Note de l'auteur : Ce chapitre est écrit depuis un moment mais je n'ai pas pu le publier avant. Le chapitre 8 ne devrait pas trop tarder pour atténuer votre impatience ! ;-) Le dénouement approche petit à petit et tout va se précipiter dans le chapitre suivant ! Encore un peu de patience pour découvrir la fin de cette histoire !

A noter également que je ne prendrais pas en compte les éléments du Prince de Sang Mélé, qui devrait être sorti au moment où ce chapitre sera publié. Merci par conséquent de ne pas y faire mention (spoilers) dans vos reviews, car j'attendrais la version française !

Bonne lecture !

Pada

Chapitre 7 : Vivre ? Ce n'est pas vivre qui est difficile, c'est survivre.


Les premiers flocons de l'hiver vinrent se poser sur le terrain de Quidditch au moment où les 867 élèves de Poudlard prenaient place dans les tribunes du stade. Le mois de Novembre s'achevait en laissant place à la beauté immaculée du doux manteau neigeux qui recouvrirait bientôt toute l'Ecosse. Depuis plusieurs jours le temps contrastait insolemment avec l'humeur d'Harry, qui oscillait entre le noir de la nuit sans lune et un ébène sombre. Les derniers rayons du Soleil venaient caresser les jeunes visages emmitouflés dans les écharpes et manteaux, où illuminaient d'une douce chaleur les couloirs glacés du grand château.

Comme pour chaque match de Quidditch, et quelles que soient les équipes engagées, pas un élève de l'école ne manquait. Les garçons se ruaient tous sur les premiers rangs, prêts à savourer la rencontre qui allait suivre, particulièrement lors du premier match de l'année, afin de déterminer si les équipes avaient évolué et s'étaient améliorées durant les vacances, tandis que les filles les plus réticentes s'installaient en haut des gradins, certaines de passer un bon moment. L'un des éléments qui faisait de ce sport un phénomène de société mondial dans la communauté sorcière, était son imprévisibilité. Il se passait toujours quelque chose d'inattendu lors d'un match, sans compter sa durée, nullement prévisible. Bien que le vif d'or de Poudlard soit ensorcelé pour ne pas être trop difficile à attraper, chaque élève rêve au fond de lui de voir le match se poursuivre pendant des jours, comme c'est parfois le cas lors de matchs de championnat ou de Coupe du Monde.

L'arrivée du premier match de la saison à Poudlard tombait à pic, l'ambiance se révélant de plus en plus tendue au fur et à mesure que les semaines passaient et que les attaques de Mangemorts se multipliaient. La veille, ce n'était pas moins de 5 personnes, toutes sorcières, qui avaient été tuées, lors de l'attaque d'un groupe de sorciers indonésiens en voyage en Grande-Bretagne. Les Aurors et la Brigade de Sûreté Magique n'étaient arrivés que pour constater les dégâts et soigner ceux qui pouvaient l'être. A la suite de cette dixième agression depuis le retour officiel de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, Cornélius Fudge avait démissionné, acceptant enfin de céder sa place à une personne capable de prendre des mesures efficaces et draconiennes contre le Seigneur des Ténèbres et ses partisans. Le nom du prochain ministre, élu par le Magenmagot, serait connu Lundi, d'où l'absence d'Albus Dumbledore pour ce match afin de participer aux votes qui se déroulaient durant tout le week-end.

La distraction offerte par le match Serdaigle-Gryffondor avait donc tout lieu de changer les esprits de chacun, afin de retrouver la ferveur qui emplissait chaque fois le parc du château et se répercutait jusqu'aux confins de la Forêt Interdite. Les deux équipes étaient encore dans les vestiaires, et les capitaines en profitaient pour donner leurs dernières instructions. A Gryffondor, c'était Katie Bell, doyenne de l'équipe, qui avait hérité du rôle de Capitaine. Elle l'avait généreusement offert à Harry en début d'année, mais celui-ci avait refusé, prétendant avoir "trop à faire à côté". De l'équipe décimée par Dolores Ombrage l'année précédente ne restaient désormais que la Capitaine, le batteur Andrew Kirke, Ron (faute de meilleur gardien) et Ginny, qui avait accepté de rendre la place d'attrapeur à Harry pour devenir Poursuiveuse. Suite aux essais pratiqués par Katie au mois de Septembre, Dean Thomas avait été engagé comme second Batteur, et c'est Joanne Dubois, petite sœur du désormais célèbre gardien de l'équipe nationale d'Angleterre, qui avait hérité du dernier poste de Poursuiveuse. Elève de deuxième année, elle était promise à un avenir tout aussi brillant que son frère. Cette équipe remaniée devait à présent faire face à une équipe de Serdaigle rodée depuis deux ans déjà, sans changement majeur, et bien décidée à venir perturber le cycle habituel de victoires de Gryffondor et Serpentard grâce à son expérience.

Les deux capitaines venaient de terminer leur briefing, et les joueurs se concentraient quelques instants avant d'entrer sur le terrain. Harry partit s'isoler à l'écart du groupe, sous l'œil tendu de Ron. Il allait enfin pouvoir rejouer au Quidditch, après un an d'interdiction. Ombrage lui avait réellement retiré une part de lui-même en le privant de son balai pour toute l'année scolaire. Mais les retrouvailles n'en avaient été que plus intenses et merveilleuses. Il se souvenait encore de son premier envol chez les Weasley, l'été dernier. C'avait été comme une renaissance, une nouvelle vie qui commençait. L'adrénaline qui l'avait envahi au décollage le faisait toujours autant vibrer et lorsqu'il s'était reposé, une heure plus tard, il en tremblait de bonheur. Et depuis la rentrée, il ne passait jamais plus de deux jours, entre les entraînements et le vol pour le plaisir, sans monter sur son Eclair de Feu. C'était la seule chose qui lui permettait encore de tenir.

Ces souvenirs heureux pleins la tête, il ne vit même pas Cho au détour du couloir, et ce fut elle qui du l'éviter de justesse.

- Désolé ! s'excusa rapidement Harry, avant de réaliser qui se tenait en face de lui.

Cho le dévisagea, visiblement toujours un peu gênée. Toutefois, ce n'étaient pas les mêmes raisons que l'année précédente qui lui inspiraient cette attitude. Elle regarda Harry qui, malgré tous ses efforts pour bouger, perdit instantanément tous ses moyens. Elle avait toujours sa longue queue de cheval sombre, avec sa mèche qui lui tombait devant les yeux et qu'elle rabattait inlassablement derrière son oreille. Les traits fins de son visage et son regard l'hypnotisaient toujours autant, et la voir dans sa tenue de Quidditch moulante le ramena deux ans en arrière. Sans avoir besoin d'entendre un mot sortir de sa bouche, il sut qu'elle était redevenue la Cho dont il était tombé amoureux, la Cho souriante et un peu inaccessible qu'il avait rencontré en 3ème année, et que la personne perturbée ne sachant faire que pleurer et parler de Cédric avec qui il était "sorti" avait disparu aussi rapidement qu'elle était née. L'été avait du lui changer les idées, puisque le seul contact qu'Harry avait eu avec elle depuis la fin de l'année scolaire était une lettre qu'elle lui avait envoyée pour son anniversaire, dans laquelle elle s'excusait de son comportement parfois étrange de l'année passée, ainsi que l'attitude de son "ex-amie" Marietta, désormais bannie du cercle de ses connaissances. Elle avait achevé son courrier en lui disant qu'elle serait très heureuse qu'il revienne discuter de temps en temps avec elle.

