On continue notre voyage dans les souvenirs de Roy. Voyons un peu comment s'est déroulé son examen ... merci pour les coms !
Voilà, on y est. L'examen des alchimistes d'Etat. J'étais tout excité et en même temps terriblement nerveux. Mon destin allait se jouer ce jour-là, autrement dit c'était pas le moment de faire le mariolle. Le moment de quitter la famille Hwakeye approchait également. Je voyais de plus en plus souvent de la tristesse dans les yeux chocolat de Riza. Mouais, moi non plus ça ne me disait rien de la quitter. Mais il le fallait. Le jour J, j'embarquais pour Central, l'examen se déroulant au Q.G.

En découvrant la bâtisse, je restais un moment pétrifié. C'était tout bonnement énorme. Devait y avoir du peuple là-dedans. Allez Roy, on inspire un grand coup et on y va. Un soldat nous reçut, et tous les candidats furent conduits à la salle d'examen. Un autre nous distribua les feuilles, qui comportait une bonne trentaine de questions. Rien que ça. Je commençais par inscrire mon nom en haut à gauche. Puis un gradé frappa de son marteau sur le bureau, et déclara que la session commençait.

La première question portait sur les principes de bases de l'alchimie. Facile. Il y en avait ensuite sur des cercles de transmutation, des équations à résoudre, certains symboles qu'on voyait dans des cercles complexes etc ... le tout prit bien deux heures et demi. Je parvins à répondre à toutes les questions, et rendit ma copie. Je sortis du Q.G débarrassé d'un poids. J'étais sûr d'avoir plus de la moitié des réponses de justes. Mais il restait encore l'entretien, et la partie pratique. Pour ça, j'étais tranquille. Mon alchimie les impressionnerait à coup sûr.

J'étais revenu chez mes parents le temps que l'examen se passe et que j'obtienne les résultats. Avec Maes on avait décidé une chose : s'engager tous les deux, quels que soient les résultats. Le savoir à mes côtés me rassurait. Nous étions convaincus que nous serions les meilleurs soldats que la ville, non que le pays aie connu. On nous connaîtrait, faites-nous confiance pour ça. Illusions de jeunesse ... les résultats arrivèrent bien plus vite que je ne l'aurais cru. J'avais fait un sans-faute.

Ce fut la fête à la maison ce jour-là. Mais il me manquait quelque chose pour que mon triomphe soit total. Ce fut Maes, encore une fois, qui me donna la réponse.

" Tu pense à ta petite blonde ?" lança-t-il narquois.

" Qui ?" demandais-je.

" Fais pas semblant de pas savoir. T'aurais voulu qu'elle soit là."

Y m'énerve, à lire en moi comme dans un livre ouvert ! Je vais m'acheter un truc qui me couvrira de la tête aux pieds, ça devrait gêner la lecture. Mais Maes avait raison ( grrrr !) Riza me manquait. J'aurais voulu qu'elle partage ce moment-là avec moi. J'eus son père au téléphone, qui me félicita de ma réussite. Il me dit également de ne pas me reposer sur mes lauriers : l'examen n'était pas fini. En effet, le lendemain des résultats, je reviens au Q.G pour l'entretien. Ca se déroulait dans une pièce toute sombre.

Sont si affreux que ça pour ne pas se montrer ? Ca venait pas de moi, je suis trop mignon pour faire peur. Une vive lumière me fit soudain plisser les yeux. Je découvris une chaise en or à trois pieds. Euuuh ... y'avait plus assez d'argent pour faire le quatrième pied ou quoi ?

" Prenez place. Si vous êtes un vrai alchimiste vous ne tomberez pas." entendis-je.

Ouais ... ben j'espère. Je m'avançais, et m'assis en priant pour ne pas tomber. La chaise tint, ce que j'estimais comme étant un miracle.

" Très bien M. Mustang. Alors, qu'est-ce qui vous pousse à devenir alchimiste d'Etat ?"

" Je veux mettre mon alchimie au service du peuple." répondis-je d'une voix assurée.

" Bien. Vous voyez le cercle sous vos pieds ?"

" Oui."

" Traduisez-moi les symboles qui sont dedans."

Je répondis simplement, sans hésitations. L'entretien dura une heure, et l'on me donna rendez-vous l'après-midi pour la partie pratique. Je jugeais donc que j'avais réussi l'entretien. Maes me sauta dessus, encore et je vais finir par croire qu'il a des gènes de kangourou.

