Chapitre 6 : Principe de Luxure

Ndt : chapitre NC17

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Chapitre 6 : Principe de Luxure

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31 juin 2002

Cher Monsieur

Mes couilles. Tu as mis ta langue dans sa bouche, Harry, tu ne peux pas l'appeler 'Monsieur' !

Cher

Cher ? Depuis quand ? Pourquoi pas plutôt…

Snape, je sais que vous devez être…

Oh, oui. Dis lui quoi penser. Ça va bien passer, ça. Allez, Harry, tu peux faire mieux que ça !

Snape, je pensais venir plus tard aujourd'hui, pour travailler sur ma matrice, si je ne suis pas de trop… dans la pièce complètement SEPAREE que vous m'avez laissée utiliser afin que mes expériences ne foutent pas en l'air les vôtres, et je suis aussi un abruti complet et fini, au cas où vous vous le demanderiez.

Des conneries tout ça.

C'était juste un petit câlin et un chouette frottage, c'est tout. Ce n'est pas comme si tu le demandais en mariage ou quoi que ce soit. Et de toute façon, c'est un mec—il ne va pas s'attendre à des fleurs ou autre chose. Tu travailles avec lui, peu importe s'il s'avère qu'il embrasse comme un dieu, alors garde la tête froide, hein !

Merlin. Qui aurait pu croire ça ? Ok.

Snape. Juste un message pour être sûr que vous allez bien aujourd'hui. Je sais que je vous aie dit que je viendrai travailler sur la matrice, néanmoins renvoyez juste Hedwige avec une note si vous préférez que je vous laisse tranquille avec votre mal de crâne… parce que ce n'est pas comme si vous n'aviez pas de remèdes contre le mal de tête, ou des potions revitalisantes pour ça, ou de savoir comment les faire dans votre SOMMEIL, ou quoique ce soit…

Bon. Oublie le message. Les messages sont une idée stupide de toute façon. Va simplement lui parler, c'est tout. Ce n'est pas comme s'il était Voldemort ou qui que ce soit… c'est uniquement Snape. Avec qui tu t'es peloté et masturbé la nuit dernière alors que vous étiez complètement bourrés.

Putain de merde.

Il va me tuer.

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2 juillet 2002

Trois jours après, Severus avait enfin approché le stade où son estomac ne se tordait plus maladivement d'anticipation chaque fois que Potter s'engouffrait dans son laboratoire.

Trois jours plus tard, il était à nouveau redevenu possible de regarder le sourire du jeune homme sans chercher des traces de mépris ou de moquerie, sans voir le fantôme des fautes du père dans ces yeux verts et rieurs.

Trois jours plus tard, pas de répétition de la performance précédente, pas d'avances fallacieuses, pas de regards complaisants ou amusés, pas une offre pour prendre un verre qui aurait pu faciliter un nouveau face-à-face, et Severus se permettait de penser, avec soulagement, qu'il s'était sorti de cet étrange pétrin.

Trois jours, pendant lesquels Potter sifflotait et bricolait et essayait de prétendre qu'il ne faisait rien exploser dans le second laboratoire de Severus—comme si un charme de silence pouvait réellement couvrir ça quand tous les pots sur les étagères du mur mitoyen se mettaient à trembler à intervalles régulières.

Trois jours, pendant lesquels Severus luttait contre cette foutue variation sur l'absinthe et se demandait si les pots du mur mitoyen du côté de Potter se mettaient également à trembler.

Trois jours de travail qui n'arrivaient pas à enlever de son esprit ce qu'il avait rendu possible ; des lèvres douces et fermes faisant écrouler ses défenses et une langue qui lui avait volé son souffle et sa retenue et sa dignité avec une pression insistante qui lui donnait le vertige.

Trois nuits de refus forcé de revisiter l'évènement dans ses rêves ; un homme de son âge, souillant ses sous-vêtements comme un bleu de première année ? Ridicule. Et si Potter avait la bonté de ne pas en rire à voix haute, cela n'empêchait pas Severus de savoir que le morveux en riait quand même. Son seul réconfort était la forte suspicion que Potter était retourné chez lui dans le même état poisseux que Severus.

Cependant, il était clair que le garçon essayait de s'accrocher à une illusion de normalité coûte que coûte. Et vraiment, aussi bizarre que le récent équilibre entre eux deux puisse être, c'était de loin beaucoup mieux que le malaise crispé et étrange dont Severus s'était résigné à attendre. Il était d'accord pour tolérer l'agréable déni de Potter sachant que cela signifiait une sortie de secours à sa propre dignité.

Quelle place à la déception laissait cela ? L'offre de Potter était ridicule, et elle n'aurait jamais été tenue, même si Potter lui-même avait été moins saoul quand il l'avait faite. Severus savait pertinemment que l'andouille devait regretter son manque temporaire de santé mentale, et qui pouvait le blâmer ? Le miroir de Severus lui avait bien fait comprendre quelle farce ce serait de considérer quelqu'un comme lui en Remplaçant d'une créature magnifique (peut être superficielle) telle que Draco Malfoy. Malgré les lunettes, personne n'avait jamais accusé Potter d'être aussi aveugle !