Harry n'avait pas réellement compris la raison d'être de cette lettre, mais s'était dit qu'après tout, si cela avait pu la soulager de lui écrire, tant mieux pour elle. Et effectivement, ses petits yeux bridés semblaient pétiller de nouveau, et elle paraissait avoir retrouvé un peu de bonheur à la vie. Mais à présent qu'il se retrouvait seul face à face avec elle, il ne savait pas quoi dire. Il se maudissait intérieurement mais cela ne lui apportait pas d'idée pour lancer la conversation. Il ne pouvait détacher ses yeux des siens, et mit un moment avant de se rendre compte qu'il en était de même pour elle.

Le coup de sifflet de Mrs le sortit de sa léthargie et il détourna le regard. Sans un mot il voulut emprunter le couloir menant aux vestiaires, mais Cho avait eu la même réaction que lui et ils faillirent de nouveau se percuter. Reculant instinctivement, ils lancèrent en même temps :

- Vas-y.

Puis, maladroitement, ils parvinrent finalement à passer l'un derrière l'autre pour regagner le vestiaire, évitant les regards des autres, et sous celui sourcilleux de Ron. Mais personne n'eut le temps de faire une remarque, puisque les deux équipes pénétrèrent sur le terrain. Les encouragements des supporters de Gryffondor, et les sifflements de ceux de Serpentard ramenèrent Harry à la réalité, et il retrouva ses esprits, la neige glaciale descendant lentement du ciel lui brûlant les joues. Il essaya de se concentrer sur le match, mais ses yeux étaient inexorablement attirés vers sa gauche, là où se tenait l'équipe adverse. Il tenta de se contrôler, se demandant pourquoi il lui était si difficile de se concentrer sur une petite balle dorée plutôt que sur une fille, mais la lutte était dure.

Le combat fut cependant bouleversé au moment où le match commença, et les 14 joueurs s'envolèrent, le vent et l'adrénaline une fois en l'air ne laissant aucune chance à quelque chose d'aussi étrange et compliqué que les relations avec les filles.

Harry partit dans la direction opposée à celle de Cho et se mit en quête du Vif d'Or. En y pensant, il n'était cependant pas pressé de voir le match se terminer ; il était si bien dans les airs, à ne songer qu'au Quidditch. Le match se déroulait devant ses yeux et il s'efforçait de s'y intéresser. Ron semblait toujours aussi stressé, et son manque de confiance lui causait d'une part des buts de la part des Poursuiveurs de Serdaigle, d'autre part des remontrances de la part de Katie, et enfin, ce qui était sans doute le pire, l'entonnement par les Serpentard de la chanson "Weasley est notre Roi". Les trois Poursuiveuses, de leur côté, impressionnaient par leur niveau de jeu, les Serdaigle ne parvenant pas à compenser les buts qu'ils se prenaient par ceux qu'ils marquaient. En moins de 10 minutes de jeu, le score était déjà de 50 à 40 en faveur des Rouges. Le public, pour sa part, exultait devant un tel match.

Soudain, il aperçut Cho qui venait de partir en piqué. S'en voulant de s'être attardé sur le déroulement du jeu, il déploya toute la puissance de son Eclair de Feu pour parvenir au point brillant qu'il voyait à présent scintiller à une cinquantaine de mètres de lui. Le Vif d'Or bifurqua soudainement sur la droite et longea l'une des tribunes de supporters. Harry fut plus vif à réagir et se rapprochait désormais de la petite balle sans être inquiété par sa concurrente. Il voyait le point jaune foncer sur une autre tribune. Plus que quelques mètres et il la tiendrait dans sa main... Elle était presque à portée… Encore un mètre… Il fallait qu'il l'attrape avant de percuter la tribune… Quelques centimètres…

Une douleur déchirante lui transperça l'épaule et il sentit instantanément le sang chaud gicler à travers sa tenue de Quidditch. La douleur était si vive et arrivée si rapidement que sa vue en était brouillée, et son bras meurtri glissa du manche du balai. Il parvint à distinguer, trop tard, la tribune qui se rapprochait, trop proche pour pouvoir l'éviter. Il s'écrasa de toute la vitesse de son balai contre les planches de bois, au point de les transpercer, avant de chuter pour tomber lourdement sur la pelouse, déjà inconscient, les lunettes brisées, le sang couvrant son visage et maculant sa tenue.


- Monsieur, il a voulu me tuer !

Le cri d'Harry résonna dans le grand bureau. Albus Dumbledore posa patiemment son regard sur le jeune sorcier.

- Je le sais, Harry. Et des mesures disciplinaires ont été prises contre Mr Malefoy.

- Des mesures disciplinaires ? répéta sardoniquement Harry.

Tout son être se révoltait devant le directeur.

- Si c'est Rogue qui s'en occupe, j'imagine très bien le genre de mesure ! poursuivit-il ironiquement.

- Je me charge personnellement du cas de Mr Malefoy, et je t'assure Harry qu'il ne pourra pas s'en sortir sans conséquences. Le projectile qui t'a blessé a été ensorcelé pour agir comme une arme à feu moldue –une arme destructrice horrible-, et c'est un acte d'une grande gravité, que je sanctionnerai comme il se doit.

Harry gardait un air sceptique. Il ne comprenait pas pourquoi Malefoy n'était pas renvoyé. Il avait tenté de le tuer, d'abord en lui "tirant" dessus à la manière moldue, puis lorsqu'il s'était écrasé contre la tribune, et enfin en tombant sur la pelouse. Il s'en était sorti avec une épaule transpercée, un genou déboîté, le nez, la mâchoire, la clavicule et trois côtes cassées, le tout accompagné d'une nuit à l'infirmerie pour soigner ses blessures. Tout son corps le lançait encore, comme s'il avait été brisé en mille morceaux. Cette sensation désagréable lui rappelait l'après Doloris, lorsque le corps est encore meurtri et engourdi par le sortilège.

Son Eclair de Feu, par chance, semblait s'en être sorti sans dommage, mais il tardait à Harry de reprendre la voix des airs pour constater les éventuels dégâts. La fin du match avait été reportée à une date ultérieure, et Malefoy avait été pris en flagrant délit, sans chercher à se cacher ou à fuir, comme s'il revendiquait insolemment son acte. McGonagall lui avait retiré 100 points, avant d'admettre que la situation ne relevait plus de sa responsabilité.

Aujourd'hui, deux jours plus tard, Dumbledore était de retour pour prendre en main cette affaire, et Harry s'était empressé d'aller le voir, à l'origine pour lui parler de son projet de détruire Voldemort, motivation décuplée par l'action de Malefoy, bien que ce dernier soit rapidement devenu le centre de la conversation.

- Et concernant mon projet ? demanda-t-il plus calmement, pour changer de sujet.

Le regard de Dumbledore s'assombrit et fixa le sien.

- Tu connais déjà la réponse je crois, n'est-ce pas ? Je ne peux appuyer ta décision, bien que je la respecte. Tu sais que je continue des recherches de mon côté, aussi souvent que faire se peut, et j'espère que nous trouverons un moyen de conjurer le sort avant que tu ne sois contraint d'arriver à de telles extrémités.

