Rating : M

Prairing : HP/SS, un peu HP/DM (mais juste un peu et pas forcément pour le bonheur d'Harry) et quelques autres sous-entendus.

Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de la sémillante Cluegirl, moi je traduis seulement…

Spoiler : tome 6

Avertissements : Ceci est un slash, c'est-à-dire deux fringants (enfin pas si frais que ça dans cette histoire) jeunes hommes en train de batifoler dans la nature. Cette fic a un rating M, ne perdez pas ça de vue.

Note de la traductrice : Le lien vers l'histoire originale est toujours disponible dans mon profil.

Note pour ce chapitre : Les passages originellement raturés en VO sont comme ceci (bla bla).

Je vous fais mes plates excuses pour ce petit retard. J'avais une dose de caféine létale pour un mammouth pour finir la traduction du chapitre hier soir… j'ai commencé à bien traduire en français dans ma tête mais je réécrivais les passages en anglais sur ma page word… Dans ces cas là, il vaut mieux que j'arrête.

Faites bien attention aux dates… Je vous souhaite une bonne lecture !

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Everybody's fool - - Chacun sa folie

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Chapitre 11 : Cette corrosion

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A l'attention du (Directeur Nigellus)

(Directeur Dippet)

(Directeur Dumbledore)

(Directrice McGon… Oh, par les Saintes Couilles, quelque soit le gusse qui est en charge maintenant !)

A l'attention de celui qui est concerné,

Il a été porté à mon attention que je suis décédé.

De même, il m'a été suggéré que cela était le cas depuis quelque temps, ce qui explique, je suppose, l'état particulièrement scandaleux de l'uniforme des étudiantes—chevilles dénudées, par tous les diables ! Un tel étalage aurait poussé n'importe quelle décente jeune sorcière à plonger la tête la première dans un lac de mon temps, soyez en assuré ! Cependant, j'ai été informé dés à présent que de telles… robes… sont choses communes, et acceptées, et même sobres comparées à l'accoutrement du week-end. Communes, mon Dieu ! Autant que les dispositifs de cheminette manuels, les cigarettes de tabac, les petites machines de ménestrels, et désormais, quelques décidemment étranges portoloins flottants patrouillant dans les halls de Poudlard, et ravissant des professeurs se mouvant (même si décédé) pour un bavardage inattendu (et extrêmement informatif) avec le Choixpeau Magique et une salle pleine de peintures !

Quelle révélation décevante, je dois dire. Quelqu'un est en droit de supposer qu'un de ses collègues pourrait trouver judicieux d'informer ce même quelqu'un d'un semblable évènement tel la longueur de son appréciation de son état trépassé ! Dans l'esprit de la dignité académique, si ce n'est dans celui de la quiète camaraderie. Après tout, la nature de quelqu'un vivant doit logiquement s'altérer drastiquement post-mortem, pas moins du reste que l'état de sa pension de retraité. Ce sur quoi je ne suis pas même certain, à présent, si le dépôt fait à mon compte chez Gringotts depuis mon expiration a été réalisé sur la base de mon salaire ou de celui d'une retraite. Bien que, je présume, ne pas être capable de porter la clé de mon compte à Gringotts pour m'en enquérir en personne.

Assez vexant. Certes assez vexant.

Quoique cela apporte une nouvelle lumière sur le tunnel particulièrement éclairé qui est apparut à intervalles réguliers dans mon bureau et mes quartiers ces dernières décennies. En fait, il est de mon intention, avant la prochaine manifestation du tunnel, de conduire une investigation appropriée sur ses propriétés et éventuelles destinations.

A cet effet, je trouve plus prudent de résigner mon emploi actuel à Poudlard en vue de ce futur prévisible. Je suis certain que, le temps étant si avancé, et raisonné tel que le Choixpeau Magique et les portraits de quelques Directeurs émérites m'ont informé l'être, qui que soit étant en charge de ce foutu endroit ne devrait pas avoir de problème pour me trouver un remplaçant. Le jeu n'en valant pas la chandelle, je recommande le Baron Sanglant, présumant que vous pouvez lui donner un travail qui ne nécessite pas de salaire. Il fut intéressé une fois ou deux, après tout, et ne devrait pas avoir de problème pour museler les choquants petits monstres.

Je devrais dire que je ne regretterai pas le temps que j'ai passé à Poudlard, seulement il me semble que ma mémoire et mon attention ne sont plus ce qu'ils ont été, pour ainsi dire, je souhaite le meilleur pour ce vieil endroit et à tous ceux qui l'aiment.

Sincèrement,

Professeur Cuthbert Binns. Décédé.

Maître d'histoire de la Magie, membre de l'Ordre d'Earbob, de la Chevalerie de Llamfada, et de la Société de Recherche et de Protection des Gobelins.

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15 Octobre

« Alors, c'était les prémisses d'une bataille ? » Songea Minerva, sirotant le savant breuvage qu'elle servait aux visiteurs de son bureau.

Shackelbolt secoua sa tête et mit plus de sucre dans sa tasse à thé. « Tentative d'enlèvement, sans regarder sa motivation, Arturo de Castillo est bien connu sur le Continent pour être un sorcier à la limite de la légalité, s'y j'en crois les fichiers que les Espagnols ont envoyé. Il possède une belle collection de réprimandes, amandes et comparutions, qu'il est apparemment parvenu à acheter au fil des ans. J'peux pas dire que je blâme sa femme de l'avoir quitter, vraiment. »

« Alors nous devons nous attendre à plus d'embêtements de sa part, jusqu'à ce qu'il parvienne à avoir son fils sous contrôle, je suppose, » grogna Snape. « La mère est-elle surveillée correctement au moins ? » Car, après tout, droit de garde ou non, le père serait le plus proche parent, si la mère du garçon mourrait inopinément.

« Evite l'enseignement pour les gosses, Snape, » retourna Shackelbolt sans plus d'animosité. « Nous avons placé son appartement sous protections depuis des semaines maintenant. C'est comme ça qu'on a attrapé Castillo, en fait. Il y est allé trois jours après que toi et Potter ayez déjoué l'enlèvement au portoloin et nous l'avons alors appréhendé. »

« Extradition ? » Demanda Minerva, comme si la pensée ne lui avait pas faite considérer la violence. Severus n'était pas dupe, alors qu'il pouvait voir ses pieds remuer sous le bureau, comme l'aurait été sa queue zébrée, eut-elle été sous sa forme animagus.

