Note de l'auteur : Après plus d'un mois d'abcence d'attente, voici (enfin) la nouvelle partie de ma fic ! Elle est écrite depuis un bon moment, mais ffnet a eu tellement de problèmes depuis 2 semaines que je n'ai pas pu l'uploader ! Voici donc un épisode charnière ! ;-) Enjoy !
Chapitre 4 : L'annonce
C'est ici Mr Potter. Allez-y, nous viendrons vous chercher quand tout sera fini.
Il poussa alors Harry dans la pièce par la porte battante, où il se retrouva face à un chercheur. Vêtu d'une immense blouse bleue tâchée de longues traînées rouges -du sang ?-, ses cheveux ébouriffés et sales, avec de grands yeux globuleux cachés par d'impressionnantes lunettes rondes qui auraient pu contenir un aquarium de part leur épaisseur, il se tourna vers Harry et lui adressa un grand sourire, dévoilant des dents manquantes et d'autres jaunes et noires.
Nous vous attendions Mr Potter…
- Euh… Bonjour, lança timidement Harry devant le chercheur légèrement extravagant.
- Entrez entrez ! s'exclama l'homme vêtu de sa grande blouse bleue.
Harry pénétra dans la salle et referma la porte derrière lui. Il se trouvait à présent dans une pièce similaire à une salle de classe. Quatre scientifiques s'afféraient autour des bureaux et des étagères qui meublaient la pièce, ne semblant pas avoir remarquer qu'il venait d'entrer. Le sol damé de noir et de blanc et les murs peints en vert donnaient un aspect un peu vieillot et classique à l'ensemble. Mais c'était à peu près le seul point commun entre un laboratoire sorcier et un centre de recherche Moldu, qu'Harry avait pu voir à la télévision chez les Dursley. Des baguettes magiques dépassaient des poches des grandes robes bleues que portait chaque chercheur, des plantes vivantes grimpaient sur les murs, traînant leur pot derrière elles, et une flaque d'un liquide noir était collée au plafond, comme si la gravité avait été inversée à cet endroit, l'empêchant de retomber. Enfin, au milieu de la pièce se trouvait une table avec des sangles, servant visiblement à attacher des patients récalcitrants. Harry sentit son sang se glacer à cette vue.
- Je suis le Professeur-Médicomage Charles Kent, directeur du service des Symptômes Magiques Non-Répertoriées, reprit le dénommé Kent. Nous allons vous garder ici durant quelque temps. Ne vous inquiétez pas, vous pourrez regagner votre école avant la fin du week-end ! s'empressa-t-il d'ajouter devant le regard d'Harry.
Harry jeta un dernier regard sur la salle et reporta son attention sur le professeur Kent. Il avait bien envie de dire quelque chose, mais rien ne lui passait par la tête. Il se contenta d'approuver d'un signe de tête.
- Parfait ! s'exclama le professeur Kent. Nous allons donc commencer sans plus attendre. Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que j'ai de vous recevoir ici Monsieur Potter ! –ce n'est pas réciproque, se dit intérieurement Harry-. N'importe quel scientifique spécialisé dans les phénomènes magiques inconnus rêverait de vous avoir près de lui ! Si vous avez un peu de temps supplémentaire, nous pourrons peut-être étudier cette cicatrice…
Il s'était approché à quelques centimètres du front de Harry et contemplait la trace en forme d'éclair qui marquait le visage du jeune sorcier depuis 15 ans. Il tendit la main pour la toucher.
- NON ! s'écria Harry, tandis que le professeur reculait, surprit. Je… Excusez-moi reprit-il plus calmement, conscient de sa réaction excessive. Je veux juste en finir au plus vite et rentrer à Poudlard.
Le professeur Kent eut l'air profondément déçu, mais Harry n'avait aucune envie de laisser quiconque l'étudier comme une bête de foire. Il était ici sur les ordres de Dumbledore, contre sa volonté, et il était prêt à collaborer pour que tout se finisse le plus vite possible, mais dans les limites de l'acceptable.
