Bonjour à tous. Me voici revenu avec un nouveau chapitre. Je suis en retard sur mon planning. Très en retard même. La faute à un déménagement un peu long. J'espère, cependant, que vous ne serez pas déçu par ce qui suit. Je crois que c'est l'un des plus long chapitre que j'ai publié jusqu'ici. Et l'on y apprend bien des choses, même si les questions les plus complexes restent ouvertes. Bien sûr, je remercie tous ceux qui ont bien voulu me laisser quelques messages. Pour tous ceux qui, peut-être un peu surpris par l'identité du traître, se demandent où est passé Sasuke, n'ayez crainte: l'Uchiwa n'a pas disparu et il interviendra dans les prochains chapitres. En attendant, voici le chapitre huit.
LE SOUFFLE DU NEANT
CHAPITRE 8 : PRIS AU PIÈGE... OU PRESQUE
Naruto est heureux. Cela ne lui est pas arrivé souvent au cours de ces trois dernières années. Ce jour est donc à marquer d'une pierre blanche. Bien sûr, l'ancien guerrier de Konoha mesure la vacuité du sentiment qui l'étreint. Illusion, tout ceci n'est qu'illusion. Jamais la petite voix qui l'interpelle sans cesse en son for intérieur depuis son retour n'a été aussi forte, aussi insistante. Mais qu'importe. Lassé pour un temps des énigmes qu'il s'efforce patiemment de déchiffrer, Naruto a décidé de s'offrir quelques heures de répit.
Naruto est heureux, donc. Bien sûr, c'est immoral, bien sûr, c'est brutal, mais la vie n'a-t-elle pas été assez cruelle, assez injuste avec lui? Au nom de quoi s'empêcherait-il, à présent, de se délecter enfin du malheur des autres, quand les autres se sont si souvent réjoui du sien?
Assis en tailleur sur sa couche, le ninja défroqué se repasse depuis une bonne demi-heure le film de cette mémorable journée d'audience, pitoyable fiction de justice montée de toute pièce par une Hokage diabolique. Quel bonheur de voir les yeux écarquillés et les mines effarées de ses juges, ceux-là même qui, pour une part d'entre eux en tout cas, planifièrent son assassinat il y a trois ans. Et quel plaisir d'entendre les cris de peur et d'inignation monter des rangs de l'assistance. Ces quelques instants de stupeur ont eu, pour Naruto, la saveur inoubliable d'une revanche qu'il croyait pourtant avoir renoncé à prendre depuis bien longtemps.
L'intensité de ce plaisir est d'autant plus surpenante que les choses sérieuses n'ont même pas commencé. En dévoilant sa véritable identité, Naruto n'a fait que le plus facile. Il a provoqué ses adversaires. La suite s'annonce évidemment plus délicate. Et Naruto est bien conscient que la délicatesse n'est pas son point fort. Bien sûr, il aurait pu régler cette affaire de façon plus expéditive. Mais cela aurait entrainé, à en croire Gaara, des conséquences plus que facheuses pour toutes les parties en présence. L'ancien guerrier de Konoha, par amitié pour le maître du sable, et non par soucis d'épargner des vies ou de ménager les parties en question, a donc accepter de transiger. Pour lui, la jouissance presque sadique de cette première journée d'audience tient en quelque sorte lieu de compensation aux efforts qu'il s'impose pour collaborer aux machinations de l'hokage.
Dehors, Naruto le sait, la nuit vient de tomber. L'expression, d'ailleurs, n'a sans doute jamais été aussi juste, tant la tension qui règne sur tout le village est devenue pesante, plombante, insupportable. Tout au fond de lui, la garçon peut sentir les mouvements impatients du monstre emprisonné derrière le sceau apposé voici dix-huit ans par le quatrième hokage. Kyubi goûte avec délice aux prémices du carnage qui s'annonce. Comme Tsunade l'avait prévu, cette nuit sera décisive. Dans les deux camps, les hommes se préparent au combat, chacun persuadé de prendre l'ennemi par surprise. Naruto sourit. Et si les deux factions s'exterminaient entre elles? Cela serait certes fort amusant, mais aurait de facheuses conséquences. L'ancien ninja de Konoha ne tient pas à voir disparaître les quelques personnes qui détiennent les informations vitales dont il a besoin. Enfin, pas avant qu'il ne les ait interrogées. Il lui faudra donc être vigilant.
Brusquement, c'est l'attaque.
La porte d'acier et un bout du pan de mur opposé ont explosé sous l'effet de puissantes charges, un tourbillon mortel a dévasté la pièce. Des dizaines de kanaï brisés gisent au sol, comme autant de témoins de cet assaut raté. Les trois assassins masqués, pourtant, ne se sont pas décontenancés. Les lames ont jallis des fourreaux, et Naruto esquive à présent à grand peine les coups de tranchant délivrés avec une précision et une force remarquables. Les trois hommes font, à tout le moins, parti de l'élite des chunnins, voire même du rang le plus bas des jounins. Ils ont l'habitude du combat rapproché et coordonnent leurs mouvements à la perfection, tentant d'enfermer Naruto au coeur d'une formation en triangle, tandis que l'ancien guerrier de la feuille s'efforce au contraire de se mouvoir autour d'un adversaire pour s'en servir de bouclier contre les deux autres.
Le ballet se poursuit sans un mot durant près d'une minute, avant que, lassés par leurs échecs et pressés d'en finir, les trois assassins ne prennent brutalement du recul en composant à grande vitesse trois séries de signes distinctes. L'instant suivant, une gigantesque boule de feu ravage le centre de la pièce, où se tient Naruto. L'éclat victorieux qui a brillé pendant quelques seconde dans le regard des trois ninjas ne tarde pourtant pas à s'éteindre. Les flammes, en effet, se sont dispersées aussi vite qu'elles étaient apparues, sous l'effet d'une puissante vague de chakra. Mains jointes et yeux clos, Naruto se permet un sourire.
"Combiner vos efforts pour lancer un sort en effectuant chacun une partie des signes nécessaires était une bonne idée, reconnaît l'ancien élève de Kakashi. Cela vous a permis de multiplier par trois la vitesse d'exécution et la puissance du coup. Je vous félicite.
- Co... comment as-tu pu résister à cette attaque? s'étrangle l'un des assassins, manifestement désemparé. Cette pièce est truffée de parchemins de confinement. Ton chakra devrait être inutilisable dans ces conditions.
- Tsss, répond dédaigneusement Naruto. Tu crois vraiment que ces bouts de chiffon ridicules ont le pouvoir de m'arrêter? J'ai peur qu'on ne vous ait pas bien expliqué à qui vous alliez avoir à faire. Heureusement pour vous, je suis de bonne humeure, ce soir. Je vais donc vous faire une petite démonstration."
Avant même que ses trois adversaires aient eu le temps d'esquisser un geste, l'ancien guerrier de la Feuille disparait de la pièce pour réapparaître derrière le ninja le plus proche. L'instant suivant, celui-ci gît au sol, les cervicales apparement brisées.
"Oh, oh, remarque Naruto, d'un air faussement contri, je crains bien que celui-ci ne soit plus en état de poursuivre la leçon. J'espère que vous deux serez plus assidus", sourit-il d'un air mauvais aux autres assassins.
