La guerre terminée, j'allais avec Maes prendre mes fonctions à Central. Riza serait dans la même équipe que moi, tandis que mon meilleur pote bossait aux renseignements. On se sépara à un angle de mur, en se souhaitant bonne chance. Puis je me dirigea vers ce qui serait mon bureau pour un bon bout de temps. Les membres de mon équipe se trouvait déjà là. Ils se mirent au garde-à-vous à mon entrée.
" Repos messieurs-dame." dis-je en fermant la porte.
Je vins ensuite me planter devant eux, et leur demanda de se présenter. Le premier fut Vato Falman, ensuite Kain Fuery, puis Jean Havoc ( l'est immense ce gars ) et enfin Riza Hawkeye. Je me présentais à mon tour, puis discuta un petit moment avec eux, sur tout et rien. J'ai appris depuis que j'avais été le premier à leur montrer un peu d'intérêt autre que celui professionnel. Ce qui allait faciliter nos relations.
Ceci fait, on alla s'installer à nos bureau pour commencer à travailler. Riza m'apporta une pile impressionnante de dossiers. Je les regardais comme s'ils allaient me mordre, puis leva des yeux interrogateurs vers ma subordonnées.
" C'est votre travail du jour." dit-elle simplement.
Du coin de l'oeil je vis le reste de l'équipe sourire. Je devais afficher une mine comique. Aïe de la paperasse ! Déjà qu'à l'école j'aimais pas faire mes devoirs ... enfin il fallut bien s'y mettre. Je n'allais tout de même pas paresser dès le premier jour. Quoique ... lors de la pause, je vis Havoc draguer une jeune fille. Cette dernière me regarda, et je lui fit un signe assortit d'un sourire charmeur. Elle rougit illico.
Havoc se retourna et me regarda passer, l'air de se demander ce qui venait d'arriver. Eh bien ... il venait de perdre ses chances avec elle. Quand il ne fut plus dans les parages, je retournais la voir pour lui demander une visite guidée. Car je n'avais pas passé beaucoup de temps dans ce Q.G. Je n'en connaissais que le chemin qui mène à mon bureau, la salle d'examen des alchimistes et les dortoirs. La mignonne se fit un plaisir de me montrer les locaux, accrochée à mon bras sous le regard envieux de ses collègues féminines. Havoc nous vit passer, et il en fit tomber sa clope.
" Je rêve ! Il est là depuis ce matin et il drague déjà !" dit-il.
" Faut croire qu'y en a qui ont du succès." fit Breda tranquillement.
Lorsqu'on revint, Riza lança à ma compagne un regard à la faire rentrer sous terre. Ou en tout cas à lâcher mon bras. Sa réaction me surpris : était-elle jalouse ? Amusant.
Ma première journée se passa calmement, je terminais mes dossiers avec soulagement. J'avais mal au cou à force. Vers le milieu de la semaine arriva notre première mission ( yahou ). Il s'agissait de serrer une bande de trafiquants de je ne sais quoi. On se rendit à leur repaire, je donna l'assaut. J'avais prit Breda et Havoc avec moi, Riza les deux avec elle. Nous devions les prendre en tenailles.
Sauf que ça ne déroula pas comme prévu. Evidemment. Les bougres nous avaient vu venir, et nous souhaitèrent la bienvenue chez eux de façon ... métallique, je vois pas d'autres mots. Et bruyante aussi. Mes hommes répondirent de la même manière, du plomb en veux-tu en voilà. Tout à coup, alors que je les contournais pour les prendre à revers, je vis Havoc et Breda se faire mettre en joue par trois types. Ils ricanèrent, content de leur coup.
Si je ne réagissais pas, ils allaient se faire descendre. Clac ! Un mur de feu les sépara. J'avisais ensuite un lustre en cercle au-dessus d'eux. Je fis sauter les liens qui l'accrochaient au mu, et il tomba sur les bandits. Ils se retrouvèrent coincés dedans et se débattirent.Ces deux-là hors de danger, je filais rejoindre les autres.
Je leur vins en aide de la même manière, et ils leur passèrent les menottes aux poignets.
" Lieutenant-colonel, c'est vous qui avez fait ça ?" demanda Havoc un peu plus tard.
" Quoi donc ?" demandais-je.
" Ben les flammes ! C'est de l'alchimie ?"
" Oui. Je suis alchimiste d'Etat, on me connaît sous le nom de Flame Alchemist." répondis-je.
Il émit un sifflement admiratif. Puis il me demanda d'expliquer comment je faisais. Je pliais la feuille que je venais de lire, et l'enflamma d'un claquement de doigts.
" Quoi c'est tout ?" demanda Jean.
" Oh ne vous y fiez pas. C'est bien plus compliqué que ça en a l'air. Ces gants sont fait dans une matière spéciale. Vous voyez ce cercle ? C'est ça plus que le frottement de mes doigts qui créent l'étincelle. Ensuite, je dois adjuster l'oxygène ambiant pour modeler mon attaque." expliquais-je.
Mon subordonné était impressionné. Tant mieux. Les autres entrèrent à ce moment-là.
" Au fait lieutenant-colonel, merci de nous avoir sauvé." fit Breda.
" Mais de rien. Je ne permets à personne de blesser mes hommes."
