Ndt : les premières lignes de ce chapitre vous feront comprendre qu'il est NC17.
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Everybody's fool - - Chacun sa folie
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Chapitre 5 : Une chose que je ne peux pas avoir
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30 juin 2002
Prends toi en main et caresse toi. C'est ça. Tu sens le sang contre tes doigts, pulsant si fort dans cette grosse veine qui va de tes couilles jusqu'au prépuce ? Tu sens le besoin qui fait que ta paume te démange et ta queue suinte ? C'est ça. C'est bon.
Ferme les yeux à la lumière de l'après midi et pense à sa bouche ; les lèvres étirées, souple et humides pour t'avaler. Pas de rictus, pas de moquerie, pas de mots creux et mielleux que tu ne pouvais jamais complètement croire, pas d'insultes qu'il clamera plus tard ne pas avoir pensées. Pas vraiment, et tu n'as jamais pu comprendre une blague, hein, seulement il les pensait réellement, et…
Non, ne pense pas à ça. Pense à lui en train de te sucer. Pense à quel point sa bouche était humide et chaude, à quel point le fond de sa gorge était étroit, où l'arche de sa langue te pressait si facilement contre son doux palais. Pense, peut être, au rougissement sur ses joues—oui, pendant qu'il faisait ces bruits doux et affamés du fond de sa gorge. Un éclair, peut être, de ses yeux gris. Juste un regard pendant qu'il te suce, et caresse ton gland avec ton pouce. Juste. Voilà.
Un regard. Un éclair. Pas ce regard satisfait et suspendu quand il plongeait profondément (si profondément) en toi. Juste un coup d'œil ; trop rapide pour faire apparaître cette froideur tapie derrière son auto-satisfaction. Pas cette longue hésitation—ce n'était pas de la courtoisie, et tu sais ça maintenant, hein ? Il n'attendait pas que tu te sois habitué à sa queue pendant qu'il regardait ton visage pendant ces secondes interminables avant de te sourire et te pilonner contre le matelas. Non. Il était juste en train d'attendre pour voir si tu avais compris que tu t'étais déjà fait baisé.
Putain. Arrête !
Ok. Pas Draco. Juste… caresse. Bien. Trop sec… humecte. Yeah. Mieux. Beaucoup mieux. Lèche deux doigts… suce les, en profondeur et mouille-les. Yeah. Ton gland coule maintenant, il sait ce qui va arriver. Même tes couilles se rétractent et te laisse la voie libre pour que tu puisses atteindre derrière elles... yeah…
Pense à la queue de Ron. C'est assez sûr. Juste sa queue, cette grosse queue longue, si lourde dans ta main… Retourne toi, la tête dans l'oreiller, parce qu'il t'a toujours pris comme ça. Etire toi un peu pour tout atteindre, mais Merlin, quel bonheur de se souvenir de la sensation de cette queue en toi ! Souviens toi du bruit guttural qu'il faisait quand il jouissait, ces bonnes grosses mains de Gardien sur tes hanches, t'attrapant par derrière, encore et encore. Et prends ta queue en main, parce qu'il n'a jamais aimé toucher la tienne, hein ? Oh putain de merde, ne pense pas à ça !
Juste vas-y… plus fort… Bon Dieu, t'es bien étiré là… ne fous pas tout en l'air, bordel ! Il n'est pas là pour te laissé toujours dur cette fois… il est de retour, malmenant ta prostate, juste comme bordeldemerdec'estbon… Il est en train de te baiser comme jamais… Comme la dernière fois avant…
Ne pense pas à cette nuit là. Ne pense pas à ça ! Non !
Bon d'accord, bordel, pense à ça alors ! Pense à lui ramenant Hermione dans le lit avec toi ! Souviens toi de la façon dont il regardait son VISAGE quand il la baisait. Souviens toi à quel point il ne pouvait putain de pas regarder ailleurs, même quand tu baisais SON cul pour la toute première fois. Souviens toi qu'il ne te laissait jamais le TOUCHER là quand vous étiez seuls tous les deux, mais pour ELLE, il te laissait faire tout ce que tu voulais… tant qu'il pouvait la regarder pendant que tu le faisais. Là, content, maintenant que tu es putain de misérable ?
Tu pouvais pas jouir cette nuit, et tu peux toujours pas maintenant, bordel, sale débile ! Et maintenant, tu vas être en retard, n'est ce pas ? Snape t'attend dans son laboratoire pour la putain de réunion hebdomadaire dans quinze minutes, et tu dois prendre une douche avant… ou au moins te laver les mains suffisamment pour qu'il ne sente pas ton après-midi branlette partout sur toi. Et comme ça il ne se moquera pas de toi et ne t'appellera PAS un loser pathétique, juste parce qu'il sait que tu sais qu'il le pense.
Loser pathétique.
Desamplificatum
Pfff. Fait chier, Snape. Et merde si je dois amener la picole ce soir.
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Six heures, une expérience ratée, un nettoyage complet, une prise de bec, un silence glacial et une conversation neutre en guise de paix plus tard. Harry, debout aux côtés de Snape en train de regarder l'homme rafistoler sa potion, eut soudain une illumination qui effaça toute trace de sa mauvaise humeur persistante.
Ils avaient souvent joué à ce jeu sans intérêt, 'et si', quand ils étaient à court de sujet de conversations mais pas d'alcool à boire. Quand aucun d'eux ne voulait admettre qu'il n'était pas encore prêt à affronter ses quartiers silencieux seul, l'un ou l'autre posait une question, si hypothétique qu'elle en était ostensiblement ridicule, et ils essayaient de la décortiquer au maximum.
Harry voyait ça comme un moyen de comprendre l'homme tapi derrière l'expert en sarcasme qu'était Snape, et il suspectait que Snape y participait pour la même raison. Cela aidait à rendre plus humain de parler de choses impossibles et de savoir qu'elles étaient les impossibilités de l'autre. D'habitude, ils n'y jouaient que saouls, mais Harry l'avait tenté aujourd'hui dans une recherche désespérée de sujets de conversation qui ne les auraient pas renvoyés vers leur précédente engueulade.