Il se leva et contourna son bureau pour venir s'asseoir devant Harry. Il prit ses mains dans les siennes.

- On ne peut pas dire que tu ais eu une vie facile, et tu as déjà tant fait pour tout le monde que nous n'avons pas le droit, si tant est qu'il nous reste une once de moralité, de te demander plus que ce que tu as déjà accompli.

Harry le regarda, l'air résigné.

- Mais… tant de choses dépendent de moi… Si je ne détruis pas Voldemort, qu'arrivera-t-il ? Si je meurs sans avoir pu, ou tout du moins tenté, de le briser, qu'adviendra-t-il du monde de la Magie ? Sera-t-il toujours invulnérable après ma mort ?

Il cherchait des réponses et des conseils dans les yeux du directeur, mais cette fois, il n'y avait rien qui puisse l'aider à faire son choix ; l'immense expérience du vieil homme se trouvait devant une situation qu'il n'avait jamais eu à affronter. Harry sentit sa main se crisper imperceptiblement sur son épaule, signe d'impuissance de son mentor. Il reprit la parole.

- Et puis… je ne peux plus attendre sans rien faire. Ca m'est insupportable, vous comprenez ? Il faut que je fasse quelque chose ! Il y a des années qu'il essaie de me tuer, des années qu'il m'attaque sans que je ne lui réponde ! Il faut que je me venge, que je venge tous ceux qu'il a fait souffrir, tous ceux qu'il a tué… et tout ce qu'il m'a pris…

Sa voix ne tremblait pas. Son regard, en revanche, brillait d'une froide lueur, à la fois tinté de tristesse, d'amertume, de vengeance et de haine. Dumbledore en fut presque effrayé. Oui, Voldemort lui avait pris la plus belle chose qu'il possédait : son innocence. Le vieux directeur en fut encore plus accablé et attristé, de voir celui qu'il s'était toujours efforcé de protéger en venir à de si noires pensées et de telles extrémités. Il se rendit alors compte que Harry lui avait échappé, qu'il venait le voir mais qu'il n'était plus le même. Avoir à supporter tant d'horreur en si peu de temps l'avait profondément marqué, et fait mûrir bien trop vite. Ses yeux brillaient presque de larmes lorsqu'il lui répondit :

- Je ne peux plus t'aider Harry… Ce choix, c'est le tien, je ne peux décider à ta place. Mais sache que malgré tout ce que les autres peuvent dire, tu ne leur dois rien, ne te sens investit d'aucune responsabilité. Tu as le droit toi aussi de profiter de la vie. Parles-en avec tes amis, ils te connaissent, ils sauront t'aider à trouver la bonne voie.

Les sages paroles du vieil homme apaisèrent un peu l'esprit tourmenté d'Harry, qui abandonna pour un temps sa rancœur. Il réussit même à esquisser un triste sourire à l'attention d'Albus. Il le lui rendit avant de se lever.

- Je vais dire au professeur McGonagall qu'elle n'a plus à se soucier de te donner des cours d'occlumencie ; je m'en chargerais personnellement.

Harry sourcilla mais ne dit rien. McGonagall ou Dumbledore, cela ne changeait pas grand-chose, du moment que ce n'était pas Rogue. Il songea tout de même qu'il aurait peut-être plus tendance à parler avec le vieil homme qu'avec sa directrice de maison. Puis, voyant que la discussion était terminée, il se leva, ramassa son sac, salua le directeur et sortit.

Il n'avait pas fait dix mètres dans le couloir qu'il se sentit suivi. Il se retourna rapidement pour apercevoir Malefoy, le regard dur et un rictus mauvais au coin de la lèvre, qui le suivait tranquillement, de son air nonchalant. L'une de ses mains était caché dans les plis de sa robe, et Harry sut qu'il y dissimulait sa baguette. Les deux ennemis se toisèrent, gardant une certaine distance de sécurité. Le couloir était désert.

- Tu ne t'en sortiras pas toujours aussi bien Malefoy, lança Harry sans préambule, pour leur premier face à face depuis le match. Papa Mangemort et Rogue le lâche ne seront pas toujours là pour te protéger. Que feras-tu lorsque tu te retrouveras tout seul ? Hein ?

Il sentit la colère monter en lui tandis que Malefoy lui répondait de sa voix traînante.

- Je crois que tu te trompes de personne Potter. Ces paroles, elles valent pour toi ! Etre bon et gentil n'a jamais rien rapporté à personne. Regarde Diggory, il dégoulinait de bons sentiments et de valeurs pseudo chevaleresques, et ça ne lui a pas permis de tenir plus de dix secondes face au Seigneur des Ténèbres.

Le souvenir de ce soir de Juin resurgit brusquement dans l'esprit d'Harry, qui se trouva submergé par les réminiscences de la troisième tache, du cimetière, puis de la mort de Cédric et la renaissance de Voldemort. Il ferma les yeux un instant pour chasser ces visions avant de les rouvrir, fusillant le Serpentard du regard.

- Va te faire fou…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, son corps explosant avant. Tout recommença une nouvelle fois, il sentit ses muscles se crisper, ses articulations craquer, il convulsa, tentant vainement de se contrôler. Tous ses membres tremblaient d'une force telle qu'il était impossible de l'immobiliser. Et cette douleur qui l'aveuglait, cette douleur incontrôlable, insupportable, monstrueuse... Il tenta de prendre sa tête dans ses mains pour faire cesser la souffrance qui lui déchirait le crâne, mais ses spasmes étaient si intenses qu'il ne parvenait pas à se maîtriser. Il ne pouvait toujours pas crier, il n'en avait ni la force ni la volonté, il se contentait d'essayer de limiter les réactions de son corps face à cette nouvelle crise. Il ne savait plus combien il en avait fait depuis l'attaque, mais il était certain qu'elles étaient de plus en plus longues et douloureuses. Et pire, son corps possédant un seuil de résistance à la douleur inhumainement élevé, il s'évanouissait de plus en plus longtemps après le début de la crise.

Trempé de sueur, les joues ruisselantes de larmes, il releva la tête dans un sursaut et ne put que deviner la silhouette de Malefoy, partagée entre la peur et le ravissement. Peur devant un phénomène d'une violence extrême dont il ne connaissait pas les causes, se demandant si Harry n'allait pas se mettre à l'attaquer subitement ; ravissement de contempler son ennemi juré à l'agonie, incapable de se contrôler ni de se défendre. Avec un peu de chance, songeait-il, Potter finirait par y rester, et ni lui, ni le Seigneur des Ténèbres n'auraient à se salir les mains pour lui.

Le corps désormais prostré du jeune sorcier bascula sur la pierre froide du couloir en renversant une armure qui s'effondra dans un vacarme assourdissant. Malefoy, craignant être surpris devant celui qu'il avait tenté de tuer deux jours auparavant, s'enfuit en courant, laissant Harry sombrer seul, l'inconscience ayant finalement eu pitié de lui, l'accueillant à bras ouverts.


