Rating : M

Prairing : HP/SS, un peu HP/DM (mais juste un peu et pas forcément pour le bonheur d'Harry) et quelques autres sous-entendus.

Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de la sémillante Cluegirl, moi je traduis seulement…

Spoiler : tome 6

Avertissements : Ceci est un slash, c'est-à-dire deux fringants (enfin pas si frais que ça dans cette histoire) jeunes hommes en train de batifoler dans la nature. Cette fic a un rating M, ne perdez pas ça de vue.

Note de la traductrice : Le lien vers l'histoire originale est toujours disponible dans mon profil.

Note pour ce chapitre : Ce chapitre est la continuité de la journée commencée au chapitre 11, juste après que Severus ait quitté la Grande Salle. La dernière scène de ce chapitre est assez dure, si vous ne la sentez pas, vous pouvez l'éviter, cela sera sans grande conséquence dans la compréhension de l'histoire.

Faites bien attention aux dates… Je vous souhaite une bonne lecture !

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Everybody's fool - - Chacun sa folie

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Chapitre 12 : Je n'arrive pas à retrouver mon chemin

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Slughorn l'intercepta après dîner, soufflant et déconfit tel un morse, jusqu'à ce qu'un inconvénient caprice de l'escalier empêche toutes fuites à Severus et autorise l'homme à l'harponner.

Ingrédients. Bien sûr. Ceux prohibés. Naturellement. Ceux dont un félon convaincu—même un félon convaincu pardonné—ne pouvait pas obtenir la licence pour s'en procurer. Qui l'eût cru ? Un qui aurait été particulièrement crucial dans la préparation du Polynectar, un dont, quelqu'un a-t-il besoin de demander ? le corpulent instructeur des potions n'avait pas le temps de le préparer lui-même. Pas avec les examens à donner, et les contrôles à noter, et les leçons à organiser, et les ananas à gober vulgairement pendant les réunions avec ces petits animaux de compagnie. Juste ainsi.

Severus parvint à ne pas étrangler le misérable, bien qu'il ne sache pas comment. Peut être était-ce le fait que, en suivant Slughorn jusque dans son bureau, ils ne furent jamais assez longtemps seuls pour qu'il puisse le faire. Et jeter un sort d'Oubliette sur d'aussi nombreux étudiants aurait attiré l'attention du Choixpeau. Surtout si la force de vie du professeur s'était envolée pendant que Severus se tenait juste à côté de lui. Ou peut être cela avait plus à voir avec les doutes que Severus avait de pouvoir passer ses mains correctement autour du cou de l'homme. Une bonne strangulation n'était pas quelque chose que l'on laissait à un sortilège. Pas de satisfaction.

Le placard des ingrédients était dans un état déplorable ; des bouteilles déclassées, des labels mal orientés, de la poussière de partout—quelqu'un aurait pu penser que Slughorn ne savait que faire de quelqu'un en punition. Seulement voilà, Severus n'arrivait pas à se souvenir de Slughorn donnant des punitions, même quand Potter, Pettigrew et Black s'étaient donnés pour mission de faire exploser leurs potions de façon incroyablement spectaculaire pendant leur Sixième Année. L'idiot obséquieux avait plus peur d'être déprécié par de futurs potentiels contacts que des morceaux volants de chaudron puissent lacérer un des quelques étudiants qui étaient là pour travailler.

Qu'il soit maudit.

Severus passa un doigt sur la cicatrice presque oubliée derrière son oreille droite et supprima un éternuement quand Slughorn lança un accio sur une autre fiole sur une étagère supérieure, et les aspergea tous deux de poussière. L'échelle, un solide et robuste vétéran de l'époque de Severus comme Maître des Potions, se trouvait dans un coin éloigné ; recouverte de toile d'araignées par son inutilisation, et semblant étrangement fragile comparée au tour de ventre de Slughorn.

« Non, ça c'est… » Slughorn loucha, puis essuya plus de poussière sur l'étiquette du pot. « Hmm, yeux de Bandimons. Et presque fini également. Je me demande qui a pu mettre ça ici. »

« Quelqu'un qui range les ingrédients par ordre alphabétique, peut être ? » Grogna Severus à travers ses dents. « L'étagère porte la lettre 'B', après tout. »

« Ordre alphabétique ? » Slughorn cligna des yeux. « Pourquoi quelqu'un ferait cela ? J'enseigne à tous mes enfants de ranger par ordre de fréquence, Severus. C'est beaucoup plus rapide quand un est—

« Rapide ? Et nous sommes toujours là une heure et demie après que nous ayons commencé à chercher cette foutue peau de serpent du cap pour quelle raison, précisément ? »

L'homme pouffa, puis reposa les yeux de Bandimons desséchés sur l'étagère. « Oh, vous exagérez, Severus. Ça ne fait pas une heure. »

« Cela fait bel et bien une heure si vous comptez les vingt minutes de détour dans le dortoir des Serpentards pour prendre avec McHarrison des nouvelles sur son oncle en Roumanie, » rabroua Severus.

« Oh, balivernes. L'oncle de McHarrison fait des recherches époustouflantes sur les nouvelles lois intermariage des vampires là-bas, et il m'a envoyé une monographie à corriger il n'y a même pas une semaine. C'était par politesse, vous savez, exprimer mes remerciements. » Severus était certain d'avoir vu un rictus poindre sous sa moustache quand Slughorn lança un accio sur un autre flacon.

« Assez de politesse, je n'ai pas fait tout ce chemin jusque ici pour superviser votre foutue vie sociale— » Un éternuement écourta sa phrase, et deux autres suivirent plus fort les traces du premier. Quand Severus parvint à s'arrêter, Slughorn le regardait d'un air moqueur, et tenait une bouteille crasseuse.

« Les chrysopes sont ici, alors, » dit il. « La peau de serpent du Cap devrait être juste à côté. Vous n'êtes pas en train d'attraper froid, Severus ? » Demanda-t-il quand il se retourna vers les étagères.

« Poussière. » Parvint à dire Severus.

