Note de l'auteur : Voici l'avant dernier chapitre de Mourir demain ! Le dénouement n'a jamais été aussi proche et tous les éléments sont en place pour en finir. Un certain nombre d'éléments trouvent ici leur justification et les pièces sont en place pour le final !
Je vous remercie tous pour vos messages, ça sera très dur de terminer avant Samedi (sortie du Tome 6 qui rendra obsolète cette histoire) surtout avec la rentrée étudiante mais je ferais mon possible !
Réponse aux Reviews en bas de chapitre ! ;-)
Enjoy !
Chapitre 9 : Mourir demain
- Ton métabolisme a atteint un tel état et le sortilège s'est développé à un point tel que la prochaine crise devrait t'être… fatale… et… je suis au regret de te dire qu'elle devrait survenir dans les prochaines 24 heures…
Harry ouvrit subitement les yeux en grand, refusant d'admettre ce qu'il venait d'entendre.
- Vingt-quatre heures ! Mais… pourquoi si tôt ! Je n'avais pas eu de crise depuis un mois !
Il tenta de se relever, par tous les moyens, il voulait savoir, il voulait comprendre ; il voulait que le professeur Kent lui dise que tout ceci n'était qu'une mauvaise blague. Ses collèges lui agrippèrent les bras et les jambes et le fixèrent au lit afin que le chercheur puisse lui administrer une potion. Harry se débattit de toutes ses forces mais fut tout de même forcer d'ingurgiter le breuvage.
- Je suis désolé Harry… Ce n'est vraiment pas de gaieté de cœur que je fais ça. Tu viens d'avaler une potion de sommeil. Une potion réparatrice, qui te fera dormir paisiblement, sans rêve ni cauchemar. Albus me l'a demandé. Dors maintenant. Dors, et oublie une dernière fois tous tes soucis…
Un silence inhabituel régnait sur la Forêt Interdite au moment où les premiers rayons du Soleil matinal émergeaient au-dessus des collines de l'Est, réchauffant lentement la canopée gelée par une froide nuit d'hiver écossais. Le murmure perpétuel de la forêt, via sa faune et sa flore résistantes à la longue période hivernale avait cessé, et aucun hibou, aucun être vivant à des kilomètres à la ronde n'émettait le moindre son. Le temps était comme figé. Une journée particulière commençait. Ce Dimanche 14 Février 1997 allait marquer un changement irrémédiable pour des centaines de milliers de personnes, et tel un sentiment prémonitoire, la nature elle-même sentait ce bouleversement approcher. Les évènements qui se préparaient et se dérouleraient avant que cette journée ne s'achève allaient décider du sort, du futur d'une communauté, d'un monde entier.
La lisière de la forêt de dérogeait pas à la règle, et seule la fumée s'échappant à la verticale de la cheminée du Gardien des Clefs de Poudlard apportait une once de mouvement à ce tableau statique. Les eaux du lac étaient toujours recouvertes d'une fine couche de glace sur laquelle les élèves ne s'étaient pas aventurés et le doux manteau blanc qui couvrait le paysage ne semblait pas vouloir entamer sa fonte pour laisser place aux premiers bourgeons annonciateurs du Printemps.
Le château encore silencieux s'éveillait à peine, les chandelles magiques s'allumant au passage des élèves encore somnolents qui se dirigeaient vers la Grande Salle pour le petit-déjeuner, emmitouflés dans leurs robes de chambre et leurs pantoufles. Les regards endormis se croisaient sans se reconnaître et les chaussons glissaient laborieusement sur le sol afin de pouvoir progresser. Rusard, déjà sur le pied de guerre, surveillait méticuleusement les entrées et sorties aux portes de la Grande Salle, guettant le moindre geste suspect pour pouvoir retrouver celui qui l'avait enfermé dans son bureau trois jours auparavant, le forçant à attendre que Rogue vienne lever le sortilège. De l'autre côté de l'immense pièce les professeurs s'installaient un à un à leur place, se saluant mutuellement et chaleureusement, à l'exception, bien entendu de Rogue.
Une journée comme des milliers d'autres commençait pour les résidents de Poudlard…
Mais personne n'avait encore remarqué l'absence de deux personnes. Au détour d'un couloir, dissimulé par les portes de l'infirmerie principale et de la pièce d'isolement, un vieil homme à la longue barbe argentée et à l'air triste et soucieux veillait un jeune sorcier de 16 ans, endormi, plongé dans un profond sommeil sans rêves. Le vieillard, la main posée sur celle de l'adolescent, se remémorait leur première rencontre, cinq ans auparavant. Lorsqu'il l'avait vu pénétrer dans la Grande Salle, ce soir de Septembre, l'air impressionné, presque apeuré, devant son air d'innocence et de pureté, il s'était juré de ne pas l'accabler de tous les maux qu'il aurait à combattre bien des années plus tard. Parfois à tort, il avait ainsi eu à cœur de le protéger, dans la mesure du possible, des malheurs qui pourraient venir le frapper, tout en lui laissant malgré tout la possibilité, s'il le désirait, d'affronter lui-même ses peurs, ses doutes et ses adversaires. Et c'est ce que, pas encore sorti de l'enfance, il avait fait en se précipitant à la rencontre de Voldemort pour l'empêcher de s'approprier la Pierre Philosophale. Et chaque année qui avait suivi, tout en grandissant et en mûrissant, il n'avait pas renié sa volonté et son désir de faire le bien, de sauver ses proches. Après chacune des épreuves que le jeune sorcier avait eu à affronter, du face à face avec un Basilic à la mort de son parrain, en passant par ses gestes héroïques lors du Tournoi des Trois Sorciers, le vieil homme n'avait pu s'empêcher d'éprouver de la fierté, d'imaginer ce que les défunts parents du jeune héros auraient éprouvé en le voyant.
Mais aujourd'hui tout était différent. Les évènements avaient pris une tournure bien plus dramatique lorsque Harry s'était retrouvé frappé par ce sortilège qui avait scellé son destin encore plus tragiquement que ne l'avait fait la Prophétie. Et lui, Albus Dumbledore, malgré tout ce qui se disait à son sujet, malgré tous ses pouvoirs, toute sa sagesse et toute son expérience, lui qu'on surnommait parfois Dumbledore l'omniscient, il n'avait pas pu prévoir, anticiper et contrer cette attaque. Et ce remord qui l'avait gagné à ce moment n'avait fait que s'accentuer depuis près de cinq mois. Il avait failli à son rôle de tuteur, et le résultat se trouvait devant lui. Harry Potter, celui qu'il s'était évertué à protéger de son passé et de son héritage, était allongé devant lui, sur le point de vivre la dernière journée de son existence. A moins qu'un miracle ne vienne tout remettre en question. Oui, lui, Albus Dumbledore, le Seul Qu'Il Ait Jamais Craint, en était réduit à croire aux miracles pour sauver le Survivant. Qui venait de s'éveiller.
D'un vert inhabituellement pâle, les yeux du jeune homme s'ouvrirent, scintillants et parfaitement réveillés. Son regard se porta immédiatement vers le vieux directeur et il ne fut pas surpris de le trouver à son chevet.
- Bonjour Professeur, lança Harry, d'une voix étrangement fataliste.
- Je t'en prie Harry, appelle moi Albus… S'il te plait…
- Comme vous voudrez… Albus.
