Note
de l'auteur : Et oui, me revoilà après plus de
quatre mois d'absence ! Je n'ai jamais abandonnée cette fic,
je l'avais juste mise entre parenthèse durant un moment ! Mais
je compte bien la finir, même si ça doit me prendre un
an ! Elle devrait compter 10 chapitres plus le Prologue.
Pour me
racheter, voici un chapitre un peu plus long que les précédents
!
Enjoy :-)
Pada
P.S.: Et désolé pour la mise en page pourrie, mais je suis au bord de la crise de nerf avec ffnet qui refuse toute modification dans la mise en page du chapitre... ("-" pour les dialogues, saut de ligne,...). Si vous voulez cette histoire dans un zoli format Word, mon adresse mail est dans mon profil ! ;-)
Chapitre 6 : Et vivre
- Je vais mourir Hermione. Qu'est ce que je dois faire ?
Le regard de son ami se fit plus dur et obstiné lorsqu'elle lui répondit.
- Tu dois vivre Harry.
Un mot d'apparence ordinaire et simpliste, mais qui pour Harry prenait une connotation particulière à chaque fois qu'il l'entendait. Comment pouvait-on réapprendre à vivre lorsqu'on se savait condamné, que l'on ne passerait pas le prochain été ? Comment faire de nouveaux projets, continuer à se construire, à "vivre" dans tous les sens du terme, alors qu'on ne verra jamais les fruits de ses efforts ?
Sa conversation avec Hermione avait sonné comme un élément libérateur, et assez paradoxalement il se sentait bien mieux depuis. Le fait de se confier ainsi à une personne proche en qui il avait confiance lui avait fait le plus grand bien. Ron était certes son meilleur ami, mais Harry n'aurait pas supporté de craquer devant lui comme il l'avait fait. Il avait eu besoin de parler à quelqu'un qui avait la même sensibilité que lui, qui comprenait ce qu'il ressentait, et Hermione était vraiment cette personne. Il savait que leur relation était uniquement basée sur l'amitié, et c'est ce qui la rendait encore plus profonde et puissante.
Il avait promis à Hermione de ne pas se laisser aller et d'essayer de relever la tête, bien que tout deux sachent que ce ne serait pas facile. En échange, Hermione lui avait juré de n'en parler à personne à part Ron, estimant qu'il avait le droit d'être mis au courant. Le sujet devait ensuite être banni de leurs conversations.
La vie reprit donc son cours, aussi normale qu'elle peut l'être à Poudlard, et après un week end partagé entre l'entraînement intensif de Quidditch en vue du premier match de la saison contre Serdaigle et le travail scolaire, toujours aussi dense lui aussi, Harry entama une nouvelle semaine en débutant par un double cours de Défenses contre les Forces du Mal en spécialité. McLagan poursuivit son enseignement sur le sortilège de clairvoyance, qui permettait de détecter les pièges et personnes présentes dans une pièce, même protégés ou cachés par des sortilèges. Comme l'expliquait cet ancien Auror, ce sortilège avait déjà sauvé la vie de nombreux sorciers du Département de la Sécurité Magique et aurait pu éviter la mort de bien d'autres s'ils l'avaient connu et utilisé. C'était cependant un sort particulièrement difficile à pratiquer, qu'ils étudiaient en détail en spécialité Sortilèges. McLagan les mettait surtout en garde sur les conditions d'utilisation et la concentration extrême nécessaires à son application, notamment une attention absolue à l'environnement alentour. Après une heure de théorie, les 12 élèves de 6ème année étudiant la Défense et la Sécurité Magique (DSM) passèrent à l'application pratique, Harry tentant de démasquer le piège d'Ernie MacMillan et sa cachette.
Ils enchaînèrent ensuite avec un autre cours lié à leur orientation : un double cours d'éducation physique. Madame Bibine, qui dispensait déjà les cours de balai volant en 1ère année était également responsable de l'entraînement physique des 6ème et 7ème années de cette filière. Entre athlétisme, musculation et judo, ces 4 heures de sport par semaine n'étaient pas de tout repos et Harry en revenait à chaque fois en sueur et épuisé.
« Bah, t'avais qu'à être plus grand et plus costaud ! Va te plaindre ! » le taquinait régulièrement Ron en voyant Harry revenir le midi, éteint.
En effet, du fait de sa taille moyenne, et malgré l'endurance et la résistance physique que lui avaient apporté la pratique intensive du Quidditch, le judo restait toujours une épreuve difficile pour Harry, ses partenaires étant presque tous plus grands et plus forts que lui. Il terminait presque régulièrement le cours à l'infirmerie, dont une fois pour une épaule déboîtée après qu'un Serpentard (NDR : et oui il y en a un dans cette orientation !) l'ait fait particulièrement mal retomber lors d'un entraînement de judo.
Aujourd'hui il n'y avait pas eu d'incident, le cours ayant été centré sur la course d'endurance, le sport –après le Quidditch- où Harry était le meilleur. L'objectif était d'effectuer 4 fois le tour du parc le plus rapidement possible, avec à la clé 20 points pour le plus rapide, 10 pour le second et 5 pour le troisième. Harry s'était glissé tant bien que mal sur la dernière marche du podium.
