A/N : Bonjour tout le monde !
Voici donc le nouveau chapitre, tout frais d'allemagne, que je me suis dépéché de mettre en ligne pour me faire pardonner la brièveté du précédent (sui gentille hein ?).
Cette fois ci c'est ma chère petite Leilia que j'aime qui a bien voulu corriger mes amas de fautes, alors je lui fait pleins de bisouilles sur tout le corps !
Et pis mes ptits reviewers adorés ont droit à des bisouilles aussi, mais faut choisir où vous les voulez ! (et pis ya des zones interdites... Désolé, mais j'ai un copain moa ! lol)
Sur ce, j'espère que ce chapounet vous plaira !
Enjoy...
« C'est comme ça que tu te procures du respect, Malfoy ? »
Sidéré, Draco fit volte-face. Son regard rencontra deux iris menthe à l'eau que le propriétaire semblait avoir du mal à tenir ouverts.
« Oh, le grand Harry Potter de retour parmi nous ! » ironisa t'il.
Chapter VI
Broken Bound
Harry ne répondit pas. Il regardait autour de lui d'un air égaré, fixant les chaînes qui le maintenaient au mur. Il soupira et dévisagea le blond, debout à quelques pas de lui.
Etonné, il laissa de nouveau aller son regard de son poignet gauche à celui, opposé de Draco.
« Comment.. ? » souffla t'il.
Le blond suivit son regard et s'arrêta sur son poignet droit.
« Oh, un simple sortilège et quelque peu de poudre d'or (1) ont suffit », expliqua t'il, désignant d'un geste de la main le fin cercle doré faisant le tour du cachot. Harry plissa les yeux, tentant d'apercevoir ce que Draco lui montrait, mais en vain. Tout autour de lui était flou et le bruit assourdissant dans ses oreilles ne cessait d'augmenter. Il ferma les yeux et laissa tomber sa tête vers l'arrière, tentant de reprendre son souffle. Chaque inspiration était un supplice et il tentait désespérément de ne pas s'évanouir.
Draco lui parlait toujours, mais il ne parvenait pas à distinguer ses mots, chaque son se noyant dans un océan de bruit. Lentement, il perdit connaissance, jusqu'à ce qu'une secousse le tire de son état léthargique, lui arrachant un gémissement de douleur.
« Hé Potter, c'est pas le moment de dormir… » lui murmura une voix à l'oreille. Se ressaisissant quelque peu, le brun parvint à lâcher un faible : « Pourquoi.. ? Tout ce que tu veux c'est me voir souffrir, autant dormir… »
Draco dut se pencher pour capturer ses paroles, tant la voix de sa Némésis était faible. Il se releva quelque peu et scruta les environs. Où cette satanée bestiole avait-elle égaré sa boîte ? Se tournant à moitié, il l'aperçu près de la porte.
Il se leva et se saisit de l'objet, farfouillant à l'intérieur jusqu'à ce qu'il eut trouvé ce qu'il désirait. Il s'empara de la petite fiole au liquide cristallin et se replaça au coté de son prisonnier, à demi conscient.
« Ouvre la bouche, Potter », lui ordonna t'il.
« Tu rêves… », murmura celui-ci.
« Ouvre ta putain de bouche, bordel ! »
« Va mourir… »
« Si t'ouvres pas ta satanée bouche c'est toi qui va mourir ! » hurla le blond, à bout de patience.
« Et alors.. ? Autant mourir maintenant… » Le brun fut interrompu par une quinte de toux et durant ces quelques secondes, il eut l'impression de mourir. Jamais il n'avait ressentit autant de douleur, comme si une myriade de dagues était plongée dans ses entrailles, tournant dans la plaie à chaque inspiration.
Draco assistait au supplice, impuissant. L'objet de son succès était en train de mourir à petit feu et le sang qui perlait au coin de ses lèvres ne le rassurait pas le moins.
