Chapitre 6 : Dernières volontés

Hermione bien sûr continuait de tenter de parler avec Harry tout le long du repas mais Harry ne lui demanda que le sel, qu'il prit avant qu'elle n'ait pu le prendre grâce à la magie. Le repas se passa sans accrochage et la famille Delacour partit alors en transplanant. Harry se prépara alors à aller à Poudlard pour la lecture du testament de Dumbledore. Si il y a quelque chose qu'il lui a légué, Harry ne voyait pas ce que c'est. Peut être des livres de sort de combat ou une lettre expliquant d'autres secrets. Harry ne voyait pas ce qu'il pouvait avoir de plus que Fumseck. Il était déjà tellement agréable d'avoir l'ami de Dumbledore avec soi. Harry avait déjà commencé le dressage de Fumseck et il se révéla très doué pour les figures aériennes. Il l'avait prit avec lui ce matin la pour lui apprendre à voler et lorsque Harry le déposa sur son perchoir, Fumseck s'endormit sous les yeux d'une Hedwige jalouse. Il se changea et prit sa cape d'invisibilité et sa baguette. Il allait revoir Poudlard mais pas Dumbledore. Il appréhendait cette visite encore plus que son audience disciplinaire au ministère. Il sortit de sa chambre et passa devant la porte de Ginny où il entendit une fille pleurer qui n'était pas Ginny. Il n'y fit pas attention et se rendit vers la cheminée de la cuisine où Mr Weasley l'attendait.

« Alors Harry, prêt ?

Oui je crois.

Tu diras bien fort : Poudlard, bureau de la directrice.

D'accord » et il regarda Mr Weasley partir devant lui.

Il dit au revoir à tout le monde en posant un long regard sur Ginny et il cria bien fort et nettement « Poudlard, bureau de la directrice. » Il se sentit alors comme aspiré dans un tuyau d'aspirateur et commença à tourner sur lui-même en apercevant une succession de salons et de cuisine devant lui. Enfin, une cheminée se dessina et il plongea dedans, se retrouvant ainsi dans le bureau qu'il connaissait tant.

Harry vit alors que le bureau de Dumbledore n'avait pas trop changé. Il y avait plus d'animaux tout autour et les couleurs des rideaux étaient formées de tissu écossais. Harry vit qu'un homme était installé au milieu de la pièce, un long parchemin à la main. Tous les invités étaient rassemblés autour du bureau dans la pièce et Harry aperçut alors que des têtes affichaient un regard stupéfait en le voyant. Mais beaucoup ne l'avaient pas vu et Harry s'en félicita. Il s'installa au fond de la salle et attendit. L'homme prit alors la parole.

« Moi, Golisch Nibourth, représentant le ministère de la magie, sera le lecteur de l'acte laissé après la mort d'Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore décédé le 20 juin de cette année. Le défunt a tenu à élaborer une disposition disons spéciale dans la lecture. Mais voyez plutôt. »

Il tapota le parchemin du bout de sa baguette et sous les cris d'étonnements de l'assemblée, un Albus Dumbledore apparut assis à son bureau et parla d'une voix calme et posée à l'assemblée.

« Bonjour à tous et merci d'être venus pour entendre les derniers radotages d'un vieux gâteux ! Tout d'abord j'aimerais dire deux mots : Nigauds et pousse kiki ! Bon reprenons un peu de sérieux car que vous êtes tous ici assez triste de ma mort mais sachez que ce n'est que le début d'une aventure pour moi et que je ne m'en plains pas. Tout d'abord, parlons des choses basiques : je lègue toute ma fortune à l'hôpital sainte mangouste et j'espère que les patients de longue durée pourront être aidés avec. Ensuite je voudrais vous parler de ma succession. Je pense que Minerva Mcgonagall serait la mieux placée pour diriger l'école et si ce n'est pas déjà elle la directrice, j'aimerais bien qu'elle le devienne. »

Il fit une pose.

« Fumseck a déjà du se choisir un nouveau maître et je pense savoir quel jeune homme en a hérité même si je lui conseille de ne pas le faire savoir. »

Tout le monde se regarda mais Harry doutait qu'il parlait de lui. Dumbledore était omniscient même dans la mort.

