Alors comme ça, tu m'aimes ...

Disclamer : les personnages d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Seuls quelques uns sont à moi. Ainsi que l'histoire que je raconte. Ah, et je ne touche rien sur ce que j'écris (sauf si vous êtes très décidés à me soudoyer pour que j'arrête d'écrire, justement).

Petit mot de l'auteur : Un autre chapitre qui j'espère continuera de vous plaire, même si tous les chapitres sont trèèès long à poster chez moi. Je voulais d'ores et déjà vous demander votre accord de principe pour une scène (très) future : un passage hystérico-guimauve, ça vous gêne beaucoup ?

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Ca commence bien...

- Bilan de la "journée futilité" ? demanda Emily à ses deux amies quand elles se retrouvèrent au petit déjeuner le lendemain matin.

- D'abord époustouflant mais finalement humiliant, dit Mary d'une voix morne.

-Lily ?

-Agaçant au départ, mais très vite plaisant, sourit la jeune fille.

-Et toi, Emily ?

-Troublant mais concluant. On passe au récit détaillé ?

-Honneur aux déceptions, commence, Mary.

Le nez dans ses céréales, le jolie Gryffondor s'exécuta sans entrain.

-Ce Serpentard d'hier soir, à bien y réfléchir, il me plaisait vraiment et j'avais l'impression qu'il était plus sérieux que les autres.

-Bon acteur ? demanda Lily en connaissance de cause.

-Plutôt, oui, avoua Mary en grimaçant. Enfin, toujours est-il qu'on a passé la nuit ensemble et nous dirons que jusqu'à ce matin, j'étais "une femme comblée".

Elle eut un petit rire d'autodérision puis continua à narrer sa déconvenue.

-Ce matin, ça a plutôt bien démarré : il m'a dit qu'il avait vraiment passé un bon moment. Sauf qu'il a précisé une chose qui ne m'était pas encore apparue.

-Laquelle ?

-Que quitte à tromper sa copine, il avait vraiment été content que ce soit avec moi.

-Oups ! s'exclamèrent dans un bel ensemble les deux autres en grimaçant.

Mary haussa les sourcils et termina ironiquement :

-Il s'est excusé d'avoir "omis" ce détail quand il a vu ma tête mais m'a dit que je n'avais pas à m'inquiéter...

-Ca promet... qu'est-ce qu'il va faire ? demanda Emily.

-Il va me faire une pub d'enfer auprès de ses copains pour me consoler.

A cette anecdote, les trois amies rirent franchement. Mary n'avait décidément pas son pareil pour tirer des drôles de numéros. Ce n'était pas la fin de la nuit qui l'agaçait le plus, d'ailleurs, ni sa petite déception face au Serpentard, non, c'était plutôt le fait de toujours se sentir au matin comme une poupée qu'on mettait plus ou moins délicatement à la porte.

-Tu t'es faite avoir, Mary, compatit Emily en retenant le "encore" qui lui venait aux lèvres.

-Mais le prochain sera le bon, promit Lily.

-Le prochain qui remarquera que je suis une personne, conclut Mary avec philosophie. Et toi Lily ? Ca a dépassé la fin de la soirée avec ton Poufsouflle ?

-Plus ou moins, oui.

-C'est-à-dire ?

-Ce canon était vraiment le dernier des imbéciles, sourit-elle.

-Mais c'était la "journée futilité", fit remarquer Emily.

-Justement ! donc malgré son cerveau qui m'a impressionnée par son absence, j'étais bien décidée à ne pas dormir toute seule. Et c'est là que ce bougre d'idiot m'a expliqué que m'embrasser dans un club bondé, ça allait, mais que me prêter son lit, c'était trop dangereux.

Devant la moue d'incompréhension de Mary et Emily, Lily s'expliqua.

-Sous prétexte que Potter me court soi-disant après, il m'a annoncé avec une tête effrayée que les Maraudeurs le coinceraient si jamais il faisait quoi que ce soit avec moi...

-Tu l'as dit, Lily, c'était vraiment pas une lumière ce garçon.

-Enfin, dans l'histoire, c'est quand même Potter le plus con, dit Emily. Que je sache, il n'y a marqué sur ton front ni "propriété privée" ni "femme enchaînée" !