Ces derniers, qui se sont remis de leur surprise, ont adopté une nouvelle formation de combat. Le premier a déployé six rouleau d'armes volantes, le second se contentant d'ouvrir une sorte de livre d'image d'apparence innoffensive. Mais Naruto ne s'y trompe pas.
"Je vois, dit-il, des créatures d'ombres. Tu dois être très puissant pour manier de tels sorts."
L'autre n'a pas répondu. Couvert par les centaines de kunaï, shuriken et autres projectiles tranchants ou perforants qui jaillissent des rouleaux de son compagnons dans toutes les directions, il lance son invocation. Naruto ne peut l'en empêcher, et doit bientôt faire face, en plus des projectiles, à une nuée d'assaillants à l'aspect voisin de celui des chauve souris. Incapable d'esquiver, le ninja défroqué s'enveloppe d'un véritable manteau de chakra brillant, qu'aucun coup ne parvient à percer. Soudain, quatre fouets rougeoyants jaillissent de cette enveloppe impénétrable et balayent les deux assassins restant. Les rouleaux d'armes et le livre d'ombres s'enflamment. Les deux adversaires de Naruto sont violemment projetés contre un des murs de la pièce. L'un des hommes s'effondre, comme un pantin désarticulé. L'autre se réceptionne tant bien que mal, mais ne peut repartir à l'assaut ni s'enfuir. Naruto, en effet, a bondi sur lui et le tient à la gorge, d'un air menaçant.
"Je ne crois pas avoir l'honneur de te connaître, remarque l'ancien ninja de la Feuille. Mais je suis curieux de voir ta tête avant de t'envoyer rejoindre tes amis."
Brutalement, Naruto arrache le masque de son adversaire.
" Tiens tiens, fait-il avec un accent d'amusement dans la voix, tu ne serais pas le petit copain de..."
Le jeune homme s'est interrompu brutalement, sous l'effet de la surprise. Incrédule, il baisse les yeux vers le sol. Des saignées de chakra phosphorescent sont apparues sur le plancher, parcourues d'inscriptions complexes. Visiblement, il s'agit là d'un sceau, mais Naruto n'a encore jamais vu cette configuration. L'ancien guerrier de Konoha sent confusément une présence inquiétante dans son dos. Il tente de se retourner. En vain. Ses pieds ne peuvent bouger d'un millimètre, retenus qu'ils sont dans leur position actuelle par le puissant flux de chakra.
"Et merde... soupire-t-il, comme s'il s'apprêtait à passer un très mauvais moment.
- Tu ne crois pas si bien dire", lui répond une voix qu'il reconnaît sans peine.
L'instant d'après, le corps de naruto est criblé de traits de feu. Le quatrième assassin, qui était resté tapi dans l'ombre depuis le début du combat, a lancé une incantation inconnue du porteur de Kyubi. Les pieds toujours cloués au sol, incapable de faire face à son adversaire, Naruto continue d'encaisser les redoutables coups d'estoc. Chacun d'eux s'en vient frapper, avec une précision hallucinante, un point vital. Si son adversaire l'avait voulu, voici plusieurs secondes déjà que le garçon serait mort. Mais l'assaillant se contente de neutraliser, sans les détruire, les centres nerveux de sa cible.
Moins de dix secondes plus tard, Naruto, libéré du sceau, s'effondre face contre terre, le corps comme transpercé par des centaines d'aiguilles invisibles, les muscles totalement paralysés. La douleur est insupportable. Il peine à respirer. Son assassin a stoppé ses coups. Il se rapproche lentement, prudemment, même si toute méfiance paraît à présent sans objet. Naruto sent une main l'attraper par le col de sa veste. Son corps est brusquement soulevé puis rejeté par terre, d'un solide tour de poigne. Désormais dos au sol, l'ancien ninja de Konoha lève les yeux sur son ennemi, qui se tient debout, au dessus de lui, comme pour lui prouver, s'il en était encore besoin, sa supériorité du moment.
"Salut, Hinata", lance simplement Naruto en souriant à la jeune femme, comme si de rien n'était.
La princesse Hyuga ne répond rien. Haletante, visiblement affectée par la terrible attaque qu'elle a lancée, elle fixe le garçon droit dans les yeux. Son visage comme sa puissante aura semblent parcourus de frissons de colère et animés par une rage immense, un ressentiment sans limite.
"Je ne sais pas très bien ce que tu m'as fait, admet le jeune homme, la voix un peu pateuse, mais c'est drolement efficace. Tu as fait de sacrés progrès en trois ans. Je t'ai connu beaucoup moins forte... mais aussi beaucoup plus douce et prévenante.
- C'était avant que tu ne tues la moitié de ma famille, Naruto kun, répond Hinata sur un ton à la fois ironique et menaçant.
- Hein? fait le réceptacle de Kyubi, apparemment étonné. Moi?
- Ne te moque pas, crie la jeune princesse. Tu as toi-même avoué leurs meurtres devant les juges il y a moins de cinq heures. Aurais-tu perdu la mémoire? Ou bien prendrais tu peur de ce que je vais te faire dans les secondes qui viennent?"
Les juges? Des aveux? Naruto fronce les sourcils. Il a vraimment avoué le meurtre de la moitié des Hyuga, tout à l'heure, lors du procès? Après tout, c'est possible. Il n'était déjà plus très attentif lorsque l'hokage a commencé la fastidieuse énumération des morts attribués au receptacle de Kyubi, lui posant à chaque fois la sempiternelle question: "Plaidez-vous coupable ou non coupable?". Naruto a répondu coupable à chaque fois, pour accélerer la procédure, sans même écouter ce que Tsunade lui disait. Après tout, quelle importance? Pourtant, il ne se souvient pas de la présence d'un seul Hyuga, le funeste jour de sa fuite. Pour sauver sa peau et sortir du village, il a tué, c'est vrai, pas mal de gens, en utilisant des moyens pour le moins expéditifs. Des Hyuga auraient-ils été touchés sans que le garçon n'y prète garde? Possible.
A moins que, profitant des destructions importantes opérées par Naruto, et de la confusion engendrée par sa fuite, des assassins soient entrés en action et n'aient supprimés quelques personnalités politiquement gênantes avant de de lui coller ces meurtres surnuméraires sur le dos. Ceci dit, même si elle est tout à fait plausible, Naruto doute fort que cette hypothèse soit du goût de la jeune princesse.
"C'est donc pour ça que tu siégais au mileu des autres chefs de clans, cet après-midi, répond finalement le garçon en s'adressant à son ancienne condisciple. Tu as pris en main la maison des Hyuga après le décès de ton père, c'est ça?
- De mon père, confirme Hinata. Et celui de ma petite soeur, et aussi ceux de la plupart des membres de ma famille proche. Tous ces gens que tu as tué... et que je vais pouvoir venger aujourd'hui."
La jeune femme a levé la main au dessus de la tête de son adversaire, toujours réduit à l'impuissance. Le chakra afflux dans sa paume, se concentrant avec une telle densité qu'une lueure violette ne tarde pas à émerger. Cette technique ressemble un peu au chidori, ou plutôt au rasengan, et, même si elle semble moins puissante que ce dernier, Naruto a compris qu'un seul coup suffira largement à lui faire exploser le crane. Dans un dernier effort, il vrille ses yeux dans ceux de son ancienne condisciple.
