Conte de Fée en Flacon
Chapitre 3
Disclaimer : Les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à une certaine J. K. Rowling. Comme tout le monde l'ignore, je préfère préciser, je ne voudrai pas que vous croyiez que Harry Potter, Draco Malefoy et les autres sont des créations de mon imagination. Ce ne serait vraiment pas juste envers cette pauvre Joanne, qui adéjà un mal fou à vendre ses bouquins…
En revanche, la CAFY, Absy et les fées possédant le minimum syndical de personnalité sont à MOA (non non, ce n'est pas un 'moi' mégalomane).
Bla-bla : Je sais. J'avais dis à celles qui me l'avait demandé que cette fic était abandonnée. Plaignez-vous, bande d'ingrat(e)s.
Bon à part ca, je tiens à remercier Ludwing (et si cette fic vous plait, vous pouvez en faire autant) : sa review qui m'a conduite à relire le chapitre 3 que j'avais commencé. Et m'a donné envie de le continuer. Donc, bonne lecture à toutes et à tous.
JH rech âme sœur
Attablé dans sa cuisine, Harry savourait avec délice un petit déjeuner sans prétention. Depuis qu'il avait emménagé dans son appartement londonien, il avait appris à faire de la solitude totale un art que le vieux maître feng-shui lui aurait sûrement envié. Il appréciait à leurs justes valeurs le calme des pièces vides, le zen méditatif de son intérieur, le Nutella généreusement étalé sur la tartine de pain grillé qui coulait au fond de son palais.
La lumière généreuse du matin se déversait dans la pièce par la grande fenêtre ouverte qui s'étalait sur la moitié du mur vis-à-vis. Dans l'air quasi immobile, des grains de poussière scintillant dérivaient doucement en un ballet infini, tandis que, dix mètres plus bas, le murmure de la circulation empêchait le silence de tout assourdir et créait une présence rassurante.
Harry se sentait en paix. Il se dit que, si c'était à cela que ressemblait le nirvana indien, il voulait bien mourir maintenant.
Mais ce n'est pas la Mort qui se présenta à lui par ce beau matin, bien que l'apparition lui fasse croire que son vœu stupide se réalisait : alors qu'il mordait à nouveau dans sa tartine, il crut faire un arrêt cardiaque lorsqu'il entendit son nom hurlé derrière lui, puis périr étouffé (à cause de la tartine, entre autres) lorsqu'une forme qui lui rappelait vaguement quelqu'un de sa connaissance se jeta sur lui en brandissant un morceau de parchemin.
« Dis moi Potter, l'annonce que j'ai écrit est parfaite, n'est-ce pas ? » demanda Malefoy en balançant sur la table un bout de papier.
« Kof ! Kof ! Koeu-hoeuheuf-kof !! » répondit approximativement l'intéressé, en lui lançant un regard dans lequel passèrent à une vitesse supra-sonique de la haine (« Mon ennemi juré ! Va en enfer !! »), des questions (« Mais que fais-tu donc chez-moi ? »), de l'appréhension (« Tu m'en veux encore ? Tu viens me tuer ? »), et enfin, au souvenir des évènements de la veille, re-de la haine (« Non mais t'as besoin de venir m'em... avec ton complexe de supériorité de bon matin ?! »).
Il jeta néanmoins un rapide coup d'œil à la-dite annonce. Ses yeux faillirent jaillir de ses orbites quand il prit connaissance de son contenu : « Jeune homme de 17 ans, beau comme un dieu grec, 1m82, superbement monté, blond aux yeux gris, âme douce et romantique mais très doué au lit, recherche l'amour de sa vie. A très bientôt j'espère… Draco »
« C'est une blague ? » demanda Harry d'une voix rauque, des larmes encore au bord des yeux.
« Bien sûr que non ! » s'offusqua le blond. « Tout ce qui est dit ici est cent pour cent conforme à la réalité ! Enfin, sauf pour l'âme douce et romantique, mais qui s'en soucie ? Je devrais peut-être rajouter quelque chose comme "satisfait ou remboursé"… » ajouta-t-il pour lui même, tandis que ses yeux s'allumaient étrangement : « Ca me donne une idée pour gagner un peu d'argent, ça…
- Super, comme ça tu m'aideras à payer les courses !