Il n'y avait pas vu autre chose qu'une façon de passer le temps jusqu'à ce que Snape ait fini sa potion et qu'ils puissent aller ouvrir la bouteille sur la table près du feu. Il ne s'était certainement pas attendu à ce que sa question soulève quelque chose d'aussi entier et délicieusement différent de leurs usuelles abstractions. Et il n'avait absolument jamais pensé que la réponse de Snape puisse avoir un tel potentiel !
« Vous aimez bien Remus ? » Les mots sortirent de la bouche d'Harry avant qu'il n'ait pu les retenir. « Vous rigolez ! »
Le regard en coin de Snape disait qu'il n'était pas, en fait, en train de rire. Un pâle rougissement colora ses joues tandis que le sourire d'Harry s'élargissait. « Snape, c'est génial ! Qui l'eût cru, vous êtes tombé pour un loup-garou ? »
Snape frappa la baguette qui lui servait à remuer sa potion sur la table de travail et grogna, « Si vous avez l'intention de vous moquer de moi après cette confidence, Potter, alors vous pouvez dès à présent foutre le camp de mes quartiers et ne pas revenir ! »
« Me moquer de vous ? »
« Ou peut être préférez vous discuter de votre dernier échec spectaculaire de cet après-midi ? » dit Snape d'une voix acerbe. « De quelle façon vous vous êtes débrouillé pour faire exploser un chaudron en fonte et recouvrir entièrement les murs de la salle, vous-même inclus, avec de la poudre de quartz, Potter ? »
Harry mit ses points sur les hanches. « Un incident de parcours, pas un échec. Mais parlons plutôt de vous et Remus—
« Je préfèrerais de loin discuter d'où vous avez caché ce qui vous sert de cervelle lorsque vous vous êtes penché sur le cas de Draco Malfoy, Potter. » Et oui, les yeux de Snape étaient brillants, mais quelque part Harry ne pensait pas que c'était avec malice cette fois. Il se reprit quelque peu. « Cet homme était membre fondateur du Club Potter Craint, il vous a craché à la figure, et il a fait de son mieux pour envoyer votre meilleur ami à Azkaban, et vous imaginez qu'une fois dans une position pitoyable, il serait de ce fait arrivé à vous aimer ? »
« Histoire ancienne, Snape, » Harry refusa de mordre à l'hameçon, sachant que c'était une diversion. « Ce bateau a coulé avec toutes ses âmes à bord mais l'iceberg est toujours à flots. » Snape cligna des yeux, ne comprenant clairement pas la référence, et Harry secoua la tête. Expliquer le film ne serait qu'une autre diversion du sujet qui l'intéressait.
« Ecoutez, le truc c'est que, vous n'avez pas besoin d'être sur la défensive, Snape, parce que je ne suis pas en train de me foutre de vous. Pas sur ça. » Harry leva ses deux mains comme s'il pouvait enlever son regard incrédule à Snape. Mais il ne s'arrêta pas de sourire. « Je pense réellement que c'est génial. Putain de fantastique, même ! Remus est tout seul depuis que Tonks est morte, et vous—
Snape leva les yeux au ciel et se tourna sans un mot. Mais il n'alla pas plus loin que le placard à ingrédients, aussi Harry n'eut pas de réticence à le suivre.
« Il est seul lui aussi, vous savez, » dit Harry, prenant le pot de truc visqueux vert que Snape lui tendait. « Je suis sûr que Remus voudrait—
« Oh, taisez-vous, idiot, » Snape le bouscula et repartit furieux vers la table de travail. « J'ai dit si je DEVAIS absolument choisir un compagnon parmi toute les personnes que je connais, avec qui passer le reste de ma vie, ça pourrait bien être lui comme n'importe qui d'autre. Je n'ai pas dit que j'avais des vues sur lui. »
« Bien sûr que vous ne l'avez pas dit, » répondit Harry, en le suivant. Etant donné sa journée pourrie, il se trouva immanquablement charmé à l'idée d'un Snape âgé et célibataire ayant des vues sur le dernier des Maraudeurs et cela ne le gênait pas que l'homme le sache. « Mais il vous plaît, je vois ça. C'est pour ça que vous êtes toujours en train de travailler sur la potion Tue-Loup, n'est ce pas ? Comme ça vous aurez quelque chose—
« Quelque chose à lui offrir ? Quelque chose qui pourrait faire oublier cela ? » Un geste brusque désigna ses cheveux filasses et son visage sardonique. « Ou quelque chose pour adoucir trente ans de haine consensuelle entre nous ? Ou peut être quelque chose pour lui faire oublier que j'ai tué—
Harry tendit son bras au dessus de la table pour le poser sur celui de Snape. « Il sait que vous ne l'avez pas fait, » dit-il, puis secoua sa tête. « Je veux dire il sait pourquoi vous l'avez fait. Nous le savons tous. » Snape le regarda un moment, surpris par le ton posé de Harry. Puis Harry haussa les épaules. « Vous devriez. Lui parler, de toute façon. Je trouve que c'est romantique du feu de Dieu ; deux vieux vétérans, rivaux à l'école, se réconciliant finalement une fois la guerre finie pour de bon. »
Snape eut un reniflement narquois. « Griffondor. »
« Hé, » Harry rigola, reprenant la baguette abandonnée qui servait aux potions. « Quelqu'un doit être l'idéaliste par ici, ou nous ne ferions rien d'autre que de nous cacher dans nos cachots respectifs et brasser des potions puantes jusqu'à ce que l'on meurt en vieux vierge aigri. »
Harry recula au regard venimeux de Severus. « Quoi ? » Mais le regard s'intensifia à tel point qu'Harry pensait pouvoir sentir ses cheveux commencer à roussir. « Oh, allez. Vous ne l'êtes pas. »
Snape éteignit les flammes par un sauvage coup de baguette et ne dit rien. Mais ses joues étaient rougies par une fine ligne de fureur quand il envoya le chaudron sur une étagère réfrigérante et partit dans un tourbillon de robes noires.
