Voilà trois ans que le FullMetal a intégré mon équipe. Ce gosse n'avait de cesse de m'étonner. Il était aussi efficace que mon équipe réunie. Et depuis trois piges qu'il était là, sa persévérance n'avait pas vacillé d'un millimètre. Un grand cri me fit soudain sursauter. On aurait dit la voix de Breda. C'est la première fois qu'il hurle, et il a du coffre. J'irais voir un peu plus tard ce qui se passe. On frappa soudain à ma porte, et mon petit protégé fit son entrée. J'étais content de le voir, et soulagé de le savoir intact.
Car ce petit est bagarreur, et il sait très bien se défendre. Il me salua, et vint me remettre son rapport. C'était un peu inutile à vrai dire. Les échos de ses exploits me sont parvenus. Toutefois, j'avais envie d'avoir des détails. Je fis donc des commentaires au fur et à mesure de ma lecture. Mais Edward était un peu distrait. Un problème ? J'espérais que non. Tiens, voilà l'épisode où le FullMetal a affronté Psirène.
" Est-ce vrai qu'elle aussi mignonne qu'on le dit sous son masque ?" demandais-je en lui jetant un regard en coin.
Pour toute réponse, mon protégé rougit. Oh tiens ! Qu'est-ce qui a bien pu se passer entre elle et lui ? Ed bougonna que je savais tout ce qu'il avait fait, et qu'il était content qu'on ait cette discussion. Je soupirais, me levais et lui suggéra de faire une pause. Autant demander à des hommes troncs de se serrer la main. Le blond me dit avec véhémence qu'il allait trouver la Pierre, quoi qu'il arrive. J'étais content qu'il reste, je m'y étais attaché à ce gosse. Soudain, il me demanda si je connaissais un certain Marcoh. Hm ! Nan porqwa ?
Puis ce fut au tour de Riza de débarquer, et avec elle tout un régiment de bleus. Wô oh oh ! C'est quoi tout ce ramdam dans mon bureau ? Maes était là, et lui jetais un oeil. T'aurais pas pu me prévenir non ? Il haussa les épaules avec un sourire. Pfff. Ah voilà Grand. Je le déteste ce type. Qu'est-ce qu'il dit ? Le quartier de l'Est va servir de base principale ? L'autre est pas assez grande peut-être? Un éclat de rire retentit soudain. Le généralissime ! Manquait plus que lui.
Sa secrétaire le suivait, effacée comme toujours. Elle est mignonne pourtant. Enfin. La base se retrouva donc avec une armada d'alchimistes d'Etat. Bizarre tout ça. Une fois la marée bleue disparue, je consultait mon agenda pour savoir ce qu'il y avait de prévu aujourd'hui. Ah ? C'est le jour d'évaluation pour les alchimistes d'Etat aujourd'hui. Faudrait que je le signale à Ed. Hughes entra dans mon bureau. Tu tombe bien toi. Avant qu'il ne dégaine une photo de sa fille, je lui fis part de ce que je venais de me rappeler.
Maes me dit que ça aurait lieu ici. Oh ? Etrange. Puis il se sauva pour aller en parler au blondinus. Je le retiendre ce mioche. Devinez ce qu'il est allé inventer : un combat alchimique, et contre moi en plus ! N'importe quoi. Bon allez, je vais aller faire un tour du côté de chez mes subordonnés, savoir enfin ce qui a fait hurler un de mes sous-lieutenants. Je découvrit le sergent-major Fuery avec un adorable chiot dans les bras. Je m'avança, et toisa mon subalterne. Puis je saisis le clebs et le tendit haut de vant moi.
J'ADORE LES CHIENS ! On peut en faire ce qu'on veut, ils ne plaignent jamais. En plus çui-là est trop chou. J'le veeeeuuuux ! Havoc me demanda mon avis sur l'idée saugrenue d'Edward. Allons, je vais tout de même pas me castagner avec un gosse ! Sauf que ... le généralissime est pas du tout d'accord.
" Je trouve l'idée très intéressante. Combattez le FullMetal Alchemist." dit-il.
QUOI ? M'enfin ce n'est pas sérieux ! Et Maes qui en rajoutait en disant que la cours serait parfaite pour ce combat. Je vais le tuer. Grand s'y mit aussi, me demandant si je doutais de moi. Bien sûr que non, mais après ce qui est arrivé à Ishbal, je ne veux plus jamais me battre contre un enfant. En plus, Ed est comme mon fils, et je ne veux surtout pas le blesser. Hélas, je n'ai pas le choix. Mais quand je serais généralissime, ça n'arrivera plus ce genre de trucs.
