Merci pour vos reviews, et bonne lectuuure :o)
27. Trouble Je
John et Teyla avaient passé toute la nuit à regarder le message en boucle sans parvenir à en voir la fin. Ils avaient fini par s'endormir quelques heures, ne pouvant plus lutter contre la fatigue, et maintenant qu'ils étaient réveillés ils cherchaient désespérément un moyen d'atteindre leur but.
« Peut-être… peut-être que si tu utilisais ton gène pour tenter de le faire fonctionner plus longtemps… »
« Non, j'ai déjà essayé, ça ne mène à rien… En plus de ça, l'appareil perd sa puissance à une vitesse folle, l'enregistrement perd en qualité… »
« On ne pourrait pas le brancher à une source d'énergie ? »
« Les scientifiques qui ont travaillé dessus ne sont pas parvenu à l'ouvrir. » dit-il en faisant tourner l'objet dans ses mains. C'était une sorte de demi sphère totalement lisse, hormis le cercle rouge central d'où émanait l'image.
« Tu as essayé de l'ouvrir toi-même ? Je veux dire, par la pensée ? »
Il regarda Teyla, se demandant comment il n'y avait pas pensé plus tôt. Il fixa l'objet et se concentra : ça devait fonctionner.
Teyla l'observait silencieusement. Il avait l'air exténué, et à bout de forces, mais il était toujours là. Elle avait l'intuition qu'il se sentait comme responsable, ou du moins comme celui qui devait résoudre la situation, et la résoudre seul.
Soudainement, elle vit une petite trappe jusqu'à lors invisible pivoter, laissant apparaître une étrange pierre. John la regarda, un sourire sur les lèvres, et elle put voir à nouveau dans ses yeux une étincelle d'espoir.
Il eut à peine le temps d'appeler Zelenka que celui-ci apparut dans la pièce, murmurant quelques paroles voulant sûrement dire « ce type est incroyable », ou un truc du genre – il avait besoin d'un remonte moral.
« Vous pensez pouvoir recharger ce truc ? »
« Mieux que ça, on en a en réserve… »
Radek chercha l'objet du regard, et alla chercher la petite pièce.
« On n'avait aucune idée d'à quoi ça pouvait servir, et jamais on s'est dit que ça ne pouvait être qu'un élément faisant partie d'une chaîne. »
Il ôta minutieusement la pierre de l'objet, et glissa la seconde dans l'encoche.
« Il n'y a plus qu'à espérer que celle-ci soit pleine. A vous l'honneur ! » dit-il en regardant John.
Celui-ci fit passer sa main au dessus du cercle rouge, et la lumière fut.
« Humains de la Terre. J'espère que le transpondeur fonctionne, sinon je perds un temps précieux pour peu de chose… » sourit-il. « Je m'appelle Ellean Eraïgos. Je suis issu de la race des Lantiens, et si, comme je l'espère, notre race se perpétuera, enfin s'est perpétuée, vous êtes nos descendants. Je sais que c'est un vœu difficile que nous prononçons là, mais tous nos espoirs sont en vous. J'espère réellement que vous mènerez et emporterez les batailles contre les Wraiths. Si vous ne les avez pas encore rencontrés, ce dont je doute largement, je vous espère prêts à affronter la plus atroce des créatures n'ayant jamais existée. Nous perdons la guerre, et ce depuis des années. Nous sommes coincés ici, dans notre propre Création, la Cité d'Atlantis. Nous sommes pris à notre propre piège, et notre seule échappatoire est la Porte : la seule porte de cette galaxie à pouvoir rejoindre la Terre, notre planète d'origine, et la vôtre. Si vous voyez ce message, cela signifie que notre toute dernière mission a réussi : nous avons fuit vers la Terre, et la Cité d'Atlantis est restée enfouie sous les mers protectrices, à l'abri des monstres qui rôdent. J'espère que vous serez revenus avec la technologie nécessaire pour le combat final. Cette guerre a durée assez longtemps, il faut y mettre un terme : et vous êtes le seul espoir de l'univers… »
« Tu crois pas que tu en fais un peu trop ? » le coupa une voix souriante.
Un sourire se glissa sur les lèvres d'Ellean :
« Il est certain que si tes descendants sont aussi pessimistes que toi, les Wraiths ne sont pas près d'être vaincus ! »
« Si tu complimentes déjà des êtres qui ne verront le monde que dans de très nombreuses années, ils seront aveuglés par la vanité ! »
Se tournant vers la « caméra », Ellean dit :
« N'écoutez pas ce qu'il dit, vous avez un rôle important dans cette mission. »
« J'espère que tu auras raison cette fois-ci. Qu'ils réussiront à purifier nos terres à présent souillées par les Wraiths… »
« Je suis persuadé qu'ils y parviendront ! »
« Alors si tel est le cas, … »
L'homme ne finit pas sa phrase. L'image trembla, et alors que les trois observateurs pensaient à un nouvel échec, ils se redirent compte que c'était l'enregistreur qui bougeait et non l'image diffusée.
