L'appel de l'amour

Chapitre 19

« La première de Roméo et Juliette »

Le matin de la première, Terry alla voir Susanna le matin comme il y avait les répétitions toute la journée, pour la grande première. Tout le monde au théâtre était sur les nerfs. Karen Cleese qui avait remplacé Susanna dans le rôle de Juliette était la seule qui semblait calme. Elle avait été déçue de ne pas avoir eu le rôle, mais l'accident de Susanna lui avait donne le rôle de sa vie. Le malheur des uns, fait le bonheur des autres.

Candy se réveilla dans sa nouvelle chambre après un sommeil agité. Oh... elle avait envie de voir Georgie et Gwendolyne et Terry… Pourquoi n'était-il pas venu la voir ? Elle se mit à pleurer en silence. Tout semblait aller mal pour elle, tout à coup. Mais elle s'en fichait du luxe et des habits, si elle avait Terry, elle n'avait besoin de rien… Terry… Deux jours semblaient comme deux mois, qu'ils ne s'étaient pas vus. Mais elle allait le voir à la première et cette pensée la rendit moins triste. Elle se leva et se lava, elle trouva Albert qui venait de se lever aussi.

- Candy, tu as bien dormi ?

- Non, Albert, j'ai eu une nuit agitée…

- Je suis désolé petite sœur, tu verras Terry après la première…

- Oui, c'est ce qui m'a rendu moins triste, le fait que je vais le voir aujourd'hui. Mais je ne veux pas le déranger avant la première, je le verrai après pour qu'il me dise pourquoi il n'est pas venu me voir…

- Bonne idée… Samantha devrait arriver avec le petit déjeuner et ensuite nous irons faire des achats pour le nécessaire de cuisine…

- J'ai de l'argent en banque… Georgie payait pour tout, alors j'ai une petite fortune… On peut prendre un peu de vacances…

- Parfait, dit Albert, je vais te rembourser quand je retrouverai ma mémoire…

Candy sourit. Albert travaillait avec les animaux à Londres, à Lakewood, il était loin de rouler sur l'or.

- Albert, tu es mon frère… Tu n'as pas besoin de me rembourser… C'est un plaisir pour moi de m'occuper de toi….

- Merci petite sœur, c'est une chance que tu te trouvais à l'hôpital ce jour-là…

- Oui, tu partais toujours à l'aventure, tu disparaissais pendant des mois et personne ne savait où tu allais…

Candy lui avait dit qu'ils étaient orphelins, ce qui n'était pas très faux de toute façon. Albert était son grand-frère il lui avait sauvé la vie… Il alla s'apprêter pendant que Candy s'habillait. Samantha arriva comme promis avec un panier plein de nourriture pour le petit-déjeuner.

- Samantha ! Dit Candy, oh merci ! Pour tout ! Entre je t'en prie

- Merci

Candy l'aida avec le panier et elles dressèrent la table pour le petit-déjeuner.

- Attendons Albert, dit Candy

- D'accord. Tu veux que je t'aide à faire tes cheveux ?

- Oui, merci, dit Candy

Samantha lui brossa les cheveux longuement, et elle le lui arrangea en demi-queue avec un ruban de la couleur de sa robe bleue. Albert sorti de la salle de bain et il alla s'habiller. Il salua Samantha au passage.

- Albert est fou de toi, dit Candy

- Je le sais… Je le trouve aussi très séduisant… dit Samantha en rougissant légèrement

- C'est sublime, dit Candy, tu serais parfaite pour lui et lui pour toi…

- Merci, je crois que nous sommes sur la bonne voie… Je n'arrête pas de penser à lui…

- Me voilà, je suis prêt dit Albert, on peut manger !

Ils mangèrent et avant de sortir pour les achats. Samantha alla voir Candy dans sa chambre.

- Candy… J'ai quelque chose pour toi…dit-elle

- Oui ?

- Je faisais des courses dans une bijouterie avec mes sœurs et j'ai vu ce bracelet et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai pensé à toi…

Elle lui donna un bracelet en or. Il était très beau. Candy ne savait pas quoi dire. C'était tellement généreux de sa part.

