Rating : M
Prairing : HP/SS
Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de la sémillante Cluegirl, moi je traduis seulement…
Spoiler : tome 6
Avertissements : Ceci est un slash, c'est-à-dire deux fringants (enfin pas si frais que ça dans cette histoire) jeunes hommes en train de batifoler dans la nature. Cette fic a un rating M, ne perdez pas ça de vue.
Note de la traductrice : Le lien vers l'histoire originale est toujours disponible dans mon profil.
Note pour ce chapitre : Avis aux fans, ce soir, Draco va être un vrai conard. Vous êtes prévenu(e)s…
Faites bien attention aux dates… Je vous souhaite une bonne lecture !
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Everybody's fool - - Chacun sa folie
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Chapitre 15 : Combien de fois abusé
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23 octobre, suite.
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Monsieur,
Mon acompte journalier n'a pas été déposé à mon compte à Gringotts depuis plus de deux semaines.
Les termes de notre arrangement étaient particulièrement spécifiques, et je ne les ai pas transgressés. Je suis capable de sécuriser votre paquet pour une livraison quand vous voulez et je le ferai à moins que vous ne me remettiez le solde en entier de ce que vous me devez.
Ma réputation vous a obligé à faire appel à mon aide pour votre affaire et elle devrait également vous dissuader de sous-estimer ma contrariété, si vous aviez décidé de vous jouer de moi. Je me sens redevable de vous prévenir que je suis bien trop lâche pour vous attaquer directement. Je trouve cela plus efficace d'utiliser mon temps et mon énergie pour m'en prendre à ceux qui m'ont utilisé à travers leurs amis et leurs relations. Cependant, comme faveur à ces innocents, je prends bien soin à leur faire connaître la raison exacte derrière leur infortune. C'est seulement juste, après tout.
De quoi que ce soit d'autre dont vous me croyez capable, Monsieur, je vous suggère de m'en croire capable. Payez moi ce que vous m'avez promis, tout ce que vous m'avez promis. Puis je vous livrerai le colis comme prévu et notre association pourra prendre fin sur une note mutuellement profitable.
Avec beaucoup de sincérité,
Votre associé.
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« Snape, ouvrez la porte ! Allez, vous ne pouvez pas juste—
« Potter, je suis conscient que vous avez été élevé par des singes dans une jungle, mais même vous devriez savoir qu'une porte fermée signifie que vous n'êtes pas bienvenu ! Maintenant, FOUTEZ moi le camp ! »
« Je ne vous laisserez pas seul, Snape, pas après ça ! Allez. Laissez moi entrer. »
« PARTEZ Potter ! Etre seul est précisément ce que j'aimerais être, bordel ! Je ne veux PAS de vous faisant les cent pas dans mes quartiers et essayant de me faire parler de mes putains de sentiments ! Je veux du silence, je veux de la solitude et je veux un verre, dans cet ordre ! »
« Très bien, je peux vous avoir un verre. Et je peux être sage aussi, je le promets. Laissez moi juste entrer ! »
« Fichtre, quelle part de 'solitude' est au-delà de votre entendement ? »
« La part où vous attendez de moi de juste partir et de vous laissez tout seul après avoir entendu quelqu'un qui vous est cher dire ces choses sur vous. Ce n'est pas juste, de…partir comme ça. Vous n'auriez pas—
« Je souhaite l'être ! Seul ! Sans compagnie ! Isolé ! Ce qui veut dire que je souhaite que vous, et tout autre créature au monde, d'aller faire ce que vous aviez prévu de faire, mais de le faire QUELQUE PART AILLEURS ! »
« … »
« Fichtre, Potter, partez. Allez à Pré-au-Lard si vous voulez jouez le héros auprès de quelqu'un. Pas de doute que dans un pub ou un autre, vous trouverez quelques misérables qui ont besoin de votre épaule pour déverser tout leur chagrin. »
« Je ne veux pas être votre héros, Severus. Je veux juste être votre ami. »
« …très bien. »
« Très bien ? »
« Oui. Très bien. Soyez mon ami. Mais partez et faites le de Pré-au-Lard. Ou de votre cottage. Ou de N'IMPORTE où ailleurs. Pouvez vous faire ça, imbécile ? »
« …très bien. Bonne nuit, Severus. »
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Les Trois Balais était bondé ; comblé jusqu'aux moindres recoins par des Sorcières et des Sorciers qui avaient vu des lumières délirantes dans le ciel du Nord, et à la façon de chaque humain doté de raison, s'étaient pressés de commérer, débattre, spéculer, boire fortement, flirter les uns les autres, et conclure en fin de compte qu'importe la cause du feu d'artifice au dessus de l'école cette nuit, c'était probablement les faits d'Harry Potter.
Et pour une fois, cela convenait parfaitement à Harry.
Premièrement, parce que c'était ses faits—les siens et ceux de Snape, et Harry n'en était pas honteux. Et deuxièmement, parce qu'un léger glamour personnel était beaucoup plus facile à maintenir dans une foule. Voix, odeurs, et vêtements, tout devient plus fort, à partir du moment où vous casez des gens dans un même endroit, et l'attention aux détails est la première chose à s'estomper. Alors c'était une foutue bonne chose que la plupart des gens se bousculant pour de la place aux Trois Balais ne regardaient pas à deux fois un petit type fluet qu'ils ne connaissaient pas, qui n'était en fait que lui-même au milieu d'eux.
Ou à un petit type fluet qu'ils pensaient tous connaître et auraient reconnu au premier coup d'œil, s'il n'avait pas été sous un glamour 'd'étranger oubliable'. Et ainsi, bien qu'aucun des locaux n'auraient pu voir sous le charme d'Harry s'ils lui avaient donné un deuxième coup d'œil, aucun d'eux ne faisaient suffisamment attention pour en jeter un premier.
Et cela convenait parfaitement à Harry également.
Il garda la tête baissée, les coudes rentrés, et murmura une excuse occasionnelle tandis qu'ils traçait son chemin jusqu'au bar bondé. Le bar en lui-même le reconnut comme un habitué par contre, et lui fit germer un nouveau tabouret quand il approcha, bousculant deux buveurs qui l'encadrèrent à la soudaine et subtile éruption d'espace sorcier. La fille cria et s'accrocha un peu éméchée à son siège, et l'homme, qui avait visiblement tenté de la draguer, jura tandis qu'il cherchait après sa pinte de bière et la manqua.
« Là, » Harry leur fit glisser leurs boissons alors qu'il s'asseyait. « Désolé. »
« Débile, » observa l'homme, et se détourna.
