Auteur : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Gundam Wing appartiennent à Mrs H. Yadate et T. Yoshiyuki. Je les emprunte juste...
Couples : (1+3) x 2
Genre : Hors univers GW (juste persos), Tryaoi (Ne cherchez pas, je viens de l'inventer yaoi à trois)
Remarques : Fiction en 16 chapitres
« … » - paroles / ' … ' - pensées / § … § - signes sourd-muet
----- Différents événements se déroulant en même temps
Princes de Glace
Chapitre 11
Je suis debout, à côté d'une balancelle et je reconnais immédiatement le jardin du château. A quelques mètres, je me retrouve en train d'arroser un rosier en fredonnant. Je me vois caresser une rose, puis porter rapidement ma main à la bouche en faisant une petite grimace… Et je me rappelle pourquoi cette scène me semble familière. Hier…, c'est hier que je me suis piqué le doigt à une épine. Le décor change brutalement. Assis sur le rebord de la fenêtre, je regarde, les yeux perdus dans le vague, le paysage devant moi, tournant une petite clé dans ma main… C'était juste avant que je ne saute dans les douves… Les images se brouillent de nouveau et je suis dans le château de Treize, attaché, nu, pendant qu'une vieille femme perce mon corps pour placer les anneaux que je porte, sous le regard malsain de ce dernier. La douleur me transperce de nouveau en voyant ces images et je perds pied… Je me réveille dans une pièce toute blanche tandis qu'Heero et Trowa me soutiennent en m'observant, inquiets.
« Ca va ? » Je me redresse en position assise et hoche la tête avant de jeter un coup d'œil autour de moi.
« Où sommes nous ? Je ne me rappelle pas de cet endroit. »
« C'est une pièce que nous avons créée temporairement » répondit Heero.
« Duo, tu vas peut-être voir des choses tristes ou douloureuses mais rappelle-toi que tout ceci fait parti de ton passé… » L'esclave hocha la tête, pas vraiment rassuré.
« Est-ce que… Est-ce que vous voulez bien m'accompagner ? » Demanda le garçon anxieux. Les princes acquiescèrent, un petit sourire rassurant aux lèvres puis ils lui prirent la main doucement et avancèrent dans la brume qui s'étendait autour d'eux.
Une douce musique les entourait alors que le voile devant eux devenait de plus en plus aérien… Non, plutôt un fredonnement, quelqu'un chantait d'une voix tendre et aimante tandis qu'ils prenaient conscience des souvenirs de Duo. La scène se brouilla et quelques instants plus tard, ils assistaient en spectateurs à un repas de famille.
Attablé autour d'une grande table, un homme grand, aux cheveux châtains et courts parlait à une femme avec de magnifiques yeux améthyste, ses cheveux, plus clairs que son mari, regroupés en une savante coiffure où seules quelques mèches retombant sur son front, s'en étaient échappées. Riant de la grimace de son voisin, un garçon de huit ans environ, ressemblant à son père essayait tant bien que mal d'essuyer les traces de chocolat qui couvraient le visage de l'enfant, de trois ans son cadet, assis à côté de lui. Ce dernier possédait un visage plus fin et la couleur de ses yeux, identiques à celle de sa mère, différenciait les deux frères sans aucune possibilité d'erreur malgré la coupe identique de leur chevelure châtain. Les trois spectateurs ne disaient rien mais Duo sentait son cœur près à éclater alors que l'ensemble de ses souvenirs était en train de lui être restitué. Il avait eu une vie heureuse par le passé semblait-il, alors pourquoi en était-il là aujourd'hui ? Ils se sentirent soudain projetés vers l'avant. Le jeune enfant, portrait de sa mère, apparut devant eux, assis sur une chaise. Il était maintenant plus vieux, six ans environ et gigotait d'impatience, un livre et un cahier ouverts devant lui.