« Ellean, il va falloir partir ! »
« Non, je dois terminer le message et… »
Une nouvelle secousse se fit sentir et un bruit sourd retenti.
« Ils ont besoin de toi pour immerger la Cité ! On doit y aller, maintenant ! » fit l'homme en passant devant l'objectif : tournant le dos à l'image, il prit Ellean par le bras en lui disant :
« Tu sais quoi, tu avais raison. ». Se tournant vers l'enregistreur, il le désigna du doigt : « Ce sont eux, notre seul espoir ! »
« Panebože ! »
L'enregistrement s'était arrêté, et l'image d'Ellean et son ami stagnait à présent au dessus de l'artefact. Incrédules, les trois équipiers ne parvenaient pas à dire un mot.
« C'est… »
Teyla n'en croyait pas ses yeux. John n'avait pas quitté l'image du regard, et confirma avec la même stupeur ce que pensaient les autres :
« C'est moi. »
...oo0oo...
Ronon frappa aux quartiers de Kelly, pour prendre de ses nouvelles… Ils s'étaient quittés à l'aube, chacun ayant des choses à faire. Dans d'autres circonstances, la situation leur aurait certainement parue déplacée, mais ils étaient parvenus à s'endormir tous deux dans le lit du Satédien.
Il ne savait pas pourquoi, mais il devait lui parler. Cette femme… elle l'intriguait. C'est vrai, elle semblait si forte et si faible à la fois… C'était étrange, et puis son parfum… Il ferma les yeux et se passa une main sur la nuque. C'était vraiment pas le moment de penser à une femme…
Il soupira et frappa encore à la porte. Il attendit un instant, et dit :
« Docteur Stockes, vous êtes là ? »
Restant sans réponse, il décida d'entrer. Pénétrant dans l'appartement à pas de loups, il prit son stunner et avança prudemment. Il fit rapidement le tour des lieux, et ne vit personne. Elle était sûrement au mess, ou à l'infirmerie… C'était vraiment idiot d'entrer dans ses quartiers comme ça, lui aussi commençait à devenir – comment disaient-ils ? Ah oui – paranoïaque. Puis ce n'était vraiment pas son genre de s'inquiéter comme ça pour… Un bruit fit couper court à ses pensées. C'était un bruit étrange, comme… un gémissement… Il s'approcha du lit, et trouva Kelly presque cachée en dessous, gisant sur le sol : une tâche de sang grandissante apparaissait sur son t-shirt…
...oo0oo...
Laura était à l'infirmerie avec Carson quand ils virent le runner débouler dans l'infirmerie, avec Kelly dans ses bras. Le médecin lui montra un lit et donna divers ordres à ses subordonnés qui s'affairaient autour de la jeune femme ; Ronon sentit une main se poser sur son bras, et se laissa convaincre par Cadman d'attendre à l'extérieur. A peine eut-il tourné le dos qu'un rideau se glissa entre l'équipe médicale et lui.
Cela faisait bien une heure qu'ils attendaient que Beckett sorte du bloc. Kelly avait été blessée par une arme à feu, et même si Ronon n'avait pas pris le temps de repérer avec exactitude la localisation de la blessure, il savait que cette pourriture avait visé le cœur. Il espérait pour lui ne pas qu'ils ne se trouvent jamais face à face, car sinon jamais l'autre ne s'en sortirait vivant.
Après d'interminables minutes de silence, il dit comme pour lui-même :
« C'est de ma faute. »
« Quoi ? »
« Elle savait qu'il s'en prendrait à elle. Il était entré dans ses quartiers, elle savait qu'il recommencerait, elle me l'avait dit ! Et je l'ai pas crue…»
« Ce n'est pas de votre faute, Ronon. Qu'auriez-vous pu faire de toutes façons ? »
L'ex-runner la regarda dans les yeux et répondit : « Je l'aurais protégée… »
« Je suis sûre qu'elle va s'en sortir. »
« Comment pouvez vous en être aussi sûre ? »
« Carson est le meilleur, ayez confiance en lui ! »
« Confiance en lui ? Il n'a même pas confiance en moi… » fit-il avec un léger sourire.
« Ni vous en moi ! » rappela-t-elle malicieusement. « J'ai entendu parler de ça. »
« Désolé. »
« Je ne suis pas rancunière. » sourit-elle, quand ils furent interrompus par Beckett :
« Comment elle va ? » demanda Ronon de but en blanc.
« Elle va bien, son état est stable. On a réussi à arrêter l'hémorragie à temps, elle devrait se réveiller d'ici quelques heures. » expliqua le médecin.
« Je peux la voir ? »
Le médecin hésita une seconde, et finit par acquiescer. Il regarda le Satédien partir et Laura se tint à son bras en lui murmurant :
« Tu as fait le bon choix. »
A suivre...