Riza me dit que je dois rester discret là-dessus. Rabat-joie va. Jean me demanda pourquoi je voulais être généralissime. Paske toutes les femmes porteront des mini-juuupes ! Gné héhéhéhé ! Hou je serais curieux de voir Riza en jupe. Havoc se jeta sur ma jambe en disant qu'il me suivrait partout. Si tu veux. Tiens, revoilà Edward. Il me lança de me préparer à mordre la poussière.
" Pourquoi désire-tu te battre contre moi Edward ?" demandais-je.
" J'ai pensé que ce serait marrant. Si vous perdez, vous devrez vous occuper d'un chat qu'Al a trouvé ce matin." répondit-il.
!!!!!!!!!!!!!!! Mais il est pas bien ce mioche ! M'occuper d'un chat, non mais des fois ! Cependant, je me doutais bien que ça cachait autre chose. Le chatard ne devait être qu'un prétexte. J'ai comme dans l'idée que ça un rapport avec Marcoh ce cirque. Je regagnais mon bureau avec un soupir. Ce qu'il fallait pas faire tout de même. D'un autre côté, ça pouvait être amusant ce genre d'escarmouche. Le tout étant de ne pas le blesser, je ne me le pardonnerais jamais. Et j'étais quand même curieux de voir ce qu'il valait au combat.
D'après les rumeurs il était un fameux adversaire. A voir donc.
Le combat eut lieu en début d'après-midi. Le mauvais temps était passé, ouf ! J'aurais eu l'air fin si j'avais pas pu me battre. C'est Maes qui fut chargé d'introduire le combat. Derrière lui se trouvait un grand bloc recouvert d'une toile. Me demande ce qu'il a encore trafiqué. On le sut rapidement. Maes tira sur une corde, dévoilant une immense photo de sa fille. Je souris doucement. Je n'ai jamais vu quelqu'un être aussi fier de son enfant. Les autres soldats ne semblaient pas apprécier.
Ils balancèrent toutes sortes d'objets, je me demande où ont-ils pu les trouver. Ils ne les avaient quand même pas amenés avec eux, si ? Je les imagine arriver avec un balai ou un seau à la main. Bref, les militaires firent tant et si bien que la photo s'écrasa sur Maes. J'eus un mal fou à ne pas éclater de rire, en le voyant dépasser du cadre. Sacré Maes. Trève de plaisanterie, il commença par présenter les combattants. Moi d'abord. J'entendis divers commentaires amicaux, du style : rends-moi ma p'tite copine.
Bah quoi, j'y peux rien si elle a craqué sur moi. Ce fut ensuite le tour d'Edward, mais les gens n'arrivaient pas à le voir tellement il est petit. Wahahahaha, je me marre. Allez, c'est pas le tout de rigoler, on a un beau spectacle à offrir.
" Je me fiche du test. Si je gagne vous me direz tout ce que vous savez sur Marcoh, en plus de récolter un chat." lança le FullMetal.
Qu'est-ce que j'avais dit ? Il l'a fait exprès ce gamin. J'ai quand même une question : il se passe quoi si je gagne ? Tu fais mes corvées pendant un mois ? Maes reprit la parole, et se sauva en vitesse en criant qu'on pouvait commencer.
" Trop lent !" m'exclamais-je en claquant des doigts.
Ed fut projeté par le souffle de l'explosion, sous les cris impressionnés de la foule. Ma cote va peut-être remonter après ça. Je continuais à faire tout exploser autour du FullMetal, qui détalait comme un lapin. C'est ça cours mon petit, tu ne m'échapperas pas. Edward alla se réfugier dans la foule. Pas grave.
" Le rat a quitté le navire ? Enfin quand je dis le rat, ce serait plutôt la souris vu sa taille !" lançais-je.
Touché. Je vis sortir une tête blonde hurlante de la foule. Enerver l'adversaire est une très bonne stratégie. Je tendis la main vers l'endroit où il se trouvait. Tout le monde se mit à bleuir de peur. BAAAOOOUM ! Oh la belle bleue ! Y'a plein de soldats qui volent. J'y suis allé un peu trop fort je crois. Bon, il est où le blondinus métallicus ? Ah ça y est je le vois. Mais ! C'est qu'une statue en pierre avec son manteau ! Et qui me tire la langue en plus. J'entendis courir derrière moi.
J'eus à peine le temps de me retourner, qu'Ed me déchirait mon gant avec sa lame. Wow ! Il a une sacrée adresse pour l'avoir fait sans me lacérer la main avec. Il claqua des mains, tout content que je ne puisse plus faire de flamme. Il croit avoir gagné. Je me retrouve soudain devant un immense, un énorme canon. Euuuh ... heureusement pour moi, Ed a oublié un détail. J'ai deux mains, donc deux gants. Il va s'en mordre les doigts. BOOOOUUUUM ! Adios le canon et le Fullmetal. Je m'approchais de lui pour le coup final.