« Vous ne pouvez pas l'être, » insista Harry. « Vous avez presque—
« JE SUIS PARFAITEMENT AU COURANT DE MON AGE, POTTER ! » finit par hurler Snape.
« Mais je ne comprends pas comment vous pouvez l'être, » renchérit Harry, toujours stupéfait. « Je veux dire en étant un Mangemort et tout ça. »
« Oh, doux cul de Merlin ! » dit Snape la tête entre ses mains, « Dans quel enfer le monde Sorcier est-il allé chercher cette idée stupide ? Les Mangemorts étaient une organisation terroriste, Potter, pas un club de rencontres ! Il n'y avait ni banquets obscurs, ni sacrifices de vierges, ni putain d'orgies ! »
« Mais—
« MAIS QUOI ? »
« Mais… » Harry fit de vagues gestes de la main. « Jamais ? »
« Potter. » Snape se fit menaçant auprès d'Harry, ressemblant à quelqu'un prêt à renoncer à une large part de son âme si on lui allouait le droit de retirer des Points de Maison pour ça. « Je n'y ai pas 'renoncé' pour le Seigneur des Ténèbres, ni pour aucun de ses fidèles, ni pour aucun de ces morveux persifleurs, moqueurs et immatures avec qui j'étais à l'école. Pas de frottement gauche dans le vestiaire de Quidditch. Pas de sort de silence sur les rideaux de lit. Pas de virée nocturne dans la Salle sur Demande, et oui, même MA classe savait où c'était et à quoi ça servait. Pas d'escapade pour le week-end à Pré-au-Lard. Pas de rendez-vous amoureux dans la Forêt Interdite. Je suis tel que j'ai été fait. Inconnu d'un homme ou d'une femme. Maintenant vous me comprenez ? »
Harry fixa ce visage rouge de fureur et approuva. « Pas du tout. »
Snape fit un bruit dégoûté et commença à nettoyer son établi à grands pas furieux.
« Non, Snape, je ne comprends vraiment, vraiment pas, » persista Harry, s'approchant de la table. « Je veux dire ok, vous êtes un bâtard cruel, mais Malfoy aussi—les deux Malfoys, en fait—et ils n'avaient pas de problème pour coucher autant qu'ils le voulaient. Et ouais, vous êtes un peu—
« Dites laid, Potter, et—
Harry leva ses mains en signe de paix. « Et bien, Vincent Crabbe n'est pas un Adonis, vous savez, mais il arrive toujours à choper des nanas. Et il est bête comme une gerbille. Vous au moins, vous ne sentez pas la crème anglaise rance. Et vous avez cette voix grave et le cerveau pour vous en servir. Personne ne vous a jamais dit que ce côté intelligent était sexy ? »
« Personne ne VOUS a jamais dit que, contrairement au travail de cet idiot de Sir Ian Fleming, les espions qui couchent à droite à gauche en temps de guerre ont tendance à se faire tuer ? » Snape cogna une flasque contre l'établi si fort qu'elle aurait dû se briser. « De plus. Je ne suis pas intéressé à 'choper des nanas', comme vous l'avez si délicieusement dit. »
« Oh, comme si j'allais oublier que vous êtes gay vu comment on s'est essoufflé à parler de mecs à chaque réunion ! 'Dans l'ensemble, » Harry fit une imitation décente de la voix de Snape, complétée par un léger accent de beuverie, « Je préfère la compagnie de mon propre genre'. » Et il était sûr d'avoir vu le coin de la bouche de Snape se soulever à sa vanne, également.
Harry rit et laissa échapper un sourire. « Bien sur, quand vous m'avez dit que vous étiez gay, je ne savais pas que vous vouliez seulement dire en théorie—
« Oh, pour— » Snape envoya la flasque nouvellement pleine dans la tête d'Harry.
Riant, Harry l'attrapa en plein vol et la mit dans sa poche. « Bien sûr, une longue vie qu'avec les couilles pleines pourrait expliquer pourquoi vous êtes toujours un tel—
« DEGAGEZ DE MON LABORATOIRE, ESPECE D'INFERNAL, HORMONAL, IDIOT BARAGOUINEUR, » brailla le Maître de Potion, « OU QU'ON ME VIENNE EN AIDE, JE VAIS—
Harry s'enfuit de là mais ne put s'arrêter de rire.
