Chapitre 3 : Une nuit sans sommeil

Commence dans : le prisonnier d'Azkaban, entre les chapitres 5 et 6

Harry ne voyait rien, mais il sentait que quelque chose allait mal. Il transpirait, et ressentait un terrible besoin de hurler. Il y avait un intrus dans la maison, et il ne pouvait rien y faire. Il entendit une femme pousser un hurlement désespéré, et soudain, les cris s'arrêtèrent. Quelques secondes après, une baguette visait son front, et il vit un éclair vert.

Harry ouvrit ses yeux et s'assit immédiatement pour regarder autour de lui. Il était dans son lit à baldaquins, à Poudlard. A en juger par le noir dehors, on était au milieu de la nuit. Il venait juste de faire un cauchemar. Sa respiration se ralentit, pendant qu'il se rappelait les évènements de la veille.

Il s'était réveillé au chaudron baveur, avait mangé avec les Weasley, prit une voiture du ministère jusqu'à la gare de King's cross. Il n'avait pas pu passer trop de temps avec Ginny : en fait, ils n'étaient même pas montés dans la même voiture. Le voyage en train avait aussi été désagréable. Le professeur Lupin dormait dans le seul compartiment libre qu'ils avaient pu trouver. Pas qu'il se plaigne de la présence du professeur, mais la présence de celui-ci n'encourageait pas à embrasser sa petite amie. Sans parler du fait qu'il avait fini par lui dire, ainsi qu'à ses 2 meilleurs amis, qu'un tueur le cherchait. Ajoutant à ça l'attaque de détraqueur sur le train, il souhaitait avoir pris la Ford Anglia volante, comme l'année précédente. Il échangerait un détraqueur contre le saule cogneur sans hésiter. « Le détraqueur », pensa-t-il. « C'est là que j'ai déjà entendu ces cris ! Formidable, non seulement cette créature me fait m'évanouir devant ma petite amie, mais en plus elle me donne des cauchemars ! »

Il décida qu'il avait besoin de marcher, et donc, il s'habilla silencieusement, avant d se faufiler en bas des escaliers, avec sa cape d'invisibilité sur le bras.

Il marcha vers la porte cachée derrière un portrait, enroula sa cape autour de lui, et entendit une voix familière l'appeler. Il chercha l'origine de la voix, et vit une jolie rousse assise devant le feu. Il enleva sa cape et dit : « Ginny ? »

« Oui, Harry, c'est moi, » dit-elle tranquillement en se levant de sa chaise et se dirigeant tranquillement vers lui. « Que fais-tu ? Est-ce que c'est une cape d'invisibilité ? »

« Oui, Ginny, c'est une cape d'invisibilité. Elle appartenait à mon père. J'allais juste faire un petit tour. Tu viens avec moi ? »

« C'est contraire au règlement de l'école », dit-elle en souriant malicieusement, « tu es sur que nous tiendrons à 2 dessous ? »

« Bien sur. Je me suis souvent caché dessous avec Ron et Hermione. Viens, Ginny. Tu m'as tant manqué cet été, et je n'ai presque pas pu passer de temps avec toi hier. »

Elle s'approcha de lui, l'entoura de ses bras, et dit : « OK .»

Harry entoura la cape autour d'eux, et l'embrassa fougueusement. Quand il se séparèrent à la recherche de l'air, il sourit et dit : « J'ai toujours rêvé d'embrasser quelqu'un sous cette cape. Viens. » Pour un observateur extérieur, la porte parut s'ouvrir seule, puis se refermer.

« Waouh, Harry ! » murmura Ginny comme ils marchaient dans le château, « c'est génial ! Nous sommes les maîtres du château maintenant ! Nous pouvons aller où nous voulons ! »

« Chut ! » chuchota Harry. « On peut encore nous entendre ! Nous devons faire attention que personne ne nous attrape avant que nous soyons dans un endroit plus sur. Comme la classe d'enchantements. La porte n'est jamais fermée à clef. »

Peu de temps après, la porte de la classe d'enchantements parut s'ouvrir et se fermer toute seule.

Ginny et Harry, toujours cachés sous la cape, se dirigèrent vers le coin le plus éloigné de la pièce. « Devons-nous enlever la cape, Harry ? » demanda Ginny alors qu'ils s'asseyaient face à face sur des coussins.

« Je ne pense pas, » répondit Harry avec un sourire méchant sur le visage, « pour 2 raisons.La première,c 'est que quelqu'un pourrait regarder dans la pièce, la deuxième, c'est que j'aime être sous la cape avec toi. » Il l'embrassa doucement, et elle approfondit le baiser.

Quelques minutes plus tard, Harry arrêta le baiser et dit : « Je ne peux pas croire que j'ai pu survivre tout l'été sans ça. »

Ginny prit un air très sérieux et dit : « Je crois que le stress causé par le manque d'embrassades s'est manifesté en te faisant gonfler ta tante Marge. Si ton oncle Vernon t'avait autorisé à venir me rendre visite et m'embrasser pour faire baisser la tension en toi, cela ne se serait jamais produit. »

Harry rigola et demanda : « Comment peux-tu dire ça en gardant un air sérieux ? »

Gardant toujours son air sérieux, Ginny expliqua : « Si tu veux garder une réputation d'ange parfait, d'être toujours le précieux bébé de ta maman, tu dois apprendre à mentir avec un visage sérieux quand tu implique tes frères dans toutes les bêtises que tu as faites. »

Harry rit fort cette fois, et dit : « J'aurais voulu venir avec vous en Égypte ! Tu m'as tant manqué ! »

« Ron et moi l'avons suggéré tous les 2, mais nous n'aurions pas pu rester aussi longtemps si tu avais été avec nous. Maman et papa voulaient rester aussi longtemps que possible. »

« J'aurais pu payer ma part ! » dit Harry, « J'espère qu'ils ne pensent pas que je suis un pique-assiettes ! »

« Un pique-assiettes ? Non, Harry, mes parents ne pensent que du bien de toi, surtout depuis que tu m'as sauvée. Ils auraient honte de te demander de payer ta part ! Ils considèrent que tu fais partie de la famille. » Elle le regarda dans les yeux, sourit, et dit : « Peut-être, un jour, tu le seras vraiment. » et lui fit un clin d'oeil. Harry devint écarlate.

