L'appel de l'amour

Chapitre 2

« Georgie Junior »

Georgie et Candy mirent des capes et se rendirent au bureau en voiture. Le chauffeur les attendait devant la porte de la maison.

Elles arrivèrent devant un immeuble pas très loin de la gare Victoria en plein centre de Londres. Les entreprises Bateman étaient entrain de devenir une des plus prestigieuse de l'Angleterre. Et le fait qu'une femme était à sa tête, fascinait tous les hommes d'affaires. Ils avaient toujours essayé de soit l'épouser, soit de la mettre dans leur lit.

Un groupe d'investisseurs attendait Georgie dans la salle d'attente devant son bureau.

- Mme Bateman, bonjour. Qui est cette délicieuse jeune fille, votre fille ? C'est votre portrait craché…, dit un associé

- Elle est avec moi. Elle s'appelle Candy, dit Georgie, entrez s'il vous plait messieurs.

Ils entrèrent tous dans le bureau de Georgie et Candy s'empressa de leur servir des rafraîchissements et des amuse-gueules. Ensuite elle prit un calepin et elle se mit à prendre des notes. Il en fut ainsi pour toute la journée. Enfin lorsque les rendez-vous furent terminées, Georgie lui proposa d'aller en ville manger quelque chose dans un restaurant. Candy laissa ses notes à l'assistante de Georgie et celle-ci resta faire des rapports.

Les deux blondes étaient dans un restaurant chic de Londres en train de manger.

- Tes journées sont chargées Georgie, dit Candy, c'est toujours comme ça ?

- Non, heureusement…répondit Georgie

- Tu me rassures, dit Candy en souriant

- Candy, je t'aime bien. Je viens juste de te rencontrer mais tu m'inspires confiance. Tu es une brave et bonne jeune fille

- Même si je me suis fais renvoyée du Collège Royal de St. Paul ?

- Pourquoi t'a-t-on renvoyé ? Tu as dit que ta cousine t'a tendu un piège?

- Oui, elle était aussi amoureuse de Terry.

Candy lui raconta ce qui s'était passé.

- Mon Dieu ! Dit Georgie, les religieuses vous ont trouvé dans quelle position ?

- J'étais debout à côté de Terry, c'est tout… On venait d'arriver… Pas en train de s'embrasser…

En disant cela, Candy avait rougi comme une pivoine. Georgie eut chaud au cœur en la regardant ; elle était si prude !

- Tu as déjà embrassé Terry ? Demanda Georgie à brûle pourpoint

- Oui, dit Candy en rougissant de plus belle… Mais je l'ai giflé, il m'a giflé et je l'ai giflé encore…

- Whooa ! Dit Georgie, tu parles d'une douche froide !

- Il m'a surprise…

Georgie se souvint de son premier baiser volé par Laurent ; la récompense pour la gagnante du concours de boomerang.

- Comment était le baiser ? Demanda-t-elle à Candy

- C'était la plus belle chose au monde

- Alors, pourquoi l'as-tu giflé ?

- Et bien… Parce que… Il m'a surprise… Il…

- S'il avait demandé, tu aurais dit oui ?

- Non…

- Alors, il n'a pas voulu courir le risque que tu dises non… Je le sais

- Alors c'est normal ?

- La plupart du temps, les hommes ne demandent pas, ils agissent… Tu dis qu'il t'a surprise, que faisiez vous avant le baiser ?

- Il a dit qu'il fallait célébrer la fin de l'été en dansant… Alors on dansait et tout à coup, il s'arrêta, et il me regarda ensuite il s'est penché…

- Vous dansiez, alors c'était une atmosphère romantique…

- Oui…

- Et tu t'es sentie comment avant le baiser, pendant que vous dansiez ?

- Très proche de Terry, très intime avec lui…

- Et après les gifles, que s'est-il passé ?