Non, tout ceci n'était qu'une énorme méprise—une que Potter préférait prétendre n'être jamais arrivée. Et bien, cela convenait parfaitement à Severus également. Encore une semaine et Potter partirait rejoindre Lupin en Italie. Avec le temps, Severus espérait, l'affaire tout entière le gênerait aussi peu que ses occasionnels rêves mouillés. Une contrainte minime qui ne nécessite qu'une douche et un sort pour le linge.

Et quand Potter reviendrait à Poudlard, ensuite, bronzé et relaxé et agaçant, Severus s'attendait entièrement à ce qu'ils retournent à leurs joutes verbales à propos de boucliers de protections et de foutu cristal de roche dans la matrice, comme si rien n'était arrivé. L'idée ne serait plus jamais suggérée de nouveau, à leur plus grand soulagement.

Il en était certain.

Les certitudes de Severus s'envolèrent brusquement à quatre heures de l'après midi le quatrième jour. Parce que le quatrième jour, Potter s'engouffra dans ses quartiers et balança une pile de magasines sur les parchemins de recommandation qu'il était minutieusement en train d'annoter.

« Zut, » Severus écarta sa plume tandis que la pile s'affaissait, « Si vous avez renversé mon encre, Potter, je serai… » il inspira fébrilement par le nez alors que l'homme (l'homme particulièrement nu !) avec la batte de Batteur sur la couverture du premier magasine lui faisait un clin d'œil et un signe de la main.

Score !, proclamait le titre du magasine.

« J'ai pensé que ça pourrait être une bonne base pour nous pour commencer, » dit Potter.

Severus l'ignora, faisant doucement glisser le magasine en tête de pile afin de voir que le second, Wandplay, avait trois jeunes hommes sur sa couverture ; trois jeune homme plutôt bien fait et extrêmement flexibles, qui ne montraient pas le moindre intérêt à faire des clins d'œil ou des signes de la main en direction de Severus. Il re-balança le premier magasine sur la pile et se redressa promptement.

« Par tous les diables, Potter, qu'est ce que cela signifie ? » Siffla Severus, sentant ses trois jours de macération réprimée envahir son estomac tout d'un coup, « Est-ce votre idée de—

« Aides pour leçons, » répliqua Potter, pas le moins embarrassé. Le foutu morveux était en train de déballer une chocogrenouille au lieu de frémir d'une terreur entièrement justifiée. Severus allait—« J'ai pensé que ça serait plus facile de vous montrer ce que vous devez faire plutôt que de vous le dire, voyez-vous ? Etant donné que c'est moi le prof cette fois, je vous donnerai quelques exemples à regarder et expliquerai des trucs plutôt que de m'attendre à ce que vous vous lanciez et réussissiez du premier coup. »

Severus sentit sa pression sanguine augmenter à la pique. « Vos échecs en tant qu'élève sont difficilement—

« Du calme, Snape, » dit Potter, un long regard le convainquant presque de sa sincérité, « Histoire ancienne et ça ne va pas nous aider ici, non ? »

« Je ne suis pas convaincu que cela soit capable de cet exploit, » grogna Snape, se pinçant l'arête du nez fortement. « Potter, ne pensez vous pas que, pendant les onze années où j'ai été à la tête de Serpentard, j'ai pu faire face à de la pornographie avant aujourd'hui ? »

Et étonnamment, le morveux acquiesça. « Oui, bien sûr que vous avez, mais la majorité devait être des magasines avec des filles, qui ne vous auraient pas intéressés. » Il lécha un bout de chocolat au coin de sa bouche et Severus fit soin de ne pas regarder sa langue. « En plus avec les Serpentards étant attachés à leurs lignées tels qu'ils le sont, je pense que les un ou deux magasines gay que vous auriez pu trouver auraient été vu comme une affaire de vie ou de mort ou de reniement. Vous auriez probablement donné discrètement des retenues aux gamins et les auriez laissés détruire les preuves comme ça leurs parents n'auraient rien su. Vous ne les auriez pas confisqués et regardés de votre propre chef. »

Ce qui était assez proche de la vérité, bien que cela contrariait profondément Severus de devoir l'admettre. En outre, il n'aurait jamais pu risquer que de telles choses soient trouvées dans son bureau par les elfes de maison ou ses collègues. Etre un professeur et un Mangemort présumé était une chose, mais un pédé travaillant dans un Pensionnat était une autre affaire. Même Dumbledore n'aurait pas été en mesure de faire passer cela. Sans mentionner que le Seigneur des Ténèbres l'aurait sûrement tué pour avoir attiré cette sorte d'attention sur lui.

« Alors voilà, j'ai pensé vous amener quelques uns de mes préférés, » continua Potter le plus naturellement du monde, réinstallant un sac à dos que Severus n'avait pas vu avant sur son épaule, et cherchant au milieu de la pile pour sélectionner un magasine. « Celui-ci est assez basique, alors pourquoi vous ne commencez pas avec ça ? Faites attention à la page centrale par contre, elle s'est un peu décrochée et je n'aimerais pas la perdre. Oh, et à la page 68 y a un chouette article sur l'anilingus aussi. »

« L'ani— » Severus secoua sa tête. « Laissez tomber. Potter, vous ne pensez pas que je puisse abandonner un après-midi entier de travail pour rester assis là et vous laisser me regarder pendant que je lis ceci… » ses lèvres se retroussèrent tandis qu'il désignait de sa main les magasines en attente d'un mot adéquat. L'homme de Score ! utilisa un vif d'or pour titiller son téton et divertit fortement Severus.