« Tu as fini ? » l'enfant tourna la tête et sourit en voyant sa mère arriver. Il hocha la tête et tendit son cahier à la jeune femme. Celle-ci regarda les quelques lignes qui s'y étalaient puis le reposa en souriant à son tour. Elle attrapa son fils par la taille et le serra dans ses bras avant de lui donner un bisou sur la joue.
« Je suis fière de toi, Nolan. » L'enfant sourit en respirant le doux parfum de rose qui s'échappait de sa mère.
« Est-ce que je peux aller jouer maintenant ? »
« Oui, mais tu fais attention, tu ne va pas trop loin et tu rentres à l'heure pour manger, d'accord. » répondit la jeune femme en le regardant dans les yeux. Celui-ci acquiesça puis descendit des genoux de sa mère. Il lui donna lui aussi un bisou puis après un dernier sourire pour la femme de son cœur, partit en courant. Il arriva à la petite clairière qu'il aimait bien et se dédoubla, chacun de ses corps attrapant un morceau de bois sec. Il joua aux preux chevaliers pourfendant des dragons, sauvant des princesses, il escalada quelques arbres, cherchant à repérer au loin de possibles ennemis… Le reste de la matinée passa rapidement pour les deux Nolan et c'est seulement en entendant le gargouillement de son estomac qu'il se rappela de rentrer. Il fusionna puis se mit à courir jusqu'à chez lui, en espérant qu'il ne serait pas trop sévèrement puni pour avoir oublié l'heure. Plus il avançait sur le chemin, plus une odeur indéfinissable se faisait sentir et il accéléra sa course quand il distingua le tournant au bout de la route. Derrière, il y avait sa maison, derrière il y avait la sécurité, il y avait sa famille mais plus il avançait plus une étrange sensation montait en lui, une impression d'enserrement comme si une main gigantesque l'avait attrapé et serrait son corps, son cœur. Il secoua la tête… Pourquoi s'inquiétait-il ? Il accéléra quand même, ses petites jambes foulant rapidement le sentier en terre battue puis il dépassa le virage, s'en se rendre compte que l'odeur était de plus en plus forte, tellement forte qu'elle irritait sa gorge et lui piquait les yeux. Puis il s'arrêta, brusquement, écarquillant les yeux devant la scène qui s'offrait à lui.
Le petit château familial qui trônait avant dans cette campagne boisée était entourée de flammes, rouges, oranges, bleues, lapant chaque partie de bois, grimpant sur les plus hautes tours, tandis qu'à l'intérieur des cris de souffrance résonnaient. An portail, des hommes armés empêchaient l'ouverture des portes ne donnant aucune chance aux personnes enfermées à l'intérieur de s'enfuir… Et celles-ci hurlaient en comprenant ce qu'il se passait et ces cris inhumains de douleur résonnaient dans la tête de l'enfant alors que des larmes coulaient sur ses joues. Il s'approcha essayant de trouver une aide quelconque pour ne pas devenir fou, espérant que sa mère allait le réveiller, lui assurer que ce n'était qu'un cauchemar… Mais il n'y avait personne qu'il reconnaissait, personne qu'il aimait. Il aperçut un cavalier à quelques pas, monté sur son cheval et il s'y dirigea en titubant.
« S'il vous plaît… aidez-moi… Aidez mes parents… mon frère…» Supplia-t-il tremblant en tirant sur le manteau. Des yeux haineux le toisèrent puis un sourire mauvais fleurit sur les lèvres de l'homme quand il souleva l'enfant de terre. Des prunelles dorées captèrent les améthystes et le garçon sombra dans l'inconscience alors que une voix froide sifflait à son oreille.