- Il a dit qu'il m'avait embrassé parce qu'il éprouvait pour moi des sentiments sincères…

- Alors si tu ne l'avais pas giflé, il t'aurait dit qu'il t'aimait…

- Oh… Alors j'ai gâché la déclaration d'amour de Terry ? Sublime !

- Ce n'est pas grave Candy, tu étais surprise, confuse… Mais d'après ce que tu dis maintenant c'était bon non ? Tu n'as pas à avoir honte Candy. C'est une réaction normale d'aimer un baiser surtout de la part de celui qu'on aime…

- Alors, il ne s'est pas mal comporté ?

- Candy, s'il avait demandé, tu aurais dit « non » et un baiser est beaucoup mieux quand il est spontané… Et puis, avoue que ça aurait sonné bizarre…

- Tu as raison… Mais si Terry entrait dans ce restaurant maintenant, je n'aurais pas honte de l'embrasser devant tout ce monde

- Tu l'aimes vraiment beaucoup… Ton premier amour ?

- Pourtant il ne l'est pas…

- Quoi ?

- Mon premier amour… C'était Anthony… Il est mort d'une chute de cheval

- Je suis désolée. Mon premier amour a épousé une autre femme et mon mari est mort…

- Je suis désolée …

Elles parlèrent comme de vieilles amies pendant le repas.

- Allons voir Charlotte… Mon ancienne patronne, elle m'a prise sous son aile quand j'ai perdu mon mari. Elle m'a adopté et elle m'a aidé à commencer ma compagnie. Je veux te la présenter, dit Georgie

- D'accord, fit Candy en souriant

Elles allèrent voir Charlotte dans sa demeure. Elle habitait dans un grand château comme la plupart de la haute classe d'Angleterre. Georgie habitait avec elle avant, mais elle avait fini par acheter une villa et habiter seule. Charlotte était ravie de voir sa fille, comme d'habitude.

- Georgie ! Dit Charlotte en souriant

- Bonsoir Charlotte, dit Georgie en l'étreignant

- Bonsoir petite, qui nous amènes-tu là ? Ton portrait en miniature ?

- Etonnant n'est-ce pas ? Les associés pensaient que c'était ma fille… C'est Candy Neige André, ma nouvelle assistante-junior…

- « Assistante-junior » ? Dit Charlotte, enchantée

- Enchantée de vous connaître madame, dit Candy en souriant

- Appelle-moi Charlotte

- Charlotte, dit Candy en souriant, je peux aller voir votre jardin ?

- Bien sûr, mon enfant

Candy alla dehors dans le jardin. Georgie resta avec Charlotte.

- Où l'as-tu trouvé ?

- A Hyde Park… Ce matin

- Et tu l'as engagée, juste comme ça ?

- Elle avait besoin d'un travail et d'un logement

- D'où venait-elle ? Elle n'a pas de famille ?

- Elle s'est enfuie du collège St. Paul

- St. Paul ? Oh… je la comprends. Les religieuses sont des monstres

- Tu connais… ?

- Oui, j'y étais. Et je peux te dire que j'ai passé beaucoup de temps au grenier, au cachot, au donjon

- Vous aussi ? Dit Candy en arrivant

- Oui. Je comprends que tu ne veuilles plus y rester, dit Charlotte

- Oh non. J'y serai restée si Terry était toujours là… fit Candy

- Terry ? Demanda Charlotte

- Terrence Grandchester, mon petit ami, dit Candy

- Grandchester, comme le duc de Grandchester ?

- Oui, madame…, Terry est son fils, dit Candy

- Madame ? Je t'ai dit de m'appeler Charlotte…

- D'accord Charlotte, dit Candy en souriant

Candy lui raconta ce qui s'était passé avec Eliza, la grange etc.

- Oh cette Eliza est une vipère ! Dit Charlotte

- Tout ce que je veux c'est gagner assez d'argent pour être en mesure de prendre le bateau pour retourner en Amérique…

- A la recherche de Terry ? Demanda Georgie

- Je ne sais pas où le chercher…

- Tu sais ce qu'il voulait faire ?

