Dernier chapitre, il ne reste plus que l'épilogue !
Bonne lecture, et n'oubliez pas de me laissez des reviews ;)
Abelforth
Chapitre VII : L'accomplissement de la Prophétie
… Harry se trouvait dans une pièce rouge et or. Un Phénix tournoyait autour de lui, puis il se posait sur son épaule. L'oiseau se mit à chanter. Une douce mélodie, si belle, si harmonieuse et si … réelle ! … Et surtout toute proche.
Il se réveilla soudain, sentant que ce n'était pas un rêve. Fumseck était bien là, près de lui. Il lui tendait la patte à laquelle était attaché un message qu'il prit et qu'il lut. Il reconnut immédiatement l'écriture. Le message stipulait : Harry, viens accompagné de tes amis dans mon bureau. Fais vite, c'est urgent !
Était-ce une blague ? Non, il ne rêvait pas ! Non, il n'avait pas d'hallucination ! Ça n'en avait du moins pas l'air, le billet se trouvait bien dans ses mains !
Harry sauta de son lit et courut réveiller ses amis. Il demanda à Fumseck d'aller réveiller Hermione en rattachant le billet à sa patte et lui laissa comme consigne de rassembler certains membres de l'AD tels que Hannah Abbot, Cho Chang et quelques autres. Une fois prêts, Harry et ses amis de la chambrée se rendirent immédiatement dans le bureau du Directeur de Poudlard. Les membres des autres Maisons les rejoindraient directement sur place, en espérant que Fumseck saurait les convaincre de le suivre.
En arrivant, ils eurent l'agréable surprise de voir que Lupin se trouvait déjà là, accompagné de Fol-Œil, Tonks, Digorry, les Weasley, Ableforth le frère d'Albus, les Londubat apparemment remis de leurs longues années de souffrances et le reste de l'Ordre. Tous se trouvaient déjà réunis dans ce bureau. Albus avait la mine des mauvais jours. Quand Harry et ses amis furent arrivés, il s'avança et dit :
- « J'ai une bien triste nouvelle à vous annoncer ! Écoutez-moi attentivement, le temps presse, il va nous falloir agir très vite. Je viens d'apprendre à l'instant que Voldemort vient de lancer une attaque contre le Ministère au cours de la nuit. Nous avons décidé d'apporter notre soutien et de riposter. Ceux qui le désirent peuvent se joindre à nous. Les autres resteront ici au cas où. Toutefois, Poudlard ne restera pas sans protection. En effet, j'ai demandé à Minerva ; notre directrice adjointe ; de s'occuper de l'intendance. »
À cette nouvelle, tous insistèrent pour participer à la bagarre. Harry ; qui semblait n'avoir pas réagi ; eut soudain l'estomac noué, car il sentait confusément que l'heure d'affronter son destin approchait plus vite qu'il ne l'avait pensé.
- « Portus ! » prononça d'une voix tonitruante Albus Dumbledore, une chaussette à la main. Tous s'approchèrent alors de la chaussette un bras tendu, la touchant d'un doigt.
- « À trois ! » ajouta alors Lupin en levant son second bras. « Un … Deux … Trois ! »
Ils sentirent leur nombril s'arracher, une bise violente ébouriffait leurs cheveux et faisait claquer leur habits, puis leurs pieds décollèrent soudain du sol. Ils arrivèrent quelques instants plus tard à l'entrée du Ministère. En entrant dans le hall, ils constatèrent que la bataille faisait rage. Les Aurors se battaient comme des damnés contre les Mangemorts. Quelques blessés gisaient ça et là. Il semblait qu'un très vieil Auror soit d'ailleurs déjà mort. Des cris, des bruits sourds et des étincelles fusaient de toutes parts.
À cette vue cauchemardesque, Tonks réagit la première. Elle hurla en courant :
- « Par ici, bande de lâches ! »
- « Stupéfix » hurla l'ODP.
En quelques instants, la moitié des Mangemorts se trouvèrent Stupéfixés par cette arrivée soudaine de renfort qu'ils n'avaient pas prévu. Cependant, ils revinrent très vite à leur état normal, ceci grâce à l'aide de leurs complices restés valides.
- « Oh ! Lestrange ! » hurlèrent soudain les Londubat entrés eux aussi dans la danse.