-C'est bien ce que j'ai répondu à l'autre et, ma foi, il me semble, mais ce n'est peut-être qu'une impression, avoir été assez convaincante, annonça Lily avec un sourire éloquent. Mon beau Poufsouffle a juste proposé de me jeter un sort d'amnésie au réveil pour que la nouvelle ne se répande pas. Mais j'ai du oublier qu'il me l'a lancé !

-Tes "arguments" ont du lui faire oublier cette prudence élémentaire, rit Mary.

-Mais j'espère bien ! répondit Lily. Je souffrirais d'un grave complexe d'infériorité si j'apprenais que Potter était plus irrésistible dans ses demandes que moi... Mais passons ! A ton tour, Emily. Ta petite Serdaigle a tenu ses promesses ?

-Et bien je dois dire que j'ai été un moment assez... troublée. Je me suis même demandée si je n'allais pas tomber amoureuse, parce qu'elle était timide mais aussi touchante et adorable.

-Mais ?

-Mais finalement mille fois moins bien que Minerva. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, je suis atteinte ! Je suis profondément amoureuse de la belle MacGonagall. C'en est désespérant.

-Pas plus que nous, sourit Mary. Tu es face à une poupée gonflable, à une chasse gardée alors l'admiratrice éperdue et désespérée, je trouve que ça complète plutôt bien, non ?

-On est vraiment le trio infernal, conclut Lily.

Les trois filles continuèrent leur conversation avec entrain, alternant chuchotements et éclats de rire bruyants, sans vraiment qu'on sache pourquoi. C'était d'ailleurs de là que la foule étudiante de Poudlard les avait surnommées les "Why ? " ("Pourquoi" pour les non anglophones, et oui, ils existent). Plus exactement, il y avait deux raisons à ce surnom : d'abord, le fait que les prénoms des trois filles finissent par un "y" (qu'on prononce "why" en anglais), et surtout, le fait qu'elles agissent selon des règles non identifiables qui les poussaient parfois à faire des choses insensées aux yeux de leurs camarades.

Mais il fallait l'avouer, malgré leurs bizarreries, les trois filles jouissaient d'un grand capital de sympathie. En grande partie d'ailleurs parce qu'elles osaient faire ce dont tout le monde se retenait, et qu'elles étaient pur cela rentrées dans les annales de Poudlard. Leurs exploits, parfois publics, étaient néanmoins souvent colportés dans les couloirs et chaque récit les enjolivait encore plus, nimbant le trio d'une aura de respect et d'envie. On disait, par exemple, que les jeunes filles avaient plusieurs fois été prendre un bain de minuit dans le grand lac, juste pour le plaisir de se baigner dans le noir, mais on les avait aussi vues arriver en cours déguisées en toutes sortes de personnages sous prétexte qu'on était la Saint-glinglin ou le numéro 13 du mois.

Bref, les "Why" étaient admirées mais de loin, car si on respectait leurs folies, on n'était pas encore prêt à les imiter. Trop dangereux. Les filles étaient plutôt douées en classe, parlaient avec assurance et étaient capables de faire gober n'importe quel baratin, même à un professeur ce qui leur assurait une sorte d'immunité diplomatique dont tous n'avaient pas la chance de bénéficier. Elles restaient donc toutes les trois, avec leurs exploits, leur culot et leur surnom. Et leurs ennemis.

Les Maraudeurs auraient vraiment préféré les avoir de leur côté pour des coups osés et drolatiques mais c'était plus fort qu'eux, les deux groupes ne parvenaient pas à se supporter. Sauf exception, c'est-à-dire James Potter qui clamait haut et fort qu'il était amoureux de Lily Evans, mais celle-ci savait à quoi s'en tenir. Toujours est il que les jeunes filles supportaient mal les Maraudeurs et, puisque Sirius Black était venu leur déclarer la guerre la veille, il allait falloir qu'elles se mettent à l'élaboration d'un plan de guerre. Et pas de moindres.