« Seulement, je m'inquiète, mon garçon, avec la terrible santé de Notre Harry, et vous travaillant si proche de lui chaque jour… »

Potter avait, aussi loin que Severus était capable de s'en assurer, la santé d'un hippogriffe. « Je faisais déjà mes propres remèdes en troisième année, » renifla-t-il. « Je vous assure, ma santé n'est pas en danger de quoique ce soit que Potter pourrait porter. »

« Bien alors, j'espère sincèrement que vous avez fait quelques remèdes pour Notre Harry, » la voix de Slughorn devint âpre tandis qu'il poussait quelques flacons. « Il était dans un état inquiétant ces quelques derniers mois. Il n'a même pas eu l'énergie de venir et de prendre l'occasionnel thé avec ses vieux professeurs, sans compter de descendre pour aucune de mes petites réunions. Et je sais combien il était charmé de mes quelques amis descendus pour elles, et pour lui. Presque une star, Notre Harry. » Un regard. « Quand il se sent bien, bien sûr. »

La tentation de dire au vieux filou que Potter souffrait d'une maladie vénérienne, passée par un malheureux ex-amant qui n'avait pas besoin d'être nommé vu qu'il était récemment venu travailler ici, était si intense qu'elle combla presque Severus. Comme il resta là ahuri, cependant, fut la preuve qu'il ne le fit pas.

En fait, pour plusieurs raisons, il laissa une époustouflante et parfaite opportunité d'une insulte au-delà de toute proportion le dépasser complètement, même s'il pensait à pas moins de six commentaires acerbes qu'il pouvait faire pendant que le silence s'éternisait. Il n'en dit aucun d'eux et n'eut même pas à se mordre la langue pour résister.

Oh, en arrière pensée, peut être qu'il allait faire quelque chose.

Cela prit une deuxième heure à Slughorn pour trouver la peau de serpent du Cap. Ils furent interrompus par des étudiants deux fois—un des deux avec l'aplomb de venir rendre un devoir en retard juste là dans le placard aux ingrédients—par Peeves une fois, et enfin par Miss Teigne, qui chassait un rat dans la pièce deux fois et envoya Slughorn contre une étagère. Du haut de la dite étagère—celle que Severus avait autrefois étiquetée 'P', quand cela avait était son placard à ingrédients—bascula la fiole ambrée désirée.

Severus attrapa la peau de serpent du Cap en l'air, et saisit l'occasion de s'enfuir avant que Slughorn parvienne à finir d'épousseter son imposant arrière train.

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Seulement quand Severus arriva dans ses quartiers, Potter n'était pas là. Certes, vu la fraîcheur de l'air malgré le feu enthousiaste dans la cheminée, personne n'avait été vu dans les quartiers de Severus depuis ce matin. Il fit glisser sa baguette de sa manche, lança un rapide sort de présence pour être certain—mais les protections, les miroirs et les elfes du château le confirmaient tous ; Potter n'était pas venu du tout. Il n'avait même pas cogné à la porte.

Severus fut pris d'une colère noire tandis qu'il considérait la pièce toujours vide—une colère aussi lourde et familière que les robes de Mangemort qu'il avait brûlées à sa libération d'Azkaban.

Severus Snape. Ne. Se. Faisait. Pas. Poser. De. Lapin.

Pas par ce myope, boudeur, idiot descendant de James Potter, et jamais pour un vulgaire, jeunot séducteur tel que Draco Foutu Malfoy ! Pas même Lucius, dans toute sa vanité, n'avait jamais osé montrer à Severus autant d'irrespect ! De simplement ne pas venir, ne pas laisser de mot, ne pas envoyer de missive, ne pas reconnaître que l'obligation eût existée ! Pas même Voldemort n'avait jamais été si grossier ! De devoir attendre était déjà assez mal, mais ceci… cette flagrante négligence était au-delà des mots !

Il ne s'en sortirait pas comme ça.

Severus invoqua une bulle avec un mouvement de baguette. « Amène moi dans le couloir devant l'entrée de la chambre de Draco Malfoy, » grogna-t-il à la sphère. Le couloir était aussi proche qu'il voulait, vraiment, et il n'était pas d'humeur à perdre du temps en poursuite. Laisser les deux bâtards à moitié nu se détacher l'un de l'autre et essayer de s'expliquer quand il fracasserait la porte—la meilleure façon d'attaquer leur cachette.

La bulle eut quelques zébrures blanches, puis se posa sur son épaule et le propulsa dans tous les sens. Quand le monde se reforma autour de lui, Severus se tenait dans l'atrium d'entrée, au pied du seul escalier statique de tout le château.

« Misérable chose, » rabroua Severus tandis que la sphère flottait au-dessus de son épaule. « Je t'ai ordonné de— » Puis, elle se dirigea vers l'ombre du dessous de l'escalier, elle s'illumina éclairant l'espace clos et noir et ainsi Severus pu apercevoir le bout d'un portrait.

Oh.

Clairement Minerva ne s'était pas sentie d'humeur généreuse en assignant ses quartiers à Malfoy ; cette chambre ne semblait pas plus grande qu'un placard pour le descendant de cet ancien et illustre clan.

Le portrait était poussiéreux, tagué, et assez pathétique, comme l'était la jeune sorcière représentée. Elle ne voulut rien dire à Severus, bien sûr, mais elle n'avait clairement pas été une sorcière avec des nerfs d'acier. Son courage faillit à la première menace d'incendio. Non, monsieur, Mr Malfoy n'est pas à l'intérieur, et non, monsieur, il n'est pas venu dans ses quartiers une fois le dîner terminé, et oui, monsieur, elle le jurait sur la tombe de Merlin, sans hésitation. S'il vous plait, monsieur, ayez un peu de pitié, elle faisait seulement son—

Severus la laissa pleurnicher dans l'ombre.