« Je lègue l'ensemble de mes bouteilles d'hydromel à monsieur Horace Slugorn qui saura en faire bon usage. Je souhaiterais que ma baguette ne soit pas conservée comme une relique, il faudra tout simplement la détruire. » Des exclamations retentirent. « Je sais que cela vous choque mais je ne crois pas qu'il soit utile de vénérer des objets. Il n'y a que les reliques des fondateurs qui sont importante et à ce propos je lègue à Arthur Weasley cette magnifique épée. » Il pointa l'armoire où elle était rangée. « Je sais qu'elle ira bien avec son horloge. Je voudrais aussi que tout mes instruments reviennent à l'actuelle directrice de Poudlard sauf, et oui il y en a toujours ! Certains objets ne resteront pas ici. Je lègue mes livres de cours à ……. »

Dumbledore légua ainsi toutes ses possessions aux gens dans la salle. Cela allait du service à thé, aux livres de cours en passant par ses vêtements et un livre crasseux qu'il légua à son frère. Puis il fit une autre pause.

« Je souhaite maintenant léguer un objet précieux à un garçon exceptionnel à mes yeux. Ce garçon a besoin de clarifier son esprit et je sais que l'objet en question lui sera très utile. Ma pensine, sera léguée à monsieur Harry James Potter ET et j'insiste sur ce mot pour tout ceux qui sont ici à Miss Hermione Granger. Je sais que cela n'est pas sur mon testament mais j'ai préféré le dire de vive voie. Je ne doute pas que Harry lui fera partager les expériences que nous avons vécues. Et je lui lègue aussi cette boite qu'il saura utiliser……… Voilà, telle sont mes instructions je vous demande de les suivre et j'ajouterais comme conclusion qu'il n'est pas bon de se complaire dans les rêves et le passé. La famille est ce qu'il y a de plus important et l'amour qu'elle apporte. Sur ce je crois que c'est tout. Laissez moi réfléchir…. Hmm….. Ah oui j'ai failli oublier, j'aimerais bien conserver ma carte de chocogrenouilles. Et bien Adieu ou plutôt au revoir à tous. Le plus tard possible bien entendu »

Et il s'évanouit dans un panache de fumée. Harry voyait très bien de quoi il parlait et il savait qu'il avait raison. Il lui fallait se lier avec Hermione, découvrir sa sœur qu'il connaît pourtant si bien. Il se leva et prit la pensine et la boîte qu'il rangea dans son sac sous des regards ahuris des gens qui ne l'avaient pas reconnu. Il revint vers monsieur Weasley qui brandissait sa nouvelle épée.

« Elle est très belle monsieur.

Oui mais je pense qu'elle n'est pas importante, c'est plutôt la phrase de Dumbledore qui compte.

Comment ça ?

Pas maintenant Harry !

Très bien. Alors nous y allons ?

Une petite minute, je dois parler à Minerva à propos de tu sais quoi.

Il s'éloigna et Harry sentit une main se poser sur son épaule.

« Professeur Slugorn ! Vous restez ici ?

Oui Harry, il m'est idée que se cacher ne servait à rien et que je le devais bien à Albus.

C'est très bien. Au moins nous aurons des bons cours.

Je sais que vous revenez, je l'ai lu dans la gazette dans une interview que vous avez donné.

Oui je sais je me suis un peu emporté.

Non non, mon garçon, c'est au contraire ce qu'il fallait faire pour remonter le moral des troupes. Vous êtes très important Harry et très doué aussi. Si vous saviez ce qu'Albus me disait sur vous.

…….

Et toujours aussi modeste en plus. Vous venez d'hériter d'un merveilleux objet Harry et Dumbledore a, disons, insisté sur l'utilisation que vous pourrez en faire. Un grand Homme ce Dumbledore.

Oui c'est vrai, » dit il en regardant le tableau de l'ancien directeur.

Ecoutez Harry vous ne devez pas vous sentir coupable. Ce qui a été fait l'a été pour une bonne raison que je ne connais pas mais que vous apprendrez tôt ou tard.

Euh….. D'accord.

Vous verrez de quoi je parle.