« Oh non, » Potter sourit, en se dirigeant vers le second laboratoire, « L'exhibitionnisme est un peu avancé pour commencer. C'est une blague. Relax, » lui dit Potter quand Severus le regarda d'un œil noir. « De toute façon, j'ai une nouvelle théorie à tester aujourd'hui, et—

« Vous abandonnez votre idée ridicule de matrice liquide au final ? » demanda Severus, heureux d'avoir trouvé une excuse pour tourner le dos aux magasines et plus que prêt à en découdre avec Potter et son arrogance pour lui avoir imposé ça.

« Oh pas du tout, » Severus n'aima pas la lueur de défi dans les yeux de Potter quand il défit l'attache de son sac et révéla un intérieur complètement rempli de tessons de verre, « J'ai juste eu l'idée d'un autre liquide à tester, c'est tout. » Et avec cela, le morveux agaçant se réfugia dans le laboratoire et ferma la porte avant que Severus n'ait eu le temps de demander de quel diable était-il en train de parler.

Et sur son bureau, attendaient les fichus canards. Severus se retourna pour jeter un coup d'œil et considéra brûler la pile entière, juste avant que ce satané type de Score ! s'amuse avec la batte dans sa main, et… oh.

Oh, sûrement pas !

Severus s'assit, arracha le magasine de la pile, et l'ouvrit d'un geste brusque, déterminé à aller au fond de cette idée improbable.

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Rétrospectivement, ce n'était pas son plan le plus futé, de mettre en place deux expériences risquées et volatiles, chacune des deux étant chronométrées à la seconde, et pouvant avoir des conséquences désastreuses s'il s'y prenait mal. Chacune méritait sa plus grande attention—une, bouillonnant dans son chaudron sous une prodigieuse température et des sorts de pression assez poussés pour faire fondre le verre, et l'autre, engagée dans la lecture de A voile et à vapeur, avec une expression alarmiste et absorbée sur son visage cireux. Chacune pouvait exploser si on les surprenait. Toutes deux possédaient un seuil délicat où les manipulations pouvaient être, si non sûres exactement, tout du moins non suicidaires.

Et, alors qu'il regardait sa potion luire et mijoter d'un œil, l'homme s'agiter et rougir de l'autre, Harry commençait à réaliser qu'il ne savait pas lequel des deux allaient atteindre en premier le point de non-retour. Et bien entendu, la plus grande similarité entre eux était qu'Harry n'avait absolument aucune idée de ce qu'il était en train de faire, et abordait la chose d'à peu près la même façon qu'il avait fait pour les pires pièges de Voldemort; instinct doublé d'ingéniosité, chance, et logique, et comptait vigoureusement sur l'espoir que, si quelque chose venait à exploser, il aurait assez d'avertissements pour s'enfuir.

Il lança un léger portus instable sur la potion, reculant quand le sort frémit et éclata en raies de lumière à la surface. Il ne vit pas si cela s'était dissipé ou mélangé à la potion. Merde.

De l'autre côté de la porte du laboratoire enchantée pour être transparente, Severus tourna son magasine de côté, puis pencha sa tête dans le sens opposé, scrutant avec attention. Harry déglutit difficilement quand une main longue et tachetée disparue sous le bureau, mais c'était juste un bref réajustement, semblait-il, car la main réapparut un instant plus tard. Harry lâcha le souffle qu'il retenait, quelque part entre le soulagement et le regret.

Non, c'était du soulagement. Un total soulagement. Snape le TUERAIT si Harry venait le voir pendant qu'il se masturbait sur les images renversantes du numéro de Janvier de A voile et à vapeur. Mais Harry savait qu'il n'arriverait à rien avec le vieux prude obstiné si la sexualité réprimée de Snape ne se rangeait pas de son côté aujourd'hui. Il avait réussi de justesse à convaincre le bâtard de jeter un œil à ses pornos, et Harry savait que s'il revenait trop tôt, Snape couvrirait sa dignité émiettée en lui balançant le lot à la figure dans un froncement de sourcil et lui dirait de dégager.

Non, il avait besoin que l'homme soit prêt à franchir le cap de son propre chef ou il ne pourrait jamais l'atteindre sous ce mépris glacial où Snape avait passé sa vie à se réfugier. A en juger par le léger rougissement colorant ses hautes pommettes burinées, Snape n'allait pas tenir beaucoup plus longtemps. Quand avait-il déboutonné les premiers boutons de sa chemise ?

La potion éructa et Harry sursauta tel un chat échaudé. « Merde, merde, merde, » glapit-il, se dépêchant d'ajouter les brindilles et les fleurs de prunier ainsi que les dents de mangoustes juste avant qu'une autre grosse bulle vicieuse éclate à la surface. Il y parvint juste à temps et sursauta une nouvelle fois quand une toute petite dent transperça une bulle naissante. Respirant fort, Harry essuya ses paumes moites sur son pantalon, puis frémit quand le tissu fripé appuya sur son début d'érection. Bon Dieu, il lui faudrait faire une pause dans peu de temps ou c'était LUI qui allait putain d'exploser !

