Voilà le chapitre 6... Bonne lecture !

Abelforth


Chapitre VI : Visite à Sainte-Mangouste

Quand tout fut définitivement prêt, ils se séparèrent et partirent chacun de leur côté. Harry se dirigea tout droit vers le parc, alors que Neville se rendait chez Dumbledore, non sans lui avoir auparavant envoyé un message par hibou, pour lui signaler qu'il désirait le voir très rapidement.

Neville ne sut jamais si le hasard avait bien fait les choses, ou si Dumbledore était déjà là à l'attendre. Le fait est que ce dernier était dans le couloir au moment où Neville s'y dirigeait.

- « Tiens ! Bonjour Neville ! Comment ça va ? Tout se passe bien ? » dit-il en s'adressant à lui d'un air rieur que Neville lui connaissait bien.

- « Parfaitement Monsieur le Directeur ! J'étais simplement venu vous signaler que tout était au point. Je suis venu également vous demander une autorisation de sortie pour me rendre à Sainte-Mangouste, au chevet de mes parents, afin de leur administrer la potion qui devrait être prête dans quelques dizaines de minutes ! » annonça tout heureux Neville à Dumbledore.

- « Mais tout cela me paraît parfait Neville ! Je suis enchanté d'entendre de si bonnes nouvelles ! … Mais au fait, … vous voudriez vous y rendre quand à Sainte-Mangouste ? » demanda le Directeur un brin narquois à notre ami.

Neville, qui avait parfaitement capté l'étrangeté de la situation, ignora intentionnellement le ton employé par ce dernier. Il ne s'attendait certainement pas à une telle proposition. Il répondit enthousiaste :

- « Dès que possible, bien sûr Monsieur ! Je suis impatient de voir si mes recherches sont d'ordre à guérir les personnes atteintes de ces pathologies ! »

- « Mais mon cher Neville, vous n'avez qu'à demander ! … Voyons … Est-ce que ce … soir vous irait ? » lui proposa le Directeur d'un ton enjoué.

- « Parfaitement Monsieur le Directeur ! Ce serait parfait ! » répondit Neville, qui ne put retenir sa joie.

- « Bien ! disons alors … que vous pourriez vous y rendre … après le repas du soir. Le temps que vous puissiez manger tranquillement pendant que la potion soit définitivement achevée, et le temps que je m'occupe de quelques arrangements personnels ! Je suppose bien entendu que vous voudriez faire participer vos amis à cette … disons … petite escapade, n'est-ce pas ? » ajouta Dumbledore, tout en guettant la réaction de Neville.

- « Oh ! Merci Monsieur le Directeur ! Si c'est possible, je ne demande que ça ! Bien entendu ! » répondit Neville comblé, qui n'en espérait pas tant.

- « Eh bien voilà qui est fait ! C'est entendu ! Tâchez de vous trouver prêts dans le hall d'entrée à la fin du repas ! Sur ce, excusez-moi Neville, mais il faut que je vous quitte, j'ai quelques dispositions à prendre ! » ajouta Dumbledore redevenu sérieux pour le coup.

Puis il prit congé, laissant Neville un peu désemparé dans le couloir. Celui-ci ne s'attendait pas à un dénouement aussi rapide de la situation. Après quelques instants d'incertitude, il repris ses esprits et se dirigea rapidement vers la tour des Gryffondor, pour y récupérer son bien le plus précieux, afin d'être fin prêt quand le moment serait venu.

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Pendant ce temps, … après quelques instants de marche, Harry, qui avait décidé de retrouver ses camarades arriva près d'un arbre qui ressemblait à s'y méprendre à un voile, sur lequel se trouvaient perchés ses meilleurs amis.

- « Salut ! vous deux !», lança Harry d'un ton désinvolte en levant la tête vers eux.

Ron et Hermione ; perchés dans leur arbre, s'étaient déclarés leurs sentiments et leur amour l'un pour l'autre quelques temps auparavant, tournèrent leurs visages vers lui.

Hermione avait posé sa tête au creux de l'épaule de Ron et ils se tenaient tendrement par la main. À l'arrivée de Harry, ils le saluèrent gentiment à voix basse.