- Pour te remonter le moral aussi comme tu es triste d'avoir quitté Georgie et tout…

- Merci Samantha, dit Candy en lui sautant au cou, merci beaucoup ! Il est très beau !

- De rien, Candy. Allons faire des courses pour vous, aujourd'hui c'est vous qui avez besoin d'aide… Ensuite on va déjeuner chez nous, et on viendra préparer le dîner avant d'aller au théâtre voir ton fiancé triompher…

- D'accord, dit Candy, on y va.

La journée était toute tracée pour eux. Au moins elle sera occupée et elle n'aura pas le temps de pleurer.

Georgie se réveilla après une nuit agitée. Elle avait besoin de Candy, elle lui manquait tellement. Quand elle était à Chicago, elle l'appelait tous les soirs et tous les matins… Mais… Candy avec sa nature généreuse, lui avait laissé le champ libre pour qu'elle puisse se rapprocher de sa fille. Mais elle lui manquait tellement. Elle s'était sentie proche de Candy à la seconde où elle l'avait vu… Contrairement à Jennifer, elle n'arrivait pas à trouver le même lien… Mais c'était son enfant et elle lui devait bien ça… Tout ce temps perdu… Mais elle voulait quand même voir Candy, sa « fille », elle s'en fichait si elle n'avait aucun lien de sang avec elle… Elle aimait Candy et elle allait tout faire pour la garder dans sa vie. Elle se leva pour aller s'occuper de Gwendolyne. Cette dernière s'habituait au personnel, mais ne voulait manger qu'avec Georgie ou Candy. Jennifer ne semblait pas l'avoir conquise. Gwendolyne ne pouvait pas la sentir. Georgie trouva ça bizarre, mais… Elle avait hâte de voir Candy le soir pour la première de Roméo et Juliette.

Susanna était plus déprimée que jamais, dans son lit d'hôpital. C'était la première ce soir. Elle aurait du être sur scène avec Terry entrain de jouer les rôles légendaires de Roméo et Juliette… Elle aurait tant voulu être sur scène. Elle ne faisait que pleurer.

Eliza, Daniel et leur mère étaient venus de Chicago pour la grande première de Roméo et Juliette. Ils se rendirent au théâtre et se mirent à parler avec les autres spectateurs. Mme Legrand vit Georgie et Laurent de loin et lui jeta un regard noir. Cette vulgaire couturière avait osé l'injurier à cause de Candy, une vulgaire petite orpheline…. Mais malgré ça, les models de Georgie étaient les meilleurs et elle ne pouvait pas s'en passer.

Candy arriva au théâtre avec Albert, Samantha, ses sœurs, ses parents. Candy vit les Legrand de loin mais ne les approcha pas. Eliza vit Candy avec son groupe et resta aussi à l'écart. Elle avait tous les droits d'être là, elle était fiancée à Terrence… Fiancé à Terrence Grandchester ! La garce ! Mais que faisait-elle avec son vagabond ? Elle vit Albert tenir Samantha par la taille… Zut ! Il avait une petite amie. Elle ne pouvait pas se servir de ça pour détruire Candy. Elle alla se repoudrez le nez et trouva Jennifer en train de fulminer toute seule.

« Elle voulait venir ici pour voir sa chère Candy ! Mais comment est-ce que je vais m'en débarrasser ? »

- Tu parles de Candy Neige André ? Dit Eliza

- C'est impoli d'écouter la conversation des gens, dit Jennifer méchamment

- Alors il ne faut pas parler à haute voix, dit Eliza…

- C'est moi sa fille ! Pourquoi n'arrive-t-elle pas à se débarrasser de Candy ?

- Tu es la vraie fille de Georgie Bateman ? Alors le règne de Candy est fini ?

