Rating : M

Prairing : HP/SS, un peu HP/DM (mais juste un peu et pas forcément pour le bonheur d'Harry) et quelques autres sous-entendus.

Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de la sémillante Cluegirl, moi je traduis seulement…

Spoiler : tome 6

Avertissements : Ceci est un slash, c'est-à-dire deux fringants (enfin pas si frais que ça dans cette histoire) jeunes hommes en train de batifoler dans la nature. Cette fic a un rating M, ne perdez pas ça de vue.

Note de la traductrice : Le lien vers l'histoire originale est toujours disponible dans mon profil.

Note pour ce chapitre : Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (vous voilà prévenus)

Faites bien attention aux dates… Je vous souhaite une bonne lecture !

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Everybody's fool - - Chacun sa folie

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Chapitre 13 : Chemin d'épines

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A l'attention de Mme Pénélope Knelling

c/o Rothenberger Hof, Dresden, Germany

Livraison rapide

Ma chère Nell,

C'est fait. Cinq clochers, le plus petit d'entre eux plus grand que je ne le suis, et tous faits de verre. Je dois l'admettre, lorsque nous avons reçu la lettre, j'ai pensé que c'était un canular, mais Mr Potter est venu à la forge pour enchanter lui-même les cloches. Disant qu'il ne voulait pas partager sa formule pour le verre, mais en le regardant et ce Snape tout installer, je n'aurais pas voulu le tenter moi-même de toute façon. Enchanter du bronze et de l'argent est suffisamment dangereux pour moi—je ne veux même pas essayer de contrôler des sorts aussi puissants.

Enfin… Oh, Nellie, tu aurais dû voir cela. Et la tonalité ! Oh Merlin, les sirènes ne chantent pas aussi joliment. Juste une tape, juste une toute petite tape de la baguette de Mr Potter, avant même que les runes y soient gravées, et le son a accordé les quatre autres, parfaitement. La litanie m'a fait dresser les cheveux sur la tête—et pas de jeux de mots sur moi et le fait de ne plus en avoir tant que cela sur la tête, petite précieuse—et chaque récipient dans toute la forge se sont simplement mis à chanter en sympathie.

Et fort, tout autant ! J'ai eu peur que la anse ou le claquoir ne lâchent avec toute cette force sur eux, mais nous avons fait des tests minutieux (le test du pipi) sur la cloche, pas plus grosse qu'une barrique, pour tester le processus. Bien sûr Tim s'y est plié, mais où lieu de se briser, ça a juste cassé son pied et brisé en morceaux la planche ! Imagine ! Juste du verre !

Et bien sûr aucun d'entre nous présent dans le laboratoire ne peut dire un mot là-dessus, puisque Potter a insisté pour que nous soyons sous serment magique pour discuter du projet ! Je suppose que c'est seulement ton nom sur le contrat qui me permet de t'en parler, car je n'ai pas pu commencer, non plus, à écrire aucune note détaillée sur ce que je pouvais me souvenir de la potion pour le verre juste après. Tout ce que je peux te dire est que tu auras besoins d'un nouveau chaudron en fonte taille 20, j'ai bien peur, puisque l'ancien est presque mort. Pas de réplication de quoique ce soit en rusant un peu, je suppose, à moins que… enfin.

Poudlard ne veut certainement pas qu'un seul mot du processus ne s'échappe, mais nous devons vraiment leur parler afin qu'ils adoucissent leurs secrets et les clauses d'exclusivité, ma chère. Si ces belles énormes cloches peuvent contenir tant de magie juste dans leurs formes primitives, et bien seul Merlin sait de quoi elles seront capables une fois que toutes ces inscriptions runiques auront été gravées. Et comme tu me l'as toujours dit, une fois qu'on a vu le fonctionnement d'une chose, on peut la recopier.

Et crois, Nellie mon amour, elles seront copiées. Ceci pourrait refaire une santé à la ghilde, je te dis, mais il faudra y aller prudemment. Je pense que nous pourrions offrir de leur laisser 15 de notre estimation première s'ils nous autorisent à faire connaître notre participation et encore 10 en échange pour la permission d'utiliser quelques unes de ces équations et fréquences pour fabriquer nos propres cloches métalliques. Ils ne penseront sûrement pas que c'est une usurpation de leur travail, et après tout, je me suis laissée entendre que ce Mr Snape était un Serpentard, alors il comprendra l'argent en puissance. Il est gay par contre, alors… nous aurons ça à étudier.

Il comprendra sûrement que le seul moyen de garder le contrôle d'une chose est de la commercialiser. Notre Tim a eu une idée assez astucieuse sur l'utilisation de cet intéressant composant de polissage comme moyen de discussion—offrir d'aider à le développer et le tester pour lui, et pourquoi pas. Je suis sure que tu trouveras une façon de rendre ceci irrésistible, ma chère, tu y parviens toujours.

Enfin, tout ceci sera gardé ici jusqu'à que tu sois rentrée à la maison après Dresde, mon cœur. Tu devrais te dépêcher par contre, car je suis déterminée à ce que tu puisses voir les cloches en personnes avant que nous ne les livrions, et pour être honnête, Mr Potter est déjà une peu anxieux sur le délai de livraison. Je n'aimerais pas particulièrement qu'il nous envoie Mr Snape ici pour me réprimander.

Et maintenant je dois partir. Toria est en train de préparer le matériel afin de mouler le carillon de remplacement pour Bethelson Green, et je suis demandée pour vérifier le soufflet. La dernière fois que j'ai autorisé cette pauvre fille à faire une fonte sans moi, ils ont gaspillés la moitié du charbon, en oubliant leurs charmes de soufflage.