- « Je viens de terminer la potion de Neville ! Elle est en train de se décanter ! », s'exclama-t-il tout heureux.

- « Je trouve que Neville a fait de gros efforts de recherche et a eu beaucoup de patience pour arriver à créer une potion aussi complexe et de plus inconnue à ce jour. Lui qui d'habitude est très mal à l'aise durant ces cours de potion », rétorqua Ron le sourire aux lèvres.

Hermione ; tourna instinctivement un regard qui se voulut réprobateur vers lui ; à la prononciation de cette dernière phrase. Cependant, ce regard réprobateur s'effaça très vite lorsque Ron ; qui avait compris qu'il venait de faire une gaffe, se pencha pour embrasser Hermione afin de se faire pardonner.

Harry, qui semblait ne pas avoir entendu la réflexion de Ron, ou qui préféra l'ignorer continua et leur demanda imperturbable :

- « Il va essayer cette potion ce soir si c'est possible. Il est parti demander l'autorisation à Dumbledore ! Vous viendrez n'est-ce pas ? » demanda Harry un soupçon d'inquiétude dans la voix.

- « Bien sûr que oui ! » répliqua Hermione immédiatement.

- « Bon, eh bien je vais vous laisser maintenant. Je dois aller rejoindre Luna et Ginny. Elles ont dû rejoindre Neville dans la Salle sur Demande à l'heure qu'il est ! », termina Harry ayant tourné les talons et en s'éloignant soulagé de savoir qu'il ne serait pas le seul à accompagner Neville dans cette épreuve.

Lorsqu'il se trouva enfin dans le couloir donnant sur la Salle sur Demande, il regarda de chaque côté et derrière lui, afin de vérifier qu'il était bien seul avant d'y pénétrer. Une fois à l'intérieur de la pièce et avant de refermer la porte, non sans avoir jeté un dernier regard, il découvrit ses trois amis décontractés, mollement assis sur des piles de coussins, dégustant de la Bièraubeurre et des friandises.

Seul, Neville semblait surexcité. Il venait de revenir de chez Dumbledore. La simple idée de savoir qu'il allait pouvoir soigner et peut être guérir ses parents à l'aide de cette nouvelle potion le remplissait de joie et le stimulait, tout en éprouvant une certaine appréhension.

Voyant arriver Harry, leurs regards se portèrent instantanément sur lui. Ginny se leva et vint l'embrasser. Cela faisait maintenant un an qu'ils se fréquentaient de manière assidue. Ginny n'était plus la petite fille rousse, timide et n'osant pas le regarder. Elle était en sixième année à Poudlard et était devenue une belle jeune fille avec un solide bon sens et un fort tempérament. Bien que sœur de Ron, elle avait su conserver une certaine forme d'indépendance par rapport à ce dernier, qui avait un peu tendance à vouloir diriger sa vie.

Luna quant à elle, avait le même âge que Ginny. Elle se trouvait également en sixième année, mais à Serdaigle. Elle était d'un naturel très indépendant. Rien ne semblait pouvoir l'atteindre. C'était la fille du rédacteur du journal « Le Chicaneur ». On aurait dit qu'elle s'arrangeait toujours pour être mal habillée, mal peignée. Elle se fichait éperdument de ce que pouvait penser les gens en l'approchant et en la regardant. Pour ceux qui avaient la curiosité de s'intéresser plus attentivement à elle, il émanait d'elle une certaine folie qu'elle semblait entretenir soigneusement. D'où son surnom de Loufoca.

Quant à Neville, il était arrivé à Poudlard la même année que Harry, Ron et Hermione. La vie ne l'avait pas spécialement épargné ni gâté. Ses parents avaient été torturés par Bellatrix Lestrange sur les ordres de Lord Voldemort jusqu'à en perdre la raison. Dès son plus jeune âge ; ses parents étant hospitalisés ; il avait été élevé par sa grand'mère. Une maîtresse femme qui ne s'en laissait pas compter. Il avait la particularité de s'attirer toutes sortes d'ennuis et sa spécialité ; si l'on peut dire ; était de perdre tout ce qu'il touchait, d'oublier tout ce qu'il apprenait et de rater tout ce qu'il entreprenait. Il avait la solide réputation de ne pas réussir grand chose aussi bien pendant ses cours qu'en dehors de ceux-ci. Il avait cependant un don tout particulier pour ce qui touchait à la botanique, aux plantes et aux herbes, ce qui l'avait amené tout naturellement à créer cette fameuse potion dont il espérait tirer profit au bénéfice de ses parents.