- Tu t'es pris pour mon mac ?! Ce que tu peux être terre à terre, mon petit Potter ! » (Harry vira au rouge…) « Tu me déçois beaucoup ! » (…puis au violet…) « Enfin, je savais que l'annonce te plairait ! » (…et enfin au pourpre.)
« Non mais tu crois qu-
- Tu me donnes 18 gallions, j'en ai besoin pour payer les journaux.
- QUOI ??! Tu m'as pris pour Gringotts ?
- Ca risque pas, les gobelins sont d'un radin… Tandis que toi, comme je sais que tu veux absolument que je me trouve quelqu'un pour pouvoir dégager au plus vite, tu vas te montrer généreux…
- Mais c'est hors de prix !
- C'est sûr que c'est pas gratuit, mais il faut bien payer pour que l'annonce soit publiée au plus vite et qu'on me fasse suivre les réponses. Pour que je m'en aille…»
Harry le regarda avec animosité.
« Qui- veut la fin- doit avoir- les moyens- heu ! » chantonna le blond.
« Bon, ok, ça va… Le prix est à la ligne, non ? On va reprendre ton annonce.
- Pas question, tu touches pas à mon œuvre !!! » cria le blond comme un pucelle effarouchée par son trop entreprenant partenaire.
« T'as pas le choix, Malefoy, faut faire des concessions dans la vie » fit le survivant en serrant les dents.
Un quart d'heure de bataille et de hurlements indignés de Draco plus tard, l'annonce se retrouva réduite à ceci : « JH grd bld tr bo rech âme sœur. Draco »
« Tu as massacré ma prose…….. » se lamenta le fils de mangemort.
« C'est déjà trop flatteur. De toutes façons, si tu veux tout publier, c'est toi qui paye la différence » répondit Harry, inflexible.
L'annonce parut le surlendemain dans la Gazette du Sorcier, Sorcière Hebdo, Sorcélibataire, et bien d'autres encore.
« Quand est-ce que les réponses arrivent ? » demanda Harry, un exemplaire de chaque entre les mains.
« Oh, ça dépend des rédactions… Ca peut être plus ou moins lon—court, je veux dire… » se rattrapa Malefoy, une pointe d'appréhension dans la voix.
« Arrête de tourner autours du pot. Combien ?
- Les journaux font des envois groupés de tous les courriers qu'ils ont reçus, je dirais donc qu'il faut attendre… hum… environ… une semaine. Au maximum, hein.
- UNE SEMAINE ?! Ca veut dire que pendant une semaine tu as l'intention de te la couler douce en attendant que les lettres arrivent ?
- En gros, c'est ça.
- Il n'en est pas question. Je vais te trouver des occupations, tu vas voir. »
Harry passa l'après midi à Hyde Park, afin de réfléchir posément à la situation (entreprise plutôt malaisée lorsque son nouveau colocataire, qui avait surement été un enfant hyperactif, se trouvait dans les environs). La vaste étendue de verdure arrivait toujours à lui faire relativiser ce qui lui arrivait. Pas que jusqu'à présent (depuis la fin de Poudlard, s'entend), il en avait eut particulièrement besoin. Mais c'était le cas maintenant que son appartement était squatté par son pire ennemi.
Enfin… Il se rendait bien compte que « pire ennemi » était une expression quelque peu surfaite, dans le cas présent. Car Harry avait gagné en maturité et en sagesse, depuis que son intérieur avait été refait façon zen. Il ne pouvait garder une rancune éternelle contre le rejeton Malefoy, surtout qu'il risquait dans le cas contraire de finir à Sainte Mangouste, et le survivant savait bien que ce n'était pas le dénouement le plus souhaitable à toute cette histoire.
Il eut un instant l'impression que quelqu'un, ou quelque chose, lui soufflait à l'oreille quel était très exactement le dénouement le plus souhaitable. Le jeune homme rougit violement, et chassa cette idée absurde de son esprit.