« Pas cette fois. » Les dents de Shackelbolt étincelèrent, un flash blanc et satisfait. « Castillo a créé un portoloin illégal sur le sol britannique, l'a utilisé pour tenter de kidnapper un citoyen britannique mineur, blessé un héros de guerre britannique très populaire en le faisant et nous l'avons attrapé en plein Comté d'Aberdeen. Les autorités espagnoles sont plus que ravies de nous laisser prendre soin de lui. »

« Et il n'a pas tellement d'amis complaisants dans le système judiciaire anglais que dans celui espagnol, je suppose. »

« Ainsi, il ne mettra pas seulement un pied dans une geôle cette fois-ci, il y restera, jusqu'à que son fils soit trop âgé et entraîné pour être enlevé sur un terrain de Quidditch. » Shackelbolt acquiesça. « Bien que je me demande toujours comment il est parvenu à faire entrer ce portoloin ici. N'avez-vous pas dit qu'il n'était pas autorisé dans l'école ? »

« Il ne l'est pas, » se renfrogna Minerva, coupant court à la réplique sanglante de Severus, « Et il n'y était pas, non plus. J'ai mis Mr Castillo sur liste noire depuis la nuit où il a tenté de s'introduire dans le dortoir de Serdaigle pour prendre son fils avec lui. Il a dû demander à un compatriote d'amener son portoloin assez prêt pour le libérer. »

« La liste des invités était arrêtée, » lui rappela Snape, fronçant des sourcils.

Shackelbolt faisait écho à son expression. « Ce qui veut dire que nous sommes toujours à la recherche d'un complice alors… »

« Pas nécessairement. » Et par les couilles de Merlin, Severus détestait admettre cela. Il n'était d'aucun confort de voir la lueur irritée et aiguisée dans les yeux gris de Minerva, non plus. Elle n'avait pas oublié la duplicité de Bartemius Croupton Jr. Pas plus que Severus.

« Polynectar, » siffla-t-elle, se redressant droite dans sa chaise. « La liste des invitée à été clôturée il y a cinq semaines. »

« Tout le temps qu'il faut, » gronda-t-il, ignorant le regard spéculatif de l'auror naviguant entre eux. « Je ne peux pas avancer pour sûr que les protections peuvent être jouées de cette façon, mais je devrais commencer la préparations de tests sur cette théorie une fois que… » ici il lança un regard à Shackelbolt. « Présumant que ma licence de potion ait été restaurée à son statut d'avant-guerre. »

Le long regard silencieux de Shackelbolt fut une réponse suffisante. Severus regarda ailleurs en premier, grognant une invective sous sa barbe tandis qu'il combattait l'envie d'hurler.

Minerva, toutefois, ne sembla pas encline à tant de réserve, et accrocha l'auror avec un regard d'acier quand elle dit, « Vous êtes un héros de guerre, Severus. Vous avez autant de droits qu'aucun autre ancien élève de Poudlard de préparer du Polynectar. »

« Madame la Directrice—

« Et, » dit elle surmontant la protestation de Shackelbolt, « Etant donné votre statut de co-exécuteur à la Sûreté de l'Ecole, je ne vois pas d'empêchement légal pour vous approvisionner en ingrédients qui vous sont requis pour faire votre travail. Je suis certaine que le Ministère de la Magie sera d'accord avec moi que la sécurité de nos pupilles n'est pas une occupation moindre en tant de paix qu'elle l'était pendant la guerre. »

L'auror gloussa et s'arrêta avec un mouvement de tête apologique. « Je suis certain que vous n'aurez aucun problème à faire comprendre votre point de vue, Ma'am, » concéda-t-il. « Mais je ne prétendrais pas que cela ne graisserait pas les rouages un peu plus vite s'il m'était autorisé d'avoir un aperçu du plan sur la structure des sorts avec lesquels vous travaillez ici. Le Ministère sera beaucoup plus enclin de passer outre les potions et sortilèges, questionnables sur la légalité, qui sont installés ici, si je pouvais les assurer que l'ensemble des protections est quelque chose de reconnaissable et non de la Magie Noire. »

« De la Magie Noire protectrice ? » Snape laissa son ton exprimer le reste de l'insulte.

Shackelbolt mit ses paumes en avant, comme s'il était désarmé. « Tout le monde considère de nouvelles possibilités qu'il n'y avait pas auparavant. Votre système de sécurité ne semble pas suivre le schéma des protections classiques, et toi et Potter êtes connu pour vos méthodes peu orthodoxes durant la guerre. Les gens veulent juste être sûr de l'endroit où ils envoient leurs enfants, c'est tout. »

« Shackelbolt, réfrénez gentiment l'envie d'être encore plus condescendant qu'il ne vous ait vraiment nécessaire de l'être, » rétorqua Severus, déposant sa tasse de thé dans un cliquetis. « Vous et moi savons très bien que tout ceci n'est qu'une manigance pour mettre Potter sous le joug du ministère et me renvoyer en cellule ! »

« Snape, ne soit pas para—

« Messieurs, » le crissement de Minerva coupa le début de la diatribe tel un glaive sur une enclume. « Je ne vois pas pourquoi le Ministère viendrait traîner dans nos kilts, cela n'arrivera pas ! » Elle versa plus de thé et ajouta une rondelle de citron dans le breuvage, ses lèvres serrés et enragées comme si elle avait déjà mordu dedans. « Lécher les bottes du Ministère n'est pas plus mon travail qu'il n'était celui d'Albus, et tous vos bureaucrates indiscrets peuvent venir et voir par eux-mêmes, pour tout le bien que cela peut leurs faire. »

Les sourcils de Shackelbolt se haussèrent à ceci. « Vous êtes en train de dire, que vous ne faites pas confiance au Ministère pour leur donner le détail de vos précieuses protections, Madame la Directrice ? »

« Non, à moins que vous me forciez à vous le dire avec plus de mots, je ne leur fais pas confiance. » Severus n'était jamais parvenu à savoir comment elle arrivait à passer d'une expression furieuse à complaisante, sans plus d'un tressautement. Et les gens le disaient lui sarcastique ! « Toutefois, le fait est que jusqu'à ce que Messieurs Snape et Potter aient fait enregistrer leur travail par un officiel de l'Office des Patentes des Sortilèges, sous la protection d'un Serment Inviolable, les détails sur les protections de Poudlard ne seront pas soumis à n'importe quel examen du Ministère. »

Et Shackelbolt, ressemblant à quelqu'un qui appréciait cette joute verbale, se réinstalla dans son fauteuil avec un immense sourire. « Dûment noté. Toutefois, vous réalisez bien qu'à moins de pouvoir expliquer les soudains transplanages de la semaine dernière, je vais devoir vous mettre une amende pour la création de portoloins illégaux. »

Severus leva les yeux au ciel, mais étrangement Minerva sourit simplement. « Maintenant Kingsley, en tant que membre de l'Ordre, ne pensez vous pas—

Le sourire de Shackelbolt s'étendit un peu plus. « Maintenant ne me dites pas que d'un côté vous ne me croyez pas, mais de l'autre vous me demandez de vous croire, Minerva McGonagall, » la prévint-il.