- « Alors Harry, que fait-on maintenant ? » demanda Ginny en le regardant.

- « Et bien, je suis allé voir Hermione et Ron dans le parc tout à l'heure. Ils acceptent de nous accompagner ce soir ! », leur répondit-il, un sourire aux coins des lèvres.

- « Génial ! » s'écria Neville en bondissant de sa pile de coussins tout en brandissant sa bouteille de Bièraubeurre, dont il renversa au passage une partie sur le sol. Ce qui freina tout à coup ses ardeurs et son enthousiasme.

- « Bon ! désolée les garçons, mais le Professeur Dumbledore va commencer ses cours de défense contre les forces du mal d'ici quelques minutes. Il faut se préparer à l'odeur de chèvre qui se dégage de la salle de cours de Dumbledore ! » dit Ginny en s'adressant directement à Harry et Neville. Elle semblait avoir occulté la présence de Luna qui se rappela tout à coup à son bon souvenir et le plus sérieusement du monde :

- « J'ai été surprise de voir le frère de Dumbledore l'année dernière, alors que je m'attendais à voir en chair et en os notre cher Directeur ! » Luna venait de prouver une fois de plus ; s'il en était besoin ; qu'elle vivait dans un monde parallèle. Personne cependant ne releva ces paroles.

En effet, Abelforth Dumbledore ; frère d'Albus ; tenait un poste de Professeur depuis maintenant presque deux années. On aurait pu dire qu'il ressemblait à son frère Albus comme deux gouttes d'eau, mis à part le fait que les cheveux et la barbe étaient plus courts et de couleur poivre et sel pour cette dernière. Il paraissait d'ailleurs plus jeune que son frère, il était amusant, mais semblait bizarre à certains moments ! Mais n'était-ce pas ce qu'on disait déjà d'Albus que l'on traitait facilement d'un peu loufoque ? Ce dont il se fichait éperdument d'ailleurs.

- « Au revoir Ginny ! À plus Luna ! » balbutia Neville en se levant à regret et en se dirigeant lentement vers la sortie.

- « Ouais ! À plus !» s'écrièrent les deux filles sans grand enthousiasme à l'idée de se quitter de la sorte.

Harry et Ginny se sourirent d'un air qui en disait long et se dirent au revoir en attendant de se revoir dans la soirée !

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Le soir venu, leur repas pris et après s'être regroupés, ils sortirent tous les six dans le hall, où ils eurent la surprise de se voir escortés par Lupin, Fol-Œil et Tonks qui les attendaient, afin de se rendre jusqu'à Sainte-Mangouste, l'hôpital dédié aux sorciers malades. Ce devait être les dispositions dont Dumbledore avaient parlé à Neville avant de le quitter. Puis ils se mirent en route immédiatement. Quelques instants plus tard, arrivés dans le hall de celui-ci, Lupin déclara :

- « Nous vous attendrons ici à l'entrée ! »

- « Oui, faites vite ! » ajouta Tonks qui n'aimait pas particulièrement les hôpitaux et qui prenait déjà son mal en patience à peine arrivée.

Harry, Neville et les autres se dirigèrent rapidement au quatrième étage de l'hôpital. Le quatrième était spécialisé dans les pathologies dues à des sortilèges.