Il fallait qu'il prenne une décision. Une décision raisonnable, réfléchie, et non prise dans le feu de l'action comme ca avait été le cas trois jours plus tôt. Encore moins prise par une certaine partie de son anatomie, comme semblait lui suggérer de façon fort déplacée le quelqu'un-quelque chose. Non non non. Et puis quoi, encore ?
Harry pris une inspiration décidée.
Bien. Il tenait le bon bout.
Lorsqu'il rentra à l'appartement, en début de soirée, le cœur d'Harry était plein de bonnes résolutions, et il lui semblait avoir trouvé une solution aussi simple qu'efficace pour résoudre ce qu'il avait mélodramatiquement baptisé le « Problème M ».
Il fut stupéfait de constater que Draco Malefoy avait pendant ce temps pillé les boutiques de fringues du coin avec, il devait bien le reconnaître, un bon gout peu commun chez un sorcier lorsqu'il fait des emplettes dans les magasins de vêtements moldus. Le blond lui lança un adorable sourire :
« Ha, Potter ! Dis moi, toi qui t'y connais bien en moldus, est-ce que ca va, ce que j'ai choisi ? »
Harry le détailla de haut en bas. Draco était vêtu comme une vraie fashionita branchée rock. Il portait un jean noir qui lui moulait les cuisses, et tombait avec une coupe droite sur une paire de converses rouges, auxquelles il avait mis des lacets imprimées en damier noir et blanc. Le T-shirt à manches courtes qu'il avait revêtu était quant à lui moulant, et rayé noir et blanc. Trois badges de groupes indé avaient été épinglés sur le côté gauche de sa poitrine.
Le souvenir du « quelque chose » qui était arrivé à Hyde Park se rappela brutalement à Harry. Il déglutit.
« Ca peut aller. »
Un détail le turlupinait. Comme si quelques chose clochait dans l'équation "Malefoy + Fringues moldues", sans qu'il arrive à mettre le doigt dessus.
Le blond, qui semblait s'attendre à plus d'enthousiasme, eut une moue de déception.
« Tu sais, Potter, je crois que tu as un grave problème de communication.
- Je te demande pardon ?
- Oui. Tu pourrais, je sais pas, te montrer un peu plus expansif, quoi.
- Tu veux dire, quelque chose comme chanter ta beauté, ta grâce et ton élégance ?
- Ouiiii ! C'est exactement ce que je voulais dire ! Comme quoi tu es conscient de tes défauts, c'est bien, tu les résoudras plus vite comme ça !
- Mon vœux le plus cher est de te satisfaire, je te promets que je vais faire des efforts, » répondit le brun au tac-au-tac.
Malefoy, interloqué, le considéra d'un air tendu, sous-pesant la phrase pour savoir si c'était du lard ou du cochon.
« Aaaa haha… J'ai failli y croire.
- Ca m'étonne pas de toi, prétentieux.
- Au fait, j'ai bien remis la monnaie à l'endroit où j'avais trouvé l'argent. »
Cette dernière information mit quelques secondes à parvenir jusqu'au cerveau de Harry.
Draco continua :
« Elle est vraiment étrange, la monnaie moldue… Ils échangent des bouts de papiers contre des biens, et ils rendent des pièces qui ont tout de même plus de valeur que les bouts de papiers… C'est très déconcertant. »
Pendant ce temps, le cerveau de Harry recoupait l'information avec le détail qui clochait qu'il remarqué un peu plus tôt. Puis, la conclusion qui s'imposait fit surface, et le jeune homme passa sans transition du mode « blasé et cynique » au mode « berserk meurtrier ».
« Tu m'a volé !!!!
- Pardon, mais comme je t'ai dit ces bouts de papiers semblaient sans la moindre valeur.
- Tu as piqué du fric dans ma réserve, et tu as tout dépensé en fringues !!