Severus la regarda attentivement et leva les yeux au ciel de nouveau, tandis qu'il surprit les yeux de la fichue bonne femme en train de scintiller ! « Ce n'est pas ce que j'ai— » commença-t-elle.

Mais Severus en avait vu assez. Il se leva et épousseta les poussières non existantes sur ses genoux. « Nous la paierons. »

L'auror et la Directrice le regardèrent tous deux confus. « Quoi ? » Demanda Shackelbolt.

« L'amende, sale plouc, » grogna Severus. « Peu importe le montant, nous la paierons et avancerons. C'est beaucoup mieux que de rester là assis à vous regarder flirter là dessus. »

« Severus ! » Minerva était scandalisée.

« Flirter ? » Shackelbolt était horrifié.

Severus, cependant, était toujours satisfait. « Nous paierons cette foutue amende, » il les ramena inflexible au principal sujet. « Regardez la vérité en face, Shackelbolt, pendant la guerre, la chose qui nous a coûtée le plus était notre inhabilité à être certain que nos ennemis se tenaient hors de cette école. Nous avions même des ennemis dans le Comité de Direction de Poudlard, par Merlin. Nous ne pouvons pas reproduire cette erreur de nouveau et vous le savez ! »

A son crédit, l'homme n'essaya pas de discuter l'argument de Severus, bien qu'il ne pût résister à être contentieux. « Nous ne sommes plus en guerre, Severus. »

« Ce n'est pas une raison pour être négligent, » maintint-il.

Shackelbolt eut un rictus. « Tu sonnes comme Maugrey. »

« Allez plutôt vous faire foutre par deux fois. »

« Ça te blesse parce que c'est vrai, » lui répliqua Shackelbolt en souriant. Puis il se retourna vers Minerva avant que Severus ne puisse faire à cette affirmation la réponse qu'elle méritait. « Donc, vous n'en avez même pas parlé à l'Ordre, n'est ce pas ? »

« Revenez ici en tant que membre de l'Ordre du Phénix à la place d'auror, Kingsley Shakelbolt, » répondit Minerva, « Et vous pourriez avoir plus d'informations. Toutefois, le Ministère que vous représentez aujourd'hui à un long chemin à faire avant qu'il ne soit approuvé par les standards de Poudlard. » Et là, par tous les Dieux de l'Olympe, le regard de la femme scintilla encore une fois.

Severus grogna de dégoût, mais cela augmenta seulement le rire de Shackelbolt et il passa une main sur son crâne sombre et chauve. « Bien, bien. Mais c'est Harry qui devra payer la facture, puisque c'est le seul à avoir été vu clairement lié à l'incident. Et il devra signer mon rapport d'incident. »

Minerva renifla et posa sa tasse de thé de côté. « Rapport d'incident, certes ! Comme si la Gazette n'avait pas déjà publié trois articles sur ce qui est arrivé ici ! »

« Une de ces histoires est-elle fiable ? » Demanda-t-il.

Severus croisa ses bras sur sa poitrine. « Nous sommes en train de nous référer aux même journaux ou non ? » Grommela-t-il.

« Honnêtement Kingsley, » interrompit Minerva de nouveau. « Vous perdez votre temps sur des broutilles mesquines. Pourquoi ne donnez vous pas plus de considération à mon offre ? Cela serait-il si intenable ? » Severus sentit ses épaules se durcir, son souffle s'accélérer dans un accès de colère—parce qu'il refusait de montrer qu'il était heurté.

L'auror eu la grâce de jeter un regard timide en direction de Severus avant de répondre. « L'offre est… intéressante, mais je suis réellement satisfait avec ma situ—

« Balivernes ! Les bénéfices et le salaire sont plus avantageux quoique puisse offrir le Ministère. Et—

« Et si vous tenez compte de la prime de risque pour le traumatisme attaché à l'enseignement à ces petits imbéciles de la Défence contre les Forces du Mal, » parvint à dire Severus entre ses dents, « Cela peut même valoir le coup. »

Tous deux le regardèrent et il refusa de laisser son tempérament ou sa langue s'emporter. Il savait pourquoi la position ne serait plus jamais sienne de nouveau, tout comme il savait pourquoi elle ne lui avait jamais été offerte mis à part la seule et unique année où Albus avait doucement et longuement dépéri. Il connaissait tous les pourquoi et les comment ; il était convaincu de meurtre, pour tous les services rendus qu'il avait fait pour l'Ordre. Il était toujours soupçonné par beaucoup d'être un traître impuni, mais que soit DAMNER l'enfer des moldus s'il devait prétendre apprécier la situation uniquement pour rendre les gens plus à l'aise à discuter de la chose devant lui !

« Severus, » commença Minerva, son visage contrit. Par delà ses épaules, le portrait d'Albus, réveillé pour une fois, le regardait tristement.

Il serra ses poings et ses dents, et leurs tourna le dos. « Potter était dans la salle du personnel la dernière fois que je l'ai vu, » trancha-t-il, s'approchant de la porte. « Je vais y aller et lui dire qu'il est demandé. » La porte, cependant, ne s'ouvrit pas à son mouvement.

« Madame la Directrice, » prévient-il.

« J'espère vous voir tous les deux pour le souper, Severus, » dit-elle, et pour tout son ton efficient et professionnel, elle ne fit aucun effort pour cacher le regret derrière ces mots. « La liste noire nécessite des modifications—

« Ce dont, en tant que Directrice vous avez pleine autorité pour agir, sans demander l'autorisation à vos foutus employés ! » dit il acerbe. « Alors, vous pouvez m'épargner l'effort de me faire sentir concerné ! »

« Snape, c'est un peu—

« Et vous, » il lança un regard assassin à Shackelbolt en faisant glisser la baguette de sa manche. « Arrêtez de l'évoquer et prenez ce foutu boulot. Personne en fait ne croit que vous êtes assez fou pour ne pas en vouloir ! »

Après cela, il transplana.

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Les sphères enchantées apparurent dans le couloir pas même une demi seconde après que Severus l'ai fait. Il ne s'ennuya pas à s'en émouvoir—laissant Potter tendre ses mains comme si ces fichues choses étaient quelques sortes d'oiseaux. Severus savait qu'elles avaient l'alacrité de lire sa signature magique et permettaient au Choixpeau Magique de vérifier son droit à transplaner sur le sol de l'école, peu importe s'il essayait de l'éviter. Il avait de meilleures choses à faire que de câliner les foutues choses !

