Kykou !! Voila le troisieme chapitre ! Enfin ! Navrée pour le retard, surtout que cette fic est terminée... je n'ai aucune excuse... Aller, bonne lecture !


Chapitre 3

Hermione soupira. Depuis une heure, Harry lisait un épais grimoire tout en dévorant des biscuits, et elle, elle s'ennuyait. D'habitude, elle avait toujours quelque chose à faire, mais là, c'était un de ces rares moments où justement, elle n'avait rien à faire, pas même un devoir ni rien.

- Harry, dit-elle au bout d'un moment.

- Mhm ?

- Je vais me promener, si tu me cherche, je serais probablement dans le parc.

- Mhm…

Hermione pinça les lèvres puis elle quitta la Salle Commune de Gryffondor et descendit dans le parc en s'enroulant dans son manteau.

Dehors, la neige tourbillonnait. Décembre l'avait amenée avec lui et depuis le début du mois, elle ne cessait de tomber, jour et nuit.

Un sillon avait été creusé dans la neige pour gagner la maison de Hagrid, les serres et le stade de Quidditch mais la neige qui tombait dru avait tout recouvert et Hagrid devrait à nouveau pelleter, dès le lendemain.

Hermione soupira, à l'abri du porche. Soudain, un cri paniqué retentit dans le château et elle se retourna d'un bloc. Les élèves qui étaient là levèrent les yeux vers les étages et un nouveau cri se fit entendre, suivit d'un appel au secours.

Hermione, en bonne Préfète-en-Chef, se rua dans les escaliers, suivie de plusieurs élèves. Elle trouva rapidement la source de la panique et bouscula les élèves pour passer, montrant son insigne.

- Ha ! Granger ! dit Malefoy. Tu es là.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione en voyant la jeune fille allongée près de Malefoy, inconsciente, et sa camarade, assise par terre, terrorisée.

- Occupe-toi d'elle, dit le blond en montrant la jeune fille terrorisée. Je m'occupe de celle-ci.

Il souleva la fille inconsciente dans ses bras et Hermione passa un bras autour des épaules de l'autre fille. Ils se rendirent ensuite à l'Infirmerie et Pomfresh donna un puissant calmant à la fille des deux qui était consciente puis s'occupa de l'autre pendant que la première se laissait aller dans les bras d'Hermione qui la déposa sur un lit.

- Alors Pompom ? demanda Drago. Qu'est-ce que qu'elle à ?

- Je l'ignore, elle semble évanouie, simplement mais…

- Mais ? demanda Hermione en s'approchant.

- J'ai déjà vu ce type de malaise, dit Pomfresh. C'est arrivé la même chose à Harry Potter.

- Quoi ? dit Malefoy. Alors cette fille à… est…

- Amnésique ? Peut-être pas, il faut attendre qu'elle se réveille pour cela, dit Pomfresh. Mais je vais prévenir le Directeur et nous allons mettre en place un blocus, je pense. Deux malaises du même genre en moins de deux mois, ce n'est pas banal.

Les deux Préfets-en-Chef quittèrent l'Infirmerie l'esprit embrouillé.

- Comme Harry, elle a dit, n'est-ce pas ? demanda Hermione à Malefoy.

Celui-ci hocha la tête puis le silence se fit et ils regagnèrent leur Salle Commune, pensifs.

Un peu plus tard en ce dimanche, la jeune fille, qui était une sixième année de Serdaigle, revint à elle et, comme le craignait Malefoy, elle ne se souvenait ni de où elle était, ni de qui elle était, ni de ce qui s'était passé avant qu'elle ne se réveille.

Le blocus annoncé par Pomfresh fut mis en place une semaine plus tard, quand un autre élève un septième année de Pouffsouffle, fit un malaise et se réveilla amnésique.