Malefoy était à genoux devant Lui, le suppliant de Lui accorder son pardon et de le gracier. A ses côtés, Dumbledore Lui demandait de se montrer magnanime afin de l'excuser de Lui avoir caché tant de choses. A perte de vue, connaissances et personnes inconnues se prosternaient devant Lui, Harry Potter, Grand Seigneur des Ténèbres, celui qui avait terrassé Lord Voldemort, avant de le canoniser en héros. Mais la pitié ne faisait plus partie de son vocabulaire depuis longtemps. Il tendit une main gantée vers Malefoy qui gémit et se recroquevilla sur lui-même avant de s'enflammer subitement et de brûler sur place, sans un bruit. L'assemblée présente se glaça avant de rapidement s'abaisser à en toucher le sol avec le front.

Il leva la tête, contemplant avec satisfaction le spectacle qui s'offrait à lui. De ses pieds à l'horizon lointain, sur l'herbe calcinée de la plaine, plus de 200 000 personnes lui vouaient un culte, contraints et forcés. Au fond, les ruines encore fumantes d'un vieux château millénaire étaient le seul point de rupture de la ligne des dos qui s'alignaient devant Lui. A sa droite, personne. Il n'avait besoin d'aucune aide. Il se leva, douloureusement et commença à marcher au milieu de la foule. Il s'arrêta devant un visage familier et ordonna à la personne de se relever. Les cheveux roux et l'air dégingandé de l'homme qui le dépassait d'une tête Lui disaient vaguement quelque chose, mais Il ne parvint pas à se rappeler où Il l'avait connu. Il le gifla avant de lui ordonner de s'agenouiller et poursuivit sa marche.

Au bout d'un moment, Il aperçut une silhouette, tendue et immobile, droit devant lui. Arrivé à sa hauteur, Il dévisagea l'homme qui osait insolemment s'élever à sa hauteur. Les quelques cheveux blancs ne cachaient pas une chevelure grasse et noire, et les rides de son visage ne pouvaient rien devant son nez crochu et son air sec. L'homme qui Lui faisait face Lui rappelait également quelqu'un qu'il devait avoir connu dans son Ancienne Vie, un être désagréable, Il en était sûr. Contre toute attente, cet impertinent lui tendit un grand miroir magique dans lequel Il plongea son regard. Son visage horriblement brûlé et mutilé lui apparu, ses cheveux carbonisés depuis longtemps, le vert de ses pupilles ayant également disparu au profit d'un rouge vif, tandis que ses narines s'étaient estompées pour laisser la place à deux fentes. Il n'avait pas de lunettes, et une cicatrice en forme d'éclair, symbole de son nouvel Empire, lui balafrait le front. Ne supportant pas d'affronter son visage, Il s'apprêta à mettre fin à l'existence de celui qui avait osé se mettre en travers de son chemin, lorsque son visage se brouilla avant de disparaître dans le miroir. Un autre se dessina, plus jeune de plusieurs années. Il avait la même cicatrice que Lui, ainsi que de grandes lunettes rondes, et ses cheveux en bataille lui cachaient le front. Il portait une robe noire aux revers rouges, et un Griffon y était brodé. Le regard pur et innocent des yeux verts qui le fixaient désormais le pénétra, et Il se sentit basculer en arrière à l'infini. Une désagréable sensation de nausée l'envahit et Il n'eut que le temps d'entendre l'homme qui Lui avait tendu le miroir lui murmurer quelques mots avant de sombrer dans l'inconscience.

"Il est temps de revenir."


Ce fut Rogue qui, alerté par le fracas de l'armure, trouva Harry inconscient au milieu du couloir. Il l'emmena à l'infirmerie avant de le ramener de l'état semi comateux dans lequel il était plongé. Enfin, il lui avait administré une potion réparatrice, malgré l'air désapprobateur de Mrs Pomfresh, qui maugréa que le Professeur de Potions n'avait jamais apporté rien de bon au jeune Potter. Malgré tout, elle avait du se rendre à l'évidence qu'Harry s'était rétabli plus vite que d'habitude, au point de quitter l'infirmerie le soir même. Comme prévu, Ron et Hermione l'attendaient de l'autre côté de la porte, et malgré leurs efforts pour dissimuler leur inquiétude, Harry remarqua bien les yeux rougis d'Hermione et le teint blême de Ron. Personne ne s'attarda sur le sujet cependant, et ils partirent dîner, Harry tentant vainement de plaisanter.

Le surlendemain marquait l'arrivée du mois de Décembre et le début du dernier sprint de travail avant les vacances de Noël. Après les cours du matin –dont deux heures de métamorphose particulièrement intenses-, Harry se rendit dans la Grande Salle, en pleine discussion avec Dean et Seamus à propos du nouveau Ministre de la Magie.

- Ils ont encore mis un politicien à la tête du Ministère ! s'indignait Thomas. C'est vraiment ce qu'il nous fallait en ce moment !

- Et tu aurais préféré qui ? répliqua Seamus. Un membre de Département de la Justice Magique, ou pire, du Département des Mystères ? Dans ce cas là, c'était couvre-feu tous les soirs et descente des Brigades de Sécurité Magique dans tous les foyers sorciers.

- Et alors ? Si on ne prend pas de mesures drastiques aujourd'hui, Tu-Sais-Qui ne va pas rester tranquillement dans son coin à nous attendre !

- Peut-être, mais si on donne tous les pouvoirs au Ministre, on peut dire adieu à notre liberté ! On finira avec un régime autoritaire ! Ca serait plus très différent de ce que fait Voldemort remarque, régner d'une main de fer !…

Dean tiqua. Comment pouvait-on être aussi borné ? Il jeta un regard à Harry qui suivait la discussion avec intérêt.

- De toutes façons, reprit Thomas, ce n'est pas avec celui-là qu'on aura des problèmes de liberté ! T'as pas entendu son discours hier ? Tu sais ce qu'elle prodigue comme méthode de lutte contre Tu-Sais-Qui ? L'enquête ! La patience et la recherche des Mangemorts, pour pouvoir remonter jusqu'au repère de Tu-Sais-Qui ! Comment si ça pouvait marcher !

Seamus se contenta d'hausser les épaules. Harry profita de cette pause pour s'introduire dans la conversation.

- Euh… C'est qui le nouveau Ministre au fait ?

Les deux Gryffondor le regardèrent, les yeux écarquillés.

- Tu lis pas les journaux ?

- Tu suis pas l'actualité ?

- J'ai pas eu beaucoup de temps cette semaine… répondit Harry en signe d'excuse. Alors ? insista-t-il.

Dean et Seamus prirent une grande inspiration avant de se lancer.

- C'est…

- Hildegarde Hopkins !

- Du Département de la Coopération Magique Internationale ?

- Exactement !

Harry parut soulagé, il s'était attendu à un autre Fudge, mais la présence d'une diplomate était moins pire que ce à quoi il s'était attendu.

- C'est plutôt bien alors ! dit-il. Avec les contacts qu'elle a dans toute la communauté magique internationale, ça ne peut qu'être bénéfique !

Seamus sourit tandis que Dean s'indignait.

- Tu crois ça ? C'est une "diplomate", tu sais ce que ça veut dire ? Beaucoup de blabla et pas beaucoup d'actions !

- Je trouve pas, rétorqua Harry. Rappelle-toi l'année dernière avec le cambriolage de l'ambassade magique de Grande-Bretagne en Afrique du Sud, elle n'avait pas hésité à envoyer des enquêteurs et même des agents de la Brigade de Sécurité Magique pour boucler l'affaire.

