me rend malade de ne pas le pouvoir ! Je voudrais être à la hauteur de tes sentiments mais je ne peux pas.
- Alors tue-moi, Sasuke parce que je n'en suis plus capable. Si tu ne peux pas m'aimer, tue-moi !
- Naruto …
- Je t'en supplie, Sasuke. »
C'est le visage noyé sous l'eau de ses larmes et une voix freinée par des sanglots que Naruto avait quasiment hurlé ses paroles à Sasuke. Ses mains tremblantes avaient empoigné le chandail de Sasuke et s'étaient agrippées là avec la force du désespoir.
« Je n'ai plus rien à quoi me raccrocher, Sasuke. Plus rien à vouloir, plus rien à espérer si ce n'est toi ! Je peux clamer haut et fort que je veux être quelqu'un de fort comme l'Hokage mais sans toi, sans ton amour, je ne suis rien ! Si tu ne peux pas me rendre tout l'amour que j'éprouve pour toi, tue-moi de tes propres mains ! Tue-moi, Sasuke !
- Tais-toi, s'il te plaît, tais-toi, Naruto …
- …
- Je ne peux pas te rendre ton amour, je ne peux pas aimer un homme, je n'en ai pas le droit … j'en serais incapable.
- Je pourrais continuer le jutsu que j'utilisais …
- Je ne peux pas te brimer de la sorte et même si tu utilisais ce jutsu, je sais qui tu es, qui se cache derrière ce jutsu. Je ne pourrais jamais t'obliger à faire ça.
- Alors tu ne m'aimes pas. Tu dis m'aimer à en crever mais tu n'es pas capable d'aimer un homme … alors tu ne m'aimes pas. Dis-le moi tout de suite, que tu ne m'aimes pas … oui, je serai triste mais je pourrais passer par-dessus … Dis-moi que tu ne m'aimes pas, Sasuke ! Tout ce que tu fais, c'est me pourrir la vie ! Tu viens me dire que tu m'aimes mais que tu ne peux pas m'aimer. J'aurais pu vivre sans ça, sans ce nouveau poids sur les épaules ! T'es qu'un égoïste de la pire espèce, Sasuke. Moi, je ne pourrais jamais t'oublier ! »
Sasuke ne semblait plus connecté à la réalité, loin du monde où il vivait. Il attrapa la main de Naruto dans la sienne et la serra, d'abord doucement puis plus brusquement. Il murmura répétitivement quelques mots, d'abord inaudible à l'oreille de Naruto, le ton de l'Uchiwa s'éleva. ''Je te hais, Naruto.''. Ses mots et ses gestes s'affrontaient. Sa main ramena celle de Naruto jusqu'à son visage puis il colla la main du blond contre sa joue humide de larme et il ferma les yeux. Il pressa sa main contre celle de Naruto en prononçant les mêmes paroles. Même si tout était contradictoire, que ses mots ne voulaient dire que ''je t'aime'', il continua, pleura contre la main de Naruto, gardant la chaleur de sa main contre sa joue. Pendant un moment, Sasuke ne dit plus rien. Il n'avait pas pleuré à la mort de son clan mais il pleurait d'être un être aussi lâche. Son cœur battait pour Naruto, chaque battement lui était destiné de près ou de loin mais il avait un devoir, le poids des massacres de son frère sur le dos. Il devait trouver une compagne, lui faire des gosses pour leur transmettre le sharingan. Il devait s'en tenir à ses propos de gamin, ceux qu'il avait tenu avec son père qu'il ne pouvait pas trahir même en essayant de tout son cœur. Il avait un devoir qu'il devait faire passer avant Naruto, avant ses propres désirs. C'était avant tout pour ça qu'il haïssait son frère. Parce qu'en emportant les vies de tout son clan, il avait emporté la sienne. Au bout d'un moment, il reposa la main de Naruto à terre et s'éloigna. Le blond ne tenta pas de le retenir parce qu'il avait compris, dans un silence de marbre, dans un moment de tendresse sans égal, il avait compris. Sasuke était prisonnier des fantômes de la nuit du massacre. Leur divorce avait été officialisé une semaine avant mais dans l'âme de Naruto, tout s'était fait ce jour-là. Dans des adieux silencieux …
Naruto n'avait pas parlé de l'évènement précédent à Kiba en rentrant à la maison. L'Inuzuka avait même été surpris de ne pas voir une mine décomposée de la part de son coéquipier mais bien un sourire léger. Naruto semblait débarrassé d'un poids et en le voyant comme ça, Kiba eut l'impression que tout s'était arrangé pour son coéquipier. Le blond s'était dirigé vers sa chambre et avait sorti son vieux sac à dos haillonneux. Kiba vint le rejoindre, curieux de savoir ce qui avait mis Naruto dans cet état.