- « A partir de ce jour, vendredi 12 décembre 1997, les portes du château de Poudlard resterons closes jusqu'à nouvel ordre. Les cours de Botanique se passeront dans la salle 212 et les cours de Soins aux Créatures Magiques, dans la Grande Salle. Les matchs de Quidditch ainsi que les entraînements sont annulés. Le Garde-Chasse Hagrid logera dans un appartement situé au quatrième étage du château et toutes les sorties à Pré-au-Lard ainsi que les retours dans les familles pour les vacances de Noël sont désormais exclus. » lut Hermione sur l'annonce qu'elle avait dans les mains.

Elle et Malefoy étaient en train de les distribuer dans les salles de classe. Le professeur McGonagall venait de leur donner à chacun un paquet et ils devaient également en donner à toute personne qu'ils croisaient et le lire aux fantômes, bien qu'eux ne craignent pas grand chose.

- On est bloqué ici pour les fêtes, c'est injuste, dit Malefoy en posant un petit paquet sur le bureau de Lupin.

Celui-ci dit :

- Ne vous plaignez pas, monsieur Malefoy, je suis certainement le plus à plaindre dans l'histoire. C'est bientôt la pleine lune et je vais devoir rester dans mon bureau.

Malefoy eut un bref haussement de sourcils puis Hermione soupira et entraîna le blond pour continuer à distribuer.

De son côté, Rogue, aidé de Trelawney et Flitwick, faisaient tout leur possible pour chercher, si possible trouver, une solution à leur problème.

Le soir même, Hermione épuisée d'avoir courut en tous sens à travers le château, furieuse d'avoir loupé des cours et d'être coincée au château pour les vacances de Noël, était plutôt de présence désagréable pour Malefoy.

Ne cessant de tourner en rond devant la cheminée qui ronflait, la jeune fille rongeait son frein et Malefoy, agacé, fini par craquer. Il la saisit par le bras et la tira à lui. Elle lui atterrit lourdement dessus, le regarda furieusement et voulut s'en aller mais Malefoy dit :

- Dis donc, petite lionne, tu va te détendre, d'accord ? Ca m'agace de te voir tourner comme ça, comme si tu étais en cage. Reste zen.

- Facile à dire, dit Hermione en soupirant.

Elle se laissa tomber sur le sofa, sur le dos, et étendit ses jambes sur les cuisses de Malefoy. Celui-ci passa une main sur son tibia droit en disant :

- Moi aussi je suis furieux de rester ici pour les vacances, mais nous n'avons pas le choix. Et puis… tu n'es pas toute seule, ajouta-t-il avec un sourire gourmand.

Hermione roula des yeux puis elle se leva et se remit à tourner en rond, au grand dam de Malefoy qui soupira.

Un peu plus tard dans la journée, alors qu'Hermione faisait ses devoirs pour la semaine à venir et que Malefoy lisait un gros livre, affalé sur le sofa, on frappa à la porte.

- Laisse, dit le blond en voyant Hermione se redresse. J'y vais…

La brunette lui fit un signe de tête puis elle pivota sur sa chaise pour voir le visiteur et fit un sourire au professeur Dumbledore.

- Bonjour, professeur, lui dit-elle.

- Bonjour, miss Granger, répondit celui-ci. Je suis désolé de vous déranger en plein… travail – il regarda la pile impressionnante de parchemins d'Hermione –, mais j'ai un service à vous demander.

- A nous deux ? demanda Malefoy en s'appuyant sur le dossier de la chaise d'Hermione. Asseyez-vous, professeur, ajouta-t-il.

Dumbledore prit la chaise avec plaisir et dit :

- Vous êtes mes deux Préfets-en-Chef, vous êtes donc placés juste après les professeurs dans la hiérarchie de ce collège, et justement, je vais avoir besoin de votre don inné pour faire respecter le règlement.

- Ce qui veut dire ? demanda Malefoy.

- Ce matin, comme vous le savez, j'ai décrété un blocus sur le collège à cause de ces mystérieuses amnésies. Tant que nous n'aurons pas trouvé une plausible solution, toutes sorties sont annulés, y compris les départs dans les familles pour les vacances de Noël et de la nouvelle année. Seulement, quelques irréductibles ont décidé de n'en faire qu'à leur tête et j'ai entendu dire dans les couloirs qu'une sortie en masse à Pré-au-Lard était prévue pour ce soir. Je viens solliciter votre aide pour déjouer ce plan et confiner les élèves dans leurs dortoirs respectifs.

