Chapitre 9 : Souvenirs
Commence dans : Le prisonnier d'Azkaban, chapitre 15
Le lendemain de la victoire dans la coupe de quidditch, Harry se réveilla fou de joie. On était dimanche, donc pas de cours, et il espérait passer une superbe journée avec Ginny. Il se doucha rapidement et s'habilla. Il descendit rapidement les escaliers, jeta un coup d'oeil dans la salle commune, et vit Ginny assise près de la cheminée, lui tournant le dos. Il se glissa discrètement derrière elle, et l'entoura de ses bras, mais pour se les voir repousser et l'entendre dire : « Laisse moi tranquille ! »
Avec l'air étonné, il essayait désespérément de comprendre ce qu'il avait fait de mal. Quand il ne trouvait rien à se reprocher. Il fit le tour du fauteuil, de manière à se trouver entre Ginny et le feu. Il la regarda dans les yeux, et put voir combien ils étaient rougis d'avoir pleuré. Il s'accroupit devant elle et lui prit doucement la main. Il la regarda dans les yeux et demanda : « Qu'est-ce qui ne va pas, Ginny ? »
Elle prit une grande inspiration, et dit : «Rien, Harry. Je suis désolé de t'avoir parlé aussi sèchement. Ce n'est pas de ta faute, juste que... Oublie ça, c'est stupide ! » Elle se façonna un faux sourire et dit d'un ton joyeux : « Bonjour, amour ! »
Harry n'était pas dupe. « Apparemment, tu ne le ressens pas comme une bonne journée. Je te le demande à nouveau, qu'est-ce qui ne va pas, Ginny ? »
Son visage se pétrifia dans un froncement de sourcils : « C'est stupide. Ne t'en fait pas. Je vais bien. »
Harry sourit et dit : « Est-ce que je vais devoir rester comme ça toute la matinée, avant que tu me dises la vérité ? Rester accroupi n'est pas confortable longtemps. Quoi que ce soit qui te tracasse, c'est visiblement important pour toi, donc je ne pense pas que ce soit stupide. S'il te plaît, laisse-moi t'aider. »
Ginny soupira et dit : « Tu sais quel jour on est ? »
« Oui, le 29 mai, pourq... Oh. » Il se redressa, et mit ses mains sur les épaules de Ginny : « Tu veux en parler ici ou dehors ? »
Elle regarda le sol et dit : « Qu'est-ce qui te fait penser que je veux en parler ? Il y a un an, c'était la chambre, et je suis un peu, heu, peinée à ce propos. Je vais bien, vraiment. »
Il lui souleva gentiment la tête, et la regarda dans les yeux : « Tu crois vraiment me tromper ? Je veux t'aider, je t'aime. »
Elle sourit légèrement et concéda sa défaite : « Dehors. » Elle lui prit une main, se leva, et ils commencèrent à marcher en silence vers leur coin favori, près du lac. Une fois assis, elle commença : « J'ai refait un cauchemar à ce sujet. Cette fois, j'ai rêvé que je me réveillais dans la chambre pour trouver Jedusor vivant, et toi gisant mort à mes cotés. Il disait que comme il t'avait tué, il pouvait me garder vivante comme esclave. Je me suis réveillée à 3 heure, pleurant, et j'ai décidé de descendre. » Elle recommença à pleurer, et Harry la serra dans ses bras de longues minutes, pendant qu'elle pleurait sur son épaule. Harry lui donna le temps nécessaire. Quand enfin elle se redressa, elle le regarda dans les yeux et dit : « Heu, j'ai une demande étrange à te faire. »
« Tout ce que tu veux. »
Elle paraissait extrêmement nerveuse en disant : « Hé bien, j'aimerais que tu, heu, vienne avec moi dans la chambre des secrets. Je pense que revoir cet endroit m'aidera à en finir avec cette histoire. »
Harry ne savait pas quoi faire. « Heu, tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? »
Les yeux de Ginny prirent l'air déterminé que Harry connaissait bien, et elle dit sur un ton de défi : « J'y vais. Si je le dois, j'irais seule, mais je préférerais être avec toi. »
Harry sut qu'il ne la ferait pas changer d'avis, et il ne voulait clairement pas qu'elle descende là-bas seule, donc il accepta sa victoire : « Quand veux-tu y aller ? »
« Maintenant », dit Ginny, avec un sourire triomphant.
