Note de l'auteur : Voici comme prévu le deuxième chapitre de Mourir demain, à peu près dans les temps ! ;-) Ce n'était pas facile à écrire et j'ai essayé de faire quelque chose de correct. :-) En revanche, je suis désolé mais vous allez devoir attendre un peu pour la suite, car je pars Mercredi et je ne reviens que début Octobre ! Je suis désolé, j'essaierai de me rattraper en rentrant ! :-p Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 2 : Après l'attaque
Il marchait. Il ne savait pas où. Il ne savait pas quand. Il ne savait pas pourquoi. Mais il marchait. Les arbres défilaient des deux côtés tandis qu'il poursuivait sa route sur le chemin caillouteux, filant à perte de vue. Tout était normal et étrange en même temps. Le monde entier semblait flou et net, sombre et clair, beau et repoussant, violent et calme. Les arbres se mêlaient au ciel et à la terre jusqu'à n'en plus pouvoir distinguer l'un de l'autre. La route semblait continuer, sinueuse, jusqu'à l'infini, jusqu'à se perdre dans le ciel. Mais soudain, il le vit, au loin, flamboyant et majestueux. Le château de Poudlard le contemplait tout comme il le contemplait. Et il brûlait. Du plus profond cachot à la plus haute tour, le château brûlait. Et il hurlait. Du plus profond cachot à la plus haute tour, le château hurlait. Tout restait cependant silencieux. Les hurlements, les flammes, tout était d'un calme olympien, reposant et affolant à la fois.
Il ne pouvait plus bouger. Il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait que contempler le spectacle qui s'offrait à lui, bouche bée, les yeux vitreux. Le feu était si majestueux... Il semblait si lointain et pourtant si proche Progressivement, il sentit la chaleur l'envahir à son tour, d'abord douce et réconfortante, avant de devenir brûlante et suffocante. Baissant les yeux vers ses mains, il poussa un hurlement inaudible, un cri déchirant et muet. Celles-ci étaient en train de brûler, du même feu qui consumait le château au loin et du même feu qui lui dévorait le corps entier. Il voyait sa peau rougir et fondre, liquéfiant son corps. Il s'effritait, tombait en morceaux, en lambeaux d'être humain. Se recroquevillant sur lui-même pour tenter de conserver ce qu'il restait de son être, il aperçut une ombre au-dessus de lui. Un grand visage blanc et maigre le dévisageait, l'air triomphal. Mais ce visage n'était pas humain. Son nez avait été remplacé par deux fentes et ses yeux brillaient d'un rouge vif... Il se pencha vers lui...
Harry se réveilla en sursaut, se redressant d'un coup sec sur son lit et prenant une grande bouffée d'air. Mais la réalité le rattrapa rapidement et tous ses muscles se mirent à crier au supplice. La nausée montant également rapidement et dangereusement, il retomba sur son oreiller presque aussi vite qu'il l'avait quitté. Il ouvrit enfin lentement les yeux.
- Harry !
"Cette voix..."
Tout était flou autour de lui, et la tête lui tournait trop rapidement pour qu'il puisse faire le moindre mouvement brusque ou réfléchir. Il ne distinguait pas grand chose de l'endroit dans lequel il se trouvait. Il ne se souvenait plus d'ailleurs de la manière dont il y était entré. La pièce semblait brillamment éclairée et il ne pouvait ouvrir les yeux en grand sous peine d'être ébloui. Lentement, précautionneusement, il entreprit de tourner la tête sur le côté. Les formes devenaient plus nettes, mais il ne discernait encore rien de fixe ni reconnaissable. Il aperçut une ombre s'approchant de lui. Il amorça un geste de recul, encore sous le choc de son cauchemar, mais l'ombre lui passa une main derrière la tête et le força à boire une potion, lui murmurant :
- Buvez. Vous avez besoin de repos à présent.
Les Ténèbres reprirent alors possession de lui, et il sombra dans un sommeil sans rêves.