Ils croisèrent le Professeur Gilderoy Lockhart qui se trouvait là depuis maintenant plus de quatre années. En effet, celui-ci était arrivé à Poudlard lors de la deuxième année d'études de Harry. Il y enseignait tant bien que mal ; et plutôt mal dirons-nous ; le cours de défense contre les forces du mal (DCFM). Sa grande spécialité inavouée était le sortilège d'amnésie dont il usait à chaque fois qu'il rencontrait un sorcier qui avait réalisé des choses très intéressantes, afin de s'approprier les faits d'armes de ces sorciers. Il s'était également spécialisé dans l'écriture de livres dont il avait toute une collection. Ses lettres de noblesse étaient de nombreux prix dont voici une énumération : Ordre de Merlin, troisième classe, membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mal, il avait été également cinq fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo. Il avait réussi à ses dires à se débarrasser du Spectre de la mort, ce qui n'était pas une mince affaire si on l'en croyait.

Il avait atterri à Sainte-Mangouste à la suite de l'exécution d'un sortilège d'amnésie dans l'antichambre de la chambre des secrets sur la personne de Ron. Sort qui avait mal tourné pour lui, car il avait utilisé la baguette de ce dernier. Cependant, cette fameuse baguette avait été cassée au cours de l'année et n'était plus fiable. Lockhart étant aux abois, n'avait rien trouvé de mieux que d'utiliser celle-ci dont le sort s'était retourné contre lui, le rendant amnésique à son tour.

Gilderoy Lockhart semblait ; après ces nombreuses années d'internement ; un peu plus conscient de ce qui se passait autour de lui.

- « Harry Potter ! » s'écria-t-il, un éclair de joie sur le visage, en voyant passer Harry. « Oh ! Mais oui, c'est bien Harry Potter ! Hum ! Je me souviens de vous avoir vu avec vos amis à Noël dernier. Vous êtes si célèbre ! Venez, venez par ici ! Je vais vous donner ma carte de visite ! Vous savez, j'ai été Professeur à Poudlard où j'enseignais l'art de combattre les forces du mal. Vous vous en souvenez, n'est-ce pas ? » continua-t-il tout en s'étant emparé de la manche de Harry.

Ce dernier était pressé, mais n'osait pas le repousser. Il était bien embêté et ne savait trop comment s'en sortir de manière satisfaisante, lorsque Luna vint à son secours :

- « Oui ! Oui ! Professeur, nous n'en doutons pas. Nous savons que vous êtes un grand Professeur ! » s'empressa de dire Luna, en tirant Harry par le bras, soutenue par Ron d'une même voix.

Et ils s'éloignèrent rapidement vers le fond de la pièce dès que Harry eut pu se dégager de l'étreinte de Lockhart qui les regarda s'éloigner sans esquisser le moindre mot ni le moindre geste.

Quand ils arrivèrent dans la chambre de Frank et Alice Londubat, ils découvrirent la grand'mère assise sur une chaise, endormie près de leur lit. Monsieur et Madame Londubat étaient réveillés et ils firent un signe de la main à Neville en le reconnaissant.

Pendant ce temps, Hermione fit apparaître deux verres d'un coup de baguette magique. Après avoir embrassé ses parents et lu le nom sur l'étiquette de la fiole qu'il avait dans les mains, Neville versa son contenu dans l'un des verres. Puis se tournant et s'adressant à son père, il lui dit gentiment en tendant le verre :

- « Viens par ici papa ! Tiens ! Bois ça ! Ça va te faire du bien ! »

Frank Londubat souriant prit le verre dans ses mains et le porta doucement à ses lèvres sans lâcher Neville du regard. Puis il le but consciencieusement d'une seule traite. Après cet effort, il lâcha soudain son verre qui se fracassa par terre et se brisa en tous petits morceaux, réveillant de ce fait la grand'mère de Neville qui sursauta dangereusement.

- « Mais que faites-vous tous ici ? Que se passe-t-il donc ? » leur demanda-t-elle le visage ébahi, une fois la surprise passée.

- « Ne t'en fais pas grand'mère. Il n'y a rien de grave, rassure-toi, je t'expliquerai plus tard ! » lui répondit Neville d'une voix hésitante et pas très sûr de lui, comme cela avait toujours été le cas jusqu'à présent quand il se trouvait face à celle-ci.