- Oui, si on veut. Georgie n'arrive pas à l'oublier…

- Tu viens de rendre ma soirée mille fois plus agréable, dit Eliza en souriant

- Mais elle a toujours Terry… Je veux avoir Terry… dit Jennifer

- Là, tu peux toujours courir ! J'ai tout fait pour séparer ces deux-là ça n'a fait que les rapprocher…. Tu perds ton temps. Terrence est aveuglé par cette petite fille d'écurie…

Eliza termina sa toilette et rencontra Candy qui venait d'entrer. Elles se toisèrent. Candy vit Jennifer et soupira.

- Eliza, Jennifer… Dit Candy

- Georgie est ma mère, pas la tienne ! Dit Jennifer à Candy

- Oh, je le sais, ce n'est pas de ma faute si les gens me prennent pour sa fille. On a beau les corriger, ils sont convaincus que je suis sa fille, je lui ressemble tellement disent-ils…

Deux dames entrèrent et la saluèrent.

- Salut, Georgie Jr, dirent-elles en souriant

- Salut, dit Candy…

- Tu vas arrêter de leur répondre ! Dit Jennifer et tu portes la même robe que ma mère ! C'est moi qui devrais l'avoir…

- Je suis désolée, dit Candy sincèrement, on avait choisie nos robes depuis longtemps pour la première et comme les models de Georgie sont uniques…

- Tu n'es qu'une profiteuse, dit Jennifer…

- Ton règne de princesse est fini, dit Eliza, fini les grandes dames !

- Non, maintenant, je vais être Mme Terrence Grandchester pour toujours…, dit Candy

Eliza ne dit rien. Candy gagnait toujours ! Elle avait Terry ! Eliza aurait donné n'importe quoi pour être la femme de Terry. Jennifer ne pouvait rien dire, de toutes les choses que Candy avait, c'est Terry qu'elle voulait le plus…

Candy termina de se repoudrez le nez et elle alla rejoindre ses amis. Elle rencontra le duc de Grandchester et sa famille avec Eleonor Baker.

- Candy, dit Eleonor, ça va ?

- Ça peut aller, j'ai hâte de voir Terry dans son premier grand rôle…, dit-elle

- Moi aussi dit son père, on dit qu'il a beaucoup de talent

- C'est le meilleur, dit Candy en souriant, je vais rejoindre mes amies, à tout à l'heure…

Elle se mit à marcher vers ses amis et Georgie vint à sa rencontre avec, effectivement, la même robe qu'elle ; une très belle robe verte comme leur yeux. Elle la serra dans ses bras.

- Candy, tu m'as manqué ! Tu vas bien ?

- Tu me manques aussi…,dit Candy en la serrant contre elle

- Tu viens avec moi dans ma loge….

- Georgie, je ne voudrais pas…

- Candy, tu n'habites plus avec moi. S'il te plait fais-moi le plaisir de ta présence dans ma loge. Je me fiche que tu aies des liens de sang avec moi où pas, tu es ma fille !

- Oh Georgie !

Georgie remarqua le bracelet au bras de Candy.

- Candy, tu as un nouveau bracelet ?

- Oui, c'est Samantha qui me l'a donné, elle a dit qu'elle a pensé à moi en le voyant…

Georgie était devenue blême. Elle prit le bras de Candy et regarda le bracelet de près. Non, ce n'était pas possible après toutes ces années ! Et en Amérique, par dessus le marché !

- Georgie ? Dit Candy, est-ce que ça va ?

- Oh… Candy…. Le bracelet…

- Oui, qu'y a-t-il ?

- Le bracelet, c'est le mien…

- Quoi ? Mais, c'est…

- Je sais, Samantha l'a acheté… dit Georgie doucement

Samantha et Albert s'approchèrent d'elles. Georgie vit Samantha et elle lui demanda ;

- Samantha… Où as-tu trouvé ce bracelet ?

- Dans une bijouterie, il y a quelques jours… Pourquoi ? Demanda Samantha

- C'est mon bracelet…, dit Georgie

- Comment ? Demanda Samantha

- Oui, je l'avais depuis que j'étais bébé et je l'avais vendu à Londres il y a des années… dit Georgie émue, et je le retrouve sur toi Candy dit-elle en la serrant contre elle

- C'est peut être un signe que Candy t'appartient, dit Albert en plaisantant…

Mais Georgie ne plaisantait pas.