« Eh, Naruto, t'as perdu ta face de déterré ? »
Le blond lui sourit pour toute réponse. Il allait jusqu'à sa commode et prenait quelques vêtements qu'il fourrait dans son sac. Kiba crut comprendre que le blond repartait chez Sasuke, qu'il avait enfin dit tout ce qu'il avait sur le cœur à L'Uchiwa et que celui-ci l'avait enfin accepté Naruto tel qu'il était. Il posa la question pour en être sûr.
« Ça s'est arrangé entre Sasuke et toi ? »
Pendant une fraction de seconde, le rictus facial de Naruto changea mais ce fût de courte durée. Le sourire faible de Naruto se ralluma promptement et Kiba le remarqua à peine. Naruto reprenait ses activités en prenant une pile de vêtement et en fourrant le tout dans son sac à dos.
« Tu te décides à me parler, Naruto ? »
Le blond cessa ses mouvements incessant de son sac à la commode puis fit face à Kiba qui semblait perdu dans une tornade de confusion. Il lui sourit doucement pour le rassurer.
« J'ai décidé de partir, annonça t'il.
- Partir ? Partir où ? Chez Sasuke ?
- Non, à Suna no Kuni.
- Hein ? À Suna ?! Pourquoi Suna ?! T'es tombé sur la tête ou quoi ?
- Pas du tout, je veux changer de vie. J'avais projeté de partir là-bas depuis longtemps puis maintenant que tout a foiré ici, je pense que tout va mieux aller là-bas.
- C'est pas en fuyant les problèmes que tu vas les résoudre.
- Qui te dis que j'ai envie de les résoudre ? Tsunade-sama m'a donné son accord pour que je puisse partir. J'ai vraiment envie de m'en aller, de recommencer à zéro.
- T'as une équipe, Naruto. Un senseï, des coéquipiers, des missions. Sasuke, c'était un échec, ok. Mais il y'en aura d'autres après lui.
- T'as rien compris, Kiba. J'ai besoin de quitter cette ville, de repartir à zéro. Il y'a trop de mauvais souvenirs ici, trop de fantômes … »
Le maître-chien ne trouva aucune réponse, peut-être parce qu'au fond de lui, il comprenait le raisonnement de Naruto. Le blond avait terminé d'emballer ses affaires et il prit son sac à dos et se prépara à quitter. Au fond, Kiba ne cherchait qu'à retenir Naruto, par tous les moyens mais sa conscience et son cœur s'affrontaient et au final, il ne savait pas si il était mieux pour lui de laisser s'envoler son coéquipier, où si il devait lui gueuler dessus de revenir. Son corps restait immobile malgré les hurlements tonitruants de son cœur. Pourtant, il y'eut un déclic lorsqu'il vit la main de Naruto s'apposer contre la poignée de la porte d'entrée de son appartement. Son corps sortit enfin de son état de paralysie et il se rua vers Naruto. Il le prit par la taille et le tourna vers lui avant de plaquer ses bras contre le bois froid de la porte.
« Kiba …
- Tu ne partiras pas, Naruto. »
L'Inuzuka l'affronta du regard pour ce qui sembla durer une éternité avant de fondre sur ses lèvres brusquement, violemment. Le blond fut surpris du baiser si soudain de son coéquipier et vu l'insistance de Kiba, il préféra y répondre. D'aussi loin qu'il se rappelle, les lèvres de Kiba n'avaient rien à voir avec celle de Sasuke, rien à voir avec la tendresse et la chaleur qu'émanaient celles de L'Uchiwa. C'était la première fois qu'il embrassait un garçon en tant que garçon, la première fois que son coéquipier lui montrait un désir si violent car il n'y voyait aucun amour, seulement une amitié renforcée d'un certain désir. C'est ce qu'il comprit quand Kiba stoppa momentanément son baiser pour retirer sa veste et son chandail. Il laissa l'Inuzuka profiter de son corps, propager sa chaleur à travers son être. Il y ressentit une gêne énorme, un malaise sans égal et une douleur tranchante. Il ne cherchait pas le plaisir à travers ce que lui faisait Kiba car même en s'abandonnant complètement, il n'aurait rien pu ressentir. Il voulait Sasuke, personne d'autre.
