Avant-dernier chapitre. Vous savez ce qui se passe en principe non ? Alors ne soyez pas étonnées. Bonne lecture et merci de votre fidélité !
J'ouvris les yeux avec un gémissement. Où étais-je ? Et ... pourquoi j'y voyais si mal ?

" Roy ! Ca y es tu es réveillé !" fit Riza en se penchant vers moi.

" Riza ? Qu'est-ce ... qu'est-ce qui s'est passé ? Où suis-je ?" demandais-je.

A voir la mine qu'elle prit, elle n'allait rien m'annoncer de bon.

" Tu es chez moi. Archer ... t'as tiré dessus quand tu es sorti de chez le généralissime. Et ... tu as perdu ton oeil droit." dit-elle.

Mon oeil ? J'ai perdu un oeil ?! J'étais défiguré ... et muet aussi. Puis lentement, je portais une main à ma figure. Je sentis un bandage qui cachait mon oeil crevé. Mon épaule, celle qui avait reçu le coup de sabre, ne me faisait plus mal.

" Combien de temps ... suis-je resté inconscient ?" demandais-je.

" Pratiquement une semaine." répondit Riza en s'asseyant sur un tabouret.

Une semaine de cauchemar pour elle. Plusieurs fois les médecins avaient failli me perdre. Et Riza aussi. Un docteur vint me voir peu après, pour m'examiner. Hormis mon oeil, toutes mes blessures avaient guéries, mais il restait encore les cicarices. Il m'assura qu'elles partiraient bientôt. Il me laissa seul ensuite avec mon lieutenant.

" Où en sommes-nous du côté de l'armée ?" questionnais-je.

" Eh bien, le Parlement a repris le contrôle.Une enquête a été ouverte pour savoir ce qu'il était advenu du Généralissime, mais ils n'ont aucune piste pour le moment." expliqua Riza.

" Et dans notre équipe ?"

" Aucune perte. Tout le monde va bien."

" As-tu des nouvelles d'Edward ?"

" ... Non."

Je sus qu'elle me cachait la vérité. Peut-être préférait-elle attendre que je me sente mieux avant de m'accabler encore. Que je puisse encaisser.

" Riza. Dis-moi la vérité : où est Edward ?" repris-je fermement.

" Je n'en sais rien justement. Il a ... il a disparu sans laisser de traces après avoir ramené son petit frère."

Disparu ? Comment ça disparu ? Edward ne pouvait pas disparaître comme ça, pas lui ! Non non non, je lancerais des recherches dès que j'irais mieux. Même, j'étais sûr qu'il allait revenir. Je ne m'inquiétais pas outre mesure, ce qui surprit Riza. Seulement, je n'avais pas l'air d'avoir compris une chose. Une semaine s'était écoulée depuis ce fameux soir. Les chances de le retrouver s'étaient donc considérablement amoindries. Riza s'occupa de moi avec beaucoup d'attention, comme elle savait si bien le faire. Néanmoins, elle affichait un air triste en permanence, qui finissait par m'affecter moi aussi.

" Riza, qu'est-ce qui ne va pas ?" demandais-je un matin.

" Rien. Ca va."

" Je n'en crois pas un mot. Je te connais bien, et je sais tout de suite quand tu as un problème."

Elle me regarda avec un air franchement désespéré. Mais ne répondit pas. Quelques jours après mon réveil, je pouvais marcher, avec quelques difficultés cependant. J'eus à me servir d'une canne, ce qui ne me plaisait pas. C'est vrai, j'avais l'impression d'être un vieux croulant, alors que j'avais tout juste dépassé la trentaine. Pfff. Enfin, j'étais en vie, ce qui était absolument miraculeux d'après le toubib. Tellement qu'il s'extasiait devant moi chaque fois qu'il venait.

" Ah mais vous comprenez, une telle blessure est mortelle et vous vous êtes là ..."

Bon ben écoute, si tu veux je me tire une autre balle hein, comme ça je serais mort et tu sera content, on fait comme ça ? Nan mais je vous jure. Allez garder le moral quand votre médecin vous rabâche que vous auriez dû mourir. Et Riza qui tirait une tête jusque par terre quand elle venait me voir. Vive la convalescence !

" Bon, tu va te décider à me dire ce qui cloche ou je me fâche ?" demandais-je.

" Comment ça ?" s'étonna-t-elle.