En entendant prononcer leur nom, Bellatrix Lestange et son mari tournèrent la tête et furent surpris, voire même abasourdis. Ils n'en restèrent pas moins actifs :
- « Avada Keda… »
Mais avant la fin de la prononciation de ce sortilège, Neville ; qui avait beaucoup progressé dans le domaine de la Défense ; avait déjà lancé un retentissant :
- « Expelliarmus ! »
- « Accio virga ! » vociféra Hermione qui avait compris immédiatement ce qui se passait.
Les baguettes des Lestrange sautèrent de leurs mains et se dirigèrent directement vers celle-ci, qui s'empressa de les attraper et de les casser aussitôt.
- « Stupéfix ! » commanda immédiatement après Harry, sa baguette tendue vers le couple.
- « Bande de bâtar … » murmura Bellatrix, stoppée net par la stupéfixion.
Harry ne put en supporter davantage. Elle avait torturé les Londubat d'une manière ignoble en leur infligeant ce cruel sortilège que les avaient laissé pratiquement sans vie, elle avait tué Sirius il y avait deux ans déjà, ici même dans les locaux du Ministère sans hésiter et avec un ricanement de mépris dans la voix. Voilà maintenant qu'elle les insultait comme elle le faisait systématiquement à chacune de ses apparitions.
Il utilisa alors un sort qu'il n'avait jusqu'alors jamais employé face à un humain. Il s'était entraîné pour le réussir uniquement sur des animaux malades ou dangereux afin de le maîtriser le jour où il en aurait vraiment besoin, il s'agissait du plus puissant des sortilèges, du plus terrible également :
- « Avada Kedavra ! » rugit-il sans sourciller. À ces mots, un éclat de lumière verte sortit de sa baguette et se dirigea directement sur Bellatrix qui s'effondra comme une masse.
- « Harry ! Qu'as-tu fait ? » hurlèrent Hermione et Ron abasourdis devant la forme inerte qui était maintenant allongée devant eux.
- « Je viens de nous venger des nombreux crimes qu'elle a commis ! Elle ne méritait de toute façon plus de vivre ! Elle était devenue trop malfaisante pour la société à mon goût ! Tu as bien cassé leurs baguettes, toi ! Cela laisse à supposer que si ce n'était pas moi qui l'avait fait, ça aurait été quelqu'un d'autre ! » rétorqua avec calme et sang froid Harry dont la réplique était pleine de bon sens, même s'il s'agissait de l'évocation d'une mort.
- « Mais, tu sais utiliser ce sortilège toi ? … Où, quand et comment l'as-tu appris ? » balbutia Ron effrayé.
- « Je m'y suis entraîné, car je savais que j'en aurais besoin un jour ou l'autre ! » répliqua sèchement Harry qui ne désirait pas en dire plus pour l'instant.
- « Ron ! Attention ! » hurla Hermione.
Mais il était trop tard, Ron prit de plein fouet le sortilège de l'Imperium lancé par Queudver.
- « Stupéfix ! » vociféra Hermione très en colère de ne pas avoir pu le prévenir à temps.
Ron sous le choc était tombé par terre.
- « Ron ! Nooon ! » hurla Mrs Weasley avec désespoir. Elle avait déjà perdu deux de ses fils dans ces guerres absurdes. Perdre Ron ; de plus si jeune ; n'allait pas contribuer à arranger sa fragile situation mentale.
- « C'est bon maman, je n'ai rien. » lui répondit-il en se relevant difficilement.
Les Mangemorts se regroupèrent dans un espace restreint en forme de cercle, dont le centre fut occupé par Lord Voldemort, qui avait surgi de nulle part et qui leur donna l'ordre d'attaquer :
- « Attaquez-les tous ! Éliminez-les tous si vous le voulez, mais surtout ne touchez pas à Potter. Laissez-le, il est à moi !
À ces mots, les Mangemorts lancèrent tous ensemble le sortilège d'Avada Kedavra, imités en cela par certains Aurors qui n'avaient nullement hésité devant le danger que représentait cette attaque. Dans un premier temps, il n'y eu aucun effet. Enfin, c'est ce qu'avait cru Harry et ses alliés. Puis tout à coup, on entendit un bruit de chutes. En effet, deux corps gisaient, allongés par terre de tout leur long, un dans chaque camp. Deux sortilèges ne s'étaient pas annihilés et s'étaient croisés et avaient touché leurs cibles au même instant. L'un était cagoulé. On ne voyait que les yeux gris d'une extrême froideur sous la cagoule. Quand au second, il était facilement reconnaissable, il s'agissait de Maugrey Fol-Œil.