- Mais professeur, dit Hermione. Comment voulez-vous qu'on l'on quadrille le château entier à deux ?

- Vous serez aidés des professeurs Rogue et McGonagall qui s'occuperons des étages cinq, six et sept. Vous, vous aurez le rez-de-chaussée, le premier étage et le second.

- Et le troisième et le quatrième ?

- Ce sont les fantômes qui évoluent ici, dit Dumbledore. Et puis ce sont les étages des salles de classe en majorité, il y a rarement d'élèves la nuit ici.

- Très bien, dit Malefoy. A quelle heure ?

- Juste après le dîner, dit le vieil homme en se levant. Vous resterez à proximité des sabliers une fois que vous aurez dîné et vous ouvrirez l'œil. Vingt points de moins pour chaque élève surprit à vouloir sortir malgré l'interdiction. Le danger est trop élevé pour la braver.

Malefoy et Hermione hochèrent la tête puis Dumbledore les quitta et la Gryffondor regarda le Serpentard, étonnée :

- Cela ne m'étonnerait guère que les fauteurs de trouble soient des Serpentards, dit-il en s'asseyant à la place que Dumbledore venait de quitter.

Hermione pinça les lèvres pour ne pas avoir à répondre puis elle se leva et alla dans la minuscule kitchenette. Elle se sortit un verre, le montra au blond qui hocha la tête puis elle servit deux verres de jus de citrouille et apporta le sien au Serpentard en disant :

- C'est dérangeant quand même ce blocus, alors que personne ne sait comment nos amis ont perdu leur mémoire… Tiens…

- Merci… Espérons que cela ne nous arrivera pas, dit Malefoy en prenant son verre.

Il en but une gorgée puis soupira et Hermione se remit à ses devoirs. Elle les laissa bien vite tomber, n'ayant plus l'envie de les faire et, avec Malefoy, ils partirent patrouiller dans les couloirs du château.

Une semaine passa et tout le monde commença à s'ennuyer ferme, avec cette interdiction de sortir. Les intellos, comme Hermione, passaient le plus de temps possible à la Bibliothèque mais parfois, l'appel de la neige était si fort que nombre d'élèves restaient scotchés aux fenêtres pendant des heures. La brunette faisait partie de ces élèves.

Assise sur le rebord de la fenêtre qui donnait du côté du stade de Quidditch, depuis sa Salle Commune de Préfète-en-Chef, Hermione n'entendit pas Malefoy rentrer et elle sursauta quand il la salua.

- Tu m'as fichu la trouille, lui dit-elle en tournant la tête vers lui.

- Si tu t'égarais moins dehors, tu ne prendrais pas peur dès qu'on te parle, dit le blond en posant son manteau et son sac sur une chaise. Tu es là depuis longtemps ? Les cours viennent de finir pourtant…

- Je n'avais pas cours en dernière heure, dit la jeune fille en descendant ses jambes du large rebord de la fenêtre. Tu n'as même pas fait attention à mon absence.

- Si, dit Malefoy. J'ai bien vu, mais j'ai pensé que tu étais en cours de Runes où je ne sais où.

Hermione eut un sourire puis elle dit :

- Tu va dîner dans la Grande Salle, ce soir ?

- Ben… Oui, pourquoi ? Tu ne viens pas, toi ?

- Non, je ne suis pas très bien aujourd'hui, répondit la brunette en regardant à nouveau dehors. Ce matin, je me suis réveillée avec la nausée et j'ai pensé que ça allait passer dans la journée mais non. J'ai l'impression que mon estomac s'amuse à faire des loopings…

Malefoy fronça les sourcils.

- Tu n'es pas enceinte, quand même ? demanda-t-il alors.

- Enceinte ?

Hermione le regarda de travers puis elle fronça les sourcils, faisant mine de réfléchir, puis elle secoua la tête et dit :

- Non, j'ai eut ma période la semaine passée. Non, je suis simplement malade de devoir rester enfermée, c'est tout.

