Chapitre IV Un Trop Long Silence

Auteur : Lucie Note de l'auteur : Ben dis donc ça fait longtemps mdr

« Il faut que je te parle, c'est important. »

Tony regarda Gibbs pendant une seconde, puis fit un grand sourire :

« Houlà ! Tu n'as pas l'air bien ! Tu veux un café bien noir ? » « Non, je veux juste te parler » « D'accord, je t'écoute Boss. »

Gibbs regarda autour de lui, il avait l'impression que le monde entier était son ennemi avec Dumont en liberté.

« En privé ! »

Tony fronça les sourcils et leva les mains.

« Je te jure que j'y suis pour rien, c'est pas moi ! »

Gibbs se retourna et comme à son habitude, il ne put s'empêcher de faire un petit sourire puis reprenant son sérieux, il décida de rassurer Tony :

« Mais non, ça n'à rien à voir ! »

Gibbs l'entraîna vers l'ascenseur et appuya sur le bouton. Ils attendirent sans un mot. Gibbs regardait Tony et autour de lui pour s'assurer qu'ils seraient tranquilles. Cette attitude inquiéta Tony. Il n'avait jamais vu Gibbs ainsi. Il pensa alors, que quel que soit le problème, il serait là aux côtés de Gibbs. L'ascenseur arriva, les portes s'ouvrirent et Gibbs s'y engouffra emportant Tony avec lui. Une fois les portes refermées, Gibbs attendit qu'il ait descendu plusieurs étages avant d'appuyer sur le bouton stop. Les lumières de l'ascenseur s'éteignirent et Tony lança un regard interrogateur à Gibbs qui lui tournait le dos.

« Tu as reçu combien de coups de téléphones anonymes ? »

Tony fronça les sourcils.

« De quoi me parles-tu ? J'y comprends rien ?! »

Gibbs se retourna et regarda enfin Tony.

« Tu as bien reçu des coups de téléphones bizarres ces derniers jours ? » « Heu, oui, pourquoi ? » « Tu en as reçu combien ? »

Tony haussa les épaules.

« Je sais pas trop, je dirais 4 ou 5. Pourquoi ? »

Gibbs respira un grand coup et baissa la tête.

« L'homme qui est à l'origine de ces appels s'appelle Dumont. »

Tony s'avança d'un pas.

« Comment sais-tu ça ? » « Je l'ai mis en prison et il m'a juré de se venger. Il vient de s'évader. Je le connaissais bien, Tony et il tient toujours ses promesses. » « Tu le connaissais avant de l'arrêter ?! » « Oui, Eric Dumont travaillait ici, au NCIS. Il allait passer Médecin Légiste quand Ducky a remarqué des papiers officiels manquants. J'ai enquêté sans me douter que Dumont était dans le coup. Il s'est avéré qu'il fournissait des certificats de décès aux plus offrants. Je l'ai arrêté et il a pris 15 ans. C'était début 2001.» « D'accord mais quel est le rapport avec moi ? » « Il te connaît. » « Me connaît ? Je n'étais même pas au NCIS à cette époque-là ! »

Le silence se marqua dans la cabine puis Gibbs prit une grande respiration et annonça ce qui suivit d'une traite :

« Il m'a aidé à te retrouver après ton adoption. Il croyait obtenir une faveur de ma part le moment venu.»

Tony recula et se retrouva contre la paroi de la cage d'ascenseur.

« Comment sais-tu que j'ai été adopté ? Personne n'est au courant normalement. »

Gibbs releva la tête.

« Quoi.. ? Tu savais que tu avais été adopté mais comment ? »

Tony baissa la tête.

« C'est une longue histoire mais disons que Victor, mon père adoptif, me l'a dit un soir où il avait trop bu. »

Gibbs le regarda et se surprit à avoir de la haine pour ce père qui apparemment avait des problèmes avec l'alcool. Il avait toujours pensé que Tony avait eu la meilleure famille possible. C'était ce qui l'avait retenu de lui parler avant ça. Il avait lu assez de bouquins sur le sujet pour savoir que la nouvelle que l'on avait été adopté provoquait un choc et pire encore lorsque l'on l'apprennait adulte.