- Bien, comme vous voulez… reprit le professeur Kent. C'est bien dommage, mais c'est votre choix jeune homme. Alors allons-y. Allez vous déshabiller, je prépare le matériel.
- Pardon ? demanda Harry, étonné par l'injonction du professeur.
- Je ne peux pas vous examiner comme ça ! s'exclama-t-il. Allez enlever tout ce qui est gênant et qui risque de fausser les analyses, chaussures, chaussettes, pantalon, robe, T-Shirt, énuméra-t-il en montrant du doigt un petit paravent lui permettant de se changer à l'abri des regards.
- Mais je…
- Allons, ne vous faites pas prier ! Dépêchez-vous, plus vite nous aurons commencé, plus vite vous pourrez rentrer !
Acontre-cœur, Harry se dirigea vers le paravent derrière lequel il se déshabilla, en ressortant quelques instants plus tard en sous-vêtement. Il se sentait sans défense, humilié et désarmé, à se trouver ainsi dénudé devant le savant. Celui-ci sortit sa baguette magique et la pointa sur Harry qui eut un mouvement de recul au moment où le chercheur lança le sort :
- Diagnos !
Un mince rayon orangé vint envelopper Harry durant quelques secondes, avant de repartir vers l'extrémité de la baguette du Médicomage pour se transformer en un parchemin que celui-ci saisit.
- Voyons ça ! dit-il. Nom : Potter, Prénoms : Harry, James. Age : 16 ans et 2 mois. Taille : 1m65 –vous n'êtes pas très grand-, Poids : 52kg –vous devriez manger un peu plus-. Vous êtes astigmate et myope et avez besoin de porter des lunettes. Je vois également de nombreuses cicatrices et anciennes lésions internes. Vous vous êtes fait tout ça en jouant au Quidditch ?
- Pas vraiment… répondit Harry. Disons que j'ai une vie assez… mouvementée.
- Hum… Je constate de plus que vous avez un bras dont les os ne sont âgés que de 4 ans ! Pourriez-vous m'expliquer ?
Harry se remémora ce match de Quidditch de Deuxième année durant laquelle le Cognard de Dobby lui avait cassé le bras. Le professeur Lockhart avait par la suite voulu lui ressouder, mais il n'avait pu que faire disparaître les os du bras !
- C'était un accident, répondit Harry. On m'a donné une potion et mes os ont repoussé en une nuit.
- Vous devriez faire attention à vous, car si vous continuez à vous faire toutes ces entorses, cassages de bras et autres blessures, même avec la magie médicale, vous ne vivrez pas très vieux !
Le professeur Kent avait prononcé cette phrase d'une manière désintéressée en lisant le parchemin, mais Harry leva subitement les yeux vers lui. Oui, effectivement, il était peu probable qu'il survive bien longtemps. Etre sur la liste noir du Seigneur des Ténèbres ne laissait que peu de chances de survie, quand bien même on lui eut échappé plusieurs fois. Tôt ou tard, lui ou ses fidèles sbires finissaient par vous rattraper et vous faisaient regretter d'être venu au monde. Harry n'avait que trop souvent défié la Mort et ses acolytes. Et un jour, elle finirait par le rattraper.
Mais pour l'instant elle semblait lui laisser un peu de repos, personne n'ayant essayé de l'assassiner depuis près de 4 mois. Il reporta son attention sur le professeur Kent qui terminait son diagnostic.
- …Au final, malgré toutes les marques que porte votre corps, vous êtes en bonne santé ! Comme aucun symptôme ne se dégage à la vue de cette première analyse, nous allons procéder à la première phase des VRAIES opérations de diagnostic !
Il se dirigea vers une des étagères, en sorti un bocal transparent contenant une espèce de créature vivante et revint vers la table d'étude.
- Voici un Pétrocidaleur, dit-il en montrant à Harry le bocal, dans lequel ce qui ressemblait à un mince serpent violet se tortillait en tout sens. C'est une espèce magique très rare qui rend provisoirement les gens qu'elle infecte translucide. Grâce à cela, nous pourrons étudier en détail l'intérieur de votre organisme sans avoir à vous découper en morceaux comme le font les bouchers qui se disent chirurgiens chez les Moldus !
