Disclamer : Plus besoin de le faire, je l'ai fait dans le premier chapitre, c'est valable pour toute la fic ! :-p

Note de l'auteur : Comme prévu, avec quelques jours de retard, voici cette troisième partie qui reprend là où s'était arrêté la deuxième (dingue, non ?). C'est une partie de transition, assez difficile et longue à écrire, mais la suite devrait aller toute seule ! ;-)

Enjoy !


Chapitre 3 : Une vie ordinaire ?

- Harry Potter ! Oh Merlin ! Harry Potter, vous allez bien ?

Harry entrouvrit laborieusement les yeux pour voir un visage triangulaire, pourvu de larges et longues oreilles recouvertes d'innombrables vêtements de toute sorte, le fixant de ses immenses yeux verts, presque collé contre son visage. Il eut un sursaut de surprise et voulut reculer, mais il était déjà allongé sur le sol.

- Dobby ! articula-t-il.

L'elfe de maison s'écarta légèrement, aidant Harry à se remettre debout. La tête lui tournait horriblement et il sentit la nausée l'envahir. Il plaqua une main contre son front, comme si ce simple geste aurait pu faire disparaître la migraine qui s'installait, et s'appuya de son autre main contre le mur pour ne pas tomber.

- Harry Potter est malade ? s'inquiéta Dobby. Ne bougez pas Harry Potter, Dobby sait ce qu'il vous faut.

Avant qu'Harry ait pu faire le moindre geste pour l'empêcher d'aller chercher quelque chose qui le rendrait peut-être encore plus malade qu'il ne l'était déjà, la petite créature disparut dans un petit nuage de fumée, accompagné d'un "POF", caractéristique d'un transplanage elfique.

Se retrouvant seul, Harry tenta de se rappeler de ce qu'il s'était passé. La rencontre avec Malefoy, leur bagarre, et puis... le trou noir. Il se souvenait juste être tombé. Se pouvait-il que les coups que le Serpentard lui ait porté aient été si puissants ? Le souvenir de cette cuisante défaite le fit bouillonner intérieurement. Il s'était laissé aveugler par la rage et s'était fait lamentablement battre. Et bien qu'il doutait sincèrement que le Serpentard en parle à quiconque, il ne put s'empêcher d'avoir un terrible sentiment d'humiliation.

Chassant ces pensées, il s'avança dans le couloir secret pour aller ramasser son sac mais la migraine reprit de plus belle. Pas à pas il progressa lentement, gardant toujours une main appuyée sur le mur pour prévenir tout nouveau malaise. Il s'arrêta soudain, en proie à un affreux doute : combien de temps était-il resté inconscient ? Les torches magiquement étaient toujours allumées, mais le couloir secret dans lequel il se trouvait ne possédait pas de fenêtre et il n'avait pas prit sa montre. Se pouvait-il qu'il ait manqué plusieurs heures de cours ? Il pourrait rattraper un cours de sortilège, mais le professeur McGonagall serait beaucoup moins indulgente s'il ne s'était pas présenté au cours de Métamorphose.

Un nouveau "POF" retentit et Dobby apparut à l'endroit précis où il s'était volatilisé. Il portait dans sa main une petite tasse, qui semblait être remplie d'un chocolat chaud légèrement fumant. Son visage rayonnait.

- Tenez, buvez ça Harry Potter, s'exclama l'elfe en lui fourrant la tasse dans les mains. Vous irez beaucoup mieux après.

Harry se demandait s'il était bon de faire confiance à Dobby à propos de sa santé –les dernières fois que l'elfe avait voulu l'aider, il avait eu le bras cassé et avait failli être renvoyé- mais il repensa à la Branchiflore que Dobby lui avait fourni en 4ème année et se risqua à boire une gorgée du liquide marron.