"Alors, tu vas me tuer a ton tour, n'est-ce pas?"
La main s'abat sur son visage tandis qu'un hurlement sinistre et désespéré jailli de la bouche de la jeune fille. Naruto a fermé les yeux. Mais rien ne vient. Pendant quelques secondes, le temps semble s'arrêter. L'ancien ninja risque un oeil, puis le second. La paume de la princesse s'est arrêtée, tremblante, à quelques millimètres de son crâne.
"Pourquoi? demande la jeune femme, au bord des larmes. Pourquoi?"
Naruto se demande une seconde ce qu'il doit répondre. Avant de comprendre que la question ne s'adresse pas à lui. Anticipant l'attaque de l'héritière des Hyuga, le chef supposé des assassins, dont Naruto a arraché le masque tout à l'heure, s'est jeté sur Hinata et lui maintient fermement le poignet de sa main droite. Puis, utilisant sa main gauche, il sort d'une de ses poche d'armes un rouleau d'où émane une puissante aura.
"Essayes donc de bouger avec ça", lance-t-il à Naruto d'un air condescendant, avant de plaquer le parchemin sur le front de son ennemi. Un instant plus tard, une décharge de chakra terrifiante submerge le corps meurtri du réceptacle de Kyubi. Sous la douleur, le garçon perd connaissance, tandis que ses membres parcourus de spasmes se raidissent soudain, puis retombent, comme brisés.
"Pourquoi, Saï?, demande à nouveau la princesse, la voix enrouée de sanglots mal contenus, les yeux rivés sur son ancien amour de jeunesse qui gît à présent, livide, à ses pieds.
- Parce qu'il ne doit pas mourir, répond le guerrier tout de noir vêtu. Du moins, pas encore. C'est pour ça que je t'empêcherai de l'achever, si jamais tu essayes.
- Non, crie la jeune femme. Pourquoi suis-je si faible? Pourquoi suis-je incapable de le tuer, lui, au moins lui, même après ce qu'il nous a fait?", avoue-t-elle en s'effondrant dans les bras de Saï.
Sans quitter tout à fait Naruto du regard, l'assassin baisse quelques instants sa garde pour étreindre tendrement la princesse.
"Tu n'es pas faible, Hinata, assure le jeune homme. Refuser de tuer, au nom de l'éthique et de ses propres convictions, ce n'est pas de la faiblesse. Si tu avais été faible, jamais tu n'aurais pu battre aussi facilement cet Uzumaki, alors même que mes hommes et moi venions de nous faire écraser.
- Tu... tu crois vraiment? demanda Hinata en ravalant un sanglot.
- Bien sûr, confirma Saï en riant. Et puis, si tu avais été faible, jamais tu n'aurais pu nous suivre sans que je m'en aperçoive et que je ne te renvoi chez toi avec une sévère engueulade", sourit-il d'un air entendu.
A ces mots, le visage de la princesse s'empourpre. Toute penaude, elle ne peut que bégayer quelques mots de contrition.
"J'accepte volontiers tes excuses, quelles qu'elles soient, Hinata, sourit à nouveau le jeune homme. Si tu n'avais pas été là, je serai mort à l'heure qu'il est. Mais tout de même. Te rends-tu compte des risques que tu as pris? Et que tu m'a fait prendre. A supposer qu'il te soit arrivé quelque chose, j'aurais été désigné responsable de ta mort, en tant que capitaine de ta garde personnelle. Tu es la dernière des Hyuga de la ligne directe, la seule à connaître les mystères du byakugan en leur intégralité. Ta vie est trop précieuse pour le village, Hinata, pour que tu prennes de tels risques.
- Le village, le clan, la famille, s'emporte alors Hinata, incapable de contrôler ses émotions. On ne cesse de nous rabacher ces mots depuis l'enfance. Et où cela nous mène-t-il? Tu peux me le dire? Je n'ai pas vingt ans, et j'ai déjà perdu presque tous mes proches. Dois-je continuer à voir mourir les gens que j'aime sans jamais rien tenter? Sans jamais intervenir? Ma vie est trop précieuse aux yeux du village pour que je prenne de tels risques? Désolé Saï, mais ta vie est trop précieuse aux miens pour que je ne les prenne pas!"
A peine a-t-elle finit de parler qu'Hinata porte la main à sa bouche. Son visage s'est empourpré et son coeur s'est brutalement emballé. Que ne vient-elle pas de dire? Ce n'était vraiment pas le lieu, ni surtout le moment pour un tel aveu. Pourtant...
Quelle ironie, songe Hinata, en baissant les yeux sur le corps inerte de ce Naruto qu'elle a tant aimé, et qui est réduit aujourd'hui au rang de spectateur inconscient de cette déclaration inédite.
L'héritière des Hyuga se souvient encore de l'immense détresse dans laquelle elle fut plongée lorsqu'elle apprit que l'élève de Kakashi, qu'elle admirait et vénérait par dessus tout, avait exterminé la moitié de sa famille et rallié les rangs d'Orochimaru, l'ennemi juré du village. La douleur avait été si forte qu'elle avait failli en mourir.
Par la suite, Hinata avait traversé une longue période de dépression. Puis, le temps avait fait son oeuvre. Pourtant, même une fois remise, Hinata s'était persuadée que jamais plus elle ne pourrait ouvrir son coeur à quiconque, ni aimer qui que ce soit. Elle s'était fermée à ses amis, avait quitté l'équipe huit, et s'était mise à s'entraîner encore plus durement qu'avant, avec l'objectif de venger les siens, et de se venger elle-même. L'annonce de la mort de Naruto avait réduit à néant cet objectif. Désoeuvrée, Hinata avait alors enfin donné réponse au conseil du clan et accepté de prendre la tête de la famille Hyuga.
C'est à ce moment là qu'elle avait rencontré Saï. Le jeune guerrier, le plus brillant de sa promotion, avait été désigné pour devenir le chef de la garde personnelle de la jeune femme. De trois ans plus âgé que cette dernière, il s'était dévoué corps et âme à sa fonction. D'abord froide et indifférente, Hinata s'était petit à petit laissée approcher, d'abord de loin en loin, puis de plus près. A force d'attention, de douceur, de patience, toutes ces qualités dont Naruto avait toujours manqué, Saï était parvenu à remettre un peu de baume au coeur déchiqueté de la jeune femme. Jusqu'à ce que, récemment, celle-ci ne commence à s'interroger sérieusement sur les sentiments que le jeune homme avait fait naître en elle.
Alors, lorsque celui-ci, trois heures à peine après la fin de cette première journée d'audience extraordinaire, lui a ordonné, sur un ton presque suppliant, de rentrer chez elle et de n'en pas sortir avant qu'il ne vienne la chercher le lendemain matin, Hinata a éprouvé une peur irraisonnée. Naruto de retour, elle a soudain senti que tout allait peur-être recommencer, et qu'elle allait à nouveau perdre un être cher. Elle n'a même pas protesté, sachant que Saï, comme il savait le faire lorsqu'il l'avait décidé, se montrerait inflexible. Simplement, experte en espionnage et en pistage, elle a décidé de surveiller la cellule de Naruto, au cas où celui qu'elle chérissait à présent plus que tout autre, n'ait reçu un ordre concernant le prisonnier. Et son instinct, comme très souvent, a vu juste.