Il ressentit une caresse électrostatique quand la sphère effleura le derrière de sa tête, et il put presque entendre le vieux chapeau loqueteux dire son nom quand la touche quitta ses cheveux ; Et bien, et bien, Severus Snape… quelle énigme es-tu…

« Assez, » rabroua-t-il, en se dirigeant dans une envolée rageuse de robes noires vers la pièce du personnel. « Toi, sphère. Potter est-il toujours là dedans ? » La sphère enchantée, toujours rayonnante d'éclairs vert Serpentard, dansa devant lui, puis s'éclipsa, à la vitesse d'un colibri, vers le bout du couloir, où la porte était légèrement entrouverte. Puis elle bondit dans les airs, reflétant du rouge et or. Severus la bannit avant qu'elle n'ait pu donner l'alerte au Griffondor.

Il pouvait entendre une voix quand il se rapprocha, sourde et tendue, flagrante d'hostilité et de défiance. Il adoucit le rythme de ses pas par réaction instinctive. La voix de Potter était un grognement, émoussée et brute comme si maintenue au travers de ses dents. Les réponses étaient langoureuses, sournoises et hautaines, maniant un amusement complaisant comme une gifle dans la figure. Severus s'arrêta net à côté de la porte entrouverte, regarda entre les charnières et referma ses poings.

Changer la liste noire, certes !

« Vas y alors, » Draco Malfoy rit, s'adossant nonchalamment contre la table. « Appelle une de tes petites choses volantes si tu ne crois pas que j'ai le droit d'être ici. »

Severus ne pouvait pas voir le visage de Potter, mais la grippe exsangue de ses doigts sur sa baguette racontait pleinement l'histoire. « Réponds juste à la question, » grinça-t-il, « Dis moi comment tu es passé au travers de la liste noire. »

Le rictus félin de Malfoy ne s'effaça pas quand il fit un show obscène pour manger un sandwich au concombre. « La vieille Mac a mis le Choixpeau sur ma tête quand je suis sorti de sa cheminée dans son bureau ce matin. Il m'a fait un gentil petit discours, me disant que j'étais un vilain garçon et c'était tout. » Il lécha le beurre de ses doigts en dardant sa langue rosée. « Toutes les barrières enlevées, toutes les fautes pardonnées. J'adore ça avec Poudlard, pas toi ? »

Severus se força à respirer silencieusement, mais dans sa tête, il envoya au plus profond de l'enfer qui que ce soit dans le monde qui avait dit pour la première fois à Minerva McGonagall ce qu'était un Retourneur de Temps.

« Tu n'as toujours pas dit ce que tu étais venu faire ici, Malfoy, » dit Potter après un long et froid silence, ses épaules rigides se détendirent dans une attitude plus lasse quand il détourna son regard des manigances du blond. Severus pouvait voir le menton incurvé de Potter sous ses trop longs cheveux et le début de sa joue, rougie par le sang sous l'ombre de ses lunette, la courbe efféminée de ses cils tandis qu'il jetait un regard noir à l'ombre de son ex-amant.

« Apprentissage, Harry, » Malfoy fit couler le nom sur sa langue, comme une caresse. Potter ne flancha pas à cela, mais la tension regagna ses épaules et Malfoy aurait été dément de ne pas se rendre compte de l'effet qu'il avait produit sous la peau de l'idiot. « J'ai décidé d'entreprendre ma Maîtrise, tu vois, et mon Précepteur veut que je fasse mon internat ici à l'école. »

Ce qui veut dire que vous n'avez plus d'argent, ni le travail de vos bienfaiteurs, et que votre mère vous a acheté cette position pour tenter de vous enlever enfin la sucette de la bouche. Pensa Severus, se rappelant de l'essai désespéré de Narcissa de fourguer le morveux dans les jambes de Severus pendant sa sixième année et son inébranlable refus de revenir en Angleterre après que la guerre fut finie. Draco devait certes être désespéré, pour avoir considéré travailler pour subvenir à ses besoins.

« Tu recherches une Maîtrise, » le rire de Potter était un peu aigre. « Et c'est ce que tu étais venu faire à Poudlard la semaine dernière ? Parce que je sais foutrement bien que tu n'étais pas sur la liste des invités pour le tournoi de Quidditch. » Potter attrapa une pomme sur la table, la polit férocement sur sa jambe de pantalon. « Donc tu étais en train de t'arranger avec le Professeur Slughorn, et une fois que tu as eu emballé tout ça dans du miel, tu as décidé d'avoir une altercation avec Ron parce qu'il était à portée de main ? »

Severus dut se retenir de renifler. Horace Slughorn n'avait jamais eu foi en Draco pas plus qu'il n'en avait avec le bas de son ventre. Pas de montagne d'argent, de prix où de loukoums ne l'aurait convaincu de prendre Malfoy pour Tyro (1). Non, il n'y avait qu'un seul enseignant à Poudlard qui aurait pu faire cela.

« Non, j'ai perdu mon intérêt dans la ligue junior de Quidditch depuis que tu as arrêté d'y jouer, Harry, » Malfoy eut un rictus. « Bien que, si j'avais su que je pourrais encore jeter un coup d'œil à ton joli petit cul sur un balai, j'aurais pu être là pour plus qu'une faveur à un ami. Merci Merlin pour les photographes sportifs par contre, hein ? Il faudra que je fasse attention à la sortie de ton calendrier. »

Potter fit un son dégoûté et croqua dans sa pomme comme s'il souhaitait que cela soit le crâne de Malfoy. Le blond sourit à son mastiquage furieux et prit un autre sandwich. « Je ne fais pas de Maîtrise de Potion, de toute façon. L'arithmancie est plus mon truc. Le Professeur Sinistra s'est souvenue de mon travail en tant qu'étudiant ici et était assez impatiente de me prendre. »

Ce qui voulait dire, bien sur, que Sinistra avait voulu de l'argent. Mais encore, étant donné l'état de la fortune des Malfoys après que le Ministère ait fini d'y puiser pour les indiscrétions de Lucius et de Draco, cela ressemblait plus au fait qu'elle ait plutôt pu être tentée par les rumeurs que le fabuleux domaine de la librairie n'ait pas été entièrement vidée par les aurors. Aucun Serpentard avec une position à protéger risquerait la sorte de scandale dont cette fine créature était capable pour de la simple monnaie.