Lorsqu'il se réveilla une nouvelle fois, les idées et pensées se mirent en place plus rapidement dans sa tête. Il commençait à se souvenir. La réunion au Ministère, l'attaque des Mangemorts, Maugrey... Il ouvrit lentement les yeux. Il se trouvait dans une petite pièce aux murs blancs, sans fenêtres, mais pourvut d'une luminosité importante semblant venir du plafond entier. Tournant la tête, il rencontra une personne qu'il devait connaître, mais dont il avait du mal à se souvenir du nom.
- Harry, mon chéri !
La petite femme rousse qui se trouvait dans la pièce sauta de sa chaise pour se jeter au chevet de Harry.
- Mrs Weasley, parvint à articuler Harry d'une voix faible et pâteuse.
- Ne dis rien, économise tes forces.
De sa baguette magique, elle tapota le mur et presque instantanément un homme d'une cinquantaine d'années vêtu d'une grande blouse blanche entra dans la pièce.
- Ah ! Mr Potter ! s'exclama-t-il. Vous voilà enfin sur pied. Vous avez beaucoup de chance d'être ici, vous savez.
- Je... Où suis-je ? demanda Harry.
- Vous êtes à l'Hôpital Sainte-Mangouste. On vous a amené ici juste après votre agression.
- Mon agression... Que s'est-il passé ? Où est le Professeur Maugrey ?
Les idées redevenaient plus claires tout d'un coup et Harry voulut savoir ce qui s'était passé.
- Je suis désolé mais je ne peux pas vous répondre. Je vais prévenir Mr Dumbledore de votre réveil, il viendra probablement vous rendre visite. Mais d'abord je dois contrôler votre état de santé général. Comment vous sentez-vous ?
Harry sembla presque surprit par la question. Il voulait avoir des nouvelles de Maugrey, celui-ci avait sans doute subit des blessures plus importantes que lui. Lui n'avait du rester inconscient que quelques heures, mais Maugrey ? Son état était-il trop grave pour que le médecin veuille le lui dire ?
- Je vais bien, répondit-il machinalement.
Mais en essayant de lever le bras pour repousser une mèche de cheveux qui lui était tombée devant les yeux, il sentit une vive douleur dans ses muscles et poussa un léger gémissement.
- Hum... Apparemment ça ne va pas si bien que cela.
Le médecin sortit sa baguette magique et s'approcha d'Harry. Il la pointa sur son bras en prononçant une formule magique. Le bras d'Harry se colora alors en rouge durant quelques secondes avant de redevenir normal. Il effectua les mêmes opérations sur diverses parties du corps d'Harry, articulations, muscles, os, durant plusieurs minutes, et celui-ci se sentit un peu gêné d'être ausculté comme cela.
Mais le médecin se redressa enfin et Harry attendit le verdict.
- Bien, vos douleurs ne sont dues qu'à des courbatures, suite à votre accident et votre réveil un peu brutal. Tout cela devrait disparaître d'ici un jour ou deux. Concernant le sortilège que vous avez reçu, vous ne vous souviendriez pas par hasard de son nom ou d'un information le concernant ? Car lors de nos analyses nous n'avons rien trouvé de particulier qui ait justifié un coma si long.
- Un coma ? J'ai été dans le coma ? Combien de temps ?
Harry avait du mal à le croire, pour lui il ne s'était écoulé que quelques heures entre le moment où il était tombé et celui-ci où il s'était réveillé ici. D'ailleurs, comment était-il arrivé ici ? Qui l'y avait emmené ? Comment se faisait-il qu'il ne soit pas mort ou prisonnier de Voldemort ? Maugrey avait-il pu les sortir de là ?
- Près d'une semaine, répondit le Médicomage, faisant légèrement sursauter Harry, perdu dans ses pensées. Or aucun sortilège connu ne provoque un traumatisme comme celui-ci sans laisser de traces physiques. Vous devriez être mort ou alors être resté en bonne santé.
Harry trouva que "sans laisser de traces physiques" était un petit peu exagéré, étant donné que chacun de ses muscles le lançait dès qu'il essayait de faire un geste. Même respirer était douloureux.
- Je... ne me souviens plus, avoua Harry.
- Je vois. Nous allons poursuivre nos recherches. Nous vous gardons en observation encore quelques jours puis vous pourrez rejoindre votre école.