Ils échangèrent un regard, puis sourirent. Je n'avais pas dit ça pour les flatter, mais parce que c'était vrai. Je n'avais plus envie de voir les gens mourir sous mes yeux. J'avais donné pendant la guerre. Et puis, ils allaient sûrement m'être indispensable. L'un l'était déjà. En tout cas, nous nous en étions bien sortis pour notre première mission. J'envisageais de me reposer un brin, quand j'entendis une voix sèche que je reconnus à peine.
" M. Mustang, mettez-vous au travail !"
Je regardais vers ma droite, pour savoir qui m'avait apostrophé de la sorte. Hawkeye. Eh ben. Elle me lançait un regard obscur, qu'on pourrait qualifier de noir. Je la regardais, étonné par sa véhémence.
" Les dossiers ne vont pas se faire tout seuls, alors au boulot." reprit-elle.
" Oui bon, deux minutes." répondis-je.
" Non, tout de suite !" reprit-elle en faisant ce que je ne l'aurais jamais crue capable de faire.
Elle braqua une arme sur moi. J'en écarquillais les yeux de surprise. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup ?
" Dites, on rentre d'une mission là. Je peux quand même prendre cinq ..."
Je ne put finir ma phrase, car elle fut couverte par un déluge de balles. Mon coeur battait à tout rompre. Riza venait de dessiner ma silhouette sur le mur. Les coups de feu attirèrent notre supérieur. Il surprit Riza l'arme à la main, pointée sur moi.
" Hawkeye ! Mais qu'est-ce qui vous prends !" s'exclama le général Hakuro.
Riza afficha un air affolé.
" Ce n'est rien. Elle me faisait une démonstration de son talent. J'ai perdu un pari que voulez-vous !" dis-je en souriant.
Hakuro me dévisagea, sceptique.
" Ne vous en faites pas. Ce n'est qu'un petit incident. Je m'en occcupe." repris-je d'un ton apaisant.
Hakuro sembla se satisfaire de cet argument, et partit. Riza me jeta un regard indéchiffrable, attendant son châtiment. Je lui rendit son regard, tout aussi impénétrable.
" A la fin du service, vous resterez Hawkeye. J'aurais à vous parler." dis-je après un long moment.
" Oui monsieur." dit-elle.
L'heure tourna, et quand ce fut celle de partir tout le monde se leva et adressa un encouragement à Riza. Cette dernière se leva, et vint se poser devant mon bureau, stoïque. Je la regarda un instant.
" Riza, qu'est-ce qui t'as pris de me tirer dessus ? Tu sais ce que tu risque ?" dis-je d'une voix calme.
" Je suis désolée monsieur. Ca ne se reproduira plus."répondit-elle.
" Pourquoi tu as fait ça ?" repris-je.
" Parce que votre travail ne se fera pas tout seul. Si vous voulez gravir les échelons, il faut travailler. Beaucoup. Je ferais tout mon possible pour vous y aider, et il semble que vous ayez besoin d'une bonne motivation." expliqua-t-elle.
" Je te remercie de ton soutien. Mais fait quand même attention d'accord ?" soupirais-je.
" Oui lieutenant-colonel."
" Allez rentre chez toi."
Elle fit le salut, et s'en alla. Elle était restée distante tout le temps de la discussion. Et ça m'attristait. Où était passée la petite fleur de mon enfance, et qui me plaisait tant ? L'avais-je perdue par mon silence ? Je soupirais une fois de plus, me leva et rentra chez moi.
Chez elle, Riza était pensive. J'avais pris sa défense, et ne l'avait pas punie. En tout cas, elle avait réagi davantage par jalousie que pour me motiver. Jalousie parce qu'elle m'avait vu au bras d'une autre fille.
" Je l'aime toujours ... je n'ai jamais cessé de l'aimer. Il m'a tutoyé tout à l'heure. Comme avant.. Je compte peut-être encore pour lui." se dit-elle.
Riza sourit à cette pensée, et ferma les yeux. Le lendemain, tous ses collègues vinrent lui demander quelle était sa punition. Riza dit simplement qu'elle avait eu droit à un savon en bonne et due forme. Elle mentait, mais si elle leur disait qu'il ne s'était rien passé, elle saperait mon autorité et ce serait la pagaille. Je fis mon entrée à mon tour, et après les avoir salué m'installais au bureau. Riza vint comme la veille redécorer mon bureau.
" C'est gentil de vouloir combler ma solitude, mais je préfère le faire avec des êtres vivants." dis-je.
" Peut-être, mais ceux-là vous occuperont tout aussi bien et en plus ils sont fidèles." répliqua Riza.
" Ah ben flûte alors ! J'aurais préféré qu'ils ne le soient pas." souris-je.
Riza eut un fin sourire, très fin, limite un cheveu, et alla s'asseoir. Moi je regardais ces ... ces ... y'a pas de mots pour décrire ce que je ressens, entassés là sur mon bureau. Des envahisseurs. Voilà c'était ça. Des squatteurs, des tapeurs d'incruste, des encombrants, je hais la paperasse. Je sentis un regard sur moi. Riza naturellement. Elle me guettait comme un prédateur guette sa proie. Brrrr.
J'eus alors un geste auquelle elle ne s'attendit pas du tout : je lui tirais la langue. Riza haussa les sourcils, puis se retint de rire. Dommage, elle est très mignonne comme ça. Ca me fit sourire à mon tour.
" L'as pas tellement changé, le Mustang. Toujours aussi gamin. Mais c'est comme ça que je l'aime." pensa-t-elle.
Allez, je m'y mets avant de voir la miss pointer son arme. Vivement la fin de la journée tiens.