Les Maraudeurs étaient quatre et chacun avait un caractère bien trempé, des failles et des points forts, il fallait donc les combattre de manière bien particulière avec ce que les jeunes filles appelaient des "soins personnalisés". Aujourd'hui, elles s'occupaient, pauvre de lui, du beau brun Sirius Black, ennemi attitré de Mary (non, ça ne veut pas dire qu'ils vont finir ensemble). Pourquoi attitré ? Parce qu'ils étaient les deux meilleures élèves en botanique et avaient donc commencé, même avant leurs joutes officielles, à se préparer mutuellement des plans censés éliminer l'autre. De cette manière, ils avaient appris à s'estimer au plus haut point et trouvaient donc horriblement dommage de voir l'autre "se pervertir dans des actes vils et barbares" selon leur propre formule. Mais puisque chacun des deux était de l'autre côté, ils se bagarraient sans relâche, avec un zèle qui faisait chaud au cœur.

Ainsi, ce matin, relativement tôt pour un dimanche qui suit une journée futilité - mais à un horaire tout à fait convenable vu que les soirées ou réveils n'avaient pas forcément répondu à toutes les attentes – Lily, Mary et Emily complotaient déjà, leur petit déjeuner à peine avalé.

-Mes chères associées, commença Lily. Je vous rappelle que notre séance du jour à pour but d'officialiser le commencement de la guerre ouverte que nous a déclaré Black. Aussi souvenez-vous qu'il ne nous est pas permis d'être médiocre ! Ce doit être un, coup d'éclat.

-Exactement très chère, reprit Mary. J'ai donc longuement cogité et me suis dit que nous devions nous attaquer à un terrain que nous n'avions pas encore osé aborder, de peur de froisser le sieur Black ce qui aurait pu faire croire à ce tordu de Potter qu'en comparaison, nous l'aimions bien. Quel imbécile !

-Venez en au fait, très chère, l'interrompit Emily.

-Certes, se rattrapa l'interpellée. Ma proposition est donc que nous nous attaquions à ce terrain sensible que sont pour Black... les filles !

La proposition fit naître sur les trois lèvres un sourire de mauvais présage pour le jeune garçon dont il était question.

-Explique-toi, Mary.

-C'est très simple, chère Emily ! Nous savons toutes que dès que Black ne brigande pas avec ses amis Maraudeurs, il courtise les demoiselles, qui se laissent toutes faire avec plaisir car ce Dom Juan a réussi à obtenir une réputation de Dieu du plumard.

-A croire que nous seules avons le bon sens de douter de cela, se désespéra Lily.

-Et bien justement, je comptais ouvrir les yeux à toutes les demoiselles de l'école. Et faire d'une pierre deux coups : non seulement il perdra un peu son attitude détestable et trop assurée auprès des filles – vive le doute positif - mais en plus, son ego en prendra un coup et avec lui tout le moral des Maraudeurs.

-C'est-y pas merveilleux ? conclut Emily.

-Le seul problème, c'est de savoir comment s'y prendre, dit Lily, songeuse. Je suppose qu'aucun de vous ne veut passer la nuit dans son lit au su et au vu de tous pour ensuite clamer avec crédibilité que ce n'était pas terrible.

Les mines horrifiées de ses amies lui répondirent et Lily ajouta.

-Je me vois donc obligée de me dévouer. Et en plus ça fera d'une pierre trois coups puisque Potter arrêtera enfin de se foutre de ma gueule en clamant qu'il m'aime... Parce que si je couche avec Sirius, ça veut bien dire que Potter ne dit qu'il est amoureux de moi que pour une énième mauvaise blague ! C'est-y pas encore plus merveilleux ?

-Lily ? ça va ? demanda Mary en tâtant le pouls de son amie.

-On devrait l'emmener à l'infirmerie, confirma Emily en lui prenant la température de la main. Elle a tellement de fièvre qu'elle délire.

-Hey ! les filles, je plaisante ! les rassura Lily en riant. Vous me voyez vraiment, moi, dans le lit de Black ? Même pour dégoûter Potter je ne le ferai pas !

-Quel soulagement ! tu nous as vraiment fait peur.

-Désolée, Emily. Mais bon, puisque j'ai exposé mon idée de plan complètement impossible, quelqu'un a une autre idée ? Mary, non ?

-Oui, je ne suis pas arrivée ce matin en vous proposant une piste mais pas de plan. Par contre, on a besoin de notre taupe pour réussir.