Pendant ce temps, Monsieur Londubat plaquait ses mains sur ses tempes. On voyait une atroce expression de douleur lui déformer le visage. Neville ne se sentait guère rassuré.

Soudain, son père hurla avant de tomber à nouveau allongé, inerte sur son lit, comme s'il était endormi.

Neville, horrifié, ne respirait plus. Il n'osait plus bouger, le visage livide, il regardait son père toujours inerte, couché sur son lit, quand il entendit enfin son père balbutier :

- « Où suis-je ? Que se passe-t-il ? Que m'est-il arrivé ? Qui sont tous ces gens autour de moi ? Que me veut-on ? Qu'ai-je fait ? ». À toutes ces questions, aucune réponse n'arrivait. C'est alors qu'il se redressa et se mit assis sur son lit, les yeux grands ouverts il regarda attentivement autour de lui et reconnut soudain Madame Londubat, sa propre mère.

- « Mam … Maman ? Mais que fais-tu ici ? » murmura-t-il les yeux écarquillés, dans un souffle. Il avait bien du mal à comprendre ce qui se passait autour de lui. Il reconnut également tour à tour sa femme Alice, puis Maugrey Fol-Œil.

La grand'mère de Neville se mit subitement à sangloter. Elle se demandait si ce qu'elle voyait était l'effet d'un rêve ou la pure réalité.

- « Maman, c'est bien toi ? » continua-t-il en se levant pour la serrer dans ses bras. « Et qui sont tous ces gens ? Tu les connais toi ? Hein ! » demanda Frank en regardant intensément sa mère.

La grand'mère qui avait enfin recouvrer ses esprits se leva alors de sa chaise et lui répondit d'une voix assurée :

- « Frank, je te présente Neville, ton fils. »

Frank se tourna alors vers Neville, pour le regarder. Sur son visage s'illumina alors et on put y lire comme dans un livre ouvert. Tout son être reflétait de l'admiration devant ce fils qu'il ne connaissait pas.

- « Eh bien, Neville mon enfant, mais comme tu es grand ! » dit-il en s'avançant vers lui les mains tendues pour le serrer dans ses bras.

Neville s'avança alors, prit sa grand'mère par la taille et vint se réfugier dans les bras de son père comme l'aurait fait un tout petit enfant. Tous trois pleuraient maintenant à chaudes larmes en s'étreignant mutuellement.

Une fois ces premières émotions passées, Neville hésitant comme à l'accoutumée ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres, le regard suppliant, à savoir :

- « Dis papa, tu te souviens de tout ? »

- « Oui …, Oui, je crois bien que oui ! Cette Bellatrix Lestrange par exemple… ! Oh la lâche ! la scélérate ! » rugit-il le visage transformé, soudain déformé par la douleur, montrant ainsi à son entourage qu'il avait parfaitement retrouvé ses esprits.

Le hurlement poussé par Frank Londubat n'était pas resté sans effet. Il avait alerté les guérisseurs du service qui s'étaient précipités afin de rétablir l'ordre s'il en était besoin. En voyant ce dernier debout et surtout l'expression de son visage, ils l'examinèrent et l'auscultèrent rapidement, mais consciencieusement. Ils ne comprenaient pas ce qui s'était passé. Ils conclurent que ce dernier avait l'air d'être complètement guéri de ses traumatismes. Ils considérèrent cette guérison comme miraculeuse.

Devant le succès remporté par l'effet de sa potion magique sur son père, Neville prit la seconde fiole, la déboucha et la versa dans le second verre, s'approcha de sa mère et lui fit boire la potion à son tour, devant les yeux ébahis de son père.

Ce dernier ; le visage inquiet ; regarda sa femme. Il la vit se tenir les tempes à son tour et il se passa exactement les mêmes réactions que celles qu'il avait eu lui-même quelque temps auparavant.

Après quelques instants, une nouvelle scène de retrouvailles eut lieu dans cette chambre devant les yeux médusés de l'assistance. Neville fut félicité par tous, en particulier par les médecins qui avaient assisté à ce miracle en direct, et qui ne manquèrent pas de lui réclamer la recette de cette potion magique dont ils ignoraient jusqu'à l'existence.