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« Salut, Wilf. »
« Salut »
« On dirait que notre Rosie est p'têt bien dans l'coup c'soir ? »
« Pff. Et alors, elle l'a emballé une fois. Ça veut rien dire. Pas avec Lui, surtout. »
« T'es siphonné, hein ! C'type a pas fait les yeux doux à un mec ou une nana depuis au moins six mois. J'l'ai pas vu mettre les pieds dans un bar à Pré-au-Lard depuis quatre. Un patin c'est aussi valable que la publication des bans si tu veux mon avis ! »
« Ben, j'en veux pas d'ton avis. Et il ressemblait pas à quelqu'un qui appréciait ça de toute façon. Pas que je puisse le blâmer. Parce qu'elle r'semble plus à un calamar avec des nibards ou à une baleine avec des yeux verdâtres. Une vue horrible pour un homme sobre. »
« Ha ! Comme si t'aimerais pas faire un p'tit tour sur ses genoux pour lui rouler une pelle, vieux filou ! T'es juste malade parce que t'as parié sur le retour de Smith, c'est tout ! »
« Hé, je l'suis pas. »
« Hé, tu l'es oui ! J'ai entendu dire que t'as parié cinq billets sur Zacharias Smith dès que t'as su qu'il voulait lâcher le bar aux Balais. Et j'aurais pu t'dire que c'était de l'argent foutu par les f'nêtres. Y a pas moyen que Potter re-pose les yeux sur Smith, surtout après cet 'exclusif' que Smith a vendu à Sorcière Hebdo, juste avant qu'ils cassent la dernière fois. T'as vu l'article, hein ? 'Le Jules de Potter nous dit tout !' C'était ça non ? Et, il est devenu à moitié taré quand il a vu ça, tu t'rapelles ? On était tous là quand il est descendu au Pub pour le larguer, et toi t'arrives, pariant sur sa petite tête blonde ! »
« Pff. T'es comme un agneau dans l'pré, Seth. T'as jamais entendu parler de raviver la flamme ? Roger-le-parieur a entendu Smith rire au nez de Rosie que Potter l'avait jamais r'gardée plus d'deux fois, et le p'tit enculé y croit. Alors, j'ai un peu renfloué la caisse histoire qu'il avance ses pions. Maintenant regarde, mon p'tit pécule sur une autre tête blonde—Oh ! Fais gaffe derrière la porte, trou du'c ! »
« Excusez moi, je n'avais pas réalisé que vous… Messieurs vous teniez si près de la porte. »
« Euh, euh… »
« Et ben. »
« Je vous dérange ? J'aimerais me laver les mains avant de partir. »
« Non, désolé M'sieur Potter. On savait pas que vous étiez—
« Hé, arrête de minauder, Seth. Potter est un homme fair-play. Il comprend le besoin d'un peu de rigolade innocente quand il en rencontre. Et il va sûrement pas en vouloir à quelques vieux parieurs—
« Si, en fait, je vais. Excusez moi. »
°SLAM°
« Bon. »
« Bon, en effet. Un peu sec si tu m'demandes. »
« Rude, c'est ça. Hé, et le voilà qui s'en va, direct dans la cheminée. »
« Tsss. Bon, je suppose que Rosie n'est plus dans l'coup alors, hein ? »
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Quand Snape ouvrit la porte, son expression était froide et neutre ; calme. Digne. Inébranlable. Tout ce que quelqu'un doit être face à des petites frappes sans une once de remords. Harry se demandait s'il ne s'était pas exercé devant son miroir prés de la cheminée avant de venir lui ouvrir.
« Potter, » commença-t-il.
« Je sais. »
« Je dois comprendre que vous êtes revenu pour ricaner encore—
« Je sais. »
« Par quel diable pensez vous savoir, Potter ? » Le masque de Snape craqua enfin, révélant une étincelle de rage et de douleur que Harry savait être cachée sous son apparence. « Et qu'est ce qui vous fait croire que je veux—
« Ecoutez, je sais, ok ? » Harry leva sa main, paume en avant en geste de reddition évidente. « Je sais que vous êtes toujours furieux, et je sais que vous n'allez pas me pardonner pendant au moins quelques jours, et je sais que c'est égoïste de ma part de venir ici et de vous demander d'écouter mes excuses uniquement parce que je veux en faire, mais s'il vous plaît, » Harry regardait les lèvres pincées de Snape, le souvenir de trop nombreuses attaques de Légilimencie lui faisant éviter les yeux de l'homme. « S'il vous plaît, laissez moi les faire. Laissez moi les faire, et j'en m'en irai, et vous pourrez commencer à être en pétard contre moi jusqu'à ce vous soyez prêt à ne plus l'être, et je ne vous dérangerez même pas, si vous voulez bien—
« Oh, par pitié, » grogna Snape, « Si vous voulez faire vos excuses, alors arrêtez de pleurnicher et finissez en ! »
Harry cligna des yeux, interrompu dans la tirade qu'il avait répétée pas tellement sobre mais très en colère sur le chemin du retour de Pré-au-Lard. Puis il présenta son Offre de Paix et tenta un sourire en coin. « J'ai ramené du Whisky… »
« Et vous pensez que j'ai envie de boire avec vous après—
« Non, non, » Harry plaça la bouteille contre le torse de Snape, « C'est pour vous. Cadeau. C'est tout. »
Au final, Snape prit la bouteille de ses mains, la tournant vers la lumière. S'il remarqua que le scellé était intact, il n'en fit aucun commentaire, simplement plaça le flacon ambré sous son bras et regarda Harry immobile. Bien, alors.
« Je n'aurais pas dû rire à ce que vous m'avez dit, » débuta Harry, se promettant intérieurement qu'il ferait au moins ça correctement. « Je le savais quand j'ai plaisanté là-dessus et je suis désolé de l'avoir fait. Vraiment. » Il vit les lèvres de Snape se tordre et il secoua la tête vivement. « Non, je ne suis pas désolé uniquement parce que vous êtes en colère après moi. C'est… »
Avec un autre soupir, Harry s'appuya contre le chambranle de la porte. « Vous avez raison, c'est tout. Sur l'amour, je veux dire. Tout le monde dit que ça doit être cette chose merveilleuse—que c'est fait pour être pur et fabuleux, et tout ce dont vous avez besoin, et plus fort que la Mort, et toutes ces choses stupides écrites dans les chansons. » le goût fantomatique du verre et des baisers dont il s'était imprégné plus tôt lui revint en mémoire, bien plus amers rétrospectivement. Harry déglutit à la pensée et secoua la tête. « Mais il y a toujours un revirement et on traite ça comme un putain de jeu amusant. » Si Harry ne put pas empêcher le dégoût de colorer sa voix, il préféra se dire qu'au final il avait réussi à maintenir l'auto-apitoiement à un niveau raisonnable.
Snape, tout ce temps là, était resté silencieux et son visage était revenu à cette indifférence de marbre qu'il arborait quand il avait ouvert la porte.
« C'est horrible. L'amour est horrible. Et vous, » Harry déglutit et acquiesça en direction de l'homme, grand et sombre, qui bloquait toujours l'entrée, les bras croisés sur sa mince poitrine, « Vous avez deviné tout ça sans vous y frotter. Vous êtes tellement intelligent… même avec les sales cons de l'école, et après, les Mangemorts, les guerres… » Harry fit quelques vagues gestes de la main. « Enfin, bien sûr que vous n'avez jamais voulu que quelqu'un ait ce genre de pouvoir sur vous. Je peux le comprendre. » Harry osa un coup d'œil vers Snape, et trouva un regard interdit, impassible, aussi fermé que son armoire à potions. Merde.