Snape reposa le magasine sur le bureau, en train de lire désormais, non plus regardant les photos. Le début du journal, où les lettres sur les fantasmes se trouvaient. Harry déglutit de nouveau, essayant de se rappeler si ce journal était avec celui sur les Glory Holes. Bientôt… Bientôt…

La potion devint bleue et commença à tournoyer doucement sur la droite, comme si elle était aspirée de l'intérieur. Harry retint son souffle, s'accrochant à sa baguette si fermement qu'elle tressautait dans sa main. Le plus fort des sorts de protections qu'il connaissait restait bien accroché dans son esprit—parce que si la chose explosait ou bouillait, il allait en avoir besoin. Il murmura le sort quand une autre bulle toute aussi énorme et lisse commença à se former juste au milieu du vortex. Frémissait-elle ? Il ne pouvait pas le dire. Devait il relancer le sort ? Devait il attendre ? Devait il courir dans l'autre pièce et espérer arriver au bon moment ?

« Allez… » chuchota-t-il à la bulle quand elle se maintenu à la surface, ancrée au centre du chaudron par le tourbillon de la potion, « Allez, bébé… tu peux le faire… » Les reflets du liquide irisant la surface de la sphère ralentirent et se foncèrent légèrement, et Harry retint son souffle. Est-ce que cela marcherait cette fois ?

Snape s'agita de nouveau et cette fois le pied de sa chaise grinça contre le sol en pierre. Harry jeta un coup d'œil, hallucinant de voir que Snape avait déboutonné ses manchettes et relevé les manches de sa chemise également.

Puis, dans un bruit de carillon, la bulle de protection éclata, et tous ses fragments s'éparpillèrent à la surface de la potion, telles des feuilles mortes sur un étang.

« MERDE ! » S'attendant à un autre résultat, Harry donna un coup de pied à son tabouret, l'envoyant valser conte le mur tandis qu'une autre bulle se formait dans la potion, refusant fermement de se comporter autrement que comme une bulle.

« Potter ? » L'appela Snape, « Qu'êtes-vous en train de faire dans mon laboratoire ? »

« C'est rien, » lui répondit-il, passant une main dans ses cheveux, « Je suis tombé. Ne vous inquiétez pas pour ça. » Snape, déjà à moitié levé de sa chaise, fronça les sourcils en direction de la porte. La gorge d'Harry s'assécha quand il aperçut l'indubitable bosse que faisait l'érection de Snape sous son pantalon.

Il regarda furtivement sa potion, faisant calmement des bulles toute seule, comme si elle était seulement un peu moins chaude et moins sous pression qu'un volcan, puis il tourna les yeux vers Snape, qui était maintenant en train d'envisager la porte de la salle de bain. Une main pâle était légèrement posée sur son aine, comme s'il n'osait pas appuyer plus fort…

Et Harry se décida. Il lança un sort de statisme sur le chaudron, baissant la température et la pression, et installa un sort de bouclier tout autour de la table de travail. Snape le tuerait s'il savait qu'Harry partait en laissant derrière lui une potion toujours active, mais Harry n'avait pas gagné au Quidditch toutes ces années en ignorant ses instincts quand ils lui disaient de tenter le coup, n'est ce pas ?

« C'est le moment de laisser mijoter tout ça un peu, » dit Harry, s'échappant du laboratoire et prétendant ne pas avoir noté à quelle vitesse Snape s'était réinstallé derrière l'abri qu'offrait son bureau. « Où en êtes vous alors ? » Il s'appuya contre le dossier de la chaise de Snape et sourit à la page qu'il découvrit. « Ahhh, Jason. Elle est chouette celle-là. Je ne savais pas si vous préfériez le type petit et svelte ou les baraqués. Il est pile poil entre les deux et ces yeux bleus vous attirent, hein ? »

« Je vous gêne, Potter ? » Snape referma le magasine, une furieuse couleur écarlate lui brûlant les joues quand il se retourna à moitié de sa chaise.

« En fait, vous pourriez peut être aimer celle-ci avec Patrick et… oh, c'est quoi son nom déjà ? » Harry attrapa un autre magasine. « Daniel, c'est ça. » Il l'ouvrit à une page déjà bien écornée et le laissa tomber sur le bureau. « J'apprécie particulièrement ses fesses, » sourit Harry tandis que le sorcier sur la photo remuait son fessier au compliment.

« Potter… » La voix de Snape craqua un avertissement, Harry virevolta, appuyant ses hanches contre le bureau à côté de la chaise de l'homme, et inclina sa tête pour le regarder, parfaitement conscient que son mouvement plaçait la bosse de son pantalon inévitablement dans le champ de vision de Snape. Snape le remarqua aussi et la menace mourut sur ses lèvres.

Harry se força à garder un visage neutre, sa respiration calme et mesurée alors qu'il voyait ces yeux noirs tracer le renflement de son sexe tendu contre sa cuisse. Son regard était presque tangible—si focalisé et concentré qu'il pouvait brûler, et Merlin, il était difficile de ne pas frémir sous son intensité, mais Harry ne flancha pas. Non, avec la même patience qui avait mené Nagini à sa perte, Harry patientait en silence que ces yeux noirs ré-atteigne son visage. Et même à ce moment là, il ne parla pas non plus, bien que le regard meurtrier de Snape le lui demandait. Non, il attendit, respirant difficilement, jusqu'à ce que ces lèvres exsangues craquent.

