Mon chapitre préféré ! Au début j'avais pensé le faire en one-shot, et puis en fin de compte je l'ai casé là. Merci pour les reviews, j'espère que vous l'aimerez autant que moi.
En faisant un pitit nettoyage de printemps, eh oui ça m'arrive, j'ai retrouvé une vieille photo qui me fit sourire.

" Comment ai-je pu la ranger ? Ce cliché est magnifique." dis-je.

Je la mis de côté, et poursuivit mon triage. C'est fou ce qu'on peut entasser comme vieilleries quand même.

" Tiens ! Mon lance-pierre ! J'étais un as avec ça ! Me demande si je sais encore m'en servir."

Dans le carton que je vidais se trouvait une petite bourse en cuir. Elle était remplie de petits cailloux ronds. J'en pris un que je logeais dans le lance-pierre. Puis je tirais sur la lanière et la lâcha. Le caillou ricocha sur un mur et alla fracasser un vase.

" ... bon. J'ai un peu perdu la main je crois. Mais je le garde, ça peut être marrant." décidais-je en le posant à côté de moi.

Je trouvais ensuite un photo de moi enfant, avec Maes. Le chagrin m'envahit aussitôt. Dire que ça faisait déjà deux semaines qu'il nous avait quitté. Avec un soupir, je mis ce cadre de côté. Mon nettoyage me prit bien la journée. Le soir venu, je ne trouvais rien de mieux à faire que de jouer avec mon lance-pierre. J'avais pas tant perdu la main en fin de compte. Héhé. Le lendemain, je revins au Q.G. Là, je posais sur mon bureau la photo que j'avais retrouvée. Je souris rêveusement en la regardant.

Ce qui intrigua naturellement mon équipe. Faut dire, c'était pas dans mes habitudes de baver devant un cliché. Mais je voulais pas qu'ils la voie. Naméoh.

Ma photo était donc cachée par la boîte où je rangeais divers papiers. Riza m'apporta mon boulot, et je fis bien attention, qu'elle ne voie pas ce que vous savez. OO ce quintal de dossiers ! Je soupirais, et mon regard tomba sur la photo. Ca me donna le courage de m'y mettre. Ô suprise chez mon cher lieutenant. Y'avait quoi sur cette photo semblait-elle dire ?

Nah nah nah, tu sauras pas. Je continuais donc à bosser, tout en jetant de temps à autre un coup d'oeil à mon image, en souriant pratiquement à chaque fois. Havoc vint jusqu'à moi pour me demander quelque chose. Aussi sec je rabattis ma photo. Je ne l'avais pas mise dans un cadre, pour pouvoir la trimbaler partout avec moi. Je répondis à la question de mon subordonné, qui s'en fut ensuite.

" Alors ? T'as vu quelque chose ?" demanda Kain.

" Non il l'a cachée dès qu'il m'a vu."

Bah oui kesse tu croa, euh crois. Toujours est-il que la photo devint ma principale source de motivation. Car j'avais trouvé un truc : si je finissais rapidos mes dossiers, je pouvais rester de longues minutes à la contempler. Je l'effleurais souvent du bout des doigts, l'air un peu idiot. Mes subalternes tentèrent tous de savoir qui était dessus, en vain. Je l'avais toujours avec moi quand je sortais, et la cachait à leurs vilains petits nieux le reste du temps. Seule Riza ne l'avait pas encore approchée. La pause-café arriva ce matin-là, et une fois de plus je pris ma photo que je planquais dans la poche extérieure de ma veste.

" Je crois que la seule façon qu'on sache qui ou quoi est sur cette photo c'est de l'agresser, et de la lui piquer." fit Havoc.

" Nan mais faut que t'arrête la clope toi, ça t'encrasse le cerveau !" fit Falman avec un doigts sur la tempe.

" Le connaissant ça doit sûrement être une fille." dit Kain.