« Nous devrions d'abord aller chercher mon éclair de feu, de manière à pouvoir le monter pour sortir de là. »
Ils retournèrent à la tour Gryffondor, prirent le balais de Harry, et allèrent dans les toilettes de Mimi Geignarde. Heureusement, elle ne semblait pas être présente. Harry se dirigea vers le bon robinet, et demanda : « Tu es sure que tu veux le faire ? »
Au lieu de répondre, Ginny dit : « Ouvre toi » en fourchelanque, et le lavabo tourna, révélant l'entrée. Ginny sauta dedans immédiatement, et Harry la suivit rapidement, tenant fermement son éclair de feu.
Après avoir descendu le toboggan sombre et visqueux, les deux se remirent debout, et Ginny prit la main de Harry. Harry mit son balais sur son épaule, sortit sa baguette, et dit : « Lumos », le faisant s'allumer. Ginny l'imita immédiatement, doublant la lumière dans la pièce. Ils avancèrent, leurs pas résonnant lourdement sur le sol humide. Le tunnel dans lequel ils se trouvaient était aussi sombre que dans le souvenir que Harry en gardait, et quand le son de leurs pas se transforma en craquements, Harry ne fut pas surpris.
Ginny dit : « Heu. J'avais oublié les os par terre. »
Harry raffermit sa prise sur sa main: « Il n'y a plus rien ici qui puisse te faire du mal. Il eut une idée : « Si tu veux, Ginny, nous pouvons monter sur le balais plutôt que de piétiner ces os. »
« J'aimerais bien. »
Ils montèrent l'éclair de feu, Harry derrière Ginny, ses bras passés autour de sa taille. Elle tenait les deux baguettes allumées devant elle comme des phares. Ils passèrent vite les restes de peau de serpent, et l'effondrement causé par le Professeur Lockhart. Il y avait juste assez de place pour qu'ils passent au-dessus des rochers par terre que Ron avaient déblayés. Ginny dit : « Tu ne m'as jamais dit ce qui avait causé l'effondrement. » Après que Harry ait expliqué ce que Lockhart avait fait, elle dit : « Cet imposteur ! Ce sale lâche ! Ce salaud ! J'espère qu'il ne quittera jamais Sainte-Mangouste ! »
« Sainte-Mangouste ? » demanda Harry ?
« Oui. C'est l'hôpital où il a été envoyé. » dit Ginny. « Je pensais qu'il avait été blessé en essayant de m'aider. Je lui ai même envoyé des voeux de rétablissement. » Harry gloussa en entendant ça, et elle l'imita vite. Ils étaient encore en train de rire quand ils atteignirent le mur sur lequel deux serpents entrelacés étaient sculptés. Ginny siffla : « Ouvre-toi » dans le langage que seuls elle, Harry et Voldemort parlaient. Les serpents se séparèrent, et le mur s'ouvrit dans un craquement, les deux moitiés glissant sans heurt hors de vue, et Harry et Ginny, toujours sur le balais, rentrèrent en volant.
Ils volèrent rapidement au-delà des piliers et arrivèrent à l'endroit où Harry avait trouvé Ginny un an auparavant. Ils descendirent du balais, et Ginny rendit sa baguette à Harry.
Ginny s'agenouilla par terre, posant ses mains là où elle s'était réveillée un an plus tôt, et commença à trembler légèrement. « C'est, c'est l'endroit où tu m'as trouvée. » Des larmes coulaient maintenant de ses yeux. « Voici les restes du basilic » dit-elle en montrant le serpent puant et en décomposition.
« Huhu. Voici la dent que j'ai plantée dans le journal » dit Harry, prenant l'objet qu'il avait rejeté longtemps auparavant.
« La dent ? » demanda Ginny. Elle ne pleurait plus, et était maintenant curieuse.
« Oui » demanda Harry, confus, « Tu ne savais pas ? »
« Je ne sais rien de ce qui s'est pas ici avant que je me réveille. Si ça ne te dérange pas, pourrais-tu, s'il te plaît, me raconter ce qui s'est passé ici ? »
Harry haussa les épaules : « Je pense que je n'ai jamais du t'en parler, n'est-ce pas ? Je pense qu'il est temps. Tu seras peut-être déçu par ton héros après que je te l'ai dit. » Il lui raconta alors toute l'histoire, commençant au moment où il l'avait trouvée gisant face contre le sol, et finissant à son réveil. Il n'oublia rien.