Mr Weasley vint alors les rejoindre son épée rangée dans sa ceinture telle un chevalier. Il salua Slugorn et entraîna Harry vers la cheminée. Harry sentait que Slugorn lui cachait quelque chose mais il aurait tout le loisir de trouver après la rentrée. Il firent la queue pour retourner dans la cheminée et crièrent alors « Le terrier ». L'effet de la cheminette se produisit et ils se retrouvèrent dans la cuisine devant Hermione qui pleurait dans les bras de Ginny.

Ils sortirent immédiatement leur baguette craignant le pire pour la sécurité de la maison. Harry pensait déjà à qui était mort, Ron ? Les jumeaux ? Ils s'approchèrent des deux filles et Ginny esquissa alors un sourire en racontant que cela n'avait rien à voir avec une attaque. Elle se tourna alors vers Harry et lança.

« Elle subit simplement la mauvaise humeur de certains qui ont des devoirs familiaux. Mr Weasley ne comprit pas tout mais rangea sa baguette et sortit dehors laissant le trio se regarder dans les yeux. Harry, son sac à dos plein à craquer commença.

« Mais qu'est ce qui se passe ici ?

Il se passe qu'un abruti qui croyait être orphelin apprend qu'il a une sœur et la renie. Il se passe aussi que cette sœur a essayé depuis six longues années de lui dire la vérité mais qu'elle en a été empêchée car elle n'est pas gardienne du secret. Penses tu que l'abruti comprendrait ? Non ! il est tellement stupide et pense que seuls ses sentiments comptent. Elle l'a aidé durant ce temps autant qu'elle le pouvait mais lui ne veux même plus lui parler. Et devine quoi, cet abruti craint pour la vie des autres mais ne comprend pas que les autres craignent pour la sienne. A ton avis, qui c'est cet enfoiré qui méprise tellement les autres ?

Euh……. Moi je suppose.

Parfaitement Harry James Potter ! Toi qui ne pense qu'a une chose, sauver les autres. Toi qui ne comprend rien à rien, qui ne pige rien aux sentiments que l'on éprouve pour toi. Toi qui,……..

Ron entra alors dans la cuisine pour proposer une partie de Quiditch. Harry, qui ne voulait pas céder, avança vers Ron mais fut retenu par Ginny.

« Ron dégage ça te regarde pas et TOI !

Elle gifla Harry et Ron prétexta qu'il avait des révisions à faire pour remonter dans sa chambre.

« Tu as intérêt à te ressaisir Harry. Tu dois nous considérer autrement que des bouches trou dans ta vie. Tu dois nous laisser y entrer.

Mais je t'ai laissée…..

Tu sais très bien ce que je veux dire et ne change pas de sujet. Tu dois lui parler à elle et pas à moi et quand tu l'auras fait on s'expliquera. » Elle partit dans sa chambre laissant seuls Harry et Hermione. Cette dernière tenta de faire un pas vers lui.

« Ecoutes Harry, il faut qu'on se parle. On est frère et sœur non ? On s'est protégés sans le savoir durant toutes ces années.

Sans que JE le sache.

Oui je sais mais tu ne crois pas que c'est ridicule de se faire la tête alors que nous sommes seuls depuis longtemps.

Peut être mais ça m'a fait un choc d'apprendre ça. Imagine que j'aurais eu le béguin pour toi ! Où qu'on ne se supporterait pas et crois moi s'il n'y avait pas eu le troll, je ne crois pas qu'on aurait été si proche avec tes manies.

Oui mais pourquoi m'ignorer ainsi.

Oh tu te rappelle quand toi et Ron vous m'aviez cacher tant de chose au début de la cinquième année. « On est très occupés mais on ne peux te parler de rien. » Et bien je voulais que tu ressentes ce que j'ai ressenti à être mis à l'écart comme ça.

Oh c'est ça alors. Je croyais que tu ne voulais pas de moi comme sœur. Je pensais que tu ne me considérais que comme une amie, que tu ne m'estimais pas capable d'être ta sœur.

Hermione tu sais très bien que tu es plus douée que moi partout ! Sauf peut être en défense contre les forces du mal où tu as eu un effort exceptionnel seulement !

Oh arrête Harry c'est pas drôle du tout. C'est mon premier échec.

Mais pourquoi t'as pas eu O ?

Euh j'ai échoué devant un épouventard.

Ah bon et c'était quoi ?

Ben en fait, euh……..

Allé dis !

Toi Harry qui me disait salut soeurette avant de euh……..

Vas y !