- « Alastor ! » s'exclama Tonks, qui s'esquiva afin d'éviter le sortilège de Stupéfixion qui lui était adressé.
- « Nous ne pouvons malheureusement plus rien pour lui Nymphadora ! Il est mort en faisant son devoir et son métier ! » conclut Lupin d'une voix abattue et désolée.
- « Regarde derrière toi ! » hurla Arthur.
Lupin se retourna et fut frappé par un sort envoyé par Peter Pettigrow, alias Queudver.
- « Traître, cette fois-ci, c'en est trop ! Tu vas payer pour tes crimes et ta traîtrise ! Ainsi que pour toutes les souffrances que tu as infligées aux uns et aux autres ! Impedimenta ! » vociféra Rémus au comble de la fureur.
Peter recula et se cogna contre le mur se trouvant derrière lui, puis il s'effondra. Rémus ne se contenta pas de cette chute, il s'approcha de lui et lui infligea le sortilège Doloris :
- « Endoloris » s'exclama Lupin en pointant sa baguette sur Peter, tout en lui faisant décrire des cercles, comme s'il voulait donner plus de force à ce sortilège. Il semblait pris maintenant de folie, et d'ajouter :
- « Ceci est pour les lâchetés et les meurtres que tu as commis ou qui ont été commis par tes fautes ! Tiens, voici pour Lily, voici pour James, et voilà pour … »
Peter hurlait de douleur sous ce sortilège qui n'en finissait pas !
- « … pour Sirius … et enfin pour moi que tu as trahi de la plus vile des manières en me laissant supposer ainsi qu'à tout le monde pendant des années à la culpabilité de Sirius ! Tu vis depuis trop longtemps comme un rat que tu es d'ailleurs ! »
Peter hurlait. Sa douleur était visible, dans un effort de concentration et de volonté, il parvint à dire :
- « Je m'excuse d'avoir fait tout cela … Pardon ! Pardonnez-moi tous ! » s'écriait-il en regardant à la ronde.
Lorsque Rémus ne pointa plus sa baguette sur Peter, ses jambes ne le supportant plus, celui-ci s'effondra sur les genoux. Il était secoué par de violentes et profondes convulsions. Puis quelques instants plus tard, il s'affaissa sur le coté et ne bougea plus. Il ne respirait plus : plus rien. Il venait de rendre l'âme devant les belligérants dont pas un seul n'avait bougé pendant tout ce temps, pas même Voldemort, qui avait assisté complètement passif à ce spectacle qu'il considérait comme désopilant. De toute façon, il n'aimait pas les perdants. Il avait toujours considéré Queudver comme un sous-ordre et ne lui avait jamais accordé sa confiance. Il n'avait en général que mépris pour les traîtres, mais pas seulement pour eux. Ce mépris s'étendaient à pratiquement tout celui ou ce qui ne lui rapportait rien de tangible.
Peter était mort. Apparemment bien mort cette fois. Harry porta un regard incrédule à Lupin et il s'aperçut que celui-ci pleurait. Des pleurs de rage mêlés de tristesse. Le fait d'avoir vengé ses anciens compagnons tout en étant dans l'obligation d'un faire disparaître un de plus, devait sûrement être très difficile pour lui.
- « Petrificus totalus ! » ce sortilège, qui fut lancé par l'un des antagonistes à cagoule ; prit tout le monde au dépourvu et ramena chacun à ses responsabilités ; sans pour autant pouvoir mettre un nom sur son auteur.
Résultat : Hermione et Lunar furent touchés et pétrifiés. Dumbledore les aida à retrouver leurs esprits, puis il s'avança rapidement vers Harry. Une fois à ses côtés, il lui murmura tristement :
- « Harry, voici le moment venu pour vérifier si ce que prétendait la Prophétie est juste ! » sa voix s'était brisée avant la fin de sa phrase.