La femme, par contre, reçut son gin rose avec un large sourire rose. « 'té alors, » pépia-t-elle. Puis ses yeux se froncèrent. « Dites, vous êtes pas—
« Non, » répliqua Harry, relançant muettement son glamour plus fort, et avec une couche de sort d'oubliette cette fois. « Non je ne suis pas. »
Ses yeux bruns devinrent vitreux un instant et ses sourcils se plissèrent comme si elle avait une légère migraine. Puis elle acquiesça. « Désolée. Une erreur. »
« Débile profond, » observa alors l'homme à côté de lui.
Harry l'ignora, plus qu'enclin à consentir à son appréciation de toute façon. Il avait quelque part réussi à affecter sa seule famille restante et son seul ami restant en un seul coup, après tout, hein ? S'embrouiller avec la mémoire éméchée d'une fille et la timidité maladive d'un type était difficilement son seul péché de la soirée.
« Alors qu'est ce que vous prendrez ? » Rosmerta plaça un sous-bock devant lui. Puis ses yeux s'agrandirent, surpris de le reconnaître. Harry jura intérieurement, partit à la recherche de sa baguette mais avant que ses doigts n'aient pu la toucher, l'habituel sourire de la propriétaire était revenu. Et si son sourire habituel était un peu plus sous-entendu qu'à la normale, Harry était toujours pathétiquement reconnaissant de l'absence de scandale.
« Un scotch, s'il te plaît, » dit Harry. « Oban ? » Elle sourit, et invoqua la bouteille pour lui, mais Harry secoua la tête tandis qu'elle l'installait près du verre à whisky. « Juste deux doigt, s'il te plaît. »
Qu'elle versa, après que son sourire soit devenu fier et chaleureux. Etrange, étant donné la quantité d'argent qu'elle avait fait sur le dos d'Harry quand il pouvait descendre la bouteille en entier au comptoir. Harry se contenta d'être content qu'elle n'essaye pas d'ébouriffer ses cheveux.
« Il y a quelque chose de spécial ce soir ? » Demanda-t-il tandis que Rosmerta renvoyait la bouteille flotter vers l'étagère.
« C'est un peu serré, même pour un vendredi, n'est ce pas ? » Elle rit. « Il y a une soirée ce soir, en fait. Ils ont loué la salle de derrière pour ça, alors les réguliers sont collés ici. » Elle donna au comptoir quelques coups de torchon, et pencha la tête. « Tu pourrais aller voir s'ils—
« Hey ! Qu'est ce qu'il faut faire pour avoir une autre pinte, femme ? » Le beuglement venait de l'autre bout du bar.
« De l'argent et des manières, Ian, » hurla-t-elle en retour, « Et tu n'en as aucun ! » Mais elle partit quand même servir l'homme.
Harry eut un rictus dans son verre, puis se laissa aller pour que les bruits et l'énergie de la foule le submergent. Ça l'aidait quelque part ; là où des douzaines de gens n'en avaient rien à faire de qui il était, ou dans quel merdier il s'était mis en tentant de faire que deux amis s'apprécient… ou putain, même s'acceptent l'un et l'autre.
Ils s'en fichaient qu'il soit apparemment si désespéré pour de l'affection qu'il avait essayait de la faire passer à deux hommes qui s'étaient abusés d'une manière ou d'une autre pendant des décennies.
Bravo pour son happy end de seconde main. Bravo pour sa preuve que les happy ends pouvait quand même exister…
Harry soupira et souhaita pendant un instant qu'il ait laissé Rosmerta laisser la bouteille après tout.
« Excusez moi, » roucoula la fille à côté de lui alors que Harry dégustait la liqueur fumée et brûlante. « Cela ne vous gênerait pas de garder ça pendant que je m'éclipse à côté ? »
« Pas du tout, » dit Harry sans regarder. Il y eut un espèce de moment d'hésitation, puis un reniflement déçu, et un effleurement beaucoup trop proche quand elle descendit du tabouret et vacilla.
« Débile complet et profond, » dit l'homme à côté d'Harry à sa bière. Puis il tressaillit et jura quand Harry fit glisser le gilet en fourrure rose du dos du tabouret et le lui lança. « Pourquoi t'as fait ça, sale branque ? »
« Mets le sur le dos de ta chaise, » grogna Harry, s'assurant de garder ses yeux cachés par sa frange quand il glissa du siège et poussa le verre à moitié vide de la fille. « Elle te le demandera quand elle reviendra de là-bas, et bordel tu pourras bien avoir les nerfs de lui demander son adresse de cheminette alors. »
L'homme le fixa pendant un instant, sa bouche s'ouvrant pour ne rien dire. Puis il claqua ses dents et fit exactement ce que Harry lui avait dicté. Il retourna à sa bière sans un mot de remerciement, et cela convint parfaitement à Harry également. La seule personne à qui il voulait vraiment parler là maintenant ne voulait pas lui parler, de toute façon.
« Quand ai-je failli à vous faire pleinement comprendre que vous n'étiez pas importun… » murmura Harry pour lui-même, secouant la tête. Snape l'avait fait assez pleinement ce soir, n'est ce pas ? Qu'importe les excuses, qu'importe les réparations, qu'importe le confort qu'Harry avait à offrir, ce n'était pas assez. Et honnêtement, Harry ne voyait pas comment cela pourrait être un jour assez. Intentionnellement ou non, Harry l'avait effectivement mené sur cette voie pendant un an, et Snape n'était pas de l'espèce à pardonner, hein ? Etant donné la difficulté qu'Harry avait eu pour lui faire croire que toute cette aventure n'était pas une farce élaborée en premier lieu, Harry n'avait aucune chance de clamer l'ignorance désormais.
Il soupira, secoua la tête et but de nouveau. Quel gigantesque merdier tout ceci était devenu.
Des pas se rapprochèrent par derrière du siège d'Harry, et il se tourna un peu plus, espérant éviter un nouvel effleurement 'accidentel' de sa cuisse. Peut être que s'il était chanceux, la fille comprendrait le sous-entendu—et le changement de siège—avec bienveillance. Le tabouret de bar grinça, mais en se détournant d'Harry, alors il se laissa se relaxer et ignora les murmures sourds échangés près de lui—les laissa couler dans le général ronflement humain tandis qu'il contemplait la futilité de tout ceci dans l'ombre mordorée de son verre.