« Tu es sans aucun doute Nolan d'après ce que je vois. Tu feras certainement un excellent esclave avec une si belle frimousse. »
Duo inspira profondément alors que des larmes coulaient sur ses joues et que les cris agonisants de sa famille se répercutaient inlassablement dans son cerveau. L'odeur de chairs brûlées imprégnait encore ses narines et il se retourna brutalement sur le côté en vomissant son déjeuner. Les princes qui étaient revenus un peu avant à la réalité, avaient prévu cette possibilité et, après s'être remis eux-mêmes de ce qu'ils avaient vu, avaient déposé une bassine à cette effet. Ils le laissèrent faire, empêchant ses cheveux de se salir puis Duo, très pâle, se rallongea dans le lit. Il fixait le plafond sans vraiment le voir alors que ces images passaient sans arrêt devant sa rétine. La douleur d'une claque sur sa joue le tira de son cauchemar éveillé et le visage de Sally apparut dans son champ de vision. Elle semblait soucieuse et tenait dans sa main un verre qu'elle lui força à boire. Il s'étrangla à la première gorgée mais arriva à le finir avant de remonter ses genoux sur son torse et de les serrer dans ses bras. Il sentit soudain des bras le soulever et croisa deux yeux cobalt et posés. Il se laissa faire, vidé de toute énergie et après s'être un peu calmé dans un bain, il se retrouva dans la seconde chambre, blotti entre ses deux maîtres et emmitouflé dans la couette. Des sanglots le secouèrent encore pendant la demi-heure qui suivit malgré les caresses apaisantes des princes puis il s'endormit, épuisé.
« Comment va Duo ? » demanda le roi alors que ses fils le rejoignaient à la bibliothèque.
« Mieux. Sally a réduit la dose de calmants et il se sent un peu mieux. » Répondit Trowa.
« D'après le récit que vous m'avez fait de cet épisode de sa vie, je comprends qu'il ait du mal à s'en remettre. Cependant, sans preuve tangible, il va être difficile de lui faire restaurer ses droits. »
« Nous ne pouvons pas laisser passer ça, père. Même si cette histoire ne nous touchait pas personnellement, un individu a quand même donné une mort des plus atroces à une trentaine de personnes dans notre fief. »
« J'en suis conscient, Heero… » Le roi se massa les tempes en fermant les yeux. « Après cette tragédie, une enquête avait été menée mais les hommes qui s'en chargeaient ont conclu à un accident durant la nuit. Le feu avait enlevé toute trace possible d'un éventuel incendie volontaire et je pense que nous avons refusé à cette époque d'y voir l'œuvre d'un mortel. » Il soupira.
« Qui occupe à présent ces terres ? »
« Personne, Trowa. Le château ayant été dévasté avec tous ses occupants, les terres sont revenues en notre possession. Depuis, personne n'a accepté de reprendre le domaine ; elles ont été jugées maudites par leurs voisins et peu de gens les traverse encore. »
« Les terres ne sont pas les plus importantes. C'est le titre qui nous intéresse ainsi que de punir celui qui a fait de sa vie un enfer. » Déclara Heero. Le roi hocha la tête.
« Et son pouvoir ? Si nous arrivions à trouver des personnes pouvant nous assurer que Nolan possédait le même don ? » Remarqua Trowa.
« Ce ne sera pas suffisant même si rares sont les personnes à avoir ce genre de capacités… » Soupira le roi.
« Vous savez, Lilia, votre mère, était une grande amie de lady Meryan. Je regrette que nous n'ayons pas su la vérité car je suis sûr qu'elle aurait accueilli le fils de son amie au château et il aurait eu une vie plus heureuse. » Les princes restèrent interdits, regardant dans le vide derrière leur père puis ils sortirent de la bibliothèque en courant laissant le roi déconcerté devant cette attitude. Trowa revient quelques minutes plus tard, suivi bientôt d'Heero portant un Duo intrigué dans ses bras. Feuilletant le livre qu'il tenait, Trowa retrouva une page et le tendit au roi.
Heero déposa doucement sur ses pieds son précieux fardeau et le garda contre lui pendant que son père lisait la page. Il releva ses yeux cobalt du journal intime de la reine et observa ses fils avant de se tourner vers Duo. Celui-ci était complètement perdu dans cet échange muet et attendait blotti dans les bras du prince la suite des événements.