A peine avait-il trempé ses lèvres dans le liquide que celui-ci se mit à bouillonner et s'évaporer, rentrant par la bouche et les narines d'Harry, qui n'eut pas le temps de réagir. Il sentit le liquide à présent gazeux circuler dans tout son organisme de ses pieds au bout de ses cheveux, et presque instantanément une douce et agréable chaleur l'envahit. Son corps sembla se réchauffer de quelques degrés et il lui sembla que tout ses soucis s'évaporaient en même temps. Toutes les douleurs, courbatures et crispations qui ponctuaient habituellement tout corps disparurent et il se retrouva dans un euphorique état de bien-être. Tout allait pour le mieux du monde, la vie était belle et il avait envie de courir dans l'herbe fraîche du parc du château afin de crier et d'exprimer son bonheur et sa joie de vivre.

Puis tout s'arrêta aussi rapidement que ça avait commencé. Ses joyeuses pensées s'envolèrent en même qu'il semblait redescendre sur Terre, sentant toutes ces sensations désagréables qui envahissent le corps humain, du petit étirement musculaire à la dernière griffure encore douloureuse, reprendre possession de lui. En rouvrant les yeux il se sentit tout à fait stupide d'avoir pu penser, trente secondes auparavant, aller crier sa joie de vivre à tous ceux qu'il rencontrerait. Il se sentait aussi mal qu'avant de boire la potion. Enfin, presque aussi mal. Sa migraine et sa nausée avaient disparu, ainsi qu'une partie des coups que Malefoy lui avait porté.

Il baissa les yeux vers Dobby qui le fixa d'un air légèrement inquiet, ses oreilles retombant sur sa tête.

- Est-ce que... Harry Potter va mieux ? risqua l'elfe.

- Je... oui. Merci Dobby, répondit Harry, avant de se souvenir : Dobby ! Quel heure est-il ?

- 15h23 Monsieur.

C'était donc la récréation. Il avait manqué une heure de cours, celle du Professeur Flitwick. Il devrait arriver sans trop de mal à se justifier auprès de lui. Mais il lui fallait à présent rejoindre Hermione et Ron avant qu'ils se s'inquiètent trop et ne donnent l'alerte de sa disparition.

Remerciant l'elfe qui parut au comble du bonheur, Harry sortit du couloir secret et se dirigea vers la cour. Mais à peine arrivé dans le grand hall, il aperçut ses deux amis qui lui foncèrent littéralement dessus.

- Harry ! s'écria Hermione en arrivant à sa hauteur, légèrement essoufflée. Où étais-tu ? On t'a cherché partout ! Pourquoi tu n'es pas venu au cours de Sortilège ?

- Je... j'ai quelque chose à vous dire, répondit-il en jetant des regards aux alentours. Mais venez dans un endroit moins fréquenté...


Quatre jours plus tard, le Vendredi matin, Harry avait à peu près récupéré la semaine de cours qu'il avait manqué, pour cause d'alitement à Sainte-Mangouste. Travaillant d'arrache-pied jusqu'au milieu de la nuit, il avait même réussi à rendre les devoirs en retard de Potion, empêchant Rogue de lui retirer de nouveaux points. Il était épuisé et n'avait qu'une hâte : voir le week-end arriver ! Il lui restait encore le cours d'Histoire de la Magie à rattraper, mais, étrangement, il se sentait beaucoup moins motivé à l'idée de recopier les cours sur Herpo le Fou, grec de l'antiquité et inventeur du Basilic.

Il avait raconté à Ron et Hermione son évanouissement dans le couloir secret, mais sans mentionner évidemment son altercation avec Malefoy. Il n'avait aucune envie que quelqu'un d'autre que lui et le Serpentard soit au courant de cette histoire. Il était déjà assez difficile comme ça de supporter les sarcasmes de la Maison de Rogue, même si certains d'entre eux s'étaient légèrement calmés depuis la rentrée.