De retour dans la Grande Salle pour déjeuner, il retrouva Ron –il avait choisi d'étudier le Droit et la Politique Appliqués dans le Monde de la Magie (DPA2M)- et Hermione –l'orientation Relations et Contacts avec les Moldus semblait parfaitement lui convenir- qui sortaient de leurs cours de spécialité. Hermione se plaignait une fois de plus, pestant contre leur emploi du temps qui ne lui permettait pas de suivre une ou deux options supplémentaires dans d'autres filières.
« C'est vrai ! » cria-t-elle presque à Ron, « on ne peut même pas avoir une formation complète ! Je voulais continuer à étudier l'Etude des Runes et la Botanique en plus de l'Arithmancie, mais on ne peut prendre qu'une option supplémentaire ! J'ai demandé une dérogation à McGonagall, mais elle me dit que j'ai déjà suffisamment à m'occuper avant de prendre une autre matière, et que mon état d'épuisement à la fin de la troisième année aurait du me servir de leçon ! »
Ron la contemplait avec un air dépité, lui qui arrivait à peine à suivre avec ses matières ("Quelle idée d'avoir pris droit et politique" se répétait-il presque constamment) et qui avait l'impression d'être devenu une machine tant son temps libre lui semblait réduit.
A 14 heures, la cloche sonna la fin de la pause déjeuner et les trois Gryffondor prirent le chemin des cachots pour assister à leur cours de Potions.
"Ce n'est qu'une heure à passer" se disait Harry chaque fois qu'il pénétrait dans la pièce froide et mal éclairée.
Comme d'habitude Harry, Ron et Hermione s'installèrent au dernier rang, loin de Rogue, et comme d'habitude Rogue leur lança un regard noir. Comme d'habitude ce dernier inscrivit sans un mot l'exercice du jour au tableau, et comme d'habitude tous les élèves sortirent leurs ingrédients et commencèrent leur potion. Pour ne rien changer de la monotonie de ce cours, Rogue patrouilla lentement dans les rangs, ponctuant de remarques désagréables les élèves qui n'avançaient pas assez vite ou dont la potion ne prenait pas la bonne couleur. Et comme d'habitude Neville eut droit à une remontrance, Harry à quelques points en moins et Hermione dont la potion semblait parfaite ne reçut comme récompense que l'ignorance méprisante de son professeur.
« Londubat ! » aboya Rogue cinq minutes avant la fin du cours. « Vous êtes toujours aussi maladroit ! Regardez ce que vous avez fait ! Il y a du sang de Troll sur votre table ! Vous n'ignorez pas à quel point c'est difficile de s'en procurer, et pourtant vous en gaspillez bêtement ! Cela vous coûtera une heure de retenue ce soir pour réparer ça. »
Neville, qui ne craignait presque plus son professeur détesté lui lança un regard noir, et lorsque Rogue eut le dos tourné, il eut droit à une belle giclée de sang de Troll sur sa cape. Seamus ne put s'empêcher de sourire et Dean pouffa.
« Quelque chose vous amuse Thomas ? » demanda Rogue en se retournant vers le Gryffondor.
« Non Monsieur. »
« Alors cessez de pouffer comme un imbécile et aller ramasser les fioles de vos camarades. Vous pouvez ranger vos affaires. Et Longdubat, n'oubliez pas : 20 heures ce soir. Cela me contrarierait beaucoup que vous soyez en retard… »
L'heure suivante passa beaucoup plus vite pour Harry, le cours de Sortilèges de Flitwick étant de plus en plus intéressant depuis qu'ils avaient abordé les sortilèges réservés aux sorciers de deuxième cycle. Finis les Alohomora et autres Nox, désormais ils s'attaquaient à des sorts puissants, d'utilité très diverse : cela allait de la réparation d'une horloge magique aux bases du transplanage, en passant par des versions avancées des sortilèges d'attraction, de déplacement d'objets ou encore de rangement.
La séance d'aujourd'hui était un contrôle pratique, durant lequel ils devaient réaliser un domptage de lutins nains de Nouvelle Zélande, fraîchement importés de l'autre bout du monde. Le premier objectif était de les localiser, leur taille limitant les plus grands d'entre eux à quelques centimètres, ce qui demandait d'utiliser le sortilège d'agrandissement des animaux magiques conscients, nouvellement appris. Ensuite, ils devaient leur faire subir un test d'immobilité, puis de persuasion, avant de pouvoir enfin leur lancer le dernier sortilège qui allait les rendre dociles envers leur dompteur. Harry ne s'en sortit pas trop mal et quitta la salle assez fier de lui, ce qui ne lui était pas arrivé depuis un long moment. Ron jubilait tandis qu'Hermione paraissait déçue.
« Mon lutin n'était pas très sympathique, je ne crois pas qu'il soit bien dressé, » lança-t-elle tandis qu'ils sortaient dans la cour pour la récréation. « Lorsque je lui ai demandé de sauter à cloche-pied devant lui, il a sauté à pieds-joints… »
« Mon Dieu Hermione ! C'est catastrophique ! Je crois qu'il faut que tu y retournes tout de suite, avant que ton lutin cannibale ne dévore le professeur Flitwick ! » s'affola Ron avant d'éclater de rire devant le regard de son amie.