Une main effleure doucement le visage de la jeune femme. Hinata sort de sa rêverie, et voit le visage de Saï penché sur elle. Le jeune homme n'a pas trouvé les mots pour répondre à sa déclaration, mais il est visiblement troublé. Troublé comme jamais il ne l'a été en présence de la princesse. La rougeur sur ses joues ajoute un détail inédit à son air mal assuré.
"Je... tente-t-il, sans avoir aucune idée de ce qu'il va dire ensuite, mais il est interrompu par un regard magique de la jeune femme. Celle-ci pose sa main sur celle de Saï, qui caresse toujours sa joue. Les deux jeunes gens ne savent pas trop ce qu'ils convient faire ensuite. Ils restent là, pendant quelques secondes, oubliant totalement ce qui se passe autour d'eux, comme hypnotisés l'un par l'autre.
C'est Saï, finalement, qui prend l'initiative. Il se penche un peu plus, s'approchant au plus près du visage de la princesse, au plus près de ces lèvres fines et tendres qui tremblent de désir, trop timides et trop intensément tendues à la fois, dans l'attente de cette première caresse si longtemps désirée par la chaste jeune femme. Leurs souffles se frôlent, leurs paupières se ferment...
"Oh, si c'est pas mi mi tout ça! La belle princesse et son preux chevalier. Un vrai conte de fées, ma parole. Sauf que cette fois ci, ils ne vivront pas heureux, et ils n'auront pas le temps de faire de beaux enfants, j'en ai bien peur."
La tirade est suivie d'un immense et lugubre éclat de rire, qui rententit dans toute la pièce.
Des les premières paroles de l'intru, Hinata et Saï ont bondi et se sont mis en position de combat. Devant eux, sur le seuil de la porte se tient, hilare, un Naruto apparement en pleine forme.
"Impossible!" s'exclament en même temps l'assassin et la princesse. Tous deux jetent un regard vers l'endroit où est sensé être tombé leur ennemi. Mais la place est vide. Le corps criblé de coups a purement et simplement disparu. De même que les traces de sang pourtant répandues quelques secondes plus tôt dans la pièce.
"Han han, vous ne trouverez rien par terre, rigole Naruto, les bras croisés sur la poitrine, l'épaule gauche appuyée sur un pan de mur encore intact, en remuant doucement la tête de droite à gauche en signe de dénégation, comme s'il savourait l'effet d'un excellent canular.
- C'est impossible, répète Saï. Le parchemin de confinement avait réagi à ton chakra... et Hinata t'avais vu avec le byakugan, qui permet de distinguer n'importe quel clone d'un original. Cela... cela ne pouvait pas ne pas être toi.
- Et pourtant, ça ne l'était pas", répond simplement l'ancien ninja de la Feuille.
Sans plus attendre, Hinata enclenche à nouveau le byakugan, tandis que Saï plonge les mains dans ses poches d'armes. Le sourire de Naruto se fige, avant de se changer en un effroyable rictus.
"Pauvre idiots, jete-t-il d'un air condescendant à ses adversaires. Vous n'avez donc toujours pas compris? Passe encore pour Hinata, qui n'a pas l'air d'être au courant. Mais toi, Saï, si tel est ton véritable nom, tu dois forcément savoir, en tant que chef de mission, qui je suis et surtout ce que je suis. Dans ces conditions, comment oses-tu imaginer faire le poids contre moi? Ces tentatives pitoyables deviennent, de ta part et de la part de ceux qui t'ont confié cette mission, carrément insultantes. Combien diable vais-je devoir tuer de combattants de Konoha avant qu'on ne me prenne enfin au sérieux? Vais-je devoir exterminer le village tout entier pour que vous regardiez enfin la vérité en face et admettiez votre impuissance?"
Au fil des mots, la voix de Naruto a changé. Chargée de haine et de mépris, elle ressemble à présent à celle d'un véritable démon. La gorge serrée, après s'être lancé un dernier regard empli de trop de sentiments pour le peu de temps qu'il leur reste à vivre, les deux jeunes amoureux s'apprètent à charger, pour un dernier assaut désespéré.
"Naruto a raison, les stoppe une nouvelle voix venue de l'extérieur de la pièce. Vous ne faites pas le poids contre lui."
Hinata et Saï, incrédules, reviennent à leur position de garde.
"Maître Kurenaï!" s'exclame Hinata en voyant la jounin déboucher du couloir et venir se poster dans le dos de Naruto. Visiblement soulagée par l'arrivée de ce renfort de poids, l'héritière du byakugan se détend un peu. Elle lance un regard vers son compagnon. Etrangement, celui-ci ne semble pas plus rassuré que ça.
"Hinata, Saï, je vous place tous les deux en état d'arrestation. Lachez vos armes immédiatement, ordonne froidement la spécialiste du genjutsu.
- Quoi? s'exclame à nouveau la princesse, décontenancée. Mais...
- Ne discute pas et obéit", la coupe Kurenaï.
Hinata ne comprend plus. Désorientée, elle se tourne à nouveau vers Saï. Celui-ci n'a toujours pas lâché son kunaï et a l'air d'hésiter. Serait-il possible que la mission dont il a été chargé soit si secrète que même Kurenaï ne soit pas au courant? Mais dans ces conditions, pourquoi ne l'informe-t-il pas de la situation?
Il faut encore quelques secondes de réflexion à la jeune ninja pour noter un détail incongru. Kurenaï semble ne se préoccuper que de Saï. Elle n'accorde pas la moindre attention à Naruto, qui devrait pourtant, en toute logique, être surveillé comme le lait sur le feu. L'ancien genin de Konoha, quant à lui, ne semble pas songer le moins du monde à s'enfuir. Au contraire, il s'est mis en ligne avec la nouvelle venue, comme s'il s'apprêtait à livrer combat à ses côtés.
"Il est inutile d'insister, lance Kurenaï, confirmant les craintes de la nouvelle maîtresse des Hyuga. Poursuivre ce combat serait une véritable folie. Vous n'avez aucune chance de rester en vie si vous choisissez de nous affronter, Naruto et moi."
Le capitaine de la garde personnelle d'Hinata, cependant, s'est déjà ressaisi. Au lieu de lâcher son kunaï, il le raccroche simplement à sa ceinture.
"Kurenaï senseï, salue-t-il sans se démonter d'un ton à la fois concilliant et empressé. Pardonnez ma franchise, mais la situation est telle qu'il me faut aller droit au but. Visiblement, comme le montre votre réaction à mon encontre, vous n'avez pas été mis au courant des dernières évolutions concernant le prisonnier Uzumaki. J'agis dans le cadre d'une mission de classe S tout à fait officielle. Et vues les circonstances, votre aide serait fortement appréciée."
La jounins a écouté le jeune homme sans ciller. Mais elle n'a pas l'air d'être convaincue par les arguments de l'assassin. Bien au contraire, même.
"Tu ne manques pas de culot, toi, se contente de constater Kurenaï.
- Pardon? répond Saï, un peu intrigué.
- Néanmoins tu as raison sur un point, poursuit la spécialiste du genjutsu. La situation exige en effet que nous allions droit au but. Laisse moi donc t'apprendre ceci, jeune homme: je suis au courant de tout. Absolument tout, insiste la guerrière d'élite. Des détails de ton ordre de mission jusqu'au nom de celui qui te l'a confiée.