L'Inuzuka s'était vite endormi après l'acte et Naruto en avait profité pour partir …
Un mois s'était écoulé depuis le départ de Naruto, Sasuke en avait conclu que la meilleure chose à faire était encore de laisser partir son ancien amant. Comme on disait, loin des yeux, loin du cœur et il devait l'oublier pour aller de l'avant, pour faire honneur à son clan. Il venait de sortir du bureau de l'Hokage avec Shikamaru et Neji. Ils avaient obtenu le poste d'ANBU depuis peu et leur première mission leur avait été donnée l'après-midi même. Ils avaient une semaine pour étudier leur plan et s'entraîner à l'infiltration du bureau d'un pays voisin. Le plan avait été élaboré en quelques minutes par Shikamaru et il ne restait que l'entraînement.
Il était près de minuit et exténués, les trois jeunes hommes se préparaient à retourner chez eux, ayant révisés le plan une bonne dizaine de fois. La lune était ronde et blafarde et la nuit était beaucoup moins noire que d'habitude. Shikamaru et Sasuke prenaient la direction inverse à celle de Neji. Le silence était un peu gênant pourtant, rien ne venait à l'esprit de Sasuke pour alimenter une conversation avec Shikamaru. Il n'éprouvait aucune haine à son égard mais un certain malaise perdurait toujours. C'était quand même l'ancien amant de son frère et l'ancien coéquipier de Naruto. Il ne pouvait regarder Shikamaru sans se remémorer son passé. Le Nara lui était antipathique pour toutes ses raisons et il ne se sentait guère apprécier par Shikamaru en retour. Il fallait peut-être penser à enterrer l'âge de guerre, aussi infime soit-il. Sasuke tenta la conversation …
« Il parait que tu sors avec Temari … »
Ce fut la chose la plus intelligente que Sasuke put sortir de sa gorge nouée. En retour, Shikamaru lui adressa un haussement de sourcil.
« Ça doit te faire plaisir. »
Sasuke lui rendit son haussement de sourcil. Il posa une question silencieuse de son rictus facial confus. Shikamaru lui répondit :
« En tant qu'homophobe, t'allais quand même pas gâcher ta précieuse réputation avec un gay dans ton équipe. »
L'expression de Sasuke changea du tout au tout pour un agacement profond et palpable. Shikamaru ne pouvait pas le piffer et c'était très bien ainsi car en retour, il ne l'appréciait pas non plus. « Ta gueule » fut sa réponse à la provocation du brun mais le Nara ne sembla pas atteint pour deux sous. Ils continuèrent leur route dans un silence lourd où chacun bouillonnait intérieurement contre l'autre. Shikamaru rompit le silence après quelques minutes de marche.
« C'est ça qui me fait profondément chier chez toi, Sasuke. T'es encore plus égoïste qu'Itachi l'était … »
L'Uchiwa prit congé de sa marche pour plaquer Shikamaru contre le mur le plus proche. Le Nara souriait ironiquement.
« Répète un peu ça pour voir !?
- Je disais que t'étais qu'un putain d'égoïste. »
Sa dernière réplique lui valut un coup de poing particulièrement fort au niveau de la tempe. Sasuke le regardait avec rage et Shikamaru sut qu'il venait de toucher un point sensible. Il ne lâcha pas l'affaire pour autant malgré le sang qui venait de couler jusqu'à sa joue. Ce n'était qu'affaire pour exposer ses sept vérités à Sasuke et lui faire remarquer son égoïsme et sa lâcheté.
« C'est quoi ton problème, Nara ?!
- T'es le seul mec à problème ici, Sasuke. T'es le seul mec ici qui a laissé souffrir la personne qu'il aime.
- Je t'interdis de me parler de Naruto !
- Hmph … alors tu veux encore te voiler la face sur la vérité, Sasuke ? Tu veux encore qu'on te plaigne parce que tu as perdu toute te famille ? Oh pauvre Sasuke ! Naruto a été compréhensif et gentil avec toi parce qu'il t'aimait plus que tout. Je t'ai toujours considéré comme un égoïste arrogant. Naruto avait beau souffrir le martyre, tu continuais à le faire souffrir et à plaindre ta petite personne.
- Ferme ta gueule, tu n'en sais rien !
- Ton père était un homophobe affirmé et t'as commencé à le suivre dans ses propos homophobes comme le gentil petit garçon que t'étais. T'as toujours su que Naruto était un mec mais au fond de toi, tu t'es toujours voilé la face. Tu t'es toujours foutu de ses malheurs et de son passé parce que tu ne pensais qu'à toi. Tu veux que je te dise ce que tu ignores sur Naruto ?