Très heureux pour Neville, avec cependant une certaine nostalgie, Harry pensa en voyant l'expression de ce dernier que c'était sans doute le plus beau jour de sa vie. Il aurait également bien aimé lui aussi revoir sa famille : son père, sa mère et bien entendu son parrain qui étaient partis bien trop vite à son goût ; surtout pour ce dernier qu'il avait à peine eut le temps de côtoyer ; et avec qui il aurait bien voulu passer un peu plus de temps.

Une vive émotion l'envahit alors tout entier. Une émotion chargée de peine et d'envie. Il se recula doucement à l'écart afin de pouvoir laisser échapper discrètement quelques larmes sans que personne ne puisse le remarquer.

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Après toutes ces congratulations, ces joies et ces peines endurées, les présents prirent conscience qu'ils n'avaient plus rien à faire à Sainte-Mangouste. Ils se replièrent vers la sortie où ils récupérèrent au passage Lupin et Tonks qui les attendaient en rongeant leurs freins et en attendant des nouvelles. Quelle ne fut pas leur surprise en voyant que le groupe s'était étoffé des parents et de la grand'mère de Neville. Et c'est tous en cœur qu'ils prirent le chemin de la maison pour les uns et de Poudlard pour les autres.

Quand ils se levèrent quelques heures plus tard, Harry et ses amis purent se rendre compte que tout le monde était déjà au courant de ce qui s'était produit à Sainte-Mangouste. Poudlard ne parlait que de ça.

En effet, cet événement avait fait l'objet dès le matin même d'un article paru dans la Gazette du sorcier. Les hiboux, beaucoup plus nombreux que d'habitude, venaient de distribuer le courrier dans la Grande Salle où déjeunaient les étudiants de Poudlard. Ceux et celles qui n'avaient pas encore pu lire la Gazette se précipitaient après de leurs camarades lecteurs pour connaître en détail le secret de ces guérisons miracles.

L'article décrivait Neville comme un véritable héros. Pourtant l'article de la Gazette ne s'était pas enrichi d'une photo du héros du jour. Personne ne lui avait rien demandé et il était tout surpris lui-même de se retrouver à la Une des journaux, lui qui était habitué à être décrié et moqué par ses camarades et même par certains de ses Professeurs. Il n'en revenait pas de cette gloire soudaine. Il n'en resta pas moins modeste et préféra rester très discret dans la réussite. Il s'arrangea donc pour se trouver en dehors du tourbillon provoqué par sa découverte.

Juin était arrivé et déjà bien entamé, il faisait beau, le temps était clair et ensoleillé. Harry passait beaucoup de son temps libre seul dans le parc avec ses livres et ses cahiers, afin de réviser ses A.S.P.I.C. Ron et Hermione qui avaient les mêmes soucis que Harry, paraissaient débordés, stressés et fatigués, passaient également leur temps libre aux révisions. Enfin cela concernait surtout Hermione. Ron, lui suivait plutôt et subissait les observations parfois aigres douces de son amie qui trouvait toujours qu'il n'en faisait pas assez.

Enfin, le jour des examens arriva. Harry, après une nuit quelque peu agitée, se leva, se lava et s'habilla rapidement sans un mot. Puis il descendit dans la Grande Salle afin de prendre son petit déjeuner. Il se sentait prêt, aussi prêt que l'on pouvait l'être. Il s'était beaucoup amélioré en Potion magique et en Métamorphose. Seule ombre au tableau : c'était Severus Rogue qui avait été chargé de surveiller les examens écrits de Métamorphose. Et Harry n'avait jamais l'esprit tranquille quand le Professeur Rogue se trouvait dans son champ de vision immédiat.

Un monde les séparait. Pas plus lui que Rogue ne s'appréciaient, cela depuis leur toute première rencontre. Harry avait compris très vite que Rogue lui vouait une haine implacable et éternelle, qu'il lui rendait bien d'ailleurs. Cependant, il avait mis longtemps avant de connaître la raison exacte de cette haine. Et même aujourd'hui, il avait du mal de supporter cet état d'esprit.