Harry contempla l'animal avec une certaine appréhension. Il n'avait aucune envie de laisser cette chose le mordre ou s'introduire dans son corps par sa bouche ou son nez !
- Ne vous en faites pas ! le rassura le scientifique. Nous avons neutralisé le venin, et vous ne sentirez normalement rien. Laissez-le juste s'enrouler autour de votre cou. Allongez-vous sur la table.
Il sortit le Pétrocidaleur de son bocal à l'aide de sa baguette magique tandis qu'Harry, nerveux à l'idée de se faire étrangler, s'allongeait sur la table sans quitter la créature magique des yeux. Le professeur Kent posa alors l'animal sur la poitrine d'Harry. Le pseudo-serpent commença à ramper sur le torse du jeune sorcier avant de parvenir à son cou autour duquel il s'enroula rapidement et resserra son étreinte. La pression de l'animal se faisant de plus en plus forte, Harry tenta d'attraper le Pétrocidaleur pour l'empêcher de l'étouffer, mais il ne parvint qu'à râper la peau lisse et glissante de l'animal avec ses ongles. L'air commençait à lui manquer et un voile blanc se dessinait devant ses yeux. Enfin, il sentit l'étreinte de la créature se relâcher. Le professeur Kent la remit dans son bocal tandis qu'Harry passait une main sur son cou et tentait de reprendre sa respiration. Il dévisagea le sorcier en se demandant s'il devait attraper sa baguette magique afin de neutraliser le savant fou qui avait essayé de le tuer. Mais ce dernier se contenta de lui sourire en lui tendant un miroir.
Harry le saisit et failli tomber de la table en voyant l'immonde créature qui s'y reflétait. Un être indescriptible auquel il manquait la peau et une partie des organes se trouvait dans le miroir. Sa chair et ses muscles alternaient avec les os et certains organes qui apparaissaient ou disparaissaient, suivant l'endroit qu'il regardait. Son visage n'avait plus rien d'humain, sans lèvres ni nez, ses yeux semblant flotter dans leurs orbites. Horrifié, Harry releva la tête vers le professeur Kent qui lui souriait toujours.
- Au travail ! s'entousiasma-t-il.
C'est un Harry pâle et livide qui regagna le château de Poudlard deux jours plus tard, encadré par les mêmes Aurors qui l'avaient accompagné à Sainte-Mangouste. Il avait retrouvé son opacité et on ne pouvait plus voir son cœur battre directement dans sa cavité, mais il semblait vidé de toute énergie. Les deux jours qu'il venait de passer enfermé dans la salle de recherche du sous-sol de l'hôpital sans voir la lumière du jour l'avaient littéralement épuisé. Il avait enchaîné les expériences les plus étranges, allant de la translucidité au flottement en l'air –un peu à la manière de sa tante Marge-, en passant par diverses potions et autres bizarreries qu'il avait du avaler. Il n'avait que peu dormi, le professeur Kent se révélant infatigable, étant capable de travailler plus de 20 heures d'affilée, ses assistants prenant le relais les 4 heures durant lesquelles il se reposait. Ainsi, sur les 45 heures qu'il avait passé dans la salle, il avait du dormir environ 8 heures, en ajoutant les heures où il était plongé dans un sommeil artificiel. Et pour couronner le tout, il avait fait une nouvelle crise, semblant combler de bonheur le professeur Kent qui était au bord de l'extase. Si Harry n'avait pas autant souffert, il aurait exécuté sur place le savant fou qui se réjouissait de sa douleur.
Chaque nouvelle crise lui paraissait plus insupportable que les autres, et même avec les potions revigorantes qu'on lui donnait, les spasmes commençaient à laisser des traces, sous forme de courbatures persistantes ou de contractions involontaires de muscles. Malgré sa répulsion à avoir passé ces examens, il espérait fortement, au fond de lui, qu'ils lui apporteraient la réponse à ses questions. Il ne pourrait supporter beaucoup plus longtemps ces terribles tremblements, ces horribles vibrations qui lui donnaient l'impression d'être sur le point d'exploser. Aussi absurde que cela puisse paraître, mais en connaissance de cause, il était à présent certain que le Doloris n'était pas plus douloureux que ce qu'il subissait.