Le reniflement d'Harry suggéra qu'il pensait la même chose. « Et bien, je devine qu'elle s'est trouvée un jouet si elle en veux un. Et ça ne sera pas la première fois que tu te prostitues pour services rendus, n'est ce pas ? »

Severus ne manqua pas l'éclair de rage dont cette vérité éclaira les yeux gris de Malfoy, mais à sa surprise, le garçon la ravala. La seule trace de rage dans son sourire de réponse était qu'il y avait plus de dents que d'habitude. « Tu confesses d'avoir eu recours à des prostitués, n'est ce pas, Harry ? Tss, tss. Que vont penser tes dévoués fidèles ? »

« Quels fidèles ? » Dit Potter à travers ses dents. La main tenant la pomme se crispa, dans l'ombre de la table et les plis de ses robes. Malfoy n'avait peut être pas remarqué les légers tressautements de cette main, ou la prise exsangue de ses doigts sur le doux contour de la pomme mais Severus le fit et cela fit s'incurver ses lèvres.

« Ah oui, c'est vrai, tu te fiches de tes fans dévoués, hein ? » Malfoy se mit en scène en faisant semblant de se souvenir, un doigt manucuré tapant sa lèvre inférieure charnue. « Tu te fous complètement de l'adoration de tous ces gens que tu as sauvé d'une Déchéance Certaine. Et s'ils pensent qu'ils peuvent te dire quoi faire et qui baiser, » il se pencha en avant, envahissant avec insolence l'espace de Potter sous prétexte d'attraper près de lui une tasse de thé. Potter ne bougea pas. « … et bien, ils peuvent en être malades, non— » Il s'arrêta abruptement, frémissant quand la main de Potter se referma sur son poignet. Il aurait pu paraître surpris, mais la lueur furibonde dans ses yeux faisait clairement comprendre que Draco Malfoy était là où il avait voulu être.

« Qui je baise, » dit Potter doucement, « N'est pas ton problème non plus, Malfoy. » Puis il se servit de la main attrapée pour faire reculer l'autre homme d'un pas, et reposa la pomme étincelante sur la table. Elle roula sur la pâle excavation que ses dents avaient faite et s'arrêta quand Potter tourna sur ses talons pour s'en aller.

Le rire de Malfoy le stoppa net. « C'est parce que tu ne baises personne, Harry ! Allez, regarde toi—tendu, susceptible, minable et hirsute. » Malfoy fit son chemin derrière Potter, se saisissant d'une mèche de cheveux avec ses doigts comme s'il en avait le droit.

Severus voulait briser les doigts de Malfoy pour la franche présomption, mais Potter ne le rejeta pas ni ne l'ensorcela, ou mit son poing dans ce petit menton pointu, comme le hooligan qu'il avait à cœur d'être. Potter resta debout là, les yeux clos, la mâchoire verrouillée fermement, ses points repliés de chaque côté, pendant que Malfoy passait son doigt dans l'encolure de ses robes bleues sages et légères et se moqua à ses oreilles. « Tu n'as personnes pour qui t'habiller ? Personne pour se soucier à quoi tu ressembles, parce que personne ne te regarde proprement. Au final, personne ne s'occupe de toi proprement, hein ? »

« Je ne suis pas disponible. Laisse moi tranquille. » Au moins, Potter se débarrassa du pelotage de Malfoy, mais Severus remarqua qu'il ne bougea pas pour autant.

Malfoy le remarqua aussi. « Oh, allez. Tout le monde peut dire que tu astiques ton propre… manche. » Il se pressa contre le dos de Potter de nouveau, ses deux mains se posant sur ses bras rigides pour remonter sur ses épaules. Il appuya sa tête sur ses propres doigts et rit. « Pas que je te blâme. Qui as-tu qui pourrait valoir le coup autour de toi ? La vieille Mac n'est rien d'autre qu'un fossile ; Snape te hait au point de vouloir t'étriper et voudrait coucher avec toi uniquement s'il pouvait t'étrangler en même temps. Et tu es trop prude pour regarder à deux fois aux étudiants. » Il fronça son nez. « Pas que je te blâme pour ça. Boutons, hormones et devoirs, Irk. »

« Draco… »

« De toute façon, Weasley le Deuxième est le seul relativement potable par ici, si tu ignores les cheveux roux et les taches de rousseur de partout. Quoique… tu ne sembles pas t'en faire avec les taches, mais je sais de source sure qu'il ne penche pas de ton côté. » Malfoy vola un baiser sur la joue écarlate de Potter. « Tu es définitivement dur et nous le savons tous les deux. »

Et maintenant, sûrement que Potter voudrait s'en débarrasser. Sûrement que le fou serait fatigué d'être joué et défendrait ses putains de limites ! Sûrement qu'il ferait quelque chose, au lieu de rester planté là, les yeux et les poings serrés comme un enfant, se cachant du monstre dans le placard.

« Fous. Le. Camp. » Les dents de Potter ne se desserrèrent pas quand il forma ces mots et il ne bougea pas d'un cheveux.

Malfoy rigola et se glissa en arrière contre la table, insouciant. « Oh, je le ferai, Harry. Une fois que tu auras dépassé ton ego blessé et admis que je suis le meilleur que tu n'es jamais eu. »

Potter rit, un son aigre, qui allait incommodément bien avec la vive brillance dans ses yeux. « Tu aimerais. »

« Tu aimerais, Potter, » répliqua Malfoy en se versant du thé. « Mais tu sais, je suis d'humeur généreuse aujourd'hui. Viens m'aider à m'installer dans mes quartiers après dîner ce soir et on pourra tailler une bavette. Je t'aiderai à te souvenir pourquoi tu veux ce que j'ai à t'offrir. »

Les doigts de Potter s'enroulèrent sur son bras, comme s'il avait froid. Mais Severus savait ce qu'il y avait en dessous de ces doigts et comment l'andouille devait être ébranlée s'il avait besoin de cette caresse pour s'aider à se rappeler ce que disait le foutu tatouage.

Ceci, décida Severus, avait duré assez longtemps. Il recula de plusieurs pas dans le couloir, puis s'avança bruyamment vers le salon, poussant la porte contre le mur avec un négligeant 'bang'. « Potter, » aboya-t-il, remarquant que Malfoy était parvenu à aller de l'autre côté de la salle, et était assis dans un des fauteuils près de la fenêtre dans les quelques secondes d'avertissements qu'il avait eu. « Vous êtes demandé au bureau de la Directrice. »

« Maintenant ? » Demanda Potter, ses yeux papillonnant de gratitude pathétique.

Severus renifla. « Idiot. Aurais-je fait tout ce chemin pour venir vous chercher si elle souhaitait vous voir la semaine prochaine ? » Malfoy eut un petit rire dans sa tasse, que Severus ignora, de peur qu'il ne cède au désir d'accidentellement lancer un sort, défigurant, permanent et socialement embarrassant pour lui. « Et vous aurez besoin de votre clé, » ajouta-t-il, cheminant vers la table et se servant une tasse de thé.