- Oui, j'en suis certaine… Candy… viens avec moi dans la loge on parlera après d'accord ?

- D'accord, dit Candy qui était aussi troublée que Georgie.

Dans la loge, elles trouvèrent Laurent, Jennifer, Charlotte, Earl, les parents de Laurent. Georgie s'assit en mettant Candy au milieu d'elle et Laurent.

- Bonsoir Laurent, dit Candy en souriant, bonsoir tout le monde

- Bonsoir Candy, dit Laurent

- Bonsoir Candy, dirent les autres, à part Jennifer…

Laurent regarda Georgie, elle avait besoin de Candy, elle ne pouvait pas s'en passer.

- Laurent regarde le bracelet de Candy… dit Georgie

- Oh… Mais… On dirait le tien…, dit Laurent surpris

- C'est le mien, dit Georgie, Samantha l'a offert à Candy ce matin…

- C'est vraiment curieux, dit Laurent

Les trois coups de théâtre retentirent et « Roméo et Juliette » commença. Candy et tout le monde furent un peu surpris de ne pas voir Susanna dans le rôle principal. Pendant l'entracte, Candy qui se promenait pour aller voir ses amis, entendit deux dames dirent que Susanna était à l'hôpital parce qu'elle avait sauvé Terry. Et en plus Mme Marlowe était en train de faire pression sur Terry d'épouser sa fille, qui est follement amoureuse de lui. Candy sentit tout son univers se bouleverser. C'est du chantage ! Terry était son fiancé. Elle alla voir Georgie pour lui dire qu'elle devait partir.

- Mais pourquoi ? Demanda Georgie surprise

- J'ai quelque chose à faire… Ne t'en fais pas pour moi…, dit-elle en l'embrassant sur la joue

Elle alla voir Albert et Samantha, pour leur dire qu'elle partait…

- Candy la pièce n'est pas fini… dit Albert

- C'est presque fini… je dois aller à l'hôpital…, dit Candy

- Tu as aussi entendu les rumeurs sur Susanna Marlowe, dit Albert…

- Je dois aller voir ce qui se passe

- Pourquoi tu n'attends pas Terry, pour lui demander ?

- Parce que je vais devenir folle, je dois savoir comment elle va… ça explique pourquoi Terry était occupé, mais ça n'explique pas pourquoi il ne m'a rien dit… A tout à l'heure

- On vient dès que la pièce est finie.

Candy quitta donc le théâtre pour se rendre à l'hôpital, voir Susanna….

Susanna dans sa chambre était entrain d'imaginer la première sans elle, elle regardait l'heure et supposait où se trouvait la pièce. Elle avait le moral complètement à bas. Elle se sentait inutile, un fardeau, avec une seule jambe… L'homme qu'elle aimait, était amoureux et fiancé à une autre et sa mère était en train de faire pression sur lui pour qu'il l'épouse, elle l'unijambiste. Si Terry cédait, ça sera seulement par devoir et obligation… De la pitié… Pas de l'amour. Elle n'aura jamais l'amour de Terry car son cœur appartenait à Candy… Non, elle ne devait plus vivre, car elle dérangeait la vie de tout le monde. Elle écrivit une note et prit une béquille et se mit à marcher avec difficulté pour se rendre au toit de l'hôpital…

Candy alla se changer chez elle et elle alla ensuite à l'hôpital et demanda la chambre de Susanna Marlowe. Elle s'y rendit, elle frappa à la porte.

- Susanna ? Appela-t-elle

Mais la chambre était vide. Mais il était tard, ou pouvait-elle bien être ? Mme Marlowe arriva et la trouva dans la chambre vide.

- Que fait-vous ici ? Où est ma fille ?

- J'ai trouvé la chambre vide, dit Candy

- Quoi ? Mais ou est-elle ? Oh mon Dieu ! Susanna !