- Poursuivre son rêve… Son rêve était de devenir acteur

- Acteur en Amérique… dit Charlotte, il est peut être à Broadway

Candy pensa qu'Eleonor Baker était à New York, peut être que Terry voulait être près de sa mère ?

- Et bien, voilà tu as un plan déjà, dit Charlotte

- Merci infiniment Georgie de m'avoir recueillie et merci Charlotte pour vos conseils, vous êtes tellement bonnes !

- Tu es bonne aussi, Candy, dit Georgie en souriant

- Elle est comme toi, il y a quelques années, dit Charlotte

Georgie regarda Candy. Si son bébé avait vécu, il aurait l'âge de Candy… son pauvre bébé, le bébé de Laurent… Laurent. Ils étaient dans la même ville, mais leurs chemins ne s'étaient jamais croisés… Georgie évitait de se retrouver dans les mêmes galas que lui. Elle venait toujours en retard en envoyant son chauffeur inspecter les lieux, pour voir si Laurent n'était pas là… C'était peut être ridicule, mais elle ne voulait pas courir le risque de réouvrir de vieilles blessures en voyant Laurent marié à Elise, sa fiancée de sang royal.

Georgie et Candy retournèrent chez elle pour la soirée.

- Tes journées sont bien remplies, dit Candy

- Oui… répondit Georgie

- Mais on dirait que tu t'occupes pour éviter de penser à quelque chose…

- Mon mari est mort…

- Oh oui, je suis désolée, dit Candy en baissant la tête

- Non, c'est rien Candy, je suis habituée. Travailler, ça m'occupe

Elles dînèrent légèrement et elles allèrent se coucher. Dans leur chambre, elles passèrent la moitié de la nuit à bavarder. Elles avaient besoin de l'une de l'autre. Leur rencontre fortuite à Hyde Park avait été un cadeau du ciel. L'univers savait ce qu'il faisait en les mettant ensemble, ces deux femmes avaient besoin de se réconforter mutuellement et c'est ce qu'elles faisaient, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Candy s'adapta bien à sa nouvelle vie. Georgie était magnifique. On les prenait souvent pour mère et fille et les deux dames avaient même cessé de les corriger et les laissaient croire…

La rumeur se mit à circuler que Georgie Bateman avait une fille qui était son portrait craché. Elle arriva jusqu'aux oreilles de la famille de Laurent.

- L'informateur est formel, disait la voix du père, Georgie Bateman a une fille d'environ 15 ans

- Comment est-ce possible ? Je croyais qu'on s'était occupé de ce problème, dit le grand père

- Moi aussi… Mais… Il paraît qu'elle étudiait au college St. Paul

- Renseignes-toi. On ne s'est pas donné tout ce mal pour que ça explose à notre visage

- Mais père, Elise n'arrive pas à avoir d'enfant… Cette jeune fille est peut être la seule héritière que nous aurons

- Elise est encore jeune, elle peut toujours essayer à avoir un enfant. Tu te rends compte ce que ça sera d'avoir un héritier de sang royal…

- Mais il tarde à venir… Si on avait laissé l'enfant de Georgie… Elle n'est pas après notre fortune, elle est la femme d'affaires la plus riche d'Angleterre et elle s'est tenue loin de Laurent pendant toutes ces années. Nous nous sommes arrangés pour que leurs chemins ne se croisent jamais. Nos informateurs nous tenaient au courant de tous ses faits et gestes... Si elle avait le bébé de Laurent, elle ne serait jamais venue le voir… C'est une jeune femme intègre…

- Elle a eu le bébé de Laurent et nous nous en sommes débarrassé

- C'était très cruel ce que vous avez fait

- Il le fallait… Ce bébé ne pouvait pas vivre. Il fallait le tuer

- Tuer un pauvre petit ange…

- C'est pour ça qu'il faut s'assurer que cette jeune fille est bien la fille de Laurent et s'en débarrasser…

- Non, père, il n'en est pas question ! Si cette jeune fille est la fille de Laurent, c'est mon unique petit enfant… Vous ne toucherez pas à un seul cheveu de sa tête. Si j'avais été au courant plus tôt quand Georgie était enceinte, je vous aurais empêché de continuer votre plan machiavélique et diabolique ! Mais je l'ai appris trop tard… ça suffit ! Vous ne jouerez plus au Bon Dieu avec la vie de mon fils.

