Chapitre XV : Départ
Au son de sa voix, il entendait qu'elle se forçait à sourire. Sa main tremblait dans la sienne. Il ne voulait pas qu'elle pleure. Il posa sa main sur sa joue et l'embrassa. Elle ne devait pas pleurer.
Elle se poussa un peu et fit quelque chose avec ses mains. Quelques instants après, Itachi vit une sphère de lumière se former et commencer à éclairer leurs corps. C'était la même sphère que celle qu'elle avait fait dans le labyrinthe :
- Non ! Je ne veux pas que tu fasses ça.
- Ne t'en fais pas, lui sourit-elle. Je ne la ferai pas plus grosse que ça. Je voudrais te montrer quelque chose. Tu… veux bien ?
Il ne répondit pas, bien sûr qu'il le voulait :
- Je voudrais que tu me vois comme moi je te vois.
Elle avait la tête baissée comme pour fixer la sphère de chakra. Elle la releva lentement et s'arrêta un peu avant d'être en face de lui, elle avait les yeux ouverts. Itachi sourit avec tendresse et lui caressa la joue. Elle sourit à son tour et le laissa lui lever complètement le visage.
Ses yeux étaient complètement noirs. Comme si elle n'avait pas de pupilles. Il les fixa sans rien dire :
- Ouverture du sceau.
D'abord, il ne se passa rien. Tout était encore noir et silencieux. Et puis il vit quelque chose bouger au milieu de ses yeux. Une forme rouge vint se former, elle se dessinait petit à petit. Il put distinguer comme une vague qui avançait au fur et à mesure et qui emplissait ses yeux. Il les vit devenir complètement rouges et puis tout redevint noir. Il ne voyait même plus Saya ou la sphère de chakra. C'était comme s'il venait d'être éblouit. Il la sentit qui lâchait sa main et qui s'en allait. Elle le laissait seul alors ? Et puis finalement il vit une faible lumière se former loin devant lui. Elle grossit petit à petit jusqu'à façonner quelque chose qui ressemblait à un arbre. Puis deux, puis trois, et finalement toute une forêt qui les entourait. Entre ces arbres, il apercevait parfois d'autres lumières plus petites. Elles avaient ceci de différent qu'elles semblaient plus vives et qu'elles bougeaient. Itachi regardait partout autour de lui et il se rendit compte que toutes les lumières avaient quelque chose qui les différenciait. Celle-ci était plus forte, celle-là plus diffuse. Certaines paraissaient inoffensives et d'autres agressives. Il y en avait partout et il ne savait plus où se tourner. Il se sentait harcelé où qu'il regarde. L'une d'entre elle se rapprocha de lui. Il voulut se défendre mais il ne l'atteint pas. Il la regarda de plus près et ressentit soudain le besoin d'aller vers elle. C'était comme si cette lumière était triste et seule. Il sentit une main lui caresser le visage et un murmure à son oreille :
- Calme-toi. Je ne sais pas comment ça devrait être normalement, mais dans mon esprit, c'était une clairière en pleine journée… Les animaux sont calmes, le vent est doux. C'est sûrement déroutant mais tu n'as rien à craindre ici.
Elle l'embrassa tendrement :
- Et puis, qui pourrais me sauver si tu trembles comme tu le fais ?
Itachi allait se venger de cette offensequand elle lui posa la main sur la bouche :
- Chut !
Elle le
prit par la main et l'entraîna avec lui. Il se laissa guidé
et ils arrivèrent à la porte qu'ils passèrent.
A son grand étonnement, il avait retrouvé la vue. Il
fut d'abord un peu éblouit et puis il ne fut pas mécontent
de retrouver ses sensations. Mais Saya, elle, elle continuait à
voir comme ça…
Il la vit
qui s'en allait vers la salle à manger et il la suivit. Là,
ils rejoignirent Yoji, Sasori, Deidara et Kodaime qui semblaient les
attendre. Isa et Kyoshiro étaient présents également :
- Vous étiez là Parfait. Kyoshiro, tu peux répéter ce que tu viens de me dire ?
- On est allé jusqu'au repaire d'Orochimaru mais il avait déménagé. On l'a pisté et on a trouvé sa nouvelle cachette, loin dans la montagne. On l'a espionné pour savoir ce qu'il fagottait et on a appris qu'il avait fait une alliance avec un grand nombre d'organisation.
- Il va s'attaquer à nous dans peu d'temps, continua Isa.
- Il s'y croit trop ! cracha Deidara. Il peut venir, on l'attend !
- Mais avec Huroï et Marek en moins, et contre une alliance… Vous savez combien ils sont et quelles sont leurs forces ?
- Non, dès qu'on a vu ça, on s'est tiré et on est r'venu prév'nir Yoji.
- Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il y avait sept mecs avec Orochimaru et ses deux toutous.
- Donc sept organisations a priori… Bien… Ceux qui restent, vous allez tout préparer. Les autres, nous partons dans une heure.
- Et qui c'est les autres ? demanda Itachi.
- Toi et ma petite Saya pardi. Je vous veux avec moi pour vous surveiller.
- Ah oui ? Alors ça y est Saya-chan, Koori-kun s't' enfin déclaré ? Il a mis l'temps, hein ?
( Isa…)
- Hai, dit-elle avec un sourire.
(Comment ça « hai » ?)
- Il est timide aussi, continua Yoji. Et pis il est pas rapide à cogiter. Il faut pas le brusquer notre petit Koori-kun.(Je vais les tuer !)
- Bon, il faut qu'on aille se préparer, alors ? dit Saya en retenant Itachi.
- Oui. Dépêchez-vous.
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Une heure
après, les trois ninjas se retrouvèrent devant la
porte. Les autres s'affairaient à l'intérieur, pour
des préparatifs divers qui ne regardaient pas Saya, si l'on
en croyait les dires de Deidara. De toute façon, ça ne
l'intéressait pas puisqu'elle ne pourrait pas en faire
part à l'Hokage, ni même à personne d'autre.
Quand ils
furent sortis du repaire, Yoji tendit un katana à Saya :
- Tu devais te sentir nue sans lui, hein ?
- Tu me le rends vraiment ?
- Non, c'est juste pour te faire baver… Bien sûr que je te le rend.
- Mais pourquoi ?
- Si on doit se battre, il vaut mieux que tu aies de quoi te défendre.
- Mais je pourrais me retourner contre vous avec.
- C'est pour ça que mon petit Koori-kun est là. Tu ne lèverais quand même pas la main sur lui…
Il se tourna vers Itachi qui rougissait et se mit à rire :
- Bon, allons-y ! dit le garçon en s'en allant, gêné.
- C'est vraiment trop facile. Bon, tu le prends ce katana ou pas ? Je peux le garder si tu y tiens.
La jeune fille lui prit vivement le sabre, de peur qu'il ne le reprenne vraiment. Il rit de nouveau et alla à la suite d'Itachi en faisant attention de ne pas se faire frapper. Ils commencèrent à partir mais ils se retournèrent quand ils virent que Saya ne les suivait pas. Elle ne faisait plus attention à eux de toute façon. Elle ne pensait plus qu'à son cher katana. Il lui avait manqué depuis que Yoji le lui avait confisqué, mais ce n'était que maintenant qu'elle le tenait à nouveau dans ses mains qu'elle mesurait à quel point. Les clochettes tintèrent doucement avec le vent et elle le sortit machinalement de son fourreau, passa son doigt sur la lame et se coupa :
- Saya ? Tu viens ?
Elle sourit, rangea son sabre et rejoignit les deux hommes.