À ces mots, Harry se précipita à l'encontre de Voldemort ; tout en sachant qu'il ne risquait rien de la part des autres Mangemorts ; en hurlant très fort :
- « Priori Incantatum ! »
À cet instant, Voldemort émis également le même sortilège. Deux traits de lumière émergèrent des baguettes et se heurtèrent avec violence, ce qui eut pour effet d'établir un lien immédiat entre celles-ci, qui se mirent à vibrer comme si elles avaient été parcourues d'un courant électrique. La main de Harry était littéralement collée à la baguette. Même s'il l'avait voulu, il n'aura pas pu la lâcher. Un étroit faisceau lumineux de couleur or reliait et unissait à présent les deux baguettes magiques. Harry ne s'affola pas, cela lui rappela ce qui s'était passé dans le cimetière du petit village de Little Hangleton. Harry suivait des yeux le rayon de lumière afin de rester concentré au maximum sur ce qu'il devait faire. Voldemort tremblait également au gré de sa baguette. Il était également obligé de prêter toute son attention à ce qu'il faisait. Ses longs doigts fins étaient crispés sur sa baguette qui était également courbée.
- « Enfin seuls, Harry … » fanfaronna Voldemort dans un suprême effort de concentration.
- « Peut-être pas pour si longtemps … » rétorqua Harry serrant les dents, un affreux rictus aux lèvres, donnant toute l'énergie dont il était capable.
C'est ainsi qu'il vit apparaître et défiler une à une les silhouettes des victimes de Voldemort dans l'ordre inverse des meurtres que celui-ci avait commis ; comme cela avait été le cas à Little Hangleton. Cela lui permis de voir et de retrouver quelques instants ses parents à qui il ne manqua pas de faire un signe de tête pour bien leur faire comprendre qu'il les avait vus et reconnus. Après ce défilé, Harry rompit immédiatement le sortilège Priori Incantatum.
Devant la lumière aveuglante projetée par les deux baguettes, les Mangemorts s'étaient retournés vers Harry. Les Aurors et les membres de l'ODP encore debout fixèrent Voldemort qui lui se trouvait avec Harry au centre du cercle dessiné par les Mangemorts.
- « Il est temps que ce petit jeu cesse ! » rugit Lord Voldemort.
- « C'est certainement une des seules et rares choses sur laquelle nous soyons d'accord ! » enchérit Harry, s'attendant à l'attaque de ce dernier.
- « Endoloris ! » rugit Voldemort en attaquant à la façon d'un escrimeur et en fendant l'air de sa baguette tout en se pourfendant.
Harry était sur ses gardes, il s'attendait à quelque chose de ce genre. Il ne fut nullement surpris et fit un bond de côté afin d'éviter le sortilège. Ce fut Ron ; qui s'était interposé croyant que Harry n'aurait pas le temps de parer ; qui prit toute la décharge. Il tomba à genoux, hurlant de douleur.
- « Pauvre fou ! Tu oses gêner et défier le Seigneur des Tén … » déclara Voldemort d'un ton emphatique à l'adresse de ce dernier.
- « des malades oui ! Stupéfix ! » ne put s'empêcher de rugir Hermione , joignant l'acte à la parole.
- « Sale Sang-de-Bourbe ! » vociféra Voldemort, ne s'attendant pas à cette attaque. « Tu vas payer pour cet affront ! » ajouta Voldemort en levant sa baguette.
- « Avada Kedavra ! » lancèrent d'une même voix Crabbe et Kingsley qui avaient reçu l'ordre de ne pas toucher à Harry, mais qui avaient carte blanche en ce qui concernait les autres protagonistes, devançant ainsi leur maître.
Il y eut plusieurs éclairs colorés et Hermione s'effondra dans un bruit sourd. Non ! ce n'était pas possible ! Non ! vraiment impossible de supposer …
Les membres de l'ODP hurlèrent tous d'une même voix :
- « Stupéfix ! »
Voldemort, doté de réflexes étonnamment rapides avait disparu pour réapparaître immédiatement après l'ordre donné. Une seconde salve partit immédiatement des rangs des Aurors et des membres de l'ODP. Voldemort fut touché et énormément ralenti par cette nouvelle salve. Mais il ne fut cependant pas stoppé net comme tous l'avaient espéré.
- « Vas-y Harry ! Ensemble ! Avec moi ! » hurla alors Dumbledore qui jusqu'à présent n'avait participé à aucun échange, attendant le moment propice pour agir.