Prenant conscience de cela, Harry haussa des épaules et plongea les mains dans ses poches. « Alors… je voulais juste vous dire ça. Je crois que je vais vous laisser retourner à vos—
« Et donc, après tout ceci, » la voix de Snape, bien que doucereuse et méprisante, était étrangement légère, « vous comptez simplement vous en aller ? »
Harry se figea. « Mais j'ai pensé—c'est ça, vous ne—vous ne voulez pas que je m'en aille ? »
« Ça dépend, » dit Snape, relevant son menton en signe de défi.
« De quoi ? »
« L'intention de vos excuses était elle tournée vers l'obtention de mon pardon, ou cherchiez vous simplement une audience à votre culpabilité ? »
Harry se figea de nouveau pendant qu'il s'imprégnait de ces paroles. Puis il sentit le début d'un sourire poindre sur son visage. « Je ne savez pas que vous accordiez votre pardon, » dit il, puis lorsque le regard de Snape se fit menaçant, il leva les mains et ajouta promptement, « Mais c'est ce que je veux, si vous l'offrez. Est-ce que je peux entrer, s'il vous plaît ? »
Snape fut pensif un instant, puis haussa une épaule, résigné et s'éloigna du seuil en un tourbillon de robes. « Je pense que vous feriez mieux, vu que ce n'est pas un sujet que j'entends discuter dans un couloir, » dit-il, se dirigeant vers les fauteuils près de l'âtre sans un regard en arrière. Harry ferma la porte derrière lui.
« L'amour est une chose horrible disiez vous ? » décocha Snape, posant la bouteille de whisky sur la table basse et regardant instamment entre Harry et le second fauteuil jusqu'à ce qu'Harry comprenne le message et s'asseye. « Je trouve cette assertion perplexe, étant donné le nombre de personnes autrement sensibles qui semblent être obsédées par lui. »
« Et bien… » aventura Harry quand Snape le regarda avec expectative, « Quand ce n'est pas horrible, c'est sympa… enfin, vraiment génial. Seulement la partie géniale ne semble jamais durer, c'est tout. Peut être que c'est juste moi, » médita-t-il tandis que Snape, d'un accio non-verbal, faisait surgir un second verre sur la table, près de l'autre déjà à moitié rempli. « Je suis probablement nul à ça, comme pour les potions. »
Snape fit un grognement sourd et brisa le scellé de la bouteille. « Si vous désirez comparer les deux, Potter, je devrais dire que votre problème n'est pas une lacune de compétence, mais plutôt dans votre impatience avec les préliminaires, votre inattention aux détails et votre réticence à écouter les instructions. »
Durant un instant brûlant, ce fut sur la langue d'Harry de retourner cette indélicatesse et de blâmer Snape et ses problèmes d'enseignement au lieu d'apprendre de ses propres fautes. Mais il se souvint du propos qu'il essayait d'avoir et s'empêcha de répliquer.
Snape eut un rictus comme s'il avait lu toutes ses pensées. « Combien d'amants avez-vous eu depuis la fin de la Guerre, Potter ? » Harry se renfrogna, mais Snape continua sans attendre plus de réactions, « Et combien parmi eux vous êtes vous borné à connaître proprement avant de leur donner votre cœur ? »
« Et bien, je pensais tous les connaître, » Harry ne put s'empêcher d'être un peu abrupt. Mais au regard insistant de Snape, il soupira. « Je crois que le seul que je connaissais vraiment… j'ai pensé qu'un était mon ami et que je pouvais croire que lui… »
« Weasley. » Snape ne le dit pas comme une question, alors Harry ne ressentit pas le besoin de lui répondre. Mais il sentit le besoin d'une gorgée salutaire de whisky qui était posé près de son coude. Snape acquiesça, semblant bizarrement méditatif quand il spécula, « Il y a quelque chose de réconfortant dans l'idée de partager sa vie avec son ami d'enfance. Un sentiment d'éternelle jeunesse, je suppose, pour se prévenir de l'inévitable déchéance du temps. »
« Ouais, ben. Ça s'est foutu en l'air complètement. » Harry glissa dans le fauteuil, le regard fixé sur les flammes. « Sa putain de jeunesse éternelle n'était pas ce que je voulais, mais à la fin c'est ce que j'ai obtenu ; un petit garçon égoïste. Et là j'ai réalisé que je n'étais probablement pas mieux quand ça s'est terminé. Et je déteste ça plus que tout. »
« Et donc votre erreur fut de ne pas avoir su repérer les signes avant-coureurs et de vous extirper vous même de la situation plus tôt ? » avança Snape, le regard étrangement intense fixé sur le visage d'Harry.
« Plus tôt. Comme après ce premier baiser. C'était horrible. Embarrassant, et il l'a détesté, et j'aurais dû comprendre alors qu'il essayait juste de… » Harry secoua la tête. « Pourquoi je suis en train de parler de Ron avec vous ? Je pensais qu'on parlait du fait que vous aviez raison de ne pas vous prendre la tête avec l'amour ? »
Snape fit un bruit rauque, le nez dans son verre, et dirigea ses yeux noirs vers les flammes, y plongeant son regard durant quelques instants. « Peut être. Pendant un long moment, le célibat et le détachement émotionnel étaient le bon choix pour moi… » agréa-t-il après sa pause, « Mais après réflexion, il m'est apparu que vos précédentes assertions pouvaient aussi ne pas être entièrement infondées. »
Harry se figea.