" Ecoute, ça va faire quinze jours que j'ai l'impression que c'est Droopy qui s'occupe de moi. Entre toi et l'autre crétin qui pense que j'aurais dû clampser, je sais vraiment pas comment j'arrive à garder le moral !" m'exclamais-je.

Elle afficha un fin sourire, enfin c'est pas trop tôt.

" C'est juste ... que je m'en veux de ce qui t'es arrivé. La perte de ton oeil ..."

" Ecoute, ce n'est pas la peine de te mettre le chignon à l'envers pour ça. Tu n'y es pour rien." dis-je d'une voix apaisante.

" Notre plan était réellement parfait, mais à cause de mon retard, le pire est arrivé." reprit-elle, sombre comme un four.

" Allons, tu sais bien que la perfection n'existe pas. Tu le constate tous les jours, surtout dans notre milieu. Ce monde est imparfait, c'et pour ça qu'il est intéressant d'y vivre. En tout cas, sache que je ne t'en veux pas. Comment le pourrais-je, après tout ce que tu as fait pour moi ?" répondis-je en jouant avec une mèche blonde."

Riza sourit à nouveau, et me tendit un morceau de la pomme qu'elle venait d'éplucher et de couper. Cette mise au point lui permis en tout cas de se sentir mieux. Au moins quelqu'un qui me souriait. Quand je revins au Q.G, je lançais immédiatement des recherches sur Edward. Je m'attendais à ce qu'Alphonse en soit, mais à ce qu'on me dit, il étudiait l'alchimie pour justement le ramener. Les recherches ne furent pas longues, malheureusement. Trop de temps s'était écoulé, et il y avait trop peu d'indices. Toutes les personnes ayant vu Ed le jour de sa disparition furent interrogées plusieurs fois, participèrent aux recherches, en vain.


Quand il fallut les arrêter, je sentis mon monde s'écrouler. J'y tenais à ce gamin, c'était mon fils adoptif, même si je ne l'avais jamais exprimé. J'étais là sur mon bureau, la tête entre les mains, les souvenirs de ces quatre ans défilant devant mes yeux. Ma rencontre avec Edward, son arrivée avec son petit frère, nos prises de têtes ... tout ça était parti pour ne plus jamais revenir. Le FullMetal, cet alchimsite de génie, l'un des plus connu, était considéré comme mort, faute de mieux. Il fut décidé d'une cérémonie en sa mémoire. Je fus surpris de voir le nombre de gens qui étaient présents. Une vraie foule, composée de gens qui l'avaient connu, et venant de partout. Je vis même des Ishbals, qui cachaient leur yeux sous des lunettes de soleil. Il y eut soudain un murmure, et plusieurs têtes qui se tournèrent. Un groupe de personnes arrivaient, et pas n'importe qui.

Bien que je ne l'ai jamais vu, je reconnus sans peine Alphonse Elric.

" Il ressemble vraiment à Ed." fit Havoc en le regardant approcher.

Al était accompagné de Winry Rockbell, sa grand-mère, et deux personnes que j'avais déjà vues. Une femme assez belle, et un type qui pouvait rivaliser sans peine avec Armstrong. Winry était très sombre, des larmes coulaient de temps à autre. Al en revanche, semblait normal. Comme s'il n'y croyait pas. Durant le temps que dura la cérémonie d'adieux, j'étais partagé entre la colère et la tristesse. Colère parce que je lui en voulais d'être parti, tristesse parce que je me sentais coupable de l'avoir laissé affronter les homonculus seul. Et parce qu'il me manquait. J'aurais dû être avec lui ce soir-là. L'aider à vaincre ces monstres.

Je savais bien que je n'aurais pas pu. Il ne m'aurait pas laissé venir, et j'avais un autre combat à mener. Winry me remarqua à la fin de la cérémonie, et tira Al par le bras. Il leva les yeux vers moi, puis son amie l'entraîna à ma rencontre.

" Voici le Général de brigade Roy Mustang. Toi et Ed vous étiez sous ses ordres quand il était alchimiste d'Etat." dit-elle.

Je fronçais le sourcil. Pourquoi faisait-elle les présentations ? Al me salua courtoisement, sans plus.

" Enchanté de vous connaître monsieur." dit-il en s'inclinant.

" Euh ... mais Alphonse, on se connaît déjà." dis-je étonné.

" Désolé, mais je ne me souviens pas de ces quatre ans avec mon frère. Je ne rappelle que du moment où nous avons transmuté notre mère, rien d'autre." révéla le petit.