Puis une brise magique remonta le long de la nuque d'Harry tel le chatouillis d'une plume. Il sursauta, se retournant avec un regard noir pour ne pas trouver la fille à laquelle il s'était attendu sur le siège près de lui, mais un jeune homme svelte avec des cheveux pâles à la place.
« Tu es pathétique, » dit il à Harry tandis que le sorcier derrière lui s'écroula sur le comptoir et commença à ronfler.
« Pardon ? » Harry cligna des yeux, puis vit abruptement au travers du glamour. « Putain… Ecoute, Malfoy, ce siège est pris, alors pourquoi tu ne… » il soupira dégouté quand Draco se saisit du gin rose de la fille et prit une gorgée, tout sourcil et charme feint, « …ferais pas comme chez toi de toute façon, puisque Dieu sait depuis, tu ne peux pas commencer à agir comme une personne normale. Ils pourraient te retirer des points de princesse. »
« Tsk. » Draco prit une autre gorgée, et sourit sciemment. « Je note que tu ne te soucis pas de le nier. »
« Nier que tu es un trou du cul ? Quel est l'intérêt là-dedans ? »
« Vieilles histoires, Golden Boy. J'y ai mis fin. Encore que, ça ne te rende pas, » et il donna un coup hargneux à l'épaule d'Harry, « moins pathétique. »
« Dégage, » Dit à Harry à travers ses dents, et se détourna.
Mais bien sûr, Draco ne le fit pas. « Mais regarde toi, » dit il, cognant le tibia d'Harry quand il croisa les jambes sous le bar. « Un pub plein de gens riant, discutant, prenant du bon temps, et est ce que tu ris avec eux ? Bien sur que non. Tu te caches là au comptoir sous un glamour que je t'ai appris, alors que tu meurs secrètement d'envie que ton petit fan club y voit au travers et remarque que tu es ici. Et pourquoi ? » Le souffle de Draco écarta les cheveux près de l'oreille d'Harry quand il s'approcha. « Parce que tu es trop effrayé de passer parmi eux avec ton vrai visage et de marcher jusqu'à la porte. »
Harry posa sa main sur le monogramme brodé sur la poche de la cape de Draco et le repoussa vers son siège. « Je suis sérieux, » l'avertit-il. « Va-t-en. »
« Tu vois ? » Draco sourit et finit le gin rose. « Tout aussi pathétique que toi prétendant me fuir, vraiment. »
Harry, geste suspendu, postillonna, « Te fuir—
Draco le coupa en grimaçant. « Oh, tu es bon dans ton rôle de vierge effarouchée, je te l'accorde, mais tu sembles oublier, que je te connais. Je vois comment tu es toujours un pas en retrait, mais seulement juste un pas. » Il se rapprocha de nouveau, suffisant et certain, avec un regard aussi dur et gris qu'un lac gelé. « Et tu prends bien soin de ne jamais vraiment être en retrait avec moi, n'est ce pas, Harry ? Jamais très loin pour que je ne puisse pas décider de te courir après. » Il se redressa quand Harry leva sa main, mais son sourire ne vacilla pas. « Admets le, tu es un allumeur. »
Harry le fixa pendant un long et silencieux moment, se demandant comment au monde il avait réussi à se convaincre lui-même que Draco tenait plus du sang de Narcissa que de celui de Lucius, ou qu'il y avait quelque chose de la tendresse de Sirius dans ces yeux de la famille Black. A la longue, il secoua la tête et prit une autre gorgée de son scotch. « Tu es malade. Egalement, le bâtard le plus égocentrique que j'ai rencontré depuis ce putain de Gilderoy Lockart. »
Le sourire de Malfoy devint cassant. « Pas besoin de flatterie, Harry, » il dit le nom plus fort que nécessaire et Harry s'ordonna de ne pas trembler. « Et il n'y a absolument aucun besoin de tes petits jeux. Je t'ai déjà dit que tout ce que tu as à faire est de me demander ce que tous les deux nous savons que tu veux. »
Grinçant des dents, Harry commença à se retourner, mais un aperçu de son visage dans le miroir de derrière l'arrêta ; les joues rougissantes, le regard furieux et brillant et tout aussi farouchement alerte qu'il avait dû été lors de ces leçons avortées de légilimencie pendant sa cinquième année. Le cœur saignant, dirait Severus. Faisant connaître tous ses mouvements avant d'avoir lever sa baguette. Si vous n'apprenez pas à contrôler vos émotions, Potter, vous n'aurez aucune chance devant…
Plus jamais.
Le visage de Harry se ferma, mais il permit à son dégoût de passer au travers de son regard tandis qu'il finissait son verre et le reposait vide sur le bar. « Je ne veux rien du tout venant de toi, Draco, » dit il, calme et mesuré comme s'il voulait que les mots s'ancrent. « Tu es celui qui a décidé de prendre un apprentissage à l'école ; je ne t'ai pas invité et je suis putain de sûr que je n'ai pas donné mon accord pour que tu sois admis sur ces putains de terres. Mais depuis que tu es revenu à l'école, tu as reniflé autour de moi comme une chienne en chaleur, et j'en ai vraiment ras-le-bol. Non, » avertit Harry alors que la main de Draco se crispa près de sa manche. Puis il s'éloigna du bar et laissa Draco voir sa propre baguette, déjà dans sa main et couchée sur ses cuisses. « La seule raison pour laquelle tu n'es pas déjà transfiguré en limace est que je n'avais pas envie de l'attention que ça amènerait. »
Le visage de Draco se figea un instant, les yeux brillants avec quelque chose proche de la furie. Et puis, il sourit nonchalamment, se pencha vers l'homme inconscient, et lui vola sa pinte à moitié vide comme si Harry n'avait pas dit un mot.
Non impressionné, mais très fatigué par la totalité de l'échange, Harry soupira. « Tu sais que tu n'es pas le bienvenu ici, » dit il. « Tu devais vraiment juste partir, avant que quelqu'un réalise qui tu es. »
Le visage fermé se fendit d'un sourire prédateur, et Draco fit parcourir le bout de son pied contre le mollet d'Harry. « Ça te ressemble plus, Potter. Où devrions nous aller ; ton cottage, mon placard, une chambre au-dessus ? Ou peut être que tu as envie de tirer un coup contre le mur des toilettes ? »
« Christ, Draco, » cria Harry, donnant un coup dans le pied pour le dégager. « Si l'un d'entre nous est pathétique, je pense que c'est pas moi, putain ! »
« Ça a toujours été toi, Potter ! » Renvoya Draco, les dents serrées.