La deuxième partie de l'après-midi fut répartie entre un cours de Métamorphose soporifique, malgré les exploits que réalisait le professeur McGonagall, et un cours sur l'Initiation aux Métiers de la Sécurité Magique, en rapport bien entendu avec la spécialité d'Harry. La présentation des métiers était désormais terminée, et les élèves ressortirent du cours avec une dissertation à réaliser sur le métier qu'ils préfèreraient faire, avec argumentation, le tout pour le Jeudi suivant.
"Ca tombe bien, j'avais juste deux devoirs et une tonne d'exercices à faire en plus du Quidditch et de l'Occlumencie" bougonna Harry en arrivant dans la salle commune après sa longue journée. "J'aurais jamais le temps de tout faire, même avec l'aide d'Hermione…"
Mais malgré le poids du travail qui commençait à former une boule au fond de son estomac, il ne put s'empêcher d'éprouver une autre sensation, étrange mais agréable cette fois, qui avait un quelque chose d'ordinaire, de banal, de normal.
"Oui, une journée normale…" songea Harry. Une longue journée scolaire avec ses hauts et ses bas, ses professeurs antipathiques, les agréables, les cours ennuyeux, passionnants, le plaisir de regagner la salle commune le soir après tous les efforts, exténué. "Une journée normale… Depuis quand cela n'est pas arrivé ?…"
Un léger sourire se dessina au coin de ses lèvres alors qu'il prenait une grande inspiration en balayant la salle commune du regard. Il décida de s'accorder cinq minutes de repos en attendant Ron et Hermione, avant de commencer ses devoirs. De toute façon, il ne pourrait pas travailler très longtemps, McGonagall l'attendait pour son cours d'occlumencie à 19 heures. Cette simple pensée suffit à faire disparaître les maigres traces de joie et d'apaisement qui restaient sur le visage d'Harry.
Ron et Hermione choisirent ce moment pour pénétrer l'un à la suite de l'autre dans la pièce et se diriger vers Harry, affalé dans un fauteuil à proximité de la cheminée. Comme toujours ils n'étaient pas d'accord sur quelque chose, et ne tardèrent pas à demander l'arbitrage de leur ami pour désigner le vainqueur.
« Harry, » chuchota Ron à voix basse, « tu vas pas me croire, mais j'ai découvert quelque chose d'ENORME ! »
L'excitation pouvait se lire dans ses yeux, et il mourait visiblement d'envie de partager sa trouvaille avec Harry. Hermione, les bras croisés en un geste réprobateur, se tenait à l'écart. Harry haussa les sourcils vers le rouquin qui s'empressa de poursuivre.
« Je sais où se trouve l'entrée de la Tour du Scribe ! »
Cette fois, Harry releva la tête et fixa son ami.
« Vraiment ? »
« Eh oui mon vieux… »
La légende de la Tour du Scribe était célèbre parmi tous les élèves de l'Ecole. Il s'agissait d'une petite tour située sur une aile isolée du château, visible de l'extérieur mais dont il n'existait aucune entrée visible. Il était impossible d'y pénétrer par l'intérieur, et si l'on tentait de l'approcher par l'extérieur, en volant par exemple, on était mystérieusement et violemment repoussé dès que l'on se rapprochait d'une fenêtre ou du toit. Selon la légende, trois magiciens scribes arabes en voyage d'exploration parvinrent dans la région de Poudlard à la fin du Xème siècle. Ils se lièrent d'amitié avec Helga Pouffsoufle, à tel point que lors de la construction du château ils acceptèrent d'entreposer dans une petite tour l'ensemble de l'équipement superflu qu'ils avaient emmené avec eux, comme les tapis volant, la protégeant par de puissants sortilèges. Depuis, chaque élève de l'Ecole rêve de percer le secret de cette tour, mais les quelques uns qui y sont parvenus durant leur scolarité n'ont jamais voulu en parler par la suite. Les professeurs prétendent ignorer le secret, bien que tous les élèves soient persuadés qu'ils connaissent le moyen. Le dernier élève à avoir prétendu sérieusement en avoir percé le secret était Archibald Coorck, en 1953.
Harry lui même ayant tenté de nombreuses fois de s'approcher de la tour par divers moyens, souvent depuis son balai, avait toujours échoué, mais étrangement, l'annonce de Ron ne l'excita pas spécialement. Il se contenta de hausser les épaules et de demander :
« Comment as-tu trouvé ? »
Ron ne sembla pas relever le manque d'enthousiasme de son ami et répondit :
« Fred et George… Avec leur magasin de farces et attrapes, ils voient passer tout un tas de personnes plus ou moins louches et malicieuses. L'un d'elles prétend être Coorck, le dernier élève à avoir pénétré dans la tour, il y a plus de 40 ans. Fred et George ne le croient pas, mais ils m'ont quand même demandé d'aller vérifier ! T'imagines, si c'est vrai ? »
Ron tremblait tellement d'excitation qu'il avait du mal à ne pas crier à tout le monde sa découverte. Hermione restait à l'écart, les bras croisés, attendant la réponse d'Harry.