Toujours était-il qu'il pénétra dans la salle commune de Gryffondor avec un certain soulagement, se sachant exempt de travail scolaire pour les deux prochains jours. Même Rogue ne pourrait rien lui reprocher. L'entraînement de Quidditch étant suspendu en raison de l'entretien annuel du terrain, il était également dispensé d'entraînement. Ne lui restait plus que le travail scolaire classique à partir de Mercredi, et les cours d'occlumencie avec Dumbledore. Enfin une semaine reposante !
La Salle Commune était presque vide. Harry regarda sa montre : 19h36. Tout le monde devait être en train de manger, à l'exception de deux élèves de troisième année dont Harry avait oublié le nom, qui discutaient à voix basse en lui jetant des regards en biais. Ne voulant pas savoir ce que les deux Gryffondor manigançaient, Harry monta son sac dans son dortoir avant de ressortir de la salle commune. Ne se sentant pas l'envie d'aller dîner avec tous les autres élèves qui lui poseraient encore mille et une questions à propos de son absence du Vendredi après-midi et du week-end, il prit le chemin de la volière. Rendre une petite visite à Hedwige ne lui ferait pas de mal, il avait trop délaissé sa chouette depuis le début de l'année, et de plus, celle-ci ne lui demanderait pas de justification quant à ses absences.
Arrivé dans la grande pièce aérée au sol récemment nettoyé par Rusard, Harry rechercha son animal de compagnie parmi la centaine de hiboux et chouettes qui se réveillaient et se préparaient à partir pour une nuit de chasse. C'était la première fois de l'année qu'il se rendait ici. Sirius ayant disparu, il n'avait plus personne à qui écrire durant l'année, Lupin et les Weasley prenant de ses nouvelles par d'autres intermédiaires.
Hedwige se tenait sur l'un des plus hauts perchoirs de la volière, et quand Harry l'appela, elle se hâta de s'envoler pour rejoindre son maître. Le blanc immaculé de l'animal étincelait presque aux lueurs des torches, la rendant magnifique. Harry caressa la chouette lentement, celle-ci lui mordillant le doigt en signe d'approbation.
Quelques minutes durant, il profita de ce calme si reposant, la nuit au dehors et les torches intérieures lui inspirant une sensation de bien-être qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps.
- Bonsoir Harry, lança une voix énigmatique derrière lui.
Harry sursauta en entendant la voix et se retourna pour apercevoir un être blanchâtre, au teint trop pâle et transparent pour un vivant, avec une tenue démodée depuis au moins 500 ans. Une sorte de grosse pince autour du coup, Nick Quasi-Sans-Tête sourit à Harry.
- Oh ! Bonjour Nick, répondit ce dernier.
Le fantôme vint voleter du mur par lequel il était entré dans la pièce jusqu'aux côtés de Harry. Il balaya la volière du regard.
- Une nouvelle nuit de chasse commence… dit-il d'une voix calme. J'ai toujours été fasciné par ces êtres vivant la nuit et se cachant le jour. Ils s'envolent à la tombée du Soleil et ne reviennent qu'à l'aube naissante… C'est si étrange…
Harry regarda l'être immatériel en sourcillant.
- Vous savez Harry, si je n'avais pas été humain, j'aurais sans doute été un hibou. Je me suis toujours senti volatile durant ma vie…
Cette fois, Harry du retenir un éclat de rire.
- Vous imaginez ? Pouvoir voler où bon vous semble, sans avoir de comptes à rendre à personne. Voler de vos propres ailes… Vous ne trouvez pas ça excitant ? ajouta-t-il en se tournant vers le Gryffondor.
- Oh, si bien sûr ! s'empressa de répondre Harry. Euh, excusez-moi Nick, mais je commence à avoir faim et je n'ai pas encore mangé. Je ferais bien d'y aller avant que tout le monde soit parti !