Snape se renfrogna. « Cela veut dire que j'admets que vous puissiez avoir raison, mon garçon. »
« Vous admettez ? Je peux ? »
« Essayer de ne pas vous évanouir, Potter. » Etrange comme l'air moqueur de Snape ne rendait plus Harry furieux. « Statistiquement parlant, même vous ne pouvez pas avoir tort TOUT le temps. »
« Ha, super Ha, » Harry leva les yeux au ciel et repris une gorgée. « Alors, en fait vous allez y penser avec—
« Je n'ai PAS dit que vous aviez raison au sujet du foutu loup-garou, » Snape le prévint de suite par un regard farouche. « J'ai simplement dit que mon exil auto-imposé avait pu… possiblement… avoir été un détriment à mes qualités de… Potter, si vous n'enlevez pas cette expression ridicule de votre visage, je serais forcé de vous balancer ce whisky à la figure ! »
« Désolé, désolé, » Harry cacha son sourire dans son verre. « Continuez, je vous en prie. »
Snape lâcha un long soupir, le visage crispé comme si toutes ses potions les plus dégoûtantes étaient coincées dans sa gorge quand il admit, « Je veux simplement dire que peut être, maintenant que ma propre vie et celles de beaucoup d'autres ne dépendent plus des secrets que je protège, chercher un compagnon pourrait ne pas être une si mauvais chose… » il redirigea ses yeux vers Harry pour un dernier avertissement, « à considérer. »
« Alooooors, » Harry lui fit la faveur de ne pas suivre cet avertissement, « Vous n'allez pas considérer Remus comme une possibilité parce que… ? »
« Potter… »
« Oh, allez, » Harry remplit les deux verres avec plus de whisky, et ne renversa seulement qu'une petite goutte sur la table, « Tout le monde sait dans l'Ordre ce qui est réellement arrivé, même ceux qui ne pouvait pas comprendre votre mascarade pendant que vous jouiez à—
« Comme vous ? »
« Vous ME jouiez cette mascarade, bien sûr que je ne pouvais pas y voir à travers, » Harry coupa court à l'interruption avec impatience. « Le point est, Remus sait que vous travailliez pour nous tout du long. Il sait que vous avez essayé de sauver Tonks quand elle a été capturée. Il sait que vous avez essayé de prévenir Sirius contre—
« Il sait que j'ai dirigé Black tout dr—
« Snape, il est seul, » trancha Harry, éloignant clairement le sujet qui faisait toujours se serrer sa gorge douloureusement, même après toutes ces années. « Remus est tout seul là-bas en Italie. Il n'a plus personne, même plus moi dans sa vie là maintenant, et je sais qu'il n'est pas heureux comme ça. Et alors, pourquoi ça ne pourrait pas être une bonne chose pour vous deux d'essayer ? Je veux dire puisque aucun d'entre vous n'est jeune et stupide, comme—
« Oui, certes, mais grand âge et trahison sont difficilement de brillantes recommandations pour une romance également, » le coupa Snape. D'une autre gorgée il termina son verre et Harry réalisa soudainement qu'il avait dû boire avant qu'Harry arrive, parce qu'il était évident que les rougeurs sur les hautes et pâles pommettes de l'homme ne pouvaient pas venir de deux whiskies uniquement. « De toute façon, » Snape interrompit sa rêverie, « Je pourrais difficilement approcher quelqu'un qui me connaît depuis aussi longtemps. »
« Mais pourquoi pas, » demanda Harry, finissant rapidement son verre et le tendant afin qu'il soit re-rempli. « Je pense que ça serait plus facile avec quelqu'un qui sait comment vous êtes pour commencer… non, je veux pas dire ça comme ça, mais au moins Remus sait à quoi il s'engage, pas vrai ? Autant que n'importe qui, je veux dire. »
« Je doute de cela. »
Attendre en silence semblait être la seule réponse sûre. Après quelques minutes, il fut brisé par un soupir exaspéré. « Parce que, Potter, » la voix de Snape promettait une fin funeste, si Harry riait, « alors que l'ignorance gauche peut être charmante à l'adolescence, pour un homme de 45 ans, cela ne peut pas être autre chose que pathétique. »
« Mais—
« ET je préférerai continuer à me confier au foutu Golden Boy de Griffondor pour le reste de ma vie et garder la compagnie de ma propre main gauche plutôt que de souffrir d'être mis hors du lit par Remus foutu Lupin pour incompétence ! » Snape avala son whisky et cogna son verre sur la table basse en guise de point final.
Harry pensa qu'il serait prudent de retenir sa langue. Ce qui lui fit une belle surprise d'entendre, de façon distante, sa propre voix déclarer, « Et bien je pourrais toujours vous apprendre quoi faire. »
Le visage de Snape pâlit et Harry était assez sûr que le sien pâlissait aussi, bien que ce fût pour une raison un peu différente. S'il n'avait pas eu de verre dans sa main, Harry l'aurait bien plaquée contre sa bouche quand Snape se déchaîna dans son fauteuil porté par une colossale furie noire.
« N'OSEZ PAS VOUS MOQUER DE MOI—
« Je ne me moquais pas ! Snape, je le jure, je ne voulais pas— » Harry tressaillit quand le verre de Snape explosa contre l'âtre en pierre. Quelques centimètres plus haut, et il aurait emporté le miroir avec.
« VOUS VENEZ ICI SOUS PRETEXTE D'EXCUSES, ET—
« Je suis désolé, ok ? » Harry se tortilla hors de son fauteuil. « Je suis désolé, je ne voulais pas dire quoiqu—
« J'AURAIS DU SAVOIR QUE TOUT CECI N'ETAIT RIEN D'AUTRE QU'UN JEU JUVENILE ET SADIQUE POUR VOUS ! » Snape repoussa la tentative d'Harry de poser une main calme sur lui, et le bouscula sans ménagement. « JE N'ACCEPTERAI PAS CELA, VOUS M'ENTENDEZ ? » rugit-il, partant à l'assaut de la porte et l'ouvrant rageusement avec un grand 'bang'.
