Chapitre XIV : Bienvenue dans mon monde

Saya se réveilla dans les bras d'Itachi. Elle se souvint de ce qui s'était passé durant la nuit et un sourire triste vint se loger sur ses lèvres. Elle voulut se lever et se sentit soudain entraînée vers le bas :

- Il faut y aller maintenant, dit-elle, c'est l'heure.

- M'en fiche.

Il passa ses bras autour de sa taille :

- Ne suis bien comme ça. Z'attendront (NDLA : vous noterez comme toute la classe d'Itachi s'en va le matin).

- On n'en a pas envie.

Itachi se leva d'un bond en entendant son chef parler. Deidara se mit à baver et il réalisa qu'il était en caleçon :

- Deidara ! Sors de là ! cria-t-il.

(RRRR ! C'est pas juste ! Je la déteste !)

- Vous viendrez quand vous serez prêts.

(Pourquoi elle y a le droit et pas moi ? C'est pas justeuh ! )

Yoji regarda Saya avec intérêt et entraîna le reste des membres en-dehors. Quand ils furent tous sortis, les deux ninjas s'habillèrent en silence, aussi mal-à-l'aise l'un que l'autre. Saya s'imaginait bien dans quel état de gêne devait être Itachi. Quand ils furent prêts, elle l'embrassa sur la joue et lui sourit :

- T'en fais pas. Je leur dirais que je t'ai hypnotisé.

- Le porteur du sharingan, hypnotisé par une aveugle, ironisa-t-il. Ils vont apprécier…

- Gomen…

Saya lui sourit et sortit, essayant de ne pas montrer à quel point ses mots l'avaient blessée. Il la suivit sans rien remarquer.
Dans la salle à manger, il ne restait plus personne et ils allèrent directement à la salle d'entraînement. Durant toute la matinée, aucun d'eux ne parla et la journée non plus. Et ils répétèrent ce scénario les jours suivants…

Comme aucun des membres partis en mission ne revenait, Saya alternait ses semaines entre Yoji et Itachi. Elle avait plusieurs fois essayé d'égayer ce dernier mais sans résultat. Et ce qu'il s'était passé la dernière fois avec Yoji n'avait pas arrangé les choses :

Flash-back on

C'était lors d'un de ses entraînements avec Yoji. Enfin, entraînement n'était pas vraiment le terme exact… Depuis leur entrevue (NDLA : fin du chapitre XII), ils passaient leur temps à s'amuser ou à flâner. Ce jour-là, ils décidèrent de faire une partie de cache-cache dans la forêt et ils en oublièrent qu'ils devaient rentrer à onze heures. C'était à elle de se cacher et elle eut l'idée de sortir de la salle. Elle vérifia que Yoji était bien parti dans le sens inverse et elle se précipita à la porte. Mais, arrivée à quelques mètres, il lui sauta dessus et ils commencèrent à se bagarrer. Yoji était sur elle et lui tenait les poignets d'une main, tandis qu'il la chatouillait de l'autre. Elle se débattait tant qu'elle pouvait et ils firent des tonneaux pour arriver sens dessus dessous. Ils se mirent à rire en se voyant couverts de terre et d'égratignures. Yoji s'arrêta tout à coup et la regarda en silence :

- Qu'est-ce qu'y a ? demanda-t-elle. T'es triste ?

- Tu sais bien ce qu'il y a.

- Je ne peux pas Yoji.

- Je sais… C'est ça qui est triste.

- Oui...

Il la regardait sourire et puis, il n'y tint plus, il la prit dans ses bras et il l'embrassa. Elle se laissa faire :

- Arigato, Saya.

Elle lui répondit simplement avec un doux sourire. Soudain, elle se leva et s'en alla. Elle avait senti quelqu'un qui les regardait et qui s'en allait. Elle se dirigea vers la porte et y retrouva Itachi qui sortait et Kodaime, rouge de colère. Quand Yoji les rejoint, il prit la parole :

- On se demandait ce qui vous arrivait. Mais on dirait qu'on avait pas besoin de s'inquiéter.

Il se tourna et s'en alla lui aussi.