« Potter, n'osez même pas—

« A qui je pourrais le dire, Snape, » questionna-t-il doucement, sentant l'assurance s'installer dans sa poitrine comme le doux réchauffement du Felix Felicis quand la rage dans les yeux de Snape s'estompa en quelque chose de plus prompt et furtif. « Une blague n'est pas bonne sans audience, hein ? Une plaisanterie a besoin de quelqu'un pour en rire. Avec qui je pourrais rire de vous ? Avec qui je passe mon temps ? A qui je parle ? Avec qui je bois des coups ? »

Harry posa sa main sur l'épaule de Snape, doucement, facilement, comme s'il touchait l'homme tous les jours. Snape suivit son mouvement et ses muscles sursautèrent sous la paume d'Harry tel le flanc d'un Hippogriffe anxieux. Harry la laissa là où elle était ; une hardiesse, une invitation, une promesse, une menace. « Il n'y a que vous, » dit-il. « Alors vous serez le seul à savoir ce qui se passe ici et vous serez le seul à vous en soucier. »

Il y eut une étincelle dans le regard de Snape. Pas plus qu'un petit tressaillement, mais Harry le vit, et Snape savait qu'il l'avait vu. Il ferma les yeux, prit une petite inspiration fébrile. « Je saurais, » agréa-t-il, sa voix était dure comme un roc. « Et je m'en soucierais. »

« Alors, ne me donnez pas matière à rire. »

Harry attendit, comptant ses battements de son cœur jusqu'à ce qu'il sente un doux frémissement passé dans sa paume. La tête de Snape s'inclina, une fraction de seconde, en reddition, et Harry laissa son sourire triomphant s'afficher. « Allez, Snape, » urgea-t-il, donnant une légère pression à son épaule avant de retirer sa main. « C'est juste des images cochonnes. Rien d'effrayant. »

« Effrayant ? » Le regard de Snape se re-durcit, comme si soulagé par la provocation.

Harry sourit en voyant ça. « Ouais. Effrayant. Ne me donnez pas une raison pour vous appeler un trouilla— » il haleta, et dut réfréner un gémissement quand la main de Snape attrapa et serra son sexe contre sa cuisse avec une poigne d'acier.

« Appelez moi comme ça, Potter, » dit l'homme entre ses dents tandis qu'il faisait grincer sa chaise contre le bureau, « Et le sexe sera la dernière chose que vous aurez en tête… »

Harry ferma ses yeux et ne s'ennuya pas à supprimer le frisson lubrique qui parcourut son corps. La voix de Snape prenait une intonation foutrement sexy quand il faisait des menaces ! « Alors, montrez moi ce que vous avez vu, voulez vous, » risqua-t-il, se forçant à s'incliner contre le bureau et surtout ne pas pousser ses hanches vers cette main. Cela faisait si foutrement longtemps que quelqu'un n'avait pas touché Harry que même une caresse grossière contre son pantalon était suffisante pour le rendre complètement dur.

« J'ai cru que vous m'aviez dit que le voyeurisme était trop avancé, » dit Snape, comblant l'espace entre lui et Harry, dans un effet semblable à une centaine de paires d'yeux braquées sur lui pendant un match. Un de ses doigts traçait la longueur du sexe d'Harry, et de nouveau, Harry ne réprima pas sa réaction. Snape avait besoin de voir ça, réalisa-t-il, avait besoin de voir que baisser sa garde ne signifiait pas péril, que profiter du plaisir n'était pas épeler le mot honte. Snape avait besoin de cela. Harry en avait besoin aussi.

« C'était 'exhibitionnisme', » haleta Harry, « Et vous semblez être un étudiant assez avancé, alors… Hé ! » Cria Harry quand Snape défit brusquement sa braguette et déboutonna son jean. Il n'était pas sûr d'être absolument certain d'être prêt à être déculotté par le maître des potions là tout de suite, branlette amicale ou non ! Mais Snape répondit seulement à ses protestations par un regard froid tandis qu'il se réinstallait dans sa chaise et commençait à défaire ses propres boutons.

« Je suis un Serpentard, Potter, » la voix de Snape trahissait son appréhension dans son ton poli et son inflexion parfaitement huilé. Personne n'avait jamais été aussi vibrant en mettant ses mains dans son pantalon et Harry le savait foutrement bien. « Je suis assez vieux pour être votre père, j'ai enseigné à des délinquants pendant presque vingt ans et je ne serais certainement pas le seul homme dans cette pièce avec son pantalon baissé ! »

Confiance restaurée, Harry répondit à Snape du même ton poli avec un sourire. « Et donc je suppose que puisque je suis un Griffondor, assez jeune pour être votre fils, et que j'ai vécu pour voir au moins trois de mes ex amants et un parfait étranger offrir des détails exclusifs sur mes supposées prouesses sexuelles à la Gazette du Sorcier, vous vous attendez à ce que je vous laisse en plan ? » Snape acquiesça simplement et Harry commença à rigoler.