Riza tilta en l'entendant. Mais c'est bien sûr. Rien d'autre sur cette fichue terre ne m'intéressais de toutes façons. Du moins était-ce l'idée générale qui courait sur moi dans l'armée. Elle me chercha du regard. J'étais près d'une fenêtre, en train de contempler une fois encore ladite photo.

" Si je m'approche par derrière, je pourrais voir qui c'est." se dit-elle en finissant de boire son café.

Eh ben essaie toujours ma poulette. Riza jeta son gobelet, et s'éloigna de ses collègues. Puis l'air de rien, elle s'approcha de moi. Mais manque de bol, je gardais moi aussi un oeil sur mon équipe. Quand je vis qu'il en manquait un, ou plutôt une, la photo disparut dans ma poche.

" Et merde !" pensa Riza.

Je me tournais comme par hasard, et la découvris derrière moi. Je l'interrogeais du regard. Elle hésita un instant, puis fit demi-tour et sortit de la salle. J'eus un fin sourire : ça avait finalement fini par piquer sa curiosité mon manège. Le temps passa, sans que personne ne parvienne à savoir qui était ma mystérieuse copine. Un matin, alors que je me baissais pour retrouver mon stylo, j'entendis des coups sourds sur mon bureau. Quand je me relevais pour savoir qué passa en su casa, je le découvris enfoui sous trois tonnes de rapports. Mais surtout ... ma photo ? Où était ma photo ?

Je me mis à chercher fébrilement sur mon bureau. Nada. EEEEEEK ! Ni une ni deux, j'envoyais valdinguer tous les rapports, sous le regard médusé de mon équipe.

" Colonel !" s'exclama Riza outrée.

Rien à foutre ! Je VEUX ma photo ! Je me levais d'un bond, et chercha parmit la paperasse. Ah la voilà ! Elle avait dû tomber par terre quand j'ai tout envoyé promener. Je soupirais doucement de soulagement en la retrouvant. Riza avait sortit son flingue, mais décontenancée par l'importance que j'attachais à la photo, en oublia de le pointer sur moi. Toutes façons, je ramassais tous les dossiers, et les remit sur le bureau. Ensuite, j'installais mon précieux cliché là où il devait être. Aaaah ! J'adore cette photo ( Ndla : on avait pas compris ! ). Après l'avoir regardé un instant, je me mis au boulot. J'entendis Riza ranger son arme.

Je continuais à bosser, imperturbable. Ma petite photo me permettait de tenir le coup.

" Après tout, si ça le fait bosser ..." songea Riza.

Un rien après ...

" Mais je voudrais fichtrement bien savoir qui est capable de lui inspirer une telle motivation ! Si c'est une fille, je veux savoir à quoi elle ressemble. Est-ce que ça veut dire que c'est plus sérieux que d'habitude ? Qu'il ... qu'il a ... trouvé chaussure à son pieds ?" se demanda-t-elle avec une certaine angoisse.

Elle me jeta un regard. Un crayon dans la bouche, je rêvassais sur ma photo. Un moment après, je continuais à signer et à remplir mes rapports. Avant de les apporter à mon lieutenant, je cachais ma photo, et me plaçais toujours de façon à avoir un oeil sur mes lascars et mon bureau. Prudence est mère de sûreté.


Breda ouvrit la fenêtre, deux même. Ca créa un courant d'air près de mon bureau ... et la photo s'envola avec quelques feuilles et passa par la fenêtre.

" AAAH !" m'exclamais-je en me redressant.

Je courus vers la porte et sortit à toute vitesse. Vite vite vite ! Qui sait si quelqu'un la ramasse et la jette ! Ou pire, qu'elle atterrisse dans une flaque d'eau ! Me voilà dehors. Je me précipitais sous ma fenêtre. Je cherchais partout. Les feuilles, plus grandes, étaient par conséquent plus faciles à retrouver. Mais ça je m'en tamponnais le coquillard.

" Merde où elle est ? Un exemplaire unique, exceptionnel, faut que je la retrouve !"pensais-je en farfouillant autour de moi.