Ses amis s'étaient comme prévus inquiétés de cet évanouissement soudain et avaient tout de suite fait le rapprochement avec l'attaque qu'il avait subi. Harry y avait bien sûr songé, mais cela lui semblait relativement peu probable. Il était plus raisonnable de penser que cela était du à son lien particulier avec Voldemort. Bien qu'il pratiquait l'occlumencie sérieusement avec Dumbledore depuis le début de l'année -à présent que Voldemort connaissait le lien les unissant, il n'était plus nécessaire de passer par un intermédiaire-, il était fort possible que le Seigneur des Ténèbres ait réussi à percer ses défenses psychiques.

Ron et Hermione lui avaient conseillé d'aller voir Mrs Pomfresh. Comme si elle pouvait faire quelque chose pour l'aider ! Harry avait bien entendu refusé et méprisé cette idée, mais au fur et à mesure que les jours passaient, il se disait qu'il lui faudrait peut-être s'y rendre, au moins pour demander à l'infirmière des potions revigorantes pour lui éviter de mourir de fatigue.

Toujours était-il qu'à la fin du double cours d'Histoire de la Magie sur l'introduction frauduleuse de dragons en Grande-Bretagne au XIIème siècle, en fin de matinée, Harry cru qu'on pouvait réellement mourir d'ennui et de fatigue. Les yeux à peine entr'ouvert il marchait comme un demi zombie dans les couloirs du château, suivant inconsciemment Ron et Hermione jusqu'à la grande salle pour prendre le déjeuner.

- Tu as vu la tête de Crabble quand McGonagall l'a surpris en train d'essayer de lancer un sort à Colin ? lança Ron d'un air malicieux. On aurait dit qu'il comprenait rien du tout à ce qu'il se passait !

- Oui, il souriait bêtement, cachant sa baguette magique dans son dos. Comme s'il avait pu tromper McGonagall ! 30 points en moins pour Serpentard, c'est quand même un peu sévère, non ?

- HERMIONE ! s'épouvanta Ron. Comment peux-tu défendre Crabble ???!!! C'est 100 points en moins qu'Harry aurait eu s'il avait voulu faire la même chose en se faisant prendre par Rogue ! N'est-ce pas Harry ?

Harry leva la tête vers eux, répondant à l'appel de son nom.

- Oui, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il d'une voix un peu pâteuse.

Ron secoua la tête.

Tu n'as même pas écouté ce qu'on vient de dire avec Hermione ? soupira-t-il, désabusé.

- Je... Si, vous parliez de...

Harry se tut subitement. Puis tout recommença. Sa cicatrice sembla exploser et il eut l'impression qu'on lui déchirait le crâne afin d'en faire sortir quelque chose. Il se prit la tête dans les mains mais fut aussitôt secoué par de violents spasmes. Ses tremblements étaient incontrôlables. Il pouvait à peine apercevoir ses mains tant elles bougeaient vite et ne tiendrait plus longtemps sur ses jambes. Un Doloris aurait été, il en était convaincu, moins douloureux que ce qu'il ressentait en ce moment. Il ne pouvait plus penser, la douleur lui brouillant la vue.

- Harry ! s'écrièrent Ron et Hermione en même temps.

Leur voix lui parut si lointain. Il ne souhaitait qu'une chose : que tout s'arrête, que toute cette douleur se termine. Il voulait mourir. La moindre once de combativité était en train de le quitter, chaque spasme lui arrachant un peu plus de sa volonté. Il tomba à genoux durant ce qu'il lui sembla une éternité, se sentant même pas la pierre froide lui meurtrir les rotules.

- Oh mon Dieu ! Harry !

Les cris et les pleurs d'Hermione provenaient sans doute d'un autre temps, d'un autre univers. Un univers sans souffrance, sans peine, sans douleur insupportable. Sa colonne vertébrale ne tiendrait probablement plus très longtemps face aux chocs si violents de chacun de ses tremblements. Il ne criait pas, n'en ayant plus la force. Il ne comprenait pas pourquoi, pourquoi lui, il n'avait rien fait qui mérite un tel sort ? Et cette douleur qui n'en finissait pas. Il était prêt à faire n'importe quoi pour que tout s'arrête, il aurait été prêt à tuer si nécessaire.