Prends soin de toi, soit bientôt de retour à la maison et souviens toi que tu es aimée chérie.

De tout mon cœur, Mme Carol Campana,

Campana et Knelling Métallurgie

GBWM lic. 1956

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16 octobre

La première chose qu'Harry vit, lorsqu'il se réveilla, fut les mots « Plus Jamais ».

Il fit cligner ses yeux endoloris, mais les mots sur son épaule ne s'effacèrent pas, pas plus que le cœur morcelé derrière eux, animé par un rouge si agressif qu'il semblait palpiter. Sa tête posée sur son bras replié, Harry caressa avec son pouce la marque, silencieusement ébahi, comme toujours, devant la marque écarlate qui faillait à palpiter douloureusement. Même après l'avoir fait depuis un an, le tatouage ressemblait toujours à une plaie ouverte. S'il devait être honnête avec lui, Harry devait admettre que c'était ce qu'il avait eu en tête quand il l'avait choisi. Un avertissement qu'il ne pourrait pas manquer : quelque chose pour le maintenir fort, pour le garder concentré. Quelque chose qui le forcerait à se souvenir combien l'amour pouvait faire mal.

Comme si l'amour lui-même avait besoin d'une aide pour cela.

Il exhala un rire à sa propre naïveté, sa barbe du matin griffant les draps chiffonnés.

Un bruissement de tissu derrière lui. Un soupir qui fit se dresser les cheveux de sa nuque, puis les longs doigts d'une main familière, se promenèrent sur le dos d'Harry et s'installèrent tout simplement sur son tatouage et sa main. « Vous allez bien, Potter ? » Demanda Snape d'une grave voix matinale.

Harry retint sa respiration, sentant son sang et l'adrénaline résonner dans sa tête comme un tambour. Aller bien ? Allait-il bien ? Etait il en mesure de reprendre sa vie d'avant ? De dépasser son besoin d'être important à tout prix aux yeux de quelqu'un ? Avait-il appris à prendre ce qu'il voulait dans la vie ou était il étendu dans un lit avec l'homme le plus dangereux qu'il ait jamais connu, et brisant une promesse qu'il s'était faite à lui-même une fois de plus ?

Harry bougea sa main, laissa ses doigts se glisser entre les ombres de ceux de Snape—pas vraiment enlacés, pas vraiment les repoussant, mais là ; se touchant ; une caresse qui cachait complètement les serments questionnables d'Harry de la lueur de l'aube.

Snape ne l'aimait pas. Snape ne l'aimerait pas. Il était à l'abri ici, peu importe de la façon spectaculaire dont l'homme était passionné, possessif et inventif quand il s'était finalement laissé tenter à être au-dessus. C'était Snape, et Snape protégeait Harry de lui-même. Snape savait à quel point Harry était merdique en amour. Snape ne laisserait pas Harry tomber amoureux de lui. Il ferait quelque chose d'horrible à la minute où il suspecterait qu'Harry puisse l'être, juste pour rappeler sa place à Harry dans leur arrangement. Ils se hurleraient dessus, ils bouderaient puis tout serait ok.

Il pouvait faire confiance à Snape. C'était une leçon que la guerre lui avait apprise sans équivoque.

« Vous ne m'avez pas fait mal, » dit-il, poussant de nouveau ses épaules dans la chaleur du bras de Snape et se tournant tandis que l'homme se recourbait contre lui en cuiller. Harry pouvait sentir la cicatrice rugueuse juste en dessous de la clavicule de Snape se frotter contre sa nuque quand il soupira. « C'était brillant, en fait. »

Le bras de Snape resta là où il était, plaquant le sien de son côté et couvrant la marque sur l'autre épaule d'Harry. Harry pouvait sentir le sexe de Snape, à moitié dur sous ses cuisses alors que le souffle de l'homme repoussait les cheveux de la naissance de sa nuque. « Menteur, » dit-il et Harry pouvait entendre le sourire. « Vous êtes recouvert d'écorchures et d'ématomes. Vous ressemblez à quelqu'un qui aurait eu trois mauvais rounds avec le Calamar Géant et qui aurait ensuite continué avec la collection d'animaux d'Hagrid. Cet elfe à vous est déjà venu ici et est parti de nouveau hystérique en voyant l'état de votre cottage et de vos draps. » Des lèvres effleurèrent son crâne. Pas un baiser, plutôt comme s'il voulait presser ses paroles plus près et plus doucement dans ses cheveux. « Je vous ai fait mal, Potter, mais vous avez aimé tout autant. Vous êtes un homme très étrange. »

Harry se renfrogna à cela. « Ouais, et bien. C'est pas comme si c'était une surprise, » grogna-t-il. « De toute façon, j'ai pensé que vous aviez vu pire quand vous étiez avec les—oh ! »

« Ne commencez pas, » La main de Snape saisit son épaule, et ses lèvres fines se pressèrent contre lui, si près qu'il pouvait sentir les dents derrière elles, « Cette dispute avec moi, Harold James Potter. »

Harry frémit. « Bon Dieu, Snape, devez vous vous servir de mon nom en entier pendant que votre queue essaye de me pousser hors du lit ? » Harry ne rajouta même pas l'état de son propre sexe. Chaque mouvement que Harry avait fait depuis son étrange réveil donnait à son corps une chance de se souvenir des aventures de la nuit dernière. C'était la plus délicieuse des courbatures ; une braise à l'intérieur de lui, endormie, affamée et béate, et désirant seulement une légère brise pour la faire repartir dans un besoin enflammé. Harry trembla fortement et dit à sa libido de se tenir.