Une fois sa toux calmée, le brun se laissa retomber en arrière, les yeux clos, les traits tirés par la fatigue et la souffrance. Il se sentait si las et faible qu'il ne tenta même pas de se débattre lorsqu'il sentit une poigne ferme lui saisir le menton, le forçant à entrouvrir les lèvres. C'est n'est que quand il sentit quelque chose de liquide goûter sur sa langue à un rythme lent et régulier, pour finalement venir s'insinuer dans sa gorge, qu'il s'arracha à la prise qui le maintenait fermement et tenta de recracher ce qu'elle lui avait administré.
Mais ses efforts furent vains. Le fluide faisait déjà effet et lentement il sentit la douleur lancinante qui lui vrillait la poitrine diminuer, laissant place à une douce chaleur.
« Qu'est ce que c'était.. ? » murmura t'il.
« Une potion à base larmes de phoenix » lui expliqua Draco, remettant la fiole à sa place, l'air satisfait.
Harry hocha et déglutit. « Et comment compte tu faire pour les côtes cassées ? »
« Ne me sous-estime pas, Potter. Pourquoi pense tu que je suis l'élève préféré du professeur Snape ? », le questionna le Slytherin d'une voix suave.
« Je pensais qu'on avait déjà réglé la question concernant tes penchants zoophiles », répliqua le brun.
Draco se retint de laisser éclater sa rage. Ce serait lui donner ce qu'il voulait. Il se contenta de séparer à nouveau les pans de sa chemise, mais s'arrêta net, horrifié. Le buste de Potter n'était qu'un amas de bleus, mélange de couleurs ahurrissant, difformité sans nom. Les ecchymoses qu'il s'était efforcé de faire disparaître peu auparavant semblaient s'être decuplées, recouvrant la totalité de la poitrine du survivant. Il devait y avoir bien plus que deux côtes cassées, et le fait que le brun soit toujours conscient tenait du miracle. Comment fait il pour continuer à se battre dans un tel état de faiblesse ? Draco ne comprenait pas d'où ce jeune homme pourtant déstiné à mourir tirait tant de force.
Frissonant, il appliqua une pommade à l'odeur épicée sur la proéminence que formaient les côtes, les gestes rudes, l'esprit absent.
Harry siffla de douleur et lui lança un regard emplit de haine. Il ne se sentait plus la force de se disputer.
« Tu sera remis d'ici quelques heures » l'informa Draco avant de se relever, la boîte entre les mains. D'une voix stricte il appela de nouveau l'elfe que l'on lui avait confié.
« Kanye ! » La créature apparut, l'air apeuré.
« Ramène cela où tu l'as trouvé. » L'elfe hoche et s'avança d'un pas prudent.
« Et plus vite que ça ! » lui hurla le blond.
Kanye se saisit de la boîte d'un geste vif et disparût sans demander son reste, évitant de justesse le poing qui lui était déstiné.
Le blond souffla de rage, avant de se laisser retomber sur le banc. La terre n'était décidément peuplée que d'incapables. Il leva son regard vers Potter, s'attendant à une remarque de sa part, mais celui-ci s'était assoupi, sa poitrine se soulevant et s'abaissant à un rythme régulier.
Il ne lui restait plus qu'à attendre.
oOMOo
Froid, tellement froid… J'ai du repousser les couvertures… Un cauchemar…. Malfoy… Il m'a trahi…
Harry tenta d'ouvrir les yeux, mais fut assaillit d'un mal de crâne écrasant qui ne tarda pas à se propager au travers de tout son corps. C'était comme une pluie d'aiguilles sur chaque centimètre de sa chair et il garda les yeux solidement fermés, serrant les mâchoires et contractant chacun de ses muscles, dans l'espoir de chasser cette douleur qui ne cessait d'augmenter. Il ne pensait plus qu'à ça, incapable de focaliser son esprit sur autre chose que ces aiguilles qui le transperçaient. Après une durée qui lui sembla interminable, la douleur commença à diminuer, jusqu'à lui permettre de nouveau de bouger. Dans un frisson il retomba en arrière, happant désespérément des goulues d'air frais, la respiration haletante.
La surface en dessous de lui était froide et rude, et des petites pointes acérées s'enfonçaient dans sa chair tendre. Il passa précautionneusement sa paume par-dessus la surface âpre et fronça les sourcils. Ceci n'était certainement pas son lit. Ni le sol à coté. Avec un sursaut de terreur, son cœur se serra dans sa poitrine. Ce n'était pas possible… les dernières heures n'étaient donc pas un cauchemar.
