CE N'EST QU'UN AU REVOIR...
...Say your last goodbye
Acte 1, Chapitre 4, Partie I
...Sometimes, sometimes, my mind is too strong to carry on...
Pour la seconde fois de la journée, ou plutôt devrait-on dire de la soirée bien que le soleil ne fût pas encore totalement couché, il se tenait devant la porte qui menait à la pièce de la Dernière Visite.
Il était resté encore quelques temps à l'extérieur à réfléchir au passé, au présent mais surtout au futur. Un futur qui semblait si proche et qui, contre tout attente, lui faisait peur si bien qu'il aurait refusé d'y faire face si il n'y avait pas eu LUI. Peu à peu, au fil que les minutes passaient lentement, il avait la désagréable impression que le monde qu'il s'était tant efforcé de construire autour de lui était en train de s'écrouler tel un château de cartes.
On lui avait toujours dit que perdre un proche était une épreuve difficile à surmonter. Mais de cette façon, il n'y avait pas pire. Et même si il LUI en voulait, un sentiment enfoui au plus profond de lui ne pouvait pas réellement lui en vouloir pour tout ceci. Sara avait raison, il avait besoin de LUI parler.
Prenant une grande inspiration comme pour se donner du courage, Michael poussa de nouveau la porte.
IL était toujours là, lui tournant le dos, assis sur une chaise, le front à plat contre la table. Le jeune homme remarqua qu'il avait échangé son uniforme de détenu contre un tee-shirt blanc et un pantalon beige.
« Tu es revenu, finalement. »
Michael sursauta à l'entente de SA voix, trop concentré par l'observation de SES nouveaux vêtements pour s'apercevoir qu'IL s'était à présent retourné, un semblant de sourire sur le visage. Il remua d'un air mal à l'aise, ne sachant plus vraiment comment se comporter avec LUI.
« Viens t'asseoir, » lui ordonna-t-IL gentiment. « Tu ne vas pas rester debout toute la nuit à attendre que cela passe, » ajouta-t-IL, une pointe d'humour dans la voix.
Il ne broncha pas et vint alors s'asseoir près de LUI, sans toutefois oser lever les yeux vers LUI.
Un nouveau silence commença à s'installer entre eux deux. Ce dernier n'était coupé que par le bruissement des pages d'un magazine qu'IL feuilletait à présent d'un air distrait, mais Michael sentait SON regard se poser parfois sur lui avec insistance.
En ayant assez de ce silence, le jeune ingénieur chercha un sujet à converser - qui serait, si possible, le moins douloureux possible - quand ses yeux se posèrent sur un plat de pancakes à la myrtille à peine entamé sur la table. Trouvant là, un bon sujet de conversation, il se lança d'une voix aussi neutre que possible en haussant un sourcil :
« Des pancakes à la myrtille ? »
A cette phrase, IL reposa son magazine sur la table avant de le regarder. Cette fois-ci, Michael eut enfin le courage de le regarder droit dans les yeux sans ciller. IL sourit puis répondit simplement :
« Yep. »
Pour une fois - peut-être la première fois depuis ces trois dernières années - Michael décida de mettre sa rancoeur de côté, bien qu'il ne savait pas réellement pourquoi il se comportait ainsi. Il regarda de nouveau ailleurs.
« Mon plat préféré, » dit-il, les yeux dans le vague et un fin sourire sur les lèvres. « Je me souviens que Maman avait l'habitude de nous en faire avant... enfin, avant que ça n'arrive. C'étaient les meilleurs que j'ai jamais goûtés. »
« Et surtout meilleurs que les miens, » déclara-t-IL sombrement.
Le jeune homme leva les yeux vers lui et remarqua une légère lueur de culpabilité et de douleur briller dans SES yeux. Finalement, peut-être que ça n'était pas le meilleur sujet de conversation qu'il ait trouvé.
« Tu en faisais pour LJ, n'est-ce pas ? » se risqua-t-il à demander.
« Ca doit être la seule chose que j'ai jamais faite pour lui. »
Michael ne su quoi répondre. Une partie de lui voulait le rassurer, tandis qu'une autre s'obstinait à penser que c'était de SA faute si tout était ainsi.
Au bout d'un autre moment de silence gênant, il dit soudainement :
« J'ai vu Sara… Enfin, je veux dire le docteur Tancredi. »
Il LE vit hausser les sourcils.
« Tu l'as vu ? »
Il acquiesça, puis sortit la grue en origami qu'il avait un peu plus tôt mit dans sa poche, et la posa sur la table.