Harry ne trouva même pas étrange d'appeler son directeur par son prénom. Après tout ce qu'ils avaient partagé, parfois malgré eux, il trouvait normal que la barrière professeur-élève s'estompe dans leur cas. Les deux sorciers se dévisagèrent, la gravité des traits de Dumbledore jurant avec le calme et la sagesse qui semblait émaner du Gryffondor, donnant l'image d'une situation inversée par rapport à la normale.
- Vous êtes descendu voir le condamné ?
La question amer et cinglante d'Harry frappa Dumbledore aussi sûrement qu'une gifle.
- Désolé. Je ne voulais pas être…
- Ne t'en fait pas Harry, je comprends que tu m'en veuilles pour t'avoir plongé dans ce sommeil artificiel. Je… je souhaitais que tu profites de cette journée pleinement, et en possession de tous tes moyens. Le professeur Kent a placé diverses substances dans ta potion de sommeil, qui inhiberont les effets de ta maladie pendant quelques heures.
- Harry ne répondit pas, se contentant de fixer le mur devant lui. Il n'avait vraiment pas envie de se disputer avec Albus. Pas aujourd'hui. En revanche, il était une chose qu'il voulait absolument comprendre.
- Albus ?
Le vieil homme ne put retenir un sourire et dut réprimer une larme en entendant son prénom prononcé par le jeune sorcier.
- Oui Harry, répondit-il d'une voix très douce.
- Depuis… cette attaque en revenant du Ministère, lorsque je m'évanouis après chaque crise, je fais un rêve. Ou plutôt un cauchemar. J'ai fait neuf crises, et après chacune d'entre elles, je me suis retrouvé dans un univers apocalyptique ou post-apocalyptique. A chaque fois je me retrouve dans la peau d'une personne qui me ressemble, qui possède tous mes traits de visage, mais qui ne peut pas être moi.
Dumbledore l'écoutait silencieusement avec le plus grand intérêt.
- Je veux dire, cette personne à travers qui je vois ces scènes, c'est Voldemort en personne ! Le même rire, les mêmes yeux, la même cruauté. Et pourtant, c'est dans mon corps qu'il est ! Quand je me regarde dans la glace, c'est une fusion de l'esprit de Voldemort dans mon corps transfiguré que je vois. Et quand je vois ce que je… ce qu'il fait, je ne peux me résoudre à croire que je serais capable de faire cela, même dans un cauchemar.
Dumbledore sembla pensif un instant, son esprit réfléchissant à toute vitesse devant cette nouvelle pièce du puzzle en train de s'assembler sous ses yeux.
- Continue Harry, s'il te plait.
- Le… le monde que je vois, c'est le notre, mais totalement annihilé par une guerre, une guerre dont je suis responsable. Dans mon premier rêve, j'ai vu Poudlard brûler, et au fond de moi, j'ai ressenti comme un immense soulagement, une très grande satisfaction. Puis chaque cauchemar m'a amené à des exécutions, des pendaisons, des condamnations de gens qu'il me semblait connaître, mais dont je ne pouvais retrouver le nom : Malefoy, Ron, vous… Et à la fin, je dirige le pays entier, la population est réduite en esclavage par les Détraqueurs, et je suis devenu le Grand Seigneur des Ténèbres…
Un silence lourd s'empara d'Harry lorsqu'il eut fini son récit. Il se rendait compte que tout ce qu'il disait semblait avoir un sens tout particulier pour Dumbledore, et après lui avoir laissé quelques instants de réflexion, il finit par lui demander :
- Professeur… Albus, quelle est la signification de ces rêves ? Est-ce que ce sont juste des hallucinations, des effets secondaires, ou bien est-ce qu'ils ont un sens profond, un indice qui pourrait me permettre d'en savoir plus, comme une prémonition, une prédiction comme le professeur Trelawney ?
Le vieil homme secoua lentement la tête.
- Je ne crois pas que ce que tu as vu dans tes rêves traduise un évènement particulier, ils ne permettent pas de "voir" à travers Voldemort comme cela était le cas l'année dernière. Certes ils sont profondément liés au maléfice qui t'a frappé, mais ils ne te donnent pas d'indication sur ce qu'il va se passer dans un avenir proche.
- Alors ces rêves ne correspondent à rien ?
- Non Harry, ils ne sont que le reflet de ce qui aurait pu arriver si tu n'avais pas été toi-même, si tu n'avais pas lutté et si tu ne t'étais pas battu contre ce mal. Si, comme je le pense, ce sortilège était censé te soumettre à Voldemort, il t'a donné une idée d'un futur possible, mais qui à présent ne se réalisera jamais.
- Mais j'ai étudié la Magie Noire ! Pendant des mois, je m'y suis plongé bien plus que beaucoup de gens ! Je n'ai pas gagné, c'est ce mal qui m'a vaincu !
- Au contraire Harry, tu as lutté bien plus que tu ne le pensais, et tu as pu contrecarrer l'effet originel de ce maléfice. Et bien que tu ais été chercher du côté obscur de la Magie, tu as toujours fait cela, même dans les moments où ton esprit s'égarait dans les chemins à l'extrême limite du bien et du mal, pour le bien du plus grand nombre, pour sauver tes amis, tes proches, tout ceux auxquels tu tiens…
Harry demeura un instant silencieux, songeur.
- Je commence à comprendre… Voldemort voulait me mettre à sa botte pour pouvoir me tuer sans aucun problème et accomplir la Prophétie.
- Je ne connais pas la finalité de l'objectif de Lord Voldemort, mais ce maléfice allait effectivement dans ce sens.
Un long silence s'installa durant plusieurs minutes, avant que le vieil homme ne ramène Harry au présent et à sa réalité.
- Harry ? Que comptes-tu faire aujourd'hui ?
La question qui tue. Harry lui-même, depuis qu'il se savait condamné, ne se l'était jamais posée. Depuis qu'il savait qu'il appartenait au monde des sorciers, il s'était imaginé mourant au milieu de ses amis, paisiblement et en paix avec tous. Et durant les derniers mois, il s'était davantage préparé à organiser ses dernières semaines, mettre de l'ordre dans ses affaires, pour pouvoir enfin, le jour J, accomplir son destin. Mais à ce moment, il se sentit brusquement démuni, désarmé devant cet ultime coup du destin. Il avait pensé pouvoir bénéficier de quelques semaines, voire quelques jours, entre sa pénultième crise et celle qui l'emporterait dans la tombe, mais pas d'une seule petite journée. Il sentit les larmes monter en lui mais se força à les refouler. Non, l'heure des pleurs était achevée. Il ne se laisserait pas gagner par la lamentation aujourd'hui, il n'offrirait pas ce spectacle larmoyant à Voldemort. Il resterait digne, fier, et ne partirait pas en laissant aux autres cette image de martyr qu'il s'était toujours évertué à faire disparaître. Il avait une journée entière devant lui, une journée pour mettre de l'ordre dans ses affaires, et, comme dans ses pensées, partir en paix avec tous, partir pour affronter Lord Voldemort. Et le tuer.
Alors il répondit :
- Vous le savez, Albus.
