Merci Cristel pour ta review.

Voici le chapitre 34. Après celui-ci, suivra le chapitre 35, qui devrait arriver rapidement, je pense, puis l'épilogue. On est donc très très près de la fin, je vais donc en profiter pour remercier tout ceux qui sont passés par là, et qui ont laissé une ou plusieurs reviews. Sachez que ce genre de petites choses aident beaucoup à avancer, et à se faire un jugement sur ce qu'on écrit. A tous ceux qui ont lu cette fic sans jamais avoir reviewé... euh, bah oui, je vous en veux xD Mais bon, je vous aime quand même :p

Bref, je vais peut-être vous laisser lire ce chapitre, non ? lol

Dernière ligne droite, pour les reviews c'est maintenant ou jamais. Postez un pavé, trois lignes, un mot, levez le pouce, chantez moi la marseillaise en turc, bref, chacun son moyen de s'exprimer, je suis toute ouïe xD


34. Eclipse

Dans l'infirmerie, c'était le calme plat. Le calme après la tempête, en fait.

Teyla ressentait encore les effets du sédatif, mais ils s'estompaient au fur et à mesure. Sheppard avait perdu connaissance, sans que Beckett sache vraiment pourquoi. Fatigue physique, nerveuse, surcharge cérébrale, enfin, ce n'étaient que des hypothèses. En tous cas, cela faisait plusieurs heures qu'il dormait profondément. Carson se demandait malgré lui si ça n'avait pas un lien avec les calmants qu'il avait donné à Peter, pour le contrôler. Ils n'avaient pas à disposition de chambre aux murs capitonnés, de camisole de force et tout le parfait équipement de l'asile psychiatrique, alors ils s'étaient contentés de sédater Peter, pour éviter qu'il fasse du mal, aux autres ou à lui-même. Il avait été décidé que Kate ferait le voyage retour avec le Daedalus, pour amener Grodin dans un centre spécialisé, où il recevrait tous les soins nécessaires à -- Il aurait aimé dire, à sa guérison... Mais il ne fallait pas se voiler la face. La pathologie dont l'homme était atteint restait à présent incurable, du moins pour les Terriens ; la seule chose qu'ils pouvaient lui offrir, c'était un traitement pour le reste de sa vie, qui lui offrirait des phases de lucidité de plus en plus grandes au fil des mois... Ce qui était certain, c'est que les premiers temps ne seraient certainement pas simples. Lorsqu'il était passé le voir pour renouveler sa dose de calmant, Peter était sorti de son sommeil, et il était, presque, comme avant... Il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé, son cerveau avait absolument refoulé tous ces jours de souffrance et de peine qui venaient de s'écouler. C'était le schéma classique, la rémission de l'homme bien devenu fou, mais la rechute et le retour de ces souvenirs abominables ne seraient que plus douloureux, il le savait...

Le médecin soupira. Il avait du mal à croire que tout cela était bel et bien terminé... Mais ce qu'il savait, c'est qu'un psychiatre de plus ne serait pas de refus sur Atlantis, car cette période de crise allait laisser des séquelles dans la mémoire de chacun.

...oo0oo...

John se tient debout, face au miroir. Son visage est calme et reposé, et dans ses yeux on trouve toujours l'étincelle de malice habituelle. Les sourcils froncés, il essaie de nouer cette fichue cravate, sans pourtant y parvenir, comme à chaque fois.

Il entend la porte s'ouvrir derrière lui, et Teyla entrer dans la pièce en lui demandant :

« Tu es bientôt prêt, on va être en retard ! »

Il se tourne vers la jeune femme, et baisse les bras d'un air désespéré, avec une mine qu'elle trouve particulièrement craquante. Lui adressant un sourire, elle s'approche de lui, et se charge de la cravate de son fiancé. Se regardant une dernière fois dans le miroir du coin de l'oeil, il sourit d'un air satisfait, et remercie Teyla d'un baiser sur les lèvres.

Ils arrivent tout juste dans le hangar à Jumper, quand une tornade rousse saute dans les bras de John :

« Oncle Johnny, Maman a dit que si on arrivait en retard, elle t'arracherait les cheveux ! »

« Oh... Alors si ta Maman a dit ça, il vaut mieux qu'on se dépêche ! »

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Arrivé sur le pas de la porte, il pense « verrouillage ». Il dépose la jeune femme sur ses jambes, en l'embrassant, et murmure à son oreille :

« Bienvenue chez vous, Madame Sheppard... »

Il sent sa main se glisser dans ses cheveux, et ses lèvres capturer les siennes, d'abord tendrement, puis avec engouement.

Au bout de quelques pas, il bascule sur le lit.

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Il est là, allongé sur le lit. Seul dans sa chambre, il fait face au plafond. Il ferme les yeux.

Il sourit, se remémore, sa voix, ses murmures, la douceur de sa peau, ses lèvres, ses baisers, leurs amours embrasées...

Et pourtant une sensation l'emporte, désagréable sentiment, comme si quelqu'un était là, dans la pièce, comme si quelqu'un l'observait... Comme si quelqu'un, au dessus de lui, s'approchait, comme si, quelqu'un, était là, tout près... Comme s'il était là...

John ouvrit les yeux en sursaut, incapable de bouger le moindre membre. La seule chose qu'il ressentait étaient les battements de son coeur, tellement fort qu'il se demandait si sa poitrine n'allait pas exploser, et si sa respiration, si saccadée, n'allait pas finir par s'arrêter. Au dessus de lui, il n'y avait qu'un plafond blanc, qu'il voyait sans voir, avec cette terrifiante impression de manquer d'oxygène.