- Génial ! 2 pauvres enquêteurs débutants et 3 agents handicapés pour arrêter quatre paumés qui avaient trouvé une baguette par hasard.

- Mon oncle en faisait partie… lança Néville qui écoutait leur conversation.

Dean rougit instantanément, à en rendre jaloux Ron, avant de se confondre en excuses. Tout le monde éclata de rire, même Harry, qui se surprit à redécouvrir à quel point c'était agréable.

Le repas se déroula dans une ambiance joyeuse, la maladresse du batteur de Gryffondor ayant détendu l'atmosphère, et chacun en profita pour oublier une actualité toujours pesante. Ils oublièrent pour un temps les attaques de Mangemorts, l'inquiétude qui les rongeait chaque soir en s'endormant, de savoir si leur famille ne serait pas la cible des sbires du Seigneur des Ténèbres, de découvrir le lendemain quels seraient les nouveaux morts, les prochains à souffrir. La sécurité que leur apportait Poudlard leur était parfois plus pesante que d'être en première ligne aux côtés de leurs proches, ils se sentaient coupables d'être à l'abri. Alors ce midi là, ils chassèrent toutes ces pensées de leurs esprits et redevinrent ceux qu'ils avaient abandonnés lors du retour de Lord Voldemort. Ils blaguèrent comme des enfants, rirent de bon cœur, innocents à nouveau. Harry se sentit revivre en compagnie de ses amis, entouré de rires et de sourires.

Ce ne fut que lorsqu'il aperçut Ron et Hermione pénétrer dans la Grande Salle qu'il reposa les pieds sur terre. Ils arrivaient bien tard pour manger, mais qu'importe. Il se sentait de bonne humeur, et se dit que c'était le moment idéal pour leur parler de son projet. Il se leva, enjamba le banc et partit à leur rencontre.

- Je dois vous parler, lança-t-il à voix basse, arrivé à leur hauteur au milieu de la Grande Salle.

- Maintenant ? demanda Ron. Ca peut pas attendre après manger ?

Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes et Harry lui lança un regard sans appel en lui répondant.

- Non, je préfère qu'on en parle maintenant.

Ron se résigna, et les trois sorciers sortirent discrètement la Grande Salle, sans remarquer que Drago Malefoy venait également de quitter sa place…

Harry les conduisit dans une salle de classe désaffectée du rez-de-chaussée dont il ferma la porte. Il se retourna vers ses amis, l'air décidé, ceux-ci attendant avec un mélange d'interrogation et d'inquiétude ce qui avait tant d'importance pour que leur ami veuille leur parler si rapidement.

- Je… j'ai besoin de votre aide.

- Notre aide ? répéta Ron. A propos de quoi ?

Harry marqua un temps avant de leur répondre, un air de défi dans le regard, tandis qu'Hermione n'avait pas osé poser la question, par peur de connaître la réponse.

- J'ai décidé de tuer Voldemort.

Un silence assourdissant s'ensuivit, Hermione se contentant de le regarder tristement, Ron le contemplant d'un air incrédule.

- Mais… euh… Harry, comment ?

- Je ne sais pas. C'est pourquoi j'ai besoin que vous m'aidiez. M'aider à faire des recherches, savoir le maximum de choses sur Voldemort, sur ses faiblesses, connaître les adresses des Mangemorts connus, tout ce qui pourrait me mener à lui d'une part, et d'autre part tout ce qui pourrait me permettre de l'éliminer, m'améliorer en Sortilèges notamment.

Hermione étouffa un petit cri de surprise avant de blêmir.

- Harry, tu ne peux pas utiliser un Sortilège Impardonnable ! s'exclama-t-elle, devinant ses pensées.

- Et pourquoi ? rétorqua-t-il d'un air de défi. Quelle importance maintenant ?

Il baissa les yeux.

- Je l'ai déjà fait, ajouta-t-il dans un souffle.

Hermione se prit la tête dans les mains, comme pour se boucher les oreilles et se convaincre qu'elle avait mal entendu. Ron, pour sa part, n'était pas sûr de saisir l'enjeu de la discussion, sa portée et les conséquences de ce que venait de dire son ami. L'ambiance était lourde, mais Harry n'était pas ébranlé dans sa décision. Ce fut Hermione qui reprit la parole.

- Dumbledore t'as dit qu'il menait des recherches, avec les plus grands chercheurs du pays. Ils arriveront forcément à trouver quelque…

- Dumbledore a suffisamment à s'occuper à côté pour ne pas avoir en plus à se soucier de moi ! l'interrompit Harry.

- Il tient beaucoup à toi. Il te protège, il t'aime comme un père ! poursuivait Hermione, le suppliant de renoncer à son projet.

Le jeune sorcier secoua la tête, déclarant de manière définitive :

- Dumbledore ne peut pas m'aider. Tu ne comprends pas Hermione. Maugrey est toujours dans le coma, des gens meurent toutes les semaines, souffrent, et le seul qui peut arrêter ça, c'est moi ! Et qu'est-ce que je fais ? RIEN ! Absolument rien ! Et si je n'agis pas maintenant, il sera trop tard. Voldemort m'a tout pris : mes parents, mon parrain, mon destin, et maintenant il me prend le monde auquel je tiens… et ma vie.

Ron et Hermione le regardèrent, n'osant pas prononcer un mot, se contenant d'écouter en silence leur ami se confier à eux.

- C'est lui qui a organisé mon attaque en Septembre, lui qui a du inventer ce sortilège qui aujourd'hui me ronge lentement de l'intérieur, ce putain de sortilège qui me gangrène, qui me donne ces crises insupportables, ces crises qui finiront par me tuer !

Il criait, la respiration saccadée, les perles de sueur ruisselant sur son visage devant ses deux amis presque apeurés par son comportement. Il tenta de se calmer, de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus.

- C'est pour ça qu'il faut que je le tue, il a trop fait souffrir, il m'a trop fait souffrir. Pendant des années je me suis contenté de subir, mais cette fois c'est terminé, c'est à son tour d'être la victime.

Une lueur démoniaque étincelait dans ses yeux. Ron et Hermione ne savaient plus comment réagir, ils n'avaient jamais vu Harry dans cet état. Soudain, il sentit une présence, leva sa baguette et ouvrit la porte d'un coup de baguette. Malefoy se tenait derrière, visiblement surpris d'avoir été découvert durant son espionnage. Une pointe d'inquiétude se lisait sur son visage, à juste titre.


- Expelliarmus
! cria Harry. Wingardium Leviosa !

Malefoy décolla du sol, avant d'être projeté contre un mur et s'y écraser violemment.

- Harry ! Qu'est-ce que tu fais ? hurla Hermione. Arrête !

Le Gryffondor leva sa baguette vers le Serpentard, mais son bras fut stoppé dans son mouvement par Ron et Hermione, qui le bloquèrent pour l'empêcher de faire du mal à Malefoy. Celui-ci ne se fit pas prier, ramassa sa baguette et sortit en courant, sans demander son reste. Les deux sorciers relâchèrent leur ami qui tomba à genoux, épuisé. Il semblait vidé de toute force, comme s'il venait de livrer un combat particulièrement difficile.