Il n'avait pas congédié la bulle, alors elle était toujours en train de voleter dans l'atrium, perdue, ou ennuyée, ou possiblement juste en train de ce qui pourrait s'appeler dormir dans sa primitive semi conscience. Il tapa son contour avec sa baguette et elle partie en vrille jusqu'à ce que le son de carillon se fade. « Emmène moi là où Harry Potter se trouve, » lui dit il.

La bulle s'envola, tourna plusieurs fois, comme si elle était perplexe. Severus ravala l'envie de frapper la foutue chose. Elle lui renverrait la pareille s'il essayait. « Emmène moi aussi près que Harry Potter se trouve si tu peux, » il grogna l'ordre une nouvelle fois, espérant surmonter le foutu problème de logique de la chose.

Elle eut ces odieuses rayures blanches de nouveau quand son ordre fut reçu et approuvé—au du moins sans veto—par le Choixpeau Magique, puis elle replongea vers son épaule.

Et cette fois-ci, quand le monde se reforma autour de lui, Severus était droit sur ses pieds dans de la paille moussue, sur le parvis du cottage du garde chasse.

« Que— » il se pencha de côté essayant d'enlever ses bottes des saletés humides et épineuses et se rattrapa au dos de la cheminée quand son autre pied glissa sous son poids. Il parvint à ne pas lâcher sa baguette, bien qu'il sentit plusieurs boutons de ses manches sortirent de leurs trous contre la pierre.

La bulle virevolta et scintilla près de sa tête, et Severus s'empêcha de nouveau de la réduire en poussière. « Dégage. De. Ma. Vue, » lui dit il. Il ne la vit pas partir—par auto-préservation, il avait fermé les yeux, et était en train de compter jusqu'à vingt en Farsi—mais il entendit son bruit cristallin faire écho dans la nuit ventée d'octobre. Il ré-ouvrit les yeux, se sentant légèrement plus au contrôle de son humeur, et reprit son équilibre pour transplaner sur le terrain.

Puis le bruit de voix se fit écho dans les pierres de la cheminée, sourdes et furieuses. Pas de mots discernables, avec un homme criant sur un autre, et les flammes grondant pendant que le vent hurlait dans le conduit de cheminée, mais l'intention était claire sous les tons guerriers et le bruit d'un verre explosé.

Severus décida qu'il allait tuer Malfoy d'abord et ensuite demander à Potter quel bordel se passait ici.

Mais avant qu'il ait pu transplaner devant l'entrée, une salve de poudre verte jaillit dans le haut de la cheminée, et l'odeur de poudre de cheminette brûlée embauma la fumée. Autre chose se brisa à l'intérieur, puis la porte d'entrée s'ouvrit, apportant une longue traînée de lumière sur l'herbe. La grande silhouette de Potter se tenait au milieu d'elle.

« Vous pouvait très bien entrer, Snape, » dit il dans l'obscurité. « Je sais que vous êtes là. » Puis l'ombre disparut, laissant uniquement la lumière, tel un tapis mordoré devant l'entrée.

Severus cilla, sa suspicion se déversant comme de l'eau glacée dans sa furie, le tempérant d'un effervescent bouillonnement à de la curiosité poussée. L'instinct qui l'avait maintenu vivant depuis des années de la menace constante entre Albus et le Lord Noir, lui fit reprendre son expression professorale et épousseter ses robes avant de s'avancer à l'intérieur. Il était en train de se passer quelque chose ici.

Quelque chose de plus important que cela en avait l'air. Ses tripes lui disaient que cela pouvait tout changer—un changement de cap pas moins sérieux que la découverte des Horcruxes annihilant la puissance du Lord Noir. Potter n'était pas le Lord Noir mais il était excédé, et il était en colère, et il était effrayant quand il était aculé—Severus se trouva lui-même enclin à prendre l'avertissement de ses tripes sérieusement.

Son premier coup d'œil de l'intérieur du cottage de Potter confirma ses suspicions ; la vieille malle d'école de Potter se tenait dans le salon, des habits froissés, des livres rétrécis et des chaussures éparpillées dans tous les sens sur le tapis. Le souvenir de deux bouteilles ambrées étaient embuées et résonnaient contre le feu, remplissant l'air d'une odeur de bièraubeurre roussie. Une autre bouteille en morceaux était explosée contre le mur de la cuisine, sous des traînées ambrées telles des artères coulant contre le plâtre. Trois bouteilles supplémentaires étaient sur le comptoir. Une écharpe de Griffondor drapait le dos du second fauteuil de Potter. Une cape non-familière était accrochée derrière la porte quand Severus la referma.

« Je vous ai senti au travers des protections, » dit Potter, ne levant pas les yeux tandis qu'il roulait l'écharpe en boule et la jetait dans un coin. « J'vous aurais laissé entrer plus tôt, seulement Charlie n'avait pas fini de me prendre la tête. Il m'a chopé juste après le dîner. 'Voulait pas partir jusqu'à maintenant. » Potter donna un coup de pied dans la malle pour l'écarter, chemina jusqu'à son coffre, et ramena une bouteille du brandy préféré de Severus avec deux verres dépareillés.

Severus en accepta un, et jeta un regard effectif à la malle après que Potter eût servi l'alcool. « Dois je comprendre que vous et Mr Weasley avaient l'intentions de partir en vacances ou autre chose du genre alors ? »

Ceci attira son attention. Des yeux verts étonnés se levèrent, suivit par son attention, et se troublèrent en une expression renfrognée. « Pas vraiment. Jamais. » Il prit une lampée de son brandy. « Pour aucune raison. »

Severus prit une gorgée, savoura l'arôme et attendit.

Au final, Potter eut un soupir de profond dégoût et se laissa tomber dans son fauteuil affaissé, mou et usé. « Il veut que je retire Ron et Hermione de la liste, » grogna-t-il dans son verre. « Je lui ai dit de demander à la Directrice. Dit que je n'avais même pas mis leurs noms d'abord, mais il s'en foutait. Hermione veut postuler pour le poste d'Histoire de la Magie maintenant que Binns a vraiment laissé tomber, et Charlie veut que Ron puisse venir l'aider avec ses classes de temps en temps. » Il se resservit un verre, irrespectueusement rempli, étant donné la qualité du brandy.