Il ouvrit prudemment les yeux, craignant ce qu'il allait découvrir. Le sol à côté de lui était composé de pierres brutes, couvertes d'une couche de sable et de gravier. Dans le fond, il pouvait distinguer de lourds barreaux de fer, leur silhouette accentuée par les flammes que les quelques torches dans le couloir diffusaient. Des barreaux… alors il avait bel et bien était capturé. Il soupira et continua son inspection.
Il ne distingua pas grand-chose d'autre. Tout autour de lui était flou et une seconde vague de panique le submergea, lorsqu'il remarqua qu'il n'avait plus ses lunettes.
Un mouvement derrières les barreaux attira son attention. Il plissa les yeux et tenta d'apercevoir ce qui se trouvait au-delà. On aurait dit des… humains. Non, plutôt des animaux. Des sortes de créatures rampants à même le sol, dardant leurs yeux cruels à l'intérieur de son cachot.
Il frissonna. Mais qu'est ce que c'était…
« Des Morgûls » expliqua une voix, répondant ainsi à sa question silencieuse.
Harry pivota sa tête en direction du son. Il avait complètement manqué la fine silhouette assise sur un banc non loin de lui, dissimulé dans la pénombre de la cellule, et bien qu'il ne puisse distinguer ses traits, il aurait reconnu cette voix entre mille. « Malfoy, » cracha t'il en retour.
Il tenta de se relever et s'est alors qu'il remarqua les chaînes lui encerclant les poignets. Sa poitrine se serra. Jamais il ne s'était retrouvé dans une situation aussi délicate et il doutait fortement d'en ressortir vivant. Et tout cela à cause de Malfoy ! Jamais il n'avait ressenti autant de haine envers une personne, mis à part Voldemort. Dire qu'il l'avait sauvé, soigné et nourrit ! Comment avait il pu être aussi stupide ! Un Malfoy ne changeait pas, la traîtrise se léguait par le sang. Et lui avait était assez naïf pour croire que peut-être lui était différent, que l'héritier de cet empire ne suivrait pas la voie de ses aïeuls. Qu'elle médisance ! Lui et sa bonté maladive, voyant de la mansuétude partout. Voila où cela l'avait mené, enchaîné au mur d'un cachot quelconque !
Il jeta un regard haineux à son opposé. « Tu n'es qu'un sale traître ! » cracha t'il.
Draco haussa un sourcil à cette accusation. « Un traître, vraiment ? Je pense pourtant avoir bien remplit mes responsabilités. A ce que je sache mon camp ne trouve aucun intérêt à te voir en liberté. » Il lâcha un rire suffisant. « Comment notre grand Harry Potter va-t-il donc faire pour survivre cette fois-ci ? Tout seul, sans Dumbledore pour lui tenir la main et le tirer des griffes du mal.»
« Me tenir la main ? », demanda le brun, incrédule, son dégoût pour le blond omniprésent dans chacune de ses syllabes. « Tu t'es caché derrière Crabbe et Goyle durant des années, tu t'es caché derrière Umbridge et maintenant tu te caches derrière ton père. Il ta payé ta place dans l'équipe de Quidditch, probablement est-il en train de faire la même chose pour te faire entrer dans les rangs des Deatheater ! »
Draco failli se redresser d'un bond pour faire regretter ces paroles au Gryffindor. Mais il ce retint de justesse. Réagir ainsi ne ferait qu'accorder du crédit aux propos de ce miséreux. Il opta pour une attaque verbale, plus à l'aise dans ce domaine, ayant appris à le maîtriser dès son plus jeune âge.
« Oh, mais je n'ai pas eu besoin de son aide pour m'attirer les faveurs du sombre seigneur. Tu en as été la clé. Mais il est vrai que l'influence de père a était bénéfique. Dommage que tout ce que tes parents n'aient jamais fait pour toi soit se faire tuer par sa Seigneurie... »
Hors de lui, Harry se jeta sur lui, mais les chaînes le retinrent au mur, alors qu'il se trouvait à à peine quelques centimètres du visage de Draco. Celui-ci fit un pas en arrière, surpris pas la véhémence de cette attaque. Harry avait la respiration sifflante et les mâchoires serrées sous l'effet de la colère, mais ce furent ses yeux qui déstabilisèrent le Slytherin.