Harry regarda le professeur Dumbledore quitter la pièce un quart d'heure plus tard, le laissant seul quelques instants. Ce que le vieil homme venait de lui dire l'avait profondément ému, et malgré tous ses efforts, il n'avait pu empêcher une larme de venir perler au coin de ses yeux. Il savait maintenant. Il comprenait pourquoi le vieillard l'avait toujours tenu à l'écart de son passé, de son héritage, pourquoi il avait voulu le protéger le plus longtemps possible. Il voyait la plus grande faiblesse de son mentor : lui. Le point sensible, le seul moyen de faire ployer Albus Dumbledore, c'était de s'en prendre à Harry Potter. Il était l'enfant que le vieil homme n'avait jamais eu, celui qu'il s'était juré de préserver après la mort de ses parents, d'accompagner jusqu'au bout.
Le jeune sorcier se donna quelques instants pour se remettre des confidences du vieil homme et se sentit tout se suite beaucoup mieux. Durant toutes ces années de solitude, pendant les moments les plus sombres, il savait désormais que quelqu'un, quelque part, avait toujours pensé à lui, s'était inquiété de son sort, avait voulu le protéger. Quelqu'un l'avait aimé comme un père. En lui avouant ceci, Albus lui avait le plus beau cadeau qu'il ait jamais pu espérer obtenir. Désormais, il se sentait moins seul.
Harry finit par se lever, s'habilla, simplement, sa robe noire aux rebords rouges s'accordant encore plus magnifiquement que d'habitude avec sa chevelure d'un noir de jais. Il sortit de l'infirmerie sans apercevoir Mrs Pomfresh et se retrouva à marcher dans le couloir. C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il ne savait pas où aller. Il songea un moment au travail scolaire qui l'attendait dans son dortoir avant de réaliser la futilité de la chose. Rien n'avait plus d'importance désormais. Il aurait pu faire ce que bon lui plaisait durant cette journée, il n'aurait jamais à en payer les conséquences. Il pourrait se venger de Rogue, de Rusard, de Malefoy et de tous ceux qui l'ont fait souffrir sans crainte. Car demain, il ne sera pas là. Car demain, il sera mort. Soudainement, un souvenir lointain lui remonta en tête. Il se remémora ce voyage dans le Poudlard Express en Septembre, et cette chanson d'Hermione. Inconsciemment, il se mit à la fredonner et se surprit à se souvenir des paroles.
"Il
ya ceux qui prendraient un avion
D'autres qui s'enfermeraient
chez eux les yeux fermés
Toi, qu'est-ce que tu ferais ?
Il
y en a qui voudrait revoir la mer
D'autres qui voudraient encore
faire l'amour
Une dernière fois
Toi, tu ferais quoi ?...
et toi, tu ferais quoi ?
Si on devait mourir demain
Qu'est-ce
qu'on ferait de plus,
Qu'est-ce qu'on ferait de moins
Si on
devait mourir demain
Moi, je t'aimerai... moi, je t'aimerai
Il
y en a qui referaient leur passé
Certains qui voudraient
boire et faire la fête
Jusqu'au matin
D'autres qui
prieraient...
Ceux qui s'en fichent et se donneraient du
plaisir
Et d'autres qui voudraient encore partir
Avant la
fin
Toi, qu'est-ce que tu ferais ? ... et toi, qu'est-ce que tu
ferais ?
Si on devait mourir demain
Qu'est-ce qu'on ferait
de plus
Qu'est-ce qu'on ferait de moins
Si on devait mourir
demain
Moi, je t'aimerai... moi, je t'aimerai... Je t'aimerai
Et
toi, dis moi, est ce que tu m'aimeras
Jusqu'à demain et
tous les jours d'après
Que rien, non rien, ne s'arrêtera
jamais
Si on devait mourir demain
Moi, je t'aimerai... moi, je
t'aimerai
Est-ce qu'on ferait du mal, du bien
Si on avait
jusqu'à demain
Pour vivre tout ce qu'on a rêvé
Si
on devait mourir demain
Moi, je t'aimerai... moi, je t'aimerai"
Il s'arrêta à la fin de la chanson et resta un instant interdit. Vivre tout ce qu'on a rêvé. Qu'aurait-il aimé faire de sa vie ? Visiter le monde ? Bien entendu, lui qui jusqu'à ses onze ans n'avait jamais quitté l'agglomération londonienne, s'il avait pu, il serait parti au bout du monde, juste pour voir comment c'était, juste pour trouver des gens qui ont été encore plus loin. Il aurait voulu se poser, avoir un chez-soi, un endroit où l'on se sente vraiment bien, grandir et devenir Auror, avoir une vie comme n'importe quel sorcier.
Mais de nouveau, il fit le vide dans sa tête. Espérer en un futur qui n'arriverait jamais ne le mènerait pas loin, à part à la mélancolie. Il se recentra sur les choses qui se trouvaient à sa portée. Il allait affronter Lord Voldemort, le Seigneur des Ténèbres, avec la ferme intention de le vaincre, et s'il avait une chance infinie, il pourrait s'échapper et rentrer à Poudlard pour partir entouré de ses amis. Car c'était bien cela qui comptait le plus à ses yeux aujourd'hui : ses amis, sa famille qu'il s'était créé dans ce vieux château depuis près de 6 ans. Au fond de lui, il ressentait le profond besoin de leur dire au revoir, de leur parler une dernière fois. Et quel meilleur moyen pour trouver quelqu'un dans Poudlard que d'y errer sans direction en espérant tomber dessus.
La première personne qu'Harry croisa fut la plus improbable : Sir Nicholas de Mimsy-Porpington. Le vieux fantôme était déjà au courant de la situation du jeune sorcier et ne put que lui conseiller de ne pas avoir peur, et de choisir de continuer, de ne pas rester en arrière. Harry n'insista pas plus sur la signification de cette continuité, il aurait l'occasion de la vivre de lui-même très bientôt. Il préféra ne pas trop s'attarder avec le fantôme centenaire et poursuivit son voyage pour arpenter une dernière fois les couloirs du vieux château. Il n'avait pas fait dix mètres qu'il fut apostrophé par une voix familière.
- Harry !
La voix d'ordinaire si sèche et cassante de Minerva McGonagall semblait avoir perdu toute assurance. Elle s'approcha de son élève d'un pas rapide.
- Je viens de croiser Albus, lança-t-elle, à peine arrivée à sa hauteur. Il m'a dit que vous veniez de quitter l'infirmerie.
Son ton était étrangement faible et triste, ce qui ne lui correspondait absolument pas.
- Oui, je… j'ai décidé d'aller faire un tour…
- Albus m'a également confié ce que vous contiez faire… ajouta-t-elle sombrement. Vous… vous vous sentez prêt ?
Sa voix tremblait. Harry la dévisagea étonné de voir l'enseignante la plus stricte de l'Ecole dans cet état.
- Comme on peut l'être dans un cas pareil...
Elle prit sa main dans les siennes et la serra.
- Je suis sûre que vous y arriverez Potter. Vous êtes fort, très fort, comme l'était votre père. Vous trouverez le moyen. Et surtout, n'oubliez pas de garder confiance et espoir. Tout peut changer d'ici ce soir… Les miracles existent…
Harry sourit doucement et timidement.
- Merci professeur, articula-t-il, avant d'ajouter : Madame ? J'ai… beaucoup apprécié ces années passées à Gryffondor avec vous. Même si vous n'étiez pas toujours la plus tolérante des professeurs, vous saviez rester juste et inflexible, et vous m'avez beaucoup appris… énormément… C'est grâce à vous si je suis entré dans l'équipe de Quidditch, grâce à vous si j'ai pu lutter contre Ombrage… Vous m'avez toujours bien orienté, conseillé, soutenu.