Severus repoussa la malle sur le côté et s'appropria l'autre fauteuil, toujours silencieux. Potter lui envoya un regard noir, puis baissa ses yeux. « Ok. Ça me fait chier et je réagis peut être un peu trop. Je l'admets. Mais il a dit que j'étais un mur. Qu'j'étais mesquin et vindicatif. Comme si le fait qu'ils soient sur liste noire ait quelque chose à voir avec moi ! »

« Cela a à voir avec vous. »

« CELA N'A PAS A VOIR AVEC MOI ! » Pendant un instant, Potter semblait prêt à propulser un autre verre dans le feu, mais il parvint à réprimer l'urgence. Puis, deux longues expirations plus tard, il eut la grâce de rougir. « D'accord, ça a à voir avec moi. Ils n'auraient pas été mis là si ce n'est à cause de mon accident, mais ça n'en fait pas ma faute. »

« Je n'ai pas dit que c'était de votre faute. »

Potter soupira. « Charlie l'a dit. Il a dit que je persécutais sa famille avec ma propre petite rancune mesquine, et que je n'avais pas le droit. »

Severus sentit son estomac retourner à son état agité. « Et ceci, je présume, fut quand vous avez commencé à faire vos affaires pour vous enfuir ? »

« Je voulais juste aller à Pré au Lard. Je pensais que peut être je pouvais me prendre un appart, ou une chambre aux Balais. Comme ça je n'aurais pas à les voir tous les foutus jours, d'accord ? » La réflexion du feu exaltait le regard de Potter, mais ne pouvait déguiser sa voix maussade. « C'est juste la façon dont Charlie a amené la chose, vous auriez cru que je voulais me balancer d'une falaise sans balais ou—

« Durant toutes ces années vous m'avez donné beaucoup de raisons pour vous insulter, Potter, » gronda Snape à travers ses dents. « Mais c'est la première fois pour lâcheté. »

La tête de Potter se releva d'un coup, ses yeux brillant avec la lueur du feu alors que son visage était exsangue. Puis il inspira fébrilement et leva une main, sa paume marquée par le rebord aiguisé de son verre. « Non, » chuchota-t-il. « Ce n'est pas drôle. Pas venant de vous. »

« Vous imaginez que je plaisante ? »

« Snape, vous ne savez ce qu'ils—

Severus donna un coup furieux dans la malle, faisant bouger le couvercle et le refermant dans un 'bang'. « Le diable que je ne sais pas ! Vous portez ceci sur vous, à la vue de tous ! Ils vous ont fait du mal, » renifla-t-il. « Ils vous ont fait du mal et maintenant vous êtes plus effrayé de leur pardonner que vous l'étiez du Lord Noir ou de ses fidèles ! »

Une traînée rouge vif se répandit sur le visage de Potter. « Je ne suis pas effrayé ! » Severus grogna et Potter bondit de son fauteuil pour hurler. « Je ne le suis pas ! Je ne VEUX pas leur pardonner ! Ils ne le méritent pas ! »

« Vous ne les avez pas laissés mériter, » Severus appuya son accusation en le pointant du doigt.

Potter ne lâchait pas d'un millimètre. « Par quel bordel j'en aurais envie ? » Demanda-t-il.

Severus sentit un sourire froid tordre son visage. « Très bien alors. C'est agréable de voir que vous tentez d'élever votre morale sur ma relation avec ce chien de Black. »

Oui, il avait pensé que cela secourrait le petit imbécile comme il se faut. « Quoi ? »

Snape sirota son verre et lécha les gouttes brûlantes sur sa lèvre avec enthousiasme. « Il est plus facile de voir la paille dans l'œil du voisin, n'est ce pas, Potter ? Pourquoi devriez vous accepter les excuses de Weasley autant que j'ai accepté celles de Black ? Pourquoi devriez vous lui permettre de faire réparation, alors qu'il n'a pas eu à souffrir pour ce qu'il a fait ? Pourquoi devriez vous croire qu'il ait été simplement stupide plutôt que malicieux, quand votre fierté et votre propre respect partent en lambeaux ? Pourquoi devriez vous croire qu'il regrette ce qu'il a fait alors que vous ne l'avez pas encore vu saigner pour ceci ? »

Potter retomba doucement dans le fauteuil, comme si l'air s'échappait de lui. Severus re-remplit son verre, puis celui de Potter. « Vous n'avez aucune raison d'assumer qu'il ne savait pas ce qu'il faisait tout ce temps, n'est ce pas ? » Continua-t-il. « Surtout quand rétrospectivement, vous vous sentez comme un parfait idiot de ne pas avoir deviné au tout début comment tout ceci se terminerait. »

Le garçon fit un grognement, léger et étranglé dans le fond de sa gorge. Severus reposa son verre près de lui sur la table, puis il se rassit dans son propre fauteuil, et regarda le jeune homme effrayé du rebord de son verre. « Vous avez raison, bien sur. Weasley et Weasley née Granger ne mérite pas d'être pardonnés pas plus que Sirius Black ne le méritait. Mais une fois encore, imaginez vous que Draco Malfoy mérite de vivre en homme libre en Angleterre après ce qu'il a fait ? Laisser les Mangemorts entrer ? Mettre Rosmerta sous Impero ? Empoisonner Weasley et Bell ? »

Potter baissa ses yeux, mais il parvint à secouer sa tête d'un air coupable. « Ils n'ont pas… ils se sont remis, et—

« Pas mieux que vous, » l'interrompit Severus sans merci. « Croyez vous que l'ex-Ministre Fudge mérite une large pension pour service rendu et une villa à Majorque pendant que nous, qui avons mené l'offensive durant la guerre qu'il n'a pas voulu reconnaître, vivons de la charité de la Directrice de Poudlard ? Pensez vous que Dolores Ombrage mérite de respirer l'air hors des portes d'Azkaban ? » Les mains de Potter tremblaient, son verre à mi-chemin de ses lèvres, ses yeux fermement clos tandis que sa respiration était sifflante, profonde et rapide.