Tony releva la tête.

« Ca ne figurait pas dans ton dossier !? »

Tony fit un sourire ironique.

« De quoi ? Que mon père était alcoolique ? » « Non, que tu as été adopté. Tu n'en as jamais fait mention ? » « Parce que ça va être ma faute ? Je ne voulais pas que tout le monde le sache et puis ça servait à rien. Mes vrais parents ne m'aimaient pas et m'ont abandonné, c'est tout ce que j'aurais eu à raconter. » « Là, tu te trompes ! »

Tony le défia du regard.

« Qu'est-ce que t'en sais ? Mais attend, tu as dit que Dumont t'avais aidé à... me retrouver ? »

Décidément, Tony était complètement perdu, il n'y comprenait strictement rien.

« Je te l'ai déjà dit » répondit Gibbs, essayant de repousser le moment de vérité. « Me retrouver ? Et d'abord comment tu me connaissais ? Je..je ne comprends pas, » bafouilla-t-il « Je crois que si au contraire. Je sais que ça doit être difficile à comprendre et à accepter. »

Mais Tony ne laissa pas Gibbs en placer une. Et d'un ton faussement détaché, il annonça :

« J'ai eu de très bons parents adoptifs (rire jaune) enfin si on peut appeler ça des parents. Victor était un père alcoolique. Et Bérénice, une mère indifférente. Du moment que rien ne venait mettre en danger ses réunions au Country Club huppé où elle passait toutes ses journées, elle ne s'occupait de rien et surtout pas de moi. Si tu savais le nombres de bêtises que j'ai faites quand j'étais jeune juste pour avoir un regard, même de colère de la part de ma mère mais ça ne changeait rien à part mettre Victor en colère et le faire encore plus boire jusqu'à ce qu'il s'effondre sur le canapé et que je sois obligé de le mettre au lit. Il n'a jamais eu l'occasion de me frapper vu qu'il était constamment saoul pourtant c'était pas l'envie qui lui manquait. Les seules fois où il l'a fait c'est lorsque j'oubliais de remplir le bac à glaçons et sa carafe de Whisky. »

« Je… » « Non, ne dis rien. » dit Tony en reculant. « Tony, je suis... » « Non. Non ...»

Tony était maintenant coincé contre la paroi de l'ascenseur.

« Ton père ! »

Gibbs voulut réconforter Tony en le prenant dans ses bras mais ce dernier le rejeta violemment.

« J'ai pas besoin d'un père, ni de ta pitié. Et pourquoi tu ne me le dis que maintenant ? Après trois ans. » « J'avais peur de ta réaction. Je ne savais pas comment t'en parler. Mais la situation a changé et c'est devenu dangereux.»

Gibbs parla des menaces de Dumont lors de ces appels dans l'espoir que ça calmerait Tony. Mais une fois qu'il eût fini, Tony le regarda avec fureur.

« En clair, si Dumont ne t'avait jamais appelé, tu ne m'aurais jamais rien dit, c'est ça ? Tu aurais fait semblant de n'être que mon patron encore pendant combien de temps hein, des années ? »

Tony regarda une dernière fois Gibbs.

« Je n'étais pas assez bien pour toi, c'est ça ! » « Je t'ai dit que c'était parce que j'avais peur de ta réaction ! »

Gibbs n'arrivait pas à trouver les mots qu'il fallait. Il avait tant attendu et tout allait de travers. Il voulut poser sa main sur l'épaule de Tony mais ce dernier évita le geste de Gibbs.

« Tu parles ! Tu ignores combien de fois j'ai attendu que mon père vienne me chercher. Oh, laisse tomber ! » dit Tony d'un air dépité.

Il s'avança et bouscula violemment Gibbs qui s'était posté devant lui pour l'empêcher de partir. Il appuya sur le bouton pour redémarrer l'ascenseur et s'enfuir de cet endroit. Gibbs lui saisit le bras et enfonça le bouton si bien qu'ils sentirent une secousse tandis que l'ascenseur s'arrêtait de nouveau. Finalement, après quelques secousses du même genre, l'ascenseur s'arrêta et s'ouvrit. Tony repoussa Gibbs et sortit laissant les portes de l'ascenseur se refermer derrière lui. Gibbs baissa la tête sans rien tenter. Il fallait laisser le temps à Tony de l'accepter, ou tout du moins de le comprendre.