Draco n'avait encore jamais vu Potter sans ses lunettes. Même en circonstance normale, derrière les verres épais de celles-ci, ses yeux avaient toujours brillés d'une intensité particulière, déconcertante.
Il se remémora l'incident le jour de ses épreuves en Sortilèges, où un simple regard du Gryffindor avait suffit à le déstabiliser, envoyant à terre le verre de vin qu'il était en train de faire flotter. Jamais il n'avait été humilié de la sorte. Personne n'était capable de le faire perdre ainsi ses moyens, personne ne pouvait le faire réagir aussi violemment, le laisser s'oublier, donner le dessus à ses pulsions. Personne à part Potter. Et maintenant ce regard émeraude hargneux était rivé au sien, sans aucune barrière, brillant de colère, de douleur et de…déception. Draco sentit son cœur manquer un battement.
Leurs regards restèrent unis ainsi, à à peine quelques centimètres l'un de l'autre, et pendant un cour instant, Draco ressentit de la peur et… du regret.
C'était ridicule. Potter était enchaîné, sans baguette, sans même ses lunettes. Il était à sa merci. Il ne pouvait rien contre lui et pourtant ce sentiment persistait.
Finalement, ce fut Draco qui détourna le regard, profondément ébranlé. Potter était son prisonnier, il était sous son contrôle. Hors de question de laisser s'inverser cette balance de pouvoirs, d'ambitions.
Il s'éloigna quelque peu, s'efforçant de reprendre ses esprits.
Durant ce temps, Harry retourna s'asseoir au pied du mur. Il se sentait prit de vertiges suite à sa levé précipitée et réfléchissait à toute allure. Il fallait absolument qu'il sorte d'ici. Heureusement que ses chaînes lui donnaient une certaine liberté de mouvement, cela pourrait certainement s'avérer utile.
Comme si il avait deviné ses pensées, Draco se saisit de sa baguette et les raccourcis à moitié.
« Tu envahis beaucoup trop mon espace. » Son ton était neutre. Il avait remis son masque, calcul et froideur dominant le moindre de ses faits et gestes. Harry haussa les épaules. Il y avait quelque chose de plus important qui l'intriguait. Il ne comprenait pas comment leur lien avait pu être brisé si facilement. Dumbledore ne faisait jamais les choses à moitié et il ne leur aurait sûrement pas jeté un sort si facilement contournable. Il fallait qu'il en ait le cœur net.
« Comment as-tu fait pour briser notre lien ? » Son ton était neutre, posé. Draco le dévisagea quelques instants, réfléchissant à sa réponse.
« Ne te réjouis pas trop tôt. Dumbledore n'a pas fait les choses à moitié, mais il ne connaît probablement pas lui même l'étendue de son sort. Le fait est qu'il est impossible de le lever. »
« Quoi ? Mais alors, comment..? »
Draco l'interrompit d'une voix tranchante. « Ne t'as t'on jamais appris à écouter sans interrompre ? On ne peut pas le lever, mais il est possible de le contourner. Tant que nous restons à l'intérieur de ce cercle », il désigna, comme un peu plus tôt, le fin cercle de poudre doré délimitant le cachot, « on peut rester à une certaine distance l'un de l'autre. Mais une fois ce cercle franchit, nos poignets seront de nouveau liés. » A ces mots il tira une moue de dégoût, reflétant que trop bien ce que le brun ressentait intérieurement. « Crois tu que je suis là parce que j'apprécie ta bonne compagnie ? »
Harry ignora cette remarque. « Et c'est quoi comme sort exactement ? »