Le regard de la vieille dame s'embruma mais Harry ne s'arrêta pas une fois lancé.
- Si je suis comme je suis aujourd'hui, c'est en partie grâce à vous…
Minerva détourna le regard un instant, le temps de s'essuyer le coin de l'œil d'un geste de la main.
- Vous ne pouvez pas savoir combien je suis bouleversée par ce qui vous arrive Harry. Le destin n'aura vraiment pas été tendre avec vous. Je sais que cela peut paraître ridicule, mais sachez que ç'a été un immense plaisir et un grand honneur pour moi de vous avoir appris tout cela.
Sur ce, et sans aucun signe avant-coureur, elle prit Harry dans ses bras et le serra contre elle de toutes les forces que lui permettait son âge avancé. Harry n'eut pas le temps de réaliser le pourquoi du comment qu'elle se tenait à nouveau devant lui, murmurant dans un sanglot :
- Prenez soin de vous Harry, et revenez-nous entier…
Puis sans ajouter un mot ni un regard, elle tourna les talons et partit dans le couloir d'un pas très rapide, presque en courant. Harry regarda un moment l'endroit d'où elle venait de disparaître. Il tremblait légèrement, non pas de peine ou de tristesse, mais de soulagement. Il avait dit à sa directrice de Maison ce qu'il pensait d'elle depuis toutes ces années, sans méchanceté ni arrogance, juste avec honnêteté. Et il se sentait à présent soulagé d'une partie du poids qu'il avait à supporter. C'était pour cette raison qu'il se trouvait là, dans ce couloir, à rechercher toutes ces personnes. Leur parler une dernière fois, c'était comme mettre le mot fin à leur relation, quelle qu'elle soit. Il avait commencé avec Albus Dumbledore, et comptait bien poursuivre jusqu'à… jusqu'à ce qu'il soit temps d'accomplir son destin.
Il songea également à la manière dont McGonagall, le professeur Kent, et même Dumbledore lui avaient parlé. Il fut subitement accablé par le fait que personne n'avait ne serait-ce que sous-entendu qu'une solution puisse être trouvée à son remède d'ici ce soir. Tout le monde l'avait abandonné, le donnant déjà mort. Peut-être était-ce d'ailleurs mieux pour chacun… Mais au fond de lui Harry conservait cette idée qui avait germé dans son esprit quelques semaines auparavant, lorsqu'il avait fini par se rendre compte que les chercheurs de Sainte-Mangouste ne trouveraient jamais de remède. Secrètement, il avait échafaudé sa propre théorie : il existait une infime chance que, s'il parvenait à vaincre Voldemort et à le détruire, la Prophétie devienne logiquement caduque. Et à ce moment-là, si c'était bien Voldemort lui-même qui avait inventé le Maléfice qui le frappait, il se pourrait que ce mal disparaisse avec lui… Si le Seigneur des Ténèbres n'avait transmis qu'une minuscule partie de sa force vitale pour alimenter ce sort, il n'était pas inconcevable que ce sortilège périsse avec lui. La probabilité d'une telle occurrence était cependant si faible qu'Harry n'avait pas osé en parler à qui que ce soit. Mais malgré tout, même dans ses moments de grande détresse, il n'avait jamais chassé cette pensée de son esprit. Il se préparait à mourir, il se voyait déjà mort, mais comme tout être humain, il ne pouvait vivre sans croire en quelque chose, sans garder une lueur d'espoir. Cet espoir fou, sans lequel un homme est déjà mort, il le gardait en lui, enfoui très profondément. Personne ne peut se résoudre entièrement à la mort. Même le condamné au peloton croit jusqu'au dernier instant en l'arrivée du messager porteur de la grâce, même le blessé mourant au champ de bataille espère en un miracle, même celui qui veut se défenestrer attend d'être sauvé. Pour autant, il ne s'imaginait pas survivre à cette journée, et se comportait comme tel : le condamné qui attend la mort en espérant qu'un miracle vienne le délivrer de ce cauchemar.
Sans trop savoir pourquoi, il repensa à Buck, l'hippogriffe d'Hagrid. Celui-ci aussi s'était retrouvé condamné de manière injuste, avant que quelqu'un ne vienne le sauver et lui permette de vivre. Peut-être qu'au fond de lui il espérait que quelqu'un fasse de même pour lui… Il songea à Hagrid et eu envie d'aller le voir. Il avait subitement envie de se poser, de prendre une tasse avec le demi géant et de parler de tout et de rien, juste discuter avec la première personne à l'avoir aidé et initié au monde de la Magie. L'Histoire pourrait bien attendre un peu.
Hagrid, s'il avait été informé par Dumbledore du sortilège infectant Harry, n'avait en revanche pas été prévenu de la subite aggravation de son cas. Pour le demi géant, il ne s'agissait que d'une nouvelle crise sans conséquences. Toutefois, il accueillit Harry en le serrant dans ses bras et en le soulevant d'un bon mètre. Harry dut crier pour ne pas se faire briser les côtes. Puis il salua Crockdur et vint s'asseoir à l'unique table de la pièce. Hagrid lui servit une tasse de thé de la taille d'une chope en lui demandant comment il se sentait.
- Tu nous as vraiment fait une sacrée trouille cette fois ! Quand tu es tombé de si haut, tout le monde a cru que tu allais te rompre le cou.
Harry détourna le regard, et, remarquant son air embarrassé, Hagrid changea de sujet de conversation.
Ils parlèrent ainsi, durant toute la fin de matinée, de tout et de rien, des activités de l'école, des enseignants, Hagrid lui contant quelques anecdotes provenant de sa longue carrière à Poudlard et de sa courte scolarisation, Harry se contentant d'écouter paisiblement et de répliquer par quelques unes de ses propres aventures. Hagrid appris ainsi l'existence de la Salle sur Demande, des sept passages secrets vers Pré-au-Lard, des secrets de Lockhart,… Puis ce fut le demi géant qui lui expliqua comment il élaguait tous les cinq ans le Saule Cogneur, comment déjà bébé lors de sa plantation il avait failli lui arracher un œil. Harry en sut un peu plus sur les péripéties des Maraudeurs, comment Sirius et James étaient devenus les Fred et George de l'époque, combien Petitgrow était comparable à Neville lors de son arrivée à Poudlard. Le visage d'Hagrid était alors redevenu grave.
- Tu ne le sais sans doute pas, dit-il en baissant les yeux, mais Peter Petitgrow est mort. C'était dans la Gazette du Sorcier de ce matin.
Harry resta un instant interdit.
- Mort ? Quand ? Comment ?
Malgré tous les malheurs qu'il avait provoqués, Harry n'avait jamais pu s'empêcher d'éprouver de la pitié pour cet homme si pathétique, si repoussant à beaucoup d'abords. Et savoir que l'un des anciens meilleurs amis de son père était mort ne le laissait pas indifférent. Désormais, il ne resterait plus que Remus.
- On ne sait pas très bien. Son corps a été retrouvé au milieu du hall de Ministère de la Magie, devant tout le monde. Et personne n'a rien vu ! On pense que c'est Tu-Sais-Qui qui l'a tué, peut-être pour donner un avertissement, montrer qu'il est toujours là… Ce qui est certain, c'est qu'il n'a rien senti. On l'a retrouvé les yeux sans iris, grands ouverts et les bras croisés…
- L'Avada Kedavra… dit Harry à voix basse.