« Alors, tu viens ? » insista Ron.
« Non, je suis fatigué Ron. Et puis j'ai cours avec McGonagall dans moins d'une heure… »
Il avait répondu d'une voix un peu éteinte, les yeux dans le vague. Ron, en revanche, n'en croyait pas ses oreilles.
« Nan mais attends, je REVE ! Je te dis que j'ai peut-être le moyen de percer l'un des plus vieux secrets de Poudlard, et tout ce que tu me dis, c'est que t'es fatigué ! Allez, viens, on y va ! »
Ron commença à se diriger vers la sortie de la salle commune, mais Harry ne bougea pas d'un pouce, sous le regard désormais soucieux d'Hermione.
« Je suis vraiment crevé Ron. Demain peut-être… » dit Harry sans y croire.
Ron parut profondément déçu, presque blessé, que son meilleur ami refuse l'escapade et l'occasion d'avoir une formidable aventure à raconter. Mais il n'insista pas et resta debout à observer Harry. Celui-ci était de nouveau perdu dans ses pensées. Toutes ces pseudos aventures, ces ballades nocturnes, serrés sous la cape d'invisibilité de son père, ne l'intéressaient plus qu'accessoirement. Les récents évènements l'avaient fait mûrir peut-être plus vite qu'il ne l'aurait souhaité, et il n'avait plus envie de s'amuser comme auparavant. Se sentant observé, il leva les yeux juste pour voir Ron et Hermione détourner le regard. Il savait ce qu'ils pensaient : "Ca y est ! Il redéprime !" Ne supportant pas cette pitié, il se leva et partit avant que les deux Gryffondor n'aient le temps de le retenir. Il leur grommela à peine un vague "A tout à l'heure" avant de disparaître derrière le portrait de la grosse dame.
Et dire qu'il avait pu penser que tout était redevenu normal…
- Formidable Harry ! Vous avez fait des progrès stupéfiants !
Les compliments du professeur McGonagall étaient rares, même en cours d'occlumencie, et Harry apprécia celui-ci à sa juste valeur.
« Depuis quelques semaines que nous travaillons l'occlumencie, vous avez fait un bond de géant ! Mais vous pourriez en être déjà beaucoup plus loin si vous aviez fait vos entraînements correctement l'année dernière… » tempéra-t-elle.
« C'était Rogue qui me donnait les cours l'année dernière… » répliqua Harry.
« Je le sais bien, mais ce n'est pas une raison suffisante, » rétorqua McGonagall. « Quoi qu'il en soit, vous êtes sur la bonne voie. Encore quelques semaines, et je pense que vous serez parfaitement capable de fermer votre esprit aux agressions externes quand vous le voudrez. Vous n'avez pas fait de nouveaux cauchemars ? »
« Toujours pas… Voldemort m'évite en ce moment on dirait, » ironisa cyniquement Harry.
Le regard d'ordinaire dur de McGonagall se fit plus doux, mais Harry ne le remarqua pas, et, voyant que le cours était terminé, se prépara à aller dîner. Mais avant qu'il ne franchisse la porte de la salle de métamorphose, son professeur le retint :
« Harry, une minute s'il vous plaît… »
Harry détestait être appelé par son prénom par sa directrice de maison. Elle toujours si distante, froide -bien que juste-, cela sonnait un peu faux. Et il ne voulait pas être traité différemment, même si c'était uniquement pendant les cours d'occlumencie -il savait bien que McGonagall ne se permettrait jamais une telle familiarité devant la classe, à la fois pour elle et pour lui. Elle lui donnait les cours d'occlumencie depuis le début de l'année, Dumbledore n'ayant vraiment pas le temps de s'en occuper avec toutes les réunions au ministère, et ne voulant surtout pas renouveler l'expérience désastreuse de Rogue.
Harry se retourna.
« Je dois vous dire quelque chose… »
Il n'aimait pas ce genre de début de phrase…
« Le directeur a décidé d'informer les autres professeurs de votre… état, tout en leur ordonnant de garder le secret et de n'en faire aucune allusion ou référence, ni à vous, ni aux autres élèves. »
Et voilà, il savait que ça ne lui plairait pas.
« Il a fait ça ? » fulmina Harry, crispant les poings de colère.
« Oui, il a fait ça, » répondit sèchement McGonagall. « Il l'a fait dans votre intérêt Potter, pour que vous ne soyez pas embarrassé si vous veniez à manquer un cours et deviez vous justifier devant toute la classe. Je suis sûr que vous ne désirez pas ce genre de situation, n'est-ce pas ? »
Harry bouillait intérieurement. Une fois de plus, Dumbledore, malgré toutes ses belles promesses de vérité et de franchise, était passé derrière son dos.
« En effet, je ne le désire pas. Mais le directeur n'a pas jugé utile de me demander mon opinion au préalable ? Je suppose qu'il n'avait pas le temps ! » lança-t-il sardoniquement.