- Ta gueule ! Hurla l'Uchiwa en plaquant une seconde fois Shikamaru contre le mur de brique.
- Naruto n'a jamais pleuré. Même quand son propre père passait ses désirs sexuels sur lui, même quand ses parents ont été payés pour qu'il se fasse violer. Il était le plus mauvais ninja de l'académie parce que ses parents lui faisaient manquer des jours d'école pour le faire travailler. Malgré tout ça, je ne l'ai jamais vu pleurer. Il a eu une enfance de merde et quand il croyait s'en être sorti, ses parents lui ont obligé le mariage avec toi. Pourquoi ? Parce que toi, tu t'en foutais que Naruto t'aime ou non, tu l'aimais, point. Tu n'as jamais essayé de lui parler ou quoi que ce soit. T'es seulement allé voir ton papa en enfant gâté que t'étais et tu lui as demandé d'arranger un mariage entre Naruto et toi. Il a accepté, t'étais son petit chouchou. Tu savais bien que les parents de Naruto étaient avares et qu'ils ne refuseraient pas que tu te maries avec Naruto. »
Le coup parti tout seul contre la mâchoire de Shikamaru, le poing de celui qui ne cherchait qu'à fuir ses erreurs de toutes ses forces. Le Nara cracha son propre sang sur Sasuke avant de reprendre son discours qui avait l'effet cherché. Le visage de Sasuke tremblait violemment de colère et de sanglots. Les larmes se recueillaient au coin de ses yeux bridés mais il ne les laissait pas s'évader. Shikamaru avait l'impression d'assister à la noyade de l'Uchiwa et c'était lui qui le poussait au fond de l'eau jusqu'à ce qu'il crache son dernier souffle. Ses mots avaient un pouvoir infini.
« Naruto avait beau avoir souffert pendant son enfance, ça n'égalait en rien à ce que tu lui faisais subir. C'est la première fois que j'ai vu Naruto pleurer. Il a tout fait pour te préserver de la souffrance mais tu n'as jamais cherché à le protéger, jamais. Tu pensais toujours à toi avant de penser à lui. Aujourd'hui, il est parti. Pourquoi à ton avis ? Pour lui-même ? Bien sûr que non. Si il est parti, c'est pour toi ! Parce que tu refoulais le fait que t'étais gay et que tu voulais faire honneur à ton père, il s'est dit que si il partait, tu pourrais l'oublier plus facilement et être heureux. Est-ce que tu aurais fait la même chose pour lui ? Non, bien sûr que non. La pire erreur des parents de Naruto, ça n'a pas été de le considérer comme une merde mais de te l'offrir en mariage parce que tu es loin de le mériter Sasuke. Il n'a jamais autant souffert de sa vie ! Il cherchait du réconfort auprès de toi, un peu de paix. Tout ce qu'il a trouvé, c'est des emmerdes et de la souffrance en quantité exponentielle ! »
Cette fois, Sasuke garda le silence. Les mots de Shikamaru n'étaient pas retenus, ils étaient crus et à ce moment, il se sentit comme la personne la plus sale au monde. Bien en dessous d'Itachi ou des parents de Naruto. Il ne se voyait plus que comme un monstre, comme une immondice. Il pouvait visualiser Naruto, ses larmes et sa rage. Il ne pouvait pas se voiler la vérité car les faits étaient là et indéniables. Son emprise sur le Nara se relâcha sans qu'il ne se rende compte. Les mots de Shikamaru étaient encore plus forts que ses poings, plus douloureux que son chidori, plus tranchant que la lame d'une épée.