- Oui. Mais de toute façon ce traître n'a eu que ce qu'il méritait, rétorqua Hagrid avec humeur.
Le silence s'installa dans la cabane de bois, ponctuée uniquement par le bruit des griffes de Crockdur faisant les cent pas.
- Dumbledore est inquiet, reprit Hagrid. Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que je le croise ce matin. Il n'avait pas l'air dans son assiette mais ça n'était plus de l'inquiétude. Ca semblait beaucoup plus profond.
Il risqua un coup d'œil à Harry qui resta impassible.
- Je suppose que c'est le fait que Tu-Sais-Qui semble préparer quelque chose d'important qui le tracasse à ce point…
- Probablement, répondit Harry dans le vague.
Un grand gargouillis se fit entendre dans toute la cabane et Hagrid regarda sa montre.
- Mille gorgones ! Déjà midi et demi ? Tu as faim Harry, tu veux grignoter quelque chose ?
Harry songea à tous les élèves en train de manger, discuter et rire dans la Grande Salle. Il leva les yeux vers son ami et répondit :
- Avec plaisir.
Un sourire défigura le visage d'Hagrid et il se mit à fouiller partout dans sa cuisine, trop heureux d'avoir quelqu'un à déjeuner. En moins de dix minutes, Harry se retrouva ensevelit sous une tonne de nourriture, dinde rôtie, citrouilles à volonté et autres côtes d'agneau servies avec d'énormes pommes de terre. Le repas fut gargantuesque et pantagruélique et Harry mangea comme si c'était son dernier repas sans s'en rendre compte. Puis, repus, apaisé, il resta digérer avec Hagrid dans son immense canapé autour d'une autre choppe de thé. Ils parlèrent de tout et de rien, refirent le monde à deux durant encore près d'une heure.
Harry sembla finalement réaliser le temps qui passait et jeta un regard à sa montre : 14h13. Son visage s'assombrit. Il était resté assez longtemps avec Hagrid, il ne pouvait se permettre de passer plus de temps ici, malgré le fait qu'il s'y sente bien et qu'il soit prêt à refaire le monde avec son ami jusqu'au milieu de la nuit. Le temps était compté et il restait à faire. Il se leva, salua Hagrid qui lui rendit son geste de la main comme s'il s'attendait à le revoir au petit déjeuner le lendemain matin, et sortit de la cabane. Harry savait que son ami lui en voudrait de ne pas lui avoir tout dit, mais le jeune sorcier n'aurait pas pu supporter une séance d'adieux larmoyants. Il espéra que le demi géant lui pardonnerait son geste.
Le Soleil brillait toujours insolemment au dehors, et Harry sentit les premiers rayons tièdes du Printemps, encore bas dans le ciel, lui réchauffer le visage. Il ferma les yeux un instant et prit une grande inspiration, l'air froid de l'hiver écossais lui emplissant agréablement les poumons. Pendant un moment, il se sentit vidé de tout souci, de tout les tracas qu'il portait avec lui depuis si longtemps. Il marcha quelques pas dans la neige immaculée, puis, parvenu au milieu de la pelouse, jeta un regard tout autour de lui. Le manteau neigeux blanc couvrait tout le paysage, les sapins de la Forêt Interdite cachant le vert de leurs épines sous une épaisse couche de neige, les protégeant ainsi des nuits glaciales. Le Saule Cogneur s'était déjà débarrassé de sa neige et préparait ses premiers bourgeons. Les premiers oiseaux prenaient leur envol à la recherche de quelque nourriture tandis que le château se dressait, stoïque, au milieu de cette merveille de la nature, préservée de tout altération humaine. Harry s'allongea alors au milieu du parc, la neige épousant la forme de son corps protégé par son épaisse cape et sa chaude écharpe rouge. Le ciel bleu azur lui emplissait tout le champ de vision et il ferma les yeux, songeant à tous ces moments passés à Poudlard, depuis le jour de son arrivée, impressionné par ce nouveau monde caché jusqu'à ce jour, plus de cinq ans et bien des aventures plus tard. Il se sentait chez lui, définitivement, Poudlard était sa maison, Gryffondor sa chambre, et le parc son jardin. Toutes les choses qui avaient compté dans sa vie avaient débuté ici, de la rencontre de ses parents aux victoires durant les matchs de Quidditch, de la création de la carte des Maraudeurs jusqu'à son usage personnel, de ses erreurs de jugement à la mort de Sirius… Tout ce qui avait constitué sa vie, les bons moments comme les mauvais, ce qui l'avait rendu vivant avant toute chose, tout avait un lien avec cet endroit. Poudlard était le centre de son monde.
Il resta ainsi durant un instant qui lui sembla une éternité, les yeux clos, ses autres sens contemplant le monde à sa place, sentant la nature, la fraîcheur du vent, l'odeur de la neige. Il existait en harmonie avec la nature, vivant l'un de ses instants magiques où l'on se sent en communion avec le monde. Ce fut le bruit de la porte du château s'ouvrant sur Drago Malefoy qui le ramena à la réalité. Son regard se fit soudain très sombre, très dur, et il se releva rapidement, emboîtant le pas au Serpentard qui ne l'avait pas vu, la baguette à la main…
La cloche du château sonna 15h30 lorsque Harry pénétra dans le hall. Le visage fermé, ne dévoilant aucune émotion, s'apaisa lentement, se sentant en sécurité dans le bâtiment millénaire. Il rangea discrètement sa baguette dans sa poche après avoir tenté en vain d'essuyer le sang qui la tâchait. Il fit un détour par les toilettes du rez-de-chaussée pour se rincer les mains, laissant dans le lavabo des traces d'hémoglobine d'un rouge délavé.
Quelques instants plus tard il entrait dans la Grande Salle. La pièce était presque vide, parsemée de quelques élèves attablés et occupés à discuter, à jouer ou encore à faire leurs devoirs. Harry se dirigea vers la table des Gryffondor où il avait remarqué Dean, Seamus et Neville en pleine discussion. Pas de trace de Ron et d'Hermione. Harry ne se demanda pas où se trouvaient ses deux amis, il était plutôt soulagé de ne pas les avoir vu de la journée. S'il se sentait un peu coupable et triste de ne pas être avec eux aujourd'hui, l'importance des tâches qu'il lui restait à accomplir le motivait dans ses choix.
Tandis qu'il avançait vers ses amis, Harry sentit les regards des autres élèves présents, chacun ayant assisté à sa terrible chute de la veille. On murmurait à nouveau sur son passage, on le pointait discrètement du doigt. Mais tout ceci n'avait plus la moindre importance. Il se fichait désormais de ce que ces gens qui ne savaient rien pouvaient penser de lui. Ils n'étaient pas importants à ses yeux.
- Harry ? s'étonna Dean en le voyant arriver. Eh ben, content de voir que tu vas bien ! On a bien cru que t'allais y rester mon vieux !
Il parlait d'un ton amical et chaleureux, mais Harry se rendit compte qu'il pensait aux rumeurs qui avaient courues sur son sort depuis plusieurs semaines. Seamus, pour sa part, semblait sincèrement heureux de le voir sain et sauf. Quant à Neville, lorsqu'il croisa son regard, il réalisa que celui qui aurait pu être la cible de la Prophétie savait ce qui se passait. Harry lui avait parlé une fois du Maléfice dont il était atteint, et Neville en était resté blême. Depuis, leur amitié n'avait fait que se renforcer.