- « Avada Kedavra ! » fusa à l'unisson des poitrines de Dumbledore et de Harry. Les présents entendirent claquer l'imparable sentence. Une onde de choc et deux lueurs vertes partirent en même temps des baguettes de Dumbledore et de Harry. Tous furent projetés en arrière. Tous y compris Voldemort, affaibli par les précédents sortilèges et qui n'avait pu de ce fait anticiper cette dernière attaque. Il reçu les deux puissantes décharges dirigées vers lui : l'une en pleine poitrine, la seconde en plein visage.
Bien que l'attaque ait été fulgurante, Harry qui avait fermé les yeux pour ne pas être ébloui à l'instant du lancement du sortilège, les rouvrit et constata avec joie qu'il était toujours en vie. Il n'avait même pas l'air d'être blessé ! Mais à quel prix ? Il était resté seul debout !
Un coup d'œil du côté de Voldemort lui appris que celui-ci gisait sur le côté, une partie du visage contre terre, blanc et terne. La face, restée intacte, montrait ses yeux rouges ; d'habitude si expressifs, si pleins de cruauté et de froideur ; paraissaient avoir été vidés de leur substance gélatineuse. Sa bouche aux lèvres exsangues et livides était entrouverte, montrant d'horribles dents jaunâtres.
Il semblait définitivement mort ! Mais l'était-il réellement ? La réponse semblait affirmative !
L'euphorie l'envahit d'un coup ! Il se rendit auprès de ses amis pour leur confirmer la nouvelle. Ron était toujours allongé à côté d'Hermione et de Dumbledore. Il semblait ne pas avoir encore repris entièrement ses esprits. Puis il se rappela soudainement à qui il devait probablement d'être encore debout ! À cette pensée, il tomba évanoui.
Les Mangemorts qui n'étaient pas morts dans la bataille, en voyant leur Seigneur et maître hors d'état de combattre, comprirent que la bataille était perdue. Ils baissèrent leurs armes et se rendirent sans un mot. Ils savaient ce qui les attendaient et ils faisaient grise mine. Ils avaient tout perdu, y compris l'honneur dont ils étaient si fiers en temps normal !
Lorsque Harry sortit de son évanouissement, il vit qu'il se trouvait dans un lit. Il pensa tout d'abord qu'il était à l'infirmerie de Poudlard, mais comme il ne reconnaissait pas les lieux, il supposa qu'il était à Sainte-Mangouste.
- « Harry ! » s'écria la jeune fille assise au chevet de son lit.
Dès qu'il put tenir les yeux grands ouverts, il lui sembla qu'il avait des troubles de la vue.
- « Ho ! Harry ! Dieu soir loué, tu es vivant ! Bien vivant ! »
Non, il ne rêvait pas. Il était bien installé dans un lit d'hôpital. Il avait évidemment reconnu la voix de la personne qui lui parlait, mais il tenait à s'assurer qu'il ne se trompait pas !
- « Hermione ? C'est bien toi ? » demanda-t-il.
- « Oui ! Bien sur ! Mais pourquoi cette question ? » répondit Hermione soudain inquiète.
- « Mais tout simplement parce que je t'ai vu tombé par terre tout à l'heure, au moment où Crabbe et Kingsley t'ont jeté le sortilège d'Avra Kedavra ! » confia Harry, pas encore vraiment remis de ses émotions.
- « Mais oui, bien sûr ! Il faut que je t'explique ! Fumseck est apparu devant moi au moment même où les sortilèges ont été lancés. Il s'est jeté sur moi pour me faire tomber, ensuite il a avalé les deux sortilèges ! C'est extraordinaire non ? Tu ne crois pas ? » répondit Hermione, une lueur de désespoir au fond du regard, auquel Harry n'était pas habitué.
- « Où est Ron ? Il faut absolument que je lui parle ! » demanda soudain Harry.
Hermione baissa les yeux et tourna lentement la tête. Elle ne la releva que quelques instants après en le regardant d'un air implorant :
- « Ils n'ont rien pu faire tu sais ! … C'est horrible … ! » lui murmura-t-elle, des larmes dans les yeux.
- « Quoi ? Pardon ! Ai-je bien entendu ? Qu'est-ce que ça veut di… ? Il n'est pas … ? Non ! Non ! Ce n'est pas possible ! » murmura à son tour Harry d'une voix chevrotante. Il avait du mal à terminer ses phrases.