Leur taupe. C'était tout simplement un des Maraudeurs eux-mêmes que les jeunes filles avaient réussi à corrompre, moitié menaçantes et moitié caressantes. En combinant la peur et la promesse de récompense, elles avaient obtenu une obéissance quasi-totale de Peter Pettigrow, le plus faible de la bande ennemie. Elles avaient conscience de leur geste déloyal mais le justifiaient par le fait qu'elles avaient pris Peter sous leur aile et qu'il était mieux traité avec elles que chez les Maraudeurs qui le rabrouaient gentiment, certes, mais tout de même très souvent.

-Et qu'est-ce que devrait faire Peter ?

-Tout d'abord, puisque nous savons que le lit de Sirius est occupé au moins toutes les nuits par des élèves aussi multiples que variées, je propose une phase d'observation.

-"Connais ton ennemi."

-Exact, Lily. Si on apprend sa tactique de drague, il nous sera facile de le coincer là où on veut.

-Tu oublies un truc, objecta Emily. Ce sont eux qui nous ont déclaré la guerre. Et nous n'avons peut-être pas beaucoup de temps avant qu'ils attaquent. Qu'est-ce qu'on fait ? on accélère nos manœuvres ou on garde ce coup-ci en protégeant nos arrières ?

-Personnellement, je suis d'avis qu'on garde le même coup, mais on peut le peaufiner pour le déclencher plus vite.

-Ecoute, Mary, tu sais ce que tu fais. On te laisse l'organisation de cette attaque, nous on surveille les arrières parce qu'on est un peu pressées par les évènements.

-Mais la prochaine fois, on revient au travail en équipe, je ne peux pas me passer de vous, moi, fit semblant de pleurnicher Mary.

-Et nous non plus ! Mais le temps presse.

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Le soir, les trois filles se retrouvèrent dans la salle commune, près de la cheminée. Tour à tour, chacune surveillait discrètement qu'il n'y ait aucune approche des Maraudeurs mais ceux-ci travaillaient tranquillement, pour une fois, et les "Why" pouvaient avoir une conversation tranquille. Dans laquelle il n'était absolument plus question de leurs ennemis. Comme avait dit Lily, "le travail, c'est le travail, et la détente, c'est la détente, on ne mélange pas!" Elles ne mélangeaient pas, donc, et bavardaient dans des profonds fauteuils.

-Je vois Minerva demain, je vois Minerva demain, chantonnait Emily sous le regard amusé de ses deux amies.

-Emily, je sens que tu meurs d'envie de nous re-re-re-raconter ta dernière discussion avec cette chère MacGo, sourit Mary.

-Je peux ? demanda timidement celle-ci.

-Puisqu'on te le demande.

-Merci, merci, merci ! Mais vous me demanderez quand même les détails que vous connaissez déjà, sinon ce n'est pas drôle.

-On le fera, promit Lily.

-Donc, je lui avais dit que j'aimerais la voir parce qu'on était toutes les deux de grandes admiratrices de la littérature russe moldue.

-Et comment tu savais ça, toi ? questionna Mary en se prêtant au jeu.

-J'avais malencontreusement déchiré son sac dont pleins de livres étaient tombés, avoua Emily aussi piteusement qu'à son premier récit. Du coup, elle m'a proposé, très gentille, de venir boire un chocolat dans sa salle de classe pour qu'on puisse discuter un peu.

-Elle doit vraiment être en mal d'interlocuteur extravagant, plaisanta Lily machinalement, retrouvant ses mots comme ceux d'une pièce déjà jouée.

-Et donc on est resté deux heures à parler. On a même décidé de se revoir bientôt. C'est fou tout ce qu'on a à se dire ! On a parlé littérature, art, on a un peu discuté de nos vies aussi, d'ailleurs on a réalisé qu'on avait vraiment plein de points communs. On aime toutes les deux le tango, on lit beaucoup et...

-Et ?

-Elle est célibataire !

Sur ce, Emily entama une danse de la joie au milieu du tapis usé de la salle commune.

-Et bien à ce propos, j'ai réalisé un truc de matin.

-Quoi donc, Mary ?

-Que j'en avais fichtrement marre d'être prise pour une poupée et que j'en ai assez d'être célibataire. Je veux un garçon constant et respectueux.

-T'as un nom en tête ? demanda Lily, curieuse.