Il prit son sac et quitta la salle presque en courant, ignorant les appels de McGonagall lui demandant, puis l'ordonnant de revenir. Il se sentait trahi, une fois de plus. Il avait finalement réussi à pardonner à Dumbledore son comportement passé et était prêt à lui faire de nouveau confiance, mais une nouvelle fois, il l'avait l'horrible impression de ne pas pouvoir régir tout ce qui touchait à sa vie, aussi superficiel que cela fut. Il se demandait souvent s'il ne réagissait pas de façon puérile, un peu à l'image de son comportement de l'an passé, mais ses émotions finissaient par le submerger et il n'arrivait plus à se concentrer.
Sur le chemin de la salle commune –il n'avait plus aucune envie de manger-, il tomba nez à nez avec Rogue, qu'il faillit renverser au détour d'un couloir. Les deux sorciers se toisèrent un instant du regard, tentant de déterminer lequel était le plus agacé de voir l'autre.
« Dégagez Potter, » lança Rogue le premier.
« Sinon ? » répliqua Harry, n'ayant pas l'intention de se laisser marcher dessus.
Rogue approcha son visage tout près du sien pour lui murmurer d'un ton menaçant.
« Sinon je vous lance un sortilège tellement puissant que vous ne pourrez plus jamais vous rappeler qui vous êtes. »
Harry le dévisagea un instant, se demandant s'il serait effectivement capable d'un tel acte. Oui, il pourrait. Il ferait passer cela pour un accident et ne serait pas inquiété. Comme il ne bougeait pas, Rogue plongea lentement sa main dans sa poche.
« Le directeur m'a informé du mal qui vous frappe, » dit-il sans aucun signe de compassion, mais sans méchanceté non plus. « Allez-vous vraiment mourir ? »
Harry se demanda si Rogue le provoquait par jeu ou pour voir jusqu'où il tiendrait. Mais il ne lui laisserait pas le plaisir de le voir craquer. Il baissa les yeux en répondant, les dents serrées :
« Oui c'est vrai, » avant d'ajouter, intérieurement : "Au moins je n'aurais plus à vous supporter.".
« C'est dommage… » répondit Rogue avant de partir sans se retourner.
Harry se sentit prêt à sortir sa baguette pour lui faire payer la cruauté de sa dernière parole mais ne put bouger, intrigué par le ton avec lequel Rogue l'avait prononcée. Il n'y avait aucune méchanceté, aucun sadisme dans sa déclaration, juste une constatation un brin fataliste, presque attristé. Déboussolé, Harry se retourna, mais son professeur avait déjà disparu. Il resta quelques instants immobile dans le couloir, à repenser aux derniers mots de la personne qu'il haïssait le plus à Poudlard.
Harry n'était pas prêt de pardonner à Dumbledore sa dernière action, et cette idée se renforça en lui dès le lendemain. Le cours de potions en début de journée se déroula étrangement, Rogue ne semblant pas vouloir le regarder et l'ignorant, bien qu'Harry sentit que ce n'était pas la même ignorance méprisante que d'habitude. Puis il arriva ce qu'il redoutait depuis la veille : tous ses professeurs changèrent d'attitude à son égard, chacun à sa manière, Mrs Chourave en lui souriant gentiment de temps en temps, mais jamais devant la classe, McLagan lui rajoutant des points pour rien, ou encore Flitwick qui ne cessait de lui poser des questions simples auxquelles Harry répondait sans difficulté, rendant son professeur euphorique, et gagnant de nouveaux points. En rentrant à la salle commune le Mardi soir, Harry se rendit compte qu'il avait amassé en une journée plus de points qu'en une quinzaine de jours de cours. Dépité et pestant contre le comportement paternel du directeur de Poudlard, il s'isola dans un coin de la salle commune toute la soirée pour travailler aux côtés de Ron et Hermione qui évitèrent soigneusement de le contrarier.
Son attitude perdura durant toute la journée du Mercredi, au point que l'entraînement de Quidditch en préparation du match contre Serdaigle ne le calma pas totalement. Même durant les périodes de repos où il était seul, une sorte de rage intérieure bouillait inconsciemment et l'empêchait d'être entièrement calme et reposé. Le seul avantage de cette situation était qu'elle lui sortait de l'esprit le compte à rebours qui grignotait implacablement, seconde après seconde, le temps qu'il lui restait à vivre. Mais ceci ne devait pas durer longtemps, jusqu'à ce qu'il tombe sur le professeur McGonagall l'attendant dans le hall.
« Le directeur veut vous voir Potter. »
Le regard d'Harry se fit perçant et étincelant, la fatigue résultant de l'entraînement s'étant instantanément dissipée.
« Maintenant ? »
« Oui Potter, maintenant. Suivez-moi. »
Traînant son Eclair de Feu derrière lui, il se dirigea vers le centre névralgique du château. McGonagall le laissa devant la porte d'entrée du bureau, derrière lequel il découvrit Mrs Pomfresh et Dumbledore, semblant l'attendre depuis quelques instants. Les deux sorciers se dévisagèrent un instant, mais Harry ne put rien lire sur le visage de son directeur. Il lui demanda seulement de s'asseoir. Obéissant, le jeune Gryffondor posa son balai contre le mur et prit place dans un fauteuil.