Nick le sonda du regard avant d'hausser les épaules, ce qui fit dangereusement tanguer sa tête mal fixée sur le reste de son corps. Après avoir salué le fantôme, Harry se hâta de dire au revoir à Hedwige et sortit rapidement de la volière pour éviter d'avoir à pouffer à proximité de Nick. Une fois dans l'escalier il ne put se retenir.
"Devenir un hibou, sa plus grande ambition…" se dit Harry. "Quelle idée ! Je ne le savais pas si bizarre ! "
Tout en redescendant de la tour vers la Grande Salle, Harry se promit intérieurement de ne jamais plus se retrouver avec le fantôme à la volière.
Malheureusement, et contrairement à ses espérances, la semaine ne s'annonça pas aussi reposante que prévu pour Harry. Si le début de semaine se déroula plutôt calmement, les élèves n'ayant pas semblé remarquer son absence, et Harry devant juste supporter les sarcasmes de Rogue sur le fait que sa célébrité le délivrait de l'obligation de travailler, tout bascula le Mercredi. Dès le petit déjeuner, la lecture de la Gazette du Sorcier, à laquelle une bonne moitié des élèves s'était à présent abonnée afin de se tenir au courant des évènements extérieurs, provoqua la stupéfaction dans toute la salle. En première page s'étalait une photo magique montrant une dizaine de maisons calcinées, les pompiers moldus s'attelant à éteindre les dernières braises. Le titre "Terrible attaque de Mangemorts à Edimbourg et évasion massive de prisonniers d'Azkaban !" s'étalait en grosses lettres, un bref résumé invitant à tourner la page pour obtenir de plus amples informations. Là s'étalait un résumé des faits :
"Durant la soirée du 26 Octobre, un groupe composé d'après nos informations d'une vingtaine de Mangemorts a attaqué un quartier de la ville écossaise d'Edimbourg, dans lequel une dizaine de familles sorcières résident, faisant 8 morts, 3 sorciers (dont un Mangemort) et 5 moldus, et brûlant des habitations. Deux escouades d'Aurors sont immédiatement intervenues mais ont été devancées par la Police (l'équivalent de la Brigade de sûreté Magique chez les Moldus). S'en est suivi un violent affrontement parmi lequel un policier moldu a été tué ainsi qu'un Mangemort Les Oubliators étaient toujours sur place à l'heure où nous imprimons afin de réparer les dégâts et collecter des informations que les Moldus ne pourraient interpréter.
Mais cette terrible attaque cachait en réalité un autre objectif. Parallèlement en effet, 20 Mangemorts et prisonniers associés à leurs activités sont parvenus à s'évader de la célèbre prison d'Azkaban dans des circonstances encore inconnues. Les rumeurs affirmant que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a participé lui-même à cette opération et que les Détraqueurs ne répondent plus au contrôle du Ministère n'ont pas été démenties par le Ministre qui s'est rendu sur les lieux tôt ce matin.
Cette nouvelle attaque porte à 28 le nombre de sorciers tués depuis le retour officiel du Mage Noir il y a 4 mois, et il ne fait aucun doute que le Ministère est incapable de gérer la situation de crise qui s'est installée. "
Rita Skeeter
- Waw ! lança Ron une fois qu'il eut fini la lecture de l'article. Rita qui se met à critiquer le Ministère, ça ne va pas à l'encontre de l'accord que tu as passé avec elle Hermione ?
- Pas vraiment, répondit-elle en haussant les sourcils, car depuis la rentrée elle peut à nouveau écrire plus ou moins librement, mais elle sait qu'elle ne doit pas s'attaquer à des personnes plus ou moins proches de Harry et moi. Mais Ron, ce n'est pas ça le plus important ! Avec cette évasion, Voldemort a retrouvé TOUS ses partisans, notamment ceux qui avaient été emprisonnés en Juin !
- Malefoy… mumurra Harry.
- Oui, Malefoy, répéta Hermione.