- Qu'est-ce vous faites ? demanda Harry.
- On tue le temps, qu'est-ce que tu veux ! répondit Seamus. Le devoir de Rogue sur la Goutte du Mort-vivant nous inspire pas franchement, alors plutôt que de mourir d'ennui, on reparlait du match d'hier…
- On faisait les calculs pour battre Serpentard de manière à garder la tête de la Coupe ! s'empressa de terminer Dean.
Harry se renfrogna.
- On pourrait une nouvelle fois gagner la Coupe, t'imagines ? Ca serait extraordinaire, surtout après ce qui s'est passé l'année dernière ! renchérit Seamus.
Harry ne répondit pas et jeta un regard à la Grande Salle. Les autres élèves détournèrent les yeux et se replongèrent dans leurs activités. Quelque chose attira son attention vers le hall et il aperçut Cho qui venait de passer dans l'entrebâillement de la porte. Ses yeux brillèrent un instant.
- Désolé les gars, mais j'ai quelque chose à faire, dit-il aux trois Gryffondor attablés en se tournant vers eux.
- A plus tard alors ! lança Dean.
- C'est ça… répondit sombrement Harry. A plus tard.
Son regard croisa à nouveau celui de Neville et aucun mot ne leur était plus nécessaire pour communiquer. Ils se comprenaient rien que par le regard. Neville sut ainsi qu'il ne reverrait probablement jamais Harry et sut ce qu'il comptait faire. Lorsque Harry quitta la Grande Salle, Neville tomba sur le banc, la bouche ouverte, l'air blême.
A peine sorti, Harry prit la direction de la Salle Commune des Serdaigle. Il devait rattraper Cho avant qu'elle ne soit hors d'atteinte. Il tâcha de se remémorer où se trouvait le repère des Serdaigle –il n'avait pas la Carte du Maraudeur avec lui- avant de tomber nez à nez avec la personne la plus terrifiante de Poudlard : Severus Rogue. Les deux hommes se dévisagèrent dans le couloir désert un instant, avant qu'Harry ne prenne la parole.
- Le livre. C'était vous ? demanda-t-il.
- Il vous a aidé ? se contenta de répondre le professeur de Potions.
- Oui. Enormément.
- Lequel avez-vous choisi ?
- L'Imation.
Harry soutint le regard de son professeur qui n'arborait pas l'air méprisant qu'on lui connaissait.
- J'espère que vous êtes conscient de ce que vous vous apprêtez à faire, lança à nouveau Rogue, une pointe de narcissisme dans sa voix. Il ne s'agit plus d'épater la galerie.
Les yeux d'Harry étincelèrent.
- J'en suis parfaitement conscient, croyez-moi. Pourquoi m'avez-vous donné ce livre ?
Les traits de Rogue se plissèrent.
- Je savais très bien ce que vous comptiez faire, je sais comment vous pensez, n'oubliez pas les cours d'occlumencie. Je n'allais pas vous laisser vous précipiter stupidement dans les bras du Seigneur des Ténèbres sans rien faire. Voici quelque chose qui pourra également vous être utile, ajouta Rogue en lui tendant une petite fiole.
Harry la saisit prudemment.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Vous le découvrirez en temps utile, répondit le professeur des Potions avec son habituel ton cassant.
Puis avant de partir il ajouta :
- Soyez prudent, il vous attend.
- Monsieur ? interpella Harry tandis que Rogue tournait les talons.
Il se retourna.
- Pourquoi faites-vous cela ?
- Faire quoi ?
- Aider. Dumbledore, l'Ordre du Phénix. Qu'est-ce qui vous a fait revenir ici ?
Les yeux de Rogue se plissèrent, avant de prendre un air étrangement las.
- Ce sont des choses que vous ne pouvez pas comprendre tant que vous ne les avez pas vécues. Et je ne vous le souhaite pas, même à vous. Autre chose Potter ?
Harry se demanda s'il aurait le courage de dire le fond de sa pensée à son professeur haï depuis tant d'années. Après un instant d'hésitation, il se lança :
- Oui. Je voulais savoir si vous aviez fini par comprendre que je n'étais pas comme mon père.
Il avait dit cela d'un ton de défi, comme une provocation à l'attention de son interlocuteur. Rogue sembla sur le point d'exploser. Ses traits se crispèrent et une petite convulsion agita ses mains. Mais il ne répondit pas, ce qui permit à Harry de poursuivre sans avoir besoin de se poser de question.
- Vous savez tout de ma vie. Vous êtes entré dans les moindres recoins de mon esprit durant les séances d'occlumencie et de légilimancie. Personne d'autre ne sait ce que vous savez de moi, pas même Dumbledore. Vous avez assisté à mes pires humiliations, mes plus grandes défaites, mes peurs les plus profondes. Vous avez violé mon intimité, et je vous ai haï pour cela, bien plus que pour toutes les injustices que vous m'avez infligées. Mais est-ce que cela aura au moins servi à quelque chose ? Avez-vous compris que je n'étais pas mon père ?
Harry se rendit compte à la fin de sa tirade qu'il criait et tremblait, la sueur luisant sur son front, la rage lui faisant enfoncer les ongles dans la paume des mains. Il aurait voulu frapper Rogue pour tout ce qu'il lui avait fait subir, lui écraser la tête contre le mur pour lui faire comprendre le mal qu'il lui avait causé. Sa haine menaça une nouvelle fois de le submerger et il dut faire appel à toute sa volonté pour se contrôler. Rogue avait pour sa part laissé parler Harry sans dire un mot, le visage plus fermé et plus sombre que jamais. Harry s'attendait à voir instantanément disparaître la totalité des points de Gryffondor après ce qu'il venait de dire, mais il se sentait mieux à présent. Rogue savait ce qu'il pensait de lui, il n'était plus l'élève timide de première année, il ne se laissait plus marcher sur les pieds. Lorsque Rogue finit par lui répondre, ce fut d'une voix rauque, presque brisée.
- Nous nous ressemblons beaucoup en effet, et je vous hais pour cela aussi Potter. J'ai vu ce qui vous fait trembler, je vous connais, je sais pour qui votre cœur bat, ce que vous êtes prêt à faire, ce que vous savez et ce que vous croyez savoir. Mais souvenez-vous que vous êtes également venu fouiller ma Pensine, assister à mon pire souvenir… Et je sais que depuis cet incident vous comprenez pourquoi je me comporte de telle manière avec vous. Mais je ne vous laisserai pas la satisfaction de vous donner raison.
Il avait repris son habituel ton sec et doucereux, cassant, accompagné de son rictus.
- Depuis que vous êtes ici, presque tout le monde, professeurs et élèves, mêmes les elfes de maison, tous vous observent avec cette lueur de vénération au fond des yeux. D'abord pour ce que vous avez involontairement fait bébé, puis par vos vrais actes de courage, toujours guidés malgré tout par la naïveté et une pointe de stupidité liées à l'adolescence. Vous découvrir tant de pouvoir et d'influence sur les autres aurait pu vous rendre mégalomane si vous aviez été comme votre père. Il fallait que quelqu'un vous aide à garder les pieds sur terre en vous faisant comprendre que vous n'étiez pas différent des autres. Ce petit crétin de Malefoy s'en est assez bien chargé, et j'ai fait le reste.
