CE N'EST QU'UN AU REVOIR...
...Say your last goodbye
Acte 1, Chapitre 3
Michael sentit son cœur rater soudainement un battement à la vue de la personne. C'était une jeune femme – qui ne devait pas être plus âgée que lui - à la longue chevelure auburn et possédant de magnifiques yeux couleur noisette. Le jeune homme se secoua la tête intérieurement pour chasser les pensées masculines qui commençaient à envahir son esprit tel une vague déferlante. Ce n'était pas le moment.
Elle portait une longue blouse blanche semblable à celle que portaient les médecins à l'hôpital. Ce devait être le médecin de la prison, songea-t-il alors.
Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua l'attitude gênée qu'avait la jeune femme, sans doute à cause de son regard trop insistant. Il se mit à regarder ailleurs puis se leva.
« Oh, je crois m'être perdu en cours de route. J'aurai bien aimé avoir un plan de la prison qui m'indiquerait la sortie mais malheureusement je ne les ais pas sur moi, » tenta-t-il de plaisanter sans grande conviction.
La jeune femme remarqua le ton de sa voix et demanda d'une voix légèrement inquiète :
« Vous allez bien ? »
Non, il n'allait pas bien. Il repensait encore à sa « confrontation » précédente avec LUI. A vrai dire, cela faisait depuis longtemps qu'il ne sentait pas bien. Mais bien sûr, il ne pouvait pas raconter ça à une inconnue, tout simplement parce qu'elle ne voudrait sûrement pas écouter ça.
« Oui, oui, je vais très bien, merci, » dit-il à la place, un peu trop précipitamment.
Il y eut un silence pendant lequel la jeune femme semblait le regarder suspicieusement. Au bout de quelques temps, Michael brisa le silence et se présenta d'un ton qu'il voulait enjoué :
« Au fait, je m'appelle Michael. Michael Scofield. »
La doctoresse le considéra un instant avant de répondre avec un sourire :
« Sara Tancredi. »
Le nom lui sonnait familièrement aux oreilles.
« Tancredi comme le gouverneur ? » questionna-t-il alors.
Sara ne répondit pas. Il en profita pour ajouter en un demi-sourire :
« Je ne pensais pas qu'on trouverait ici, à Fox River, la fille unique de Frank-la-Justice travaillant en tant que médecin. »
« Je crois en la solution, pas le problème, » répliqua-t-elle.
Le ton qu'employait la jeune femme lui fit remarquer qu'elle devait avoir l'habitude de ce genre de questions. Etrangement, sa dernière phrase lui rappela une ancienne citation qu'il avait lue.
« Soit le changement que tu veux voir dans le monde, » récita-t-il, sans le remarquer, à haute voix.
Il sentit la jeune femme essayer de dissimuler sourire puis se retourna vers elle.
« Qu'y a-t-il ? Je l'ai dit à haute voix ? »
Elle hocha la tête et dit toujours en souriant :
« Non, c'est juste que c'était l'une de mes grandes phrases. »
« Vraiment ? Et moi qui croyait pendant tout ce temps que c'était de Gandhi, » plaisanta-t-il avec plus d'enclin cette fois-ci.
Sara eut un petit rire qui eut le don d'égayer un peu plus le cœur de Michael. Il ne savait pas pourquoi mais la jeune femme avait un certain don pour le réconforter. Il se sentait un peu mieux que précédemment.
« Vous êtes très drôle, » déclara-t-elle en souriant.
Il sourit à son tour puis se sentit obliger de rajouter :
« Vous savez je ne vais pas vous juger en fonction de votre père. J'ai moi-même eu un père alcoolique qui nous a abandonné alors je ne vais pas être le genre de personne qui juge les gens en fonction de l'identité de leurs parents. »
Il songea un instant au père qu'il n'avait pas connu mais qui, selon SES dires ne méritait pas vraiment d'être connu ou plutôt IL ne voulait pas lui en dire plus à son propos. Une hypothèse folle le traversa alors, peut-être était-ce à cause de ce père qu'IL se comportait ainsi. C'était ce qu'une partie située au plus profond de lui voulait croire.
« Vous a abandonné ? » demanda-t-elle soudainement, haussant un sourcil.
Michael se rendit compte de ce qu'il venait de dire et se mit mentalement une claque. C'était la première fois – depuis très longtemps – qu'il parlait vraiment de lui et de LUI comme un tout. Un ensemble. Une famille. Il avait prononcé ce mot sans vraiment réfléchir et c'étant sans doute son profond subconscient qui avait prit la parole à sa place à ce moment-là. C'était la seule réponse qu'il avait à cette question bien qu'il n'aimait pas véritablement cette perspective.
Toutefois, il prit tout de même la peine de répondre à la doctoresse :
« J'avais un frère. »
A cette réponse, il vit la jeune femme hausser de nouveau les sourcils.
« Vous parlez de lui au passé. Serait-il… »
« Oh non… Il n'est pas mort, » la rassura-t-il tout en ajoutant mentalement « Non, c'est plutôt qu'il va mourir dans quelques heures. »
« Alors pourquoi… » commença Sara avant de s'interrompre brusquement comme si elle venait de réaliser quelque chose.
« Oh mon Dieu, » murmura-t-elle si bas que Michael eut du mal à l'entendre même avec son DIL. « Ne seriez… ne seriez vous pas le frère de Lincoln ? » questionna-t-elle d'une voix plus haute.