Et en effet, un regard à la table des Serpentard suffit à leur assurer qu'ils ne rêvaient pas. Malefoy semblait plus heureux que jamais et d'autres Serpentard se réjouissaient presque ouvertement de cette évasion. En revanche, la table des professeurs semblait beaucoup plus renfermée que d'habitude, le visage de Dumbledore étant particulièrement grave et sombre. Cette annonce portait un coup dur au Ministère et préparait un nouveau surplus de travail pour l'Ordre, déjà privé de Maugrey.
C'est dans cette atmosphère morose et pluvieuse, le temps semblant compatir à cette tragédie, qu'Harry passa sa matinée de cours, entre un double cours de Métamorphose, un cours de botanique et un cours de spécialité, en Sortilèges. Le cours de McGonagall devenait de plus en plus difficile, celle-ci se révélant toujours plus exigeante. Aujourd'hui, ils avaient continué leurs essais visant à transformer une bougie en grand feu de cheminée. Mrs Chourave les avait fait réviser leurs cours depuis le début de l'année en raison du contrôle qui aurait lieu en début de semaine prochaine. Enfin, le professeur Flitwick avait entamé un nouveau cours sur les sortilèges de dissimulation. Ils ne pourraient jamais devenir totalement invisibles juste avec un sort, seuls les très grands sorciers en étant capables, mais ils pourraient se fondre dans le décor pour des missions d'infiltration concernant leur futur métier.
Après le repas du midi, et profitant de leur après-midi de libre, Harry, Ron et Hermione décidèrent d'un commun accord -"T'es sûr que ça va Hermione ?" avait dit Ron- de s'accorder une après-midi de repos. Harry leur avait déjà raconté toutes les choses aberrantes qu'il avait du faire ce week-end, mais cela semblait beaucoup amuser Ron, qui lui demandait sans cesse des détails sur les expériences les plus inédites que le professeur Kent lui avait fait faire.
- Quand même, je ne vois pas en quoi te faire flotter en l'air pourrait aider à découvrir ce que tu as ! avait dit Ron en rigolant.
Harry appréciait le fait que Ron préfère rire de ces expériences sans se soucier du problème de fond, cela l'aidait à détresser et dédramatiser la situation.
La Salle Commune était pleine en cet après-midi pluvieux, les élèves semblant s'être mis d'accord pour ne rien faire de leur fin de journée. Un certain cafarnaum s'était emparé de la pièce, et on notait depuis le début de l'année parmi les élèves de troisième année et plus un concours afin de savoir qui pourrait dignement succéder aux frères Weasley niveau animation dans le château. Toujours était-il que, ne pouvant plus s'entendre parler, Ron Hermione et Harry prirent le chemin de la Grande Salle pour pouvoir discuter plus calmement. Celle-ci était presque vide en ce milieu d'après-midi, une vingtaine d'élèves étant assis à leur table respective en train de jouer, discuter ou travailler.
- Je n'en reviens pas que Fudge ait pu laisser aux Détraqueurs le contrôle d'Azkaban ! s'exclama Ron alors que la discussion revenait vers le sujet d'actualité.
- Malefoy ne sera pas resté plus de quatre mois en prison… ajouta Harry. Et qui sait combien de nouvelles recrues il a pu faire là-bas…
- Fudge ne restera pas, poursuivit Hermione. Avec toutes ces agressions, je ne lui donne pas deux semaines. Cette attaque dépasse tout ce qui avait été imaginé. Il a été incapable de gérer la situation depuis le début de l'été. Tout ce qu'il a fait, c'est donner des consignes à la population et remobiliser tous les Aurors pour faire la chasse aux Mangemorts. Il n'a pas été cherché de soutien ailleurs, alors que je suis sûr que les Ministères allemands et français de la Magie auraient accepté de nous aider, comme toute la Communauté Sorcière Internationale.
- Sans oublier les géants. Il n'en a tout simplement jamais parlé, alors qu'il est quasiment certain à présent qu'ils ont rejoint Voldemort. Il reforme son armée, et personne ne l'arrête.