- Quelques jours ? s'écria Harry, épouvanté. Je ne peux pas sortir aujourd'hui ?
- Jeune homme, vous avez subit un très grave traumatisme, nous ne pouvons pas vous laisser partir comme cela, il y a peut-être des effets secondaires. De toute façon, vous ne pouvez même pas marcher. Bien, sur ce, je vous laisse. Si vous avez besoin de quelque chose, appelez une infirmière.
Harry regarda sortir le médecin, l'air un peu incrédule. Il ne pouvait pas marcher ? C'est ce qu'on allait voir. Il commença à rejeter son drap pour pouvoir sortir de son lit, mais Mrs Weasley, qui était restée silencieuse durant le conversation avec le Médicomage, lui prit le bras.
- Harry, ce n'est pas une bonne idée, tu as entendu le médecin, lui dit-elle gentiment.
Mais il ne l'écouta pas. Pourquoi serait-il obligé de rester dans ce lit d'hôpital, alors qu'il allait très bien. Au prix de grands et lents efforts, il parvint à se redresser et à s'asseoir sur le bord de son lit. Il avait mal partout, mais il tenta tout de même de se lever, en s'appuyant sur ce qu'il pouvait. Mais à peine s'était-il mis debout que ses jambes le trahirent et il s'effondra, vidé de toutes forces. Mrs Weasley se pencha sur lui pour l'aider à se relever au moment où Albus Dumbledore entrait dans la chambre. Harry leva les yeux vers lui. Son visage était grave et ses yeux ne pétillaient presque plus. Il semblait vieillir de jour en jour depuis le mois de Juin...
- Bonjour Harry, lui dit-il en l'aidant à son tour à se recoucher dans le lit. Je vois que tu as l'air d'aller mieux.
Il aurait bien voulu lui dire de le laisser par terre, qu'il allait arriver à se lever, mais l'épuisement eut raison de lui et il ne put que murmurer un son inaudible s'apparentant à un "bonjour".
- Comment tu te sens ?
- Ca peut aller, répondit Harry en détournant légèrement les yeux.
Puis, n'y tenant plus, il demanda :
- Professeur, qu'est-ce qui s'est passé ? Je... J'étais avec le Professeur Maugrey et les Mangemorts nous ont attaqués. Il est tombé et quand j'ai voulu le rejoindre, j'ai aussi été touché. Que s'est-il passé ensuite ?
Dumbledore le dévisagea attentivement et longuement, l'air sombre, le regard triste, regard qu'Harry soutint. Enfin, il se lança :
- Quand j'ai appris que vous reviendrez à pied depuis le village de Pré-au-Lard, j'ai envoyé Fumseck à votre rencontre, car je me doutais qu'il serait facile de vous agresser sur le chemin du retour. Et c'est ce qui s'est passé. Fumseck vous a aperçu, luttant contre les Mangemorts. Il est instantanément revenu me chercher et je suis venu aussi vite que j'ai pu. Mais les Mages noirs se sont enfuis en m'apercevant, je n'ai pas réussi à les arrêter. Les professeurs Flitwick, McGonagall et Rogue sont arrivés juste après. Voyant que vos blessures étaient trop graves pour que Mrs Pomfresh s'en occupe seule, je vous ai amené, toi et le Professeur Maugrey, ici, à Sainte-Mangouste. C'était il y a 6 jours.
- Et le Professeur Maugrey ? l'interrompit Harry, inquiet.
Le visage de Dumbledore se fit plus sombre encore.
- Il a reçu de très puissants et très violents sortilèges. Il est dans un état très grave, mais je suis sûr qu'il s'en sortira. Il est au Département des Blessures Magiques Graves.
Un sentiment de culpabilité envahit Harry, lui compressant l'estomac. Une fois de plus, des gens souffraient à cause de lui. Maugrey s'était battu pour le sauver, et maintenant il était coincé entre la vie et la mort.
- Harry, dit doucement Dumbledore, comprenant ses pensées. Ce qui est arrivé n'est nullement ta faute, Voldemort et de ses Mangemorts sont les seuls responsables, tu n'as rien à te reprocher.