Severus supprima l'espace entre eux, attrapa le bras de Potter, là où le rouge vif se montrait craintivement au travers de sa manche. « Pensez vous, » dit il doucement quand Potter tressaillit, « Que vous ne méritez rien d'autre pour vos sacrifices et services rendus à notre monde, que de cacher votre cœur derrière un tatouage hideux et prétendre que vous n'en avez rien à faire si personne ne vous aime ? »

« Peut être. » Les lèvres pâles se murent en un murmure. « Peut être que c'est ce que je mérite. » Severus haussa un sourcil, mais le garçon poursuivit ses balbutiements. « Ginny m'aimait. Elle m'aimait, et elle… elle est morte à cause de moi. »

Ah. Alors ils avaient parlé de leurs fantômes au final. Severus relâcha sa poigne et se renfonça dans le fauteuil de nouveau, sachant mieux que de déranger le sanctuaire d'insatiable culpabilité de Ginevra. « Weasley et Granger vous aimaient également, » fit il remarquer à la place, « Et ils sont toujours vivants. »

Potter secoua la tête et sa frange en même temps. « Non. Ils ne m'aimaient pas. Ils m'utilisaient. »

« Idiot. Ils vous aimaient ! Ils n'auraient jamais pu faire face au Lord Noir à vos côtés s'ils ne vous aimaient pas ! » Potter déglutit puis resta silencieux. « L'amour peut faire tourner le monde, pour emprunter une métaphore atroce, » continua Severus, « Mais cela tend également à faire se comporter des gens normalement sensibles en profonds imbéciles ! Par les Couilles de Merlin, Potter, pensez seulement au salon de thé de Mme Pieddodu au mois de février pour réaliser ça ! Quel idiot peut supposer que des adolescents boutonneux et hyperactifs qui se condamnent les uns les autres à des semaines d'ingurgitation de chocolat est un acte d'adoration ? »

Ceci gagna un rire sombre et mouillé. Severus attendit que Potter ait sa bouche pleine de brandy pour assener le coup de grâce. « Ils vous aimaient, Potter. Weasley et Granger vous aimaient. Et ils vous ont utilisé, et ils vous ont fait du mal, et le plus vite vous dépasserez tout cela, sera le mieux. »

Il ne toussa mais cela ne lui prit pas longtemps pour avaler. « Je ne peux pas, Snape, » dit il au final. « Severus, je ne peux pas juste oublier—

Severus grogna et lui fit geste de rester silencieux. « Seul un idiot pardonne, Potter. Et cela m'importe peu si vous pardonnez aux idiots ou continuez juste de les fuir, » ajouta-t-il, agitant un doigt vers le visage surpris de Potter. « Cependant, ne vous attendez PAS à ce que je vous donne une petite tape sur la tête toutes les fois où vous retournez là dedans et vous roulerez dans ce bourbier parce que vous avez besoin d'une bonne bauge auto-abusive ! Dépassez ça ! Dépassez ça et POURSUIVEZ votre putain de vie ! »

« Ce n'est pas aussi simple—

« C'EST aussi simple, Potter. »

« Vous pensez que je peux juste décider que tout ça m'importe peu ? » Sa voix craqua. « Juste réorienter mon coeur, et ne pas penser comment ils l'ont foutrement bien écrasé sous leurs pieds quand ils— » Potter se reprit avec un violent mouvement de tête et une autre gorgée de brandy. « Excuses acceptées, les potes, » il gesticula dans une obscène copie de félicitations. « Prenons une putain de chocogrenouille et faisons une partie de bataille explosive, comme si rien n'était jamais arrivé ! »

« Implorez quelqu'un d'autre pour votre pitié, espèce d'accro, » répliqua Severus. « Tôt ou tard, vous et tous ceux qui recherchent encore votre compagnie, seront fatigués de vous saignant de toutes vos pores. » Il dégusta son propre brandy, puis ajouta, « Et, étant donné que dés à présent, il n'y a que seulement moi, la Directrice et Draco Malfoy qui restons en votre compagnie, je ne crois pas que ce jour soit aussi lointain au rythme où vous allez ! »

Ce fut une erreur, réalisa Severus quand Potter se replia sur lui-même, soudainement petit et fragile ; un petit garçon, juste assez grand pour être planqué dans un placard et oublié de tous. Mais toujours têtu, il serra son verre à deux mains et secoua la tête. « Ce n'est pas aussi facile. »

« Je n'ai jamais dit que c'était facile. J'ai dit que c'était simple. »

« Et bien ça ne l'est pas ! » Hurla-t-il. « Ce n'est pas aussi simple non plus ! »

Severus reposa son verre. « Dites le nom du Lord Noir. »

« Quoi ? »

Puis Severus dépassa la table, attrapa Potter par son t-shirt et fit se lever ce rachitique et maladroit fessier hors de son fauteuil pour le secouer. Nez à nez, Severus se répéta pendant que le verre de Potter roulait le long du tapis à ses pieds. « Dites. Son. Nom. »

« Voldemort. » Pas d'hésitation. Pas de peur quand ces yeux verts et confus cherchèrent les siens. Pas de trace de frémissement ou d'évasion dans ce mot que même Severus ne pouvait toujours pas se résoudre à dire.

Il acquiesça, relâcha sa poigne et glissa son bras le long de la courbe du dos de Potter. « C'EST aussi simple que ça. »

Potter se pencha vers lui, ses bras entourant son torse—pris dans l'enlacement, ne le repoussant pas. Il fut silencieux pendant un long moment, et son souffle parfumé faisait bouger les cheveux retombant sur le menton de Severus pendant qu'il songeait.

« Je ne pardonnerai pas à Draco, » dit il à la fin.

Severus raffermit sa grippe. « Bien. »

« Je suis sérieux. » La voix de Potter s'éleva d'un cran, et les muscles sous la main de Severus frissonnèrent avec ce renouveau de tension. « Je ne le ferai pas ! Je ne peux pas ! » Quelque chose dans le timbre de ce déni donna envie à Severus de secouer le morveux encore une fois.