-Hélas, non, sinon ça faciliterait les choses. C'est plus simple d'avoir une seule cible que le quart des garçons de l'école. Non pas que je mette mon charme en doute mais...

Au coin du feu, les filles dont les joues avaient viré au rouge, se sentaient dans un état second qui leur était habituel à cette heure et qui les faisait partir dans des délires lointains. Et ainsi...

-Passe une petite annonce, suggéra Lily.

-Chiche ! Mais on en passe une toutes les trois alors !

-Je vous rappelle que c'était hier la journée futilité, précisa Emily.

-Aujourd'hui c'est la journée grand amour alors !

-Je te prends au mot, Mary !

-Et moi aussi ! s'exclama Lily. Et je vais même vous faire chacune une prédiction digne de Trelawney ! Ouvrez grand vos oreilles.

-On t'écoute.

-Je vous promets l'Amouhour ! s'exclama Lily avec une posture digne d'un feuilleton raté.

-Mais encore ? hoqueta Mary après un fou rire face au ridicule recherché de son amie.

-On commence par qui ?

-Fais d'abord Emily, j'ai envie de rigoler.

-Très bien. Emily, très chère Emily, susurra Lily en roulant les "r" et en agitant les bras. Je vois... je vois sur ton front que la dame de tes pensées te porte énormément d'estime. Beaucoup, beaucoup d'affection. Elle attend que tu sois sortie de Poudlard pour avoir envie de recevoir ta déclaration car elle a une très grande éthique professionnelle...

-Mais c'est que t'es sérieuse en plus Lily ! On s'y croirait.

-Chut... chut... continuez d'écouter... Tu vas faire des études prolongées de littérature sorcière et des arts que les sorciers ont transmis par de simples mots. Le jour de ta remise de diplôme, tu auras invité la dame de tes pensées, que tu verras très souvent, et tu lui feras ta déclaration...

-Et ? demanda Emily suspendue aux lèvres de Lily.

-Et on sera là pour prendre la photo ! conclut triomphalement la Madame Irma en herbe en redevenant elle-même.

-Et tu me laisses dans ce suspens ? demanda Emily en mimant l'épouvante. Si c'est ça, je vais te dire, moi, ce que l'avenir te réserve...

-Tu m'effraies, Emily, fit Lily en tendant sa main de bonne grâce pendant que Mary s'étouffait tellement elle riait.

-Je vois, mademoiselle la fleur de lys, que ta vie est pour le moment agréable et sans soucis...

-Tu oublies ce pot de colle de Potter, rectifia Mary qui se tenait les côtes.

-...agréable et avec quelques soucis, se corrigea Emily. Mais bientôt, je le vois à ta ligne de vie, tu mèneras une existence parallèle à celle-ci !

-Tatatam... fit Mary en imitant un orgue, sur la direction d'Emily.

-Et cette vie parallèle donnera lieu à... un enfant ! Et à beaucoup de joie ! Mais dans le secret !

-Dis donc, Lily, si t'as déjà prévu de nous tenir à l'écart de ta vie, préviens-nous !

-Je pense comme Mary, mademoiselle l'ingrate, fit Emily avec un clin d'œil. Et puisque c'est comme ça, je passe à l'interprétation de ce que je t'ai déjà dit.

-C'est-à-dire ?

-Qui peut bien être la personne pour qui tu mènerais une vie secrète et dont tu ne nous révèlerais pas le nom... Inspecteur Grey ? votre avis ?

-Je dirais, inspecteur Midland...

-Commandant.

-Je dirais donc, commandant Midland, que j'ai de gros soupçons...

-Seraient-ce les mêmes que les miens inspecteur Grey ? demanda Emily en s'approchant de Mary pour prendre une posture pseudo menaçante.

-Ca se pourrait bien, confirma Mary. Tu fais le gentil flic ?

-Et toi le méchant.

-Nous savons à qui tu penses ! tonna Mary en frappant sur un pouf qui traînait par là (et n'avait rien demandé à personne).

-Et nous pouvons t'aider, reprit Emily avec un sourire mielleux.

-Stop, les filles, je n'en peux plus. J'ai mal au ventre, vous me faîtes trop rire, j'ai l'impression d'être devant Severus et Lucius.

