La situation à Poudlard s'était calmée. Dumbledore avait les choses bien en mains, et les Serpentards faisaient profil bas, se contentant, comme avant la lettre de Voldemort, d'insultes et de provocations, de manières à forcer les élèves des autres maisons à attaquer les premiers, pour pouvoir prétendre avoir agi en état de légitime défense.
Les élèves des autre maisons s'étaient entendus entre eux pour ne pas répondre aux provocations, et pour essayer de calmer les plus têtes brûlées, la majorité de celles-ci se trouvant à Gryffondor. Les Gryffondors les plus excités, parmi lesquels James et Sirius, étaient donc sous surveillance de leurs camarades, prêts à tout pour les empêcher de répondre aux provocations des Serpentards.
James et Sirius n'avaient pas renoncé à leurs blagues. Une nuit, alors qu'ils allaient aux cuisines préparer une farce pour le petit-déjeuner, farce qui viserait bien sur les Serpentards, ils entendirent des voix dans un couloir. Des voix d'adultes qu'ils ne connaissaient pas, avec une voix plus jeune. Regardant discrètement, ils virent 5 adultes, accompagnés de 2 élèves de Serpentards. Les 5 adultes étaient habillés en noir, avec une cagoule qui leur cachait le visage. Ils reculèrent discrètement, et se regardèrent : des mangemorts.
Ils entendirent des bruits de pas, et les 7 personnes s'éloignèrent. James souffla à Sirius :
« Il faut prévenir quelqu'un, tant pis pour la punition !
- Tu as raison. Le plus simple, c'est d'aller voir McGo. »
Les 2 garçons se dirigèrent donc vers la tour Gryffondor, en faisant attention de ne pas se faire remarquer. Arrivés à la tour, ils allèrent frapper à la porte de l'appartement de Mme McGonagall. Celle-ci ouvrit au bout de quelques instants, et leur demanda d'une voix sévère :
« Messieurs Potter et Black ! Que faites-vous là ? Vous désirez une punition pour être hors de vos dortoirs à cette heure ? Rentrez immédiatement dans votre dortoir !
- Professeur, il y a des mangemorts dans l'école !
- Quoi ? C'est une nouvelle farce de votre invention ?
- Non, professeur. Nous avons vu 5 adultes avec des cagoules, et 2 élèves qui les guidaient. Nous pensons que les élèves sont des 7ème années de Serpentard, sans en être vraiment sur. Nous avons préféré ne pas nous faire remarquer.
- Je vais aller vérifier et prévenir le professeur Dumbledore. Mais sachez que si c'est une blague, votre punition restera dans les annales de l'école. En attendant, rentrez dans la tour, et dites au portrait de ne plus ouvrir à personne, sauf le professeur Dumbledore et moi-même, jusqu'à ce que l'un de nous deux viennent lui dire que tout va bien. »
Les 2 garçons se dirigèrent vers leur salle commune. Arrivé devant le tableau, ils donnèrent le mot de passe et la recommandation de Mme McGonagall à la grosse dame, qui sembla d'abord ne pas vouloir les croire, jusqu'à ce qu'ils expliquent ce qu'ils avaient vu. Ils s'installèrent dans la salle commune, ne voulant pas monter dans leur dortoir avant de savoir ce qu'il se passait réellement.
Assis dans un divan, devant la cheminée maintenant presque complètement éteinte, ils discutaient à voix basse. Au bout d'un moment, ils entendirent une voix les appeler. Se retournant, ils virent Rémus au pied des escaliers. Celui-ci leur demanda ce qu'ils faisaient, et ils expliquèrent ce qui se passait.
Rémus parut réfléchir et dit :
« C'est donc ça, cette impression bizarre de danger que j'avais. Je me demandais ce qu'il se passait. J'espère que Dumbledore et McGo vont les attraper vite, qu'on soit tranquille. Mais je me demande comment ils ont pu rentrer.
- sans doute ces 2 élèves qui les ont fait rentrer. Il doit y avoir au moins le père de chacun d'entre eux parmi les mangemorts.
- Tu as sans doute raison. Je me demande combien d'élèves ont des parents mangemorts.
- Une grosse majorité des Serpentards, et aussi quelques autres, je pense. Je me demande si mes parents en font partie, ils ont en tous cas des idées clairement proches de celles de ce Voldemort.
- Tu crois, Sirius ?
- Je les connais, crois-moi. Entre mes parents et mon oncle, il y a forcément des mangemorts, vues leurs idées et leurs idéaux. D'ailleurs, James, je suis sur que tes parents le savent aussi. Tu n'aura qu'à leur demander si ils pensent comme moi ou pas. »
Les 3 garçons restèrent silencieux un moment, Rémus et James se demandant comment , avec des parents pareils, Sirius pouvait être aussi éloigné de la magie noire et aussi sympathique. Sirius, de son coté, repensait à ce que Rémus avait dit, à ce 6ème sens qui l'avait averti du danger. Il se demandait si cela était du au fait qu'il soit un loup-garou. Si oui, il se disait que la lycanthropie n'avait pas que des mauvais cotés.
Au bout d'un moment, les 3 garçons entendirent du bruit de l'autre coté du portrait. Apparemment, quelqu'un discutait avec la grosse dame, en lui demandant d'ouvrir la porte. Celle-ci, conformément aux instructions passées par James et Sirius, refusait obstinément. Soudain, le bruit de discussion fut remplacé par un autre bruit : on se battait dans le couloir devant le portrait.
Quand le bruit de combat s'estompa, le portrait s'ouvrit. Les professeurs Dumbledore et McGonagall entrèrent, ainsi que le professeur Flitwick. Dumbledore avisa les 3 jeunes gens, et se dirigea vers eux :
« Merci à vous 2, James et Sirius. Sans vous, ces mangemorts auraient pu commettre Merlin sait sait quels forfaits dans notre école. Grâce à vous, nous les avons capturés, ainsi que les 2 élèves qui les ont fait rentrer. Nous allons tous les remettre aux aurors. Pour vous remercier, j'accorde 100 points chacun à Gryffondor. »
Les 3 garçons furent choqués par une chose : l'oeil du professeur Dumbledore ne pétillait plus, contrairement à d'habitude. Il paraissait vieilli et fatigué. Ils restèrent encore un moment dans la salle commune, se demandant comment les professeurs allaient annoncer les évènements de la nuit le lendemain.
Au petit déjeuner, le lendemain matin, le professeur Dumbledore prit la parole :
« Cette nuit, des mangemorts, aux ordres de Voldemort, ont pénétré dans Poudlard, avec la complicité de 2 élèves de Serpentard. Leur intention était de s'emparer de l'école, de tuer vos professeurs, et tous ceux d'entre vous ne pensant pas comme eux. Ils ont été capturés, et condamnés au baiser du détraqueur, et vos camarades complices ont été condamné à perpétuité à Azkaban. De plus, les mesures de sécurité de l'école ont été renforcées, de manière à interdire toute forme d'intrusion extérieure. »
Ces nouvelles provoquèrent beaucoup de remous. Heureusement, pour changer les idées, le match Gryffondor-Poufsouffle de quidditch approchait.