- Je vais alerter le personnel de l'hôpital, dit Candy en sortant

Elle alerta le personnel et tout le monde se mit à la recherche de Susanna. Ce fut la panique générale. Elle n'avait qu'une jambe et savait à peine se servir d'une béquille pour ne pas dire pas du tout, elle se déplaçait donc très doucement et elle ne pouvait être trop loin. Candy sentit un courant d'air en passant devant une porte qui menait au toit. Elle ne sait pas pourquoi, elle monta les escaliers jusqu'au toit et elle sortit, la neige tombait abondamment, alors au début elle ne pu distinguer la forme lointaine qui se déplaçait doucement vers le bord du toit. Candy se rapprocha et vit Susanna qui s'apprêtait à sauter du toit. NON !!!

- Susanna !!!!! Non, qu'est-ce que tu fais ?

- Candy… Je ne suis qu'un fardeau inutile… Je vais mettre fin à ma vie… Je suis inutile…

- Non, Susanna ! Dit Candy qui se rendit compte qu'il manquait une jambe à Susanna, oh mon Dieu !

- Tu viens de te rendre compte n'est-ce pas ? Tu peux être heureuse avec Terry…

- Susanne ne sois pas ridicule, pensa à ta mère et à la peine que tu vas lui faire…

- Ma mère se remettra… Moi avec une seule jambe… Non, je ne veux plus vivre. Adieu Candy, sois heureuse avec Terry… dit-elle en sautant

- NONNNNNNNNN !!!! Cria Candy

Candy s'accrocha et l'empêcha de tomber de justesse. Il lui fallu beaucoup de force mais elle ne pouvait pas lâcher Susanna. Elle ne pouvait pas la laisser mourir. Après un ultime effort, elle parvint à la ramener. Entre-temps Terry et le personnel de l'hôpital était arrive sur le toit.

- La voilà dit une infirmière…

- Comment avez-vous pu laisser une chose pareille arriver ? Dit Terry en se précipitant pour porter Susanna et la ramener dans sa chambre.

Son regard croisa celui de Candy pendant un moment.

- Candy… dit-il

- Terry, oh Terry dit Susanna en pleurant

Terry entra dans l'hôpital avec Susanna dans les bras, en laissant Candy dehors. Candy resta un peu dehors et elle finit par entrer dans l'hôpital. Elle arriva dans la salle d'attente et trouva ses amis ; Albert, Samantha, Nellie, Bridget, Georgie, Laurent, Charlotte, Earl, et les parents de Terry, Le duc de Grandchester et Eleonor Baker. Terry sortit de la chambre et il fut surpris de voir tout ce monde.

- Mais… Que faites-vous tous ici ? Demanda Terry étonné

- Nous sommes venus te soutenir Terry…, dit Georgie

- Oui, mon chéri, dit Eleonor, tu n'es pas seul… Pourquoi n'as-tu rien dit ? Même à ton père et à moi ?

- Je ne voulais pas vous ennuyer avec mes problèmes…

- Tes problèmes ? Dit le duc, nous sommes une famille, Terry, les problèmes d'un de nous sont les problèmes de tout le monde…

Mme Marlowe sortit de la chambre de sa fille en pleurant en blâmant Terry comme d'habitude.

- Tout ca est de votre faute ! Elle vous aimait tant qu'elle vous a sauvé la vie ! Elle a perdu sa jambe ! Vous devez l'épouser ! Vous m'entendez ? Elle a failli se suicider parce qu'elle se sentait de trop ! Vous devez rompre avec votre fiancée et prendre vos responsabilités !

Elle ne s'était pas rendue compte qu'il y avait du monde, ou elle croyait que c'était pour d'autres patients. Eleonor était indignée de voir comment cette femme faisait pression sur son bébé. Il n'était qu'un enfant ! Et le duc n'allait pas laisser son fils se mettre la corde au cou dans un mariage forcé par le devoir et l'obligation. Ils se levèrent tous les deux pour affronter Mme Marlowe. Terry alla voir Susanna dans sa chambre.

- Mme Marlowe ? Eleonor Baker… Je suis désolée pour votre peine

- Merci, mais que faites-vous ici ? Dit Mme Marlowe

- Je voulais vous parler de la situation avec Terry…

- Ça ne vous regarde pas ! Dit Mme Marlowe

- Mais si ça me regarde, dit Eleonor, Terry est mon fils…

- Quoi ?