Sur ce, le père de Laurent quitta la pièce laissant le grand-père entrain de fulminer.

Il y eut une réception organisée, quelques semaines plus tard, par les chaînes de grands magasins à Londres pour une œuvre de charité. La plupart avaient le reste de leur stock invendu pour le donner au foyer pour les pauvres et les démunis. Ceux qui n'avaient pas de reste dans leur stock, leur donnaient une partie du stock disponible. Georgie avait toujours des habits pour les pauvres. Elle savait ce que c'était que d'être sans le sou. Elle avait amené bien sur son inséparable Candy avec elle. Les deux dames s'habillèrent pour l'occasion en robes de soirée très élégantes. Elles s'apprêtèrent à se rendre à la réception lorsqu'une urgence survint à l'usine Bateman et Georgie dût s'y rendre.

- Va à la réception Candy, j'arrive…

- Mais tu ne veux pas que je vienne avec toi ?

- Non, ce n'est pas la peine, vas-y. J'arrive tout à l'heure n'aies pas peur. Tout ira bien. Sois toi-même, tu seras merveilleuse

- D'accord, dit Candy à tout à l'heure

Après avoir été adoptée par les André, elle avait appris à se comporter comme une lady. Elle n'aura aucun problème. Elle se rendit donc à la réception. Elle connaissait la plupart des gens qu'elle avait rencontrés en travaillant pour Georgie. Elle parlait avec les associés de tout et de rien. Elle eut même des jeunes hommes très intéressés par elle. Elle parlait gaiement avec eux quant son regard croisa celui d'un homme d'âge mur. Elle avait déjà vu ce regard dans les couloirs du collège St. Paul. Le duc de Grandchester, le père de Terry !

- M.Grandchester ? Bonsoir, dit-elle en souriant

- Bonsoir, dit le duc en souriant, je vous connais ?

- Je travaille avec Georgie Bateman

- Ah oui, une femme d'affaires remarquable. C'est là que je vous ai vu ? Votre visage me semble familier…

- Non, on s'est vu au collège royal de St. Paul. Je suis une amie de Terry, je m'appelle Candy

- Candy ! C'est vous la cause du départ de Terry ? Il est même venu me demander de l'aide…

- Et vous avez refusé ? Croyez-moi, Monsieur le duc, personne ne voulait Terry au collège autant que moi ! Il est parti parce que vous avez refusé de l'aider et il a fait la seule chose qu'il croyait possible pour que je reste, il s'est sacrifié et il en a profité pour aller poursuivre son rêve…

- Vous n'êtes plus au collège non plus ?

- Je ne pouvais pas rester sans Terry là-bas. Laissez-le tranquille, laissez-le poursuivre son rêve. Quelque soit les sentiments que vous avez pour moi. Il s'est sacrifié pour me sauver. C'est un bon garçon et il est compatissant. Laissez-le faire ce qu'il veut, poursuivre son rêve… Suivre les traces de sa mère. Et surtout ne pénalisez pas le collège à cause de ça, s'il vous plait.