Au bout de longues recherches, je mis enfin la main dessus. Vite à l'abri dans ma poche. Je me hâtais ensuite de retourner au bureau. Je lançais un regard noir à Breda, qui avait failli tuer ma photo. Cette fois c'était sûr, j'étais devenu fou pour mes subordonnés. M'en fiche, je tiens à cette photo. La revoilà sur mon bureau, parès que j'ai fermé une fenêtre. Horrible monstre. Ceci fait, il me fallait à présent rattraper mon léger retard. Sans plus me préoccuper de ce pouvaient penser mes subalternes, je me mis ardemment au travail.

" Que faire pour découvrir qui est sur cette photo ?" s'interrogea Havoc.

" A part Hughes, j'ai jamais vu quelqu'un tenir autant à un cliché." pensa Fuery.

" C'est qui cette fille que je la descende ?" se dit Riza.

Hihihi, quelle bande de curieux quand même. J'ai le droit à avoir une vie privée non ? Bon, je reconnais avoir un peu excité leur curiosité. Mais j'y peux rien si cette photo me rends heureux. Et j'y suis attaché à cause de son unicité, due à celle qui est représentée dessus. Mais à force, ils finirent pas ne plus y faire attention. Tant mieux. Et c'est là que je tombais dans le piège. Je baissais ma garde. Un après-midi, lors d'une de nos pauses, j'oubliais de la prendre avec moi.

Elle resta sans défense sur mon bureau, exposée à tous les regards. Son protecteur s'en était allé se reposer, la laissant vulnérable.

Quand j'y pense ... brrrrr. Riza, la rusée renarde, croisée avec une pendule, revint plus tôt au bureau. Et sur mon bureau elle aperçut ... LA photo. Celle qui l'intriguait et l'angoissait depuis des jours. Riza était seule, le cliché aussi, bref elles étaient seules, alone.C'était l'occasion ou jamais. Riza hésita un bon moment, puis s'avança. Elle s'arrêta devant mon bureau.

" Non je ne dois pas faire ça. Fouiller dans les affaires de son supérieur ... en plus c'est sa vie privée." pensa-t-elle.

Mais Riza voulait savoir qui avait réussi à me capturer, à voler mon coeur, et me voler à elle accessoirement. Qui avait gagné le gros lot. Riza inspira un coup, et tendit courageusement le bras pour attraper la photo. Quand elle vit de qui il s'agissait, elle en resta sans voix.

" Mais ... mais c'est ... mais c'est moi !" s'exclama-t-elle incrédule.

" Oui c'est vous, quand vous aviez quinze ans." dis-je derrière elle.

Riza sursauta et poussa un cri. Je m'étais rendu compte que j'avais oublié ma photo, et puis que Riza n'était pas avec nous. J'étais donc rentré en silence quand je m'avais découverte devant mon bureau, probablement avec ce que je savais dans les mains.

" On fouille dans mes affaires, lieutenant ?" demandais-je.

" N-n-non ... enfin je ... j'étais venue ..." bafouilla-t-elle.

Je lui pris le poignet, et récupéra ma photo que je remis dans ma poche. Riza était cramoisie.

" Il reste encore six minutes de pause. Vous feriez bien d'y aller." dis-je doucement.

Riza sortit du bureau. Je souris, et m'en alla à mon tour. Ca ne me dérangeais pas qu'elle sache que c'était elle sur la photo, en fin de compte. Ce pouvait être une bonne chose. Quand on revint, Riza ne cessait de me jeter des coups d'oeil.

Elle rougissait quand elle voyait que je contemplais ma photo. Moi je savais qu'elle brûlait de savoir pourquoi je l'avais ici. La journée passa rapidement. Je fis un signe discret à Riza pour lui demander de rester. Elle se rassit donc, et fit mine de continuer à travailler, comme moi. Les autres partirent donc sans se poser de questions.

" Je suppose que vous désirez savoir comment il se fait que j'aie une photo de vous à quinze ans ?" lançais-je.

