La principale question qui taraudait James et Sirius, depuis qu'ils avaient découvert le secret de Remus, était la suivante : comment pouvaient-ils l'aider. Ils avaient découvert dans des livres que les transformations étaient très douloureuses, ce que Remus avait finit par admettre à contrecoeur. Ce qu'ils savaient aussi, c'est que Remus vivait très mal le fait que la bête prenait le pas sur l'homme en esprit aussi lors de ses transformations.
Ils s'étaient donc décidés à aller étudier à la bibliothèque. Pendant que Remus et Peter révisaient, eux cherchaient dans les livres qui leurs étaient accessibles. Lily était ravie, croyant que les 2 trublions avaient décidé de réviser sérieusement. Elle n'arrêtait pas de répéter que même eux avaient enfin compris que seul le travail payait, et elle les citait en exemple à ceux qui voulaient moins réviser, ce qui faisait bien rire James et Sirius.
Ils avaient décidé de ne pas la détromper, trouvant la blague meilleure que tout ce qu'ils pourraient trouver. Mais cela ne les aidait pas beaucoup. Après avoir écumé tous les livres à leur disposition dans la bibliothèque, ils n'avaient rien trouvé. En fait il y avait très peu de choses parlant des loup-garous en-dehors des conseils pour les reconnaître et s'en protéger. Ils décidèrent donc d'aller dans la réserve, pour essayer de trouver des livres plus sombres traitant des loup-garous.
Malheureusement pour eux, ils ne trouvèrent là non plus rien d'intéressant. En fait, il semblait que personne ne s'était jamais penché sur les loup-garous dans l'optique de les aider, seulement dans le but de les détruire. Les 2 garçons étaient un peu déprimés.
Pendant ce temps, Remus et Peter, comme presque tous les autres élèves, révisaient en vue des examens, en plus de leurs leçons habituelles. De fait, Peter avait plus à réviser, et Remus se contentait le plus souvent de lui re-expliquer différemment ce qu'ils révisaient, et de l'entraîner à lancer les sorts, surtout en métamorphose.
Pendant ce temps, Lily, elle avait mis sur pied un programme complet de révisions jusqu'à l'examen, et elle avait entraîné avec elle Lyne et Soline. Même Brue et Ruth, qui étaient moins amies avec elle, s'étaient mises à suivre son programme, de même que Judicaël. De fait, seul le quatuor infernal James-Sirius-Remus-Peter ne suivait pas son programme chez les premières années de Gryffondor, et même des élèves d'années supérieures et d'autres maisons, sauf Serpentard, venaient la voir pour organiser leurs programmes de révision.
Les professeurs, eux aussi, semblaient pris par la frénésie des révisions : la majorité du travail qu'ils donnaient à faire constituait en fait des révisions de ce qui avait été vu jusque là. L'atmosphère devenait de plus en plus pesante pour les élèves surtout les 5èmes et 7èmes années qui passaient des examens importants. James et Sirius décidèrent qu'il fallait que quelqu'un fasse quelque chose pour détendre l'atmosphère. Comme de bien entendu, dans leur idée, le quelque chose était une blague, et le quelqu'un, et bien, ce serait eux.
Un vendredi soir, ils quittèrent donc le dortoir, et la salle commune de Gryffondor, cachés sous la cape d'invisibilité de James. Ils se rendirent d'abord à la bibliothèque, où ils entrèrent dans la section réservée. Là, ils lancèrent quelques sortilèges de leur cru, avant d'enchanter également la partie commune de la bibliothèque. Ils s'attardèrent particulièrement sur l'index, là où l'on consultait l'emplacement des ouvrages dans la bibliothèque.
Ils allèrent ensuite dans la cuisine, où ils échappèrent aux regards des rares elfes encore éveillés. Là, ils lancèrent plusieurs sorts sur les tables et la vaisselle. Ils durent s'y reprendre à plusieurs fois, les enchantements qu'ils avaient en tête étant difficiles et complexes, normalement hors de portée d'élèves de 11 ans. Mais ils avaient décidé de tenter le coup, sur de leurs capacités. Ils utilisèrent aussi des potions sur certains aliments prévus pour le petit déjeuner.
Ensuite, ils se rendirent dans la grande salle, et là encore, ils utilisèrent une batterie de sorts dont ils avaient déjà discuté pour enchanter les tables, les bancs, mais également le plafond magique de la salle. Ils faisaient en une seule fois des blagues normalement préparées pour plusieurs épisodes, ils lançaient tout leur arsenal de sorts.
