Merci ma Branche :)
Voilà le Chapitre 19, c'est un de mes chapitre préférés : parce qu'il a été laborieux à écrire, mais c'était aussi incroyablement agréable, et je suis ravie du résultat, alors... Espérant que ça vous plaise aussi !
.o.
19. Le Cœur a ses raisons...
Il entra dans ses quartiers, fatigué ; il avait travaillé toute la nuit et toute la matinée, et il était de plus en plus épuisé ces derniers temps… Et avec ce meurtrier qui courrait… Lorsqu'il alluma la lumière, il vit une jolie jeune femme, un bras dans le plâtre, sortant de la salle de bain.
« Sasha ! Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Je te remercie de m'accueillir si chaleureusement… »
« Non c'est pas ça mais… Je croyais que tu repartais pour le Site Alpha ? »
« J'ai refusé leur offre. »
« Pardon ? »
« Ecoute. Maintenant, je suis là et je n'ai pas l'intention de repartir. Pas sans toi. » fit-elle en joignant sa main aux siennes.
« Je t'en prie, tu sais bien que je ne risque rien, contrairement à toi ! »
« Peter, on n'en sait rien, d'accord. Il est hors de question que je parte me mettre en sécurité sans que tu sois à l'abri du danger. Je l'ai déjà dit au Docteur Weir, je reste ici. »
« Docteur Pace vous êtes la plus têtue de toutes les femmes que je connaisse… » répondit-il en déposant un baiser sur ses lèvres.
« C'est pour ça que tu m'aimes, non ? » sourit-elle. « Et puis qui sait, il y a peut-être une raison pour que je sois revenue… »
« Quel genre de raison ? »
« Je sais pas, on verra bien ! Tu sais… Le destin… »
« Oui, c'est ça, le destin… » se moqua-t-il gentiment. « Si ça ne te dérange pas, je vais aller prendre une douche avant que le destin ne se produise ! »
« D'accord. Si tu me cherches, je serais certainement endormie sur ton lit ! » sourit-elle.
Le jeune homme pénétra dans la salle de bain, tandis que Sasha s'allongeait sur le lit. Sa mission n'avait pas été de tout repos, et son bras lui faisait un mal de chien malgré les bons soins du docteur Beckett. Elle ferma les yeux, et, écoutant le simple silence, elle sombra dans le sommeil.
...oo0oo...
L'Ombre se faufila dans la pièce. Tout était vide, il n'y avait que la femme. Elle était juste là, endormie sur le lit. Son expression avait celle d'un ange, mais dans son être, elle n'était que Démone. Elle semblait croire à la destinée, du moins le faisait croire aux Innocents. Mais il savait que derrière ce doux visage, de maléfiques desseins étaient prévus. Il fallait qu'il mette un terme au Mal, et s'il le devait, il exterminerait chacun de ses membres un par un.
Elle somnolait, elle était entre deux eaux. Elle sentit une présence. Sûrement Peter, qui était là en train de la regarder dormir. Il le faisait souvent. Elle sentit le lit s'affaisser un peu lorsqu'il s'assit tout près d'elle. Elle l'écoutait respirer, les yeux fermés. Elle le laissait l'observer. Les yeux fermés.
Elle avait failli le convaincre. Il avait failli croire que cette femme avait l'âme pure… Mais l'Elu l'avait aidé à comprendre. A comprendre que cet être là ne possédait même plus le soupçon d'une âme, depuis qu'elle collaborait avec l'Etre Maléfique. Tout ce qu'ils souhaitaient était de réduire à néant le Passé. Le Bien ne pouvait pas leur laisser faire ça. Détruire le Passé c'est détruire l'Avenir.
L'Elu l'avait aidé. Il s'était même mis en danger pour lui, il avait fait un geste qui aurait pu lui coûter beaucoup. Mais l'Innocence n'avait rien remarqué, ne soupçonnant même pas leur existence. L'Elu avait pris des risques pour lui, autant que lui en avait pris pour l'Elu. Il se sentait fier, et honoré que cet Etre Suprême lui accorde tellement de confiance, à lui, simple serviteur du Bien.
Il était serviteur du Bien. Et il le servirait à jamais.
Elle sentit une main frôler sa joue. Et quelques secondes plus tard, les doigts redessinaient ses traits.
Pour les graver dans sa mémoire, ces doux traits qui allaient à jamais disparaître.
Il caressait son visage avec tant de douceur qu'elle ne pouvait l'en empêcher.
Et lui, jamais rien ne l'empêcherait d'accomplir sa mission.
Lentement, il retira sa main du visage de la jeune femme. Elle arborait un doux sourire sur ses lèvres.
Le dernier sourire qu'elle aurait l'occasion de faire. Il se saisit d'un oreiller, et, doucement s'approcha d'elle.
Peter ne touchait plus son visage, elle se demandait bien pourquoi. Elle sentit une différence. Comme si l'atmosphère était devenue plus lourde. Et peu après, elle sentit une ombre se glisser entre le soleil et son visage.
Et plus jamais il ne serait illuminé.
Quand elle ouvrit les yeux, elle ne put voir que son assassin lui pressant l'oreiller sur le visage.