Le jeune ingénieur se figea. Il s'attendait à tout sauf à ce qu'elle lui demande ceci. Bien sûr, il aurait du s'y attendre après la charmante discussion qu'il avait eue avec ce cher Bellick, mais quelque chose lui disait que ce n'était pas à cause de ça. La jeune femme prononçait SON prénom de manière familière. Ils devaient être assez proches pour ça. A cette pensée, il éprouva – sans savoir pourquoi – une certaine jalousie envers LUI. Il n'y avait pas de quoi. Après tout, il ne connaissait la jeune femme que depuis quelques minutes, tandis que LUI avait sûrement du la voir souvent pour des examens médicaux. Il se frappa de nouveau mentalement pour ressentir de tels sentiments en ces circonstances.
Sara sembla s'apercevoir de son attitude et s'expliqua :
« J'ai du le voir pour procéder à des examens médicaux obligatoires même si je trouve ironique de s'assurer de la bonne santé de quelqu'un qui va bientôt mourir, mais c'est le règlement. Il m'a parlé de vous lors de ses visites. »
« De- de moi ? » bredouilla Michael d'une voix étranglée.
Il ne savait pas vraiment quoi penser de ça.
« Oui, de vous. Il a dit que vous étiez l'une des seules personnes qui comptaient le plus pour lui au monde et… »
La doctoresse se coupa lorsqu'elle vit que Michael avait baissé la tête et s'était ré appuyé contre le mur. Sans aucune raison, entendre parler de LUI par elle le mettait mal à l'aise.
Se souciant peu du regard que lui lançait la jeune femme, le jeune homme ferma de nouveau les yeux, des pensées toujours aussi contradictoires les unes que les autres en tête. Finalement, peut-être aurait-il du ne pas sortir, se répéta-t-il.
« Vous êtes en froid avec lui, n'est-ce pas ? » questionna Sara.
Michael rouvrit les yeux et leva brusquement la tête vers elle à cette question, une expression étonnée sur le visage. Une expression qu'il s'empressa d'ailleurs de cacher rapidement, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander comment elle le savait.
« Je… » commença-t-il à répondre maladroitement.
« Vous n'êtes pas obliger de répondre, » l'interrompit-elle d'un ton compréhensif.
Un silence inconfortable s'installa entre les deux personnes. Ne supportant plus ce silence, Michael finit par avouer ce qu'il avait toujours tenté de ne pas faire face ces trois dernières années.
« Il avait été mon modèle lorsqu'on était tous les deux plus jeunes. Après la mort de notre mère, il a juré de prendre soin de moi quoi qu'il arrive, et il l'a fait. Il a tout fait pour me préserver de la criminalité alors que lui-même était en train de sombrer dedans. Il a tourné mal et- je lui en veux pour ça… Je- »
Le jeune homme sentit une main rassurante lui prendre la sienne. Il plongea ses prunelles bleues dans celles de Sara puis dit alors :
« Je suis désolé, vous avez sûrement d'autre chose à faire que m'écouter. C'est idiot ce que je dis… »
Il eut un petit rire nerveux et dégagea sa main de celle de la doctoresse. Il passa sa main derrière ses cheveux courts d'un air embarrassé avant d'ajouter :
« Je suis encore désolé de vous avoir dérangé. Je crois que je vais partir d'ici. »
Michael commençait à s'éloigner lorsqu'il entendit Sara crier « Attendez ! ». Il se retourna vers la jeune femme qui s'était avancée vers lui.
« C'est moi qui devrait être désolée, j'ai amené le sujet alors que vous n'avez, semble-t-il, pas envie d'en parler. Mais je crois que- je ne vais pas vous faire la morale car ce n'est pas mon droit mais je pense que vous devriez vous entretenir tous les deux avant qu'il… »
« Avant qu'il ne meurt », termina-t-il à sa place d'un ton sinistre.
Au fond de lui, Michael savait qu'elle avait raison même si il ressentait toujours de la rancœur envers LUI. IL était peut-être coupable, mais IL était aussi… IL était aussi LUI.
Le jeune ingénieur tenta de sourire faiblement à Sara.
« Vous avez sans doute raison. »
La jeune femme lui retourna son sourire puis il la vit fouiller dans ses poches et en sortir quelque chose dont la forme lui semblait étrangement familière.
« Hum… Votre frère n'était pas sûr que vous alliez venir à cause de… Enfin, hum… vous me comprenez. Alors il m'avait demandé de vous remettre ceci en main propre. »
Elle lui tendit alors l'objet en question. C'était en fait une grue de papier. A la vue de cette dernière, des flashs de souvenirs envahirent l'esprit de Michael. Il retourna la grue dans tous les sens avant de dire d'une voix qu'il tenta de maîtriser le plus possible :
« Merci. »
« Il n'y a pas de quoi. Je suis désolée mais de je dois retourner travailler. Peut-être nous reverrons-nous. »
Michael ne fit que hocher la tête en la regardant s'éloigner. Ce fut à cet instant-là qu'il chuchota au vent :
« Au revoir et merci. »
Cette rencontre semblait lui avoir ouvert les yeux sur bon nombre de choses même si elle n'en avait pas l'air. Le fait de parler avec Sara lui avait fait découvert des choses qu'il avait toujours refusé d'admettre. Il baissa le regard vers la grue de papier.
Oui, peut-être qu'il n'était pas encore trop tard…
To be continued...
Joyeux Noël !
Une petite review peut toujours faire plaisir ;))