- Dans ce cas, répond à nouveau le jeune homme, toujours aussi direct, vous devez savoir que cet ordre de mission émane directement du haut conseil de Konoha, et qu'en vous opposant à moi, vous feriez acte de haute trahison envers le village de la Feuille et le pays du Feu. Dois-je comprendre que vous vous êtes vous aussi rallié secrètement à Orochimaru?"
Pour Hinata, l'échange prend une tournure de plus en plus surréaliste. Saï serait-il en train de perdre la raison? Jamais Kurenaï sensei ne se rangerait aux côtés du maitre serpent. Surtout pas Kurenaï, que la jeune Hyuga connaît très bien, puisque la jounin a été son instructrice. Bien sûr, Hinata sait bien qu'il existe de profondes divergences de vue entre l'Hokage, supérieure directe des deux jounins, et le haut conseil de Konoha, dont elle fait partie depuis trois mois, en qualité de membre inférieur, ce qui explique sans doute qu'elle n'ai pas eu connaissance de la mission donnée à saï. Mais tout de même! En est-on arrivé à un degré de méfiance telle que les cachoteries des uns et des autres risquent d'entraîner des affrontements entre ninjas du même village? Elle sent bien qu'il lui faudrait intervenir pour calmer le jeu, mais Kurenaï ne lui en laisse pas le temps.
"Ne te moques pas de nous, Saï, tu pourrais le payer cher, prévient la jounin, de plus en plus agacée. Je viens de te dire que nous savions tout. Denzou ne t'a pas ordonné de neutraliser Naruto au nom du haut conseil, dont il est le doyen, mais en tant que chef de l'organisation secrète Racine, à laquelle tu appartiens depuis ta naissance, Saï. Ni l'Hokage, ni le conseil n'ont été mis au courant de cette tentative de rapt. Ce qui se comprend d'autant mieux que Racine a l'intention de se servir de Naruto contre l'Hokage et contre le conseil afin de s'emparer du pouvoir à Konoha."
Trop choquée par ce qu'elle vient d'entendre pour réagir, Hinata se tourne vers Saï. Ce que vient de supposer Kurenaï est tout simplement épouvantable. La jeune femme ne peut pas y croire un seul instant. Il y a forcément un malentendu. Saï va répondre et démonter ces accusations grotesques.
"Pardonnez ma franchise, finit par lancer le jeune homme, toujours aussi sûr de lui, mais vos affabulations sont totalement fantaisistes. Personnellement, j'ignore tout de cette fameuse organisation secrète, Racine, comme vous l'appelez, et je n'ai jamais entendu dire que maître Denzou ait fait partie d'une structure de ce type. Quant à l'idée d'un complot visant à destituer l'Hokage et renverser le conseil, je préfère, Kurenaï sensei, faire comme si je n'avais rien entendu, car de tels propos, rapportés devant les autorités compétentes, pourraient vous valoir de sérieux ennuis. Enfin, je suggère, plutôt que de nous livrer à de stériles disputes, que nous cherchions tranquillement et tous ensemble le moyen de régler cette affaire de façon satisfaisante.
- C'est ça, approuva Hinata, soulagé par les mots de son garde du corps, discutons plutôt que de nous opposer les uns aux autres. Nous sommes tous dans le même camp. Nous n'allons pas nous entretuer, tout de même. Surtout pas pour lui, insista la jeune Hyuga en désignant un Naruto très intéressé par la conversation.
- Hinata, ne te mêle pas de ça, lui répond sèchement son ancien professeur. Tu es la seule dans cette pièce à ne pas être au courant de ce qui se trame réellement cette nuit dans le village, alors fais toi toute petite et ferme là. Quant à toi, Saï, saches que tes petits discours apaisants ne prenne pas. Je sais parfaitement ce que tu cherches à faire: gagner du temps et me retenir ici pendant que tes complices effectuent leurs sales besognes.
- Là, je ne vois vraiment pas ce que vous voulez dire, Kurenaï, s'étonne Saï. Mes complices, comme vous dites, ne sont malheureusement plus guère en état d'accomplir quoi que ce soit, poursuit-il en désignant du doigt les deux ninjas abattus par Naruto. Quant à Hinata, je puis vous assurer qu'elle n'est en rien mêlée à tout ça, si ce n'est qu'elle est intervenue de sa propre initiative après m'avoir suivi sans que je le sache.
- Je sais déjà cela, rétorque Kurenaï. Je ne parlais évidemment pas de ces complices là, mais de tous ceux qui viennent d'entrer en action dans le reste du village pour en prendre le contrôle, ainsi que de ceux qui se sont introduits dans la haute tour avec pour mission d'assassiner l'Hokage.
- Quoi? s'étrangle, Hinata, catastrophée par les révélations de la jounin. Mais... mais... c'est impossible, maître.
- Comme tu le vois, Saï, conclut Kurenaï sans prêter le moins du monde attention à son élève, nous sommes au courant de tout. Absolument tout."
Cette fois-ci, Saï a blêmi. Enfin, songe la jounin, qui relâche un tout petit peu son attention, en se disant que, cette fois, le garçon va se rendre. C'est mal connaître Saï. Brutalement, l'assassin agrippe Hinata par le col et la plaque dos contre son propre torse, en lui passant la bras droit sous le menton, tandis que sa main gauche, amrée d'un kunaï, vient se placer au niveau de la gorge de la jeune femme.
"Saï, s'étrangle à demi Hinata, paniquée, qu'est-ce que tu fais?
- Je suis désolé, Hinata, vraiment désolé, mais je n'ai pas d'autre choix, lui répond le jeune homme.
- Oh, mon Dieu, non, ce n'est pas possible. Dis moi que ce n'est pas vrai, gémît la petite Hyuga.
- Lache-la immédiatement, Saï, ordonne Kurenaï d'une voix impérieuse. Toute violence supplémentaire est inutile, à présent. La partie est finie. Tu ne gagnera rien de cette façon.
- Oh que si, Kurenaï. D'abord ma sécurité propre. Si vous avançez d'un pas, je la tue. Ensuite, comme vous l'avez si bien dit, je donne du champ à mes compagnons. Si vous sortez d'ici, je la tue aussi.
- Tu crois que cela va m'empêcher, si besoin, d'aller au secours de l'Hokage? demande Kurenaï, tout en se reprochant à elle-même ce petit moment de relâchement.
- Hinata est la dernière descendante directe de la branche majeur des Hyuga. Elle est la seule à pouvoir transmettre le don du byakugan. Si elle meurt, Konoha perdra son précieux oeil blanc. Donc, vous allez tous rester ici bien sagement, avec moi, et nous allons attendre tranquillement de connaître le dénouement de la bataille.
- Imbécile, répond la jounin sur un ton péremptoire. Tu es stupide ou tu les fais exprès? Tu n'a pas encore compris que ce dénouement, comme tu dis, est connu d'avance?
- Vous sous-estimez un peu trop facilement la puissance de notre organisation, sourit Saï, pourtant visiblement plus nerveux qu'il ne voudrait le faire croire.
- Y'a pas à dire, il est vraiment très con, sourit Naruto, qui intervient pour la première fois dans la discussion.