- Oui et vous devriez avoir honte de faire ainsi pression sur un pauvre adolescent dont le seul crime est d'avoir été sauvé par votre fille…

- Mais ma fille a perdu sa jambe…

- Votre fille a sauvé mon fils et je lui en serai éternellement reconnaissante… Mais obliger Terry à l'épouser ne la rendra pas heureuse…

- Si ; elle est amoureuse de lui…

- Alors ça veut dire que mon fils doit vivre malheureux parce qu'il a été sauvé par votre fille ?

- Non… Mais… Il doit s'en occuper…

- Mme Marlowe… Je suis le duc de Grandchester, le père de Terry…

- Et bien il a ramené du renfort… dit Mme Marlowe ironiquement

- Je suis prêt à prendre en charge tous les soins de Susanna maintenant et aussi longtemps qu'elle en aura besoin… A vie si vous voulez…

- A vie ? Dit Mme Marlowe

- Oui… Je vais m'occuper de tout… En échange, vous laisser mon fils tranquille…

- Ah, nous y voilà… Votre fils… Doit épouser ma fille, dit Mme Marlowe

- Non, mon fils va épouser sa fiancée qu'il aime. Je ne vais pas le laisser s'encombrer d'une femme qu'il n'aime pas et qu'il épouse par devoir et obligations.

- Il n'aime pas votre fille et ils seront malheureux tous les deux. Les responsabilités, son père et moi, s'en chargeons dit Eleonor et Terry est libre d'épouser sa fiancée qu'il aime… Epouser votre fille ne lui rendra pas sa jambe…

Mme Marlowe savait qu'ils avaient raison. Susanna serait malheureuse avec Terry parce qu'il était amoureux de sa fiancée. Autant accepter la proposition du duc de Grandchester… Les factures de Susanna seront lourdes et le théâtre ne pourra pas couvrir le tout.

Candy avait assisté à toute la scène sans dire un mot. Mme Marlowe voulait que Terry épouse Susanna, juste parce qu'elle lui a sauvé la vie ? Oui, Susanna était amoureuse de Terry, mais lui ne l'aimait pas… Il était son fiancé… Il voulait l'épouser, elle Candice Neige André… Elle ne savait plus quoi penser, sa tête tournait. Georgie qui était assise à coté d'elle, la prit par les épaules.

- Courage, Candy… Tout ira bien. Nous les adultes, allons régler cette situation… On ne peut pas laisser la responsabilité d'une si grande décision à des enfants… Aussi grands que vous êtes, vous n'êtes que des enfants… Vous devez penser aux conséquences… La décision que vous prendrez ce soir, va affecter le reste de votre vie…

- Susanna a besoin de lui Georgie…

- Et toi tu n'as pas besoin de lui ? Et lui n'a pas besoin de toi ? Candy, j'ai laissé l'homme que j'aimais à une autre car il avait besoin de son argent et des soins qu'elle pouvait lui procurer, et il a été malheureux pendant 15 ans ! Et moi aussi j'étais malheureuse ! Tu ne peux pas vouloir ça ! Car c'est ce qui va se passer si vous cédez à Mme Marlowe et tu laisses Terry à Susanna, une femme qu'il n'aime pas, avec qui il sera par devoir et obligation…

Candy resta silencieuse et elle avait la tête sur l'épaule de Georgie. Terry arriva dans la salle.

- Candy, Susanna veut te voir…

Candy regarda Georgie, qui l'encouragea du regard et elle se rendit dans la chambre de Susanna.