Flash-back off

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Itachi était allongé sur le canapé de la salle à manger (NDLA : devinez ce qu'il regarde Il repensait à ce qu'il avait vu l'après-midi. Décidément, elle s'était bien foutue de sa gueule. Deidara avait peut-être pas tort quand elle disait que c'était qu'une sale …

- Ne le pense pas.

- Pas penser quoi ?

- Ze zais pas. Mais le fais pas quand même !

Yoji vint se poser par terre, le dos contre le canapé :

- Qu'est-ce que tu veux ? s'énerva Itachi.

- D'as zoif ? lui demanda-t-il en lui collant une bouteille vide sous le nez.

Il la regarda avec attention, la posa à côté et lui en tendit une autre :

- Ca fait combien ?

- Boarf ! Deux, drois. Bas beaucoup blus.

- T'es saoul donc…

- Naon ze zuis pas saoul. Si z'étais saoul, ze serais pas là. Ze roupillerais tranquillou avec Saya-chan.

- Alors saoule-toi et va la rejoindre !

- Rhooooo ! Qu'il est sucet… zuzep… coléreux quand on parle de sa petite Saya-chan.

- Ne me cherche pas Yoji.

- Ouhh ! Zerait-y pas d'l'amour, za ?

- Yoji…

Il se leva et commença à ébouriffer les cheveux d'Itachi :

- Il est dout driste parze qu'il z'est fait zeté par za demoiselle. Mais d'en fais pas mon vieux. Entre zetés, on se zert les goudes, hein ?

- Nani ?

- Ben oui, moi zauzi, alors tu vois ? Tiens, bois un coup.

- Tu ne sais plus ce que tu dis…

- Zi ze zais ! Elle est trop abni … ovnu … obzédé par doi !

- Tu dis de plus en plus de conneries.

- Naon ! Tu crois que z'est tout le monde qui ze tuerait pour toi ? Mais ze me tais, ze lui ai dit que ze te dirais pas.

Il but une gorgée (NDLA : à peu près un quart de litre) et reprit :

- Et pis zut ! Elle avait qu'à être plus zentille avec moi ! Tu t'zouviens dans le labyrinf ? Ben, après on a zoué tous les deux et elle arrivait pas à ze battre… Z'étais pas content parze qu'elle ze battait pas vraiment. Et elle z'est excuzée (du zais, avec zon petit gomen tout mignon et zon zourire d'anze) en disant qu'elle avait pompé tout zon sakra là-bas. Mais ze zuis pas bête moi, z'avais bien remarqué, moi, qu'elle avait fait un grand détour, moi. Au début, ze savais pas ze que z'était za boule de lumière. Et pis z'ai compris pourquoi elle l'avait utilizé guatre fois.

Itachi ne disait plus rien et se laissa observé par Yoji :

- D'es gon ! Du t'es pas demandé bourguoi elle l'avait fait plein de fois alors gu'elle avait tout bien mémorizé ? Z'est parze qu'elle ne zavait plus où d'édais… Elle a failli grever et doi du d'en fous. Du la vois qui ze laize faire un petit bizou de rien du tout et du la laize toute zeule. Za fait deux mois que ze la harzèl tous les zours et elle a bien voulu me laizer l'embrasser bour me vaire plaizir et doi, hop, du d'en va, zans demander d'exbligation... Z'est doi gui devrait être dout zeul dans la zalle. Mais elle est trop zentille pour te dire que z'est ba doi gui la zauvée et gue z'est moi gui l'ai embrazé alors gu'elle voulait ba…

Itachi donna un coup de poing à Yoji qui alla valser dans le mur :

- Décidément, d'es long à réagir... Allez, du devrais pas être là.

Il le regarda pendant quelques instants et s'en alla.

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Ca faisait deux heures que Saya était assise sur cette branche. Elle avait demandé à Yoji s'il pouvait la laisser seule cette nuit et il avait accepté. Alors elle était allée dans la salle d'entraînement et elle s'était assise là, à attendre que ça passe. Quand elle l'avait vu partir sans un regard pour elle, elle avait soudain détesté Yoji. Comment avait-il pu lui faire ça ? Pour la première fois, elle avait détesté quelqu'un. Et elle se haïssait encore davantage. Elle comprenait qu'il ne veuille plus la voir. Elle l'avait laissé faire, elle avait laissé Yoji l'embrasser ! Elle, devant lui ! Elle ne se le pardonnait pas.