Il leva les yeux vers son directeur. C'était facile pour lui de dire, il n'était pas là quand c'est arrivé. Il est toujours le sauveur de tout le monde, il n'a jamais rien à se reprocher, pensa amèrement Harry, avant de se demander pourquoi il avait toujours des pensées aussi dures envers son protecteur. Peut-être parce que justement il ne voulait plus de protecteur. Il voulait enfin pouvoir vivre sa vie. "Oui mais sans Dumbledore, ta vie aurait pu très vite s'arrêter" lui murmura une petite voix désagréable dans sa tête.
- Professeur... Merci.
- N'en parlons plus Harry, veux-tu ? Tout ce qui compte maintenant, c'est que tu ailles bien et que tu te rétablisses le plus vite possible. Tu devrais pouvoir reprendre les cours d'ici 3 à 4 jours. Ron et Hermione ne peuvent malheureusement pas venir te rendre visite, nous sommes Mercredi et le trajet jusqu'ici est trop long pour qu'ils viennent te voir un soir, mais je les tiendrai au courant de ton état.
Le vieux sorcier le dévisagea, attendant une réaction de sa part. Mais Harry n'était pas décidé à discuter davantage. Il se sentait épuisé et n'était plus en état de réfléchir. Il voulait juste que Dumbledore le laisse tranquille.
- Entendu, se contenta-t-il de répondre.
- A bientôt Harry, conclut le directeur en sortant de la pièce.
Regardant son "protecteur" quitter la pièce, Harry se sentit soudain très las.
- Je resterai près de toi tant que tu seras ici, lui murmura la voix de Mrs Weasley, tandis qu'Harry s'installait le plus confortablement possible dans son lit.
Il sentait le sommeil le gagner, ne pensant plus qu'à une seule chose : Sortir d'ici le plus vite possible.
Le Dimanche suivant, après avoir passé une série d'examens particulièrement rébarbative, bien qu'indolore –c'est au moins ça, songea-t-il-, Harry put quitter l'hôpital grâce à un Portoloin spécialement affrété pour le ramener devant l'entrée de Poudlard. Personne n'avait voulu reprendre le risque de le laisser se faire agresser à nouveau. Le professeur McGonagall fut son accompagnateur pour ce voyage de retour et Harry trouva qu'elle se montra particulièrement attentionné avec lui, ce qui une fois de plus l'agaçait. Il se sentait bien, il n'avait vraiment pas besoin qu'on le prenne en pitié. Ses courbatures et sa nausée avaient disparu, il pouvait marcher normalement et semblait ne garder aucune séquelle de son agression. Durant le trajet, il tenta malgré tout d'avoir des nouvelles de Maugrey, mais McGonagall se borna à lui dire que son état était "stationnaire". Finalement il ne fut pas mécontent de pouvoir enfin rejoindre sa salle commune, sa vraie maison.
Rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Les magnifiques tapisseries rouge et or, frappées d'un majestueux lion, ornaient les murs de pierres grises, tandis qu'au sol des tapis similaires recouvraient le marbre blanc et froid, donnant une réconfortante impression de chaleur, impression renforcée par le doux feu de cheminée qui brûlait tranquillement dans l'âtre. Les imposants et moelleux canapés ainsi que la grande table qui meublaient la pièce apportaient la dernière touche à une décoration de particulièrement bon goût –pour un Gryffondor, bien sûr, car nul doute qu'un Serpentard ne s'y serait pas senti à l'aise du tout !
Se sentant enfin chez lui, Harry commença à entrer dans la salle avant d'entendre un cri perçant et de voir Hermione jaillir de sa chaise, où elle travaillait avec Ron, pour venir sauter sur Harry.
- Harry, tu es revenu !!! Tu vas bien ? lui demanda-t-elle tandis qu'elle lui écrasait les côtes en le serrant un peu trop fort dans ses bras.
- Ca va bien Hermione, merci, articula-t-il difficilement.