- « On ne pourra rien y changer maintenant ! » sanglota Hermione toute à sa douleur maintenant que Harry savait.
Harry espérait et croyait encore que Ron allait réapparaître sain et sauf d'un air nonchalant, comme si de rien n'était. Mais tel ne fut pas le cas. Cela se passa comme pour Sirius, Harry ne le revit jamais. Il pensa aussitôt au chagrin que devaient éprouver Mr et Mrs Weasley ainsi que Ginny pour qui c'était le troisième membre de la famille qui disparaissait dans ces guerres ridicules. Ses pensées se portèrent alors sur Dumbledore avec l'aide duquel il avait réussi à terrasser Lord Voldemort. Il demanda la voix enrouée :
- « Et Dumbledore ! Où est-il ? Comment va-t-il ? Comment se fait qu'il n'ait pas demandé de mes nouvelles ? Pourquoi n'est-il pas encore passé me voir ? »
Le ton de sa voix était monté crescendo au fur et à mesure qu'il posait ses questions. Hermione lâcha un nouveau et faible gémissement et répondit mollement :
- « Il ne tiendra plus très longtemps … Il a été très sévèrement atteint dans son duel avec Voldemort ! »
Harry qui croyait en avoir terminé avec les mauvaises nouvelles, cru que le monde allait s'écrouler. Tout cela lui paraissait impossible. Il se leva d'un bond et appela désespérément :
- « Professeur Dumbledore ! Professeur ! Professeur ! Ne m'abandonnez pas ! Ne me laissez pas seul ! Je vous en prie ? »
Puis il franchit la porte de sa chambre et courut dans les couloirs, ouvrant les portes les unes après les autres à sa recherche. Puis soudain … Il le vit … allongé dans un lit, la tête livide, son beau regard bleu s'étant arrêté sur le nouvel arrivant. Quand il vit arriver Harry, un pâle sourire vint effleurer ses lèvres. Il semblait cependant encore lucide, bien que sa fin soit proche.
- « Ha-rry ! Ha-rry ! Te voi-là … en-fin ! Je t'a-tten-dais ! » parvint-il à articuler.
- « Professeur … » commença Harry.
- « Oui,… Viens … » continua-t-il avec de plus en plus de mal à respirer tellement l'effort pour parler était violent.
Albus Dumbledore avait le visage d'une blancheur étrangement inhabituelle. Sa barbe, si belle, si bien soignée auparavant était hirsute et nouée en plusieurs endroits. Fumseck qui se trouvait là, près de lui en cet instant avait la tête penchée vers ses blessures et il pleurait sur celles-ci afin de les résorber comme il en avait l'habitude en pareil cas. Mais malheureusement, cela ne paraissait pas s'arranger.
- « Ha-rry mon pe-tit ! La pro-phé-tie s'est a-ccom-plie. Volde-mort … n'est … plus ! Nous … a-vons … fait … du … bon … tra-vail … en-sem-ble ... Je … suis … très … con-tent … que … tu … te … por-tes … bien… ! Ex-cu-se …-moi … pour… tou-t … les … err-eurs … que … j'aie … co-mmi-ses ... Ce-la … est … dû … bi-en … sûr … à … mon … gr-rand… â-ge ... Je … se-ns … qu … mon … heu-re … a-ppro-che … ! V-Viens … près … de … moi … ! » articula-t-il avec beaucoup de difficulté. Tous ces efforts l'avait épuisé et il était en sueur !
- « Professeur ! Ne dites pas n'importe quoi ! » lui répondit Harry avec rage. Il n'acceptait pas de perdre encore quelqu'un de son entourage.
- « Mal-heu-reu-se-ment, … ce-tte … fois …-ci, … je … ne … pou-rrai … ri-en … y … ch-an-ger … ! » lui rétorqua Dumbledore en grande difficulté. « Le … Pr-ofe-ss-eur … Mc-Go-na-gall … pr-en-dr-a … l'é-co-le … en … mains ... Et … je … dé-si-re-rais … à … pré-s-ent … que … tu … a-cc-ep-tes … ces … pré-sents ... »
Fumseck était allé chercher l'épée de Gryffondor, la Pensine et il tenait une lettre dans son bec.