Malefoy soupira de soulagement. Il valait mieux pour lui que la Gryffondor s'abstienne de tomber enceinte s'il tenait à sa vie. En effet, même en prison, Lucius Malefoy le saurait et il se débrouillerait pour faire payer son écart à son fils.

- Tu as eut peur que je sois enceinte ? demanda alors Hermione en souriant.

- Je te déconseille vivement de tomber enceinte de moi, répondit Malefoy, les sourcils froncés. Je suis trop jeune pour mourir.

Hermione, surprise, haussa les sourcils puis Malefoy dit :

- Si tu tombe enceinte et que mon père l'apprend, je peux dire adieu à la vie. Il me fera tuer, purement et simplement.

- Tu es fou ? demanda alors Hermione. Comment peux-tu dire une telle chose ?

- Je connais mon père, Granger, dit le blond. Tu n'es pas une sang pur…

- Je suis une sang pur, corrigea Hermione. Je descends simplement de Moldus, c'est tout. Quoi que tu en dises, je n'ai, de toutes façons, pas l'intention de te donner de descendance, Malefoy, rassures-toi. Je laisse ce plaisir à une des filles de ta famille, puisqu'il est de coutume dans les grandes familles de se marier entre cousins.

- Je te prierais d'être moins vulgaire, Granger, dit le blond en fronçant les sourcils. Evite d'insulter ma famille, ok ?

Hermione le regarda, serra les dents, puis soupira et dit :

- Excuses-moi, Malefoy… Je suis un peu sur les nerfs en ce moment, en plus je ne suis pas bien…

- Ce n'est pas grave, dit le blond. Tu devrais aller te reposer avant dîner…

- Je n'irais pas dîner, dit la jeune fille en secouant la tête. Je crois que je vais aller me coucher tout de suite. Si quand tu rentres tu veux me rejoindre, fait, mais ne me dérange pas.

La jeune fille se leva alors alla dans sa chambre. Malefoy la suivit jusqu'à la porte et la regarda s'affairer avant de dire :

- Granger ?

- Mhm ?

La Gryffondor se tourna vers lui et le regarda. Elle lui sourit alors puis s'approcha et l'embrassa avant de dire :

- Ne t'inquiète pas, je vais bien…

- Tu es sûre ? Je ne voudrais pas que tu perdes la mémoire à ton tour…

Hermione eut un sourire en coin puis Malefoy lui prit le visage entre ses mains et l'embrassa sur le front. Hermione ferma les yeux puis elle prit les poignets du blond dans ses mains et passa les bras fins autour de sa taille. Malefoy l'enlaça et elle se cala dans ses bras en soupirant. Si un jour on lui avait dit qu'elle allait, non seulement coucher avec le leader des Serpentards, mais en plus être accro à lui, elle ne l'aurait jamais cru. Elle n'était pas amoureuse, simplement accro à ses bras, à son corps, à sa bouche, mais pas amoureuse, oh ça non !

Quand le Serpentard la repoussa, il recula pour quitter la chambre et Hermione referma la porte en lui souhaitant une bonne soirée muettement. Le blond empoigna ensuite sa cape et quitta la Salle Commune. Il rejoignit celle de Serpentard et passa quelques minutes avec ses amis qu'il voyait si peu souvent à cause de ses nouvelles obligations.

Quand Hermione se réveilla, le lendemain samedi, elle sentit aussitôt qu'une autre chaleur réchauffait le lit et elle se tourna sur le dos pour rencontrer celui de Malefoy, encore profondément endormi.

Doucement, elle s'extirpa des couvertures en prenant soin de les rabattre une fois levée, puis elle s'enroula dans une robe de chambre parme et sortit de la chambre. Elle se glissa dans la kitchenette et mit du café à passer.