Se pouvait-il que Dumbledore l'ait convoqué pour lui faire des excuses ? Ou tout du moins s'expliquer ? Au vu de la présence de l'infirmière de l'école Harry en doutait. Il s'attendait plutôt à des nouvelles moins gaies sur son état de santé.
« Je sais que tu es fatigué Harry, alors je ne te retiendrai pas très longtemps. »
Il ne semblait vraiment pas vouloir s'excuser, songea Harry. Il allait sans doute lui dire que son état avait empiré et qu'il était condamné d'ici deux ou trois semaines…
« J'ai beaucoup discuté avec le professeur Kent, de l'Institut Médical Magique, tu te souviens de lui ? »
Harry eut la fugace vision d'un fou en blouse blanche brandissant un serpent l'étouffant avant de le rendre transparent et d'observer la rotation de ses globes oculaires dans ses orbites.
« Oui, je m'en souviens. »
Dumbledore parut légèrement hésiter avant de poursuivre.
« Il m'a exposé tous les faits concernant le sortilège que tu as reçu, et bien qu'il soit d'origine inconnue, je pense qu'il n'est pas impossible d'y trouver un remède… »
Harry sourcilla.
« …et c'est pourquoi avec Mrs Pomfresh nous avons décidé de nous lancer dans des recherches durant notre temps libre. Nous espérons trouver un contre sortilège qui te libérerait de l'emprise de ce maléfice… »
Dumbledore le fixait à présent profondément dans les yeux.
« Je ne promets rien, poursuivit-il, mais nous allons essayer. Les spécialistes de l'IMM ont également lancé des projets d'études. »
Harry sentait la tête lui tourner, tant les pensées s'y bousculaient. Il allait vivre ! Il allait pouvoir se débarrasser de cette peste qui le rongeait depuis près de deux mois, pouvoir continuer à s'amuser, faire du Quidditch, devenir Auror, connaître un tas d'aventures ; il n'était plus condamné à compter les jours et attendre une mort pleine de souffrance. Un immense sentiment de gratitude l'envahit en même temps que le bonheur d'être vivant : Dumbledore, malgré tout ce qu'Harry avait pu penser de lui, allait sacrifier son temps pour le sauver, pour qu'il puisse vivre. Et puis, il s'agissait de Dumbledore, du plus grand sorcier de notre époque, celui qui avait le pouvoir de résoudre tous les problèmes, celui qui avait terrassé le terrible Grindelwald, celui qui avait toujours été craint par Voldemort, celui qui veillait sur son école depuis un demi siècle. C'était aussi celui qui lui avait caché son histoire pendant cinq ans, celui qui n'avait pas découvert que Quirell abritait Voldemort, que Maugrey n'était qu'un Mangemort déguisé, c'était celui qui n'avait pas pu sauver Sirius…
"Redescends sur Terre Harry !" lui murmurait une petite voix désagréable au creux de son oreille. Dumbledore n'est pas omnipotent, et contrairement à ce qu'il avait pensé quelques années auparavant, il n'avait pas tous les pouvoirs. De plus, l'Ordre du Phénix et Poudlard lui prenaient tout son temps libre et il n'aurait sans doute que peu de moments pour s'occuper de son cas. Et puis après tout, il n'y avait aucune raison qu'il sacrifie de son temps si précieux pour quelqu'un comme lui…
L'euphorie de l'espoir avait laissé place à l'amertume de l'implacable réalité. Il releva la tête vers Dumbledore et Mrs Pomfresh. La gorge nouée, il articula :
« Merci. »
« Ne me dis pas merci Harry, s'il te plait, je ne le mérite vraiment pas. Je sais que tu ne voulais pas que j'informe tes professeurs de ta situation, mais crois moi si tu veux, je l'ai fait en pensant que tout cela serait moins lourd à supporter pour toi. »
Comme depuis quelques temps, Harry ne sut que penser du vieil homme. Il le haïssait, avant d'éprouver un infini remerciement à son égard pour tout ce qu'il faisait pour lui. Il était devenu en quelque sorte le père qu'Harry n'avait jamais connu.
Il quitta le bureau du directeur en silence, et s'engouffra dans le couloir. Les mêmes pensées commençaient à resurgir dans son esprit, toujours les mêmes craintes, les mêmes incompréhensions qui s'invitaient en lui à chaque fois que l'annonce de son sort réapparaissait. Elles avaient pris une si grande place en lui qu'il ne parvenait plus à penser à autre chose, à s'en détacher pour rester objectif et analyser la situation. Tout ce qu'il voyait désormais c'est qu'il allait certainement mourir, qu'il ne pouvait rien y faire et qu'il devait s'y préparer tout en continuant à vivre comme si de rien n'était.
Oui, Hermione lui avait demandé de vivre. Mais vivre, ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. On existe, constamment, mais on ne vit pas toujours… "L'essentiel n'était pas de vivre mais de bien vivre, songea Harry. Oui, mais à quel prix ?"