« Ma clé… Oh, Gringotts, je suppose. » Potter se gratta la nuque, couvrant sa surprise quand Severus acquiesça lentement. « Autre chose ? »

« De nouveaux essais sur les protections de transplanage, » improvisa Severus, laissant libre cours à son désir d'effacer un peu de la complaisance du visage de Draco Malfoy. « J'ai l'intention de commencer ce soir après dîner et je vous suggère de faire l'effort d'être prompt quand vous me rejoindrez. »

Les yeux de Potter se froncèrent et il jeta un coup d'œil vers la porte ouverte. « Je serai à l'heure, » parvint-il à dire, le coin de sa bouche se haussa légèrement. « Essayez de ne pas oublier que ce n'est pas une putain de détention cette fois. » puis il se dirigea vers la porte, fit deux pas et transplana dans un 'crack'.

Severus ajouta du lait à son thé et ne le regarda pas partir.

Du coin de l'œil, Severus nota le regard impatient de Malfoy, aussi attentif et avide d'une remarque comme il l'avait toujours été en classe de potion. Mais Severus savait mieux que de faire erreur sur cette vanité affamée d'attention ou cet empressement d'écoute. Après tout, chacune des pires erreurs du garçon, de son obsédante rivalité avec Potter, à son acceptation de la marque de Voldemort, et l'essai de tuer ce pauvre et déchu Albus Dumbledore, Draco les avait faites après que Severus ait essayé de l'avertir contre elles.

Une honte, vraiment, qu'il n'ait pas mis autant d'effort dans son éducation pendant qu'il était à Poudlard, qu'il avait mis dans sa compétition avec Potter, songea Severus tandis qu'il examinait le plateau de biscuits et de pâtisseries que les elfes du château avaient confectionné. Draco Malfoy était venu à l'école comme un descendant de longue lignée, et d'un sang puissant, aussi pétri de pouvoir et de potentiel que son père avait été avant lui. Mais de perception, ruse et sens commun, l'unique fils de Lucius en était totalement dépourvu.

A vingt cinq ans, Lucius Malfoy avait obtenu des moyens de pression sur la moitié du Magenmagot, survécu à la première chute de son Lord sans trop rien d'autre qu'une tape sur les doigts, assuré sa descendance avec un fils et amassé une fortune considérable pour se garantir que tout le travail qu'il avait fait jusqu'à ce jour soit plus tard une source de divertissement.

Draco Malfoy, de l'autre côté, aller faire face à son vingt-cinquième anniversaire avec pour remarquable accomplissement de ruse, courage et résolution, d'avoir donner un accès illimité à ses camarades de chambrée à une bande d'assassins, et par trois fois échoué à tuer un homme mourant. Ses seuls faits dans le monde, une bosse dans le ventre de Parkinson épouse Zabini et une dérive hystérique de manchettes de journaux lors de son procès… et un tatouage immonde sur le bras de Potter.

Lucius devait jurer à Avalon, même maintenant.

Et ce qui était pire, quelqu'un avait mangé tous les foutus scones.

Severus finit son thé juste au moment où la tolérance de Malfoy d'être ignoré touchait à sa fin. Il eut un soupir de dégoût, posa sa tasse de thé dans un lourd cliquetis et se leva de sa chaise, ses joues pales colorées par son humeur. Mais avant qu'il ait pu lâcher n'importe quelle rhétorique qu'il avait préparée, un autre 'crack' se fit entendre dans le couloir, et Charlie Weasley passa sa tête dans l'embrasure de la salle du personnel.

« Snape, » dit Weasley, jeta un coup d'œil dans la pièce avec un froncement de sourcil, ses yeux bleus passant sur Malfoy sans plus qu'un clignement d'œil. « Je pensais que je trouverais Harry ici. »

« Vous auriez pu, si vous étiez venu avant que la Directrice le fasse demander, » alloua Severus, à côté de sa tasse vide. « Buvant son thé et perdant son temps dans de stupides trivialités, » et ici au final, Severus regarda droit dans les yeux Malfoy, « Comme il le fait d'habitude quand il y a du travail pertinent à faire. »

Weasley se renfrogna mais le tempérament de Malfoy explosa en premier. Il se redressa de toute sa hauteur et réajusta ses manches brodées, ses yeux brûlants quand il siffla, « Content de vous revoir, également, Professeur Snape ! »

« Hé ! » Grogna Weasley quand Draco le bouscula pour passer. « Morveux ! » Puis il regarda de nouveau vers Snape, ses yeux bleus circonspect comme toujours. « C'est quoi son problème à lui ? »

« Problème ? » Songea Severus, se saisissant de la pomme laissée par Potter. La marque de ses dents avait laissé un anneau humide sur la chair, bien qu'il soit simplement frais contre sa paume quand Severus tourna le fruit afin d'examiner sa réflexion sur la courbe lumineuse de sa peau ; un contraste brutal de sombre et de pâle, tout anguleux et proportions injustifiables, couronné par un nez dont personne n'était assez chanceux pour l'oublier. Pas relativement, comme Malfoy l'avait dit, potable.

Il planta ses dents tordues dans la pomme, la réflexion et ses pensées. Elle fit un 'croc' très satisfait et une explosion de douceur le long de sa langue quand il haussa les épaules. « Je n'ai rien remarqué de contraire à son comportement habituel. »

oOoOoOo

Severus était en fait assez surpris de voir Potter au dîner, sachant que Malfoy serait là à l'attendre.

Mais une fois encore, après son dernier accident de Quidditch la Directrice avait fait promettre à Potter qu'il se montrerait devant les étudiants. Elle espérait clairement que voir Potter vivant et intact au repas dans la Grande Salle aurait étouffé les vives rumeurs sur sa mort, démembrement et défiguration qui faisaient dès à présent le tour des dortoirs de la cinquième jusqu'à la septième année.

Et, après tout, qu'était ce une exposition torturante devant un ex-amant sans remords contre le poids d'une simple promesse quand la 'parole' exaltée d'un Griffondor était donnée ? Severus renifla et secoua la tête. Le misérable aurait dû se contenter d'un fish and chips pendant qu'il était au Traverse, et échapper au dîner. Laisser la Directrice et Malfoy être désappointés et au Diable leurs expectations.

Mais non, non seulement Potter s'était ramené dans la Grande Salle ressemblant à quelqu'un allant faire face à son Détraqueur personnel, et de plus il était apparu si tard que la seule place laissée libre était la chaise entre Draco Malfoy et Kingsley Shackelbolt tout au bout de la table. Severus aurait pu lui garder une meilleure place, s'il avait imaginé que l'idiot avait en fait l'intention de se montrer—l'imaginer ; un Griffondor qui ne savait pas quand s'esquiver. Vraiment, Potter était le seul à blâmer.