Avant de mourir.

Ah euh…… d'accord. Mais t'inquiète pas ce n'est pas réel. C'est qu'un épouventard.

Je le sais bien Harry mais ça m'a fait perdre mon contrôle et j'ai échoué.

En tout cas Hermione crois moi, je suis très fier que tu sois ma sœur et je tiens beaucoup à toi. Je suis désolé de m'être emporté comme ça mais j'ai eu du mal à accepter cette nouvelle. Ginny a raison, on est tout les deux dans la même situation et on doit se soutenir et pas se faire la guerre.

Je suis contente que tu le prennes comme ça. Au fait je te conseille d'aller voir Ginny.

J'avais sentis qu'elle espérait me parler. Dit il en se frottant la joue gauche.

C'est une chique fille Harry, écoute là avant de t'emporter dans des nobles sentiments.

Je ne suis pas comme ça !

Oh si Harry, tu veux tous nous protéger et tu nous écartes de ta vie.

Bon peut être mais je ne veux pas vous perdre.

Nous non plus Harry, nous non plus… Allé vas la rejoindre et ne lui fais pas que des tapes dans le dos !

Très drôle. J'ai grandi tu sais.

Et il s'engagea dans l'escalier menant à l'étage. Il savait où était la chambre de Ginny mais n'y était jamais entré craignant sans doutes les reproches de Mrs Weasley mais il devait lui parler. Il frappa à la porte.

« Ginny ouvre c'est moi.

Tu veux dire l'abruti qui refuse tout bonheur ?

Si tu veux mais je change de comportement en ce moment.

La porte s'ouvrit à la volée.

C'est-à-dire ?

Tu as raison je suis stupide de penser que je peux vous épargner de souffrir. Je voulais vous protéger tous mais je vous fais souffrir en agissant ainsi. Et je ne fais plus la tête à Hermione si tu veux tout savoir et enfin je te promets que tu ne seras plus mise à l'écart.

Et que tu ne te conduiras plus de manière imbécile ?

Promis.

Alors c'est bon. » Et elle l'embrassa. Les jumeaux choisirent ce moment pour sortir de leur chambre et se figèrent sur place.

Très bien Harry…

Nous sommes heureux que tu nous aies enfin écouté. Mais …..

N'en fait pas trop si tu vois ce qu'on veut dire……

Fichez le camp tout les deux ! Lança Ginny.

La soirée se passa calmement et Harry découvrit ce que Dumbledore lui avait légué à lui et Hermione. Il caressait Fumseck tout en contemplant la bassine de pierre dont il s'était si souvent servi. Il regarda les flacons et vit un parchemin attaché au fond de la boîte.

« Cher Harry et Hermione.

Les mots sont inutiles sur un parchemin. Il y a des flacons numérotés de 1 à 20. Versez le premier et regardez le souvenir. Bien entendu Mr Weasley et d'après ce que je sais Miss Weasley peuvent les voir si vous le souhaitez. »

Il se dit qu'il fallait mieux découvrir ces souvenirs avec Hermione et il referma à contrecoeur la Pensine pour inviter Hermione à se joindre à lui après le repas. Il sortit donc de la chambre et s'installa pour le repas. Il repensa alors en voyant l'épée de Gryffondor à ce que Dumbledore avait dit.

« Mr Weasley, pouvez vous me dire ce qui est plus important que l'épée ?

Oh ! Oui Harry. Il se trouve qu'il a dit qu'elle irait bien avec l'horloge car elle symbolise en fait le secret de l'ordre du Phénix. Il a fait de moi le gardien du secret et l'héritier de l'ordre. J'en ai déjà parlé aux autres quand tu discutais avec les filles.

Ah oui.

Et c'est ainsi que le repas se passa tranquillement sans aucun incident hormis le pied de Ginny qui effleura celui de Harry d'une manière qui ne laissait planer aucun doute sur ses intentions. Harry fit voir le parchemin à Hermione d'une manière aussi discrète que possible et lui demanda si Ron et Ginny devrait venir. Elle répondit oui pour Ron mais que Harry devait décider pour Ginny. Comme il lui avait promis, il ne la tiendrait plus à l'écart. Après tout Dumbledore n'avait pas raconté à Harry la prophétie et cela fut une des causes de la mort de Sirius.