- Il est en train de gagner, murmura Harry, le souffle coupé, les larmes d'effort, de rage et de peine lui coulant sur les joues. J'essaie de résister, mais je le sens, je suis en train de devenir comme lui…

Il leva la tête vers ses amis, qui ne savaient pas quoi lui répondre. Ils étaient aussi déboussolés que lui. Puis, dans un effort suprême, il se releva.

- Je… je dois y aller. J'ai entraînement de Quidditch à 14h…

Il quitta la pièce d'un pas lourd, sous le regard angoissé de Ron et Hermione, qui se regardèrent avant de jeter un œil à leur montre : 12h31.


Les jours qui suivirent furent pénibles pour Harry, les conséquences de ce que Malefoy avait découvert ne se faisant pas attendre. Il s'était empressé d'aller répandre la rumeur selon laquelle Potter était mourrant, atteint d'un mal incurable sans doute extrêmement contagieux, ce qui aurait expliqué ses absences. Peu importe, tout serait oublié après les vacances de Noël. Mais comme à chaque nouvelle rumeur le concernant, il sentit les regards des autres se poser de manière plus intense sur lui, quelques uns allant jusqu'à lui demander si ce que disait Malefoy était vrai.

- Tu penses sincèrement que Dumbledore me laisserait me balader avec vous si j'étais malade et contagieux ? se contentait-il de répondre, machinalement.

Il passait beaucoup de temps avec Dean et Seamus, notamment depuis la crise de rire lors de la bévue de Dean. Mais c'était surtout les deux seuls autres garçons de son dortoir à ne pas lui parler de son futur – Ron - ou à lui faire y penser – Neville. Il avait également de plus en plus de mal à supporter Ron et Hermione. Ils le traitaient désormais différemment malgré leurs efforts pour paraître naturels, exactement ce qu'il détestait. Ron semblait hésiter avant de prononcer la moindre phrase, de peur de dire une bêtise et de lancer un vieux froid, tandis qu'Hermione lui portait son regard de pitié dès qu'il avait le dos tourné. Il n'avait pas besoin de la voir pour le deviner. Il trouvait déjà suffisamment difficile le fait d'avoir à affronter sa propre mort sans avoir pour autant l'obligation de voir ses deux meilleurs amis changer de comportement à son égard. Certes, ils faisaient tout pour apparaître le plus naturel possible et lui changer les idées aussi souvent que possible, mais au fond de lui il savait exactement ce qu'ils pensaient de lui. Le connaissaient-ils si mal pour ignorer que leur tentative de se comporter comme d'habitude ne marcherait pas avec lui ?

Ils avaient accepté du bout des lèvres de l'aider dans ses recherches lors de leur temps libre, mais ils n'avaient fait que lui rapporter des informations mineures sur le passé de Voldemort ainsi que quelques sorts futiles qui ne lui seraient d'aucune utilité. Il s'était alors plongé lui-même dans l'étude de la Magie Noire et de tous les sortilèges de Magie Blanche qui pourraient lui permettre d'arrêter la folie meurtrière de Voldemort. Il utilisait sa cape d'invisibilité pour se rendre en cachette, la nuit, dans la Réserve de la Bibliothèque et feuilleter durant des heures des livres tous plus terrifiants les uns que les autres. Malgré tout, en 10 jours, il n'avait appris que peu de choses sur Voldemort qu'il ne connût déjà. Ce dernier avait ainsi passé près de dix ans à l'étranger dans sa jeunesse, vraisemblablement en compagnie des grands mages noirs de l'époque, notamment Grindenwald. Il en était revenu au début des années 50, débordant de Magie Noire et d'ambition. Harry avait également découvert qu'il s'était toujours scrupuleusement contenté de mener des attaques en Grande-Bretagne. Pas une fois un Mangemort n'avait sévi en Irlande, en France ou dans une autre nation magique. Il craignait sans doute de ne pouvoir affronter une alliance de plusieurs communautés magiques seul. Tout ceci ne représentait au final que peu d'informations utiles sur le Seigneur des Ténèbres.

En revanche, les recherches d'Harry concernant les sortilèges et les méthodes de Défense contre les forces du Mal s'étaient révélées plus fructueuses. Il avait au départ songé à apprendre le sortilège de Mort, mais il doutait que le Mage Noir n'ait pas prévu de protection contre quelque chose d'aussi connu dans sa quête de l'immortalité. Il s'était donc penché sur des méthodes parallèles. Ce qui l'avait mené à consulter l'un des plus anciens livres de la Réserve, sans doute aussi vieux que l'Ecole elle-même, au point qu'il était écrit en vieil anglais, rendant sa lecture ardue. Il y avait fait la découverte de l'octus gnam, un puissant maléfice d'origine celte. Millénaire et aujourd'hui oublié, il entraînait sa victime dans un délire psychotique, la rendant totalement sénile en quelques jours. Incurable, il fut employé au début du Moyen Age à des fins de complots et de trahison, se révélant une manière discrète de rendre inoffensive une personne indésirable.

Le cnus dei, dont seul le nom est encore utilisé de nos jours, était pour sa part l'ancêtre de l'Impérium, mais possédait une puissance et une dimension encore plus terrifiante que le sort actuel, qui n'en est que l'ombre. Il permit à des mages noirs de contrôler des populations immenses de moldus et de sorciers, et conduisit à des guerres terribles où des familles entières s'entre déchirèrent pour des causes dans lesquelles elles ne croyaient pas. La situation dégénéra jusqu'au jour où le Monde de la Magie tout entier finit par courir à sa perte, les guerres causant des milliers de morts, et les autorités ne parvenant pas à faire cesser les usages du cnus dei. La situation semblait désespérée lorsque apparurent quatre sorciers jusque là inconnus. Ils parvinrent, par des méthodes effacées par le temps, à ramener l'ordre dans le Monde de la Magie, et ce jusqu'à faire disparaître de la mémoire de chacun l'existence même de ce sortilège. Personne ne garda souvenir de cette période sombre de l'Histoire, hormis les quatre Mages, ainsi que ce livre qui en est aujourd'hui l'unique témoignage. Troublé par cette découverte, Harry avait alors refermé l'ouvrage, laissant briller sur sa couverture le nom de son auteur : Salazar Serpentard.

Mais avant cela, il avait fait la connaissance du plus puissant et dangereux de tous les sorts et maléfices de l'ouvrage, et sans doute même de l'Histoire de la Magie : l'Era, le sortilège d'Apocalypse. Véritable antéchrist du sortilège de protection d'Aura, l'Era pouvait, en une seule utilisation, détruire des villes entières et annihiler toute forme de vie sur des dizaines de mètres aux alentours. Sa puissance était cependant telle qu'elle drainait toute l'énergie de la personne qui le lançait, au point de la faire succomber à son tour. Aucun des sorciers qui l'a employé n'y a survécu, les baguettes étant également détruites durant l'opération. Son usage fut donc limité à quelques individus désespérés ou atteints de pensées suicidaires. Harry songea que s'il parvenait à le contrôler, il pourrait non seulement détruire Voldemort, mais aussi tous les Mangemorts présents…

"Et moi par la même occasion…" pensa-t-il amèrement.

Enfin, une nuit, il était tombé sur le livre que chaque élève de premier cycle rêvait de posséder : "Le Guide du parfait Transplaneur" par Raymond Lourdudeau. Dedans se trouvaient absolument toutes les informations pour pouvoir apprendre à transplaner en toute tranquillité. Harry venait de trouver le moyen de se rendre au repaire du Seigneur des Ténèbres.