« Est-ce que tu peux me montrer ta cuisse droite, s'il te plaît ? » Duo le regarda déconcerté par ce qu'il venait d'entendre et chercha des yeux le prince Trowa pour être sûr d'avoir bien entendu ce qu'on lui demandait. Devant le signe de tête de celui-ci, il déboutonna son pantalon, ses joues légèrement colorées et montra sa cuisse au roi. Ce dernier lui fit signe d'avancer et il obéit, un peu déboussolé.
« Est-ce que c'est suffisant, père ? » demanda Heero, impatiemment alors que le roi examinait avec attention une étrange tâche de naissance.
« Elle semble correspondre au dessin qu'a fait votre mère. » dit-il en se redressant.
« Je vais demander aux scientifiques de Terrein de venir pour certifier que cette marque est bien véritable. A ce moment-là, et s'ils reconnaissent eux aussi la similitude avec le tracé de la reine, Duo perdra son statut d'esclave. »
« Pourquoi devons-nous dépendre de ces hommes ? » demanda Heero, excédé.
« Une confirmation de leur part pourra toujours nous être utile. Même si je ne pense pas que quelqu'un revendiquera ces terres, vous savez aussi bien que moi que des détracteurs peuvent toujours se présenter. Nous aurions à ce moment-là un appui inattaquable. » Les princes hochèrent la tête, résignés.
« Duo…, ils te demanderont peut-être de parler de cet épisode de ta vie. Est-ce que tu t'en sentiras prêt ? » L'esclave s'était rhabillé et suivait la conversation avec attention. Il hésita devant la question du roi mais après avoir observé ses maîtres qui se battaient depuis deux semaines pour trouver une solution à leur amour, il acquiesça, tout en espérant fortement ne pas avoir à le faire.
« Cela fait longtemps que nous ne l'avions pas lu, mais nous aurions du nous en rappeler… » Soupira Trowa, en caressant les mèches libres autour du visage du jeune garçon.
« …Nous aurions pu te libérer depuis plus longtemps. Nous sommes désolés. » Continua Heero, un peu gêné.
Duo leur fit un sourire rassurant.
« L'essentiel pour moi, c'est que nous restions ensembles. » dit-il, les joues rosies. Les deux princes sourirent devant la soudaine timidité de leur futur ex-esclave et le serrèrent tendrement dans leur bras, dans un accord silencieux.
Les deux princes tournaient en rond dans la pièce principale comme des tigres en cage, attendant que les scientifiques aient fini leur examen. Voilà une heure que Duo était parti avec eux et la tension de la pièce commençait à être pesante pour Sally et le roi Odin. Alors que le médecin allait leur demander de s'asseoir, la porte s'ouvrit laissant passer sieur Bailën, le plus ancien de leur caste, qui de part sa position la plus importante rendait les verdicts.
« La marque que l'esclave Duo possède sur la cuisse droite est bien issue de sa naissance et après avoir étudié la calligraphie de la reine et s'être assurés que le dessin était bien son œuvre, nous certifions qu'il correspond bien à la marque présente sur l'esclave. Par conséquent, l'esclave Duo peut prétendre, sans aucun doute scientifique, au titre de fils du seigneur Oreste et de lady Meryan, décédés tous deux avec leur fils aîné, Chry, il y a 10 ans dans l'incendie de leur demeure. » Les princes, qui avaient retenu leur respiration durant tout le discours, expirèrent de nouveau, soulagés de la décision.
« Père, permettez-nous de nous retirer pour aller le rejoindre. »
« Je suis désolé, princes mais vous ne pourrez pas revoir le seigneur Nolan avant quarante jours, temps durant lequel son corps sera libéré de ses chaînes et purifié sur les terres du Terrein. Il a jugé utile et à juste titre, de nous informer de son état de grossesse et par conséquent, nous ferons en sorte de purifier par la même l'enfant tout en préservant son bon développement. Je pense, au vue des circonstances, que vous devriez utiliser le temps imparti pour faire les préparatifs en vu d'une régularisation de la situation. Nous vous laissons cependant seuls juges de vos actions futures. » L'homme se pencha puis sur un signe du roi, il sortit laissant les princes complètement stupéfaits.
