Dans un centre commercial, une jeune femme faisait ses emplettes comme elle le faisait souvent. Tous les jeunes hommes la suivaient du regard tellement elle était belle. La jolie brune parcourait les rayons et abordait un sourire qui n'avait rien de sincère. Effectivement, elle avait les yeux rougis et serrait dans sa main une lettre adressée à Brooke Davis.

Je ne veux pas y aller, songea-t-elle, si c'est pour les revoir main dans la main, ce n'est pas la peine.

Le dessin ; le dessin était resté sa passion première et apparemment on ne l'avait pas oublié à Tree Hill puisque sa lettre à elle, était accompagnée de deux de ses dessins « People always leaves » et « Sometimes They come back ». Mais contrairement aux autres, Peyton Sawyer était optimiste face à cette lettre.

Pendant ce temps à Tree Hill, le lycée était en pleine re-décoration. A l'entrée du Lycée était accrochée une bande géante où l'on pouvait y lire : « LA SEMAINE PROCHAINE, SOIREE DES ANCIENS AU LYCEE DE TREE HILL »

Quand Karen passa devant cette banderole, elle alla immédiatement chez Whitney Durahm pour lui en parler.

-Coach, vous êtes au courant de la soirée des anciens ? Demanda-t-elle, un fois qu'il la fit entrer chez lui.

-Bien sûr ma chère, c'est moi qui en ai eu l'idée, répondit-il, tout sourire.

-Ce n'est pas que je trouve l'idée mauvaise mais pourquoi ? Questionna-t-elle, surprise.

-Ecoute Karen, à l'heure qui l'est, Lucas ainsi que Nathan, Haley et tant d'autres ont du recevoir la lettre les invitants à Tree Hill, expliqua Whitey.

-C'est de la folie, ils ne viendront jamais, fit remarquer Karen.

-Crois-moi, je peux me montrer très persuasif quand je le veux, lança le vieil homme.

Pendant la semaine qui suivit, Karen ruminait dans sa tête sans cesse les moments qu'elle avait partagé avec son fils et priait tous les soirs pour qu'il lui revienne.

La veille de la soirée, Karen avait acceptait de mettre en ordre les derniers préparatifs dans la salle de bal du Lycée. Donc le matin même, elle s'apprêtait à fermer son café et s'aperçut que les clés étaient dans sa chambre et accourut les chercher. Mais dans la chambre, elle fut alertée par un petit bruit sonore qui signifiait que quelqu'un avait pénétré dans le café.

-Je suis désolée mais ça va fermer ! Cria Karen.

Mais aucune réponse.

-Je vous ai dit que c'était…Recommença Karen.

Mais elle ne put finir sa phrase car la personne qui était entrée avait le visage entouré d'un foulard et elle ne pouvait donc pas mettre une identité sur la personne.

Karen sentit la peur lui monter dans la gorge.

-Comment êtes-vous entré ? Demanda-t-elle doucement.

-J'ai toujours gardé une clef, répondit l'individu.

Karen crut qu'elle allait s'évanouir, cette voix elle la connaissait, même très bien.

-Lucas, c'est toi ? Interrogea-t-elle, sentant sa tête tourner.

Le jeune homme dévoila enfin son visage. Il n'avait pas beaucoup changé mais on pouvait apercevoir autre chose quand on le regardait dans les yeux, on pouvait voir du vécu et de la tristesse.

-C'est bien moi…Maman...murmura l'intéressé.

Karen se jeta dans les bras de son fils en sanglotant. Lui, ne put se retenir et en fit de même.

-Tu m'as tellement manqué, mon fils, parvint-elle à dire entre deux sanglots.

-Toi aussi, toi aussi, répondit Lucas en l'étreignant un peu plus fort.

-Mais pourquoi m'as-tu laissé sans nouvelles ? Lui demanda-t-elle soudainnement en se retirant brusquement.

-Ne m'en veux pas, mais j'avais besoin de m'éloigner, pour réfléchir et puis…enfin, il s'est passé des choses, tu le sais bien, se justifia-t-il, sans pour autant être convainquant.