Pour changer de sujet, Harry demanda : « Qu'est ce que tu faisais dans la salle commune, en fait ? »

Cela effaça le sourire de Ginny. « Je préfère ne pas en parler. »

« Ginny », dit Harry en lui prenant la main avec un air soucieux sur le visage, « C'est moi, Harry. Tu peux tout me dire. As-tu fait un autre cauchemar ? »

« Non, c'est juste que je ne pouvais pas dormir. Je pensais à ce que j'ai vu quand le détraqueur était dans notre compartiment. »

Harry frissonna t dit : « J'ai certainement prouvé quel grand 'héros' est ce sacré 'survivant', n'est-ce pas ? Je suis désolé que tu ais du admirer ton 'courageux héros' tourner de l'oeil ainsi. Je... »

« Arrête, Harry ! Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Pour moi, tu es toujours le tueur de basilique qui m'a sauvé de Tom, et tu le seras toujours ! Et, plus important, je t'aime ! Quand tu t'es réveillé, tu as dit que tu avais entendu crier. »

« Oui, mais Ron a dit que personne n'a crié. »

« Je n'ai pas entendu crier, Harry, mais j'ai entendu rire, un rire très familier ! J'ai entendu Tom rire de moi, me disant que j'allais mourir et qu'il allait te tuer. »

« Mon Dieu », dit Harry. « Mais comment... »

« Je l'ai demandé au professeur Lupin aujourd'hui après la fête. Il a dit que les détraqueurs te forcent à revivre les pires moments de ta vie. Pour moi, c'était la chambre des secrets, mais pour toi, c'était autre chose. » Elle le regarda amoureusement dans les yeux, et dit : « Harry, je pense que ce que tu as entendu, c'était... »

« ma mère en train de se faire tuer par Voldemort. » Harry baissa les yeux vers le sol, et dit : « Probablement. C'est pour ça que je me suis réveillé cette nuit. J'ai fait un cauchemar à ce sujet. Je l'ai entendu la tuer, mais je ne pouvait rien y faire. »

« Tu avais un an, Harry ! »

« Je sais. Puis il a tourné sa baguette vers moi. J'ai vu un éclair de lumière verte, et je me suis réveillé. C'est à ce moment que j'ai décidé de descendre. Pour essayer de... Chut ! »

A ce moment, la porte de la classe s'ouvrit, et 2 garçons identiques, avec des cheveux roux et des sourires jumeaux, entrèrent dans la pièce, un d'entre eux tenant un vieux parchemin, et le regardant intensément. Harry l'entendit murmurer quelque chose qui ressemblait à : « Méfait accompli », pendant que l'autre marchait droit vers là où lui et Ginny se cachaient sous la cape. Cette personne leva sa main, cherchant à tâtons autour de lui, avant de finalement attraper la cape, et de la leur enlever.

L'intrus paru choqué et dit : « Ginevra Weasley, comment peux-tu déshonorer notre famille ainsi, te glisser ainsi partout... »

« C'est notre boulot », dit l'autre jumeau, « tu es supposé être le parfait petit ange de maman. Et toi, Harry, je n'aurais jamais cru... » A ce moment, le visage de Harry devint magenta, pendant qu'il examinait studieusement les pavé du sol.

« La ferme, Fred ! » dit Ginny, son regard jetant des dagues à ses frères, « toi aussi, George ! Que faites-vous là, à part essayer de recevoir un sort ? »

Fred et George prirent de concert une expression moqueuse et concernée, et dirent ensemble : « Nous défendons l'honneur de notre bébé de soeur ! »

« Quelqu'un doit le faire », ajouta Fred avec un sourire.

« Nous allions à la cuisine pour un en-cas de minuit », dit George.

« Quand nous avons pensé à regarder si nous ne voyions personne en train de s'embrasser dans cette pièce. »

« Vous saviez que nous étions là », dit Harry, prenant la parole pour la première fois depuis l'arrivée des jumeaux. « Vous avez tâtonné pour trouver ma cape ! Comment saviez-vous ? »

« Nos secrets nous appartiennent ! » dirent les jumeaux d'une seule voix. « Allez vous embrasser dans la salle commune. »

Harry dit : « Nous ne nous... »

« Sur », dit George. « Rappelle-toi juste que si tu fais du mal à notre soeur... »

« Nous pouvons te trouver n'importe où à Poudlard, cape d'invisibilité ou pas ! » finit Fred.

Ayant dit cela les jumeaux quittèrent la pièce, et Harry aurait pu jurer avoir entendu un des deux dire quelque chose comme « nos intentions sont mauvaises. »

Il se tourna vers Ginny et dit : « Nous devrions y aller. »

Elle hocha la tête comme Harry entourait la cape autour d'eux. Ginny sourit et dit : « Nous devrions suivre leur conseil, tu sais. »

« Que conseil ? » demanda Harry l'air surpris.

Ginny prit à nouveau son visage le plus sérieux et dit : « Ils nous ont conseillé de 'aller nous embrasser dans la salle commune', et c'est exactement ce que nous devrions faire. »

Les deux riaient pendant qu'ils approchaient de la porte, déterminés à suivre le conseil des jumeaux à la lettre.