- Pas tout, il reste plein de jolies pièces roses. Et puis ce n'était pas qu'en fringues, je me suis aussi acheté à manger, et j'ai pris quelques bouteilles qui ressemblaient à du fire whisky dans un magasin du nom de… ha, zut, j'arrive pas à me rap-
- Tu cherches à subir le même sort que Voldemort, misérable ?
- J'ai entendu dire que tu lui avais… beuuurk… » Draco avisa soudain que la question était dramatiquement sérieuse, et compléta d'une toute petite voix : « Non, merci, je ne préfèrerai pas. Je te rembourserai dès que je pourrais, promis juré cra- pas craché, parce que la moquette est bien jolie, mais le cœur y est. »
Harry semblait encore furieux.
En désespoir de cause, Draco tenta :
« Un petit whisky, pour te remonter le moral ? On the rocks ? Frappé ? En Manhattan ? »
Harry soupira.
« Je prend ca pour un oui, » conclut le blond, avant de se diriger rapidement vers la cuisine, comme pour échapper à un grand malheur.
Harry commença à compter lentement, posément, jusqu'à dix, tout en essayant de se concentrer sur des sensations agréables.
Il n'était pas arrivé à cinq que le blond lançait depuis la cuisine :
« Double ou triple, ton whisky ? »
Tous deux s'installèrent dans le salon, devant de grands verres à cocktail remplis d'une généreuse rasade d'alcool que le blond avait servi pur (et on the rocks).
Une petite discussion s'imposait.
Harry, très sérieux, pris la parole en premier.
« Vois-tu, Malefoy, j'ai beaucoup réfléchit à la situation dans laquelle nous sommes.
- He- » tenta le blond.
« Ne me coupe pas, je te prie.
- Bi-
- Je suis arrivé à plusieurs conclusions.
- Ou-
- Tout d'abord, j'aimerai que tu sois bien conscient que t'accepter chez moi est un acte de pure générosité et d'abnégation.
- Je-
- Et que tu me sois reconnaissant pour cela.
- C'-
- Que tu manifestes ta reconnaissance de plusieurs façons, à commencer par des efforts quotidiens pour lever la malédiction.
- Il-
- Pour cela, nous –et ceci te concerne bien plus que moi— allons nous renseigner sur tous les moyens possibles de rencontres amoureuses. Parce que, excuse mon scepticisme, mais les petites annonces ne me semblent le procédé le plus efficace.
- Et-
- Tu devras par ailleurs te comporter comme n'importe quel colocataire, c'est à dire aider à l'entretient de la maison, respecter l'intimité et la propriété de l'autre, et participer aux frais.
- Mai-
- Je suis conscient que tu ne peux pour l'instant débourser le moindre sou. Dans ces conditions, nous allons établir une liste récapitulant tout ce que tu me dois, et lorsque tu auras enfin récupéré ta fortune, tu me rembourseras.
- Co-
- Et maintenant, Malefoy, je vais te poser une question très sérieuse, à laquelle tu vas devoir me répondre très honnêtement.
- … heu… Je t'écoute.
- Es-tu suicidaire ?
- Haaahahahhh- Non ! Non ! Je suis pas suicidaire ! Je veux vivre, je le jure !
- Bien. Dans ce cas, tu ne touches plus jamais à ce qui m'appartient sans me demander la permission auparavant, est-ce bien clair ?
- Glup. Limpide.
- Parfait. Trinquons donc à notre collaboration. »
Absy, dissimulée dans un coin de la pièce, n'avait pas loupé une miette de la scène. Elle était satisfaite de constater que la relation des promis avançait lentement mais surement. Trois jours seulement, et tous deux scellaient dans l'alcool un pacte de non agression. Pas mal, pour des individus qui se seraient arrachés la tête quelques jours plus tôt.
La petite fée jeta un coup d'œil à l'horloge qui reposait au dessus de la cheminée. Estimant son affaire plutôt bien lancée, et ne risquant pas de déraper dans l'immédiat, elle abandonna Harry et Draco à leur sort, et arriva chez elle juste à temps pour ne pas louper le début du tout dernier épisode de Queer as Folk.