" Finissons-en !" qu'il me dit.
" D'accord."
Mais au moment où je lève les doigts vers lui, je revois le gosse que j'ai tué à Ishbal. Ca me fait un sacré choc. Je le savais qu'un truc pareil allait arriver. Que ça allait me rappeler un mauvais souvenir. Ed en a profité pour transmuter sa lame, qui se trouve à présent sur ma gorge. Wheulà, je faisais moins le malin maintenant. C'est que ça m'avait l'air sacrément acéré ce truc. Je comprends qu'il soit redoutable, avec un engin pareil. Une question idiote me vint à l'esprit : sa jambe métallique, il la transmute en quoi ? En canon ?
Des applaudissement me tirèrent de ma rêverie. Le généralissime décréta le combat était terminé, et nous félicita pour le spectacle. Ed protesta, nous n'avions pas fini selon lui. Seulement, si on continuait, il ne resterait plus grand chose de la cour. Ah oui ... la cour. Elle est dans un sale état. Et c'est moi qu'ai tout fait. Le généralissime nous demanda donc à tout deux de nettoyer ce foutoir. Eeeeek ! On en a pour dix ans minimum.
" Aaaaaah ! C'est pour ça que je ne voulais pas le faire !" m'exclamais-je en m'asseyant.
" Colonel, pourquoi ne m'avez-vous pas porté le coup de grâce tout à l'heure ? Vous aviez largement le temps." demanda Edward.
Hein ? Oh ça ... je décidais alors de lui dire ce que je savais. La guerre, les horreurs que j'avais vues. Ce faisant je regardais mes mains. Elles avaient l'air roses en apparence, mais en réalité elles étaient pleines de sang. Je me revis le jour où j'ai dû tué un enfant. Je savais bien qu'à ce moment-là, c'était lui ou moi. Mais j'aurais dû baisser la main, et m'en aller. Comme l'avait fait Marcoh.
" Il est encore en vie ?" demanda Edward.
J'acquiesçais. Le FullMetal me fit alors son premier sourire sincère, et sérieux çan me fit chaud au coeur. On termina de remettre la cour à neuf. Il était onze heures du soir quand on termina. J'hallucine. Heureusement qu'Ed était là, c'est allé plus vite. On y aurait passé quinze jours sinon. Et ma petite fleur qui est restée là à m'attendre ! J'eus envie de l'embrasser. A la place je lui fis mon plus beau sourire, qui la fit rougir.
" Merci d'être restée." dis-je un peu après.
" De rien Taïsa." sourit-elle.
Finalement, c'était pas une si mauvaise idée ce combat. Edward a eut ce qu'il voulait,et moi ma cote a fait un sacré bond depuis qu'on m'a vu à l'oeuvre. C'est bon d'être célèbre. Mais il y a autre chose que je dois faire : interroger mon soldat de l'ombre au sujet du débarquement de ce matin. M'étonnerait beaucoup que ce soit une inspection. Maes me le confirme. D'après lui, des choses graves se porduisent ici et là. La ville de Lior par exemple, est en plein conflit. Comment est-ce possible ? Je croyais qu'Ed avait réglé le problème.
Maes dit que le prêtre était de retour, et qu'il était le responsable de ce bazar. Il ajouta que le FullMetal devrait peut-être aller y jeter un oeil. Mauvaise idée, il s'en sentirait diminué. C'était son premier coup d'éclat, sa première victoire, je n'avais pas envie de briser ça. Bon, et si nous en venions à ce qui m'intéressait ? Je vois mon meilleur ami arborer une mine sombre, comme pendant la guerre. C'est si grave que ça. Un peu. Quelqu'un en a après les alchimistes d'Etat. Cinq d'entre eux se seraient fait dessoudés.
Et ce de façon horrible. Tous explosés, le sang maculait les murs. Je frissonnais d'horreur. Je pouvais très bien être le prochain sur la liste, ou pire ... Edward. C'en est lui aussi. Merde merde merde ! C'est qu'un gosse bon sang ! Le tueur n'irait pas jusqu'à tuer un enfant tout de même. Mais sait-on jamais. Je revins au Q.G vraiment pas tranquille du tout. Le jour suivant, ma petite fleur vint me demander ce qui clochait. Que ferais-je sans elle ? Je lui révélais ce que m'avait rapporté Maes.
Riza blêmit. Il y avait de quoi, un tueur d'alchimistes ... moi j'avais surout peur qu'il arrive quelque chose aux frères Elric. Fallait les prévenir et vite. Qu'ils se tiennent sur leurs gardes, et surtout, qu'Edward cache son statut. Autrement il n'arriverait rien de bon.