« D'accord, d'accord, » dit-il, étirant sa jambe à gauche de la chaise de Snape, chevauchant les genoux de l'homme, et se pencha avec soulagement vers sa jambe gauche pour libérer son sexe de son enveloppe serrée de Denim, « Mais vous devez me montrer ce que vous préférez. » Les sourcils de Snape se haussèrent encore plus haut et Harry roula des yeux. « Dans les magasines, idiot. »

« Pourquoi le devrais-je ? » Le regard de Snape devint suspicieux. « Ce ne sont que des photographies. Elle se ressemblent toutes. » Sa main recouvrait toujours la plus grande partie de son sexe, le serrant contre son ventre, ainsi le gland gonflé et violet ne dépassait pratiquement pas des les manches de sa chemise. Mais même avec ça, Harry était raisonnablement certain que la dimension alléchante qu'il avait imaginé lors de sa précédente entrevue du pantalon tendu de Snape n'était pas si éloignée de ça. Dommage pour l'insistance de Draco sur la plus grosse taille des Sang-Purs…

« Parce que, » Harry reporta avec regret son attention sur le sujet et sa voix devint un peu rauque quand il fit glisser ses doigts le long de l'arête bombée de son propre sexe. « Si je ne sais pas ce que vous aimez regarder, alors comment pourrais-je deviner ce que vous aimez faire ? »

« Potter, je ne peux pas deviner ce que je devrais aimer faire, » rétorqua l'homme, suivant des yeux les doigts d'Harry avec une attention pesante et absorbée que trahissait sa voix caverneuse.

Si cela avait été n'importe qui sauf Snape, Harry l'aurait supplié pour une caresse, pour une pipe, de renverser Harry sur le bureau et de le baiser profondément. Si cela avait été n'importe qui d'autre dans cette chaise, Harry aurait déjà été consumé directement sur les magasines du bureau et ne se serait même pas soucié d'avoir collé les pages entre elles. Mais il y avait quelque chose de fragile dans le regard de Snape qui fit réfléchir Harry. Ou peut être était-ce la façon dont il était assis sur sa chaise, calme et étendu, mais faisant son possible afin de ne pas toucher le pied qu'Harry maintenait toujours sur l'accoudoir, ou n'y jetant même pas un regard. Ou peut être était-ce la façon dont ses longs doigts tachetés reflétait soigneusement et artistiquement la propre poigne d'Harry, comme s'il le défiait de critiquer, ou même de rire.

Comme si quelqu'un pouvait rire d'une queue pareille ! Elle était plus longue que la moyenne de ce qu'Harry avait déjà vu, entre ses amants et sa collection de porno. Ron devait le battre en longueur d'un petit peu, mais le sexe de Snape était épais. Juteux, et violacé par le sang, s'arquant avec défiance du pantalon ouvert, avec une incurvation prometteuse qui faisait frémir l'intérieur d'Harry juste en la voyant. Pendant un instant, il haït définitivement Remus pour la possibilité d'avoir ce sexe à portée de main constamment.

Puis il entraperçut le regard nerveux de Snape, et se souvint qu'avoir une queue sympa était une chose, mais savoir quoi faire avec en était une autre. Et lui apprendre telle est ta tache, Harry, espèce de petit veinard, se remémora-t-il pour lui-même.

« Bon alors, vous devriez plutôt me montrer qui vous intéresse, comme ça je pourrais vous aider à deviner, » dit Harry au final, s'arrêtant dans sa légère masturbation pour passer son prépuce sur son gland chaud et coulant. « Maintenant, sans y repenser, montrez moi ce qui vous a accroché l'œil, d'accord ? » Les yeux de Snape se plissèrent ce qui trahit presque la palpitation nerveuse de son sexe entre ses doigts. Harry le toisa, se forçant à rencontrer ce regard suspicieux, alors que ce qu'il voulait faire était regarder la petite perle de liquide séminal croître sur le gland moite et délicieux du sexe gonflé de Snape.

Quand même, il réussit à se faire surprendre quand Snape se releva dans sa chaise, et se pencha près de la hanche droite d'Harry. Quand ses cheveux frôlèrent le sexe d'Harry tandis qu'il attrapait un magasine de la pile, Harry dut enfoncer ses doigts dans la table pour s'empêcher de jouir de suite.

« Lui, » dit Snape, lançant le journal ouvert sur les jambes d'Harry.

Harry leva un sourcil, soulagé que la distraction lui laisse reprendre son souffle. « Vraiment ? » Il inclina son visage, considérant le mince homme noir, « Et bien, je peux voir pourquoi. Un peu le même genre que Zabini surtout la bouche, vous ne trouvez pas ? »

« Quoi ? » Snape regarda de nouveau, puis tourna la page. « Je veux dire celui AVEC lui. Le blond. »

Oh. Ce blond. Le blond que même Draco trouvait qu'il lui ressemblait… Dans le magasine qu'Harry avait presque failli brûler quand il avait surpris la paire ensemble. Ouch.

Harry sentit à nouveau les yeux de Snape sur lui, et se força à sourire, bien qu'il pouvait lui-même dire que c'était un peu trop forcé. « Je l'ai toujours aimé aussi. Qu'est ce que vous-- » il déglutit, essaya de se reprendre et recommença, « Qu'est ce que vous aimez chez lui ? »

Snape inclina sa tête, considérant les photos. Cette fois-ci Harry se permit de jeter un coup d'œil au sexe de l'homme—c'était beaucoup mieux que de regarder les pages sur ses genoux. « J'aime qu'il soit gracile, pas trop grand, et pas trop athlétique, » répondit Snape après une pause, « Un corps d'Attrapeur. Très flexible. »

La gorge d'Harry se resserra au souvenir. Snape devait savoir ce qu'il était en train de lui faire. Il devait. « Et sa bouche est assez tolérable également, » continua Snape, et oui, Harry pouvait voir le coin de la bouche du bâtard se soulever avec malice quand il retraça les lignes de la photo avec un de ses doigts.