Il parvint à se desserrer de l'étreinte de la jeune fille et salua Ron. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit d'autre, Hermione lança, la voix un peu tremblante :
- On a eu très peur pour toi Harry, quand on a su ce qui s'était passé. Quand McGonagall est venue nous voir, j'ai tout de suite su qu'il s'était passé quelque chose d'horrible.
Harry tenta d'adopter un sourire rassurant.
- Je vais bien je t'assure, je n'ai gardé aucune trace de ce qui s'est passé.
- Dumbledore n'a pas voulu nous laisser venir, poursuivit Ron. Il ne voulait pas qu'on loupe des cours pour aller te voir, pourtant on a bien tenté d'ensorceler un livre pour le transformer en Portoloin, mais même Hermione ne s'y connaît pas assez pour y arriver...
Hermione rougit légèrement mais Harry se sentait touché par l'inquiétude que lui avaient porté ses amis.
- Bon, dit-il tandis qu'un silence un peu gênant s'installait entre eux. Alors que s'est-il passé durant mon absence ? J'ai loupé des trucs ?
- Non, rien de spécial, c'est toujours la routine habituelle, répondit Ron alors qu'ils s'avançaient vers la table où ils travaillaient avant l'arrivée d'Harry. McGonagall est toujours aussi exigeante, Flitwick aussi intéressant, Rogue aussi désagréable, peut-être un peu moins malgré tout quand tu n'es pas là.
Il avait lancé un léger sourire à Harry en attendant de voir sa réaction, mais celui-ci se contenta de se renfrogner, les mains dans les poches.
- Quant à McLagan, et bien, c'est toujours pareil. Je crois qu'on a enfin réussi à avoir un prof de DCFM normal, pas peureux comme Quirell, cinglé comme Lockhart, excellent comme Lupin, parano comme Fol Œil et complètement ravagé comme Ombrage ! Lui, il nous fait des cours NORMAUX ! Mais je me fais pas trop d'illusion, il va bien lui arriver un truc bizarre...
- Ron ! s'indigna Hermione.
Harry sourit en voyant ses deux amis recommencer à se chamailler comme à leur habitude. Oui, décidément, tout était redevenu normal...
Le reprise des cours le lendemain et l'attention que tous lui portaient fut un peu agaçante pour Harry. Tout le monde voulait savoir pourquoi il était resté absent de l'école plus d'une semaine, et évidemment, personne ne croyait Ron et Hermione quand ils disaient qu'il était simplement malade. Mais Harry y était habitué, depuis le temps qu'il était le principal centre d'intérêt de l'école, et au bout d'une matinée, il n'y prêta plus attention, se bornant à dire qu'il était bel et bien tombé malade. De toute façon, avec tous les cours et devoirs en retard qu'il avait à rattraper, il allait passer une semaine difficile, s'imaginant déjà travailler jusqu'à minuit pour arriver à tout faire.
C'est sur ces sombres pensées qu'il pénétra dans le cachot de Rogue le Lundi après-midi, prêt à retrouver les sarcasmes de son professeur adoré. En entrant dans la salle, Harry croisa son regard et retrouva la lueur malfaisante qui l'habitait dès qu'il posait le regard sur lui. Mais à la grande surprise de ce dernier, qui s'attendait à une série d'attaques cyniques, Rogue ne fit pas du tout mention durant l'heure de cours à son absence. Il se contenta de lui retirer 10 points pour ne pas lui avoir rendu le devoir demandé le Jeudi précédent mais n'insista pas davantage. Trop heureux de s'en sortir à si bon compte, Harry ne se fit pas prier et quitta rapidement le cachot à la fin du cours.
En y repensant sur le chemin qui menait au cours de sortilèges, Harry se dit que Rogue devait forcément être au courant de l'attaque, étant membre de l'Ordre du Phénix.
"Et dans sa grande mansuétude, il a décidé de ne pas s'en prendre à moi pour une fois" conclut sombrement Harry.