Harry regarda dans le miroir, et renforça son glamour. « Garde ta putain de voix basse ! »
« Oh, d'accord. » Draco ne baissa pas la voix. « On ne voudrait pas que le fan club de l'Elu te vois crier, hein ? »
Et avec cela, Harry réalisa qu'il en avait entièrement assez. Il enleva leurs deux glamours par un charme non verbal et leva une main pour attirer l'attention de Rosmerta.
Elle fut sur son chemin sans un autre coup d'œil, une bouteille d'Oban dans sa main quand elle dépassa l'endroit où il était assis au comptoir. « Un autre alors, chéri ? » Demanda-t-elle à Harry quand elle s'approcha. Puis elle remarqua qui était assis à ses côtés et s'arrêta net. « Qu'est ce que tu penses être en train de faire dans mon bar, Draco Malfoy ? »
« Juste prendre un verre avec un vieil ami c'est tout, » se moqua-t-il tandis que le ton glacial de Rosmerta réduisait au silence le bruit ambiant de la salle. Il ne paya pas attention à la douzaine de paires d'yeux qui se dirigèrent vers leur coin du bar. Chaque part de la corpulence élégante et élancée de Draco Malfoy était précieusement et précisément à l'aise.
Autrefois, cet aplomb téméraire avait subjuguée Harry. Autrefois, il avait envié l'habilité de Draco à rester calme face à des situations détestables, pas de bégaiement, de bafouillage, de rougissement et de sautillement à la façon que semblait toujours faire Harry quand les gens le mettaient sur le devant de la scène. Mais là, Harry voyait tout ceci d'un angle différent. Ce n'était pas de l'aplomb dans la courbure de la lèvre de Draco, où l'attitude de son menton. C'était de l'égocentrisme. C'était un regard égoïste sur tout sauf ce que lui-même voulait.
Et à son soulagement, Harry décida que c'était également décidément peu attractif.
« Tu l'as amené ici ? » Rosmerta se tourna vers Harry avec un regard noir d'avertissement.
Il secoua la tête. « Pas moi. J'ai essayé de le faire partir depuis qu'il s'est assis, mais il ne semble pas comprendre ce que 'partir' veut dire. »
Elle retourna alors un regard dur à Draco. « Dégage. »
Un bruissement de murmures parcourut la foule. Draco prétendit ne pas s'en rendre compte, mais sa posture calme se redressa un peu. « Et moi qui croyait que c'était un endroit public, » dit il par-dessus le bourdonnement. « Et selon le Magenmagot, je suis un citoyen respectable du libre peuple sorcier, alors—
« C'est MON endroit public, » hurla-t-elle, cognant la bouteille sur le comptoir. Harry sursauta comme tout le monde, surpris qu'elle ne se casse pas. « Ces idiots ont peut être décidé de te laisser acheter ta liberté, mais ça ne veut pas dire que j'ai à accepter que tu mettes un pied sur mon sol, tu t'asseyes à mon comptoir, tu boives mon alcool et que tu harcèles mes habitués ! » Harry tressaillit quand sa voix se brisa sous l'émotion. Plus loin dans le bar, plusieurs Aurors non en service se levèrent de leurs chaises et entamèrent leur chemin au travers de la foule.
Les yeux de Draco ne clignèrent pas une seule fois vers eux, mais Harry savait qu'ils les avaient remarqués. « Je ne vous avez jamais considérée comme une élitiste, Madame Rosmerta, » se moqua-t-il, avec si peu de honte que Harry en ressentit un peu pour lui. « J'ai toujours cru que vous étiez plutôt de bas-étage, en fait. »
Et oh, mais son sourire était glacial. « Non, » dit elle. « Tu as pensé que j'étais un instrument pratique que tu pourrais utiliser pour tuer trois personnes innocentes. » Une fois encore, la foule se répandit en murmure. « Un fois que tu auras payé pour ça à Azkaban, » continua Rosmerta, ignorant les Aurors cheminant, « Nous pourrons discuter si ton argent serait un jour accepté dans mon pub. Maintenant. Dégage. »
Quelqu'un poussa en passant le siège d'Harry. Quelqu'un de grand et de solide, avec un regard bagarreur, et les cheveux couleur de furie. « Tu as un paquet de nerfs pour venir ici, Malfoy. » Harry sentit son estomac se transformer en eau, et sa colonne vertébrale en glace quand Ron Weasley parla au niveau de son épaule, juste comme s'il n'avait jamais été autre part.
Draco étrangla la distraction avec ses deux mains. Il renversa son tabouret loin du comptoir vers les Aurors et envoya un sourire haineux vers le grand roux. « Oh regardez, » annonça-t-il. « La belette est venu pisser autour de son morceau de choix favori ! »
« Ne fais pas ça. » Avertit Harry, saisissant le poignet de Ron d'une main de fer tandis qu'il essayait de lever sa baguette. Le contact les surprit tous les deux et Ron frissonna, mais ne le combattit pas. Le cœur d'Harry était tonitruant, et il ne voulait rien de plus que de transplaner loin de cette scène, mais quelque part dans un coin de sa tête, la voix de Snape s'enroula autour du mot 'lâcheté'. Ce fut assez pour garder Harry assis sur son siège, mais de justesse.
« Va-t-en maintenant, Draco, » dit Harry et fut surpris quand sa voix ne flancha pas. « Ne rends pas les choses pires. »
« Tu es venu le ramasser pour ton petit 'cercle privé', n'est ce pas ? » Draco ignora l'avertissement d'Harry comme d'habitude, et son sourire devint affreux quand il acquiesça en direction de leurs mains jointes. « C'est quoi le problème, est ce que tes putes à deux noises ont oublié de se montrer ? »
Ce fut quand Hermione lui écrasa une bouteille sur sa tête.
De la Bièraubeurre et du verre s'éparpillèrent violemment et la foule se répandit en vacarme alors que Draco était étendu par terre. Quelqu'un cria, quelqu'un tomba, quelque chose explosa en fragments quelque part dans la foule furieuse.
Hermione, enragée, ne remarquant rien d'autre que ses pieds et les côtes de Draco. « Espèce de déGOUTant… réPULsif petit… CANCrelat, » hurla-t-elle tandis que sa cible se recroquevillait pour couvrir sa tête. Harry regarda, trop choqué pour lâcher le poignet de Ron, pendant que Ron était trop choqué pour tenter de le secouer. Puis un des Aurors attrapa Hermione par la taille, et la traîna hors de portée de son putching-ball.