Mais il ne fut pas obliger d'en arriver là. Un spasme plus violent que les autres lui fit balancer la tête en arrière si rapidement qu'il faillit se briser la nuque et sa tête heurta le sol dans un bruit mat. Enfin, le noir se fit...


Pour la troisième fois en 10 jours, lorsqu'il se réveilla, Harry ne se souvenait de rien. Juste qu'il avait horriblement mal à chaque parcelle de son corps et que s'il essayait de faire le moindre mouvement, sa tête ne le supporterait pas. Il ouvrit les yeux et contempla le plafond voûté de pierres blanches de l'infirmerie de Poudlard. Il commença à se redresser lentement, afin d'éviter de lancer ses muscles douloureux. Une fois de plus, comme après sa bagarre avec Malefoy, il se sentait nauséeux et malade. Trouvant ses lunettes posées sur la table de chevet de son lit, il les mit afin de retrouver une vision normale et jeta un regard sur l'infirmerie. La salle était vide, et une douzaine de lits drapés de blancs étaient alignés contre les murs de granite gris.

- Ah ! Vous voila réveillé ! s'exclama une voix connue sur la droite d'Harry, tandis que Mrs Pomfresh entrait dans la pièce. Ne bougez pas et buvez cette potion, vous vous sentirez mieux après !

Harry jeta un coup d'œil dans la tasse que venait de lui tendre l'infirmière, se demandant s'il s'agissait de la même potion que lui avait donné Dobby. Mais l'agréable parfum de vanille qui s'échappait du liquide beige ne semblait pas en mesure de lui donner envie de courir partout. Il en but une longue gorgée, puis, ne sentant pas de changements notables de son comportement, il vida la tasse. Le goût de vanille lui avait laissé un arrière-goût dans la bouche, mais en dehors de ce détail, il se sentait toujours aussi mal qu'avant d'avoir avalé la potion.

- Vous vous sentirez mieux d'ici quelques minutes. Vous avez de la chance d'être assis, car d'après ce que m'ont raconté vos camarades vous avez été victimes de violents spasmes qui auraient pu vous briser la colonne vertébrale, et j'aurais eu beaucoup plus de mal à vous remettre sur pied.

Harry évita son regard, se fixant sur le mur en face de lui. Il ne voulait pas qu'on sache qu'il était sujet à des évanouissements. Il paraissait déjà suffisamment bizarre aux yeux des autres pour qu'en plus on le considère comme un déséquilibré, ce qui avait déjà été le cas quelques temps auparavant, entre les articles de Rita Skeeter et ceux du Ministère, et il ne pouvait pas dire qu'il en gardait un bon souvenir. Il n'avait donc aucune envie que la situation se reproduise.

- Le directeur a été averti de votre état, et d'après ce que je sais, c'est la deuxième fois que vous avez ce genre d'absence. Ce n'est pas une coïncidence...

L'infirmière cherchait son regard, dans le but d'obtenir, sinon une explication à son état, du moins un début d'hypothèse. Mais Harry restait obstinément impassible et ne répondait pas, se contentant d'hocher la tête.

- Malheureusement, pendant les deux heures durant lesquelles vous étiez inconscient, j'ai tenté de trouver l'explication au mal qui semble vous ronger, mais je dois reconnaître que mes compétences n'ont pas été suffisantes pour trouver de quoi il s'agissait...

Voyant le manque de réaction du jeune sorcier, Mrs Pomfresh lança un bref soupir avant de conclure :

- Bien, vous pourrez sortir de l'infirmerie en fin d'après-midi, mais je veux que vous reveniez me voir dès que vous sentez le moindre signe avant-coureur, c'est bien compris ?