« Ahh, une sensation déplaisante que vous trouvez réellement déplaisante ? Un soulagement d'apprendre que vous n'êtes pas tenté par un jeu de rôle familial, au final. » La voix moqueuse de Snape était de retour et Harry eut un petit rire.

« Tante Pétunia m'a toujours appelé 'petit' uniquement et seulement quand elle ne parvenait pas à ne pas me parler du tout, » dit il, tortillant ses hanches pour permettre à l'érection de Snape de se placer entre elles, cajolée étroitement et fermement entre ses fesses. « La seule personne qui a utilisé ces trois noms comme ça était Molly Weasley et seulement lorsqu'elle était vraiment, vraiment furieuse contre moi. »

« Potter, » la voix de Snape était étrangement gentille. « Qu'est ce qui vous fait croire que j'ai pu faire l'erreur de considérer cette moldue obscène avec votre figure maternelle ? »

Harry ferma les yeux, son souffle coupé douloureusement dans sa gorge. Il planta ses doigts dans sa propre épaule, plongeant sous la prise de Snape, pour se rappeler à lui-même ce qui reposait en dessous.

Plus Jamais.

« Pouvons, » il déglutit, « Pouvons nous ne pas parler de ça maintenant, vous croyez ? » Parvint-il à demander. « Je préférerai largement que vous me baisiez une dernière fois avant que je n'ai à ramener mes fesses dans la Grande Salle pour le petit déjeuner. »

Snape siffla entre ses dents et ses hanches poussèrent en avant comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher. Son sexe, complètement dur maintenant, était comme une barre de fer contre les fesses d'Harry. « Idiot, » murmura-t-il, « Pourquoi pensez vous que je vous ai demandé si vous aviez été blessé ? »

Oh. Comme réponse, Harry fléchit ses jambes et poussa en arrière. « Vous auriez pu juste demander, » maugréa-t-il.

« Je crois que je l'ai fait. » Snape glissa une jambe entre celles d'Harry, puis se pencha pour attraper un des genoux d'Harry et le suréleva contre son torse. Le mouvement fit gémir Harry à la peine/délice/empressement dans son corps. La langue de Snape s'égara en un chaud et humide cheminement le long de son oreille. « Maintenant, où rangez vous votre lubrifiant, morveux ? » Harry ouvrit la bouche et Snape mordit son lobe. « Essayez de me dire que vous n'en avez pas besoin et vous vous masturberez dans votre baignoire, » avertit-il, « seul. »

« Je ne voulais pas, » haleta Harry, allongé en travers du lit, en farfouillant dans sa table de nuit. « J'allais juste vous dire que ça devrait être illégal de dire 'lubrifiant' avec cette voix… » Il attrapa son propre genou, le serra contre lui un peu plus haut tandis que Snape lui prenait le tube et arrachait le bouchon avec les dents.

« Mmm, et qu'elle était cette voix, Potter ? »

« OhmonDieu, » geignit Harry quand les doigts de Snape pressèrent gentiment et lubrifié à l'intérieur. « Cette voix, bâtard sadique, » haleta-il. « Cette 'retenue, Mr Potter' voix et n'essayez pas de prétendre que vous ne savez pas de quoi je parl—AAH ! » Il frissonna et empoigna ses testicules alors que les doigts de Snape caressaient sa prostate.

« Vous avez un esprit tordu, Mr Potter, » Snape utilisa sa putain de voix pour l'exemple tandis qu'il se mettait lui-même en position, puis pressa doucement à l'intérieur. « La prochaine fois vous me demanderez de vous faire compter des fessées… »

Harry était, à ce moment là, aussi incapable de compter quoique ce soit, que de mettre deux mots côte à côte pour expliquer cela à l'homme dont le sexe était désormais en train de sortir d'entre ses fesses dans un long et brûlant mouvement. Alors à la place, il s'installa pour entortiller ses doigts à ceux de Snape sur son bras et mordre l'oreiller pour assourdir ses gémissements—et n'importe quelles autres choses étranges qui pourraient sortir de sa bouche pendant que Snape le baisait si lentement, si nonchalamment, si putain brillamment.

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Ils décidèrent que Snape descendrait en premier pour déjeuner, pour donner le temps également aux hématomes sur la nuque et les épaules d'Harry (et ses hanches et son dos et ses genoux) de disparaître sous l'action du sort de guérison. Et Harry, repu, endolori et béat, était plus que ravi d'avoir l'opportunité de paresser dans sa baignoire et d'avoir le temps de réfléchir pendant que son collègue disparaissait dans la cheminée pour retourner dans ses propres quartiers.

Harry avait laissé Draco venir à lui, bien sûr. Même avant qu'il ne soit capable de se rendre compte de ça, mais jusqu'à ce que Snape lui ait donné un bon et solide réveil—Harry eut un rictus à son propre sous-entendu—il ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait y faire. Draco semblait changer les règles à chaque fois que Harry se laissait prendre, les rectifiant pendant qu'Harry s'enfonçait encore plus profondément. Désormais, par contre, Harry savait comment faire ; c'est-à-dire ne rien faire.

Puisqu'il ne pouvait pas gagner au jeu de Draco, la seule action victorieuse était de ne pas y jouer.