« J'ai hésité à te dire ça, Sasuke. Encore maintenant, j'aimerais te laisser dans ta merde de fierté Uchiwa mais je vais faire un effort parce que tu n'as pas l'air de saisir quelque chose dans cette histoire. Pourquoi tu penses qu'Itachi est sorti avec moi, hein ? Parce qu'il m'aimait ? Tss … bien sûr que non. Si il est sorti avec moi, c'est uniquement pour toi. Pour une seule et unique raison. Est-ce que Fugaku a sorti des propos homophobes après qu'Itachi ait avoué son homosexualité ? Non. Est-ce qu'il l'aimait moins ? Non. Itachi voulait te prouver que même en étant gay, ton père t'aimerait toujours autant. »
Un grand vertige saisit le cœur de Sasuke, l'empoigna avec la force du désespoir. L'Uchiwa fut pris d'un grand frisson qui le traversa de part en part et il recula, recula encore pour échapper à cette sensation sans égale. C'était douloureux de comprendre son erreur et plus l'aberration était grande, plus la douleur était ardente. Le discours l'avait mis à terre et lui affligeait une affliction intolérable. Ses jambes le lâchèrent et il tomba sur les genoux devant Shikamaru. Le Nara venait de le noyer et pourtant, il ajouta encore quelques mots …
« Maintenant Sasuke, tu ne peux plus reculer. Soi tu rends un service à Naruto en crevant dans ta merde et en lui faisant le plaisir de disparaître de sa vie, soi tu étouffes ton égoïsme de merde et tu te décides enfin à le rendre heureux. »
Ce fut les dernières paroles de Shikamaru avait qu'il disparaisse sous les yeux embués d'eau de Sasuke. Il laissa Sasuke se noyer après l'avoir bien enfoncer. Il le laissa s'étrangler de ses premiers sanglots, il le laissa s'asphyxier de ses propres erreurs. Seul au milieu de la ruelle, L'Uchiwa ne put que sangloter et pleurer son manque de jugement et son égoïsme surdimensionné. À travers sa propre souffrance, il put deviner celle de Naruto et ses souffrances redoublèrent. Il comprit qu'il n'y avait plus qu'une seule chose à faire …
Le soleil était à son zénith et il brillait de mille feux au dessus de la ville de Suna. Il réveilla même Naruto qui avait eu une nuit très courte. Il détestait la sensation d'être collé à ses propres draps à cause de la sueur qui était bien l'effet du soleil. La fenêtre était disposée au dessus du lit dans lequel il était couché et les rideaux étaient hors de sa portée à cause de l'état comateux dans lequel il se trouvait. Le corps de son amant était encore collé au sien et il du le tirer de ses songes pour sortir du lit, tellement il avait chaud. Ledit amant émit un gémissement plaintif au blond et étira son bras comme pour lui demander de revenir mais Naruto ne s'exécuta pas. Il avait trop chaud et s'habitait très mal à la chaleur suffocante de Suna.
« Désolé, Kanku-chan, j'étouffe là ! »
Le marionnettiste ouvrit un œil sur Naruto et eut un sourire qu'on ne pouvait qualifier autrement que par pervers.
« Tu ne devrais pas te lever comme ça, Naruto. Tu me donnes vraiment des idées pas trop catholiques là … »
Réalisant qu'il était aussi nu qu'au jour de sa naissance, Naruto rougit vivement avant d'aller chercher ses vêtements qui étaient épars dans toute la pièce et de les enfiler promptement. Kankuro en perdu sa vision et il jura de se taire la prochaine fois. Lui aussi était fatigué et contrairement au blond, il ne réussit pas à se lever.
« Au fait … tu as reçu une lettre hier, je l'ai posé sur le comptoir. »
Naruto acquiesça puis laissa le brun dormir pour se diriger à la cuisine où il trouva en effet une enveloppe blanche. Il la prit et la déchira presque pour en voir le contenu. Il y trouva une lettre pliée en deux. Il la déplia et reconnut aussitôt l'écriture malhabile de Kiba. La manifestation indirecte de son ancien coéquipier le fit sourire.
Cher Naruto,
J'espère que tu es heureux là où tu es car moi, j'ai enfin trouvé quelqu'un qui me rend heureux.
Neji a emménagé chez moi la semaine dernière et on s'entend vraiment bien. À croire qu'on est tous gay dans l'équipe.
Ma mère a plutôt bien réagit. Elle dit que l'important, c'est que je sois heureux.
Shikamaru est devenu ANBU. Ça ne m'étonne même pas !
Il a toujours été le plus fort grâce à son 200 de Q.I est même si ça me fait profondément chier, je dois avouer que je n'ai pas l'étoffe d'un ANBU et que je ne pourrais pas atteindre le poste pour le moment. Tsunade a dit que j'avais l'étoffe d'un senseï. Asuma-senseï en a bien rit d'ailleurs. Je dois y réfléchir car prendre une équipe de morveux, ça ne m'enchante pas trop.
Tu nous manques beaucoup, tu sais. C'est chiant de raconter des blagues et d'être le seul à rire. Shikamaru ne sait pas rire et Asuma-senseï me prend pour un gamin. Neji a beau rire de mes blagues, je vois bien qu'il se force.
Enfin, si tu passes par Konoha, n'oublie pas de venir faire un tour chez moi. Je ne pense pas pouvoir aller à Suna avant un bout.