Tony était figé dos aux portes de l'ascenseur. Il savait qu'il n'était pas dans un cauchemar mais bien dans la réalité. Il allait prendre les escaliers pour sortir de là. Il n'allait pas attendre l'ascenseur et prendre le risque de retomber sur Gibbs. Lorsqu'il entendit une chanson, il réalisa qu'il était à l'étage du labo d'Abby. Le volume de la musique était enfin parvenu à couvrir les paroles qui résonnaient dans sa tête. "Je suis ton père ! Ton père ... "

"I'll find you somewhere. I'll keep on trying until my diyng day. I Just need to know whatever has happened, the truth will free my soul."

Depuis le temps qu'il côtoyait Abby, Tony connaissait ses goûts musicaux et il reconnut les paroles et l'un de ses groupes préférés. Groupe qu'il avait découvert grâce à elle. C'était les Within Temptation avec Somewhere. La chanteuse avait cette voix magnifiquement envoûtante. Peut-être devait-il se laisser guider par elle et Tony se dirigea vers le labo. Il avait besoin de comprendre et Abby avait un tel feeling avec Gibbs qu'elle pourrait peut-être l'aider et son côté scientifique pourrait amener des pensées rationnelles dans le chaos d'émotions qui tourbillonnaient en Tony.

"Living in agony cause I just do not know where you are."

« Abby ? » « Salut, Tony. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » dit-elle, en faisant pivoter sa chaise pour se retrouver face à DiNozzo.

Et là, Abby sut que quelque chose n'allait pas, mais alors pas du tout.

« Qu'est-ce qui se passe ? Il est arrivé quelque chose ? »

Tony s'était promis de rester calme, seulement tout tournait bien trop vite dans sa tête pour que son discours soit cohérent. Et puis, il ne voyait pas comment annoncer ça de façon normale. Il n'était pas en train de parler du dernier film qu'il avait vu au cinéma. Alors, il se contenta d'ouvrir les vannes :

« Il vient de me l'annoncer ... parce qu'un certain Dumont le menace ! Il me le dit comme ça dans l'ascenseur entre deux étages. Il ne savait pas que j'étais au courant pour mon adoption et alors, ce n'est pas une excuse ! » « Tony ? » « Il me ment depuis plus de trois ans et il croit que ça va passer comme une lettre à la poste...» « Si tu savais combien il t'a cherché.» « Il ne me l'a dit que parce qu'il y était obligé ? Comment il a pu ... »

Tony s'immobilisa, les paroles d'Abby venaient de se matérialiser dans son esprit.

« Quoi ? »

Le visage de Tony perdit sa couleur en moins d'un instant.

« Gibbs a essayé de te le dire des dizaines de fois et je ne sais pas pourquoi il y renonçait.» « Tu le savais, Abby ... »

Un mouvement de mâchoire pour s'empêcher de hurler, les yeux qui se ferment pour contrôler les larmes qu'il sentait monter. Puis, une autre pensée vint se fracasser aux autres qui remplissaient déjà sa tête.

« Ducky aussi alors. »

Abby hocha la tête sans savoir quoi ajouter et en se maudissant de ne pas avoir mieux réagit mais malgré le temps qu'elle avait eu pour imaginer ce qui arriverait quand il saurait, elle n'avait jamais trouvé aucune solution pour que cette autre vérité lui fasse moins mal. Elle ne lui avait rien dit par respect pour Gibbs tout en se sentant tellement coupable de ne pouvoir lui parler. Il fallait qu'elle lui dise combien elle était désolée seulement, Tony prit la parole en premier.

« Vous avez mis Kate et McGee au courant ou pas ? » « Non, Tony...» « A bon ! Je me disais qu'il y avait peut-être des réunions à mon sujet.»

Abby fut incapable d'ajouter quoi que ce soit. Qu'aurait-elle pu dire ? Et doublement trahi, Tony sortit du labo.