CE N'EST QU'UN AU REVOIR...
...Say your last goodbye
Acte 1, Chapitre 2
Vide. Vide était le mot qui convenait tout à fait à la description de la pièce et c'était d'ailleurs le premier mot auquel il pensa en découvrant le lieu. Vide de toute vie, de toute chaleur humaine, de tout réconfort que peut-être il aurait secrètement voulu sans vraiment vouloir se l'avouer réellement à cause de ce qu'il ressentait ou plutôt de ce qu'il se forçait à ressentir.
La pièce paressait froide, sans aucune personnalité. Plusieurs chaises étaient disposées ça et là de l'endroit et une grande table était posée en son milieu. A droite de la pièce, de grandes fenêtres aux carreaux épais laissaient filtrer la lumière du soleil.
Après son « inspection » du lieu, Michael se retourna alors vers le gardien en lui jetant un regard interrogateur auquel ce dernier répondit immédiatement :
« Burrows ne devrait pas tarder. »
Et avant que le jeune ingénieur ne puisse répondre à son tour, le maton ferma la porte.
Etrangement, Michael était soulagé de ne pas avoir à LE « confronter » dès l'instant. Il ne s'y sentait pas préparer. Il se demandait par ailleurs s'il serait jamais prêt à le voir en ces circonstances-ci. Il allait, de toute façon, bien devoir LE voir à un moment ou à un autre qu'il soit prêt ou non. Le plus vite serait le mieux.
Il fit les cent pas pendant quelques instants, puis se disant que ce n'était pas ainsi que le temps allait passer plus rapidement, le jeune homme s'assit sur une chaise près de la table.
Le temps. Encore une de ces choses qu'il ne pouvait pas contrôler. Tout comme LUI. Une chose ou une personne qui pouvait parfois être extravagante, n'en faire qu'à sa tête, mais qui, pourtant, en devenait presque indispensable pour sa survie. Presque, car il ne savait plus très bien quoi penser à SON propos.
Ce jour-là était le jour où tout avait chamboulé dans sa vie. Le jour où son existence carrée, bien ordonnée et tranquille s'était retrouvée déranger par un évènement inopportun. Malgré cela, il ne pouvait pas vraiment LUI en vouloir pour cela. IL avait toujours – et le serait sans doute jusqu'à l'au-delà – été la « partie incontrôlable » de sa vie, car oui, il avouait tout de même qu'IL avait fait parti de sa vie avant ça. A l'époque, c'était souvent LUI qui apportait la pointe d'excentricité à son existence. Il s'y était fait après le temps, mais n'avait pas pu LUI pardonner ça.
Ce fut à ce moment-là que Michael entendit un tintement qui ressemblait à celui des chaînes en provenance du couloir. Il se leva.
La porte s'ouvrit alors pour LE laisser entrer entouré de deux gardiens. IL n'avait pas tellement changé depuis la dernière fois. Il nota qu'on LUI avait rasé les cheveux. Sans doute parce qu'ils ne conduisaient pas assez bien l'électricité, songea-t-il avec ironie.
Les deux gardiens LE démenottèrent et sortirent de la pièce, en les laissant tous les deux face à face. Ils restèrent ainsi pendant quelques secondes, chacun observant l'autre et le silence en devenait de plus en plus pesant.
Ce fut LUI qui coupa le silence d'un ton qu'il voulait probablement enjoué :
« Salut Mikey. »
« Lincoln, » répondit simplement le jeune homme.
Le surnom affectif qu'IL avait utilisé le déstabilisa quelques instants, même s'il ne le montrait pas extérieurement. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait plus entendu de SA part…
« Je n'étais pas sûr que tu allais venir, » continua-t-IL.
« Je n'ai pas vraiment eu le choix, je crois, » mentit Michael.
Son malaise s'était dissipé, tout ce qui restait maintenant était de la colère froide et – contre toute attente - un sentiment de désespoir.
IL hocha la tête et déclara en souriant légèrement :
« On a toujours le choix Mike, on a toujours le choix. Et tu le sais très bien. »
Ce fut apparemment la phrase à ne pas dire pour Michael. Sans aucune raison apparente, il explosa d'une voix froide, sans crier pour autant :
« On a toujours le choix, hein ? Ca te va bien de dire ça. Et si tu avais toujours le choix, comme tu le dis, pourquoi les choses se sont terminées ainsi ? Je ne sais plus quoi penser, honnêtement, Linc. Comment a-t-on pu finir comme ça ? Tu- J'ai essayé de te remettre dans le bon chemin. J'ai vraiment essayé. Mais as-tu au moins fais le moindre effort ? Je- »
« Tu sais, ce qui est fait, est fait. On ne peut plus rien y changer, » dit-IL posément.
Mais Michael ne L'écoutait plus. Il avait envie de déverser toute sa rage, toute sa rancœur, tout son désespoir qu'il ressentait envers LUI et qu'il n'avait en aucun cas suspecter d'en avoir tant.
« Je ne sais plus quoi faire ! »
Il éclata soudain d'un rire sans joie en songeant à quelque chose.
« Tu sais. Parfois, je me demande ce que penserais Maman. Elle se retournerait sûrement dans sa tombe en apprenant ça. »
« Tu délires, Michael. »
Le concerné fronça les sourcils à cette phrase.