« N'osez même pas, » gronda-t-il, écrasant Potter contre lui dans une soudaine crispation. « Quel pouvoir détient-il sur vous ? Quelle arme avez-vous placé entre les mains de Malfoy pour que vous, qui avez défait le Lord Noir, ayez autant à craindre de lui ? »

Potter leva les yeux, égarés et éblouis avec colère, rage, avec une faim crue et douloureuse. Puis, dans un farouche mouvement, le garçon s'écarta de lui, se reculant jusqu'au mur de pierre tandis que le sang lui montait au visage.

« Il sait ce que je veux, d'accord ? » Hurla-t-il. « Il ME connaît. Je voulais que ça marche avec lui, alors je lui ai tout montré. Je lui ai tout montré, Severus ! Et il l'a utilisé pour… » Il secoua la tête sauvagement—pas de déni cette fois, mais de rage, tel un lion assiégé par un nid de guêpes—et cogna le mur derrière lui avec ses poings.

« Je ne veux pas de lui, ok ? » Parvint-il à dire après un instant, ses yeux perçants et brûlants. « Je ne veux pas. Mais il sait ce que je veux le PLUS, et il garde… » un vague geste de la main, comme s'il cherchait ses mots. « Il sait comment prétendre qu'il… » un autre geste. « Et j'ai peur qu'il— » La gorge de Potter se resserra quand il déglutit, Severus le vit dans un halo de rouge.

« Qu'est ce que vous voulez alors, Potter ? » Siffla-t-il. « Quelque irrémédiable fripouille tombant du côté de la lumière pour vos beaux yeux ? Une branche d'olivier d'un ennemi, pour combler la place de l'acceptation que vous n'auriez jamais pu espérer de la part de votre oncle et de votre tante ? »

« Non, » dit il.

Severus pouvait dire qu'aucun d'eux n'était convaincu.

« Quoi alors ? » Demanda-t-il. « Dites nous à tous les deux pourquoi vous êtes si fasciné par Draco Malfoy que vous tremblez à l'approche de son ombre ! »

« Je veux qu'il me baise, ok ? » Hurla Potter en réponse. « C'est ça que vous voulez entendre ? »

Non. Ce n'était absolument pas ce qu'il voulait entendre, mais Potter ne lui laissa pas la chance de le dire. Les dents serrées, il frappa le mur de la cheminée et lâcha ses paroles comme si elles étaient des injures.

« Draco sait ce que j'aime. Il sait comment me baiser jusqu'à ce que je ne me souvienne plus de mon nom, jusqu'à ce que je ne puisse plus marcher, même plus respirer après ça. Il avait l'habitude de me baiser si fort, je voyais des étoiles et je pouvais jouir sans même toucher ma queue ! » Ces yeux verts se fermèrent sur les siens, suppliant, furieux, vomissant les paroles qu'il disait autant que Severus haïssait les entendre. « Je n'ai pas eu ça pendant un an, Snape, et bordel, je le veux ! »

Le brandy dans l'estomac de Severus devint acide. Puis les mains meurtries et écarlates de Potter s'avancèrent vers lui, l'atteignant presque, l'invitant presque. « Mais je ne veux pas de lui ! » Murmura-t-il. « Pas lui. Plus jamais. »

Plus jamais.

Ne jamais croire un Maraudeur un Griffondor un Potter un héros un sorcier plus dérangé que vous ne l'êtes trop puissant pour son propre bien un petit garçon esseulé avec un regard tragique et un visage d'ange déchu…

Severus prit une inspiration.

Plus jamais.

Ne jamais révéler son cœur son intention son esprit ses peurs ses plans ses compréhensions ses allégeances son âme ses hontes ses regrets ses remarques ses capacités son plus fort désir horrifiant…

Son col était trop serré. Il le défit sans y penser. Les yeux de Potter se jetèrent sur ses doigts, regardant comme si hypnotisés.

Plus jamais.

Ne jamais vouloir ce que vous ne pouvez pas avoir.

Les lèvres de Potter s'entrouvrirent, un souffle se faufilant entre elles telle une émanation. La lueur du feu faisant briller la chair humide là où ses petites dents l'avaient mordillée, là où sa langue douce et chaude avait léchée toutes les meurtrissures…

Severus s'avança, attrapa Potter et le poussa contre le mur avec un grognement rauque et lui vola un baiser. Il ressentit l'impact au travers du crâne fin et petit entre ses mains, mais il n'y eut aucun frémissement, aucun frisson quand la langue de Potter s'immisça dans sa bouche dans un accueil impatient. Il la mordit, cette langue affamée, puis enlaça la sienne le long de celle de Potter, provocant ses dents en retour.

Des mains bougeaient. Celles de Potter. Les siennes. Les cheveux caressés, démêlés, enlacés par des doigts attrapeurs. Les vêtements enlevés, envolés, disparus grâce à de la magie sans baguette et sans parole désespérée tandis que la bataille imprégnée de brandy—et de luxure—se jouait entre leurs lèvres. La jambe de Potter se retrouva contre sa hanche, ferme, nue. Severus la réajusta plus en hauteur, suivit plus bas par le massage de ses fesses, pour le tenir plus serré contre lui, pour presser son sexe contre la chaleur rampante que Potter lui présentait pendant qu'il guidait ses doigts vers l'endroit affamé derrière.

Quelque chose se brisa dans le manteau. Severus ne le vit pas et n'en fit pas plus attention, à part pour le grognement quand cela rebondit contre son épaule et s'écrasa par terre. Ses doigts glissèrent, facilement dans le corps de Potter, pas besoin de sort pour faciliter l'accès, besoin de rien sauf le propre poids de Potter le supportant contre l'invasion. Son sexe pulsa et s'aligna contre le ventre de Severus. Ses cris étranglés, englobés et aspirés dans le maelstrom du baiser.

« Plus », Potter éloigna sa bouche, haleta la demande chaude et humide contre la tempe de Severus.