Dans un mélange de colère et de résignation, les mains dans les poches de sa robe, il commença à suivre les autres élèves, mais s'arrêta rapidement. Il pris alors un raccourci qui le mènerait plus rapidement en classe de sortilège et lui éviterait ainsi d'avoir à bavarder avec ses camarades de classe. Mais au détour d'un couloir, Harry tomba nez à nez avec Draco Malefoy. Pour une fois, celui-ci n'était pas accompagné de ses deux acolytes Crabble et Goyle –ils ne devaient pas avoir les mêmes options, songea Harry.
Malefoy semblait grandir sans pour autant changer : ses cheveux blonds étaient toujours coiffés de la même manière que 5 ans auparavant, sa peau pâle et ses yeux clairs reflétaient toujours le même regard de mépris dans presque tout ce qu'il voyait et son air suffisant le rendait toujours aussi insupportable, si ce n'était plus.
Les deux jeunes sorciers se dévisagèrent quelques secondes, à deux pas l'un de l'autre, incertain de l'attitude à adopter. Ils se trouvaient dans un passage secret, à l'écart des couloirs fréquemment empruntés par les élèves, et personne ne pourrait les entendre si l'un attaquait l'autre. Harry tenait sa baguette serrée dans sa robe de sorcier, dévisageant Malefoy, et il savait que celui-ci faisait la même chose. Ce fut finalement Malefoy qui rompit le silence.
- Dégage de mon chemin Potter ! lança-t-il de son habituelle voix traînante.
- Va te faire voir Malefoy, répliqua Harry.
- Hey, respect Potter, sinon tu risques de ne pas revenir aussi facilement la prochaine fois.
- Qu'est ce que tu veux dire ? demanda Harry, interloqué.
- Allons Potter, ne joue pas à ça avec moi, je sais très bien pourquoi tu étais absent pendant tout ce temps. Il paraît que tu as fait un voyage assez mouvementé...
Harry sentit ses traits se crisper. Bien que son père soit en prison, il devait sûrement avoir été informé de l'attaque des Mangemorts. Il tenta de résister à l'envie de frapper son vis-à-vis le plus fort possible pour qu'il puisse endurer tout ce qu'il avait souffert depuis quelques mois. Reprenant sa respiration lentement, il répliqua froidement :
- Il paraît. En tout cas, une chose est sûre, ton père n'y était pas.
Cette fois, ce furent les traits de Malefoy qui se crispèrent.
- Et tu n'étais pas seul, à ce qu'on dit, reprit celui-ci. Qu'est-il advenu de ce pauvre fou qui t'accompagnait ? J'espère qu'il va bien, ajouta-t-il ironiquement.
Dans un ultime élan de concentration, Harry parvint à ne pas sauter au cou de Malefoy et se contenta de faire un pas vers lui, les poings serrés, la respiration s'accélérant. Malefoy amorça un léger pas de recul.
- Et bien alors Malefoy, tu fais moins le fier quand tes deux gorilles ne sont pas prêts de toi. Aurais-tu peur de moi ?
Malefoy tressaillit faiblement mais conserva son air méprisant et arrogant.
- Je n'aurais jamais peur de toi Potter. Je ne suis pas un trouillard comme toi et tes "amis", ou ton stupide parrain, répliqua-t-il.
Il toisa Harry du regard, mais il venait de prononcer la phrase de trop. Harry se jeta presque instantanément sur lui, la main sur sa gorge, l'autre maintenant son bras pour l'empêcher de sortir sa baguette, et il le plaqua violemment contre le mur. Craquant totalement, il se mit à hurler :
- POURQUOI MALEFOY ? POURQUOI EST-CE QUE CA SE PASSE TOUJOURS COMME CA ?
Malefoy restait bloqué entre Harry et le mur, à moitié tétanisé, essayant de sortir sa baguette magique. Les nerfs d'Harry étaient en train de lâcher, mais tout ceci n'avait plus d'importance. Il resserra sont emprise sur le Serpentard.
- Depuis le premier jour Malefoy, depuis le premier jour à Poudlard tu as toujours cherché à me battre, me ridiculiser, me mettre à tes genoux. Je ne te connaissais pas, mais tu m'as toujours haït sans jamais me dire pourquoi. Mais maintenant je sais, je sais pourquoi !