" Alors ?" demanda-t-il.

" J'ai rendez-vous cet aprèm pour la pratique !" annonçais-je.

" T'as réussi ton entretien alors."

" Faut croire. T'es pas en cours toi ?"

" C'est les vacances mon pote ! Y'a une fête foraine tout près, on va aller fêter ta réussite." annonça Maes en me poussant.

Il fit bien, car ce fut la dernière fois où je pus m'amuser normalement. Les heures passèrent vite, trop vite. Je me retrouvais dans ce qui allait être ma seconde maison, dans une cour. D'autres candidats étaient présents. On avait mis diverses matière à notre disposition, pour que nous en fassions ce que nous voulions.

" Hihihi ! Ca va faire un beau feu d'artifice tout ça." fit un gars à côté de moi.

Je lui jetais un oeil. Il avait des cheveux bruns courts, faisait ma taille, et surtout ... avait un sourire sadique sur les lèvres. Il ne me plaisait pas du tout celui-là. Le gars tourna la tête vers moi, et me fixa de ses yeux d'or.

" T'as un problème ?" lança-t-il.

Je lui répondis par un air de mépris qui eut l'air de l'agacer. Il était clair que le courant ne passait pas entre nous. Il passa avant moi, et fit exploser un arbe et un bloc de glace. Ca eut l'air d'impressionner les militaires présents. Le type revint vers moi en affichant un air supérieur.

" A ton tour, fillette." dit-il moqueur.

" Pas de problème, femmelette." ripostais-je en enfilant mes gants.

Eh oui je les avait déjà, le père de Riza me les avait confectionnés. Je claquais donc des doigts, et fit sauter deux blocs de glace en plus de brûler trois arbres. Un des soldats présents siffla d'admiration. Mon rival en fut énervé. Le plus gradé des militaires annonça que moi et ce type étions reçu à l'examen. Je retins un cri de joie. Cette fois, ce fut moi qui sauta sur Maes.

" J'ai été reçu ! Chuis un génie !" m'exclamais-je en lui frottant la tête avec les phalanges.

" Aaaaaïeuh !" fit Maes en essayant de se dégager.

Je me mit à sautiller partout. C'est contagieux, la maladie du kangourou on dirait.

" Moi aussi j'ai une grande nouvelle à t'annoncer : me suis engagé, ils m'ont reçu." fit Maes.

" C'est géant ! " commentais-je.

Un peu après, je décidais d'aller voir la famille Hawkeye pour leur apprendre la bonne nouvelle. Mon maître me félicita, mais Riza tira une tête d'enterrement. Ah ces filles ! M.Hawkeye fut soudain prit d'une violente quinte de toux.

" Papa ! " s'exclama Riza en se précipitant.

" Senseï, tout va bien ?" m'inquiétais-je.

" Mah oui ça va, vous en faites pas !" répondit-il en nous repoussant.

Mais nous n'étions pas convaincu. Je coulais un regard à Riza. Elle paraissait très inquiète. Je me rapprochais :

" Qu'est-ce qu'il a ?"

Riza baissa les yeux, et ne répondit pas. Je lui prit le menton et lui sourit gentiment.

" Tu ne veux rien me dire ? On n'est plus amis ?" fis-je avec une moue boudeuse.

Mon petit numéro marcha, car elle me rendit mon sourire.

" Papa est ... malade. Selon le docteur, on ne peut plus rien faire. Tuberculose." avoua-t-elle.

Cette nouvelle me catastropha. Un homme si brillant, malade ... ça paraissait incroyable. Riza détourna à nouveau les yeux, et s'en fut dans sa chambre. Je la rappelais, mais elle fit la sourde oreille. Ma bonne humeur venait de fondre comme neige au soleil. Le déjeuner qui s'ensuivit ne fut pas gai du tout. Je jetais sans cesse des regards à Riza, qui jouait avec sa nourriture. Elle avait l'air si triste ... je la comprends, apprendre que la seule famille qui vous reste va bientôt vous quitter.

Sa mère était décédée dans un accident de voiture quand elle avait six ans, à ce que je savais. La pauvre ... j'avais envie de la serrer contre moi en lui disant de ne pas s'en faire, que moi je serais toujours là. Pfff, n'importe quoi. J'étais alchimiste d'Etat maintenant, ce qui voulait dire que je devais partir. Riza était majeure, mais tout de même. L'avenir s'annonçait difficile pour elle. Je piquais du nez dans mon assiette. L'ambiance était triste. Seul son père ne parut pas le remarquer, poursuivant tranquillement son repas.