-Ce n'est pas une raison, je suis quand même ta mère, lui rappela cette dernière.

-Ne crois pas que je n'ai jamais pensé à toi, au contraire, il ne se passait pas une seconde sans que ton visage ne me revienne, continua Lucas.

-Tu vas rester cette fois ? Demanda Karen, pleine d'espoir.

-Une semaine tout au plus.

En voyant la mine attristée de sa mère, il reprit :

-Mais quand je repartirai je te dirai au revoir et t'appellerai dès mon arrivée chez moi.

Karen resta silencieuse.

-Pourquoi as-tu décidé de revenir après toutes ces années ? Je pensais que tu refuserais de revenir à Tree Hill, dit-elle, après un certain temps.

-J'y ai longuement réfléchi et pour te dire la vérité, j'hésite encore à me montrer, répondit le jeune blond.

-Je suis sûre que Whitney sera très content de te revoir, lança Karen.

-A moi aussi ça me plairait de le revoir mais me montrer implique revoir les autres et je ne m'en sens pas capable, soupira Lucas.

-De toutes façons, j'ai bien peur que tu sois le seul à être venu, souffla Karen à son tour.

-Espérons ! Lâcha Lucas.

-Lucas ! S'exclama-t-elle avec reproche. Bon je vais appeler le lycée pour leur dire que je ne pourrais pas les aider à tout préparer.

-Mais tu sais maman, je ne veux pas te déranger, fais ce que tu as à faire et puis après on verra, la rassura Lucas.

-Tu te rends compte de ce que tu es en train de me dire ? Je ne t'ai pas vu depuis 8 ans et c'est déjà beaucoup trop ! S'indigna-t-elle faussement.

-Je t'aime Maman, et j'espère que tu me pardonneras un jour, murmura le jeune homme.

-Lucas, je ne peux effacer les 8ans de ma vie que j'ai passé à t'attendre mais ce dont je suis sûre c'est que je t'aime mon fils.

Lucas prit sa mère dans ses bras et la serra très fort. Karen lui murmura à l'oreille qu'elle voudrait que cet instant dure toujours.

-Et que deviennent les autres ? Demanda soudainnement Lucas.

Karen avait les yeux qui brillaient de nouveau.

-Ils sont tous partis, comme toi ! Tous ! Très peu sont restés.

-Si j'avais su que cela finirait comme ça ! Marmonna-t-il.

-Mais rien n'est fini Lucas ! S'exclama sa mère.

-Pour moi, ça l'est depuis longtemps...

Après un court échange de regards intenses, Karen reprit :

-Et sinon, qu'est-ce que mon fils devient ?

-Et bien, je me suis mis à l'écriture et j'écris souvent. Un jour si tu veux tu lieras ce que j'écris, proposa Lucas.

-Ca me plairait bien de savoir jusqu'où va l'imagination de mon fils.

Lucas regarda un instant dans le vide, le visage restant impassible.

-Tu sais maman, je ferai tout pour toi...

-Tout tu dis ? Alors viens demain soir ! Fais le pour moi, répliqua Karen avec espoir.

-Je ne sais pas, je…enfin…bon…je crois que je te dois bien ça !

-Je t'aime mon fils !

-Ca tu me l'a déjà dit !

Il éclata de rire et se mit à la chatouiller jusqu'à ce qu'elle en pleure.

-Et toi qu'es-tu devenue ?

-Ho tu sais, j'ai gardé mon petit café et je vais tous les jours ou presque chez Whitey, il est comme mon père maintenant. Lui aussi a beaucoup souffert de vos départs à tous, surtout du tien et celui de Nathan.

-Nathan…

-Tu l'as revu depuis que vous êtes partis ?

-Je les revu autant de fois que tout le pays mais pas en tête à tête…

-Courage mon fils, le réconforta Karen en le prenant encor eune fois dans ses bras.

-Bon, nous avons une semaine pour rattraper le temps perdu alors qu'est-ce que l'on attend ?