J'écarquillais mon oeil. Il était devenu amnésique ? Le pauvre. C'est là que je compris que je n'étais pas le seul à souffrir. Ne pas se souvenir de la seule famille qui vous reste, ni du temps passé avec, ce devait être terrible.

" Je ... je ..." bafouillais-je.

" J'ai entendu dire que c'est vous qui nous aviez donné notre chance à l'époque. Je voulais vous remercier pour ça." dit Al.

Je lui sourit avec douceur. Il n'avait vraiment pas l'air triste de la disparition de son frère.

" Il paraît que tu étudie l'alchimie." dit Riza à mes côtés.

" Oui, je cherche un moyen de le ramener. Car je sais qu'il n'est pas mort. Je crois plutôt qu'il a atterri dans un autre monde. Je le sens."

Un autre monde ? Euh ... mouais. Mais je partageais son avis sur le fait qu'Ed était encore en vie. Où était toute la question. La cérémonie s'acheva. Al et Winry nous dirent au revoir :

" Perdez pas espoir !" lança Alphonse.

" Merci !" répondis-je en lui rendant son signe de la main.

Cette petite recontre m'aura fait un peu de bien. Hélas, ça ne dura pas. Je retombais bien vite dans mon chagrin. J'en vins à prendre une décision grave : je décidais de renoncer à mon grade de général, que j'estimais ne plus mériter, et d'être affecté ailleurs. Mon objectif de prendre la tête du pays ne pourrait jamais être réalisé. J'avais centré toute ma vie là-dessus, à présent que c'était impossible, à quoi bon rester ? Mon équipe en eut le cul par terre quand je le leur annonça. Riza tomba même sur une chaise. Son air d'incompréhension, teinté de supplication, me fit mal. Mais je devais partir.

La veille de mon départ, je me rendis chez elle, pour une dernière soirée avec la seule femme que j'ai vraiment aimée. Elle était pâle, elle avait dû pleurer.

" Entre." dit-elle en s'écartant.

Je m'exécuta. Hayate vint me dire bonjour, tout content.

" Tu veux manger quelque chose ?" demanda Riza.

" Non ça ira, j'ai déjà dîné." répondis-je en me relevant.

" Quel bon vent t'amène ?" reprit-elle en croisant les bras.

" J'espérais passer ma dernière soirée avec toi. Mais si tu ne veux pas, je peux m'en aller tout de suite." expliquais-je.

" Pourquoi veux-tu partir ? Qu'est-ce que ça va changer selon toi ?" répondit Riza.

" Rien peut-être. Mais j'ai besoin de m'isoler quelque temps. De réfléchir."

" Je vois. Tu ... tu compte revenir un jour ou pas ?"

" Je n'en sais rien. Je ne crois pas."

Sa lèvre trembla. Elle baissa la tête, et renifla. Ma petite fleur pleurait. Je m'approchais d'elle et la prit dans mes bras. Riza me serra fort, et fondit en larmes.

" Ne pars pas ... je t'en supplie ne t'en va pas !" dit-elle.

" Pardonne-moi de te faire autant souffrir mon amour." murmurais-je.

Riza leva le visage vers moi, et m'embrassa. Notre baiser devint rapidement passionné. Je la soulevais et la transporta dans sa chambre. Il ne nous fallut pas longtemps pour quitter nos vêtements. Ce fut sûrement la meilleure nuit que je passa depuis des années. La meilleure tout court même. Je n'aurais jamais imaginé ressentir un tel plaisir avec Riza : à peine fus-je en elle que je gémis fortement. Riza ne fut pas en reste, gémissant de frustration quand je lambinais un peu, puis de satisfation quand j'accédais enfin à sa demande. La suite fut une véritable explosion de bonheur.


Le lendemain, je me réveillais le premier. Je sentais une douce chaleur contre moi. J'étais si bien là, Riza nichée contre moi. Mais je devais partir, mon train pour le Nord quittait la gare de bonne heure. Je regardais Riza un instant, gravant son visage dans ma mémoire. Puis je me levais, m'habillais et me mit en quête d'un crayon et d'un bout de papier. Je quittais ensuite la maison endormie, et me dirigea vers la gare. Quand Riza se réveilla, elle me chercha partout, pour finir par trouver mon petit mot :

" Je t'aime, pardonne-moi."

Une larme vint mouiller le papier, puis une deuxième. Riza se laissa glisser au sol, et donna libre cours à son chagrin.