Prends soin de toi surtout.
Kiba
Naruto ne put que sourire. Kiba avait même fait abstraction du fait qu'ils s'étaient envoyé en l'air il y'a un mois. Il y reconnaissait bien son ami qui préférait omettre les faits trop troublants. Lui aussi préférait oublier de toute façon. Il attrapa un bloc-notes qui traînait près du téléphone ainsi qu'un stylo puis il sortit du domicile de Kankuro pour trouver une place pour rédiger une lettre de réponse à son coéquipier. Suna était une ville bien chaleureuse, autant pour la chaleur qu'il y faisait que par ses habitants. Les rues étaient encore plus bondées qu'à Konoha et il n'était pas rare qu'un inconnu vous aborde pour vous saluer et vous demander comment vous allez. Il était devenu populaire, de un parce qu'il était l'amant du frère du Kazekage et de deux parce qu'il était un bon ami dudit Kazekage. L'homophobie n'était pas un sujet tabou à Suna. Peut-être parce que le Kazekage lui-même était homosexuel ? Naruto ne savait pas trop mais en tout cas, tout était vraiment parfait à Suna.
Il trouva un coin éloigné, un banc dans un parc presque désert. Il vint s'asseoir dessus et se servit de ses genoux comme appui pour écrire. Il chercha tout d'abord ses mots qui vinrent difficilement du fait qu'il n'avait jamais écrit de lettre à son coéquipier avant aujourd'hui.
Cher Kiba,
À Suna, tout est parfait. J'ai un peu de mal à m'habituer à la chaleur mais c'est tout.
Je me suis aussi trouvé quelqu'un avec qui je m'entends très bien car je sais qu'il ne me fera pas souffrir.
Nous ne sommes pas amoureux l'un de l'autre. Nous sommes ensemble sans vraiment l'être mais contrairement à ce que tu pourrais croire, tout est bien ainsi. Si il me trompe, je n'en ferai pas un drame et si il me quitte, je n'éprouverais absolument rien.
À ces mots, Naruto ressentit un pincement au cœur. Une image de Sasuke allongé à côté de Sakura lui revint aussi clairement qu'il était possible de l'être. Il eut un instant l'envie de chiffonner sa lettre et la lancer aussi loin que possible mais il se retint de le faire car il savait que la lettre n'emporterait pas avec elle, les souvenirs douloureux. Il continua donc.
Je suis content pour Neji et toi. Tu penses que je ne t'ai pas vu l'embrasser le jour de mon
Il s'arrêta une seconde fois quand les souvenirs refirent surface. Il sentait en lui une certaine rage monter progressivement. Il voyait Sasuke le prendre dans ses bras, le serrer contre son cœur au moment où ses pleurs se manifestaient pour la première fois de sa vie. Il voyait Sasuke lui faire une promesse un peu floue par les mots compliqués employés, devant l'autel. Il voyait Sasuke passer un anneau en or à son doigt puis le regarder en souriant. Ce fut déjà trop pour lui. Il arracha la lettre au bloc-notes, la chiffonna et la jeta avec fureur dans les étendues de sables qui apparaissaient en fragments devant lui. Il se sentait bouleversé par le flot de souvenirs qui l'envahissaient toujours avec la même intensité. Il prit une grande inspiration pour se calmer. Il ferma les yeux et se laissa aller à ses souvenirs, se disant qu'en les vivant maintenant, ils seraient beaucoup moins douloureux plus tard. Il vit Sasuke, beau et ténébreux, apparaître près de lui avec un sourire crispé et des gestes nerveux. Il le vit, le défendre contre son père. Il vit l'Uchiwa la première fois qu'ils avaient fait l'amour, des gestes maladroits et embarrassés puis une vague de désir intense. Il vit la mine déconfite de Sasuke lorsqu'ils se disputaient. Naruto remonta de souvenir en souvenir jusqu'au dernier moment où Sasuke avait posé sa main contre sa joue en disant l'haïr. Naruto prit une deuxième inspiration et rouvrit les yeux. Le paysage lui apparaissait de manière floue et il eut l'impression de se réveiller d'un long rêve. Les dunes de sable ne lui apparaissaient que comme de grosses montages beiges puis au milieu, une silhouette un peu floue gagnaient du terrain à la course. Le point se rapprochait de lui ou peut-être de quelqu'un d'autre, il ne savait pas trop mais il sentait son cœur battre jusqu'à ses tempes au rythme des pas de l'individu. Il comprit pourquoi au moment où sa vue fut claire à nouveau. Il vit Sasuke. Une envie de fuir s'empara de lui mais son corps était paralysé par l'émotion. Il voyait Sasuke se rapprocher à grands pas. Il le vit courir à lui avec une force qu'il ne lui connaissait pas, avec une expression qui lui était inconnue. Il ne put bouger même quand il vit l'Uchiwa devant lui, le corps soulevé par une respiration saccadée. Sa gorge se noua et il ne put rien faire, rien dire …
« Naruto, je m'excuse. »
Les quelques mots de Sasuke suscitèrent les siens mais ses mots étaient guidés par la rage, par la colère et le chagrin.