Les petits-déjeuners du week-end étaient particuliers pour les deux Préfets-en-Chef. Ils avaient décidé d'un commun accord de les prendre ensemble, dans leur Salle Commune, et non dans la Grande Salle avec leurs maisons respectives. Hermione avait suggéré cela le premier samedi de l'année, soit une semaine tout juste après la rentrée, alors que Malefoy n'avait pas envie de se lever et qu'elle-même rechignait à s'habiller pour descendre dans la Grande Salle. A son grand étonnement, le Serpentard avait tout suite été pour sa proposition et depuis, le samedi matin et le dimanche matin, celui des deux qui se levait en premier faisait couler le café et chauffer les toasts.

Alors qu'elle lisait La Gazette du Sorcier qu'une chouette venait de lui apporter, Hermione entendit les ressorts de son matelas couiner et elle en déduisit que le Serpentard se levait. Il était neuf heures et demi et c'était rare quand il dormait plus tard, prétextant qu'après dix heures, il n'avait plus rien le temps de faire.

- Bonjour… marmonna-t-il en sortant de la chambre, en boxer et t-shirt, essayant tant bien que mal de discipliner ses fins cheveux blonds hérissés.

Hermione lui sourit et il l'embrassa sur la joue avant de se laisser tomber sur une chaise en face d'elle en soupirant. Il bâilla et Hermione demanda :

- Tu es rentré tard, je ne t'ai pas entendu te coucher…

Prononcer cette phrase lui fit un drôle d'effet et elle réalisa alors brusquement qu'elle prenait dangereusement le chemin de la « vie de couple » avec Malefoy. Elle secoua alors légèrement la tête et le blond dit :

- Onze heures, je suis allé faire un tour dans le château avec Crabbe, Goyle et Pansy.

Il bâilla à nouveau puis ajouta :

- Tout le monde en a marre de cette réclusion forcée. Je l'ignorais, mais il y a déjà eut trois crises de nerfs depuis le début de la semaine. Trois filles.

Hermione haussa brièvement les sourcils puis elle se leva et alla chercher le pot de café qu'elle posa devant Malefoy qui se servit. La Gryffondor en versa ensuite une nouvelle dose dans sa propre tasse puis elle se saisit du couteau à beurre et se beurra un toast tout en lisant le journal.

- C'est bizarre, dit-elle en mordant dans son toast tout en tendant le couteau au blond. On ne parle nulle part de gens qui auraient perdu la mémoire, à croire que ça n'est arrivé qu'ici… tu sais quoi, Malefoy ? ajouta-t-elle.

- Mhmnon…

- J'ai comme l'impression que nous sommes les seuls à subir ces préjudices, dit Hermione. Il y a d'abord eut Harry, puis cette Serdaigle et le Pouffsouffle, et un autre Serdaigle avant-hier… Pas de Serpentard, ajouta-t-elle.

- Tu insinue que ce serait un de ma maison qui serait à l'origine de tout ça ? demanda Malefoy en se frottant le visage pour se réveiller. Comment ce serait possible ? Même Rogue ne trouve aucun remède à cette amnésie totale, alors un élève…

- La Serdaigle et le Pouffsouffle étaient bons en classe ? demanda alors Hermione.

- Heu… Qu'est-ce que j'en sais ? répondit Malefoy, surprit. Pourquoi cette question ?

- Non, parce que vois-tu, j'ai cogité une grande partie de la soirée hier et… Harry est super doué en Défense Contre les Forces du Mal, tu ne peux le nier. Le Serdaigle, lui, était bon en Botanique, je le sais, il était souvent avec moi à la Bibliothèque, mais les deux autres…

- Alors tu crois que la personne – ou la chose – qui agresse les élèves, leur vole leur mémoire uniquement pour les données qu'elle contient sur telle ou telle matière scolaire ? C'est insensé, Granger, voyons…

- Pourtant, c'est la seule explication que je vois pour le moment, dit Hermione en finissant son toast. Le voleur de mémoire a besoin de certaines données sur certaines choses et quel meilleur supermarché qu'un collège rempli de sorciers en apprentissage ?

Malefoy pinça les lèvres puis il haussa les épaules et Hermione se leva. Elle emmena sa tasse dans l'évier et, alors qu'elle buvait un peu d'eau au robinet, deux bras lui passèrent autour de la taille et elle sourit :

- Malefoy… tu as un coup de cafard ?