Ce n'était pas si différent de ce que la bataille contre Voldemort avait été. Jusqu'à ce que Harry ait appris de regarder plus loin que sa haine, de la mettre de côté, et de faire ce qu'il avait à faire pour sa propre sûreté, Voldemort avait été capable d'anticiper chaque mouvement qu'il avait fait. Harry avait failli se faire tuer avec Ron et Hermione, avant qu'il n'arrive à réaliser cela. Voldemort avait connu la haine de l'intérieur et de l'extérieur ; comment l'utiliser, comment l'exploiter et comment deviner ce qu'elle pousserait quelqu'un à faire. Et Draco… et bien, Draco connaissait le désir, pas vrai ? Draco connaissait l'envie dévorante et la faim pour une chose dont vous ne vous auriez jamais cru capable. L'espoir était son arme et la solitude son alliée.

Draco ne s'était pas introduit dans la vie d'Harry avant qu'Harry n'ait quitté Ron et Hermione. Il s'était engouffré dans la brèche douloureuse laissée par la perte des deux meilleurs amis de Harry et avait fait absolument comme chez lui. Et Harry, cherchant n'importe quoi pour éponger la blessure, l'avait laissé. L'avait accueilli. L'avait voulu.

Et maintenant… et bien, c'était presque par habitude, la façon dont il réagissait, n'est ce pas ? La mémoire du corps, abandonné pendant un an au profit de déambuler saignant de toutes parts chaque jour, tel un boitement qui demeure même lorsque l'os est soigné. Draco comptait sur ce boitement, alors la seule façon pour Harry de retrouver sa balance était uniquement d'arrêter de boiter et de marcher correctement.

Et c'était vraiment aussi simple que ça. Bien que, comme l'avait dit Snape, ça ne rendît pas la chose facile.

Un soudain et frémissant tapotement derrière le store de la vitre distrait Harry de sa rêverie, et l'instant d'après, Hedwige s'engouffra et voleta près de lui. Elle déposa un rouleau de parchemin sur les pierres.

Vous êtes demandé dans la Grande Salle, l'écriture distinctive de Snape était précipitée et tremblante, comme s'il avait écrit contre un mur, avec de l'encre conjurée. Arrêtez les ronds dans l'eau et ramenez vous ici.

S.

Lavez vous d'abord !

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Dix minutes plus tard, toujours humide et sentant le savon au patchouli et à la menthe, Harry s'avança dans la Grande Salle et comprit la note étrange avec une soudaine clairvoyance assez horrifiante.

Remus était assis à gauche de Minerva, hilare au choc d'Harry comme si c'était la meilleure blague au monde. Harry jeta un coup d'œil à Snape, assis deux sièges plus loin, près de Draco et de Kingsley, mais l'homme ne lui offrit rien d'autre que son regard noir habituel. Tous les autres à la table arboraient le même sourire identique, excepté pour Draco, qui semblait s'être mis sur son mode 'délassement ennuyé'.

Harry couvrit sa confusion par un sourire et marcha vers son siège. « Tu es un enfoiré, tu sais, » chuchota-t-il alors qu'il prenait le siège que Remus lui dégageait. « Je n'avais aucune idée que tu puisses venir ! »

« C'est bizarre, » répliqua Remus, poussant le bol de porridge vers lui. « Je me rappelle distinctement de toi m'invitant l'été dernier. Sans mentionner toutes les fois où tu me l'as écris depuis. »

« Tu as toujours dit non, » protesta Harry, toujours souriant. « Je pensais que j'allais devoir te menacer de me marier ou quelque chose d'autre dans ce genre pour te faire sortir d'Italie. » Quelqu'un au bout de la table s'étouffa à moitié. Harry se dit à lui-même que cela devait être Draco et sourit en imaginant la tête du blond.

« Marié, n'est ce pas ? » Le visage de Remus se fendit d'un sourire enchanté. « Y a-t-il quelqu'un que tu doives me présenter tant que je suis ici ? »

Oups.

« Ça dépend, » esquiva Harry, « Combien de temps vas-tu rester ? »

Remus accepta l'évasion avec un rire entendu. « Et bien, j'ai pensé, entre passer du temps avec toi et rendre visite aux autres membres de l'Ordre, que je ferais mieux de rester pour une quinzaine. » Il repoussa quelques tomates avec sa fourchette et le sourire devint plus mélancolique. « Et j'ai quelques… choses personnelles à faire pendant mon séjour, également. »

Il y eut un long silence, puis Remus se reprit avec un petit mouvement d'épaule et son sourire marqua son dynamisme. « Toujours est il, je suis sûr que nous pouvons trouver le temps pour les ennuyeuses obligations familiales, Harry. En fait, j'ai l'intention d'aller au Terrier et faire faire à Molly de nouveaux cheveux blancs cet après-midi. Tu pourrais venir avec ta nouvelle conquête et subir un interrogatoire en règle une bonne fois pour toute, si tu veux. »

Soudainement, le porridge dans la bouche d'Harry se transforma en ciment. Il pouvait les sentir le regarder, le picotement de ses regards curieux se demandant pourquoi son visage était devenu aussi blanc et son souffle s'était bloqué à une suggestion aussi innocente. Le regard plat de Minerva, celui calculateur de Draco, celui intrigué de Flitwick de l'autre bout de la table, le plissement maternel des sourcils de Chourave. Mais plus que tout cela, Harry pouvait sentir la façon dont Snape ne le regardait pas.

Du coin de l'œil, Harry pouvait traquer le miroitement de la fourchette de Snape quand elle faisait le chemin, doucement, de sa bouche à son plat. Il aurait pu être la seule personne à bouger dans toute la salle, mais Snape ne semblait pas s'en rendre compte ni s'inquiéter de savoir s'il l'était. La fourchette grinça contre l'assiette, envoyant une décharge dans la colonne vertébrale d'Harry, lui rappelant de finir d'avaler et de répondre à la question de Remus.