-C'est tout l'effet qu'on te fait ?

-Laisse tomber, Mary, cette fille n'a aucun goût, se lamenta Emily.

-Elle serait capable de choisir Potter pour sa vie parallèle, lâcha Mary avec un sourire révélateur.

-Oh ! comment oses-tu espèce de petite Grey ! se redressa Lily.

-Touchée, commandant Midland, conclut Mary en tapant dans la main d'Emily.

-Mouais... changeons de sujet, demanda Lily, vaguement vexée d'être aussi réactive. On te l'écrit ton annonce, Mary ?

-Oh oui ! "Jeune fille cherche garçon beau, intelligent, sympathique, bref, idéal".

-Ben, Mary, si tu démarres comme ça, t'es mal partie ! Heureusement qu'on est là pour t'aider. Tu cherches un homme invisible, là, ou en tous cas, personne n'a jamais pu prouver son existence...

-Tu dois avoir raison, Emily. Qu'est-ce que vous proposez ?

-"Jeune fille de 7ème année cherche garçon respectueux pour conversations chastes au coin du feu" ? improvisa Lily.

-Lily, non, mais vraiment ! je pensais que tu me connaissais mieux que ça.

-Celle-là, alors : "Jeune fille de 7ème année cherche garçon fougueux pour nuits torrides et épuisantes".

-Emily ! je suis outrée, gronda Mary en retenant un large sourire.

-J'ai mieux, annonça Lily. "Fille de 7ème année cherche le garçon respectueux qui ne la considère pas comme une poupée et plus si affinités".

-Pas mal, avoua Mary.

-Mais on a l'impression que quelqu'un est visé, fit remarquer Emily.

-Je sais, déclara Mary. "Fille de 7ème année cherche le garçon respectueux sans visage particulier qui ne la considère pas comme une poupée et plus si affinités. S'adresser par hiboux postal au lit 7 du dortoir des filles de Gryffondor".

-Parfait, me semble-t-il, félicita Lily.

-On l'écrit ?

-Oui ! s'enthousiasma Mary en recopiant soigneusement le texte sur un beau parchemin qu'elle alla directement punaiser sur le tableau de la salle commune.

-Tu ne veux pas chercher dans toutes les maisons sans exception ? demanda Lily.

-Je commence par les Gryffondor, on verra si ça marche, au pire, j'élargirai.

-Mais il y a déjà des garçons très bien à Gryffondor, affirma Emily, sentencieuse en regardant Lily avec insistance.

-Nous ne citerons pas celui dont nous parlons et dont le nom commence par "Po" et finit par "tter", n'est-ce pas ?

-Arrêtez de vous ficher de moi, vous pensez la même chose de lui, répliqua Lily en levant les yeux au ciel. J'aimerais bien vous y voir avec ce pot de glu à vos baskets.

-Enfin, Lily, tu sais bien qu'on ne met pas de baskets, précisa Emily.

-C'est peut-être parce que tu en portes que le petit pote Potter t'aime tellement.

-Quelle hypothèse, Mary. Je te file mes baskets et Potter quand tu veux.

-Je parie qu'avec moi il ne tiendrait pas un mois, se vanta Mary.

-Et qu'avec moi il n'essaierait même pas, soupira Emily.

-Parce que vous êtes plus dissuasives ? demanda Lily.

-Parce qu'on est moins séduisantes, bêtasse ! la contredit Mary.

-Allez, on monte se coucher. On a une dure journée demain, rappela Emily en lançant un regard éloquent vers les Maraudeurs qui, curieusement, travaillaient toujours.

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Voilà, ce chapitre a mis trèèèès longtemps à arriver et je m'en excuse mais je ne suis encore qu'au lycée et on a été pas mal surchargés de travail dernièrement (certaines de mes revieweuses/camarades de classe pourront vous le confirmer). J'espère que vous ne regrettez pas trop la quasi absence des Maraudeurs actifs dans ce chapitre, ça viendra, ne vous inquiétez pas. Et si vous avez des envies de scènes, n'hésitez pas à proposer, je vous demanderai peut-être si je peux les mettre en scène (on sent l'auteur en panne d'inspiration... mais non !).

A la prochaine fois, plus rapide j'espère.

'Clochett'