« Il semble apprécier de faire profiter de ses talents oraux. Etrange qu'il ne semble pas avoir de réflexe pharyngé par contre… »

Et Harry ne put endurer plus. Pas sans hurler, ou exploser quelque chose. Pas sans balancer toutes les magasines le plus loin possible. A la place, il prit le journal sur ses genoux et le jeta par terre.

« Dois-je comprendre que vous avez complété vos 'évaluations' alors— » commença à dire Snape, ne cachant même pas le rictus dans sa voix.

« Oh, je sais ce dont vous avez besoin, d'accord, » grogna Harry, mais au lieu de donner à l'homme un coup sur la tête, il se pencha pour attraper le poignet de Snape et l'écarta de lui.

Snape sursauta et frémit lorsque les doigts d'Harry s'enroulèrent autour de son érection, ses yeux mi-clos et lançant un regard sauvage quand il souffla, « Potter, par tous les diables, qu'êtes vous—

« Appelez ça un examen surprise, » Harry ramena son autre pied sur la chaise de Snape et se rapprocha, empêchant efficacement toute tentative d'évasion. Si Snape voulait partir, il aurait à le demander. « Puisque vous vous ennuyez clairement avec la leçon, je pense qu'il est temps de vous accorder un petit plus. » Harry enroula avec ses deux mains la queue généreuse et turgescente ; et caressa, vers le haut avec sa main gauche, et vers la toison noire et les testicules avec la droite. Snape agrippa les cuisses d'Harry et frissonna.

« Un examen… » Le souffle de Snape était un grondement dans l'oreille d'Harry et partit en flèche dans son érection. Ou peut être était-ce la pression des doigts de Snape, enfoncés comme des griffes dans les jambes d'Harry. Ou bien la façon qu'il avait de retenir son souffle à chaque fois que son sexe cognait avidement contre son ventre.

« Ouais, » dit Harry, passant le pouce sur le liquide séminal poisseux, et aimant la façon dont cela fit frémir Snape, « Je pense que vous n'avez pas oublié comment m'embrasser… ? »

Il n'avait pas oublié. Oh, Merlin, il n'avait pas oublié du tout, et tel un étudiant particulièrement doué, Snape porta les bases qu'Harry lui avait apprises à un nouveau niveau enivrant. Il se redressa dans sa chaise dans un mouvement lent et contrôlé, serré et cambré—une force d'une nature très prometteuse, vraiment. Harry en oublia presque de garder ses mains en mouvement quand les longs doigts de Snape se faufilèrent dans ses cheveux, maintenant sa tête pour approfondir le baiser.

Oh, putain de génial, ça l'était ; les mains pleines de queue, la bouche pleine de langue, le cerveau plein d'envies brûlantes, et les poumons plein de rien du tout, car il n'avait même pas envie d'essayer de se reculer pour respirer. Harry ne pouvait pas se rappeler de la dernière fois où il avait été aussi chamboulé. Même sans rien sinon le pan de sa chemise touchant son sexe, il était presque sur le point de jouir.

Les cris urgents et affamés que Snape faisait dans sa bouche, les morsures et les effleurements de ces dents vicieuse contre sa langue et ses lèvres. Le sexe—mon Dieu, le sexe entre ses mains, humide et dur, la torsion de ce tendon de velours qui ne faisait rien d'autre que de brûler ses paumes à chaque friction. Harry aurait voulu se dégager du bureau et le prendre dans sa bouche de suite, si ces mains ne le maintenait pas aussi serré, si cette langue arrêtait de s'enrouler autour de la sienne, si ce corps fin et raide ne le coinçait pas contre le rebord du bureau, fébrile… tremblant…

Snape rompit le baiser pour une précieuse bouffée d'air, ses hanches bougeant désespérément, son sexe se durcissant encore plus dans la poigne d'Harry. Le regard de l'homme était incendiaire, ses lèvres moites et meurtries et entrouvertes alors qu'il haletait, ses mains agrippant les tempes d'Harry si fort qu'elles lui donnaient le vertige. « Vous— » chuchota-t-il « Je vais— »

« Ouuuuuiiii, » les yeux d'Harry papillonnaient et il se redressa afin de pouvoir retrouver la sensation fantôme de ce baiser.

Avec un cri rauque, Snape l'embrassa une nouvelle fois. L'embrassa et jouit presque instantanément—tremblant contre le torse d'Harry pendant que son sexe lourd tressautait et envoyait son liquide chaud, sur ses mains, sa chemise, son ventre, son putain de menton, également. Bordel ! Harry buvait les bruits affamés de Snape et arriva tant bien que mal à garder ses mains en mouvement, pressant les dernières convulsions frémissantes de l'orgasme de l'autre l'homme plutôt que de s'occuper du sien comme il le désirait pourtant si ardemment.

Pour sa part, Snape continua à l'embrasser, mais de manière plus distraite désormais, avec douceur, son corps tendu laissant place au délicieux état post-orgasmique plus léger et flottant, avec quelques spasmes comme seuls souvenirs de sa tension précédente. Putain de merde.

Puis une grosse goutte de sperme dégoulina de la chemise d'Harry et atterrit dans un 'plop' directement sur le gland de son sexe toujours chaud, extrêmement lourde lorsqu'elle glissa sur le prépuce, et là ce fut. Putain. De trop ! Dans un cri étranglé, Harry se raccrocha au baiser sensuel, enroula ses deux mains autour de sa propre chair désespérée et parvint à son orgasme en trois coups brusques.