« Oh vraiment ? Si je délirais, je le saurais. Je ne crois pas que mon DIL ait encore déteint sur moi. Et puis des plus fous d'entre nous, ce serait sûrement toi qui serais choisi. Je ne comprends pas. Tu avais la moitié de l'assurance-vie de Maman et tout ce que tu as trouvé à faire, c'est de d'endetter de 90000$. Putain Lincoln ! » finit-il par jurer.
Il n'était pas dans son état normal, il le savait. Ce n'était pas son genre d'exploser comme ça et surtout si subitement. Les mots étaient sortis tout seuls, si bien qu'il se demandait si ce n'était pas un étranger qui les avait prononcés pour lui. Et LUI qui restait si calme et si posé alors que c'était d'ordinaire le contraire.
Michael avait besoin de se calmer, de prendre du recul et de réarranger ses pensées correctement. Cependant, il n'y arrivait plus, c'était plus fort que lui. Il se tourna vers la fenêtre, puis dit d'un ton toujours aussi polaire :
« Je ne sais pas quoi- As-tu…As-tu jamais pensé le mal que ça ferait aux autres et je ne te parles pas que de Steadman… Veronica, LJ, moi. Mais bien sûr, Môssieur n'en fait qu'à sa tête comme toujours. ET comme toujours, il s'ensuit des ennuis inimaginables. ET encore comme toujours, je suis obligé de jouer le grand frère de mon propre grand frère. Tu sais quoi ? J'en ai assez de jouer ce rôle pour une fois. Tu as choisi ta voie, j'ai choisi la mienne. Tu as choisi l'illégalité, j'ai choisi de poursuivre mes études pour trouver un bon job. Très bien ! Qu'il en reste ainsi ! »
« Michael, » appela-IL calmement.
Le jeune ingénieur refusait de se retourner vers LUI. Il avait l'impression que s'il rencontrait de nouveau SON regard, il ne le supporterait pas. Néanmoins, il trouva la force de se tourner – d'on ne sait où – et de le regarder droit dans les yeux.
« Arrête. Franchement arrête. J'en peux vraiment plus de cette histoire. »
« Michael, tu n'es pas dans ton état normal, » répondit-IL.
Le dénommé pu lire une lueur d'inquiétude traverser brièvement SES yeux bleus. Cela le déstabilisa lorsqu'il remarqua que c'était la même lueur qu'il avait eue devant son miroir il y a de cela une bonne heure. Les mêmes yeux, la même lueur.
Michael ferma les yeux un instant, refusant de voir SES yeux inquiets, mais aussi surtout pour se rationaliser. Son cerveau analysa toutes les solutions possibles, puis il conclut soudainement que la meilleure solution pour échapper au bouleversement de ses émotions était justement d'éviter la source de ce trouble.
Finalement, il rouvrit les yeux et tourna son regard vers la table en trouvant un intérêt soudain à la peinture écaillée de cette dernière.
« Je- Je dois partir. Il me reste du boulot à faire que je n'ai pas encore terminé, » annonça-t-il d'un ton neutre.
C'était un mensonge. Il n'avait pas de travail à faire et ce dernier était déjà bouclé depuis longtemps. Mais c'était la seule phrase qu'il avait trouvé à dire. Son esprit n'étant pas encore en bon état de fonctionnement après toutes ces émotions.
SON expression changea. Alors que SON inquiétude avait disparue, du désespoir vint la remplacer.
« Mike. Il ne me reste que quelques heures à vivre ! Tu pourrais au moins- »
« Non, je ne pourrais pas, » l'interrompit-il brutalement.
Sans aucun regard envers LUI, il sortit de la pièce, sans toutefois claquer la porte. Il rencontra alors un gardien qui devait sûrement faire la garde. Celui-ci eut une expression étonnée avant de dire :
« Tout va bien Monsieur ? »
« Tout va très bien. Merci bien, » rétorqua-t-il d'un ton agressif.
Il le regretta tout de suite après. Ce n'était pas son droit de s'énerver sur une autre personne à cause de LUI. Cependant, il ne s'excusa pas et se dirigea, on ne sait où, vers un couloir qu'il pensait mener vers la sortie.
Le jeune homme poussa la première porte devant lui et se retrouva alors à l'extérieur. Non pas l'extérieur de la prison, mais l'extérieur à l'intérieur de la prison. Pour résumer, il se trouvait dans un chemin, dont une grille le séparait d'une grande cour. Le soleil n'était pas encore totalement couché et projetait de chauds rayons sur cette dernière.
Ne préférant pas s'attarder sur les détails, Michael referma la porte derrière lui puis marcha quelques instants sur le chemin avant de s'adosser sur le mur en poussant bruyamment un soupir. Il referma les yeux et respira de grandes bouffées d'air. L'atmosphère à cet endroit semblait oppressante. Il se dit finalement que sortir n'avait peut-être pas été la bonne solution, mais il resta tout de même adossé sur le mur. Il se laissa glisser contre celui-ci puis enroula ses bras autour de ses genoux.
Après quelques minutes, il entendit des pas se diriger vers lui et une voix amusée déclarer :
« Vous savez que normalement vous n'avez pas le droit d'être ici ? »
Cette voix féminine – car s'en était une – réchauffa étrangement le cœur de Michael. Il leva alors les yeux vers la silhouette qui se tenait à présent devant lui.
A suivre...
Mais qui est donc cette mystérieuse personne :D
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