Ginny resta silencieuse, écoutant intensément l'épreuve que Harry avait traversée pour elle. Finalement, elle parla : « Comment cela pourrait-il me décevoir ? Tu as vraiment été le brave héros terrassant le monstre pour sauver la demoiselle en détresse ! »
« J'ai surtout été chanceux que Fumseck vienne m'aider. Je ne sais même pas tenir une épée. J'ai été chanceux d'avoir le basilic. Et même ainsi, je serais mort si Fumseck ne m'avait pas soigné avec ses larmes. »
Ginny recommença à pleurer : « Je sais que je t'ai mis terriblement en danger, et j'en suis tellement désolée, mais tu as été génial ! Ne laisse personne dire le contraire. Combien de secondes années auraient essayé de me sauver alors que le professeur de défense se recroquevillait de peur ? Peux-tu imaginer Colin tuant le basilic ? Tu aimes à penser que tu es un enfant ordinaire, mais c'est faux. Si tu n'étais pas venu à Poudlard, je serais morte ici, et V, Voldemort serait revenu ce jour-là. »
Harry l'entoura à nouveau de ses bras : « Bien, de toutes façons, Voldemort n'est pas revenu, et Dieu merci personne n'est mort. » Quand elle s'arrêta à nouveau de pleurer, Harry dit : « Tu penses qu'on est restés là assez longtemps, ou tu veux rester encore un peu ? »
Elle sourit légèrement : « Je pense que j'ai assez vu cet endroit, mais je veux garder la dent. »
« Pourquoi ? » demanda Harry, clairement confus.
« Je veux la garder sur ma table de nuit, comme un rappel que Jedusor est mort, et que c'est l'arme qui l'a tué. » Elle prit la dent à Harry, et la mit dans sa poche. Ils montèrent sur le balais de Harry et volèrent hors de la chambre, ne descendant du balais que dans les toilettes, où ils trouvèrent Hermione, visiblement déprimée, parlant de la mort avec Mimi Geignarde. Le visage de Hermione s'alluma immédiatement en les voyant et Mimi partie frustrée. Ginny dit : « Hermione, que fais-tu là ? »
Hermione fronça les sourcils et dit : « Quand je ne vous ai trouvés nulle part ailleurs, et que j'ai réalisé à quelle date nous sommes, j'ai eu le sentiment que vous étiez venus dans la chambre. Je ne sais juste pas pourquoi vous voudriez y aller. J'aurais pensé que vous éviteriez cet endroit à tous prix. »
« L'éviter ne m'empêche pas d'y penser, mais y faire face me permettra de ne plus en avoir peur. Je pense que ça m'a aidé. J'ai dit à Harry que j'irais avec ou sans lui, donc naturellement, en bon héros qu'il est, il est venu avec moi. Je l'ai même convaincu de me raconter avec quelle bravoure il avait tué le basilic... »
« Je n'ai jamais dit... »
« ... A son humble façon, bien sur. Il semble obsédé par l'idée de prouver qu'il n'est pas un héros. » dit Hermione. Les deux filles gloussèrent quand le visage de Harry tourna au rouge. Hermione les regarda de haut en bas, et lança un sort de nettoyage sur les deux avant qu'ils ne quittent les toilettes.
Ils trouvèrent Ron dans la salle commune, jouant aux échecs avec un Neville visiblement frustré. Ron dit : « Ben, vous voilà les gars. Où étiez-vous toute la journée, vous vous cachiez dans un placard à balais pour vous embrasser ? Harry, pourquoi as-tu pris ton éclair de feu ? Si tu es allé voler, pourquoi ne m'as-tu pas invité ? »
Hermione roula des yeux et dit : « Ils voulaient juste passer un peu de temps ensemble, considérant quel jour on est. »
Ron dit : « Ha ouais. Aujourd'hui, c'est le lendemain de notre victoire dans la coupe de quidditch ! Je parie que vous vouliez le célébrer en privé. »
« C'est ça, Ron, » dit Ginny, montant dans sa chambre poser la dent du basilic.
« On ne peut rien te cacher », dit Harry. « Je vais ranger mon balais. »