Toujours est il, on aurait pu penser qu'il ferait quelques efforts pour faire honneur au souper plutôt que de le mettre en lambeaux et le pousser sur les rebords de son assiette. C'était un excellent roasbeef, après tout, et pour une fois les elfes avaient réussi à servir des légumes avec qui étaient al dente plutôt que bouillis jusqu'à ce que quelqu'un puisse les boire avec une paille. Mais Potter montrait beaucoup plus d'intérêt dans sa tasse de thé que dans son repas, pendant une heure et demi de tourments, il était parvenu à mettre exactement une fourchette de pomme de terre dans sa bouche boudeuse.

Le niais.

Malfoy, d'un autre côté, était très au courant de l'impact que sa présence avait sur Potter. Sous les yeux perçants de Shackelbolt, et de Sinistra, il parvenait à préserver un décorum—pratiquement ne dépassant pas la ligne du comportement incorrect, cependant proche pour s'y frotter. Mais la rougeur se propageant sur la nuque de Potter, et les jointures exsangues sur ses couverts faisait clairement comprendre que l'idée de Malfoy d'une conversation de dîner devait être abondante en insinuations. Et comme d'habitude, le cœur de Potter était dans son plat.

Etant donné son choix et son temps de ne jeter qu'un seul sort, Severus réalisa qu'il ne savait pas lequel des deux ensorceler—Malfoy pour être aussi effronté ou Potter pour rendre ceci aussi facile.

« Severus, » la voix de McGonagall s'introduisit dans sa rêverie, sourde et amusée tandis qu'elle se penchait pour lui passer le sel qu'il n'avait pas demandé. « Je ne sais pas ce que ce roasbeef a fait pour vous offenser, mais je vous le promets il est déjà mort. Vous n'avez pas besoin de le disséquer. »

Surpris, Severus regarda son plat, puis se renfrogna encore plus et donna un coup de fourchette à un tout petit morceau de bœuf. « Les petites bouchées aident à la digestion, » dit il.

« Et aident-il à la concentration également alors ? » Se moqua le vieux chat. « Je vous parle depuis—

« Des décennies maintenant, oui. » Severus attaqua ses légumes. « Cela prend une grande concentration de trier les rares points de bon sens sous votre accent, vous savez. Vous roulez plus les 'r' en étant une femme qu'un chat. »

Son regard fut outré pendant un instant et Severus ne put s'empêcher d'imaginer des moustaches dressées et de surprenantes rayures blanches et grises sur son front quand elle osa un rire. « Petit impertinent—dois je retirer cinq points à Serpentard pou ceci, Maître Snape ? »

Severus jeta un coup d'œil vers la table juste à temps pour voir Malfoy laisser tomber son couteau par terre et au lieu de le rattraper avec un accio, il poussa sa chaise en arrière et se pencha sur les genoux de Potter pour ramener la foutue chose. Potter se redressa bien droit sous le choc, comme s'il était pétrifié, sa tasse de thé à mi-chemin de ses lèvres.

« Pourquoi s'arrêter à cinq, » grogna Snape. Puis il tourna résolument son attention à la Directrice. « Souhaitiez vous me dire quelque chose en particulier ou étiez vous juste en train de vous perdre en papotage écrasant et consonant dans votre gorge pour votre propre amusement ? »

« Je peux transfigurer votre langue dans votre palais, vous savez, » l'avertit-elle, trempant calmement un biscuit dans son thé zébré de lait. « Mais ne laissez pas ceci vous arrêter d'être un parfait idiot si vous devez simplement l'être. » Elle prit son reniflement sarcastique pour son acquiescement et continua. « Vous êtes le seul à blâmer pour être aussi choqué de l'apparition de Malfoy, vous savez. J'ai essayé de vous donner à vous et à Harry un loyal avertissement. »

Il la regarda, incrédule. « Un avertissement n'est pas efficient mis à part s'il aide quelqu'un à éviter une issue intenable, » dit il. « Au sinon, il n'y a pas de différence entre 'avertissement préalable' et 'malveillance protectrice'. »

Elle haussa un sourcil vers lui. « Severus, vraiment. »

« Vous voulez dire, » la défia-t-il, « Que vous essayez de me dire que si moi ou Potter avions dit ne pas vouloir de Malfoy ici, vous l'auriez laissé dehors ? »

Son regard gris devint mesuré avec regret. « Oui. Je l'aurais fait, si vous m'aviez aidé à trouver une raison pour lui refuser l'accès. » Ses yeux se dirigèrent vers la table, là où Malfoy était en train de re-remplir la tasse de Potter. « Acquitté, il l'a peut être été devant la cour du Magenmagot, mais il m'est difficile d'oublier complètement qui a laissé entrer ses monstres dans l'école il y a quelques années. »

Moi non plus. Severus garda sa pensée pour lui-même, mâchant pour déguiser toutes traces d'émotions que son visage aurait pu montrer.

Puis abruptement, McGonagall secoua la tête. « Mais voyez vous donc, vous m'avez distraite. Mes nouvelles n'étaient pas du tout au sujet du jeune Malfoy. J'ai reçu une lettre de Remus Lupin. »

Severus ne toussa pas. Il ne s'arrêta même pas de mâcher, comptant ses dents claquer jusqu'à ce qu'il atteigne vingt. Puis il avala. « Vraiment ? »

« Vraiment, » répliqua-t-elle, amusée. « Il a demandé de vos nouvelles. Il semblerait qu'il ait envie de venir ici bientôt, et il voulait savoir si je pensais que cela serait un embarras pour vous. »

Cette fois-ci il ne supprima pas son étonnement. « Un embarras ? » Demanda-t-il, « Pour moi ? »

« Et bien, vous êtes connu pour avoir été quelque peu revêche envers lui ces dernières années, vous savez, Severus. Et je ne peux pas dire que je le blâme de vouloir être sûr de ne pas se trouver du mauvais côté de votre longue pendant qu'il sera ici pour rendre visite à Harry. » Elle picora son biscuit, le geste délicat aussi plein de reproches que n'importe quel regard. « Je comprends que vous n'appréciez pas l'homme, mais si sa venue pour quelques jours doit vous poser un problème, j'aimerais le savoir avant que vous ne partiez et causiez une scène en public. Cela épargnera à Remus le prix d'un portoloin international et à nous une déplaisante scène également. »

Mais le regard de Severus l'avez dépassée, de retour au bout de la table, où Malfoy se prélassait sur sa chaise, aussi insouciant que s'il buvait un brandy dans une maison close, et non pas assis à la grande table d'une école remplie d'enfants. Le crétin prétentieux riait, pendant que Shackelbolt, et Weasley à côté de lui le regardaient avec aversion confuse, et Harry…

Potter était aussi blanc qu'un linge, mais il n'était plus figé. Avec des mouvements précis et soignés, il reposa d'abord sa fourchette, puis son couteau, la position des couverts dans ses mains faisait se demander à Severus combien de self contrôle nécessitait Potter pour s'empêcher de planter un des deux ustensiles dans les yeux de Malfoy. Puis il envoya sa serviette sur les ruines de son dîner, reculant sa chaise et se levant.

