Titre :
Jardin secret / Vergiss mein nitch
Auteur : Meanne77
Genre
: Fluff (en tout cas, c'est censé l'être). J'ai la
désagréable sensation de ne plus savoir écrire
du KKM… -.-
Disclaimer : Kyou Kara Maoh! n'est toujours pas à moi, malgré le temps…
Spoilers
: épisode 26 (cf. commentaire partie 1).
Fanwork100 :
thème #97, « Pense à moi ».
(Écrit le 18 janvier 2007 ; plot bunny n°9(bis), suite)
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Jardin secret / Vergiss mein nitch
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Yuuri voulait croire qu'il avait fait des progrès avec le temps, qu'il était devenu meilleur. Un meilleur roi, un peu (bâti sur le tas, certes, mais l'enseignement théorique ne lui avait jamais trop réussi, il avait toujours été un manuel), et un peu plus adulte, aussi. Une chose était pourtant certaine : dès que le sujet touchait de près ou de loin à Wolfram, il était toujours aussi peu courageux. Ce qu'il prévoyait de faire pourrait prétendre à la palme de la lâcheté, mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour affronter Wolfram de façon détournée. Puisqu'il était incapable de faire face à son fiancé de sa propre initiative, il ferait en sorte que Wolfram le mette au pied du mur, et il utiliserait pour cela un langage que Wolfram comprendrait, du moins l'espérait-il. En un sens, il ferait tout de même le premier pas, même si Wolf ne s'en rendait pas tout de suite compte. Et après tout, l'on pouvait sans doute considérer tous ces mois passés à taire ses sentiments non comme un manque de courage mais comme de la timidité ; vu comme ça, ce qu'il s'apprêtait à faire était plutôt romantique, non ?
Il rangea dans son sac les cadeaux, emballés pour les protéger de l'eau, qu'il rapportait comme à son habitude à Greta et à ses amis mais conserva son présent à Wolfram dans la poche intérieure de sa veste. Il ne prit pas la peine de se vêtir davantage, bien que ce fût l'hiver à ShinMakoku, puisqu'il arriverait trempé jusqu'aux os de toute façon. Il avait envoyé un message à Ulrike la veille (il avait essayé en tout cas) pour annoncer son retour, aussi s'attendait-il à ce que ses amis le reçoivent à grand renfort de serviettes et de vêtements chauds et secs. S'il pouvait à présent voyager à volonté d'un monde à l'autre sans l'aide de Murata ou d'Ulrike, il ne maîtrisait pas encore tout à fait ses lieux d'arrivée.
Par commodité, son point de départ traditionnel était la grande fontaine à ShinMakoku et la piscine d'enfant gonflable dans le jardin de ses parents. Il n'aimait pas partir et encore moins survenir à partir d'une salle de bain. Il descendit donc au rez-de-chaussée, où sa famille était réunie. Les « aux revoirs », sobres, qu'il échangea avec son père et son frère, contrastèrent avec l'effusion dont fit preuve sa mère.
« Bon… à la prochaine !
– Voyage prudemment ! recommanda Miko. Et ne laisse pas passer des mois avant de revenir nous voir !
– Promis. » Yuuri marqua une hésitation, puis, comme pour sceller sa résolution, déposa un dernier baiser sur la joue de sa mère et ajouta : « La prochaine fois, j'amènerai Wolfram avec moi. »
Les cris d'excitation de Miko résonnèrent contre les murs de la maison.
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Peut-être faisait-il des progrès, en fin de compte ; en effet, il avait atterri dans l'autre monde par la fontaine, comme il l'avait souhaité. Il ne lui restait plus qu'à pouvoir se passer de Murata pour transporter d'autres personnes avec lui et il pourrait se considérer comme un Maoh autonome. Malheureusement, le dernier Grand Sage lui avait dit que cela lui prendrait sans doute encore plusieurs années avant de pouvoir manipuler avec une telle précision son maryoku. La dépense d'énergie qu'occasionnait un trajet était immense, à présent que ceux-ci n'étaient plus assurés par Shinô, car d'après Murata, Yuuri la dispersait inutilement entre les deux mondes. Pour l'heure, il était contraint de voyager seul ou bien en compagnie de Murata pour le guider et s'assurer que tous arrivent à bon port.