« Hé ! » Ron s'engouffra à sa suite, sa baguette crachant des étincelles quand il beugla, « Enlevez vos sales pattes de là ! »
Cela aurait pu être assez pour faire arrêter la bagarre dans l'instant, mais les Trois Balais était un vieux vétéran de tempéraments juvéniles, tout comme sa propriétaire. Rosmerta lança un sort du saucisson massif sur Ron, Hermione, Draco et l'Auror avant que Harry ait pu parvenir à glisser de son siège.
Le silence se répandit de nouveau, mais cette fois teinté par la crainte quand le solide comptoir en bois se fendit en son milieu pour laisser passer Madame Rosmerta. « Aide moi Merlin, » dit elle à l'assemblée, « Si un autre voyou lève une baguette, lance un sort ou un coup de poing, je le transfigure lui, » un regard dur vers Hermione, « ou ELLE, en souris et laisse le Fléreur de la cuisine gérer le problème avec elle ! » Elle fit le tour des visages, regardant la foule telle une gorgone. « Suis-je bien comprise ? »
« Et j'attraperai tous ceux qui se mettront en travers d'elle, » promit sombrement Harry, désirant que tous l'écoute. Désirant que tous, pour une fois, ne lui fassent pas prouver qu'il tiendrai réellement ce qu'il a promis.
Rosmerta retourna un regard salé à Harry et ne sourit pas. « Merci pour ceci, Mr Potter, mais j'ai tout ça en main. Assis. » Amusé, et un peu rassuré, Harry s'assit, mais garda sa baguette prête quand même quand elle leva les charmes du saucisson un par un. « Vous deux Weasley, » Aboya-t-elle quand les pieds d'Hermione touchèrent le sol. « Je vous serai grée de réparer cette chaise et cette table avant que vous ne rejoignez votre fête dans l'autre pièce. Marik, » un hochement de tête vers l'Auror, « S'il te plaît lance un charme de guérison sur le nez de Clara pour moi. J'irai lui chercher un peu de glace pour le bleu dans un instant. » Un regard vers trois autres volontaires et sa voix brusque devint glaciale. « Amélie, Dick, Paul, mettez s'il vous plaît Mr Malfoy dans la cheminée, puisque qu'il semble ne pas pouvoir trouver la sortie tout seul. »
Puis quand ils eurent finalement ramassé l'homme grognant, amoché et couvert de bièraubeurre, Rosmerta remarqua le voisin d'Harry, toujours écroulé sur le bar et ronflant là où Draco l'avait ensorcelé. « Et quelqu'un réveille Hicks. »
Et avec ça, la foule repris son précédent et distrait bourdonnement, comme s'il n'y avait rien d'étrange aux Balais pour se dissiper en ragots, et se calma toute seule en moins d'une minute. Mais encore une fois, Harry Potter était là, n'est ce pas ? Et tout le monde savait comment les choses ne manquaient jamais de devenir excitantes quand il était question de lui…
Harry serra les dents quand ce léger murmure s'accrocha à son oreille et décida qu'il en avait eu assez. Il y avait du whisky à son cottage et il s'en accommoderait sans l'audience d'ici. Et de plus, s'il s'atermoyait trop longtemps, Ron ou Hermione voudrait sûrement essayer de…
« On ne pensait pas que tu viendrais, » dit Hermione derrière lui. Harry se figea, combattit son envie de relever la tête et rencontrer ses yeux dans le miroir. Elle savait mieux que d'essayer de poser une main sur lui, mais l'espoir dans sa voix était tactile comme un câlin enveloppant. Harry ne pouvait pas dire si cela lui donnait plus envie de se tortiller et de s'enfuir, de se tourner vers elle et de la faire souffrir pour ça, ou de s'allonger dans la sensation et de se laisser aller.
« J'étais juste, » bafouilla-t-il, se rappelant de la note chiffonnée qu'il ne s'était pas donné la peine d'ouvrir. « Je me suis juste arrêté pour un verre. Sur mon chemin—
« C'était mon idée, » interrompit Ron, sa voix pas moins désespérée, pas moins remplie d'espoir. « Te demander de venir. Seulement il n'y a pas que nous, tu vois ? Neville est là, et Seamus, et Dean, et les jumelles Patil, et Cho, et tout un tas d'autres également, et—
« Et nous avons pensé que peut être s'il n'y avait pas que nous, » ajouta Hermione, « Peut être que tu pourrais supporter de nous laisser finalement—
« Vous excuser, » dit Harry, se retournant sur sa chaise et regardant droit dans les yeux bleus implorants de Ron.
Ron frémit, puis cligna des yeux.
« Désolée ? » Essaya Hermione. Harry ne la regarda pas. Pas encore.