Pour finir, ils parcoururent les couloirs, enchantant les armures et les tableau. Puis ils rentrèrent se coucher, vers 4 heures du matin. Malgré cette heure tardive de coucher, ils se levèrent avec tout le monde et se rendirent au petit déjeuner avec tous les autres élèves. Quand la grande salle fut bien pleine, ils se regardèrent, hochèrent la tête, et déclenchèrent le début de la grande blague.
Soudain, toutes les lumières de la salle s'éteignirent. Avant que quiconque ait réagit, le plafond changea : il ne montrait plus seulement le ciel extérieur, mais aussi une immense banderole avec, défilant dessus, les mots :
« Les maîtres farceurs de Poudlard sont heureux de vous présenter la journée sans travail : aujourd'hui est un jour de repos et de fête ! »
Le temps que tout le monde lève la tête et lise ce qui était écrit, la blague passait au second échelon : le petit déjeuner ordinaire était devenu pantagruélique, les volumes de toutes les denrées (et contenants) ayant triplé. De plus, mais de cela personne ne s'apercevrait avant un certain temps, la plupart des aliments avaient maintenant des effets secondaires.
Au bout de quelques minutes, le plafond redevint normal. Les élèves ayant fini de déjeuner commencèrent à quitter la salle et à se rendre qui à la bibliothèque, qui dans les salles communes, qui dehors dans des coins tranquilles, pour réviser. Mais dès la sortie de la grande salle, il devint évident que la blague ne s'arrêtait pas : les armures et les tableaux semblaient devenus fous, se mettant tous à chanter, mais bien évidemment pas les même chansons, et rarement juste. La cacophonie dans les couloirs était donc assez extraordinaire, au point que même Peeves se contentait de regarder le chaos avec un grand sourire, mais sans intervenir.
A la bibliothèque, les élèves, dont Lily, découvraient une nouvelle face de la grande blague : l'index ne correspondait plus à rien, et plus aucun livre n'avait un contenu correspondant à son titre : les couvertures étaient mélangées, et suprême raffinement, les pages n'étaient plus dans l'ordre. Mme Pince, après avoir vainement essayé plusieurs sorts pour remettre de l'ordre, fut obligée de fermer la bibliothèque pour la journée.
Soudain, les élèves et les professeurs se mirent à changer de couleur, ou de timbre de voix. Pour certains, c'était les 2 à la fois. De plus, ceux qui essayaient de réviser sur leurs notes de cours ou leurs livres se rendaient compte qu'ils n'y arrivaient plus : ils ne pouvaient plus lire correctement, souffrant de troubles de la lecture dus à une potion mélangée au petit déjeuner.
Devant le chaos ambiant, le professeur Dumbledore décida, au grand dam de certains étudiants, dont Lily, et de certains professeurs, au premier rang desquels Mme McGonagall, que cette journée serait une journée de repos total et de fête, sans aucune révision. Il parlait même de féliciter le ou les auteurs de cette farce.
Remus, lui, avait vite compris que la journée serait sans travail. Cela ne lui déplaisait finalement pas tant que cela. Mais il cherchait à comprendre. Finalement, l'attitude de James et Sirius lui mit la puce à l'oreille. Alors qu'ils étaient, avec Peter, en train de se promener du coté du terrain de quidditch, il demanda à James et Sirius si ils étaient en partie responsables de cette farce. Quand ils eurent avoué qu'ils étaient les seuls et uniques responsables de cette farce, il en eut le souffle coupé. Peter, lui bavait littéralement d'admiration devant ce que ses 2 amis avaient été capables de faire. Mais ce qui surprenait le plus Remus, c'est l'approbation de Dumbledore. Ce fut James qui lui dit :
« Contrairement à ce qu'on pense souvent, Dumbledore sait qu'il faut savoir décompresser et s'amuser. Il n'aurait pas pris l'initiative de cette farce, mais il approuve. En fait, il était assez blagueur quand il était élève à Poudlard, à ce que je sais.
- Et tu sais ça comment ?
- Il était en classe avec mon arrière grand-père. Et apparemment, ils étaient très amis, et faisaient les 400 coups ensemble. C'est du moins ce qui est écrit dans le carnet de mémoires de mon arrière grand-père. »