Événement rarissime à ShinMakoku, il avait neigé durant son absence. Après la distribution des cadeaux, en majorité constitués d'écharpes tricotées par Miko, Greta avait voulu faire des bonhommes de neige, un divertissement importé de la Terre par Yuuri. Wolfram l'avait arraché aux piles de papiers à signer, sous le prétexte qu'il devait passer davantage de temps avec sa fille, cette dernière grandissant de jour en jour, et que le royaume pouvait bien se passer de lui encore un après-midi. Ils étaient en paix avec leurs voisins, aussi Gwendal l'avait-il laissé filer pour cette fois.
Ils avaient joué jusqu'à l'épuisement.
Le soir venu, Yuuri se retrouva seul avec Wolfram pour la première fois de la journée. Il avait guetté une opportunité mais celle-ci ne s'était pas présentée, et ce fut le cœur battant, sa petite pochette entre les mains, que Yuuri attendit que Wolfram fut prêt à venir se coucher.
Wolfram portait une nouvelle chemise de nuit, toujours rose (mais le rose seyait à Wolfram), néanmoins Yuuri était trop nerveux ce soir-là pour songer à ce qu'il y avait en dessous.
« Comment se porte Mère ? »
Yuuri mit quelques instants à réaliser que Wolfram parlait de la sienne et non de Cecilie.
« Elle va bien, elle, heu, t'embrasse très fort et espère bientôt vous revoir, toi et Greta. Je lui ai dit que la prochaine fois tu m'accompagnerais.
– J'espère bien ! »
Avant que Wolfram ne puisse se lancer dans une longue liste de remontrances, et avant que lui-même n'achève de se dégonfler, il lui tendit la pochette qu'il s'était imaginé lui donner depuis un long moment déjà.
« Qu'est-ce que c'est ?
– Un cadeau. De ma part. Pour ton jardin.
– Oh… » Wolfram prit le sachet avec précaution, comme s'il s'agissait de quelque chose de fragile ou précieux. « Merci », dit-il, probablement aussi touché qu'il le laissait paraître si Yuuri devait se fier à ses gestes hésitants et à son sourire incertain.
Yuuri sourit à son tour. Déstabiliser Wolfram lui faisait souvent prendre confiance en lui.
« Tout est écrit dans ton drôle d'alphabet, constata son fiancé, sourcils froncés comme s'il essayait malgré tout de déchiffrer les indications.
– Je te traduirai. Ça doit se planter au printemps. Tu vois, ça fait plein de petites fleurs, je me disais que ça pourrait être sympa au pied de tes rosiers. On pourrait les ensemencer ensemble et puis… tu t'en occuperais quand je suis pas là… »
À cela, Wolfram cessa de fixer son sachet de graines pour le fusiller du regard.
« Tu viens de rentrer et tu parles déjà de repartir !
– Mais non ! Je ne m'absenterai plus avant qu'on les ait plantées, promis ! C'est juste… Est-ce qu'elles te plaisent, Wolfram ? Je les trouvais jolies et… de circonstance…
– De circonstance ?
– Ce sont des myosotis. J'ai vérifié avant de t'en rapporter et elles veulent dire la même chose sur Terre et ici. Tu sais ce qu'elles signifient ? »
Wolfram retint son souffle. Ce n'était qu'un sachet de graines mais c'était la première fois que Yuuri avait mis autant de soin à lui choisir un cadeau. Yuuri ne lui avait rien jamais offert d'aussi personnel, quelque chose à partager tous les deux.
« Non. Ça veut dire quoi ? »
Yuuri prit une inspiration et lui sourit avec douceur.
« Tu chercheras. »
Fin.
NdA : « Vergiss mein nitch » est, dans le langage des fleurs, la signification allemande de « myosotis ». En français, ça donne « ne m'oubliez pas ». (Accessoirement, ce sont mes fleurs préférées et il faut décidément que je vous les resserve à toutes les sauces… Peut-être qu'un jour je serai guérie de mon obsession ?)