« SNAPE ! » beugla Harry au final. L'homme s'arrêta devant le seuil, une main sur la porte, l'autre sur le chambranle, mais il ne se retourna pas. « Ce sont vos quartiers, » dit Harry prudemment. Snape vacilla un petit peu, mais ne se retourna toujours pas. « Et vous n'avez pas besoin de vous en aller de toute façon, » ajouta Harry, « parce que je n'était pas en train de plaisanter. Je le pensais. Sérieusement. »
Il le pensait ? Harry supposa qu'il avait dû le penser, étant donné la force avec laquelle son cœur tambourinait contre sa poitrine tandis qu'il regardait la tête de Snape se tourner par degrés réticents. Doux Jésus, il l'avait pensé, n'est ce pas ? Parce que son sexe palpita contre sa cuisse quand Snape lui jeta un regard suspicieux.
« Pourquoi ? »
Pourquoi, certes ? Harry décida qu'il était trop saoul pour examiner cette question plus en profondeur, ou du moins ce qui pouvait lui être associée, en tout cas. Alors il bifurqua, attrapant le verre restant et la bouteille de whisky, il les fit planer à travers la pièce jusqu'au bord du bureau de Snape. Il se plaça ainsi dans le champ d'approche de Snape, mais pas assez près pour être menaçant, espéra-t-il.
« J'aimerais juste voir que pour quelqu'un ça puisse se solder par une fin heureuse, je crois, » dit Harry tandis que Snape fermait la porte avec une précaution exagérée. « Je sais que vous avez toujours pensé que j'étais un idiot pour mon idéalisme, mais c'est important pour moi, je suppose. J'ai besoin de croire que l'amour peut fonctionner pour quelqu'un, même si ça ne marchera jamais pour moi. »
« Et pour toutes ces raisons, vous imaginez que je devrais vous croire ? »
Harry ne pouvait pas le blâmer pour ce sarcasme. Non vraiment, il ne pouvait pas. « Et bien, ce n'est pas comme si on ne pouvait pas se servir l'un de l'autre de façon équitable, » offrit-il, remplissant le verre, et réinstallant la bouteille sur le bureau derrière lui. « En fait, je pense que ça peut être un peu plus facile, en sachant à quoi attendre de l'un et de l'autre ; deux homos paumés et seuls qui s'aident un peu, c'est tout. Donc, il n'y a AUCUN mensonge possible, hein ? »
Snape haussa un sourcil. Il ne semblait pas être convaincu, néanmoins il s'installa à l'autre bout de la table et il prit le verre des mains d'Harry. Et il ne hurla pas, alors Harry décida de prendre ça comme une acceptation tacite.
« De plus », dit Harry, attrapant la bouteille de whisky afin de se l'autoproclamer, « Je suis un Griffondor idiot et vous êtes un Serpentard maître en espionnage. Vous ne pouvez réellement pas croire que je sois assez intelligent pour vous doubler. »
« Vous êtes un Griffondor futé et buté qui est assez habitué à dicter ses propres règles et qui fut presque envoyé à Serpentard pour commencer, » fit remarquer Snape.
« Hé, » cria Harry, « Comment vous savez ça ? Personne ne sait ça ! » Le sourire de Snape devint béat et Harry secoua sa tête. « Oh, non, vous n'allez pas jouer à Dumbledore avec moi. Vous avez dû le savoir avec une leçon d'Occlumencie ou quelque chose comme ça ! »
Snape huma son verre, faisant semblant de chercher dans ses souvenirs avant de secouer la tête. « Non, une chose dont je me souviens particulièrement de ce délicieux voyage à travers les moments les plus exemplaires de votre enfance est que ce baiser semblait assez… » ses fines lèvres se tordirent en une moue de dégoût, « Baveux. »
Cho. Oh, Merlin ! Harry pris une gorgée de whisky à la bouteille avant de lui lancer un regard noir. « Non, vous n'avez pas vu ça ! Vous n'avez jamais vu ça, vous bluffez, et non, je ne fais PAS de baiser baveux. Baveusement. Avec… bave. » Il reposa abruptement la bouteille sur la table avec un 'bang' et un 'slosh'. « Non ! »
« Difficile de le réfuter maintenant, ne pensez vous pas, Potter ? » se moqua Snape, « Spécialement quand vous venez d'admettre qu'il y a, en fait, une raison pour que je me souvienne distinctement de vous, impliqué dans une sorte de baiser extrêmement mouillé—
Plus tard, Harry se demanderait s'il n'avait pas puisé son courage au fond de sa bouteille. Ou probablement dans sa fierté et son imprudence de Griffondor. Ou dans un désir secret de mourir. Quelque en soit la cause, quelque chose à ce moment là amena Harry se retourner pour coincer Snape contre le bureau, et poser ses lèvres sur les siennes.
Snape se figea avec effroi, ses lèvres se pinçant finement, sa nuque se raidit sous la prise qu'Harry avait sur lui, un air de whisky sifflant, rapide et effrayé, à travers la voûte de ce gros nez. Terrifié. Il était terrifié. Le verre s'écrasa contre le sol. Harry sentit les doigts de Snape se refermer tels des pinces en acier contre ses bras.
Il se recula, mais juste un petit peu—juste assez pour regarder dans ces yeux mi-choqués, mi-furieux et offrit un sourire hésitant. « Non, vous ne le faites pas bien, » chuchota-t-il.
« Potter, qu'est ce—
Il figea les paroles de Snape en posant doucement un doigt sur ses lèvres. Tendues et finement pincées, elles s'attendrirent doucement quand Harry retraça leur ligne élancée et généreuse. Elles se colorèrent quand Snape arrêta graduellement de les pincer jusqu'à les rendre exsangues—pas rosées, mais d'un rouge plus crépusculaire, plus charnel, plus réel. La peau… Harry avait presque pensé qu'elle serait rêche, crevassée, ou mordillée telles que ses propres lèvres l'étaient si souvent, mais elle glissait sensuellement sous le doigt cajoleur, entraînant juste la plus légère des gerçures quand Snape entrouvrit ses lèvres pour lâcher un souffle tremblant.