Rogue paraissait avoir vieilli quelque peu et semblait fatigué. Les cours de Potion s'étaient beaucoup mieux passés cette année que les précédentes. Rogue ne le cherchait plus systématiquement comme il le faisait auparavant, il ne l'embêtait quasiment plus. Il semblait que la guerre l'avait en quelque sorte adouci.

Les examens terminés, Harry, Ron, Hermione, Neville et les autres élèves de septième année sentant que leur bail touchait à sa fin, entreprirent de visiter une dernière fois les différents lieux de Poudlard où ils avaient tout connu : le bon, comme le mauvais.

Ils savaient que leur départ serait définitif. Le petit groupe se rendit dans les cuisines pour saluer une dernière fois Dobby et Winky ainsi que les autres Elfes dans ces lieux qu'ils avaient particulièrement bien connus.

Le sensible Dobby qui était toujours très enthousiaste à la vue de Harry, pleura à l'annonce de cette terrible nouvelle pour lui. Harry dut lui promettre de venir le revoir afin qu'il ne se fracasse pas le crâne contre les murs ou ne se mutile les doigts comme il en avait pris la fâcheuse tendance.

Puis ils partirent à la recherche de Nick-Quasi-Sans-Tête et de Mimi Geignarde qu'ils trouvèrent assez facilement. Nick-Quasi-Sans-Tête ne parut nullement surpris de cet adieux auquel il s'attendait et auquel il était habitué depuis bien longtemps, bien que cela ne le laissa pas indifférent. Mimi Geignarde se trouvait comme à l'habitude dans les toilettes des filles. Elle arborait également son expression faciale familière : c'est-à-dire assez triste et boudeuse. Aucun son ne sortit cependant de sa gorge. Ce n'était pas la mélancolie habituelle que nous lui connaissons, mais plutôt une tristesse bien réelle.

Ils se rendirent également jusqu'à la cabane de Hagrid, avec qui les relations bien que forts bonnes s'étaient quelque peu estompées depuis la fin de leur cinquième année, faute de temps et aussi un peu par manque de motivation. Ils avaient grandi et mûri. Ils ne voyaient plus Hagrid de la même façon ni avec la même admiration qu'à l'âge de douze ou treize ans.

Puis ils revinrent lentement ensemble dans la salle commune des Gryffondor où ils commencèrent à faire leurs bagages en attendant le repas du soir, qui serait sans doute un des derniers qu'ils prendraient à Poudlard. Ils furent interrompus dans leurs préparatifs par l'arrivée impromptue du Professeur McGonagall qui leur annonça que le banquet de fin d'année était pour le soir même et qu'il était sur le point d'être servi. Elle leur demanda en conséquence d'arrêter net leurs préparatifs de départ et de se rendre séance tenante dans la Grande Salle.

À l'annonce de ce banquet, tous lâchèrent leurs valises et se ruèrent vers la sortie pour se rendre le plus rapidement possible dans la Grande Salle qui avait été décorée comme les autres années à la couleur des vainqueurs de la coupe des Quatre Maisons.

Quand ils franchirent le seuil de la Grande Salle, ils virent que le Professeur Dumbledore se trouvait déjà là, assis à la table des Professeurs. Il était en grande conversation avec le Professeur Chourave qui était debout à ses côtés. Albus Dumbledore, comme à son habitude était très calme, maître de lui-même. Il jetait des regards circulaires tout en entretenant la discussion, attendant ainsi patiemment l'arrivée des derniers élèves.

Après plusieurs minutes de patience, dans un grand brouhaha et une fois que tout le monde fut installé à sa place, Albus Dumbledore se leva en écartant les bras vers l'assemblée. C'était sa manière de demander le silence à tous les présents. Personne ne se serait permis d'ailleurs d'élever la voix en cet instant qui se voulait solennel. Il s'éclaircit la voix, puis entama son discours :

- « Comme vous l'avez tous compris, une nouvelle année s'achève à Poudlard. Certains d'entre vous reviendrons l'an prochain. D'autres viendront prendre place parmi nous en remplacement de ceux pour qui c'est la dernière année. Ceux-ci vont partir et ne reviendront sans doute peut-être jamais plus à Poudlard ! »