" Ou ... oui."

" C'est tout simple. En triant mes affaires je l'ai retrouvée. Je l'ai trouvée si belle que j'ai décidé de la garder avec moi. C'est une très jolie photo : vous avez les cheveux au vent, vous souriez ..." commençais-je.

Riza ne dit rien. Je reportais mon regard sur le cliché.

" C'était en été, mois d'août je crois. J'adore votre petit haut, avec toutes ces fleurs. Vous étiez si adorable à cette âge, si attachante et si craquante." repris-je.

Un ange passa. Mon regard s'assombrit.

" Quand je compare à ... aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me demander où est passée cette petite fleur, si pleine de joie de vivre, qui croquait la vie à pleines dents ... et qui me plaisait tant." achevais-je en la regardant.

Riza devint écarlate en entendant les derniers mots. Je souris doucement, avec mélancolie, effleurant la photo du bout des doigts. J'avais peine à croire que ma petite fleur se soit fanée. Ce serait vraiment trop triste.

" Voilà, soupirais-je. Vous savez tout maintenant."

Je me levais, pris ma photo que je rangea vous savez où, et m'en alla laissant une Riza muette. Elle n'en revenait pas. Ainsi, elle m'avait plu dans sa jeunesse ... et vu ce que j'avais fait et dit, y' avait peut-être de l'espoir. Elle se décida enfin à quitter le Q.G, cinq bonnes minutes après moi. Le lendemain c'était samedi, nous étions en congé. En passant devant une boutique, Riza eut une idée. Elle entra aussitôt dedans et ressortit quelques minutes après. Elle revint à toute vitesse chez elle, puis ressortit et courut au parc. Elle savait que j'y passais à une certaine heure. Hayate regarda sa maîtresse, se demandant quelle mouche l'avait piquée. Ca y est, j'apparus dans son champ de vision. Riza marcha dans ma direction. Je venais à contresens.


Soudain, je me rendis compte de sa présence, et surtout de ce qu'elle portait. Surpris, je stoppais net. Elle aussi, et me regardait avec une certaine anxiété.

Un haut à fleurs ... comme dans ma photo. Et elle avait les cheveux détachés.

Trop mignonne. Je sentis mon coeur battre à mille à l'heure. Ma respiration se fit saccadée, tandis que Riza était mal à l'aise devant mon regard fixe. Ce dernier devient soudain très tendre, tout comme mon sourire.

" Ma petite fleur ..." dis-je .

Riza rougit violemment. Je me rapprochais d'elle, et lui effleurais la joue.

" Tu n'a pas fanée finalement." repris-je.

Emue, elle se mordit la lèvre inférieure. Je posais mes mains autour de sa taille, et l'attira à moi. Riza m'enlaça à son tour. Je lui caressais la tête un instant, avant de regarder son visage. Puis je l'embrassa. Longtemps.

" Ma petite Riza ... je ..."

Je rougis surtout. Mais cette fois il fallait que je lui dise. Elle m'interrogea du regard.

" Je t'aime. Depuis que je te connais. Je n'ai jamais osé de te le dire. Tu étais la fille de mon maître, ensuite ma subordonnée. Je t'ai toujours vue comme quelque chose de précieux, derrière une vitrine que j'avais seulement le droit de regarder. Un moment, j'ai cru que je ne t'intéressais pas du tout. Alors j'ai ... commmencé à voir d'autres filles. Pour me consoler, tromper ma solitude, me prouver peut-être que j'étais pas si nul que ça." expliquais-je.

" Oh Roy ! Mais moi aussi je t'aime depuis toujours ! C'est pour ça que je t'ai suivi dans l'armée. Je ne voulais pas te perdre." dit-elle.

Une joie intense illumina mon visage.

" C'est vrai ?" demandais-je, n'osant y croire.

Elle hocha la tête, et je la serrais contre moi. On échangea ensuite un long baiser langoureux et amoureux.