« Bien, » chantonna Harry, essayant distraitement de se remémorer ce que la texture lui rappelait, « C'est… » il se rapprocha, glissant une main derrière la nuque de Snape tandis qu'il se mettait sur la pointe des pieds et… Oh.
Oh, c'était beaucoup, beaucoup mieux. Même la grippe d'acier de Snape sur ses bras ne pouvait pas ternir la sensation de ces lèvres agiles, fortes, ployant sous les siennes, pressant, glissant et s'ouvrant à lui—lentement, si douloureusement lentement. Harry aventura légèrement sa langue à l'intérieur, sentit Snape frissonner sous ses mains, et dut ravaler un gémissement quand il s'éloigna.
Les yeux de Snape étaient fermement clos, en contraste absolu avec sa bouche indolente et miroitante. Sa langue darda à l'extérieur pendant qu'Harry regardait, glissa sur sa lèvre inférieure avec une incrédulité évidente avant de se retirer. L'homme respira de nouveau, libérant son souffle dans un soupir frémissant. Harry se trouva encore plus dur qu'il ne pouvait se rappeler l'avoir été depuis un bon bout de temps, comme si son excitation frustrée au Trois Balais et sa masturbation avortée plus tôt dans la journée joignaient leurs forces pour tendre une embuscade à sa libido imprudente.
« Ça va, » parvint à demander Harry quand les yeux noirs arrivèrent à s'ouvrir.
« Faites… » Snape déglutit pour empêcher sa voix de craquer et recommença. « Re-faites ça. »
Supprimant un sourire, Harry le fit. Une fois, deux fois, trois fois, à chaque fois en changeant de position et d'inclinaison, à chaque fois en finissant le baiser avec plus de goût de la bouche de Snape. Velours. La texture lui rappelait le velours, humide et chaud et oh mon Dieu ! la langue de Snape se pressait contre la sienne, rampant fermement et solidement dans sa bouche et ce fut soudainement tellement, tellement, tellement bon. Harry glissa ses bras dans le dos de Snape sans une autre pensée, attirant le corps nerveux serré contre lui, et gémit sans retenue son plaisir. Merde à la réserve, c'était brillant !
Après un instant, les mains de Snape répondirent, s'accrochant et enlaçant le pull d'Harry à ses épaules et à sa poitrine. Harry ne put retenir un halètement alors que la pression câlinait son érection contre l'incroyable chaleur du corps de Snape—bien qu'il ne soit pas le seul dans ce cas. Les sons qui vibraient contre sa langue alors qu'il parcourait la bouche de Snape oscillaient quelque part entre le gémissement et le grognement. Harry les buvait avidement.
Il n'allait pas pouvoir tenir. Sa queue vibrait avec agonie contre sa jambe, et le pli de son pantalon le pinçait horriblement, et il ne voulait pas essayer de la bouger, de peur de jouir avant d'avoir pu baisser sa braguette. Bon Dieu, est ce que cela faisait si longtemps pour qu'un baiser et quelques caresses l'envoient directement au septième ciel ? Harry s'éloigna en haletant, mais trouva que son envie d'air était moindre que son envie de goûter encore à…
Snape renversa la tête en arrière, haletant lui aussi, et Harry ne put résister à cette colonne de muscles et de tendons pâle et nerveuse. Il parcourut longuement avec sa langue cette clavicule sinueuse, mordilla gentiment là où le col de la chemise s'ouvrait…
Et tout à coup, ses bras tinrent une nouvelle fois un corps rigide et tremblant. Mais cette fois-ci, le bruit étranglé que fit Snape n'évoquait pas la peur… Oh, non, pas le moins du monde. Il évoquait les palpitations, la libération frissonnante et la chaleur poisseuse contre ses vêtements, la faim et la stupéfaction finale quand ce corps fin et tendu se fendit de plaisir et s'allongea contre Harry comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher, et c'est cela qui amena Harry à son propre orgasme.
Plus tard—quelques minutes, heures, qui s'en souciait ? Quelques souffles haletés plus tard, quelques emmêlements de jambes et de bras, juste assez pour les tenir debout, plus tard, quelques pulsations calmées et sueur séchée plus tard, Harry exhala un rire. « Bon, bon, » dit-il avant que Snape ait pu se ressaisir, « Je crois que ce baiser était assez mouillé, non ? »
Et inexplicablement, Snape rit aussi. « Assez, » dit-il. Le mot roula dans l'oreille d'Harry, faisant sursauter son sexe satisfait avec l'onde de choc.
« Bien, je devrais dire que je suis désolé, seulement je ne le suis pas, vraiment pas. C'était génial. » Il embrassa la marque qu'il avait faite dans le cou de Snape et fut satisfait de sentir l'homme trembler de nouveau contre lui. « Vous ne pensez pas ? »
Les doigts de Snape glissèrent en longues caresses contre son dos, une fois, deux fois. Puis, ils s'écartèrent, bien qu'Harry aima imaginer qu'ils semblaient être réticents. « Je pense qu'il est temps pour les jeunes délinquants de Quidditch insolents comme vous de rentrer chez eux, » dit Snape, se penchant en arrière pour laisser Harry s'en aller, ou admettre qu'il devenait sentimental.
Et oui, c'était un peu décevant qu'on ne lui demande pas de rester. Mais Harry haussa les épaules à cela avec détermination. « D'accord, » dit-il, tirant son pull vers le bas pour couvrir la tâche qui était en train de maculer son pantalon, « Je vous verrai demain alors. J'ai quelques variations que je voudrais essayer sur cette matrice avant de partir la semaine prochaine. »
Snape leva les yeux au ciel et fit un geste de la main vers la porte, qui s'ouvrit à la commande muette. Une commande qu'Harry suivit volontiers, bien qu'il vola un dernier baiser avant de la suivre.
Cela ne sembla pas gêner Snape.
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A suivre
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Modifié le 14/07/08