Tout se brouilla une nouvelle fois et Harry se sentit brusquement las. Il n'avait plus envie de penser, il voulait dormir d'un sommeil apaisé, un sommeil où les problèmes de la vie n'ont pas leur place, un sommeil de rêves calmes et de quiétude. Mais il n'avait même plus la force de retourner à sa salle commune. Alors il marchait, lentement, sans but, errant tel un futur fantôme dans les couloirs du vieux château.
Il finit par se retrouver devant une porte, et, voulant savoir où ses pas l'avaient inconsciemment mené, il pressa la poignée et pénétra dans les toilettes des filles du deuxième étage. La pièce n'avait jamais changé depuis qu'il avait découvert le passage secret pour la Chambre des Secrets, au détail près que son entrée était à présent scellée magiquement. Harry songea un instant à Graup, quelque part sous le château, Hagrid lui contant une berceuse pour l'endormir.
En dépit de la notoriété renforcée des toilettes des filles du deuxième étage depuis 3 ans, elles restaient inutilisées, Mimi n'ayant jamais voulu déménager et harcelant sans cesse toutes les personnes lui déplaisant qui osaient profaner son lieu de repos éternel. Ayant d'ailleurs entendu la porte s'ouvrir, elle apparu à travers une cloison. Son horrible visage boutonné s'illumina à la vue du jeune sorcier.
« Harry ! » s'exclama-t-elle. « Tu viens me tenir compagnie ? Comme c'est gentil ! »
« Bonjour Mimi, » répondit doucement Harry.
Mimi le dévisagea un instant puis exulta :
« Ooohhh ! Tu ne vas pas bien ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu te sens seul et malheureux comme moi ? Hihihihi ! »
Harry ne répondit pas et partit s'asseoir dans un coin de la pièce. Un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. Il trouvait assez révélateur le fait qu'il se soit inconsciemment rendu ici, le seul endroit du château où l'on était certain de rencontrer un fantôme, de rencontrer une personne qui était morte…
« Mimi… Qu'est-ce que… Qu'est-ce que ça fait de mourir ? » finit-il par articuler à voix basse.
La jeune fille fantôme parut un instant scandalisé par cette question, croyant qu'Harry se moquait d'elle. Elle s'apprêtait à lui répliquer et à partir pleurer dans ses toilettes quand elle vit l'air abattu du jeune sorcier. Elle s'approcha en tournant doucement autour de lui et en lui murmurant :
« On ne sent rien, plus rien du tout, chuchotait-elle. Plus d'odeurs, plus de douleurs, plus de saveurs. Hihihi ! Tu vas te sentir perdu au début ! Tu perdras tous tes repères. Mais ne t'inquiète pas, je serais là et je te guiderai si tu veux rester avec moi dans mes toilettes ! »
Harry se renfrogna encore un peu plus.
« Et ce choix à faire ? » demanda-t-il, se souvenant de sa discussion avec Nick après la mort de Sirius. « Si je reste un fantôme, je ne pourrais jamais intervenir sur le monde des vivants ? »
Mimi semblait au bord de l'extase : pouvoir parler de son expérience personnelle était rare et elle était heureuse d'entendre Harry parler de sa mort. Elle ne serait bientôt plus seule ici.
« Tu ne pourras plus jamais rien faire pendant ttrrèèss longtemps, lui susurra-t-elle à l'oreille. Tu ne pourras que parler et traverser des objets et des personnes, et aussi flotter dans les airs. C'est déprimant non ? Tu vas adorer ! »
Harry commençait à se sentir vraiment mal. Les paroles si joyeusement prononcées par Mimi le mettaient mal à l'aise et il se sentit oppressé. Il n'aurait pas du venir ici, Mimi ne lui avait rien apporté de bon.
"Hey ! Harry, où vas-tu ? Tu me quittes déjà ? » se désola Mimi en le regardant se diriger vers la porte de sortie.
Mais Harry ne répondit pas et parti dans le couloir, laissant une Mimi extatique, un grand sourire sur les lèvres.
- Livre page 49, chapitre 3 : l'héritage des Mages noirs, lança Walter Whitoof à ses élèves.
Le professeur Whitoof était un homme relativement jeune, d'une quarantaine d'années, au teint déjà pâle des gens qui travaillent trop en intérieur, les cheveux grisonnants et au visage rond. Il enseignait l'Histoire de la Magie Noire en spécialité, et était ce qu'on pouvait appeler un passionné. Grand historien réputé, il s'occupait de cette matière parallèlement à ses recherches sur les mages noirs, passés et présents. Durant ces deux heures hebdomadaires, il s'efforçait de transmettre sa passion à ses élèves, de leur faire comprendre l'intérêt que ces grands personnages de l'histoire représentait pour nous aider à mieux comprendre notre présent. Sa passion virait parfois à l'obsession, notamment lorsqu'il parlait de Lord Voldemort, qui demeurait pour lui le plus grand Mage Noir de tous les temps, un être formidable et fascinant qu'il avait toujours rêvé de rencontrer pour mieux le comprendre. Harry pensait souvent qu'il ne serait jamais sorti vivant de sa rencontre avec le Seigneur des Ténèbres, et il ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'antipathie envers un homme qui vénérait les plus grands criminels de l'histoire de la Magie, et notamment celui qui avait tué ses parents. Il n'était d'ailleurs pas le seul à ne pas admirer son professeur, mais celui-ci ne connaissait pas la gène ni les sujets tabous et débordait tellement d'entrain et de motivation que son cours était l'un des plus complets et intéressants du programme. L'autre chose qu'Harry appréciait chez ce professeur était son professionnalisme : bien qu'ayant appris sa situation vis-à-vis de Voldemort, il n'avait aucunement changé de comportement avec lui, et Harry lui en était reconnaissant.