« Elle m'a remit ceci. »
IL ne dit pas un mot, se contentant de fixer la grue de papier. Michael continua sur le même ton :
« Après la mort de Maman, je me souviens avoir eu du mal à dormir. Je ne savais jamais où tu étais. Mais le matin lorsque je me réveillais, je trouvais à chaque fois une grue en origami à mon chevet. J'avais deviné que c'était sans doute ta façon de me dire que tu veillais sur moi. »
Il se tu un moment et étudia SA réaction. Il avait besoin de savoir ce qu'IL ressentait en ce moment précis.
« Et j'ai cherché. La grue. Elle signifie l'obligation familiale, le devoir de veiller sur les siens. »
IL resta silencieux.
« J'ai besoin de savoir, Linc. »
« Il n'y a rien à savoir, » répondit-IL sèchement. « Je n'aurais jamais du te demander de venir. »
« Vraiment ? S'il n'y avait rien à savoir, alors pourquoi avoir demandé au docteur de me remettre ça ? Si je n'étais pas venu, je pense que le docteur Tancredi me l'aurait tout de même remise. Trois ans Linc, trois ans. Et tu crois que j'aurais réagi comment ? On ne se parle plus depuis trois ans et tout à coup, le lendemain de ton exécution, j'aurais reçu ça. »
Le jeune homme tenta de ne pas exploser une nouvelle fois. Mais il voulait tout simplement comprendre.
« Ca n'a aucune importance, » rétorqua-t-il, une pointe d'agacement dans la voix.
« Aucune importance ? Bon Dieu, Linc ! Je ne comprends vraiment plus comment tu fonctionnes, » déclara Michael en essayant de maîtriser sa voix.
« Il n'y a rien du tout à comprendre. C'était une erreur. »
« Une erreur ? Et bien sûr les autres fois étaient aussi des erreurs, je suppose ? Franchement, je ne sais plus comment réagir avec toi. »
IL se leva brusquement, ayant ainsi pour conséquence de le faire sursauter.
« Tu veux vraiment savoir pourquoi j'ai fait ça. »
IL fit un geste de la main vers la grue. Michael, quant à lui, restait figé, trop surpris par cette violente réaction.
« Et bien voilà : JE tiens à toi ! Tu es mon frère et je tiens à toi ! »
Michael eut besoin de quelques secondes pour assimiler complètement ce qu'IL venait de dire. Il fut alors déstabilisé par cette phrase.
IL tenait à lui. IL tenait à lui
Rien que le fait de se répéter ces quelques mots dans son esprit avait pour conséquence de le déstabiliser de nouveau. Ce fut à ce moment précis qu'il se souvint d'une parole de Sara.
Il a dit que vous étiez l'une des seules personnes qui comptaient le plus pour lui au monde…
Michael ferma les yeux. IL ne remarqua sans doute pas son comportement puisqu'il continua toujours à haute voix :
« Et tu veux savoir combien je tiens à toi ? Les 90000$ ? Tu veux savoir en quoi je les ais utilisé ? »
Le jeune homme rouvrit les yeux tout en se demandant quel rapport y'avait-il entre les quatre-vingt dix milles dollars et le fait qu'IL tenait à lui. Il n'osait cependant pas rencontrer SON regard.
« C'était pour toi ! »
A cette révélation, Michael se figea, mais il trouva tout de même la volonté de demander d'une voix faible :
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Maman n'a jamais eu d'assurance-vie, je t'ai menti. »
La suite prochainement...
"Scène coupée" du montage car jugée trop hors de l'intrigue (mais dont je n'ai pas eu le coeur à la supprimer vraiment)
Au bout d'un autre moment de silence gênant, Michael LUI demanda soudainement :
« C'est bien la prison ? »
Puis, se rendant compte de la stupidité de sa question, il se corrigea rapidement :
« Enfin, je veux dire… Comment c'est la prison ? »
IL eut un léger rire et répondit :
« Oh… En comparaison, je dirais que- Tu te souviens du vieux motel miteux où l'on a séjourné quand on était à Mexico ? »
Michael hocha brièvement la tête au souvenir de cette escapade. C'était peu après la mort de leur mère. IL avait voulu lui changer les idées et l'avait ainsi emmené à Mexico. Il se souvenait en effet de ce motel à l'allure presque déplorable. Malgré cela, ces vacances avaient été l'une des meilleures de sa vie si l'on oubliait le motel.
« C'est à peu près pareil. Ma cellule est aussi piteuse que la chambre sauf qu'elle fait le quart en taille, et il faut aller dans un autre endroit pour pouvoir prendre une douche. Et la grande différence est surtout que le séjour ici est gratuit. »
« Tu prenais l'air parfois ? »
« Oui, j'avais un heure de récréation par jour, si on peut dire ainsi. J'allais aussi à la chapelle et je participais à l'IP. »
« L'IP ? » dit Michael, sans comprendre.
« L'industrie pénitentiaire, la classe des travailleurs en quelque sorte. »
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