« Je… n'ai… » Harry déglutit puis attrapa sa tasse de thé pour gagner du temps. Le genou de Snape heurta celui d'Harry sous la table et il déglutit de nouveau. « Je ne suis pas… prêt. » Murmura-t-il au final.

Le sourire de Remus s'assombrit. « Prêt ? »

« De… euh… prendre une journée sur mon travail, » Harry mastiqua hâtivement, attrapant le miel et déposant une cuillérée dans son porridge. « Je veux dire, tu sais comment Moll—Mrs Weasley est quand elle commence à nourrir les gens ; elle peut faire ça toute la journée. Et Snape et moi en sommes à un point crucial maintenant. » Il regarda à sa gauche pour trouver un encouragement, puis détourna vite fait le regard avant qu'il n'ai pu identifier ce qui se cachait derrière le désintérêt neutre de l'expression de Snape. « Les protections, je veux dire. On est juste sur le point de commencer la phase de construction là et on a besoin de vérifier les plans une dernière fois avec Vector et Sinistra. Pour être sûr que tout va bien se passer avant de faire venir les ouvriers pour commencer la constructions des—

Une théière atterrit sur la table juste devant l'assiette d'Harry et il frémit silencieux. Il regarda la main de Snape tandis qu'il tournait légèrement la théière et la prit du bout des doigts pour verser du liquide ambré dans la tasse vide d'Harry.

Harry la regarda se remplir, prit une longue inspiration et finit sa phrase dans un ton beaucoup moins effréné, « --clochers. »

« Clochers ? » L'expression de Remus était moyennement amusée et il y avait une vive curiosité tapie sous son regard d'ambre ; le loup sentait sa proie. « Tu n'as mentionné aucun clocher cet été. »

Harry prit le temps de se rappeler de ne pas s'enfuir. « Les plans ont quelque peu mûris depuis, » dit il, mélangeant le miel et son porridge. « Pourquoi ne viendrais tu pas au laboratoire après que tu ais fini au Terrier ? » Il jeta un coup d'œil à droite, ignorant les yeux plissés de Draco pour voir le regard de Snape, mais l'homme restait impassible et avait re-concentré son attention sur son omelette. « On pourrait te montrer ce que nous avons pour l'instant accompli, si la Directrice n'y voit pas d'inconvénients ? »

Derrière l'épaule de Remus, Minerva sourit. « Et pourquoi devrais-je empêcher la chance d'avoir une expertise en Défense avec la capacité de conseils de Mr Lupin et de vous deux sans que cela me coûte un centime ? » Elle cacha son rictus par le rebord de sa tasse. « Je suis Ecossaise, après tout. »

Remus rit à cela et Harry commença à se détendre. « On pourrait dîner ensemble après ça. Peut être descendre aux Trois Balais et avoir une pinte ou trois, » aventura-t-il, résistant à l'envie de regarder Snape. S'il ne voyait pas le regard interdit de l'homme, il pourrait ensuite toujours s'excuser après que le rendez vous ait été fixé. Mais vraiment, il comptait sur la nature Serpentarde de Snape pour voir la petite opportunité qu'Harry voulait induire.

De la même façon, il écarta ses pieds de la portée d'un coup. « Si tu n'as rien d'autre de prévu, c'est… » Il laissa l'invitation en suspend alors que Remus riait et lui caressait la main.

« C'est une idée merveilleuse, Harry, » dit il. Puis son sourire redevint sournois et ses yeux ambrés suivirent Harry porter sa tasse à ses lèvres. Remus attendit jusqu'à ce qu'Harry avale pour ajouter, « Et peut être nous pourrons parler un peu plus de cette idée de 'mariage'… »

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« Potter… »

« Ne dites rien. »

« Est-il nécessaire de rajouter quelque chose ? Sûrement, vous ne pensiez pas que cet après-midi se passerait bien… »

« Et bien je vois pas pourquoi pas ! Tout se passait bien au laboratoire ! »

« Ce qui est, assez bizarrement, assez différent de l'intérieur des Trois Balais. Merlin, Potter, même pour vous—

« Ça aurait pu marcher ! »

« Peut être que si vous nous aviez mis d'abord tous les deux sous Impero. Et tout le monde dans la taverne également. Idiot. Est-ce que ce foutu traumatisme crânien le mois dernier vous a fait quelque peu oublier que Lupin me hait ? »

« La ferme, il ne vous hait pas. »

« Potter… »

« Enfin, si vous lui aviez laissé l'occasion de vous connaître, il ne vous haïrait pas. Ecoutez, on doit bien commencer quelque part, hein ? »

« Potter. »

« Et de toute façon, c'est pas comme si vous auriez pu lui demander juste comme ça. Pas devant tout le staff au petit déjeuner. Il aurait pu s'évanouir avec le choc. »

« … »

« Ça s'est pas passé si mal que ça, de toute façon. Je veux dire, personne n'a hurlé, pas vrai ? Et les baguettes n'étaient pas pointées l'une vers l'autre ou autre chose du même type. Alors, peut être, la prochaine fois on devrait—mph ! Hey. Snamph… Arrêtez ça, j'essaye de discuter avec voumph ! »

« Considérez cela comme un appel à votre nature Serpentarde quasi atrophiée, idiot. »

« Mais—Mmmmmmmph… mmmmmmm ? »

« Arrêtez… de vous enfoncer… avant que vous ne vous… enterriez… tout seul. »

« Mmmmm… »

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17 octobre

Cher Harry,

Honnêtement, tout va bien. Tu m'as juste surpris la nuit dernière, c'est tout. C'était simplement un malentendu, naturellement. Si j'y avais réfléchi, j'aurais pu réaliser que des collègues travaillant avec tant de proximité sur un projet à long terme peuvent développer l'habitude d'étendre leurs sessions de travail dans un dîner, et même après des heures de réunion tout autant. Et même Severus Snape doit quelque fois mettre le pied dans un pub, je suppose.