« Encore Sasuke ? Tu t'excuses encore ? Tu viens me dire que tu m'aimes mais que tu ne peux pas m'aimer ? Ça va, je connais ton petit discours par cœur et franchement, c'est chiant de venir pourrir ma vie encore une fois.
- Je suis un égoïste, dit-il sans prendre compte des dires de Naruto, le pire égoïste qu'il soit. Pire qu'Itachi, pire que tes parents adoptifs mais je t'aime à en crever, Naruto. Je me fous complètement que tu sois un mec ou une fille. Je voudrais qu'on soit ensemble à nouveau, je promets de ne plus jamais te faire souffrir. »
Naruto rouvrit les yeux sur la réalité, s'échappa involontairement de son fantasme. Il vit les grandes étendues beiges. Il n'y avait pas de Sasuke, pas d'excuse. Il voyait sa lettre chiffonnée emportée par une infime tornade et il se sentait comme elle, emporté dans un courant dans lequel il était impossible de lutter. Son amour devenait un fardeau même en étant à des kilomètres de l'être aimé. L'amour qui le consumait, le détruisait. C'était un bagage pesant qu'il trimballait et dont il essayait de se débarrasser avec la force du désespoir. Le blond ramena ses genoux jusqu'à sa poitrine et passa ses bras autour de ceux-ci. Une légère bourrasque de vent vint le faire frissonner de part en part. À ce moment, il se sentit réellement seul au monde.
Il était revenu chez Kankuro. Même si le marionnettiste avait déclaré haut et fort que son domicile était aussi le sien, il était incapable de déclarer la demeure du brun comme la sienne. Comme si son âme errait toujours quelque part dans l'ancienne maison qu'il partageait avec Sasuke. Le marionnettiste était en mission pour la durée d'une semaine et Naruto, qui avait espéré pouvoir se consoler dans ses bras, s'était retrouvé face au vide une fois encore. Le blond s'était assis sur le canapé et il avait posé la lettre de Kiba contre la table basse. Il regarda longuement les mots de son coéquipier sans vraiment les lire. Ils semblaient le narguer d'où ils étaient, comme pour lui dire ''Espèce d'incapable ! Mauvais ninja qui ne peut même pas faire abstraction de ses sentiments''. Il soupira. Il n'avait pas pensé à son devoir de ninja depuis trop longtemps. Les missions qu'on lui confiait à Suna étaient de courte durée et d'une facilité qui lui avait valu un énorme complexe d'infériorité mais il comprenait. On devait encore évaluer ses capacités avant de lui donner le titre qu'il avait précédemment à Konoha. Les missions étaient pourtant une des seules choses qui réussissaient à le sortir de sa déprime. Il laissa la lettre de côté puis alluma la télévision. L'image mit un temps à se former jusqu'à ce qu'un présentateur télé apparaisse à l'écran, vêtu d'un costard noir et accompagné de deux filles en robes moulantes. Un vieillard avait la chance de gagner un paquet de yens si il répondait correctement à dix questions. Le blond soupira puis éteignit la télévision. Il ne s'attendait pas vraiment à avoir un programme intéressant à cette heure de la journée.
Il vagabonda à travers les pièces de la maison, marcha longuement de long en large comme il le faisait si souvent lorsqu'il avait besoin de réfléchir. Sasuke devait souffrir autant que lui, du moins il espérait que non, que pour Sasuke, tout avait été moins dur depuis qu'il avait quitté Konoha.
Naruto sortit son collier qui s'était faufilé sous son chandail. Il avait passé son alliance dans une chaîne en argent et depuis, la chaîne ne le quittait pas. Il n'osait pas laisser l'alliance à son doigt mais il lui était impossible de s'en séparer. Kankuro lui avait demandé sa signification mais il avait dit que ça appartenait à sa mère biologique, il n'avait jamais parlé de Sasuke à son entourage de Suna.
Naruto caressa l'anneau en or du bout des doigts puis il sourit faiblement avant de le remettre sous son chandail.