« Tout ça consiste en ça, pas vrai ? » Dit il, soutenant le regard de Ron avec chaque parcelle de sa détermination. « C'est pour ça que vous m'avez vraiment invité à cette fête. Comme ça vous pourriez avoir assez de leviers sur moi pour me faire asseoir bien sage et vous laisser faire votre part. Parce que vous vous êtes figurés que je ne voudrais pas faire de scènes devant tous nos amis, et vous pourriez dire tout ce dont vous avez besoin pour vous sentir mieux. »
A son mérite, Ron ne frémit pas cette fois. « Ouais. Je veux dire putain, Harry, j'ai essayé de bien le faire depuis—
« Ça ne sera jamais 'bien fait', Ron, » cracha Harry, rentrant sa baguette dans sa manche si énergiquement qu'elle écorcha son bras. « Rien de tout ça n'est 'bon', et rien de ce que tu diras le changeras ! »
« Je sais ! » Ron attrapa l'épaule d'Harry avant qu'il ait pu se lever de son siège. Ses longs doigts de gardien enroulés autour du tatouage caché, comme s'il avait su qu'il était là, mais ses yeux, ouverts, brillants et implorants, furent ce qui figèrent Harry. « Merlin, Harry, je sais que ce n'était pas bon. Je sais que ce n'était pas juste, et que c'était une foutue chose dégueulasse, mais peux tu essayer de comprendre que je ne savais pas ce que j'étais en train de faire, putain ? »
« Je ne savais pas ce que tu ressentais, » dit il, pressant durement quand Harry commença à bafouiller. « Je ne savais pas ! Pas vraiment de l'intérieur, la façon que je connais maintenant. Je n'ai… je n'ai jamais ressenti ça pour un… » enfin, ses yeux bleus clignèrent sur le côté, où Hermione se tenait avec des yeux larmoyants et des lèvres exsangues. « Pour un autre type. Ça semblait pas pouvoir être réel, tu sais ? Un type aimant réellement un autre ? De la façon dont ma mère aime mon père ? De la façon dont Bill aime Fleur ? On aurait pas dit que ça pouvait être la même chose du tout. Et je sais que j'étais stupide, et je sais que j'étais un idiot pour ne pas le réaliser, mais Harry aide moi, je ne savais pas ce que ça voulait dire pour toi. »
Un d'entre eux tremblait. Harry ne pouvait pas dire lequel. « Tu pensais que c'était… quoi ? » Demanda Harry. « Une blague ? Un jeu ? »
La bouche de Ron s'entrouvrit, comme un poisson hors de l'eau tandis qu'il se démenait pour trouver un mot. C'était plus que ce à quoi Hermione pouvait résister. « Il pensait que tu en avais besoin, Harry. Il pensait que tu en avais besoin pour rester sain après… après tout ce qui est arrivé. »
Harry ferma les yeux, se sentant acquiescer. Une baise de charité. Bon Dieu…
Abruptement, la main de Ron sur son bras s'adoucit. « Non, Harry, » dit il, la voix coincée dans sa gorge. « Pas comme ça. Je te le promets, pas comme ça. »
« Comme quoi alors ? » Harry ne pouvait plus retenir sa peine. Elle remontait, coupante comme du verre dans sa gorge, rendant la douce lumière du pub en filet de lumières et d'ombres, honte et regret, le seul point d'attention étant les yeux de Ron. « C'était comme quoi ? Qu'est ce qui te fait penser—
« Je ne savais pas quoi faire d'autre, » Ron ne hurla pas, mais c'était comme s'il l'avait fait. « Tu avais besoin de quelque chose après la mort de Ginny. Quelqu'un pour t'empêcher de t'enliser. Et je voulais t'aider, et je voulais être ce dont tu avais besoin, mais Harry, je ne savais pas ce que c'était ! » Au final, Ron laissa son bras, mais ses doigts glissèrent le long de la manche d'Harry quand ils s'écartèrent. « J'ai supposé, parce que tu étais mon meilleur ami, et je voulais te rendre heureux… j'voulais pas te perdre. Et j'ai fait n'importe quoi, parce que ce que tu voulais était quelque chose que je ne pouvais pas être. »
« Tu n'aurais pas dû essayer, » dit d'une voix étranglée Harry, se haïssant, les haïssant tous les deux, haïssant tout ce qui au monde l'avait fait si désespérément voir de l'amour dans ce regard bleu.
« Je sais, » acquiesça Ron. « Tout ce que j'ai fait c'est te faire du mal, et faire du mal à Hermione, et je ne trouvais pas ce qui n'allait pas avant que je merde tout. Et je ne sais toujours pas comment améliorer les choses, mais Harry, tu me manques. Mon meilleur ami me manque, le parrain de mon fils me manque. Le fils brun préféré de mes parents me manque. Et je suis tellement désolé. Je sais que tu as raison, et je ne peux pas rendre les choses comme avant, mais… » Il prit une profonde inspiration, comme s'il retenait ses larmes. « Mais je ferais presque n'importe quoi pour faire revenir mon meilleur ami. »
Harry détourna le regard, incapable de soutenir plus longtemps la douleur ouverte et nue dans les yeux de Ron. Le regard d'Hermione n'était pas mieux, implorant de gravité, et de longues explications radotantes retenues dans sa bouche seulement grâce à ses longs doigts fins pressés contre ses lèvres. « Dis nous, Harry, » murmura-t-elle contre ses doigts. « Dis nous qu'il y a un peu d'espoir ? Dis nous ce que nous pouvons faire, s'il te plaît. »
« Je ne sais pas. »
« Harry—
« Vous devez me laisser du temps pour y réfléchir. »
« Du temps pour réfléchir ? » haleta Ron, le désespoir rendant sa voix plus aigue. « Putain de merde, Harry, ça fait presque un an depuis que tu ne m'as même pas ensorcelé ! Combien de temps est ce que tu—
« Ron, non, » le coupa Hermione. « Ce n'est pas facile pour Harry non plus. »
Harry cligna des yeux, inspira. « Non… Non, ce n'est pas facile. Mais c'est simple. »
« Pardon ? » Demanda Ron.
« C'est simple, » répéta Harry, regardant tour à tour ses vieux amis, et pour la première fois depuis des années, voyant les alliés qui s'étaient tenus derrière lui pendant les pires années de la guerre, au lieu de deux amants qui l'avaient trahi et abusé. « Si vous voulez sincèrement que je vous pardonne, alors vous me laisserez le faire quand je le voudrai. Quand je serai prêt pour ça. Et peut être ça sera dur pour vous de faire ça, mais c'est dur pour moi de faire ce que vous me demandez également. Alors c'est seulement juste. »
« Juste… » renifla Hermione, clairement chagrinée.
Ron, par contre, regarda les yeux d'Harry avec une détermination renouvelée. « Alors ça veut dire que tu le feras, » il ne le fit pas sonner comme une question, bien qu'il laissât une ouverture pour un agrément. « Tôt ou tard, tu nous pardonneras ? Nous retrouverons notre ami ? »
C'était dans Harry de relever ce challenge par réflexe, mais quelque chose le retint. Peut être que la voix fatiguée de Snape avait brûlé ses oreilles trop longtemps, mais il ne pouvait pas franchir le pas d'une promesse à ce moment là. « Je ne peux pas vous dire ce qui sera, » dit Harry, se levant finalement de son siège. « Mais je suis fatigué de vous haïr tous les deux, et je pense qu'il est temps que je dépasse ce qui est arrivé. Alors peut être que nous serons amis de nouveau, ou peut être que nous serons juste des gens qui se connaissent et s'envoient des cartes à Noël… » Les yeux d'Hermione se relevèrent et Harry s'adoucit juste un peu. « Ou peut être vous serez les parents de mon filleul. Je peux pas dire de choses sures, mais ouais, ça pourrait arriver. Juste… ne me poussez pas, ok ? »
Elle acquiesça, mais présenta sa main avec espoir, hésitante, ses doigts se repliant en signe de défaite quand Harry n'offrit pas la sienne. « Nous essaierons, seulement… Seulement essaie s'il te plaît te souvenir que nous t'aimons, d'accord ? »
« D'accord, » dit Harry, « Je peux accepter ça. Tant que vous m'aimez ailleurs. » La main de Ron se posa sur l'épaule d'Hermione, la ramenant à ses côtés quand son visage se chiffonna. Harry trouva au moins un petit peu de charité dans son cœur pour cela. « Jusqu'à ce que je sois prêt, de toute façon. »
« Jusqu'à ce que tu sois prêt, » Ron ne s'embêta pas à cacher son soulagement ou sa détermination. « Nous continuerons à demander. Peut être qu'un jour tu arrêteras de dire non. » Harry était en train d'acquiescer à cela quand un sourire rusé se forma sur le visage de Ron et il ajouta, « Dîner demain soir ? »
Si Harry cogna son bras plus fort que nécessaire avant de faire son chemin vers la porte, aucun d'eux ne le mentionna.