C'est seulement que j'ai pensé que toi et moi aurions pu avoir un peu de temps d'abord, c'est tout. Juste nous deux, je veux dire. Je ne voulais pas être malpoli, et je réalise maintenant que mon silence a dû y faire penser. Juste un peu pris par surprise, vraiment, et mes habitudes de conversations n'étaient pas au niveau du challenge. Et Severus était clairement aussi rouillé. Pour un espion, il n'a jamais été très fin mis à part lorsqu'il se met à insulter quelqu'un, alors je suppose que c'était seulement à prévoir.

Alors que j'écris ceci, il est minuit passé, tu as dois être sur le chemin de ton cottage et je suis trop fatigué pour t'attendre, alors je laisserai cela où tu pourras le trouver demain matin. J'aurais aimé discuter de cela avec toi demain, seulement je parts pour le Shropshire afin de rendre visite à Diggory, et à Arabella si elle est toujours à Little Whinging. Je t'aurais bien invité, mais Minerva m'a dit que le Conseil des Gouverneurs va venir vérifier les plans de constructions des clochers et donc je m'attends à ce que tu sois demandé ici à Poudlard.

Pourquoi toi et moi n'essaierions nous pas de dîner et de rattraper le temps perdu quand je serais de retour dans le Nord ? Je te contacterais par cheminette dès que je saurais mon itinéraire.

Tu fais un travail merveilleux ici, Harry. Je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais c'est vrai. Travailler si étroitement avec Snape quand il y a déjà une histoire si douloureuse entre vous, et poursuivre en dépit de tout pour créer ce que l'on peut appeler une nouvelle sorte de sorts… et bien, ta mère serait fière de toi.

Je suis fier de toi.

Et je te verrai dans quelques jours.

Remus

Ps : Molly m'a demandé de te donner cette photo du petit Harold Michael Weasley, mais j'ai été trop pris dans ton projet et je n'y ai plus pensé jusqu'à maintenant. Alors le voilà. Quels cheveux, hein ? Espérons que le cerveau en dessous favorisera sa mère également. Elle t'embrasse, aussi, mais tu sais cela, bien sûr. Et Ron aussi.

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19 octobre

« Attendez ! Ne rentrez pas ! » Harry hurla quand la porte du laboratoire s'ouvrit. Sa baguette jaillissant dans sa main, prêt à pétrifier quelqu'un si nécessaire, mais Shackelbolt, heureusement, n'était pas de ceux à prendre un avertissement à la légère, même de la part d'un homme de vingt son cadet.

Il se figea, puis referma la porte avec une attention exagérée. « J'interromps quelque chose ? » Sa sombre voix veloutée était prudente et remplie à égale mesure d'amusement et de circonspection tandis qu'il apercevait l'accoutrement d'Harry.

Harry baissa la tête et rougit. « Ce n'est pas un pyjama, » dit il, abaissant sa baguette et passant une main sur sa tenue médicale bleu pâle. « C'est juste plus facile de lancer un charme d'imperméabilisation qu'avec les robes habituelles. Et ça ne laisse pas de fibres dans l'eau, non plus. »

« L'eau ? » Demanda Shackelbolt, puis il baissa la tête pour regarder le seuil. Ses sourcils se levèrent et il s'écarta du petit ruisseau. Harry le vit suivre les rigoles étroites aussi loin que le périmètre de la pièce le permettait, son regard noir fin et affûté. « Ahhh. Plus de travail sur les protections, dois je comprendre ? »

« En fait, Mr Potter voulait simplement un jeu d'eau dans mon laboratoire dans un but esthétique, » renifla Snape de la porte du second laboratoire. « Il ne cesse de jacasser à propos de propriétés apaisantes et de feng shui… »

« Fermez là, vous, » renvoya Harry, transfigurant le plateau du déjeuner en petit pont en verre. « Ouais, c'est pour les protections. Vous ne pouvez pas traverser directement encore—on n'arrive pas à le faire marcher correctement. » Il lévita le pont sur le ruisseau, puis s'écarta de l'entrée et fit geste à l'auror de rentrer avec une petite courbette. « Là vous pouvez. »

Shackelbolt hésita, regardant le pont en verre avec méfiance. « En fait, je suis uniquement venu pour voir si Severus pouvait se libérer pour quelques minutes, » dit il, et Harry sentit son dos se raidir.

« La question de ma liberté, » répliqua Snape, enchantant son propre pont plus large et le traversant pour entrer dans la pièce, « A été établie il y a deux ans déjà, j'ai cru comprendre, » dit il, mais Harry entendit la tension sous-jacente à ses paroles acerbes et lança un regard inquiet à son partenaire.

« Il n'a rien fait, » commença Harry, mais s'arrêta quand Shackelbolt roula des yeux.

