Chapitre XI : Epreuve réussie

Le lendemain matin, Itachi était encore de garde quand Saya se réveilla en sursaut :

- Il faut s'en aller.

- Qu'y a-t-il ?

Elle prit la main d'Itachi et l'entraîna avec elle. Ils couraient sans raison (NDLA : du point de vue d'Itachi) et le jeune homme se demandait ce qu'elle avait :

- Tu as fait un cauchemar ?

- Tu ne les sens pas ?

- Sentir quoi ? Y a rien ici.

- Je ne sais pas ce que c'est mais il y en a beaucoup. Plus d'une trentaine.

- Où ?

- Derrière. Ils vont arriver sur nous.

- Je ne sens rien.

- Je ne mens pas !

Itachi ne dit rien. Elle ne semblait pas mentir, c'est vrai. Mais s'il ne les sentait pas, c'était qu'ils cachaient leurs présences. Dans ce cas, elle non plus n'aurait pas dû les remarquer…

- Ils nous rattrapent.

Itachi ne sentait toujours rien et cela l'énervait passablement. Soudain, sans qu'il sache pourquoi, Saya s'arrêta. Il sentait sa main trembler dans la sienne. Il ne savait pas quoi lui dire :

- …Heu… T'en fais pas… Trente ninjas, c'est pas un problème. Je vais facilement les avoir…

- Vas-t'en !

- Nani ?

- J'en ai marre de te ralentir, alors je vais rester ici et en tuer un maximum. Il risque de t'en rester un peu quand même. Gomen.

- Je croyais que c'était aux hommes de protéger les demoiselles ?

Saya parut étonnée et sourit :

- Tu te mets à faire de l'humour tout à coup ? Je suis contente d'avoir vu ça avant de mourir.

Elle riait de bon cœur, comme si ça lui était égal de perdre la vie :

- Vas-y.

- Parce que tu crois sincèrement que je vais te laisser te battre et m'en aller ?

- Pour me faire plaisir, oui.

- Je me fous de te faire plaisir ou non !

- Méchant Koori-kun !

- … Si tu veux… Allez, tire-toi maintenant.

- Ah non !

Elle avait l'air d'une enfant fâchée. Il était prêt à la frapper quand elle recommença à sourire gentiment :

- Je vais essayer alors…

- Essayer quoi ?

Elle posa son doigt sur sa bouche :

- Chut… Tu parles trop Koori-kun.

Elle rit en voyant le visage stupéfait du garçon. Et puis son visage prit un air grave. Elle poussa doucement Itachi et commença à composer des signes. Elle s'arrêta, à bout de souffle :

- Je… N'y arrive pas… Je n'ai plus assez de chakra.

Il allait lui demander ce qu'elle avait essayé de faire quand il sentit quelque chose arriver :

- Tu les sens toi aussi maintenant ? rit-elle.

C'était nombreux, et très fort… C'était ce qu'elle avait senti bien avant ? Pourquoi ne le remarquait-il que maintenant ? Elle était épuisée et lui non plus n'était pas au meilleur de sa forme. Il n'était pas sûr de réussir à tous les battre :

- Donne-moi ta force.

Il la regarda sans comprendre. Elle s'était tournée vers lui et avait cessé de rire :

- Prête-moi ton chakra. Tu possèdes le sharingan, alors tu peux copier tous mes mouvements, non ?

- Oui, mais à quoi ça va nous servir ?

- A nous sortir de là. En temps normal, j'aurai utilisé uniquement le mien, mais j'ai déjà presque tout consommé. Gomen, ça va beaucoup t'en prendre mais je n'ai pas trouvé d'autre idée…

- Tu es sûre de trouver la sortie avec ça ?

- Hai.

- … Alors fais-le.

Elle hocha la tête et recommença à faire des signes. Itachi la copiait instantanément. Il sentait son chakra s'envoler au fur et à mesure qu'il composait les signes. Quelque chose le lui aspirait. Et puis ce quelque chose devint visible. Ils étaient l'un en face de l'autre et au milieu d'eux une sphère de chakra se créait. Ell rétrécit ensuite petit à petit :

- Le troisième œil !

Tout s'illumina. La boule avait explosé.

Itachi courait derrière Saya. La sphère de chakra avait explosé et les avait inondés de lumière. La même lumière que la vague qu'il avait vue trois fois la veille. Alors cette vague était le moyen pour Saya de tout voir dans un rayon de plusieurs kilomètres ? Elle lançait son chakra dans ce périmètre et en mémorisait ensuite toute la configuration. Quand la vague était revenue, Itachi avait pu récupérer une partie de son chakra mais pas entièrement (moins de la moitié à vrai dire). Et Saya, qui n'en avait déjà plus beaucoup et qui avait utilisé le peu qui lui restait pour se synchroniser avec lui, devait être à court. Et pourtant elle continuait à courir. Aussi vite qu'elle en était encore capable. Elle se dirigeait sûrement, certaine de la direction qu'elle devait prendre à chaque intersection. Elle avait réussi à mémoriser les embranchements d'un labyrinthe de vingt kilomètres de long en à peine deux ou trois minutes…

- A quoi tu penses ?

Ils venaient de s'arrêter un peu, épuisés tous les deux :

- A rien de précis.

- Menteur. Quand tu ne dis rien et que tu respires comme ça, c'est que tu te poses des questions.

- … Je me demandais comment fonctionnait ta technique.

- Tu veux savoir pourquoi tu n'arrives pas à comprendre son fonctionnement alors que tu l'as copiée avec ton sharingan, hein ?

Alors Yoji avait raison quand il disait qu'il était facile de discerner ses pensées. Décidément, ces deux-là l'énervaient prodigieusement :

- En fait, je n'ai pas utilisé la vraie technique tout à l'heure. J'y ai mêlé des sceaux et de quoi synchroniser nos chakras. Finalement, tout ce que tu as fait, c'est tenir le rôle de réservoir à chakra.

« Réservoir à chakra », ce terme ne plaisait pas vraiment à Itachi mais il se retint de s'énerver :

- Gomen, dit quand même Saya en souriant. C'est pour ça que tu ne peux pas te diriger tout seul dans ce labyrinthe. Je peux toujours t'expliquer comment ça marche si…

Elle s'arrêta subitement de parler et se tint droite :

- Il va falloir repartir. Ils nous ont retrouvés… Je me demande même si Yoji n'y serait pas un peu pour quelque chose.

Comme d'habitude, elle se mit à sourire. Décidément, elle ne devait pas savoir ce que ça voulait dire d'en vouloir à quelqu'un (NDLA : tout le contraire d'Itachi en somme). Ils repartirent sans dire un mot.

Une heure plus tard, ils arrivaient à la sortie du labyrinthe. Yoji et les autres étaient venus les accueillirent et les deux ninjas étaient prêts à combattre quand l'homme les prit dans ses bras en riant. Ils le laissèrent faire et l'écoutèrent leur dire qu'ils venaient de battre le record de vitesse :

- Le plus rapide avait mis plus de cinq jours. Et il était mort en arrivant. Bravo !