Cette fois, Harry fut bien obligé de tourner la tête afin de s'adresser à la guérisseuse.

- Oui... murmura-t-il, avant d'ajouter : Mrs Pomfresh : Merci.

Reposez-vous dit-elle en esquissant un sourire. Vous en avez bien besoin. Je serais dans mon bureau s'il vous faut quelque chose.

Elle laissa Harry qui commençait à ressentir l'effet de la potion. Sa migraine et ses courbatures semblaient disparaître petit à petit mais cette fois-ci, il n'était pas envahi par une sensation de bien-être.

"Tant mieux", songea-t-il. "Je n'ai aucune envie de me sentir bien."

Il se rallongea et tenta de se rendormir, mais les questions commençaient à affluer dans sa tête. Il s'était évanoui deux fois en quatre jours, et à chaque fois de manière similaire. S'il avait au début craint que cela résulte des coups de Malefoy, il était à présent certain que tout ceci avait une autre origine. L'hypothèse qui lui revenait sans cesse en tête était bien sûr que Lord Voldemort ait réussi à reprendre le contrôle de son esprit, ou tout du moins essayé, provoquant ces crises. Dans ce cas, cela signifiait que les cours d'occlumancie ne lui servait à rien et qu'il pourrait arrêter de gaspiller ainsi 5 heures par semaine.

Mais malgré ces suppositions probables, une partie de son esprit ne pouvait s'empêcher de repenser à l'attaque qu'il avait subit avec Maugrey. Personne n'avait trouvé quel était le sort qu'on lui avait lancé, et bien qu'il n'y porte en apparence que peu d'importance, il aurait bien voulu en savoir plus. Il était bien obligé de reconnaître également que cela l'inquiétait de plus en plus au fur et à mesure que ces évanouissements se répétaient. Enfin, il n'excluait pas que son mal soit d'une origine inconnue comme l'avait dit Mrs Pomfresh et que personne ne sache réellement ce qu'il avait.

Alors qu'il ressassait les différentes théories expliquant ses pertes de conscience, le professeur McGonagall entra dans l'infirmerie, suivie de près par Mrs Pomfresh. Cette dernière semblait outrée.

- Minerva, voyons, c'est une aberration ! Il n'est pas en état !

- Je suis désolé, mais c'est un ordre du directeur. Bonjour Potter, fit-elle lorsqu'elle fut arrivée à son niveau.

- Je proteste Minerva ! Il est hors de question de le laisser partir comme ça !

Harry regarda tour à tour sa directrice de maison et l'infirmière, une expression d'incompréhension se lisant sur son visage. McGonagall, abaissant légèrement son masque de sévérité –comme depuis quelque temps avec Harry-, le regarda droit dans les yeux.

- Comment vous sentez-vous ?

- Euh... Ca peut aller, répondit Harry.

- Tant mieux ! Pouvez-vous marcher ?

Mrs Pomfresh poussa un long soupir tandis qu'Harry s'étonnait de la question.

- Je ne sais pas, je pense oui...

- Parfait, enchaîna McGonagall. Habillez-vous Potter, je vous attends dans le bureau de Mrs Pomfresh.

Puis, sans pouvoir demander pourquoi il devait s'habiller, Harry vit les deux femmes partir vers le bureau de l'infirmière et fermer la porte. A nouveau seul, il se leva lentement, craignant d'être pris de nausées, mais une fois debout, il comprit que la potion qu'il avait bue avait bien eu les effets escomptés. Il ne sentait que quelques tiraillement dans ses principaux muscles, rien de bien méchant, il ressentait la même chose les lendemains de match de Quidditch.

Après quelques pas, ne se sentant pas plus mal, il s'habilla rapidement et se rendit dans le bureau de l'infirmière pour y retrouver le professeur McGonagall, toujours impassible, à côté de Mrs Pomfresh qui lui lançait des regards furieux.

- Bien Potter, suivez-moi, lança simplement sa directrice en sortant de l'infirmerie.