- Candy… Entre

- Susanna…

- Je voudrais te remercier de m'avoir sauvé la vie… Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête… Je voulais mourir… Mais être dans les bras de Terry, m'a donné l'envie de vivre… Je veux vivre Candy ne t'en fais plus pour moi. Sois heureuse avec Terry…

- Mais Susanna…

- Je sais que ma mère fait pression pour que Terry m'épouse… Mais vous êtes fiancés et il t'aime toi et toi seule… Je l'aime, mais je ne veux pas de sa pitié, je ne veux pas d'un homme qui pense à une autre… Avant peut être… Mais j'ai failli mourir et j'ai compris que la vie vaut la peine d'être vécu… Je trouverai un homme qui m'aime comme je le mérite… Si je force Terry à m'épouser, il ne le fera que par devoir et obligation, je n'aurai même pas son amitié. Il va me détester car à chaque fois qu'il va me regarder, il se souviendra qu'il t'a perdu à cause de moi… Va Candy, va le rejoindre, avant que je ne change d'avis… Et sois heureuse avec lui…, dit-elle en pleurant

Candy sortit de la chambre avec des larmes aux yeux. Terry s'approcha d'elle, elle le regarda et elle se jeta à son cou. Il la serra dans ses bras longuement.

- Candy…dit-il

- Terry…

- Allons parler dit-il en l'entraînant dehors

Les autres les regardaient, ainsi que Mme Marlowe. Elle pouvait voir combien Candy et Terry s'aimaient, rien qu'en les regardant… Elle n'avait pas le droit de séparer deux êtres aussi amoureux…

Terry entraîna Candy dehors, il continuait à neiger de gros flocons, mais ils ne le remarquèrent même pas.

- Candy, je m'excuse d'avoir manqué le défilé de mode d'Archie… Et de ne pas t'avoir vu ce jour là… Mais j'étais un peu dépassé par les évènements

- Je comprends pour le soir du défilé, mais pourquoi tu n'es pas venu me voir le lendemain… ?

- Tu étais occupé à faire le joli cœur à Michael !

Candy le regarda sans comprendre.

- Michael ?

- Oui, je suis venu te voir et Jennifer a dit que tu étais sorti avec Michael…

- Comment connaît-elle l'existence de Michael… ? Elle ne l'a jamais vu… Bref, c'est un odieux mensonge, Terry… Je n'étais pas chez Georgie parce que j'ai déménagé…

- Quoi ?

- Oui, j'habite avec Albert, près de chez Samantha…

- Quoi ?

- J'ai donné l'adresse au majordome pour toi…

- Jennifer… Je m'excuse Taches de son, pardonne-moi

- Non, tu es jaloux c'est mignon… Terry tu dois savoir que je n'aime que toi… Et toi seul.

- On me fait pression pour que j'épouse Susanna…

- Ne t'en fais pas pour ça, Susanna nous donne sa bénédiction et ton père se charge de tous ses soins pour toujours… Ta mère et Mme Marlowe ont échangé quelques mots, et ton père aussi. C'est bon d'avoir la famille pour nous défendre…

- Je m'excuse, je voulais m'en charger seul…

- Tout ça c'était trop, Terry, tu aurais dû le dire à tes parents… Tu es leur fils, ils t'auraient aidé… Tu aurais dû les voir avec Mme Marlowe… Elle savait que tu étais vulnérable et elle voulait en profiter pour te manipuler…

- Je n'arrive pas à croire que ce soit résolu… J'étais accablé à l'idée de ne pas être avec toi… Oh Candy ! Je ne sais pas ce que je vais faire si je te perdais…

- Tu ne vas pas me perdre, mon chéri. Je t'aime. A propos, tu étais sublime sur scène, Roméo… Toutes mes félicitations. J'avais un cadeau pour toi, mais je l'ai laissé à la maison quand je suis allée me changer.

- Je t'aime Candy et merci pour les compliments….

Il se pencha vers elle et il prit ses lèvres dans un baiser passionné et gourmand. Il avait l'impression qu'on lui avait enlevé le poids du monde sur les épaules. Candy embrassa son fiancé, il lui avait manqué, surtout lorsqu'elle avait quitté l'appartement de Georgie… Et sans tout ce monde autour d'eux pour les soutenir, ils auraient certainement pris la décision de se séparer tous les deux pour que Terry reste avec Susanna et s'occupe d'elle ; elle aurait eut le cœur en cendres… C'est bon d'avoir des amis et de la famille pour nous conseiller et nous aider à prendre la bonne décision.