Ils savaient tous deux que ce n'aurait pas été son bras que Harry aurait cogné si Ron avait dit ça une semaine plus tôt.
oOoOoOo
La nuit était douce, le vent d'automne sifflait, perçant et acharné au travers des branches sur les hauteurs, mais pas encore assez obstiné pour emporter le charme de réchauffement sur la cape et le chapeau que Harry avait conjuré de sa poche. La lune naviguait haute et blanche dans le ciel, surlignant le contour des nuages fuyants, le souffle de Harry, les toits galbés de Poudlard, les arbres, la pelouse et l'eau, d'argent.
Les feuilles craquaient et s'écrasaient sous ses pieds quand Harry remonta le chemin jusqu'à l'école. S'il donnait des coups de pieds dedans de temps en temps, et divaguait un peu tout en marchant, et bien au moins les feuilles ne pensaient pas qu'il était cruel pour cela. La marche était juste assez longue pour calmer ses nerfs, vraiment. Juste assez longue pour tourner l'émotion agitée et aigre qui bouillonnait dans le ventre d'Harry en un souffle haletant, des pulsations tonitruante et juste un peu de sueur sous ses robes.
Au moment où il atteignit le pont, avec les vieux sangliers ailés immobile dans leur position de gardien, Harry avait fait le point sur sa soirée. De Remus à Rosmerta, de Hermione à l'emmanché du bar, de Snape ou foutu Choixpeau Magique, chacun avait occupé une parcelle de son esprit. La lune avait écouté, et les arbres avaient acquiescé, et cela n'avait rien changé du tout, excepté pour Harry lui-même.
Il arriva à sa porte d'entrée avec une bonne humeur surprenante, souriant de confort et de soulagement tandis qu'il défaisait ses protections et entrait dans le cottage. Il se délesta de sa cape, de ses robes et de son écharpe, puis soupira et s'étira dans la lumière chaleureuse et mordorée de sa maison. Au moins, la nuit horrible, ignoble, terrible et pas bonne était finie.
Puis Draco Malfoy sortit de la salle de bain d'Harry ; torse nu, contusionné, et appuyant une serviette contre son front ensanglanté. Harry se figea, surpris et silencieux entre deux respirations. Sa baguette était dans sa main, bien qu'il ne se rappelât pas l'avoir sortie.
Draco s'arrêta, jeta un seul regard vers Harry, puis se détourna vers la table de la cuisine, là où le plus beau verre d'Harry se tenait à moitié plein de brandy. « Ça t'a pris longtemps pour te ramener ici, » dit il, et prit une gorgée. « Dans quel enfer tu gardes ton baume pour les blessures ? Cette coupure ne veut pas arrêter de saigner. »
Harry le fixa plus longuement, puis l'invoqua muettement, marcha au travers de la pièce et cogna le pot contre la table. « Comment tu es rentré ici ? » Demanda-t-il, reprenant le brandy pour le remettre dans le placard à alcools ouvert.
Draco déposa la serviette pour ouvrir le pot, et le sang se répandit immédiatement sur son sourcil. « Cheminette, » dit il, se tortillant pour ouvrir le couvercle. « Tu dois te rappeler que trois trolls m'ont balancé dans la cheminée après que ta petite copine sang-de-bourbe ait décidé d'exorciser sa répartie spirituelle sur ma tête. Merlin, avec quoi tu fermes ce truc, Potter, de la magie de sang ? »
« Donne, » claqua Harry et se saisit du pot. Il n'avait pas pensé à mettre des protections pour empêcher Draco de venir par cheminette. Draco n'utilisait jamais le transport de cheminette s'il pouvait éviter—il détestait la façon dont la cendre s'incrustait dans ses habits, et il n'avait jamais réussi à trouver le coup pour sauter correctement juste quand le tourbillonnement commencé à s'amoindrir, et ainsi garder ses pieds vers la sortie. Même dans le miasme de douleur alcoolisée et affligée à la dernière trahison de Draco, Harry n'avait même pas pensé une seule fois à fermer sa cheminette à un amant qui ne l'avait jamais utilisée.
Le pot céda petit à petit entre ses mains, mais quand Harry le lui tendit, Draco passa juste ses doigts dans ses cheveux ensanglantés et les releva de la blessure. « Je crois qu'il y a encore du verre… » dit il, sa voix morne et basse quand il se laissa retomber contre la table d'Harry. Un grosse goutte rouge dégoulina sur la mâchoire de Draco, s'écrasant dans un splash sur son torse laiteux, juste au dessus d'une longue et pâle cicatrice qui parcourait son ventre. Draco inspira et le sillon rouge frémit, puis continua de couler.
Harry repris la serviette, et effaça la traînée avant qu'elle ne puisse continuer à suivre l'autre cicatrice. « Tu devrais aller voir Pomfrey, » dit il, se penchant pour examiner la plaie sur le scalp.
« Elle me hait, » grogna Draco. « Ow ! C'était mes cheveux, espèce d'andouille. »
« Tiens toi droit, » insista Harry, enchantant le verre pour le faire sortir. Il y avait un bon nombre d'éclats, mais aucun n'était très large, et pour autant que Draco saignât, aucune de ses coupures n'avaient l'air particulièrement profondes. Harry plongea un doigt dans le baume cicatrisant et l'étala dessus. « Et de toute façon, je te hais aussi, alors tu pourrais aussi bien aller voir quelqu'un qui sait ce qu'il fait. »
« Tu ne me hais pas, Harry, » souffla Draco, les épaules affaissées, les mains lâches autour du verre, les yeux rivés sur le sol, la parfaite image de la rejection triomphante. « Pas vraiment, non. » Et pendant un instant, ce fut comme regarder dans le passé—comme regarder entre les barreaux d'une cellule d'Azkaban quand sa némésis d'enfance était tombé bas. Comme attendre pour le sentiment de triomphe et de revendication qui ne semblait jamais arriver. Comme si Harry pouvait pratiquement entendre l'écho lointain de la voix de Draco écorchée et larmoyante alors qu'il admettait qu'il était effrayé, alors qu'il implorait Harry pour qu'il le sauve.