Saï jette un oeil sur le visage goguenard de Naruto. L'ancien guerrier de la Feuille a l'air de s'amuser comme un petit fou. Saï s'apprête à le renvoyer dans les cordes lorsqu'une nouvelle voix qu'il ne reconnaît que trop le fige littéralement sur place.
"Tu peux retenir Kurenaï aussi longtemps que tu le voudra, lance la nouvelle venue. Mais tes efforts seront vains. Votre coup d'état avait échoué avant même d'avoir commencé. Tout simplement parce que c'est moi qui vous a permis de le déclencher dans mon propre intérêt."
Saï se tourne vers la porte. Son visage blémit de frayeur. Devant lui, sur le seuil, se dresse la princesse Tsunade en personne. L'état de sa tenue montre qu'elle a combattu dans l'heure qui précède, mais elle ne souffre apparement d'aucune blessure. Alors seulement, le jeune homme comprend.
"C'était... c'était un piège, murmure-t-il pour lui-même.
- Et oui, c'était un piège confirme Kurenaï. L'Hokage connaît depuis longtemps l'existence de votre société secrète. Elle savait aussi que Denzou la dirigeait, complotant contre elle et contre le conseil. Mais il lui était impossible d'entreprendre une action contre vous pour deux raisons. D'abord parce qu'elle n'avait pas connaissance de la liste des membres de Racine. Ensuite parce qu'en agissant sans preuve contre des membres très haut placés du village, comme Denzou, elle risquait de perdre toute légitimité et de déclencher une guerre civile.
- Mais... je ne comprends pas, bégaye Saï. Pourquoi maintenant? Et comment avez-vous pu pousser maître Denzou à agir au moment où vous le souhaitiez?
- Tiens, tu n'es pas au courant? On segmente drôlement les informations chez vous, constate Tsunade. Pour ta gouverne, sache que c'est le procès de Naruto qui a tout déclenché. Tu n'ignores pas que cet ancien élève de Kakashi a fui le village il y a trois ans pour partir chez Orochimaru. Ce qu'on ne t'a pas dit, apparement, c'est que ce cher serpent possède une liste très complète des membres de ton organisation.
- Comment? s'écrit Saï. C'est impossible. Je ne vous crois pas. Comment l'aurait-il eu?
- Tout simplement parce que Denzou et lui sont liés, précise Tsunade. Denzou n'a jamais visé directement le poste d'Hokage. Racine est une organisation secrète qui entend diriger le village et sa politique tout en restant dans l'ombre, ce qui lui permet de se protéger contre d'éventuels coups d'état. Tout a commencé lors du règne de Sarutobi. Celui-ci s'opposait pied à pied aux propositions de Denzou, qui ne révait que de l'éliminer. Cependant, à supposer que le troisième disparaisse, ton maître avait besoin de placer sur le trone un homme sûr, un homme à lui. Il avait dans l'idée de promouvoir directement un des membres les plus actifs de Racine, connu par la population comme étant le plus grand génie de sa génération, à savoir Orochimaru. Mais à trop tirer le diable par la queue, on finit par se bruler les mains.
"Orochimaru avait beau être théoriquement dévoué corps et âme à Denzou, il était beaucoup trop ambitieux pour se contenter d'une place de subordonné, poursuit l'Hokage. Il a mené ses propres petites affaires dans le dos de ton maître. Une fois découvert par Sarutobi, Orochimaru a été forcé de fuir le village pour sauver sa peau. Denzou n'a évidement pas goûté la plaisanterie. Savoir qu'un des cadres de son organisation secrète se baladait en liberté, sans qu'il puisse avoir le moindre contrôle sur lui, l'inquiétait sérieusement. En bon militaire qu'il est, Denzou a donc tenté de faire assassiner son ancien protégé. Sauf qu'Orochimaru avait prévu cette éventualité. Pendant qu'il travaillait pour Racine, il était parvenu à mettre la main sur la liste des membres de l'organisation et en avait en corrompu certains, qu'il avait transformé en espions. Quand Denzou a voulu passer à l'action, Orochimaru a menacé de transmettre une copie de la fameuse liste au troisème. Dès lors, Denzou était coincé.
- Mais... pour Naruto? Quel rapport avec lui?, balbutie le pauvre Saï.
-C'est très simple, poursuit Tsunade. Sachant que Naruto était passé dans le camp d'Orochimaru, Denzou a craint qu'il n'ait pris connaissance d'une partie au moins des informations rassemblées par le maitre serpent sur Racine et qu'il ne me les aient transmisees, ou alors qu'il ne s'apprète à le faire. Convaincu que le procès n'était qu'une mise en scène pour instiller le doute dans l'esprit des membres du conseil et pour faire ouvrir une enquête officielle sur son organisation, Denzou a jugé le péril suffisament grand pour agir immédiatement.
"J'ajoute à cela, précise Tsunade que ton maître a probablement voulu récupérer Naruto, dont le pouvoir caché est suffisament puissant pour mettre Orochimaru en danger, à condition, bien sûr, que je sois préalablement mise hors-jeu. Ce raisonnement n'était d'ailleurs pas idiot. Pendant plusieurs années, Naruto a en effet représenté, pour Denzou, le seul contre-poids valable à opposer à Orochimaru. L'accord tacite tenait en gros à ceci: tu ne dévoiles pas la liste, je n'utilise pas Naruto contre toi. Mais lorsque Naruto a rejoins les rangs du Son, Denzou a perdu tout à fait la main et a dû se soumettre aux ordres d'Orochimaru. Tu comprends maintenant pourquoi le retour d'Uzumaki semblait représenter, pour Denzou, une opportunité inespérée. A ceci près qu'il manquait deux informations essentielles à ton maître. A savoir que Naruto ne travaille plus pour le Son depuis longtemps, et qu'il m'avait déjà transmis, voici plusieurs semaine, une liste complète des membres de Racine qu'il avait subtilisée à Orochimaru. Es-tu satisfait, monsieur je sais tout, vous ne savez rien?" achève ironiquement l'Hokage.
- L'Hokage avait toutes les cartes en main, conclut Kurenaï. Elle savait que le retour de Naruto représenterait à la fois, dans l'esprit de Denzou, une opportunité à ne pas manquer et un danger majeur à juguler. Elle a donc fait mettre chaque membre de Racine sous étroite surveillance. Inutile de te dire ce qui s'est passé lorsque tes compagnons ont déclenché leur attaque.
- Le coup d'état... a été tué dans l'oeuf, balbutie Saï, en guise de réponse.
- Kurenaï était chargé de la protection de Naruto, confirme Tsunade, sans prendre la peine de noter la moue moqueuse de son ancien protégé. Quant à moi, j'ai dirigé les opérations d'éradication de Racine. Lorsque je l'ai quitté la bataille pour venir vous rejoindre, les combats étaient déjà presque terminés. Les trois quart des membres de votre organisation étaient morts ou prisonniers. Kakashi et nos escouades d'ambus se chargent d'éliminer les dernières résistances. Denzou, quant à lui, a été capturé dès le début des hostilités, ce qui a désorganisé complètement son état major. Cela nous a bien entendu facilité la tâche."
Saï semble anéanti. En quelques secondes, son univers vient de s'écrouler. Son maître, leader et père tout à la fois est entre les mains de l'ennemi. Son identité véritable est découverte. Même s'il fuit, même s'il parvient à quitter le village, ou pourra-t-il aller? Et pour qui devra-t-il vivre, si Denzou n'est plus là?