- Mhm… fit le blond en posant son menton sur l'épaule de la Gryffondor. J'en ai marre, dit-il. Je veux sortir, je veux jouer dans la neige, comme les gosses…

- Toi ? Jouer dans la neige ? dit la brunette en se retournant.

- Je joue beaucoup avec mes cousins, dit le blond, légèrement froissé, en reculant. Ils adorent me voir rire.

- Moi aussi j'adore te voir rire alors vire-moi cette tête d'enterrement, d'accord ? dit Hermione en lui caressant la joue.

Elle s'éloigna alors et le blond la retint par le poignet en disant, sur un ton langoureux :

- Ma lionne, ne voudrais-tu pas t'amuser un peu au chat et à la souris avec moi ce matin ?

Il la tira à lui, l'embrassa dans le cou en repoussant la lourde chevelure et Hermione frissonna. Soudain, on frappa à la porte et Malefoy soupira. Il lâcha la brunette qui alla ouvrir en tenant fermée sa robe de chambre au niveau de sa poitrine.

- Professeur McGonagall, dit-elle en ouvrant la porte. Professeur Rogue… professeur Dumbledore…

Elle fit entrer les trois adultes qui ne s'offusquèrent même pas de la tenue des deux jeunes gens, prenant place autour de la table que Malefoy venait de débarrasser à la hâte.

- Nous sommes désolés de vous déranger si tôt, miss, dit McGonagall.

- Je… dit Hermione en regardant sa tenue. Je vais m'habiller, je reviens.

Elle s'enfila aussitôt dans sa chambre, Malefoy l'imita, et Dumbledore dit :

- Je vais encore avoir besoin de vous, Préfets-en-Chef.

- Nous vous écoutons, professeur, dit Malefoy depuis sa chambre.

- Il y a eut une nouvelle agression hier au soir, dit Rogue.

- Encore ? dirent Malefoy et Hermione d'une même voix.

- Oui, hélas, dit McGonagall. Comme c'est la troisième depuis que nous avons mis en place le blocus, il est évident qu'il ne sert plus à rien puisque le problème ne semble pas venir de l'extérieur. Nous allons donc lever l'embargo mais nous avons décidé, miss Granger et monsieur Malefoy, de vous confier la lourde responsabilité de surveiller les élèves en permanence. Les Préfets vont vous seconder, évidemment.

- Quel sera notre rôle ? demanda Hermione en apparaissant, occupée à nouer ses cheveux en chignon.

Malefoy revint deux secondes plus tard et McGonagall reprit :

- Vous aurez la tâche de regarder chaque élève et professeur, et de déceler le moindre signe avant coureur du malaise qui détruit la mémoire.

- Toute attitude bizarre sera à prendre en compte, marche en zigzag, endormissement, maux quelconques, dit Rogue. Et bien sûr, le malaise en lui-même.

- Nous sommes honorés que vous nous portiez une telle confiance, dit Hermione, debout près de Malefoy. Seulement, si nous-même tombons « malades », ce que je ne souhaite pas, comment ferez-vous ?

- Autrement, se contenta de répondre Rogue.

Ni McGonagall ni Dumbledore n'ajoutèrent mot puis Malefoy demanda :

- Vous n'avez toujours pas d'idées concernant ce mystérieux mal qui semble s'aggraver un peu plus chaque jour ?

- Non, hélas, dit Dumbledore en secouant la tête. Je refuse d'alerter le Ministère car visiblement, il n'y a qu'à Poudlard que ce mal sévit…

- Granger m'en a fait la remarque ce matin en lisant le journal, dit Malefoy.

Hermione fit un signe de tête puis les trois professeurs se levèrent et leur souhaitèrent une bonne journée en leur signalant que l'embargo serait levé dès lundi matin sept heures.

Quand ils furent partis, les deux sorciers soupirèrent en cœur et se mirent à rire ensuite. Enfin ! Enfin ils allaient pouvoir sortir du château et aller patauger dans la neige, dévaliser les boutiques de Pré-au-Lard, et surtout, surtout ! rentrer chez eux pour les fêtes.