À ces paroles, son regard limpide se dirigea tout naturellement et instinctivement vers la table des Gryffondor. Puis il reprit son discours après quelques secondes d'interruption :

- « Je profite ici de l'occasion qui m'est donnée en cet instant pour vous remercier tous d'être venus et d'avoir répondu ainsi présents à ce banquet qui n'a été décidé qu'en toute fin d'après-midi. La coupe des Quatre Maisons est remportée une nouvelle fois cette année par la Maison Gryffondor à qui je renouvelle toutes mes félicitations, auxquelles s'associent bien entendu les félicitations de tous nos Professeurs présents ou absents pour raisons diverses ! »

À ces mots, toute l'assemblée se leva et félicita les élèves de la Maison Gryffondor sous un tonnerre d'applaudissements, exceptés quelques Serpentard qui comme à l'accoutumée préférèrent rester assis et attendre que le calme revienne. Albus Dumbledore dû lever à nouveau les bras afin de rétablir le silence dans l'assistance. Puis il reprit du même ton posé en jetant un regard pénétrant à toute l'assemblée :

« Je tiens également à souligner tout particulièrement l'extrême ténacité et le courage déployé par notre ami Neville Londubat qui a réussi à concocter une nouvelle potion qui a pour particularité de soigner les pathologies dues en particulier aux sortilèges. J'aimerais d'ailleurs qu'en cette occasion qui sera la dernière pour lui que nous l'applaudissions comme il le mérite pour cet exploit. Les recherches qu'il a menées et qui ont abouti à cette potion nous ouvrent de nouveaux horizons et vont nous permettre de soigner de nombreuses maladies jusqu'à présent restées incurables ! »

L'assemblée s'était levée comme un seul homme et avait applaudi à tout rompre. Ce qui fait que les dernières phrases du Professeur Dumbledore restèrent incompréhensibles. Le Professeur dut encore lever les bras pour rétablir à nouveau le silence.

- « Merci mes amis pour cette ovation à Neville qui le mérite amplement et excusez-moi pour la longueur de ce discours, mais je ne voudrais pas que nous nous quittions sans que vous écoutiez cette dernière recommandation :

J'attire votre attention et vous demande à tous la plus grande prudence pendant vos vacances ou durant les années qui vont suivre pour ceux qui ne reviendront pas. En effet, méfiez-vous, soyez vigilants en ce qui concerne les Mangemorts et Lord Voldemort. La guerre est loin d'être terminée. Nous pouvons tous subir à tout moment la loi de leurs tristes manigances. Sur ces dernières paroles, je vous invite à vous rasseoir et vous souhaite un bon appétit ! Merci de votre attention ! »

Sur ce, il s'assit et de nombreux plats lourdement garnis tous plus somptueux les uns que les autres, préparés avec toute la rigueur et l'habileté dont étaient capables les Elfes surgirent devant les convives. Le banquet put battre son plein et tout se passa dans une bonne et chaude ambiance de fin d'année.

À l'approche de la fin du repas cependant, un éclair jaillit au-dessus des têtes de l'assemblée qui s'apprêtait à se lever et Fumseck apparut dans la Grande Salle. Dumbledore surpris se leva :

- « Excusez-moi, je suis désolé, mais des obligations m'obligent à partir. Bonne fin de soirée à tous ! »

L'assemblée sur le point de se lever hésita. Harry et ses amis, ainsi que tous les élèves échangèrent des regards inquiets. Des raisons personnelles ? Quelles pouvaient-elles être ? Après quelques échanges verbaux avec Ron et Hermione, n'ayant pas de réponse à cette question, il se levèrent et se rendirent dans la tour des Gryffondor, où chacun se coucha en ruminant ses pensées. Harry une fois dans son lit caressa Hedwige qui ; pour une fois ; passerait la nuit avec lui, éteignit la lumière et ferma les yeux … pensant prendre un bon sommeil réparateur.

A suivre...


Et ce chapitre, vous en pensez quoi ? Reviews !

posté le 01/02/2007.