Elle criait. Elle criait, elle pleurait. Elle avait mal. Elle n'arrivait plus à respirer, elle tentait de se défendre tant qu'elle pouvait mais elle n'avait plus qu'un bras valide, et ce bras, ce bras il le bloquait et… Et elle avait mal, Dieux elle avait mal. Elle ne pouvait plus respirer, ses poumons la brûlaient, elle avait l'impression d'imploser.
Doucement, la femme arrêta de s'agiter.
Il sourit.
Une fois de plus, il avait réussi sa mission. Il se sentait fier.
L'Elu lui avait désigné cet être, il l'avait guidé vers cette fille du Mal, et maintenant… Maintenant elle n'était plus, et il se sentait fier.
Fier d'avoir pu, par ses actes, honorer l'Elu.
...oo0oo...
Il avait fait son rapport à Elizabeth. Il avait bien remarqué qu'elle ne l'avait pratiquement pas écouté, mais il s'était fait un devoir de faire comme si de rien n'était. Il savait bien qu'elle pensait à autre chose, il savait bien qu'elle avait autre chose à penser que leurs petits et minables problèmes de « on a un assassin sur le grill ». Il savait bien que maintenant, plus rien ne comptait pour elle. Il n'osait pas imaginer ne serait-ce qu'une seconde ce qu'il se passerait pour lui si Teyla avait été à la place de Rodney… Alors oui, il comprenait bien que pour elle, plus rien n'avait de sens. Il savait parfaitement qu'elle se fichait bien de comment, de pourquoi et de qui, parce qu'à présent tout ce qu'elle connaissait c'était où. Où était Rodney maintenant.
Il avait besoin de leur apporter des réponses, de vraies réponses, plus des pistes ou des semblants d'indices.
Et les réponses, il savait bien où les trouver.
Il entra dans ses quartiers, déposa sa radio sur sa table de nuit, ôta ses chaussures et s'allongea sur son lit.
Il ferma les yeux.
Maintenant, il n'y avait plus que lui, et l'autre.
...oo0oo...
Il fait sombre, il est là. Il est loin, loin du centre, il n'y a personne dans les couloirs, ils sont vides, oui, vides de vies. Il s'approche d'un panneau, il l'ouvre, il tape des choses sur son ordinateur portable. Des choses que John ne comprend pas, jusqu'à ce qu'il voit 'Transfer Complete' s'afficher sur l'écran. Il tend la main vers son épaule pour l'arrêter, mais il ferme les yeux, et là, c'est différent. Il ouvre une porte, et voit une femme dormir, elle est dans une baignoire, pleine de mousse. Un verre de vin est à moitié vide, près d'elle sur une petite table. Il l'observe, c'est étrange, son cœur bat, comme le sien, au même rythme, à la même cadence, leurs cœurs battent, ensemble, mais cet endroit est trop petit pour eux deux. Il ne peut pas lui accorder la vie, il ne peut pas faire ça, alors doucement il sort son couteau et doucement le sang coule de ses veines. Elle frisonne, ses paupières bougent, mais jamais elle ne se réveille quand le sang coule doucement, et se mêle doucement à l'eau et doucement… tout doucement… Lentement ses yeux se ferment, et s'ouvrent à nouveau en même temps que la porte sur le balcon. Le vent caresse sa joue, et balaie les cheveux de la femme qui lui fait face. John est là, il est présent, il voit tout, sent tout, mais jamais ne peut agir. La scène lui est familière, il connaît cet endroit, il sait ce qui va se passer mais il ne peut pas bouger, jamais il ne peut agir, jamais il ne peut l'arrêter. Il est là, simple spectateur, impuissant. Le vent souffle dans les cheveux de la femme, il s'approche, passe la corde et la tue. C'est simple, c'est si simple, et si douloureux. Pour lui, simple spectateur, comme pour elle. Car l'autre, jubile, l'autre est heureux, si heureux, si… fier ? Pourquoi est-il fier ? Pourquoi se sent-il si bien, il ôte la vie bon Dieu ! Pourquoi fait-il ça, pourquoi ressent-il le besoin de tuer ces gens, pourquoi eux, pourquoi maintenant, pourquoi ? Il entend le bruit, il est contraint, forcé de la pousser vers l'océan. Ce n'est pas grave, pas important, le sang a coulé sur le sol, et le temps, il l'a eu, de leur laisser un message, un mot, simple mot, pour leur dire pourquoi, oui pourquoi, il comprend ! Il est là, tout près, il comprend, presque, la suite, bientôt, oui bientôt il comprendrait tout, il faut juste, juste là quelques secondes, il a juste besoin, juste de... non ! La main le tire, non pas maintenant, laissez-le, laissez-lui le temps de comprendre, juste quelques secondes juste le temps de…
« NON ! »
Il était assis, dans son lit. Teyla était à côté de lui, l'air pas très rassurée.
« John, ça va aller. C'était juste un cauchemar. »
Il tenta de reprendre sa respiration et la dévisagea :
« Pourquoi m'avoir réveiller ? » demanda-t-il plus sèchement que prévu.
« Tu faisais un cauchemar. » dit-elle doucement.
« Tu n'aurais pas dû me réveiller... J'y étais presque. »
« Presque ? De quoi tu parles, enfin ? »
Il la regarda encore une seconde et répondit :
« Rien, oublie ça. »
Il se leva et se dirigea vers la salle de bain, sans lui adresser un seul regard.