« Plus, bordel ! » Des bras enlacèrent sa nuque. Potter ramena son autre jambe, suspendu aux hanches de Severus, à ses lèvres, ses doigts et le mur rugueux contre ses épaules mordorées.

Severus s'inclina contre ce poids en mordillant, suçant le cou de Potter tandis qu'il travaillait sa chaude ouverture par de rapides et urgents mouvements. « Où est ce que vous le gardez ? » Parvint-il à haleter quand son petit doigt se joignit aux autres, et Potter se conforta aux mouvements en signe d'approbation.

« Pas besoin, » souffla le garçon, savoureux et se tortillant sous sa langue. La grippe de satin sous ses doigts frissonna, tel un agrément quand Potter poussa contre eux.

Alarmé, Severus retira sa main. « Ne soyez pas idiot ! Bien sur que c'est nécessaire—HE ! »

« Non, putain, » grogna Potter, tirant ses cheveux de nouveau, puis l'embrassant durement. « Oubliez le lubrifiant. J'en veux pas. » Puis il redescendit, s'éloigna du mur pour s'étendre contre lui, pour combler la place que Severus avait laissée vide. « Je veux vous sentir, » haleta-t-il, ses yeux brûlants et son visage rougi. « Je veux vous sentir en train de me baiser ! »

Puis Potter le frappa. Le sang monta à la tête de Severus. Ses testicules se crispèrent alors que la douleur le lançait comme la foudre sous sa peau. C'était presque, presque, très proche d'être foutrement trop !

Il rejeta sa tête en arrière avec un grincement, remplie sa main des cheveux doux et emmêlés de Potter, et s'en servit pour le projeter face contre terre sur le fauteuil. Le ventre du garçon s'affala contre le bras du fauteuil, finissant son début de protestation en grognement. Il se releva, accrocha ses doigts au coussin mais Severus fut sur lui avant qu'il n'ait pu se redresser.

Il se saisit des hanches de Potter, les souleva jusqu'à ce que ses cuisses reposent sur le bras du fauteuil—écartées, surélevées, ainsi la courbe rosée de son ouverture frémit et cilla à la lueur du feu. Il appuya son pouce entre les fesses de Potter et souffla une promesse contre la chair chancelante.

« Qu'il en soit ainsi ! »

Au premier coup de langue, Potter se courba, s'éloigna d'abord de la caresse puis y revint désespérément. « PUTAIN ! C'est— » Cria Potter, puis grogna. « Ohmondieu, comme ça ! S'il vous plaît, comme ça ! Putain de merde où avez-vous—aaaah ! Mondieu ! Qui vous a appris à mmmmmmmmmmonDieu, Snape ! »

« Blasphémateur, » murmura Severus contre la peau musquée, enfonçant un peu plus son pouce. « Vous étiez celui qui a insisté pour que je lise votre pornographie… » Il fit une pause pour lécher encore, sa mâchoire tendue, sa langue dure.

Potter hurla et se recula contre lui. « Ohhhh, oui… Putain de oui. C'est bon ! » Les testicules contre son menton bougèrent, entraînées vers l'avant quand Potter remua ses hanches et Severus se recula pour voir.

« Non, » gronda-t-il, se saisissant du poignet de Potter et rejetant sa main loin de son sexe, puis derrière lui, contre sa taille creusée. Toute la tension et l'envie brute se retrouvèrent dans ce bras tordu tandis que Potter réclamait de l'air. « Vous me sentirez, Potter, » gronda Severus, se relevant pour attraper également l'autre bras. Il le pressa contre le premier et y planta durement ses doigts. « Vous me sentirez et rien d'autre ! »

« Oui ! » Potter attrapa son propre bras, ses doigts l'enserrant solidement, comme s'il se soumettait. Sa poigne n'était pas moins hésitante quand Severus enfonça ses dents sur la courbe du fessier de Potter. « S'il vous plaît, s'il vous plaît, oui ! »

Peut être était ce à cause de l'imploration. Où les plaintes exhalées derrière elle. Où le bruit distant du vent dans la Forêt assourdi et confus jusqu'à ce que cela paraisse plus être un froissement de robe noire et un murmure de masque blanc. Le rire liquide du feu, haletant et sifflant tel un serpent pâle et massif dans un long couloir sinistre.

Severus se leva, tremblant quand il regarda le garçon devant lui ; son dos arqué, recouvert de sueur, tâché par du sang et des égratignures. La poigne exsangue, ses doigts écartés, tremblants en s'accrochant. Des stries rouges comme des traces de fouets brûlant ses côtes…

Il ne l'avait jamais fait lui-même. N'avait jamais été forcé à le faire.

Mais il avait dû regarder. Et il avait dû écouter. Et il avait dû s'empêcher de détourner le regard, s'empêcher de mettre ses mains sur ses oreilles pour arrêter les cris, s'empêcher de tomber à genoux, soulever son masque pour vomir. Il avait dû enfouir les fantômes de centaines de viols dans son esprit, à l'abri de curieux yeux rouges, et des bleus scintillants. Mais leurs tombes étaient superficielles, très superficielles et leurs voix semblaient soudainement si claires.

« Snape. »

Il n'avait jamais vu son père le faire, mais il n'avait jamais manqué d'entendre. De ressentir les battements contre le sol et les murs. De grogner entre ses dents pour que ses plaintes ne concordent pas avec les siennes. Et bien qu'il y ait toujours eu un sort de guérison avant qu'elle ne le laisse venir vers elle, il pouvait toujours, toujours, toujours voir les contusions, disparaissant rapidement de ses poignets, de ses bras, de son visage.

« Ça va. »

Les mots le firent frémir, secouer la tête, comme il le faisait toujours quand elle essayait de lui dire ça. Sa voix sourde, rauque et contrite par les pleurs ; comment pouvait elle penser qu'il la croyait ?