Snape supporta les épaules d'Harry quand il jouit—ce n'était pas un enlacement, mais néanmoins un fort point d'ancrage alors qu'Harry rendait les armes en criant sa libération bien méritée. Les mains de Snape ne bougèrent pas jusqu'à ce que Harry s'arrête de trembler, après ça, l'homme se ré-adossa dans sa chaise lâchant un long soupir chargé.

Harry offrit un rire frissonnant en agrément, puis sortit sa baguette de sa poche pour faire disparaître les tâches copieuses sur le bas de sa chemise et de son pantalon. Il récita l'incantation à voix haute, sachant que Snape aurait mémorisé le charme la prochaine fois qu'une chose comme celle-ci arriverait, et puisqu'il y était de toute façon, il nettoya les zébrures sur les robes noires de l'homme dans un geste de baguette langoureux.

Le magasine, qui avait atterrit presque sous eux, et qui avait souffert de quelques gouttes malencontreuses, Harry le laissa. Il prit un plaisir secret et pervers de voir la photo malheureuse dont Snape s'était servi pour le tourmenter ruinée.

« Très bien alors, » dit il, mettant sa baguette de côté afin de pouvoir relever son pantalon et refermer sa braguette, « Des questions ? »

Snape leva les yeux au ciel, mais ne parvint pas à cacher entièrement son sourire de contentement sous un sarcasme. « Je me suis déjà masturbé auparavant, Potter, » grogna-t-il, reboutonnant ses propres robes.

« Alors vous saurez quoi me faire la prochaine fois, n'est ce pas ? » répliqua avec aplomb Harry, se remettant sur ses pieds et s'étirant. Son coccyx était endolori d'avoir était perché sur le rebord du bureau, alors il fit quelques pas, puis s'étira le bas du dos en se penchant pour attraper ses pointes de pieds.

Snape fit un son qui aurait pu être un rire, puis s'étira lui aussi, ses grands pieds poussant le magasin abîmé hors de sa vue sous le bureau. Harry garda son sourire pour lui-même. Puis Snape grogna et ramena ses pieds vers la chaise. « Potter, » dit-il dans une espèce de grommellement interrogatif, « Que faisiez vous précisément dans mon laboratoire ? »

Je perdais mon temps, apparemment, pensa Harry avec une petite note de regret. Néanmoins plutôt que de le laisser paraître sur son visage, il continua à s'étirer, jusqu'à ce que ses crampes le brûlent. « Oh, vous savez. J'ai travaillé sur cet insaisissable outil de protection à propos duquel on arrête pas de se disputer, » dit il en regardant ses genoux. « J'ai fait fondre du verre et lancé des sorts. »

« Ainsi donc cette lueur bleue que je vois sous la porte est ce que vous aviez espéré ? » Snape ne semblait pas convaincu.

Harry se releva si vite qu'il eut des vertiges. « Vous me faites marcher, » accusa-t-il, regardant désespérément l'homme nerveux, gardant son corps dos à la porte, là où il savait avoir laissé la mixture de sa potion loupée inerte et absolument PAS rayonnante. « Snape, si vous vous foutez de moi… »

« Et à qui, » demanda Snape sarcastiquement, « exactement, le dirai-je ? »

Harry le regarda avec de grands yeux pendant au moins trois secondes, puis il outrepassa le bureau et partit en courant vers la porte du laboratoire… pour trouver une constellation de sphères parfaites et rayonnantes répandues dans les airs, se cognant et se frottant les unes contre les autres dans un doux tintement quand elles s'envolaient, tombaient, se mettaient en orbite.

Alors qu'Harry regardait bouche grande ouverte, une nouvelle protection jaillit du chaudron presque vide, resta en équilibre sur le bord, encore tenue par un cordon, puis se détacha dans un bruit proche du baiser. Il rit fortement, délecté de voir la sphère rejoindre les autres.

« Vos résultats désirés, je présume ? » demanda Snape alors qu'il s'appuyait contre le chambranle.

Harry acquiesça, toujours souriant quand il inspecta le chaudron. Il commençait à se déformer à cause de la chaleur et de la pression, et Harry fit note de regarder les possibilités d'utilisation d'un chaudron en pierre la prochaine fois qu'il essaierait. « Ouais, finalement ! »

Snape fit un bruit sourd. « Une pièce remplie de bulles de verre… je me sens déjà en sécurité. N'était-ce pas vous qui vous plaigniez de la fragilité du cristal de roche ? »

« Le cristal de roche est trop fragile, parce qu'il ne donne aucun flux. Mais essayez de casser une de celles-ci ! » osa Harry.

« Mais bien sûr, » répliqua Snape, croisant ses bras sur son torse, « VOUS les avez enchantées, VOUS les testez. »

Et Harry était assez excité pour le faire. Un léger sort cuisant—quelque chose qui aurait brisé une vitre ou un verre normalement. Mais sa victime désignée l'absorba, changea de couleur, puis relança le sort en direction d'Harry sous la forme d'un jet de lumière.

Harry était toujours en train d'hurler de rire et de contentement quand Snape vint le récupérer par terre cinq minutes plus tard.

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A suivre

--Modifié le 18/07/08