Ne restait plus qu'à trouver le moyen de l'éliminer…


La nouvelle tomba en fin d'après-midi, le Mardi 14 Décembre, par une lettre de Molly envoyée à Ron et Ginny, mais d'adressant aussi à Harry et Hermione. Dès la réception de la lettre, les quatre jeunes partirent s'isoler dans une salle déserte et ouvrirent la lettre, inquiets à l'idée de connaître la gravité de la situation qui poussait Molly à leur écrire à tous. A peine dépliée, Harry remarqua que des traces de larmes avaient dilué l'encre par endroits. Ginny entama la lecture.


« Ginny ma puce,

Ronnie mon bébé,

Harry mon chéri,

Hermione ma grande,


Vous devez vous douter que je ne vous écris pas pour une raison très joyeuse. Je ne souhaitais pas vous annoncer moi-même ceci, mais Albus y tenait… Ronnie, Ginny, sachez que votre père et vos frères vont bien et n'ont rien. »

Les visages crispés et écarlates d'inquiétude des deux jeunes rouquins se détendirent légèrement, mais restèrent prudemment fermés, craignant malgré tout le pire. Hermione leur jeta un regard furtif, tandis qu'Harry sentait son cœur se serrer et s'accélérer au fur et à mesure de la lecture.


« Il y a eu une attaque à Sainte-Mangouste ce matin, une attaque de Mangemorts et de Détraqueurs. Ils ont commencé à s'en prendre à tout le monde, sans faire de distinction entre patients et Médicomages. C'a été horrible. Les pauvres patients affaiblis n'avaient pas la force de se protéger des Détraqueurs, et beaucoup d'entre eux ont subi leur Baiser. »

Les quatre Gryffondor fermèrent un instant les yeux d'effroi et de dégoût, sachant ce que représentait ce châtiment pire que la mort.


« Les Aurors et les Brigades de Sûreté Magiques sont arrivés, mais les Mangemorts et les Détraqueurs ne se sont pas enfuis, ils étaient très nombreux. La bataille a duré près d'une heure. Les serviteurs de Vous-Savez-Qui ne sont partis que quand de nouveaux renforts sont arrivés. Il y a eu des dizaines de blessés, et beaucoup de morts… beaucoup… »

A partir de là le parchemin était parsemé de tâches, traces de larmes versées en hommage aux amis perdus, absents à jamais. Ron, Hermione, Ginny et Harry auraient tout donné pour ne pas lire la suite, mais malgré tout, dans un effort considérable, la plus jeune des Weasley poursuivit.


« Kingley a subi le Baiser du Détraqueur. Il ne s'en remettra pas. Amos Diggory a été blessé par un Mangemort, mais ses jours ne sont pas en danger. Nym… »

Ginny ne parvenait plus à lire, la voix entrecoupée de sanglots. Elle tendit la lettre à Hermione, qui entreprit de terminer la lecture. Elle blêmit à la vue des informations qui suivaient. Prenant une grande respiration, les larmes aux yeux, elle commença, d'une voix tremblante.


« Nymphadora Tonks n'a pas survécu à ses blessures, les Mangemorts se sont acharnés sur elle et les Médicomages n'ont rien pu faire. »

Harry et Ron se sentirent brusquement mal, l'annonce de la mort d'une personne qu'ils affectionnaient les touchant particulièrement.


« On… on a retrouvé Alastor dans sa chambre. Il était encore convalescent, les Mangemorts ne lui ont laissé aucune chance. »

Cette fois, Harry vacilla, et du poser une main sur la table pour ne pas tomber. Il sentait la tête lui tourner horriblement, les visages des morts et des blessés défilant à toute vitesse dans sa tête. Mais Hermione ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits.


« Et… Rémus était là-bas également. Il a été gravement blessé, les Médicomages ne savent pas s'il s'en remettra… »

Harry tomba sur une chaise, pâle comme la mort, le poids de la liste des blessés et des disparus se révélant trop lourd pour lui. Il leva un regard malheureux vers Hermione, comme pour la supplier de lui dire que tout ceci n'était pas vrai, qu'il avait du y avoir un malentendu. Mais la jeune sorcière se contenta de baisser les yeux, rougis par la peine. Elle acheva le calvaire.


« Il y a eu 18 morts : deux Aurors, trois membres des BSM, deux Médicomages, sept patients et quatre Mangemorts, ainsi que 29 blessés. Seuls cinq Mangemorts ont pu être capturés vivants. La Ministre a décrété l'état d'urgence et le couvre-feu est en vigueur partout dans le pays
.


Mes enfants, je suis terriblement désolé d'avoir du vous apprendre ça. Harry, mon chéri, tu sais que je pense très fort à toi. Prenez bien soin de vous.


Bises.


Molly »

Le silence qui s'ensuivit ne fut entrecoupé que par les sanglots de Ginny, que Ron s'efforçait maladroitement de réconforter, semblant lui-même profondément troublé. Hermione tentait vainement de retenir ses larmes, alors qu'Harry gardait la bouche entr'ouverte, les yeux dans le vide, accablé par la mort de ces personnes qu'il considérait presque comme ses proches. Maugrey, qui s'était sacrifié pour le protéger. Nymphadora, qui ne sourirait et ne le ferait plus jamais rire. Et Remus… Rémus, Lunard. Après Sirius, allait-on lui enlever le dernier représentant des Maraudeurs qui soit encore dans le camp de la justice ? La dernière personne adulte à qui il pouvait encore se confier, demander des conseils, parler de ses doutes et ses craintes… Il sentait qu'on était en train de lui arracher la dernière parcelle qui le poussait à rester en vie, le dernier rayon de Soleil qui le faisait respirer…

Ses pensées commencèrent à s'accélérer. Il fallait qu'il fasse quelque chose. Il DEVAIT faire quelque chose. Il fallait vaincre Voldemort. Oui, c'était la solution… non ! Pas le vaincre, pas le tuer : le détruire. Cela devrait suffire à l'éliminer. Mais comment faire ? Il ne lui restait plus beaucoup de temps, et il ne serait jamais prêt à l'affronter avant que le sortilège ne le tue. Il fallait gagner du temps… le temps, qui ne passe jamais à la bonne vitesse ! Mais on ne peut pas ralentir le temps… Le Retourneur de Temps !... Non… Trop compliqué à obtenir, et de toute façon cela ne ralentissait pas la propagation de son mal. Alors qu'est-ce qui pouvait bien permettre de gagner du temps, à n'importe quel prix, juste pour grignoter quelques jours, quelques semaines…

Soudainement, tout s'éclaira.

Il se leva, machinalement, et sortit d'un pas rapide de la pièce sous les appels de ses amis qui lui demandaient ce qu'il allait faire. Il ne répondit pas, enfoncé dans sa logique, aveuglé par la peine et le désespoir, ne pensant désormais qu'à une seule chose : tuer une licorne…


Il marchait depuis deux heures au milieu de la Forêt Interdite, dans la neige, la nuit et le froid. Sa baguette ne diffusait qu'un maigre filet de lumière, peinant à traverser les gros flocons qui venaient silencieusement épaissir le doux manteau blanc dans lequel il marchait. Il ne sentait pas le froid, malgré qu'il soit parti du château sans manteau, juste couvert de son écharpe. Il ne faisait pas de bruit, provoquant tout au plus un léger crissement lorsque ses pas s'enfonçaient dans la neige. Tous les sens aux aguets, il était attentif au moindre craquement de branche, au plus petit son que lançait la sombre forêt. Il n'était plus certain de savoir où il se trouvait, mais qu'importe. Il aurait bientôt atteint son but. Une demi-heure déjà qu'il avait aperçu la jeune licorne et qu'il la suivait aussi discrètement que possible.