Hinata, quant à elle, ne réagit même plus. Prostrée, tremblante, elle n'oppose pas la moindre résistance à son ravisseur, alors même que celui-ci a relâché un peu son étreinte.
"Il est temps de revenir à la raison, Saï, dit doucement Kurenaï en faisant un pas vers le couple. Laisse partir Hinata, et rends-toi. Il n'y a que ça à faire."
Brusquement, Saï reprend du poil de la bête. Non, il ne veut pas être capturé. La rédition, c'est la mort assurée, après un procès expéditif pour haute trahison. Et Saï ne veut pas mourir, pas comme ça. Donner sa vie pour Racine ne lui poserait aucun problème. Mais Racine n'existe plus. Et lui, Saï, existe encore. C'est son instinct de survie, si longtemps bridé au profit des visées de Denzou, qui parle.
Le jeune homme ressert sa prise sur Hinata, ce qui a pour effet de sortir la malheureuse de sa semi létargie.
"Saï, supplie-t-elle d'une voix étranglée, écoute ce qu'ils te disent...
- Il n'en est pas question, gronde le jeune homme. Je ne vais pas me laisser amener à l'abattoire sans me défendre. Je vous préviens, kakashi, Kurenaï, si vous ne me laissez pas partir, je tue Hinata.
- Partir pour aller où? demande froidement Tsunade. Tu n'as nulle part ou te réfugier. A moins que tu ne comptes te rendre chez Orochimaru, auquel cas les ambus préfèreront t'éliminer avec Hinata plutôt que de te voir livrer des informations confidentielles et le byakugan en prime à notre pire ennemi.
- Je... je ne sais pas, siffle Saï, pris de panique. Mais je... si vous essayez quoi que ce soit, je la tue... alors... n'approchez pas... je vous dis, n'approchez pas.
- Naruto, qu'est-ce que tu fais? lance Kurenaï.
Le sourire aux lèvres, l'ancien ninja de Konoha s'avance tranquillement en direction de Saï et d'Hinata, visiblement aussi effrayés l'un que l'autre.
"Seigneur, non, s'il vous plaît, gémît la petite Hyuga.
- Arrête tes conneries, Naruto, ordonne Tsunade. Il est en pleine crise de panique, il va la tuer.
- Et alors? demande le blondinet, pas plus inquiet que ça.
- Tu es con ou quoi? crie l'Hokage. Elle est la dernière héritière du byakugan.
- Pas mon problème, répond Naruto, qui avance toujours, tandis que Saï, entrainant Hinata, recule jusqu'à s'adosser au mur, s'éloignant du même coup de la brêche ouverte au début du combat, seule porte de sortie envisageable.
- Espèce d'ordure, enrage Kurenaï, d'autant plus furieuse qu'elle sait ce que Naruto a représenté pour Hinata. Tu ne crois pas que tu lui a fait assez de mal comme ça pour ne pas en plus la faire tuer sans raison?"
Naruto, l'air faussement contri, s'est arrêté. Puis il s'est retourné vers Kurenaï et l'a gratifié d'un de ces grands sourires dont il a le secret.
"Pas de panique, senseï, se moque-t-il. Votre petite protégée ne risque absolument rien. Là ou elle est, elle est en parfaite sécurité.
- Tu délires, s'emporte la jounin. Celle-ci est la vraie Hinata, ce n'est pas un clone. Et elle a un kunaï sous la gorge.
- Je sais tout ça, répond tranquillement Naruto. Mais je sais aussi qu'il ne la tuera pour rien au monde. Même pas pour sauver sa peau. Pas vrai, Saï?" demande le jeune homme en se tournant vers l'assassin de Racine.
Surprit par la réaction de son adversaire, Saï n'abdique pourtant toujours pas.
"Ku... Kurenaï a raison Naruto: tu délires, affirme-t-il. A part la vie, je n'ai plus rien à perdre. Si tu avances encore, je peux te jurer que je la tuerai.
- Bah, au vu de la petite scène de tout à l'heure, permet moi d'en douter. J'en profite d'ailleurs pour te dire ceci: donner son premier baiser à une jeune fille à moins d'un mètre d'un type qui baigne dans son sang, c'est pas vraiment le comble du romantisme, juge Naruto, de plus en plus cabot.
- Pauvre clown, sache qu'il n'y a que les imbéciles qui jugent leurs ennemis selon les apparences, sourit Saï d'un air féroce, reprenant un peu de vigueur. Tu crois vraiment que j'hésiterai à tuer Hinata à cause de la petite scène de tout à l'heure, comme tu dis? Apprend, pour ta gouverne, que les ninjas de Racine ne sont pas comme vous, assujetits à leurs émotions et à des sentiments vulgaires. Nous avons été entraînés pour agir de façon parfaitement froide et rationnelle, sans éprouver d'état d'âme ni de remord. Contrairement à ce que je me suis efforcé de faire croire, poursuit le jeune homme d'une voix de plus en plus assurée, Hinata ne représente rien pour moi. Elle n'est qu'un objet de mission comme un autre. Seul compte Racine. Et si Racine n'existe plus, seule compte ma propre survie.
- Saï... implore Hinata, ne dis pas ça...
- Quoi? s'énerve Saï, agacé par sa prisonnière. Qu'est-ce que tu imaginais? Que je me tenais à tes côtés par amour pour toi? Pauvre folle. Tu veux savoir la vérité? Et bien la voici. Après le décès de ton père et ton accession au trône des Hyugas, mon maître m'a chargé de me rapprocher de toi le plus étroitement possible pour mieux contrôler tes faits et gestes, et ainsi avoir la main mise sur le clan le plus puissant de Konoha. Pour ça, je devais gagner ta confiance voire, si besoin, ton affection. Et j'ai accompli ma mission point par point, voilà tout. A présent, je vois bien que celle-ci n'a plus de raison d'être. Néanmoins, tu restes dans mes mains ce que tu as toujours été: un outil. Un simple outil.
- Non, Saï, non... ça ne peut pas être vrai, pleure la pauvre Hyuga.
- Et tu sais ce qui me fait le rire, Hinata? C'est que tu ai pu te faire avoir et me tomber dans les bras aussi facilement malgré tout ce que tu avais enduré par la faute d'Uzumaki. Il faut vraiment être mazochiste pour vouloir s'attacher à nouveau à un homme après avoir vécu une pareille déception."
Cette fois-ci, Hinata ne répond plus. Elle sanglote, désespérée et honteuse.
"Espèce de petite saloperie, gronde Kurenaï à l'adresse de l'assassin. Je te jure que si jamais tu la touche, je te le ferai payer au centuple.
- Ne nous énervons pas, je vous en prie, ne nous énervons pas, lance Naruto d'un air apaisant. Les menaces ne serviront à rien, Kurenaï. Quant à toi, Saï, poursuit l'ancien guerrier de Konoha en se tournant vers son ennemi, tu joues le méchant, mais tu n'en a ni le coeur, ni les moyens. En plus, la panique te fait raconter n'importe quoi. Hinata n'a jamais été attachée à moi, contrairement à ce que tu a l'air de sous-entendre."