« Il se fout de nous là » gronda Heero en se dirigeant vers la porte, bien décidé à ne pas les laisser partir sans le voir.
« Restez ici ! »
« Père » s'indigna Trowa « il est hors de question que nous laissions Duo partir ainsi. »
« Vous n'avez pas le choix, c'est un ordre. S'il veut redevenir le seigneur Nolan en accord avec nos lois, il doit en passer par la et vous aussi. » La main de Heero se suspendit sur la poignée. Il frappa contre le panneau de bois, en rage devant sa propre impuissance et rejoignit son frère qui s'était assis, contrarié, sur le rebord de la fenêtre. Ce dernier, en le voyant s'approcher un peu perdu, ouvrit ses bras en une invitation muette et Heero s'y installa, laissant à son tour ses yeux se perdrent dans le paysage glacé qui s'étendait devant eux. Un quart d'heure après, ils contemplèrent, le cœur lourd, le carrosse des scientifiques qui s'éloignait sur le sentier dégagé, emportant un jeune garçon de dix sept ans aux yeux améthyste.
L'annonce des fiançailles des princes avec un jeune garçon mystérieux de la noblesse avait mis le royaume en effervescence, chacun essayant de deviner qui était l'élu. Les avis étaient assez partagés ; certains le plaignaient d'épouser des princes aussi froids, convaincus que le roi excédé par le caractère de ses fils avait choisi lui-même le fiancé, d'autres racontaient qu'ils étaient tombés amoureux fou du jeune homme lors d'une de leurs expéditions mais tous se félicitaient de leur décision qui assurait des héritiers pour le royaume. Le château n'échappait pas à cette liesse alors que le futur fiancé revenait dans une semaine. Les fiançailles devaient avoir lieu le lendemain tandis que le mariage était prévu un mois après celles-ci mais seul ce dernier serait public, les fiançailles se déroulant exclusivement avec les proches. Les princes, depuis le départ de Duo, s'étaient de nouveau enfermés dans leur mutisme, passant leur temps à s'entraîner, acceptant seulement, après s'être fait sermonner sur leur comportement de sauvage par Sally, la présence du tailleur et de ses assistants qui venaient prendre leurs mesures et essayer leurs habits.
Le jour du retour de Duo arriva enfin au grand soulagement de l'entourage des princes qui n'appréciait que moyennement l'humeur exécrable qu'ils avaient depuis plus d'un mois. Leur tante Glenn et leur cousine Hilde ainsi que Quatre et le seigneur Selim étaient arrivés depuis trois jours et ce dernier avait du mal à imaginer le changement de comportement des princes dont Quatre lui avait tant parlé au vu de ces derniers jours. Ils étaient tous installés autour de la table en chêne, discutant paisiblement en buvant leur infusion, tandis que les princes attendaient les yeux perdus dans les flammes de la cheminée, immobiles et muets, l'arrivée du carrosse. Perdus dans leur pensée, ils sursautèrent quand on toqua mais ils se levèrent précipitamment en entendant l'annonce de leur invité, fixant l'ouverture de la porte avec impatience.
Le seigneur Nolan entra, et les améthystes captèrent directement les émeraudes et les cobalts des princes. Ceux-ci contemplaient leur futur fiancé, complètement subjugués par la beauté et le charisme qui émanait de lui. Habillé d'un pantalon noir traçant admirablement ses cuisses, il portait des bottes fourrées, habituelles de ses contrées froides et une tunique crème avec des motifs complexes noirs. Un petit sourire apparut sur le visage de l'ancien esclave alors qu'il voyait les princes le mater ouvertement puis leurs yeux se croisèrent de nouveau…Heero s'avança le premier, d'un pas vif puis le prit par la taille et le souleva en les faisant légèrement tourner. Nolan se mit à rire puis leur visage se rapprocha et Heero l'embrassa avec impatience. Trowa s'était à son tour approché et sans que leur fiancé ne touche terre, Heero le passa à son frère, entraînant un nouvel éclat de rire de la part du jeune garçon. Trowa le reposa sur terre, scruta son visage avec attention avant de l'embrasser plus calmement mais tout aussi amoureusement.