Brusquement il se redressa dans son lit, se tenant aux barres métalliques sur les côtés, et reprit une inspiration, qui lui fut tellement douloureuse qu'il crut en crier la brûlure. Mais quand dans sa tête la souffrance s'exprimait comme le hurlement sans fin d'un animal aphone, aucun son ne parvint jusqu'à ses lèvres.

Quand tout se dissipa peu à peu, il reconnu la douleur de la perfusion arrachée à son bras, et la blancheur du lieu où il se trouvait, encore une fois. L'infirmerie.

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John était assis dans son lit d'infirmerie, les jambes ramenées contre son torse. Il n'avait pas dit un mot depuis qu'il s'était réveillé, il ressentait comme la sensation que ses cordes vocales étaient brisées, et que même s'il essayait de dire quelque chose, les mots de franchiraient pas la barrière de sa bouche. Au début, il avait eu du mal à se rappeler ce qui s'était passé, mais à force d'y penser, tout était devenu plus clair. Les évènements des derniers jours tournaient en rond dans sa tête, comme s'il n'avait pu en tirer aucune finalité, comme s'il n'arrivait pas à se dire que c'était enfin terminé. Tellement de mal à se dire qu'il n'y avait pas de coupable... Juste des victimes.

Le son de pas lui fit relever les yeux, vers la visiteuse qu'il n'espérait même plus recevoir.

« Bonjour. » dit-elle d'une voix incertaine.

C'est à peine s'il réalisait qu'elle était là, dans la pièce, juste en face de lui, qu'elle était, saine et sauve... Et qu'elle acceptait de le voir.

Teyla fit quelques pas et avança vers le lit. Il semblait perdu, et dans ses yeux elle lisait un air hagard qu'elle n'avait jamais vu auparavant.

Elle posa une main sur la sienne, comme le priant de lui dire quelque chose.

Il la regarda et chercha dans ses yeux les mots qui lui manquaient :

« Tu me pardonneras ? »

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A ces mots, elle avait cru entendre son coeur s'arrêter. Comment aurait-elle pu lui en vouloir de quoi que ce soit ?

Elle n'avait pu que s'asseoir sur le lit, poser une main sur sa joue et maintenant elle le tenait dans ses bras, tellement près qu'on aurait pu croire que leur survie en dépendait.

« Rien de tout ça n'est de ta faute. Tu as fait ce qu'il fallait...Tu m'as sauvée. Encore. » dit-elle les larmes aux yeux, esquissant un sourire.

Elle vit ses lèvres trembler, et il lui murmura simplement :

« Il faudrait pas que ça devienne une habitude... » (23)

Elle hocha la tête un léger sourire sur les lèvres, et l'attira contre elle : « C'est promis. »

Respirant l'odeur de son parfum, il lui demanda :

« Alors, tu vas bien ? »

Elle posa son front contre le sien et répondit :

« Oui. Je vais bien... Il ne m'aurait pas fait de mal, tu le sais. »

« Oui... Oui, je le sais... »

Qu'importent les convictions qu'il avait pu avoir, ancré dans sa folie, intérieurement John savait que jamais Peter n'aurait fait de mal à Teyla. Sheppard avait ressentit la douleur, le désespoir et le renoncement à la mort de Sasha, comme s'il avait connu cette femme, comme si elle avait été pour lui autre chose qu'un nom sur un dossier. Quelque chose subsistait de Grodin, et ce quelque chose avait manqué de s'autodétruire quand il avait tué Sasha... Mais ce quelque chose l'avait aussi empêché de faire du mal à Teyla... Empêché de faire souffrir son alter ego, quand la douleur leur était commune...

« Est-ce que j'ai dormi longtemps ? »

« Plutôt, oui. Quatre jours. »

« Qu-quatre jours ?! »

« Carson a dit que tu avais besoin de sommeil. Tu n'étais pas dans le coma, tu étais juste, endormi. »

« Wow... Et, et Rodney, comment il... »

« Il va bien, ne t'inquiète pas. Il a repris ses forces, et il est redevenu aussi adorable qu'avant ! »

« Adorable, tu dis ? »

« Ne sois pas jaloux... » sourit-elle. « Elizabeth doit être en train de leur expliquer qu'il est encore en vie... »

« Ouh, j'aimerais pas être à sa place. »

La jeune femme sourit, et le regarda tendrement.

« Quoi ? » s'intrigua-t-il.

« Rien... » fit-elle dans un murmure, avant de s'approcher lentement de lui, et de capturer ses lèvres avec douceur. Alors qu'elle s'apprêtait à se détacher de lui, il passa une main sur sa joue, puis dans sa nuque, il amplifia le contact comme si c'était le signe qu'ils étaient tous les deux bel et bien en vie.

Les yeux toujours fermés, il savourait leur amour alors même que Teyla avait interrompu le baiser.

« Il me semblait avoir dit qu'il avait besoin de repos, non ? » fit une voix avec un accent à couper au couteau, facilement identifiable à celle du maître des lieux.

John se rapprocha de Teyla, et glissant ses bras autour de la taille de sa compagne, il nicha son nez au creux de son cou en murmurant :

« Mais, je me repose... Je me repose... »

A suivre.


(23) J'espère que vous vous rappelez Rising...