À la porte, quelqu'un sonnait mais Naruto se sentait trop faible pour aller ouvrir à qui que ce soit. Le blond se dirigea vers une armoire de la cuisine et en sortit une bouteille de vin rouge. Kankuro en était amateur mais lui, il n'en avait jamais raffolé. Le vin avait un goût amer et pourtant, ce soir-là, il trouva un certain réconfort à en prendre quelques gorgées. Il laissa la bouteille quelques instants quand la sonnette retentit de nouveau, que le visiteur sembla s'impatienter. Naruto se décida à aller répondre lorsque les bruits commencèrent à l'agacer. Il marcha mollement jusqu'à la porte d'entrée et l'ouvrit en préparant une expression blasée.
« Bon … soir, Naruto … »
Il ne put garder l'indifférence une minute de plus. Il fantasmait à nouveau, voyait encore Sasuke partout. L'alcool l'y avait aidé ? Il sentait son cœur battre jusqu'à ses tempes devant l'expression gênée de Sasuke. Pour une fois, il aurait fait n'importe quoi pour ne pas se réveiller, pour que ce mirage dure plus longtemps que les autres. Son rêve était éphémère, il le savait mais chaque fois que ce genre de mirage envahissait son esprit, il le laissait l'envahir complètement, juste parce que le monde des rêves était bien plus attrayant que la réalité pour lui. Il connaissait les répliques de Sasuke par cœur. Parfois, le rêve s'éteignait après ses excuses, d'autres fois, il se condensait lorsque ses lèvres brûlantes atteignaient celles de Sasuke. Cette fois, il ne lui laissa pas le temps de parler, pas le temps de réfléchir. Il se jeta dans ses bras, le serra contre lui jusqu'à pouvoir entendre le rythme effréné de son cœur. Il nicha sa tête au creux de son cou pour humer son odeur, pour sentir sa chaleur.
« Naruto, je … »
Les mots devenaient difficiles pour Sasuke, Naruto le sentait à travers tout son être, à travers les tremblements de l'être aimé, à travers sa voix chamboulée.
« Ça va, Sasuke. Je te pardonne … »
L'étreinte de Sasuke s'était fait plus forte et il avait senti toute la tendresse que l'Uchiwa lui portait dans une vague de chaleur immense, bien plus chaude encore que le soleil de Suna, bien plus chaude encore que la chaleur de ses rêves antécédents. Naruto avait élevé la tête vers Sasuke, pour admirer son visage pâle et ému puis il avait approché ses lèvres des siennes. Il avait senti les lèvres chaudes de Sasuke sur les siennes, un bref baiser qui portait avec lui tous ses rêves et espoirs, qui avait causé à son cœur un vertige indicible. Naruto avait ouvert les yeux … Sasuke était toujours contre lui. Il ne rêvait pas.
Owari
Bouhouhouhouhou T.T
C'est la fin, la vraie de vraie fin.
J'ai eu toute la misère du monde à l'écrire, c'est trop horrible écrire une fin.
Sasuke : De toute façon, j'en avais marre de passer pour un salop --'
Naruto : Et moi de chialer toutes les secondes --'
Shikamaru : Je devenais trop sensible ! è.é
Bah si vous voulez, je fais une suite où Sasuke décide de tuer tout le monde, où Naruto chiale parce que Sasuke tue tout le monde et où Itachi demande Shikamaru en mariage.
Tous : C'est très bien comme ça :D !
Et voilà XD ! Si je fais une suite, je me concentre uniquement sur Shika et Itachi (Quelque chose me dit que ce sera pas trop joyeux …) mais j'ai besoin de sortir un peu de cette fic (au risque de faire une overdose XD). Donc … je finis ''Et puis quoi encore !?'' (C'est ma première fic, il reste un chapitre à écrire mais … j'ai la flemme … XD). Ensuite, je publie ''Éteindre une étoile'' (Attention, c'est la première fois que je me force pour trouver le titre d'une fic), je termine ''le jeu des sentiments'' et je publie la suite avec Shika et Itachi (Bah si ça se trouve, j'aurais huit fic en cours entre temps mais bon … XD).
Ceci dit, j'aimerais remercier tous mes lecteurs et commentateurs (J'aurais jamais cru avoir autant de commentaire pour cette fic OO), j'encourage à cent pour cent ma p'tite sœur qui commence en tant que fanfickeuse et je souhaite un bon rétablissement à tout ceux qui auront la gastro (XD).
Merci à tous :D