Elle entendit soudain du bruit derrière la porte. Elle s'y précipita et n'eut qu'à peine le temps de l'empêchée d'être ouverte. Elle ne voulait pas qu'on voie cet endroit. Elle ne voulait surtout pas que lui le voit.

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Itachi avait voulut entrer mais Saya avait dû se poster devant. Il l'avait sentie derrière. Il lâcha prise et s'assit contre le mur :

- Saya ?

- …

- Ne ferme pas s'il te plaît… Je… Voudrais te parler… Tu veux bien ?

- …

- Je… Me suis rendu compte… Que… J'avais tort, j'aurais dû te laisser parler et m'expliquer…

- Y a rien à expliquer…

- …Hum… Je sais… Je veux dire… Je m'excuse…

Il y eut un silence :

- Pourquoi ? Tu n'as rien fait.

- Je me suis énervé sans rien vouloir savoir et… Enfin, je savais que tu l'as laissé faire parce que tu l'aimes bien et que tu voulais lui faire plaisir même si toi t'en avais pas envie. Mais... En fait, c'est que… J'étais… Jaloux, voilà… Je pensais que tu… Enfin, tu vois, toi et moi… Alors quand je vous ai vu… J'ai cru qu'il t'avait enlevée à moi. Que je ne t'aurais plus… Et je suis parti sans te regarder parce que je… Voulais pas te voir sans sourire. Et puis j'osais plus te regarder après et… Hum, je suis vraiment mauvais pour m'expliquer, pas vrai ?

- …

- Enfin, j'aurais essayé, dit-il en se levant.

Il allait partir quand il l'entendit :

- Itachi ? …Gomen. Je ne voulais pas te faire de mal.

- … Je sais, tu n'as pas à t'excuser. Tu es tout le temps en train de t'excuser. Tu me regardes avec un sourire triste et tu dis gomen. Arrête un peu. C'est pas à toi de t'excuser et de me protéger. Yoji m'a dit pour le labyrinthe. T'as pas à me défendre, je sais le faire tout seul. Ne t'occupe pas de moi.

- Go… Hai.

- …Tu vas me promettre de ne plus faire attention à moi… A partir de maintenant, ce sera moi qui prendrais soin de toi. C'est moi qui te protègerais… Si tu veux bien…

- …

- Tu… Veux bien ?

- …

Il attendit un moment. Il la sentait de l'autre côté qui ne bougeait pas. Il voulait juste la voir, la sentir près de lui. Pouvoir la prendre dans ses bras, la serrer contre lui. Il ne voulait qu'une chose, la voir ouvrir la porte et lui sourire, un peu gênée. Et lui aussi il lui sourirait. Et avec son sourire, il lui réchaufferait le cœur comme elle le faisait pour lui. Comme une étoile.

La porte s'ouvrit. Elle était plantée là, devant lui, la tête baissée. Elle avait encore des traces de larmes sur ses joues :

- Tu veux bien que je sois ton étoile ? Je ne te laisserai plus pleurer, je te le promets…

- Tu es déjà mon étoile.

Elle lui sourit et il l'embrassa. Ses lèvres étaient douces. Encore humides et salées d'avoir trop pleuré. Douces et chaleureuses. Il la serra contre lui :

- Laisse-moi entrer, dit-il doucement.

Elle resta immobile contre lui. Il sentait son souffle chaud sur sa peau. Elle recula, lui tourna le dos et l'entraîna lentement à l'intérieur.

La porte était fermée, et pourtant tout était encore sombre, on aurait dit qu'il faisait nuit noire. Non, c'était même plus que ça. Même dans la nuit, on voyait toujours un peu. Il y avait les étoiles ou la lune, les animaux, les plantes. Mais ici il n'y avait rien. Il avait beau attendre que ses yeux s'habituent au noir, il ne voyait toujours pas :

- Tu ne verras rien… Il n'y a rien à voir…