Ses yeux brillaient d'une petite lueur démente, mais il ne relâcha sa poigne pour autant. La respiration saccadée, tout deux se regardaient à présent. Malefoy n'osait pas bouger, et de toute façon, Harry le maintenait si fermement qu'il aurait eu du mal à faire le moindre mouvement.
- Tu sais ce que je devrais faire, Malefoy ? reprit Harry après s'être légèrement calmé. Je devrais relever ta manche et regarder si je trouve la Marque des Ténèbres sur ton bras. Au moins, on serait fixé une bonne fois pour toute. Il ne resterait plus qu'à aller voir Dumbledore.
Les yeux de Malefoy étincelèrent en entendant ces paroles. Pour la première fois depuis que Harry l'avait empoigné, il parla :
- Tu es du mauvais côté Potter, comme tes parents. Eux aussi n'avaient pas compris où était leur place.
Le poing contracté d'Harry vint alors s'écraser dans le ventre de Malefoy qui se plia en deux et s'écroula sur le sol sous l'impact, tentant de reprendre son souffle malgré la douleur. Harry le regardait, les traits crispés par la rage, une rage envers son pire ennemi contenue depuis 6 ans qui éclatait à présent, avec toute la rancœur qu'il pouvait éprouver. Mais Malefoy semblait éprouver la même chose envers Harry, et avant que celui-ci ait pu faire le moindre geste, il se jeta sur lui, le plaquant au sol.
Les baguettes magiques ne pouvaient plus exprimer toute la haine que l'un et l'autre se vouaient, et seule la force et le sang pouvaient à présent les départager.
Harry ressentit une vive douleur au niveau de la mâchoire lorsque le poing du Serpentard s'y écrasa et fit voler ses lunettes. Coller l'un à l'autre, obnubilés par la colère, la douleur et la haine, Harry lança violemment sa tête en avant, jusqu'à ce qu'elle vienne percuter le nez de Malefoy, qui laissa échapper une longue gerbe de sang. Le blond roula alors de côté, se tenant le nez d'une main, tandis que son adversaire se relevait péniblement. Celui-ci se rejeta presque aussitôt sur lui, malgré la vue brouillée par l'absence de ses lunettes, plaquant de nouveau ce dernier contre le mur le plus proche. Mais cette fois, l'apprenti Mage noir avait anticipé l'attaque et il décocha un puissant coup de genoux dans le bas-ventre du balafré, qui s'écroula presque instantanément par terre.
Le nez toujours ruisselant de sang, Draco Malefoy contourna le corps prostré de son adversaire pour aller ramasser son sac, qu'il jeta sur son épaule.
- Désolé Potter, lança-t-il, haletant. Maintenant, tu ne pourras plus satisfaire toutes les filles de ton fan-club pendant un petit moment, toutes celles qui te croient et te trouvent si craquant.
La main collée à son nez, le regard et le visage hargneux, il cracha sur Harry.
- Tu es un perdant Potter, tu l'as toujours été et tu le resteras toujours.
Puis il partit en courant aussi vite que ses membres endoloris par le combat le lui permettaient, laissant son ennemi juré seul sur le sol.
Harry se pouvait plus bouger. Plié en deux sur le marbre froid du château, pensant qu'il ne pourrait jamais plus se tenir droit, il tenta de se calmer pour apaiser sa douleur. Au bout de quelques secondes, il parvint à se mettre à genoux et chercha à tâtons ses lunettes. Enfin, après les avoir retrouvées, il se releva lentement, toujours légèrement courbé et s'appuyant sur le mur pour se maintenir debout.
Ayant à peu près récupérer des coups que Malefoy lui avait portés, il s'apprêta à ramasser son sac lorsqu'il fut soudainement pris de violents spasmes. Rejetant la tête en arrière, tremblant de tous ses membres, il chercha un appui mais ne trouva rien et tomba douloureusement sur le dos. La douleur le submergeant mais une force invisible l'empêchant de respirer et de crier, il fut encore secoué par quelques spasmes avant de sombrer dans l'inconscience...
TBC...
P.S.: Et merci beaucoup pour vos reviews, vous savez que ça fait toujours plaisir ! ;-)