- Harry, Dumbledore fait tout ce qu'il peut tu le sais bien. On va sûrement lui proposer le poste de Ministre à la place de Fudge, et ça ne m'étonnerait qu'à moitié que cette fois ci il accepte le poste, au moins le temps de la guerre.
- Nous n'en sommes pas encore là Miss Granger… dit une voix derrière Hermione.
Les trois Gryffondor se retournèrent pour apercevoir leur directeur, le visage caché derrière ses lunettes et son immense barbe blanche. Sa longue robe bleu roi touchait le sol, lui donnant l'air d'être encore plus grand et mince qu'il ne l'était en réalité.
- Oh ! Professeur Dumbledore, ce n'est pas ce que je voulais dire… répondit timidement Hermione.
- Vous êtes libres de vos opinions Miss Granger. C'est votre plus grande liberté, alors profitez-en, dit le vieux directeur en lui souriant. Harry, continua-t-il en se tournant vers l'adolescent, j'aimerais te voir s'il te plait.
Harry regarda le vieil homme dans les yeux, mais celui-ci ne dégageait aucune expression particulière. Acquissant, il se leva et rejoignit le directeur qui s'éloignait vers son bureau. Harry le suivit silencieusement dans les couloirs menant au deuxième étage, en se demandant pourquoi Dumbledore le convoquait, et venait de plus le chercher en personne, fait exceptionnel. En règle générale, c'était le professeur McGonagall qui appelait les élèves Gryffondor convoqués par le directeur. Tout ceci ne signifiait rien de bon pour Harry. Il n'avait pas cours d'occlumencie aujourd'hui, mais il se doutait bien que la discussion qui suivrait n'aurait pas grand chose à voir avec les cours. Les résultats de ses examens devaient être arrivés, et pour que Dumbledore se déplace lui-même, ce ne devait certainement pas être de bonnes nouvelles.
- Professeur ? tenta Harry, n'y tenant plus de suivre le vieil homme dans les couloirs sans un mot.
- Pas maintenant Harry, dans mon bureau, dit celui-ci sans s'arrêter ni le regarder.
La voix de Dumbledore, légèrement moins assurée et calme qu'à l'habitude ne fit que confirmer les craintes du jeune sorcier. Il sentit son estomac se nouer au fur et à mesure qu'il approchait de la statue délimitant l'entrée du bureau du directeur de Poudlard.
- Farces pour Sorciers Facétieux, lança Dumbledore devant la fameuse statue.
Tandis que le mur devant eux s'ouvrait en un mince escalier en colimaçon pour les emmener dans le bureau, Harry ne put réprimer un sourire en entendant le mot de passe, hommage du directeur de Poudlard à deux des élèves les plus turbulents qui aient jamais étudiés au château.
En entrant dans le plus prestigieux bureau de Poudlard, Harry se rendit compte que la pièce n'avait pas changé depuis la fin de l'année précédente. Le bureau du directeur trônait au centre de la pièce, entouré de multiples étagères et placards renfermant un nombre impressionnant d'objets les plus divers. La fenêtre aux allures de vitrail donnait toujours sur le parc et la Forêt Interdite, et les tableaux des anciens directeurs de l'école décoraient inlassablement les murs de la pièce. Harry remarqua également que tous les objets qu'il avait fracassé dans sa rage et sa peine la dernière fois qu'il était venu ici n'avaient pas été réparé. Dumbledore les avait stocké ensemble sur l'une des étagères, ce qui le troubla. Dumbledore le remarqua.
- Il faut se souvenir de ses erreurs pour ne pas les reproduire, dit-il sagement. Et ceci est le témoignage d'une de mes plus grandes erreurs.
Harry se retourna vers lui et le fixa dans les yeux, ne sachant quelle conduite adopter. A ce moment, tout comme depuis le début de l'année scolaire, il ne savait comment se comporter avec le vieil homme. Il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir profondément pour tout ce qu'il lui avait caché durant toutes ces années et pour la mort de Sirius, mais en même temps, au fond de lui, il comprenait la décision du sorcier et la respectait. Il lui était presque reconnaissant de lui avoir laissé ces quelques années d'ignorance et d'innocence, quelques années de bonheur malgré tout, comparé à ce qu'il devait affronter à présent.