« Seigneur Nolan, je vous prierai de saluer votre roi et même si je vous ai autorisé à les embrasser une fois chacun avant votre mariage, n'en profitez pas. » Nolan sursauta.
« Pardon ? » s'exclama le prince Heero.
« Qui êtes-vous ? » demanda Trowa aussi agacé que son frère. Nolan rougit légèrement.
« Excusez-moi votre majesté pour mon manque de politesse. » Il posa un genou à terre en signe de fidélité à son roi puis se releva et s'approcha des deux dames « Lady Glenn, Lady Hilde » il leur fit un baise-main puis inclina le torse vers le seigneur Selim et son fils en guise de salut.
« Hm, hm » Les joues de Nolan se décolorèrent légèrement en entendant le rappel de la femme derrière lui.
« Roi Odin, princes, mesdames et messires, je vous présente dame Reba que sieur Bailën a choisi pour me servir de chaperon jusqu'à… notre mariage. » Nolan regarda les princes d'un air visiblement navré tandis que ceux-ci dévisageaient la femme sévère qui se tenait entre eux et leur fiancé. Heero s'avança intimidant, ses yeux n'ayant visiblement rien à envier au glacier de la plaine de Guermal et les émeraudes du prince Trowa, immobile derrière lui, pouvaient lui faire concurrence.
« Ne prenez pas ces airs furieux, princes. Ca ne changera rien à la situation ; Tant que je serais là, vous n'aurez pas la possibilité de déshonorer le seigneur Nolan avant votre mariage. » Et elle soutint leur regard sans ciller.
« Le seigneur Nolan doit sûrement être fatigué » intervint lady Glenn au vu de la tension qui régnait dans la pièce. Connaissant le caractère des princes, elle savait pertinemment qu'ils resteraient sur leur position et cette femme semblait aussi têtue qu'eux. Mieux valait ne pas laisser la situation s'envenimer. Dame Reba détourna les yeux des princes en acquiescant.
« Vous avez parfaitement raison, lady Glenn. Nous allons de ce pas rejoindre nos appartements. Si vous voulez bien nous excuser. » Elle salua l'assemblée ainsi que les princes qui ne lui répondirent pas puis se dirigea vers la porte avant de se retourner un regard interrogatif au seigneur Nolan. Celui-ci se ressaisit et prit congé à son tour des personnes présentes. Il s'avança vers les princes, commença à approcher ses mains de leur joue pour une tendre caresse mais se rappelant que dame Reba les observait, il se reprit et les effleura seulement avant de les saluer et de sortir à la suite de son chaperon.
« Père, la disparition de cette femme serait-elle vraiment gênante pour les relations entre le Terrein et notre royaume. » La voix de Trowa résonna étrangement dans la salle.
« Je pense que ce ne serait pas du meilleur effet, fils. »
« Nous n'avons peut-être pas le droit de partager son lit, mais la loi ne nous interdit aucune autre démonstration de sentiments. » déclara Heero alors que son frère hochait lentement la tête entièrement de son avis. Les personnes présentes sourirent en les regardant réfléchir sérieusement à la situation, sachant pertinemment que les princes, malgré toute la rancœur qu'ils pouvaient avoir, n'en viendraient jamais à de telles extrémités. Une chose était cependant sûre en voyant leurs yeux flamboyer et un petit sourire naître sur leur visage : dame Reba aurait sûrement beaucoup de travail pour les empêcher de voler les lèvres de son petit protégé durant le mois à venir.
TSUZUKI
Petit mot de l'auteur :
Le passé de Nolan se dévoile peu à peu et son futur aussi d'ailleurs...
Reste à savoir si dame Reba réussira à protéger la vertue du seigneur Nolan et si l'identité du mystérieux cavalier va enfin être découverte !
Suite au prochain épisode, vendredi prochain.
Bye