« Oh, pour l'amour de Merlin, je sais ça ! Vous êtes encore plus paranoïaques que Maugrey, je le jure ! » Il fit une grande enjambée, outrepassant le ruisseau et le pont et tout le reste, pour se tenir entièrement dans le labo. « Je ne suis pas là pour arrêter quelqu'un, j'ai juste besoin de demander à Severus de l'aide avec le cas De Castillo. »

Pour une raison ou une autre, la posture de Severus ne se détendit pas. « Le polynectar ne sera pas prêt à tester avant une semaine, » commença-t-il.

« C'est pas ça, » dit Shackelbolt, relevant un tabouret et s'asseyant à moitié dessus. « Il ne voulait pas coopérer sur la question de son complice, alors nous avons utilisé du Véritaserum pour l'aider. »

Snape ferma les yeux, pinça l'arête de son nez. « Vous lui avez déjà administré, n'est ce pas ? » Demanda-t-il, comme s'il connaissait déjà la réponse.

Inexplicablement, l'auror parut embarrassé. « Il a subi un examen complet avant. Nous avons pris des précautions—

« Mais bien sûr ce type de potion ne réagi pas à un diagnostique standard, à moins que le guérisseur regarde pour elle spécifiquement, » renifla Snape. « Ce qui, je me permet de deviner, n'a pas été fait par votre guérisseur ? »

Shackelbolt soupira, regardant le chaudron en cuivre poli qui servait de citerne pour les rigoles, comme si le bouillonnement et la vapeur de l'eau portaient toutes les réponses. « Non. Non, elle ne l'a pas fait. Castillo est un leader pas un suiveur. Et il a une personnalité narcissique également, alors nous n'avons pas pensé qu'il ferait une surdose avec—

« Clairement non, » trancha Snape. « A quel point est-ce mauvais alors ? »

« Heuuuuuu… » Harry tenta de lever la main, mais il ne fut pas surpris quand il fut ignoré.

« Des coups, » répondit prudemment l'auror. « Nous avions un guérisseur dans la pièce, alors il a été en mesure de le calmer avant que les dommages ne se répandent trop, mais il a perdu la parole et le contrôle moteur. »

« Vous laissant avec un complice anonyme, sous des ordres inconnus, qui est maintenant incapable de recevoir des ordres ou reprendre les commandes de son employeur, » Snape, se délectant visiblement de la chance de pouvoir enfoncer toute la Division des Aurors, croisa les bras sur sa poitrine et eut un rictus.

« Euh, je voudrais pas vous interrompre ou quoique ce soit, mais est ce que vous pourriez tous les deux-- » tenta de nouveau Harry, avant que l'humeur orageuse de Shackelbolt ne le coupe.

« Oui, exactement. Seulement tu oublies que nous avons aussi une femme terrifiée et son petit garçon, tous deux ont déjà été la cible de cet homme, » ses dents étaient comme une étincelle de fureur blanche dans les ténèbres du laboratoire. « Ce n'est pas pour compter les points, Snape, c'est pour empêcher un enlèvement et un meurtre, juste au cas où tu ais oublié de quoi il en retourne. »

« Non, c'est sur vous voulant que moi j'utilise la légilimencie afin d'interroger un homme qui ne peux plus parler tout seul, » rétorqua Snape, son visage toujours parcouru par un demi-sourire triomphant. « Si je dois m'introduire dans l'esprit non consentant de Castillo au bon vouloir du Ministère, le moindre que vous puissiez faire est d'appeler un viol un viol, ce que cela sera en vérité ! »

« Vous devriez vraiment— » Harry s'écarta du plan de travail et garda sa baguette dans sa main tandis que Kingsley se mit debout.

« Est ce que ça te fera le faire ou n'as-tu pas encore fini de jubiler ? » Grogna l'auror.

« Je veux l'immunité, » rétorqua Snape. « Pas de représailles de la part du Ministère, ou de Castillo, s'il se remet du Véritaserum. Vous m'assurez la légalité d'un contrat pour l'interrogatoire, sinon trouvez vous un autre Légilimens pour faire votre sale travail. »

« Snape, un contrat va prendre du temps, » cria Shackelbolt, agitant les bras. « Ces formulaires doivent être approuvés par au moins dix départements différents d'abord ! »

Harry, les yeux rivés sur le sol, jura sous sa barbe, et renforça le sort de bouclier sur ses chaussures et son pantalon.

« Alors je vous recommande de ne pas perdre de temps avec le commencement, » répliqua froidement Snape. L'instant d'après, il leva les yeux au ciel et soupira avec dégoût. « Oh, épargnez moi votre regard bovin ! Je ne peux légilimencer une victime de coups pour au moins deux semaines après les lésions, comme votre guérisseur a dû vous le dire, si vous l'aviez consultée avant de venir ici. Le stress accentuera les dommages que l'abus de votre potion a déjà commencé et l'achèvera presque définitivement ! »

« Putain, pourquoi tu n'as pas commencé par dire ça ? » Shackelbolt dégoûté, laissa tomber ses bras.

« Parce que, je veux un contrat, » répondit Snape sans pause. « Ma réputation est assez ternie sans ajouter le sale travail du Ministère. Si vous me voulez, et bien vous pouvez foutrement bien partager toutes les récriminations que cela pourrait— » la diatribe de Snape se suspendit quand Harry s'abaissa près de son bras, s'emparant des boutons de sa robe et commença à les défaire aussi vite qu'il le put.