- Vous êtes amoureuse de mon fils ? Il l'est de vous pour avoir osé se rabaisser à me demander un service…

- Je l'aime de tout mon cœur Monsieur le duc je ne peux pas vous le cacher…

- Inutile de le cacher, vous êtes transparente comme de l'eau de roche…

Candy rougit légèrement en souriant. Le duc la regarda et il la trouva charmante. Il comprit pourquoi son fils était tombé amoureux d'elle, elle était absolument adorable compatissante et pleine de vie et de bonté. Il plaidait la cause du collège qui l'avait puni et séparer de Terry. Et aussi la cause de son fils qui voulait devenir acteur comme sa mère. Elle savait qu'Eleonor était la mère de Terry. Il s'était donc confié à elle, il aimait cette jeune fille. Il l'avait deviné lorsqu'il était venu demander son aide pour la garder au collège ; demander son aide n'avait pas été une chose facile pour Terry… Tous les projets qu'il avait pour son fils aîné, son héritier… Il avait même une fiancée prête pour lui… Mais Terry aimait déjà Candy… Il se souvint combien il était heureux avec Eleonor… Il allait laisser son fils être heureux avec son rêve et la fille qu'il voulait. Il sourit à Candy.

- D'accord, je ne chercherai pas à nuire aux projets de Terrence. Je vais le laisser poursuivre son rêve. S'il est autant amoureux de vous que vous l'êtes de lui, son rêve ce n'est pas de faire du théâtre, son rêve c'est de vous épouser un jour…

- Oh… dit Candy en rougissant de plus belle

- Vous êtes la jeune fille qui se promène avec Georgie Bateman… Il paraît que vous êtes sa fille…

- On se ressemble non ? Dit Candy en riant, merci pour tout M. Grandchester

- Non, c'est moi qui vous remercier. J'espère que vous retrouverez Terrence. S'il veut suivre les traces de sa mère, il doit être à New York, à Broadway…

- Merci beaucoup. Soyez généreux pour nos œuvres de charité

- Bien sûr… Je vais leur faire un chèque…

- Merci M. Grandchester, au revoir

Candy le laissa et elle se dirigea vers les toilettes pour se repoudrez le nez. Elle alla se soulager et elle entendit deux dames en train de parler.

- Georgie Bateman est une femme ? Je croyais que c'était un homme… dommage, dit la première

- Pourquoi une femme se donne-t-elle tant de mal pour gagner sa vie ? Il suffit d'épouser un homme riche, dit la seconde

- Gagner sa vie ? A quoi sert l'homme ? Dieu a dit à Eve qu'elle enfantera dans la douleur et son mari dominerait sur elle et il a dit à l'homme que c'est à la sueur de son front qu'il souffrirait pour nourrir sa famille

- Qui sommes-nous pour contre dire le Bon Dieu ?

Candy sortit de la toilette.

- Bonsoir mesdames…

- C'est « Georgie Jr », dit la seconde

- Elle a une fille ? Demanda la première

- C'est son portrait craché…

- Je peux vous dire que « ma mère » est la femme la plus remarquable au monde. Elle a la tête haute et aucun homme ne peut lui manquer de respect, car avec ou sans eux, elle vit de la sueur de son front. Vous devriez essayer de travailler et gagner votre propre argent. Je parie que vous ne le dépenseriez pas aussi facilement que l'argent de vos maris, c'est de l'argent gagné durement qui a une autre valeur. Mais soyez généreuses pour nos œuvres charités avec l'argent de vos maris. Ayez pitié d'une pauvre femme d'affaires sans mari pour l'entretenir… Mais attendez un peu… Elle n'en a pas besoin ! Excusez-moi, je ne voulais pas vous offenser, vous avez le droit de penserez ce que vous voulez… Mais essayez d'avoir un métier un jour, c'est très enrichissant moralement, physiquement et financièrement… dit Candy

Elle sortit des toilettes rapidement, elle voulait voir si Georgie était arrivée. Elle ne regarda pas où elle était, et elle heurta un homme qui venait lui aussi des toilettes des hommes. Candy tomba par terre, avec les chaussures à talons qu'elle portait.

- Aïe ! Dit Candy, excusez-moi

- Excusez-moi, dit l'homme, vous devriez regarder où vous allez

L'homme regarda Candy et son cœur bondit dans sa poitrine.

«Georgie ? » pensa-t-il

Non, Georgie ne pouvait pas être encore aussi jeune et pourtant… Les cheveux, les yeux… Il l'aimait tellement, mais la vie les avait cruellement séparés. Il avait appris qu'elle était mariée et que ses affaires marchaient bien.