Il connaissait les conséquences de l'acte qu'il se préparait à faire. Il allait se maudire à vie, il n'aurait plus qu'une demi-vie. Mais c'était sans importance, il ne s'agissait que d'un maigre prix à payer par rapport à tous ces gens qui avaient donné leur vie, contre Voldemort. Pour lui. Et dans son esprit, à ce moment, cela valait bien ce sacrifice.

Pour abattre l'animal empreint de pureté, il s'était inspiré de l'arme de Malefoy. Il avait grossièrement taillé une épaisse branche de manière à en rendre une extrémité pointue et la faisait voler derrière lui, prêt à la lancer à la moindre trace de l'être de la forêt.

Il l'aperçut justement, à quelques mètres de lui, marchant paisiblement à la recherche d'une quelconque feuille ou d'un brin d'herbe à mâcher, denrées rares en ces jours de Décembre glacials. L'animal dégageait encore plus de splendeur qu'à l'habitude, ici, au milieu de la forêt d'un blanc aussi immaculé que son pelage. Sa longue et fine corne s'entortillait sur elle-même dans une grâce infinie. L'œil bleu de la licorne scruta les fourrés, croyant avoir entendu un crissement à proximité. Un nouveau bruit, et elle tourna brusquement la tête dans la direction d'Harry. Trop tard. La flèche était venue se planter en plein dans sa jugulaire, et la Pureté agonisait déjà sur le sol, son sang argenté maculant insupportablement sa robe blanche. Harry s'approcha lentement, regardant avec chagrin l'animal légendaire s'éteindre. Il fut sur le point d'être submergé par la tristesse du spectacle qui s'offrait à lui, mais son esprit implacable reprit le dessus. Il s'agenouilla à ses côtés, regardant le ventre qui ne se soulèverait plus, avant de s'intéresser au liquide brillant qui s'écoulait de sa gorge. Il hésita un moment, le visage grave, puis se pencha pour s'abreuver au cou de l'animal. Ses lèvres s'approchèrent, interface de chair qui le mènerait à la malédiction pour l'éternité.

Il fut brusquement rejeté en arrière et tomba dans la neige.

- HARRY ! s'exclama dans un grondement une voix tonitruante. MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ?

Vexé d'avoir été interrompu dans son œuvre, le Gryffondor se releva en jetant un regard sévère au demi géant qui se tenait devant lui.

- Ca ne vous regarde pas Hagrid ! lança-t-il d'un air de défi.

- Bien sûr que si ça me regarde ! Je suis gardien des clefs de Poudlard, et chargé de la sécurité des élèves en dehors du château. Tu réalises ce que tu t'apprêtais à faire ?

Hagrid désigna la licorne sans vie, la main légèrement tremblante. Harry éluda la question.

- Comment m'avez-vous trouvé ? demanda-t-il.

- Ce sont eux qui m'ont averti, répondit Hagrid en désignant d'un signe de tête les fourrés alentours.

En émergèrent alors trois Centaures, inconnus d'Harry. Trois mâles, chacun beaucoup plus grand que lui et frappant le sol de leurs sabots avants en signe d'avertissement. Ils lui portaient un regard hautain et sévère qu'Harry interpréta correctement comme un signe de supériorité.

- Ils surveillent la forêt sans être vu, et quand ils ont compris ce que tu allais faire, ils sont immédiatement venus me chercher. Et heureusement ! s'exclama Hagrid.

Il regarda Harry, la tête basse, le visage tourné vers la licorne, semblant ne pas vouloir réagir aux questions de son ami. Il se détendit, soupira tristement, et reprit, avec un air de compassion.

- Je sais ce qui s'est passé aujourd'hui à Sainte Mangouste, Harry. Et je sais pourquoi tu es là. Je comprends ce que tu voulais faire, mais sache que si tu bois le sang de cette licorne, tu ne feras que renier tous ceux qui sont morts, ce pour quoi ils se sont battus.

Harry releva la tête, dévisageant le géant à travers ses lunettes, le visage fermé, aucune émotion ne transparaissant. Hagrid se baissa pour se mettre à sa hauteur et lui posa l'une de ses grosses mains sur l'épaule.

- Crois-tu qu'ils voudraient que tu sacrifies ta vie pour les venger ? Crois-tu vraiment, au fond de toi, qu'ils souhaiteraient que leur sacrifice soit vain, veux-tu gâcher la confiance qu'ils ont mise en toi pour prendre ta revanche, pour devenir comme Lui ?

Hagrid cru qu'Harry allait se jeter dans ses bras et éclater en sanglots, craquant en se rendant compte de l'erreur qu'il s'apprêtait à faire, qu'il le ramènerait au château et que tout se terminerait bien. Mais au lieu de ça, celui qui était son protégé explosa.

- ET ALORS ? SI JE MEURS SANS AVOIR RIEN TENTE, IL AURA SERVI A QUOI LEUR SACRIFICE ? HEIN ? ILS SERONT VRAIMENT MORTS POUR RIEN !

Les dents serrées, la respiration saccadée, Harry sentait ce qui lui brûlait dans les entrailles depuis qu'il avait lu la lettre ressortir, sans rien pouvoir faire pour se contrôler. Alors il continua d'exulter, comme pour apaiser sa peine.

- ILS NE SE SONT PAS SACRIFIES, ILS ONT ETE FROIDEMENT TUES PAR DES MERCENNAIRES, DES ABOMINATIONS VIVANTES QUI NE MERITENT QUE LE MAL QU'ELLES DISTRIBUENT AUTOUR D'ELLES !

Hagrid était totalement déboussolé, il ne s'était pas du tout attendu à cette réaction. Il contemplait Harry et ne pouvait que lui servir d'exutoire. Il se sentit terriblement impuissant. Les Centaures, pour leur part, suivaient la discussion sans broncher, paraissant totalement indifférents au drame qui se déroulait.

- ILS ONT TUE MAUGREY ! ET TONKS ! ET REMUS RISQUE AUSSI D'Y PASSER ! ALORS QU'EST-CE QUE CA PEUT FAIRE SI JE ME MAUDIS ? S'IL Y A NE SERAIT-CE QU'UNE CHANCE DE LES VENGER, ALORS JE LA PRENDRAI, ET JE LE FERAI SOUFFRIR AUTANT QU'IL LES A FAIT SOUFFRIR !

La colère et la haine défiguraient les traits d'Harry, les larmes de rancune et d'impuissance coulant sur ses joues glacées. Il ne supportait plus tous ces drames, il n'en avait plus la force. Il finit par craquer, se jetant dans les bras de son protecteur, pleurant tel un enfant qui aurait trop vite du abandonner ses rêves et son innocence…

TBC


Je tenais aussi à tous vous remercier pour vos reviews, c'est vraiment encourageant pour continuer ! Je ferais une review de vos reviews au prochain chapitre ! ;-)