Malfoy, riant toujours, attrapa son bras. Potter l'extirpa de sa prise d'un mouvement hargneux. Severus reposa sa fourchette et son couteau autour de son assiette, et allait se saisir de sa serviette quand la grippe intransigeante de Minerva se referma sur son poignet. « Severus, » dit elle, « Albus a peut être accepté vos silences maussades comme agrément, mais je ne suis pas prête à assumer cette concession. Je voudrais votre promesse sur ceci et je voudrais l'avoir maintenant s'il vous plaît. Vous tiendrez vous correctement ou non ? »

Shackelbolt dit quelque chose qui fit rire Weasley et se retourner Malfoy. Potter prit l'avantage de la distraction pour s'enfuir. Puisque la Grande Salle faisait partie des zones de non-transplanage, comme les salles de bain, les dortoirs et les quartiers des professeurs, il dut compter sur ses jambes pour s'en aller, mais il semblait à Severus qu'il n'aurait pas pu faire de sortie plus rapide même s'il était monté sur son balai.

Malfoy lui jeta un regard, mais quand il s'aperçut que les étudiants regardaient, choisit de rester et entama une discussion avec l'auror et le professeur des Soins aux Créatures Magiques. Severus soupira.

« Minerva, pour ce que cela peut me faire, vous pouvez inviter le loup-garou et lui faire faire le ménage dans la tour de Griffondor. »Il regarda vers son assiette, la considéra pendant un instant, puis reprit sa fourchette et prit une autre bouchée. Le roasbeef était réellement excellent, même froid et coupé en tous petits morceaux.

« Et vous vous attendez à ce que je me contente de cela, n'est ce pas ? » Demanda-t-elle, secouant la tête. « Vous êtes un phénomène, Severus Snape, mais je veux votre parole là-dessus et j'aimerais l'avoir proprement. »

Il soupira, regardant Weasley mettant de côté ses couverts et quitter la table. « Très bien, Minerva. Quand Lupin arrivera, je l'accueillerai comme il convient à un frère de lait. Je lui donnerai une tape dans le dos, lui serrerai la main et lui sourirai chaudement, sans aucun mot dur entre nous. Je pourrais lui acheter des bièraubeurres, du Whisky Pur Feu, du sang d'innocent, ou quoique ce soit qu'il boit en ce moment, et nous rirons ensemble comme de vieux amis. »

« Severus, vraiment. »

« Oui, vraiment. Je serai aussi plaisant qu'à un déjeuner, Madame la Directrice. Dois je le peloter quand il arrivera, juste pour lui prouver mes bonnes intentions ? »

Ceci obtint un sourire. « Je ne pense pas. Tout ceci avait pour but d'éviter les scènes déplaisantes, après tout, je ne suis pas sure que son cœur pourrait survivre à un tel choc. De la courtoisie fera l'affaire, si vous ne pouvez pas être amical. »

Malfoy se leva, étira ses mains jointes au dessus de sa tête et déambula vers la porte. Au contraire de Potter et Weasley par contre, il prit le long chemin, à travers les tables d'étudiants, clairement satisfait aux vagues de murmures qui se déclenchaient à son passage. Severus le regarda partir, et souhaita de tout cœur de ne pas avoir été alors sous les yeux de la Directrice—un sort de lacet-enroulé aurait merveilleusement mis à terre cette sortie théâtrale.

Mais hélas, ce n'était pas le cas. Severus retourna son attention à Minerva quand la porte se referma sur la sortie de Malfoy.

« J'ai déjà fait savoir mes intentions au loup-garou, femme, » il haussa les épaules. « Si elles ne concordent pas avec votre approbation, alors il vaudrait mieux que vous vous y fassiez, mais maintenant je ne serais pas particulièrement troublé si vous choisissiez de laisser Lupin courir nu sur le campus chaque soir, aussi longtemps qu'il prendra sa potion tue-loup. »

Elle toussa un rire par le nez et pensa tardivement à se cacher derrière sa tasse de thé. Comptant cette victoire pour ce qu'elle valait, Severus retourna son attention à son repas.

Potter n'avait pas besoin d'être secouru. Si le malheureux écorché vif n'avait pas développé d'instinct d'auto-préservation dès à présent pour renvoyer Malfoy sur le trottoir, alors il n'y avait simplement plus d'espoir. Il n'y avait absolument aucun besoin pour Severus de quitter un repas parfaitement décent pour aller se promener sur le domaine de l'école. Aucun. Potter viendrait tout simplement de lui-même dans les quartiers de Severus une fois que l'heure du dîner serait passé. Ils avaient en cours les plans pour les tests du polynectar, puis ils se retireraient pour un verre, comme d'habitude.

Bien. Il était facile, peut être, d'anticiper qu'ils pourraient boire tous les deux un peu plus que d'habitude, étant donné les circonstances de ce jour. Leurs soirées communes se terminaient moins enivrées de plus en plus souvent, au fur et à mesure que leur travail progressait, et au fur et à mesure que Severus s'habituait à l'idée de laisser Potter le séduire. Toujours était-il, qu'une seule nuit de rechute dans l'oubli qu'offrait une bouteille était tout à fait pardonnable, toutes choses considérées.

Cette pensée le maintint à table jusqu'au pudding.

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A suivre

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(1) : Tyro est un personnage de la mythologie grecque mais peut aussi signifier en latin un 'novice', un 'jeune soldat' ou une 'recrue'. Pour plus de renseignement, regardez sur Wikipédia.

Comme d'habitude, j'attends avec impatience vos réactions. Merci d'avoir lu, j'espère que vous avez apprécié !

Le prochain chapitre, jeudi prochain si tout va bien. Si j'ai encore un souci, je vous tiendrai au courant via mon profil.

Edit: on m'a fait remarquer, à juste titre, que parfois mon style de traduction pouvait être soit trop soutenu, soit difficile à comprendre (pour certaines tournures de phrases). Si vous lisez, ou que vous allez vous jeter sur, la version originale, n'hésitez pas à m'en faire part via review ou mail (adresse dans mon profil). Je fais tout ceci uniquement par amour de l'anglais (si si, ça existe) et de cette fic, si vous pouvez apporter des améliorations, c'est encore mieux! Merci!

Taotie