Dans le dos de Naruto, Tsunade et Kurenaï ont échangé, malgré le côté dramatique de la situation, un regard étonné. Trois années de recul n'ont donc pas suffit au porteur de Kyubi pour comprendre que l'héritière des Hyuga était si longtemps resté amoureuse de lui? A quoi lui a servi d'être pris en main par Jiraya? Enfin, sans doute Naruto a-t-il eu autre chose à penser durant son périple.
"Je ne suis pas un expert en la matière, admet Naruto, ce que Tsunade et Kurenaï ne manquent pas de confirmer en leurs fors intérieurs, mais les regards que tu lui lances depuis que je vous ai vu, à la sortie de la salle d'audience, cet après-midi, ne sont pas ceux d'un acteur. Vois tu, je crois que tu t'es fait piéger, Saï, ou plutôt, que tu es tombé dans ton propre piège. A trop te rapprocher d'elle, c'est toi qui t'es pris les pieds pris dans les filets de la douce et belle Hinata.
- Tu dit n'importe quoi, s'entête l'assassin.
- Non, répplique Naruto. Et je le prouve."
Sur ces mots, le blondinet se jette littéralement sur le couple en dégainant un kunaï. L'attaque est rapide, mais Saï a anticipé la trajectoire de l'arme. Naruto vise la jugulaire d'Hinata.
"Non!", hurle l'élève de Denzou, imité par Kurenaï, qui se lance en avant. Mais la jounin est retenue par Tsunade, qui a empogné son épaule. La jounin se retourne, l'air égarée, vers l'Hokage.
"Pas de panique, Kurenaï, lui intime celle-ci. Naruto sait ce qu'il fait. D'ailleurs, regarde: c'est déjà terminé."
Kurenaï se tourne vers les trois jeunes gens. Le coup de Naruto a bien porté. Mais Hinata est saine et sauve. Incapable de parer la charge du porteur de Kyubi, Saï a lâché son arme et s'est brutalement retourné, plaquant sa prisonnière contre le mur pour offrir son propre dos au kunaï de Naruto. La lame s'est enfoncé d'un quart de pouce à peine entre deux vertèbres, au niveau du coeur, mais l'ancien ninja de la Feuille a retenu son coup. L'impact a été à peine suffisant pour que Saï se raidisse. Puis, d'un petit bond, Naruto s'est écarté. A présent, le voici qui range son kunaï.
"Ben tu vois, lance-t-il. Estimes toi heureux que je te laisse la vie sauve, ajoute simplement le blondinet avant de s'éloigner en sifflotant pour rejoindre Tsunade et Kurenaï.
- Et... et merde, lâche l'assassin, sans se rendre compte encore que des larmes coulent le long de ses joues.
- S... Saï, murmure Hinata, mal remie de sa surprise.
- Je... je... pardonne moi, Hinata, se met à sangloter le jeune homme. Je suis désolé... tellement désolé."
L'élève de Denzou, à présent, s'effondre lentement sur lui même. A genoux devant sa prisonnière, la visage enfoui entre ses mains, il pleure à chaudes larmes, victime d'une véritable crise de nerfs.
Désorientée, Hinata interroge son ancien mentor du regard. Surprise, Kurenaï ne peut lui donner aucune réponse. Elle n'a pas elle-même compris ce qui vient de se produire.
"Bien vu, remarque tranquillement Tsunade à l'adresse de son ancien protégé lorsque celui-ci parvient à sa hauteur. Tu avais vu juste.
- Je n'étais pas le seul, répond Naruto. Vous aussi, sensei, aviez deviné que Saï ne toucherait pas un cheveu d'Hinata.
- C'est vrai. Question d'expérience. Mais je serais curieuse de savoir comment tu as fait, toi, pour te forger une telle certitude sur les réactions de ton adversaire alors que, visiblement, comme tu l'a dis toi-même, tu n'a rien d'un expert dans le domaine amoureux.
- Dites merci à Orochimaru, sourit Naruto.
- Hein? s'étonne l'Hokage. Seigneur, ne me dis pas qu'il est devenu aussi pervers que Jiraya.
- Non, rigole le blondinet. Mais n'oubliez pas qu'il a lui aussi été l'un des enfants soldats de Racine. Il connaît très bien le carcan mental qu'impose Denzou et ses complices à ses pauvres gosses. Il continue d'ailleurs d'en être lui-même victime.
- Comment cela?, demande Tsunade, plus sérieuse cette fois.
- Pour créer des guerriers parfaits, Racine impose à ses membres de rejeter toute émotion, tout sentiment, afin de n'être mu que par l'exigence d'obéissance et pour pouvoir agir en toute froideur, comme l'a souligné Saï lui-même. Les ninjas qui s'adonnent à cet enseignement deviennent apparement infaillibles, incorruptibles, entièremement dévoués à leur maître. Mais Orochimaru m'a révélé le point faible de ses soldats soi-disant parfaits. A force de rejeter, donc de nier, leurs sentiments et leurs émotions, les enfants de Racine devenaient incapables de les reconnaître. De ce fait, ils redeviennent vulnérables.
- Je commence à comprendre, murmure l'Hokage. Saï aurait donc laissé grandir en lui son affection pour Hinata simplement parce que, n'ayant jamais appris à le faire, il était incapable de reconnaître la nature véritable de ce sentiment.
- Exactement, kakashi sensei, répond Naruto. Tout comme Denzou a laissé grandir en lui le goût du pouvoir, ou encore comme Orochimaru a été pris au piège de sa propre obscession de la connaissance et par sa peur irraisonnée de la mort. Ce n'est pas en ignorant ses sentiments et ses émotions que l'on parvient à les contrôler, mais en apprentant à les reconnaître et à leur faire face."
Tsunade hoche tout doucement la tête. Kurenaï, elle, s'est approché de Saï et d'Hinata, un peu hésitante. Elle fouille dans sa poche d'arme et en sort une paire de menottes.
"Laissez cela, lance Naruto. C'est inutile à présent. N'est-ce pas, Saï?"
Le jeune homme agenouillé relève la tête. Il a une mine effroyable.
"Ne te mêle plus de ça, Naruto, répond la jounin. Il est en état d'arrestation.
- Mais non, assure l'ancien ninja de la Feuille. Il est de notre côté à présent. Puisqu'il est du côté d'Hinata.
- Laisse tomber, confirme l'Hokage. Allons nous en d'ici.
- Bonne idée, s'écrit joyeusement Naruto, sous les regard éberlués de Kurenaï, Saï et Hinata. J'ai une faim de loup. Il me reste quelques piecettes, je vous invite toutes les deux pour fêter ça.
- Il y a des choses qui ne changent jamais, constate Tsunade dans un soupir.
- Mais et eux? demande Kurenaï d'un ton plaintif.
- je crois qu'ils ont encore deux ou trois choses à se dire, plaide Naruto, l'air complice.
- Allez, fait pas ta mauvaise tête, Kurenaï, gronde finalement Tsunade en empoignant la femme par l'épaule et en l'entrainant avec elle. Naruto a raison. Moi aussi, je meurs de faim. J'espère que tu as les poches pleines, gamin, lance-t-elle à l'ancien guerrier de la Feuille, parce que j'ai bien l'intention de m'en mettre plein la panse."
Et voici que les trois ninjas sortent de la pièce, l'air joyeux pour les uns, la mine effarée pour la troisième, tandis que, bêtement, les regardent sans comprendre la princesse Hyuga et son garde du corps.