« Potter, qu'est ce que vous êtes— » Il tenta de s'éloigner, mais Harry le repoussa fermement avec son épaule contre le plan de travail et continua son déboutonnage. « Lâchez moi, espèce— » Il écrasa la main d'Harry alors qu'elle défaisait le dernier bouton. « Qu'est ce que vous croyez être en train de FAIRE ! »

« Empocher un nouvelle dette de vie, » grogna Harry, saisissant le revers de la robe de Snape pour l'enlever d'un coup sec de ses épaules. Il attrapa le poignet de l'homme ensuite et continua. « Je vous ai dit de ne pas porter de robe ici tant que les flux sont instables ! Et vous, » il regarda par-dessus son épaule, ignorant l'expression amusé de Shackelbolt. « Vous feriez bien d'enlever la votre également, avant— » Harry glapit, retira brusquement ses main quand le charme sur les robes de Snape se brisa et la manche craqua, crissa et se réfrigéra.

« Bordel ! » Son halètement couvrit le sifflement de douleur de Snape et le cri de Shackelbolt. Miraculeusement, Snape parvint à ne pas bouger sous la fine couche de glace noire toujours accrochée à son poignet et tombant sur le bas de son dos en plusieurs plis affaissés.

Shackelbolt ne fut pas aussi chanceux ; ses robes étaient toujours entièrement sur lui quand elles s'étaient changées en glace, et non seulement il frémit au froid soudain et dévorant, mais il frémit violemment. Toute la couche craqua dans un murmure. Les yeux noirs de l'auror se plantèrent dans ceux d'Harry, alertes et alarmés. Puis l'habit transfiguré explosa comme une pluie étincelante de diamants et de flocons de neige.

Harry se baissa et protégea son visage de la rafale de glace. Puis il couvrit complètement sa tête lorsqu'il entendit la robe de Snape craquer une seconde après. La seconde déflagration arriva avec un bruit retentissant, mugissant au niveau du torse de Snape. Harry ne pensait pas que ça venait de son imagination que le shrapnel de la robe de Snape avait explosé quelque peu plus méchamment que celui de Shackelbolt.

« J'ai essayé de vous avertir qu'il y avait quelque chose avec l'eau, » dit Harry, se redressant et époussetant les morceaux de glace de ses cheveux et de sa nuque. Il faisait tout ce qui lui était possible afin de ne pas rire—autant à la vue de l'expression outrée sur le visage de Snape que celle fascinée de Shackelbolt par le flot de cristaux bleus et gris à ses pieds. « Je l'ai réellement fait ! »

« Potter, » dit Snape au travers de ses dents, son visage blanc rehaussé de taches écarlates sur ses joues.

« J'ai l'ai fait ! » Harry essaya fortement de contrôler son visage mais l'expression fatiguée dans les yeux de Snape lui dit qu'il n'y arrivait probablement pas très bien.

« Est ce que c'était supposé arriver ? » La question de Shackelbolt fit retomber abruptement la tension, et Harry, pathétiquement heureux de la distraction, se précipita pour répondre.

« Et bien, quelque chose comme ça, ouais, » dit il, invoquant une paire de serviettes de la salle de bain derrière le mur. « Seulement, nous recherchions de la pierre, pas de la glace. Ça a toujours besoin d'un peu de travail, je suppose. »

Snape grogna et arracha la serviette que Harry lui avait lancée sans plus de commentaire.

« Que se passe-t-il quand elle dégèle ? » Shackelbolt pris sa serviette, puis s'accroupit pour remuer un peu de glace avec sa baguette.

« Alors les elfes du château passent la serpillière et Potter nous doit à tous les deux de nouvelles paires de robes, » grogna Snape, frottant vigoureusement ses cheveux.

Harry, figurant qu'il s'en était sorti plutôt sans encombre, osa un sourire désinvolte. « Bien sûr. Tant que je peux choisir la couleur et le style. Je me suis toujours demandé à quoi vous ressembleriez dans un rouge Griffondor, Snape… »

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Cet après-midi là, quand Harry Potter apparut au dîner dans la Grande Salle avec une couleur de cheveux verdoyante, personne ne dit rien.

Un seul coup d'œil aux mèches filandreuses écarlates de Snape racontait en entier l'histoire qui devait être dite, et la férocité de leur silence partagé était telle, que même Draco Malfoy n'osa pas se moquer d'eux.

Quand Remus Lupin revint à Poudlard le lendemain matin, cependant, les deux hommes avaient retrouvé leurs précédentes couleurs de cheveux, si ce n'est que ceux d'Harry était moins en bataille, et ceux de Severus légèrement moins graisseux et filandreux.

Personne n'osa faire de commentaire là-dessus, également, bien que pratiquement tout le monde à la grande table ait remarqué.

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A suivre…

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Ahem, ahem…

Je suis désolée d'avoir mis autant de temps pour traduire ce chapitre… Mais rassurez vous, je suis maintenant dégoûtée des m&m's (ils font des paquets XL, si c'est pas mal ça…) et donc il ne devrait pas y avoir d'autres obstacles maléfiques sur le chemin de la traduction. Jeudi prochain sera le grand retour de Zacharia Smith dans 'The Badger's Serie' by Maya.

Cluegirl a eu un petit passage à vide et n'a pas posté de nouveau chapitre. Vous en êtes donc au même point que moi et vous vous demandez peut être 'c'était quoi ce truc avec Remus et son attitude avec Harry' ? Enfin, dites moi ce que vous voulez par review, je vous donnerez avec plaisir mon point de vue.

Argh… c'est quand qu'elle va poster un nouveau chapitre (des messages d'encouragement sur son site pourraient être pas mal pour lui redonner le moral... Je transmets ce que vous voulez également si besoin) ! Je vous tiens au courant via mon profil dès que j'en sais plus…