Dumbledore rompit le silence.
- Assis-toi s'il te plait Harry, demanda-t-il de son habituel air calme et posé.
Sans quitter le directeur des yeux, le jeune homme prit place dans le fauteuil réservé aux invités.
- Tu dois te douter que les résultats de tes examens sont arrivés, reprit-il.
- En effet, répondit Harry.
- Et… ils… ne sont… pas très bons, ajouta Albus dans un souffle.
Harry ne put s'empêcher de frissonner en entendant le ton qu'avait pris le vieil homme. Sa voix tremblait et il ne trouvait pas les mots pour exprimer ce qu'il voulait dire. Pour la première fois de sa vie, Harry vit Dumbledore en train de perdre ses moyens. Il sentait sa gorge se serrer et son ventre se nouer au fur et à mesure que les secondes passaient.
- Les chercheurs de l'hôpital Sainte-Mangouste ont découvert que le mal dont tu souffres est bien du au sortilège que tu as reçu il y a quelques semaines lors de ton déplacement à Londres. Il n'avait été détecté lors de son premier séjour à l'hôpital car ses effets sont assez pervers et il lui faut une période d'incubation avant de se déclarer. Ce sortilège est d'origine inconnue, il n'est pas répertorié au registre des "Sortilèges et Maléfices magiques International". Tu dois savoir que très peu de sorciers au monde sont capables d'inventer de nouveaux sortilèges…
- Voldemort… répondit immédiatement Harry dans un murmure..
Les éléments commençaient à se mettre en place dans sa tête. Voldemort avait inventé un nouveau moyen de le frapper, en inventant un nouveau Maléfice. Mais pourquoi ? Pourquoi ne l'avait-il pas tué directement ? Il releva les yeux vers ceux de Dumbledore, qui le fixaient intensément.
- Oui, sans aucun doute ce sortilège a été inventé par Lord Voldemort., reprit-il.
- Bien, et dans ce cas là, comment on se débarrasse de ce sortilège, car je connais déjà les effets, demanda Harry.
Il vit alors le regard du vieil homme s'adoucir et se faire presque suppliant, comme si le directeur de Poudlard implorait Harry de lui pardonner pour ce qu'il allait dire.
- Il… n'existe aucun remède à ce sortilège, annonça Albus à voix basse. Il est ancré au plus profond de toi et il n'y a aucun moyen de le faire disparaître.
Les pensées de Harry s'horrifièrent immédiatement : il allait devoir vivre avec cette douleur insupportable toute sa vie ? C'était dont ça la punition du Seigneur des Ténèbres ? Il n'avait pas réussi à le tuer, alors il allait le faire souffrir autant qu'il le pouvait. Cette pensée lui donnait le tournis. Qu'avait-il donc fait pour mériter ça ?
- De plus, tes crises deviendront progressivement plus violentes, reprit douloureusement Dumbledore. En revanche, elles seront moins fréquentes. Et…
Submergé par l'annonce de son mentor, Harry releva la tête vers lui pour tenter de lui exprimer son incompréhension devant tant de cruauté, mais son sang se glaça instantanément lorsqu'il vit Albus, les yeux baissés sur son bureau et les mains tremblantes. Il comprit qu'il ne lui avait pas dit le principal. Et il sut instantanément qu'il ne voulait surtout pas entendre la suite. Il aurait voulu se lever et s'enfuir le plus vite possible de cette pièce qui ne lui annonçait que des malheurs, mais ses jambes refusèrent de bouger. Comme dans un film moldu, il vit le vieil homme relever lentement la tête et sentit sa vie suspendue au bout des lèvres de cette personne.
Ses yeux émeraudes rencontrèrent le bleu azur de ceux du directeur de l'Ordre au moment où il terminait son annonce :
- …leur violence fera que l'une d'elles finira par t'emporter.
TBC...