« Normalement, le ligare est un sort tout à fait banal, déstiné à lier deux personnes durant un certain laps de temps, après quoi l'effet s'estompe, 24h tout au plus. Mais cela fait bien plus de 24 h que Dumbledore nous l'a jeté et il opère toujours. Il semblerait qu'il ait mal agi, si on voit les choses ainsi. En fait, selon les livres, ce sort serait basé sur un autre, beaucoup plus ancien et bien plus puissant. Il pourrait, dans des cas très rares, lier la magie de deux sorciers, si celle-ci est compatible. Dans des cas encore plus rares il pourrait même lier leurs âmes. Mais il n'y a eu que deux cas semblables jusqu'à présent et ceux ci datent de plus d'un millénaire. Je doute fortement que ce soit réellement arrivé, et même si, ce n'est sûrement pas le cas entre toi… », il regarda Harry, lui faisant clairement comprendre que pour lui il était la chose la plus répugnante sur terre, « et moi. »
Harry le scruta d'un air méprisant. « Ne crois pas que cela m'amuse. Je déteste l'odeur de petites fouines bondissantes, surtout lorsqu'elles empestent la lâcheté. »
« Je n'ai que faire de tes remarques. Dans quelques heures à peine sa Seigneurie viendra et je serais récompensé pour mon exploit. »
Harry renâcla. « Un exploit ? Où est l'exploit dans le fait d'user de la bonne foi de quelqu'un pour ensuite le poignarder dans le dos ? »
« Ahlalala, Potter ! Tu es vraiment le Gryffindor typique. Qu'elle idée de me faire confiance, ne serait-ce qu'un peu. Tu devrais pourtant savoir qu'il ne faut jamais tourner le dos à un serpent. » Draco soupira d'un air dramatique, comme si tout cela était pour lui profondément regrettable.
Harry était hors de lui. « Comment oses tu ! Je t'ai sauvé, soigné et nourrit ! Et toi, qu'est ce que tu fais ? Où sont passés tout ton honneur et ta loyauté, Malfoy ? Je n'aurai jamais cru que tu pouvais être aussi lâche ! » Comme pour souligner ses propos, le survivant cracha aux pieds de son rival. « Tu me dégoûtes.. »
« Ma loyauté ne reviens qu'à un seul homme, et ce n'est sûrement pas toi ! » s'emporta le blond. « Je ne t'ai jamais rien demandé et je ne te suis certainement pas redevable ! Je te hais ! Je t'ai toujours haïs ! Alors ne vient pas me dire que ce que j'ai fait était déloyal ! »
Harry ne répondit pas. Il en avait marre de discuter avec Malfoy. Décidant qu'il en avait assez entendu, il s'allongea en position fœtale, face contre le mur et ignora tout bonnement le blond.
Celui-ci n'en revenait pas. Personne ne tournait le dos à un Malfoy, et voila que Potter faisait justement cela, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. Draco fut tenté de se servir de sa baguette pour le lui faire payer, mais à quoi bon.
Le brun ne le savait probablement pas, mais sa remarque sur la loyauté avait profondément perturbé Draco. Etant né Malfoy, il avait toute sa vie durant tenté de gagner respect, prestige et avant tout, pouvoir. La loyauté était pour lui la conséquence logique de ces attributs, pas une qualité à part entière. Elle revenait tout simplement à celui qui avait le plus de pouvoir. Ainsi sa loyauté revenait à son père, qui lui offrait la sienne au seigneur des ténèbres.
Pouvoir. L'ambition suprême de chaque être. Il n'en allait pas autrement pour lui. C'est pour cela que depuis son plus jeune age, le respect avait était l'une de ses priorités. Il l'avait recherché auprès de ses amis, de ses professeurs et de son père. Pour Crabbe et Goyle cela avait été facile. Pour les professeurs c'était un peu plus dur. Mais le plus difficile était de gagner le respect de son père. Draco n'avait jamais été assez bon, jamais à la hauteur de son attente, alors qu'il ne désirait rien de plus. Il se rappellerait toujours le regard désapprobateur de son père le jour où il avait reçu son dernier bulletin. Battu par une sang de bourbe, rien de plus humiliant. Mais c'était loin d'être aussi grave que ses réactions après un match de Quidditch... une victoire de Potter.