Une fois dans le couloir, elle se dirigea vers son bureau.

- J'ai parlé au directeur, lui dit-elle sans s'arrêter. Il sait que vous avez déjà eu un évanouissement similaire il y a quelques jours et a décidé de vous envoyer passer des tests approfondis à l'hôpital de Sainte-Mangouste.

- QUOI ? s'exclama Harry en s'arrêtant.

McGonagall s'arrêta à son tour et se retourna vers lui.

- Le professeur Dumbledore pense qu'il vous faut passer des examens spécialisés pour déterminer le mal qui vous affecte. Aujourd'hui même.

Harry bouillonnait. De quel droit Dumbledore se croyait-il autoriser à déterminer ce qui était bon pour lui ? Il n'avait aucune autorité autre que scolaire sur lui et de plus, il avait 16 ans maintenant, il était capable de définir ce qui était bon pour lui !

Il lança un regard noir à McGonagall.

- Et pourquoi le professeur Dumbledore ne m'a-t-il pas informé de cette décision ME concernant ? demanda Harry d'un ton glacial.

- Il vient de le faire par mon intermédiaire répliqua McGonagall d'un ton cassant. Venez, conclut-elle en reprenant son chemin.

Harry la suivit à contre-cœur jusque dans son bureau où quatre personnes l'attendait. Harry reconnut Tonks –qui ne lui adressa pas le moindre sourire, à son grand étonnement- mais les trois autre sorciers lui étaient inconnus. McGonagall alla se placer derrière son bureau et regarda Harry par-dessus ses lunettes.

- Etant donné ce qu'il s'est passé la dernière fois que vous avez quitté l'enceinte du château, le Ministère a décidé de vous accorder une escorte personnelle pour vos déplacements. Quatre Aurors vous accompagneront jusqu'à Londres et vous ramèneront. Voici Nymphadora Tonks, Argus Tolstoy, Georges Perschot et Kyle Strife.

Harry salua poliment les quatre Aurors, qui lui répondirent tous par un hochement de tête. Il comprit alors pourquoi Tonks agissait ainsi avec lui. L'Ordre du Phénix était toujours une organisation secrète et Harry et Tonks n'étaient pas supposés se connaître. Jouant le jeu, il se retourna vers McGonagall et fut certain d'apercevoir un léger sourire au coin de ses lèvres avant qu'elle ne reprenne :

- Une équipe de médecins spécialisés en Symptômes Magiques Non-Répertoriés vous attend à Sainte-Mangouste. Vous rentrerez Dimanche et vous êtes dispensés de devoirs pour les journées de Lundi et Mardi, vos professeurs seront avertis.

Elle se dirigea alors vers la porte de son bureau qu'elle ouvrit pour laisser passer Harry et les Aurors. Elle s'adressa alors au dénommé Tolstoy, un grand homme noir au teint cireux et aux longs cheveux gras. Harry aurait presque pu le confondre avec Rogue s'il n'avait répondu à McGonagall avec un fort accent des pays d'Europe de l'Est. L'image de Karkaroff lui revint soudainement en tête et il sortit de la pièce. Personne ne savait ce que l'ancien Mangemort était devenu et en quittant le château quelques minutes plus tard, Harry se demanda s'il faisait bien de suivre les quatre Aurors...


Mais Tolstoy ne s'appelait pas Karkaroff et les autres Aurors n'étaient pas des Mangemorts, tout comme Tonks n'était pas qu'une imitation au Polynectar. Le groupe de 5 personnes arriva dans un coin du hall de l'hôpital par Portoloin une fois de plus, qu'ils avaient pris à Pré-au-lard et les avait conduit directement jusqu'ici.