Un silence pesant s'installa lorsque Rogue eut fini. Harry était resté immobile, l'écoutant bien plus religieusement que durant tous les cours de Potions de sa scolarité. Puis, sans un mot, les yeux dans les yeux, les prunelles émeraudes du jeune Harry Potter, le Survivant, face au lueurs noirâtres des iris de Severus Rogue, Maître des Potions, les deux sorciers reculèrent, tournèrent lentement les talons et s'en allèrent chacun de leur côté.
Le couloir retrouva sa sérénité un instant perdue dans la froideur hivernale.
C'est un Harry songeur et troublé qui arpentait les couloirs du cinquième étage du château, ressassant sa discussion avec le directeur des Serpentard. A défaut de pardonner à l'homme qui l'avait humilié durant des années, il pensait comprendre un peu mieux son fonctionnement, sa froide logique. Et il ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sentiment de pitié vis-à-vis de Rogue, l'homme qui semblait n'avoir jamais été heureux de sa vie. Il oublia presque la raison originelle de sa présence ici, jusqu'à ce qu'il croise un groupe de Serdaigle de cinquième année avec qui il avait déjà discuté une ou deux fois.
- Salut Harry ! l'apostropha Sonny Wrings. Tu t'es bien remis de ta chute d'hier ? lui demanda-t-elle gentiment.
- Euh… oui ça va bien, répondit-il après un instant de réflexion.
- Qu'est-ce que tu viens faire chez les Serdaigle ? demanda un autre élève dont Harry avait oublié le prénom.
- Je... cherche Cho.
Ignorant les sourires entendus que lui adressèrent les étudiants de Serdaigle, Harry jeta un regard aux alentours, dans l'espoir de l'apercevoir.
- Elle s'inquiète beaucoup pour toi tu sais, reprit l'élève. Elle était très affectée quand tu es tombé de ton balai hier…
Rougissant jusqu'à la racine des cheveux, Harry fit comme s'il n'avait pas remarqué le ton amusé avec lequel l'élève lui parlait.
- Je… Est-ce que tu sais où elle est, oui ou non ? s'impatienta-t-il.
- Oh oui, répondit l'élève avec un grand sourire, fixant un point derrière lui.
Harry se retourna et aperçut Cho qui venait de sortir de sa salle commune.
- Harry ? s'étonna-t-elle en le voyant à son tour. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je… je voulais te parler, murmura-t-il en guise de réponse, imaginant parfaitement dans son dos les sourires goguenards des spectateurs. Mais… pas ici.
- Je devais aller à la volière poster une lettre, dit-elle timidement en montrant un parchemin qu'elle tenait dans la main. Tu veux venir ?
Ils s'engagèrent alors seuls dans le couloir, ignorant les remarques peu subtiles provenant des cinquième année. Prenant l'escalier qui menait à la tour de la volière, ils marchèrent silencieusement durant plusieurs minutes. Harry se retrouvait subitement aphone, aucun mot ne parvenant à sortir de sa bouche. Ce fut Cho qui rompit le silence alors qu'ils s'engageaient dans un énième couloir.
- Je t'ai vu tomber hier pendant le match, dit-elle d'une petite voix. Tout le monde a eu très peur pour toi, personne n'a eu le temps de te rattraper… On a cru que tu étais…
- Je suis là maintenant, répondit Harry d'une voix rauque et paisible.
Ils poursuivirent leur route et prirent l'escalier qui montait à la volière, cinq étages plus haut, chacun évitant soigneusement de regarder l'autre. Harry se sentait à la fois profondément stupide et gêné de ne pas parvenir à parler à Cho, et en même temps, il éprouvait une infinie sensation de bien-être à marcher à ses côtés, à être en sa présence.
- Qu'est-ce que tu comptes faire après tes ASPIC ? demanda Harry au moment où il réalisait l'inintérêt de sa question.
- J'ai toujours voulu être Médicomage, répondit-elle. Alors après la cinquième année je me suis orientée en Sortilèges et Botanique, ainsi que Soins aux Créatures Magiques. Cet été, je passe le concours d'entrée à l'Ecole Médicomagique… Et toi, qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?
Harry soupira faiblement.
- J'aurais bien aimé être Auror…
- Et tu ne veux plus ? s'étonna Cho.
- Bien sûr que si ! s'exclama Harry.
Cho sembla un instant perdue.
- Alors tu ne peux pas ?
Harry comprit le sens de sa question et se refrogna.
- Non, je ne peux pas…
Ils étaient arrivés à la volière. Cho appela un hibou moyen Duc auquel elle accrocha sa lettre. Harry se contentait de la regarder fixer de ses doigts agiles le morceau de parchemin à la patte de l'animal. Puis elle le porta à la fenêtre et le hibou prit son envol dans le ciel toujours bleu. Enfin, elle se retourna vers Harry qui était resté dans l'encadrement de la porte.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire Harry ? demanda-t-elle doucement en cherchant son regard.
Les yeux dans le vague, Harry mit du temps à répondre.
- Je ne sais pas trop, finit-il par déclarer sincèrement. Je voulais juste… être avec toi.
Il releva la tête et ses yeux captèrent ceux de la jeune fille. Cho parut un peu gênée, mais se contenta de lui sourire. Harry s'approcha lentement et reprit.
- Ca doit sûrement de paraître bizarre ce que je dis, mais… il fallait que je le fasse, conclut-il d'un ton étrangement fataliste.
Cho ne semblait pas bien voir où Harry voulait en venir. Il était à présent arrivé juste à côté d'elle et semblait captivé par ses mains.
- Tu as beaucoup compté pour moi, même si on ne s'est pas toujours… très bien entendu, tu vois ce que je veux dire.
Il se sentait parfaitement stupide de parler ainsi à une personne avec laquelle il n'avait jamais vraiment vécu quelque chose, mais une force supérieure le poussait à continuer.
- Inconsciemment, involontairement, tu étais là lorsque j'en avais besoin. Tu étais un peu la stabilité pour moi…
- Harry… commença Cho, l'incompréhension se lisant toujours dans ses yeux. Tu es sûr que tu vas bien ?
Il releva alors la tête et plongea profondément son regard dans le sien. Puis il prit ses mains dans les siennes et les serra doucement. Leurs visages se rapprochèrent lentement jusqu'à ce que, avec une infinie douceur, leurs lèvres entrent en contact. Les yeux fermés, les deux adolescents furent totalement coupés du monde durant cet instant bien plus magique que tout ce qui se trouvait à Poudlard. Des thèmes comme le bien-être ou la quiétude prenaient ici tout leur sens, semblant durer une éternité. Mais même l'éternité a une fin, et Harry et Cho finirent par rompre leur union, s'écartant légèrement l'un de l'autre. Souriants et profitant de ce moment privilégié, ils restèrent ainsi, laissant le temps défiler autour d'eux.
Ce furent les bruits de pas gravissant les marches deux à deux qui les reconnectèrent au monde réel. Ron et Hermione apparurent dans l'encadrement de la porte, essoufflés, visiblement après avoir traversé tout le château en courant. Ron avait les cheveux complètement ébouriffés tandis que Ron transpirait malgré le froid qui régnait. Ils demeurèrent un instant interdit en voyant Harry et Cho, serrés l'un contre l'autre.
- On t'a cherché partout depuis ce matin, dit Hermione d'une petite voix.