- « Ce … so-sont … des … ob-jets … que … tes … pa-rents … po-ss-é-daient … et … qu' … ils … m'ont … lé-gué … au … cas … où … il … le-ur … a-rr-i-ve-rait … qu-el-que … ch-o-se ... Qu-ant … à … la … le-tt-re … Ou-vr-e …-là ... Mer-ci … Ha-rry … et … a-dieu ... Je … su-is … con-tent … de … t'-a-voir … co-nn-u … et … d'-a-voir … pu … p-en-d-ant … tou …t… tes … ces … a-nn-ées … m'-o-ccu-p-er … de … toi, … mê-m … si … c'-é-tait … de … lo-in ... La … m-or-t … n'-est .. qu'-un … p-a-ss-a-ge … ve-rs … au-t-re … ch-o-se ... Il … n-e … f-aut … p-as … e-en …. a-v-oir … peu-eur … Au …re-voir … Ha-rryyy … ! » puis Albus Dumbledore quitta ce monde, le visage soudain détendu.
À cet instant ; Fumseck ; qui se trouvait au sommet du lit, sut que son vieux compagnon venait de le quitter. Il battit des ailes, s'avança vers lui et posa son bec sur le front de Dumbledore en signe de départ et de reconnaissance. Puis il poussa une complainte longue et déchirante. Ce fut sa manière à lui de lui dire adieu.
Même la mort n'avait pas réussit à arracher le sourire narquois qu'on lui avait vu arborer si souvent au bord des lèvres pendant tant d'années.
- « Professeur ! Non ! Nooon ! » murmura Harry les yeux humides.
Puis il se mit franchement à pleurer à chaudes larmes de désespoir, de rage et de tristesse.
- « Professeur ! Non, je ne veux pas que vous partiez ! » continua Harry, tout à son désespoir ... Il se remémora en détail les évènements qui lui étaient arrivés depuis qu'il était entré à Poudlard il y avait sept ans de cela. Quel chemin avait-il parcouru depuis, semé d'embûches certes, mais Oh ! combien instructif et enrichissant !
Après un long moment qu'il n'aurait pu estimer lui-même, il sortit de sa torpeur et revint à la réalité. Dumbledore était toujours là, allongé dans son lit, le visage blafard, le sourire figé sur ses lèvres. Fumseck également, qui se tenait toujours à la tête du lit, immobile attendant patiemment l'heure du départ. Harry tenait encore dans ses mains l'épée et la lettre.
Il posa l'épée sur le lit à côté de la Pensine. Il hésitait à ouvrir cette lettre remise par Fumseck, qu'il tournait et retournait dans ses mains. Les mauvaises nouvelles s'étant amoncelées ces dernières heures, il n'était pas pressé d'en apprendre une de plus.
Puis une pensée lui vint, d'abord insidieuse, puis lancinante, jusqu'à devenir écrasante : le camp qu'il avait délibérément choisi avait gagné. Mais que la victoire avait été dure et surtout que le prix à payer était anormalement élevé ! Il avait perdu au cours de toutes ces années ses meilleurs et plus fidèles alliés et amis, ainsi que ceux qui lui étaient le plus cher, à savoir ses parents James et Lily qu'il avait néanmoins rencontrer à plusieurs reprises depuis qu'il était rentré à Poudlard. Cependant, il ne regrettait rien. S'il avait fallu recommencer, il aurait pris le même chemin sans l'ombre d'une hésitation.
Il se décida enfin à ouvrir cette fameuse lettre qu'il manipulait fébrilement depuis un certain temps. Il sortit le contenu de son enveloppe, reconnut la fine écriture caractéristique de Dumbledore et commença à lire :
Cher Harry,
Voici le bout du chemin, mon temps ici-bas est compté. Quand tu liras cette lettre, ce que j'espère de tout cœur, je ne serai plus de ce monde. Je tiens à te dire, au cas où je n'aurais pas le temps de le faire au moment voulu que j'ai été très content de te rencontrer, de te connaître et surtout de m'occuper de toi, même s'il t'a semblé parfois que j'étais très loin.