« Le cours d'aujourd'hui, comme vous pouvez le constater, porte sur l'héritage que les Mages Noirs ont voulu, et continuent à vouloir laisser après leur mort, commença-t-il. Aucun sorcier dans l'Histoire, hormis Nicolas Flammel, n'est parvenu à prolonger durablement la vie d'une personne, et rien ne laisse supposer que cela sera bientôt le cas. Les grands hommes de notre histoire, et notamment les mages noirs, ont donc voulu laisser leur empreinte dans le temps, d'une manière ou d'un autre. Si les "pacifistes" –pardonnez-moi l'expression- se sont mis à construire des monuments et des statues à leur effigie, à promulguer des décrets ou faire de nouvelles découvertes, cela n'a rien de comparable avec l'action de leurs opposés, bien plus grandiose et durable. Qui se souvient aujourd'hui de l'inventeur du sortilège de domptage des Hâbleurs de Thaïlande ? Personne. En revanche, tout le monde a encore en mémoire Herpo le Fou, la première personne à avoir créé un Basilic et par là même le Fourchelangue. Or ce Basilic, sous les ordres de son maître, fut responsable de la mort de centaines de personnes.
« On pourrait ainsi multiplier les exemples, et c'est un fait : on se souvient bien plus des gens qui ont commis des massacres que des bienfaiteurs qui ont inventé une potion repousse-cheveux ou taille-ongles. Quelques exceptions toutefois : Grindelwald notamment, qui avait tout pour devenir un grand Mage Noir, mais qui fut stoppé dans son élan par Albus Dumbledore, comme vous le savez tous. Mais si personne n'était venu contrecarrer ses projets, il aurait pu se révéler aussi puissant et meurtrier que peut l'être le Seigneur des Ténèbres actuel.
« D'où ma deuxième idée : aussi bizarre que cela puisse paraître à de jeunes gens comme vous, tuer des personnalités connues du Monde de la Magie a toujours été source de reconnaissance, quelle qu'elle soit. Cela ne vous semble pas très moral, n'est-ce pas ? Même si vous avez raison, vous devez savoir comment fonctionne le monde, ce qui le fait tourner, ses bons et ses mauvais côtés. Ce savoir est d'autant plus important que dans vos futurs métiers en rapport avec la Sécurité Magique, vous serez amenés à faire face à ce genre de difficulté. Tous les Mages Noirs et les êtres maléfiques ne sont pas enfermés à Azkaban, même si ceux qui y sont vous donnent un bon aperçu de ceux qui restent dehors. Car nos prisonniers ne sont que le reflet de notre société…
Au fur et à mesure que le professeur Whitoof débitait son cours, Harry commençait à s'enfoncer dans ses pensées, réfléchissant à ce qu'il venait d'entendre. Comme tous les psychopathes de son genre, Voldemort souffrait d'un manque d'affection et/ou de reconnaissance, ce qui le poussait à agir ainsi, mu de surcroît par le mal et la cruauté qui l'habitent et le motivent désormais. S'il cherche l'immortalité, c'est pour ne pas finir comme tous les autres Mages Noirs, trahis par le temps et la vieillesse.
"Et s'il réussissait ?" Cette simple pensée suffit à emplir de rage l'esprit d'Harry. Il allait bientôt mourir, et si personne ne pouvait arrêter Voldemort par la suite, et qu'en plus il acquérait l'immortalité, qu'adviendrait-il du monde sorcier ? Harry ne put s'empêcher de frissonner de fureur. Par-dessus tout ça, il était injuste que quelqu'un comme Voldemort vive alors que lui était condamné à ne pas fêter ses 17 ans. Non, Voldemort ne lui survivrait pas, il lui avait gâché sa vie, il n'allait pas en plus continuer à vivre tranquillement. Depuis sa petite enfance il n'avait cessé de souffrir à cause de la même personne, 16 années de peine et de désespoir, et tout ça pour quoi ? Pour mourir à cause d'une personne qui ne savait même pas s'il devait le tuer lui ou Néville ? Hors de question ! Il allait mourir, mais il emporterait le Seigneur des Ténèbres avec lui, ne serait-ce que par vengeance et pour observer l'expression de stupeur sur son visage au moment où l'immortalité lui échapperait à jamais.
Tel les plus grands Mages Noirs de l'Histoire, Harry Potter venait de décider de marquer de son empreinte indélébile le monde de la Magie en assassinant le plus puissant des Seigneurs des Ténèbres…
TBC…