Je ne finis pas le mien, et aida Riza à débarrasser. Ensuite, il me fallut repartir. Elle ne vint pas me dire au revoir, et ça me fit de la peine quand même. Je me promis de revenir très vite. Hélas, je ne me doutais pas que ce serait encore pire que maintenant. En attendant de la revoir, je suivis mon entraînement de militaire. J'appris à manier les armes, ce que je jugeais inutile vu mon statut, à marcher au pas, faire le salut, tout ce tintouin.


En tant qu'alchimiste d'Etat, j'avais déjà le grade de major. Le minimum pour nous. Donc, mon entraînement fut différent de celui de Maes. Lors d'une permission, je pus revenir au village où habitait Riza. Je trouvais son père à son bureau le pif dans les bouquins, comme toujours. Il leva la tête à mon approche, et un sourire étira ses lèvres sèches.

" Alors tu es devenu soldat ..." dit-il.

" Oui. Comme je suis alchimiste d'Etat, je suis déjà major." répondis-je.

" Hm. Je persiste à croire que ce n'est pas là ta destinée. Mais tu as fait ton choix, et je te souhaite d'atteindre tes rêves."

Une quinte de toux le prit, et il s'effondra sur ses livres. Je me précipitais, complètement paniqué. Il ne respirait plus, et son visage était déjà inexpressif. Qu'est-ce que je devais faire ? Qu'est-ce que je pouvais faire ? J'aperçus soudain Riza à la porte. Son regard était horrifié, comme si c'était moi qui l'avait tué. Mais c'est pas moi, j'ai rien fait !

" Riza ! Appelle une ambulance vite !" m'écriais-je.

Elle disparut. Je restais là avec son père dans les bras, désemparé, impuissant. Ca me frustrait de rien pouvoir faire d'utile. Et cette foutue ambulance qui n'arrivait toujours pas. Riza était revenue, pâle comme une morte. Et moi, j'avançais et je reculais les mains, en demandant tout haut ce que je devais faire.

L'ambulance arriva enfin, hélas il était trop tard. En entendant le verdict des ambulanciers, Riza partit en courant.

" Occupez-vous de lui !" lançais en me levant.

Je courus à la chambre de Riza. Elle était allongée sur son lit et pleurait toutes les larmes de son corps. Je refermais la porte et m'avançais doucement. Je m'assis près d'elle, et la prit par les épaules. Riza sanglotait sur mon épaule.

" Pardonne-moi Riza. Je n'ai rien pu faire. Je suis vraiment un incapable." dis-je à mi-voix.

Elle me serra, et je lui rendis son étreinte. C'était la première fois que je la tenais dans mes bras, et j'espérais que ce ne serait pas la dernière. Doucement, les pleurs de ma belle se calmèrent. Mais j'étais très inquiet : qu'allait-elle devenir ? J'avais bien choisis mon moment pour m'engager moi. Riza se dégagea soudain, et essuya ses yeux.

" Je crois qu'ils t'attendent." me dit-elle d'une voix étranglée.

" Mais ... je ne peux pas te laisser toute seule !" protestais-je.

" Je peux me débrouiller, ne t'inquiètes pas pour moi." reprit-elle.

" J'ai quelques jours de libre, je ne vais pas te laisser traverser ça toute seule !" m'entêtais-je.

Riza sourit, visiblement touchée. L'enterrement eut lieu le jour suivant. Quelques voisins vinrent témoigner leur soutien à Riza, dont je tenais la main. Je restais avec elle tout le temps que dura ma permission. Elle m'informa qu'elle avait des projets, et qu'elle devait quitter sa maison. Elle ne voulut rien m'en dire. Le jour de notre séparation, je la serrais contre moi.

" Au revoir Riza, j'espère qu'on se reverra bientôt." dis-je, le nez dans ses cheveux.

" Au revoir Roy, ne t'en fais pas on se retrouvera." répondit-elle.

" Porte-toi bien, et n'hésite pas à m'appeler en cas de problème."

Je posa une main sur sa joue, puis on se sépara. Je doutais de la revoir, et ça me faisait mal. Je montais à bord de mon train, le moral relativement bas. Hm, ce n'était rien en comparaison de ce que j'allais bientôt connaître.