Sache que même de loin, j'ai toujours conservé un regard très attentif sur ce que tu faisais et à ce qui t'arrivait. Tu as été pour moi pendant les dix-sept dernières années de ma longue existence un fils. Le fils que je n'ai ; malheureusement ; jamais eu. Tu m'as rempli de bonheur et très souvent étonné par la solidité de ton jugement et par ta droiture d'esprit. Jamais une fois tu n'as trahi la confiance que j'avais placé en toi. Tu t'es montré fort dans toutes les épreuves, oui, très fort. Plus fort même que certains adultes en pareilles circonstances. Je suis fier de toi, fier de l'homme que tu es déjà et que tu vas devenir dans les années futures.
Je te prie également de bien vouloir excuser toutes les errances et toutes les erreurs que j'ai pu commettre à ton égard. Que veux-tu ? personne n'est parfait en ce bas monde ! Celles-ci sont dues pour la plupart essentiellement à la vieillesse, surtout en ce qui concerne ces deux ou trois dernières années. Je sais que tu m'as haï lors de certaines de mes décisions. De cela aussi je te demande pardon.
Maintenant, passons à un autre sujet plus terre à terre : je désire t'offrir quelque chose qui te sera très utile pour l'avenir et qui, j'espère te fera plaisir. Ce cadeau sera en quelque sorte un souvenir me concernant, enfin j'espère que tu l'accepteras dans cet état d'esprit :
Prends Fumseck, mon ami de toujours, s'il te plaît ! Qui si les choses se déroulent comme je le prévois est à côté de toi en cet instant. Occupe t'en du mieux que tu pourras. Tu verras qu'il n'est pas gênant et tu te rendras vite compte qu'il est plein de charme, de surprise et surtout il te sera très utile. Si tu es d'accord, envoie un courrier à Minerva qui est déjà au courant. Elle te fera parvenir son perchoir et tous les accessoires qui vont avec.
Voilà, je t'ai dit et écrit l'essentiel. À toi de faire au mieux et de deviner la suite. Pour cela je te fais entièrement confiance, tu as toutes les capacités requises. Les A.S.P.I.C que tu as passés dernièrement et dont tu n'as pas encore les résultats me l'ont prouvé, si besoin en était.
Cordialement, Albus Dumbledore … ton AMI pour la vie.
À la lecture de ces dernières lignes, Harry s'aperçut que le bas de la page était maculé de gouttelettes. Il s'agissait de ses propres larmes, qu'il n'avait pu retenir au cours de cette lecture. Il n'avait pas eu conscience qu'il était en pleurs durant cette lecture qui lui prenait les entrailles à lui en faire mal.
Il releva la tête, son regard se tourna alors vers Fumseck qui attendait toujours patiemment. En voyant Harry regarder dans sa direction, Fumseck battit des ailes et lança un long chant mélodieux plein d'espoir, ce qui fit oublier momentanément tous les soucis et tout le chagrin que Harry venait d'accumuler ces dernières heures.
- « Fumseck ! Ramène-moi près d'Hermione s'il te plaît ! » lui demanda-t-il en s'essuyant les yeux et en s'accrochant à ses serres.
- « Ah ! Enfin, te voilà ! Mais où étais-tu donc passé ? Je t'ai cherché, mais tu es parti si vite que je t'ai perdu dans les couloirs ! » s'exclama Hermione soulagée de le revoir, mais étonnée de le voir entrer avec Fumseck.
- « Oui ! Me revoilà ! » répondit sobrement et calmement Harry qui déposa les objets qu'il tenait dans les mains sur son lit, ce qui n'échappa pas à Hermione qui fronça les sourcils.
- « Au fait Harry, Dumbledore ! Comment va-t-il ? Son état n'était pas brillant quand nous l'avons amené ici ! » demanda posément Hermione.
Harry baissa le tête et ne répondit pas. Hermione comprit sans qu'il n'ait rien à ajouter.
- « Oh ! Non ! Lui aussi ? Ce n'est pas possible ! » murmura-t-elle en se laissant tomber sur sa chaise.
La deuxième guerre leur semblait définitivement terminée. Pourtant, ils avaient la nette impression de n'avoir rien gagné. Les personnes qui étaient les plus chères à leurs yeux avaient disparu corps et âme, laissant un grand vide autour d'eux. Ils s'approchèrent alors doucement et se serrèrent mutuellement dans les bras l'un de l'autre, afin de faire front à l'irrésistible envie de pleurer qui les tenaillait.
Posté le 01/02/2007