- Vous allez bien ? Demanda Candy en le voyant perdu dans ses souvenirs.

- Oh… Comment ? Oui, je vais bien

- Tant mieux... Excusez-moi encore, dit Candy en s'en allant

Candy se dirigea vers Georgie qui était finalement arrivée.

- Salut, dit-elle en s'approchant d'elle

- Candy, je m'excuse tout va bien ?

- Oui, les gens sont généreux

- Tant mieux

- Le père de Terry est ici…

- Oh…

- Je lui ai parlé. Je crois qu'on s'est compris

- Je suis contente pour toi. Tu lui as demandé un gros chèque j'espère, plaisanta-t-elle

- Avec tout l'argent qu'il dépense au college, je l'ai obligé à nous faire un gros chèque, plaisanta également Candy, merci Georgie, c'est grâce à toi. A propos, je viens de donner un discours sur la femme indépendante à deux dames dans les toilettes

- Vraiment ? Dit Georgie en souriant

- Une croyait que tu étais un homme…

- Oh, ça arrive souvent ça. J'aurai aimé avoir un appareil photo pour prendre une photo de tous les hommes qui me prenaient pour un homme et se rendaient compte que j'étais une femme, très belle

- Tu n'es pas modeste toi ! Dit Candy en souriant

- Candy tu es belle, je suis belle, la charité bien ordonnée commence par soi-même…

Elles éclatèrent de rire. Les gens les regardaient en souriant. Elles étaient tellement belles toutes les deux… « Georgie et Georgie Jr ». Les médias les surnommèrent ainsi…Et tout le monde se mit à appeler Candy, « Georgie Jr ».

L'homme que Candy avait heurté, quitta la réception sans y retourner. Il avait été un peu bouleversé par la rencontre avec cette belle jeune fille qui lui rappelait tant Georgie. Georgie… Oh comme il l'aimait ! Les moments passés avec elle, étaient les plus heureux de sa vie. Depuis qu'elle l'avait rendu à sa famille, pour lui sauver la vie, il avait été malheureux. Mariés à une femme qu'il n'aimait pas, il avait rempli son devoir, mais il était le plus misérable des hommes. Sa femme n'arrivait pas à avoir des enfants et elle non plus n'était pas heureuse avec un homme qui pensait à une autre femme. Cette autre femme, il l'avait appris, avait épousé son « frère » et s'était retrouvée veuve peu de temps après. Elle avait épousé Abel… ça voulait dire qu'elle ne l'aimait pas assez ? Non, elle l'aimait, car, elle le lui avait prouvé la veille de leur séparation…

- Laurent ? Tu es là ? Demanda la voix d'une femme

- Oui, Elise je suis de retour

- Comment était la réception ?

- Comme toutes les réceptions du monde… Comment te sens-tu ?

- Pas très bien, comme d'habitude. Je crois que je vais renoncer…

- A quoi ?

- A essayer de te produire un héritier

- Elise, tu sais que je t'ai dit de ne pas te forcer. Pense à ta santé fragile

- Alors tu ne m'en voudrais pas d'avoir échouer ?

- C'est le bon Dieu qui donne les enfants

- Tu veux dire que Dieu m'a punie et privé d'enfants ?

- Elise, ne sois pas sur la défensive. Dieu seul sait pourquoi nous n'avons pas d'enfants

- Si tu étais avec ta paysanne, vous auriez eu une diarrhée d'enfants…

- Elise, pas ce soir, je t'en prie. Je suis épuisé. Je vais dormir.

C'était à chaque fois la même chose… Ils parlaient de leur incapacité d'avoir des enfants et ça finissait par Georgie… Georgie qu'il aimait tellement, il ne s'était pas passé un jour pendant toutes ces années où il n'avait pas pensé à elle. Et son mariage était un mariage de convenance, un mariage arrangé, un mariage raté… Son mariage était un échec.