Ses mains tremblaient, mais quelque part… quelque part il était toujours dur. Dur et endolori, malgré le poids glacial qui s'était répandu dans son estomac, et la flambée de dégoût qui avait remplie sa gorge quand trop de souvenirs l'avaient envahi. Horreur et panique s'agrippaient à lui, mais tout ce qu'il voulait était de s'abandonner dans ce corps souple et moite aussi fort qu'il le pouvait. Au sinon de s'en aller, et de ne jamais s'arrêter de courir.

« Severus, regarde moi. »

Il prit une inspiration, bruyante et éraillée au travers de sa gorge. Clignant des yeux jusqu'à que sa vue s'éclaircisse. Potter le regardait, à moitié allongé, supportant son poids sur une de ses épaules. Des éclairs de volupté se déversaient sur sa gorge étirée quand il le dit de nouveau. « Severus, ça va. Je le veux. »

Ses doigts lui étaient douloureux… il les avaient plantés trop fort dans les hanches blanches de Potter. Sa chair était bombée, pâle et froide entre ses mains. Il le lâcha et Potter se recula immédiatement contre lui, de façon à ce que le sexe de Severus dérape contre ses testicules. Cela obtint de chacun d'eux un grognement.

« Tu m'entends, Severus ? » Demanda Potter avec sa voix lasse et renfrognée de prince des chauves souris, « Je le veux ! Je te veux. » Puis il lui lança un sourire débauché et ses yeux verts étincelèrent. « Fais moi te sentir, » soupira-t-il, « Tu as promis… »

Il prit une inspiration, bougea une main pour attraper les poignets toujours entortillés de Potter, sentant le pouls contre sa paume, en accord avec la palpitation de la veine du cou de Potter. Il se plaça, se collant contre la plus grande source de chaleur qu'il ait pu imaginer, puis ceignit cette hanche étroite une fois de plus, et ramena le corps de Potter autour lui.

« Putain, oh bordel, oh mon Dieu, oui ! » Babilla Potter, sa bouche à moitié pressée contre le fauteuil tandis que ses fesses se contractaient et glissaient autour du sexe de Severus. Severus resta immobile, ne pas penser, ne pas respirer, et absolument ne pas jouir !

Pour se distraire, il s'allongea contre le dos arqué de Potter et se saisit de ses lèvres pour un long baiser négligé. Le garçon fit un bruit, aigu et ahuri tandis que ses yeux eurent un éclair de surprise puis replongea une fois encore dans les affres du plaisir. Puis il ronronna, poussa sa langue dans la bouche de Severus, gigota son petit cul étroit durement contre ses hanches, prenant son sexe plus en profondeur. Et d'un coup, ce fut trop.

Il devait bouger. Il devait. Il avait besoin de s'engouffrer, et de pousser et de conquérir cette chaleur pulsante, asphyxiante et affolante autour de lui. Le lourd et gros fauteuil grinçait contre le sol, ramenant le tapis en une masse de plis épais. Des verres crissaient et roulaient par terre. Le sang montait à la tête de Severus, de la sueur autour de ses yeux, des cheveux dans sa bouche, son souffle tel un râle brûlant alors qu'il se projetait dans Potter avec chaque parcelle de force qu'il possédait. Encore, et encore, et encore.

Et Potter accepta tout, chaque coup punitif, chaque mouvement élancé, chaque poussée, dans toutes les parcelles de son corps, il en demandait plus. Son dos démesurément arqué, ses poignets un enlacement moite de tendon et d'os dans la poigne de Severus, il se redressa soudainement—au dessus du fauteuil, comme s'il allait décoller. Sa bouche étirée dans un cri muet, ses yeux ouvert et aveuglé, il jouit, son sexe écarlate contre son ventre faisant jaillir des traînées poisseuses, crémeuses sur le fauteuil fatigué. Ses fesses se contractèrent, frissonnant, et amenant Severus vers son propre orgasme dans un hurlement rauque.

Un souffle, âpre, capiteux et chaud contre l'épaule de Potter. Un autre, plus un grognement quand les dernières pulsations de plaisir l'abandonnèrent. Puis Potter s'affaissa entre ses mains, un poids mort glissant et sans os contre son torse toujours haletant. Avec un juron, Severus se démena pour les maintenir tous deux hors du sol jonché de verres. Son sexe glissa des fesses de Potter, récoltant un halètement et une respiration suffoquée, avant qu'il ait pu accommoder le morveux correctement dans ses bras.

Le ventre de Potter était recouvert de sueur et de sperme, sa peau dorée sentant le sexe parfait et pur. Son visage, toujours rougi et moite, alangui contre l'épaule de Severus alors qu'il était soulevé, plus proche, plus haut, plus serré. Impuissant.

« Je pourrais vous faire tout ce que je veux là maintenant, » songea Severus, ignorant la douleur dans ses bras et le tremblement de ses genoux alors qu'il regardait ce visage paisible, si enfantin dans le repos. « Tout ce que je voudrais… » Mais le souffle d'Harry ne se dérégula jamais, et ses sourcils foncés restèrent impassibles, même quand Severus y pressa ses lèvres chacun leur tour.

« Vous êtes un homme peu raisonnable, » murmura-t-il contre la cicatrice infamante. Le craquement du feu fut sa seule réponse, alors Severus se détourna du bourbier et partit installer Potter dans son lit.

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A suivre

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Voili, voilou. J'espère que vous avez aimé… Merci d'avoir lu jusque au bout, faites moi parvenir vos remarques, je vous réponds avec plaisir.

J'ai quelque chose à vous demander, également, pour le rythme de traduction. Je vous propose de passer à un chapitre toutes les deux semaines. Pour la simple et bonne raison que je n'ai plus qu'un seul chapitre d'avance… L'auteur a un peu ralenti son rythme d'écriture ces derniers temps et si les chapitres sont plus échelonnés, cela permettra de ne pas avoir trop d'attente à chaque fois. Dites moi ce que vous en pensez et j'agirai selon vos souhaits.

Si vous êtes d'accord avec moi, je vous propose la suite de The Badger Serie à la place jeudi prochain.

Merci !

Taotie