Harry paraissait presque contrarié de les voir. Depuis le moment où il avait quitté l'infirmerie, il n'avait cessé de prier pour ne pas les croiser. Il redoutait la discussion qui aurait suivie, il ne se sentait pas la force de tout leur dire. Il avait pu parler à Dumbledore, à Hagrid et même à Rogue, mais voir ses deux meilleurs amis une dernière fois était une épreuve trop difficile à supporter. Pourtant ils se tenaient là devant lui, et il ne pourrait plus leur cacher la vérité bien longtemps.
- Dumbledore est venu nous voir dans la Salle Commune, reprit Hermione devant le mutisme d'Harry. Il nous a tout raconté…
Sa voix et ses mains tremblaient, mais elle fixait Harry dans les yeux. Ron, un peu à l'écart, était plus blême que jamais, ses tâches de rousseurs semblant avoir disparu à jamais sous sa peau blanche. Il se contentait de regarder le sol et ses pieds.
- Oh Harry ! dit Hermione avec une petite voix aigue en éclatant en sanglots. C'est tellement injuste !
Ron l'entoura maladroitement de ses bras pour la consoler et regarda Harry d'une manière que ce dernier ne lui avait jamais connu. Harry remarqua que ses yeux brillaient. Une boule se formait au creux de son estomac et tout se passait exactement comme il l'avait redouté. Il était cloué sur place devant ses deux meilleurs amis. A ses côtés, Cho sentait que quelque chose de tragique était en train de se dérouler devant ses yeux.
- Harry, que se passe-t-il ? demanda-t-elle avec une pointe de panique dans sa voix.
Harry se retourna vers elle, le visage fermé, essayant de contenir toutes les émotions qui bouillaient en lui et qui menaçaient d'éclater à tout instant.
- Je dois partir quelque part, articula-t-il péniblement, la boule dans sa gorge l'empêchant de parler plus fort. Je… ne reviendrais pas.
Cho ne comprenait pas ce que Harry voulait dire, mais elle savait qu'il s'agissait quelque chose d'extrêmement grave. Il jeta un regard à sa montre puis à Ron et Hermione.
- Je dois y aller, dit-il simplement.
- Aller où ? demanda Hermione. Tu sais où se cache Voldemort ?
Cho sursauta en entendant le nom du Seigneur des Ténèbres, comprenant ce que Harry s'apprêtait à faire.
- Oui, dit Harry.
- Harry, n'y va pas seul ! le supplia Hermione. Si tu sais où il se cache, dis-le à Dumbledore, au membres du Ministère, à n'importe qui !
Harry secoua la tête.
- Non Hermione, tu n'as toujours pas compris. Il ne s'agit pas d'arrêter Voldemort, de l'enfermer ou de lui faire subir le Baiser du Détraqueur. Il s'agit de le détruire, une fois pour toute. Et je suis le seul qui puisse le faire. C'est une affaire personnelle. Tout doit finir comme ç'a commencé. Entre lui et moi.
A ce moment, une boule de flammes apparut au milieu de la pièce, avant que Fumseck ne se matérialise et ne vienne se percher sur l'épaule d'Harry. Son pelage rouge feu et jaune or brillaient presque dans la pièce terne. Majestueux, l'oiseau légendaire se mit à chanter faiblement, presque tristement.
Horrifiée, Hermione vit que le Phénix venait de donner à Harry plusieurs objets, dont elle ne reconnut que la cape d'invisibilité d'Harry. Celui-ci glissa tout dans les poches de sa robe de sorcier tandis qu'Hermione n'en croyait toujours pas ses yeux.
- Dumbledore sait ? Et il te laisse y aller seul ? demanda-t-elle, tremblante.
Harry ne répondit pas à sa question et resta silencieux un instant.
- Il y a une lettre pour vous sur mon lit. Tout ce qu'il faut savoir est dedans, notamment le lieu où Il se trouve. Le parchemin est encore vierge, je l'ai ensorcelé pour que le texte n'apparaisse que dans une heure. Dumbledore a aussi sur son bureau un texte avec le lieu, ensorcelé également.
Harry n'était pas très fier de devoir quitter ses amis en les laissant croire qu'il ne leur faisait pas confiance, mais il ne pouvait prendre le risque de voir débarquer les forces du Ministère au moment critique.
- Je dois vraiment y aller, répéta-t-il, en sentant les battements de son cœur accélérer.
Le moment était venu pour lui de quitter le château, quitter sa maison, sa famille, ses amis. Il se sentait prêt, ou tout du moins il pensait l'être. Son cœur se serra lorsqu'il pensa une dernière fois à tout ce qu'il laissait derrière lui, tout ce qu'il n'aurait jamais l'occasion de faire, ni de vivre. Il se permit un dernier instant de tristesse, de mélancolie, de panique, de peur, de peine, d'angoisse, de doute, d'appréhension, de remords, de regrets, de faiblesse, de déception, de détresse, de déprime ; un dernier instant de laisser-aller ; un dernier instant où ses émotions reprirent le dessus. Puis il referma son esprit, ce n'avait été qu'un instant, juste le temps pour une larme de perler au coin de ses yeux. Le Phénix reprit son chant mélancolique, et Harry sentit la force et la détermination l'envahir à nouveau.
Il se tint droit et fier devant Ron, Hermione et Cho, prêt à partir, lorsqu'Hermione se jeta dans ses bras et le serra contre lui, sans un bruit, sans un mot. Harry lui rendit son étreinte, humant une dernière fois son doux parfum, avant de l'éloigner délicatement.
- Hermione, murmura-t-il. Tu sais que je déteste les adieux.
Mais la jeune fille paraissait inconsolable.
- Quelqu'un a dit un jour : la mort n'est qu'un autre chemin, qu'il nous faut tous emprunter, reprit Harry avec une grande sagesse. Alors tu vois, ce n'est pas la fin.
Hermione sourit tristement, les joues humides, puis s'écarta et rejoignit Ron. Harry leva les yeux vers son meilleur ami, capta le sien, la puissance de leur regard étant presque insoutenable. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se parler.
Harry sortit sa baguette magique.
- Bonne chance Harry, murmura Cho, les larmes coulant silencieusement sur ses joues.
- Je ne crois pas à la chance, répliqua Harry.
Puis il pointa sa baguette sur lui et hurla :
- Enae Protego !
Un vif rayon de lumière rouge surgit de la baguette et vint envelopper Harry d'une fine couche brillante, rougeoyant aux reflets du Soleil couchant qui pénétrait dans la volière. Enfin, lançant un dernier regard à ses amis, il dit ;
- Allons-y Fumseck.
Un éclair enflammé jaillit du Phénix et Harry se volatilisa, partant au rendez-vous de son destin.
TBC
Réponse aux reviews :
lyanna : Je suis très content que mon histoire te plaise, et j'espère que tu prendras beaucoup de plaisir à lire le dénouement !
Sassy : Merci beaucoup, j'espère également que tu apprécieras la suite que j'ai écrite... ;-)
Lylinette : Malheureusement pour toi, Harry est assez mal parti pour survivre... Mais qui sait ? Un miracle est toujours possible :-)
Onarluca : Rahlala, tout le monde veut vraiment que Harry survive ! Pourtant, après ce qu'il a vécu, ça semble mal parti... Réponse dans le prochain chapitre :-p
Yukivan - Légion - satya - Thrilmalia et tous ceux que j'oublie : Merci beaucoup de continuer à me lire, j'espère sincèrement que vous prenez autant de plaisir à lire cette histoire que j'en ai à l'écrire !
A bientot !