Draco détestait Potter comme il ne détestait personne d'autre. Il avait grandi son nom dans les oreilles, son visage dans ses livres d'enfants et son histoire dans la bouche de père. A l'époque ce n'était pas de la haine qu'il ressentait, non il l'idolâtrait, comme tout autre sorcier. Son père, lui, le détestait et l'estimait en même temps. Il aurait tout fait pour que Potter se joigne à leur camp, persuadé qu'il choisirait l'autre coté de la balance et que lui en serait récompensé le jour de la résurrection de son maître. Une responsabilité de plus pour Draco, qui devait maintenant tenter de devenir son ami. Mais Potter avait refusé son offre, lui préférant l'amitié de cette sale belette.
Lorsqu'il en avait fait part à son père, celui-ci était resté silencieux. Mais son regard parlait pour lui : mépris et déception. Pour Draco ce jour représentait un tournant décisif dans sa vie. Il s'était mit à haïr celui qu'il admirait, pour lui avoir volé l'estime de son père, l'attention de ses professeurs et même de ses camarades.
Il ne supportait pas le fait que tout tournait autour de Potter, de son passé, de son exploit, que tout le monde voulait devenir son ami, lui serrer la main, lui parler. Ce qu'ils désiraient tous, c'était un peu de son attention.
Et au fond, lui n'était pas tellement différent. Il s'était vanté d'être son rival, sa Némésis. Mais il était bien conscient que pour Potter cela ne signifiait rien, un passe-temps tout au plus. Il avait mieux à faire, avec la menace constante du sombre seigneur pesant sur lui. Et cette pensée l'emplissait de rage. Si il ne pouvait être son ami, au moins son ennemi, mais même cela lui était refusé. Une épine dans le pied, voilà tout. Quelque chose qui collait parfaitement au rôle qu'on avait attribué au survivant, le petit Gryffindor modèle. Draco représentait tout ce que le brun devait mépriser, combattre. Ils étaient nés dans deux camps opposés et on les avait mêlés à cette histoire qui les dépassait de loin, les forçant dans des rôles précis dès leur plus jeune âge, ne leur laissant aucun choix quant à la route à suivre.
Au fond, ils n'étaient pas si différent l'un de l'autre et il lui arrivait parfois de penser à comment cela aurait put être si les choses en avait étaient différemment.
Draco resta longtemps ainsi plongé dans ses pensées, hanté par les souvenirs de temps anciens, fixant d'un œil distrait la fine silhouette face à lui, assoupie à même le sol. Il n'aimait pas se poser autant de questions, mais il ne pouvait s'en empêcher. Cela faisait bien trop longtemps que tout ne tournait plus qu'autour de çà…
oOMOo
Ce fût Harry qui le tira de son état songeur, se réveillant en sursaut, la main plaquée sur le front, les traits figés en une moue de douleur. Draco haussa un sourcil.
« Qu'est ce qui t'arrive ? »
« C'est lui. Il arrive. », murmura le brun, le regard dur comme pierre, rivé sur la porte. Draco se sentit lentement gagné par la nervosité. Inconsciemment, il se mit à chuchoter lui aussi.
« Qui lui ? »
« Voldemort. »
Une porte éloignée s'ouvrit avec fracas et les torches dans le couloir se mirent à vasciller. Le sombre seigneur venait et ses créatures s'empressèrent pour le rejoindre.
TBC
(1) Pour la poudre d'or, vous vous en doutez, c'est à nouveau de la cristalothérapie. Elle accentue l'effet du sort de séparation, l'or ayant toujours était la cause de nombreux conflits, d'entre déchirements et bains de sang. C'est pour cela que ce métal a été utilisé pour renforcer le sort déstiné à contourner celui qui liait nos deux namoûrs. C'est tout simple ! Et vi, notre Draco est un vrai maître en la matière !
A/N : Voilà donc un nouveau chapitre qui s'achève.. Il est à nouveau plus basé sur Draco, ses souvenirs et ce qu'il en résulte. Je pense que tout cela revient dans beaucoup de fics et la plupart d'entre vous s'en doutaient deja, mais pour moi cette motivation à détester Harry et sa quête de respect et de loyauté sont importantes.
J'espère que le tout était crédible et que les personnages restent fidèles à eux même. N'hésitez pas à crier sinon.
Sur ce je vous dis à bientôt pour la suite et je vous embrasse bien fort.
Kisous
Lyn