Harry ne se souvenait que trop bien de cet endroit, pour y avoir été moins de deux semaines auparavant. Formant un bouclier protecteur autour de Harry, les quatre Aurors le pressèrent vers le centre du hall qu'ils traversèrent d'un pas rapide, leurs sens aux aguets et jetant des regards aux alentours, le groupe ne manquant pas d'éveiller la curiosité de certaines personnes présentes qui tentèrent de voir qui se dissimulait au centre.

Il tenta de se faire le plus petit possible, afin d'éviter d'être vu. Non pas qu'il ait craint une quelconque attaque, bien sûr, mais pour ne pas avoir de publicité indésirable et gratuite. On parlait déjà beaucoup trop de lui à son goût.

Ils arrivèrent enfin de l'autre côté du hall, mais au lieu de prendre les escaliers pour monter à un des étages, les Aurors poussèrent Harry derrière une imposante porte en chêne, donnant sur un escalier descendant. Dès que la porte fut refermée, les gardes du corps d'Harry émirent un soupir de soulagement.

- Nous sommes arrivés Mr Potter, dit Argus Tolstoy. Vous ne craignez plus rien désormais.

Ils descendirent tranquillement les escaliers pour se retrouver dans une grande salle brillamment éclairée, aux murs scintillant de diverses couleurs. Une quinzaine de personnes vêtues de blouses blanches ou bleues arpentait la salle d'un pas pressé.

Harry suivit les Aurors qui se dirigèrent vers l'autre côté de la salle de recherche, contemplant les objets présents. Deux chercheurs étaient en extase devant une magnifique plante orange fluo atteignant 50 cm, qu'ils ne savaient pas comment apprivoiser, jusqu'à ce qu'elle tente d'arracher le bras d'un des chercheurs en faisant surgir d'une de ses tiges une énorme mâchoire orange pourvue de dents acérées. De l'autre côté, trois Médicomages étudiaient ce qui semblait être la représentation d'un squelette, appartenant à une espèce inconnue de Harry. Juste à côté d'eux un cadavre de Basilic -peut-être celui de la Chambre des Secrets, songea Harry-, s'étalait sur toute sa longueur sur une table, deux chercheurs lançant des sortilèges étranges sur le corps inerte de la créature. A l'extrémité de la salle, deux immenses étagères vitrées renfermaient toute sorte de bocaux remplis d'objets pour le moins variés : Harry put reconnaître un cerveau humain démesurément grand, une mâchoire de Griffon (à moins que ce ne fut de Sphinx), d'étranges boules verdâtres et gluantes ainsi qu'une chose qu'il fut incapable de définir. C'aurait pu être un organisme vivant aussi bien qu'un objet inanimé, sa forme à la fois transparente et solide, flou et indéfinie, incolore et vive le rendant hypnotique, attirant.

Mais Harry n'eut pas l'occasion de s'approcher de la chose, Tolstoy se tournant vers lui. Ils étaient arrivés au bout de la salle devant une porte sans poignée.

- C'est ici Mr Potter. Allez-y, nous viendrons vous chercher quand tout sera fini.

Il poussa alors Harry dans la pièce par la porte battante, où il se retrouva face à un chercheur. Vêtu d'une immense blouse bleue tâchée de longues traînées rouges -du sang ?-, ses cheveux ébouriffés et sales, avec de grands yeux globuleux cachés par d'impressionnantes lunettes rondes qui auraient pu contenir un aquarium de part leur épaisseur, il se tourna vers Harry et lui adressa un grand sourire, dévoilant des dents manquantes et d'autres jaunes et noires.

- Nous vous attendions Mr Potter...

TBC...


Et toujours merci pour vos reviews, même si je n'écris pas pour avoir des tonnes de messages à lire, ça fait toujours plaisir ! ;-)

Emidorienne, en fait, concernant le point de vue de l'auteur, c'est mon style d'écriture qui est comme ça : j'utilise souvent le discours indirect libre pour exprimer les pensées d'un personnage sans avoir à le faire parler ! Relis bien les autres chapitres ou même mes autres fics et tu devrais retrouver d'autres situations similaires ! ;-)