Avec un juron, Harry cogna le pot contre la table et se détourna. « Tu n'arrêtes pas de te dire ça, » rabroua-t-il, balançant la serviette ensanglantée dans l'évier. « Et ça continue d'être faux ! Tu m'as utilisé ! Tu m'as menti ! Tu as fait de me faire mal un jeu, Draco ! Est-ce que tu penses que ça fait de nous des meilleurs amis ? »
« C'était juste pour t'embêter, » la voix de Draco était toujours douce, toujours basse, mais quelque chose se tapissait derrière elle juste à la surface de ces mots. Harry ne se retourna pas, sachant qu'il n'en verrait aucune ombre, ou aucune vérité dans les yeux de Draco. « Tu rends ça facile, tu sais, » continua Draco, « Mais ce n'était pas vrai, ce que j'ai dit. Pas vraiment. T'es juste si foutrement chaud quand tu deviens taré, Harry. Tes yeux deviennent si brillants et je ne suis jamais fatigué de—
« Voir le regard sur mon visage quand je réalise que je suis encore en train de me faire baiser ? » Cracha Harry.
Un bruissement derrière lui, une odeur d'eau de Cologne et de savon et de sang réchauffant le dos d'Harry quand Draco s'approcha. « J'ai déjà dit que je ne le pensais pas, Potter. Qu'est ce que tu veux de plus de moi ? »
Harry virevolta, frappa ses deux mains à plat contre le torse de Draco et le poussa. « Je veux que tu PARTES, » beugla-t-il tandis que Draco chancelait, s'accrochant à la chaise, et s'y effondrant. « Je veux que tu sortes de ma vie, et de mon boulot, et de ma putain de MAISON ! »
« Harry, attends, » appela Draco, tandis qu'Harry levait sa baguette pour invoquer une bulle. « Attends juste un instant, s'il te plaît. S'il te plaît ! » Se maudissant lui-même pour ça, Harry attendit, sa respiration courte et acérée alors que son ex-amant se relevait doucement. « Ecoute, je suis désolé, » dit Draco au final, se penchant pour brosser les plis de son pantalon. « Apparemment, j'ai fait une terrible erreur. »
« Apparemment, » agréa Harry les dents serrées.
« Je n'aurais pas dû venir ici et m'attendre à ce que tu m'écoute, » continua Draco, se retournant quand il se redressa, sa baguette à la main et son sourire devenu hargneux. « Expelliarmus ! »
La baguette d'Harry s'échappa de sa main, et la force du sort l'envoya contre le comptoir de la cuisine. Des flammes se formèrent dans sa tête quand elle s'écrasa contre le placard, et quand Harry s'effondra sur le sol, une pluie d'assiettes et de tasses le suivirent. Draco l'immobilisa avec des sorts de cordage avant que la dernière n'explose.
« Sans un bon sort du saucisson, en tout cas, » dit Draco, s'agenouillant pour attraper une poignée de cheveux d'Harry et le projetant tête la première dans la vaisselle brisée. « Tu ne fais jamais attention à moins qu'on t'attache et qu'on te bâillonne, hein, Potter ? »
« Putain, » protesta Harry, sentant un genou dans son dos le pressant contre les éclats. « 'E'age ! » Mais il n'avait pas l'extension pour frapper, et l'instant d'après, il sentit ses vêtement se désintégrer sous l'action de la magie de Draco.
« Oh, je le ferai, » les mots s'enroulèrent, complaisants et viles contre la nuque d'Harry tandis que tout le poids de Draco pesait sur son dos. « Si tu es gentil, je te ferais peut être éjaculer aussi, » dit Draco, et agita carrément son sexe contre les fesses d'Harry. « Mais encore une fois, petit masochiste que tu es, tu vas probablement éjaculer tout de suite, hein ? »
Harry grogna, sentant le sol tranchant sous lui devenir visqueux. C'était loin d'être froid pour de la sueur, ce devait être du sang. « Ne t'avise pas à faire ça bordel, Draco, » haleta-t-il et rampa tandis que le sexe cognait aveuglement entre ses fesses, pris, puis dérapant encore. « Tu ne veux vraiment pas faire ça ! »
Draco fit une pause, les mains encerclées durement autour des bras saignants d'Harry, les hanches en arrière alors qu'il considérait en se moquant. « Hmm…non. Je pense, que tu trouveras, que je veux, » dit il, et il ramena ses hanches doucement et inexorablement vers l'avant de nouveau, plus bas cette fois, déplaçant son poids juste là quand il sentit Harry frémir sous lui. « Essayons de savoir si tu peux toujours me prendre à sec. »
Plus jamais !
Puis vint un moment cristallisé de pur et parfait NON. Une sensation montante d'erreur qui secoua Harry beaucoup plus que l'assaut fait à son corps. Un déferlement d'émotion si fort que Harry se cambra pour l'éviter presque par réflexe et ne sentit pratiquement pas quand le dos de son crâne frappa Draco à la figure.
Mais il sentit quand les liens s'évaporèrent de ses bras et de ses jambes. Sa main se referma contre quelque chose de long et pointu, quelque chose qui coupa ses doigts pendant qu'Harry se débarrassait de Draco sur son dos. Il se retourna, balançant aveuglément son fragment, mais Draco était hors d'atteinte au même moment.
« Dégage d'ici, » s'entendit Harry dire, « Dégage avant que je te tue. »
Draco sourit, morbide au travers des filets de sang entre ses lèvres et ses dents. « Alors c'est un bain de sang que tu veux ? » Il leva sa baguette. « Et bien, comme si tu avais à demander ! Sectumsempra ! »
Harry ne sentit pas les coupures, tout ce qu'il sentit fut l'impact, le choc et la douleur, douleur, douleur ! Comme si le sort n'avait pas juste tranché dans son corps et son visage, mais également dans sa magie, son esprit—dans son âme elle-même. Il pouvait la sentir surgir de lui, un afflux chaud et horrifié de vie qui ne laissait uniquement dans son sillon une faiblesse rampante, un sentiment de noyade et un bourdonnement dans ses oreilles.
Il glissa le long du mur, s'accrochant à la conscience avec chaque fibre de sa volonté. Draco se redressa, le nez ruisselant et les yeux éclairés de triomphe. Les oreilles d'Harry commencèrent à cogner. Il leva sa baguette, seulement c'était toujours le long éclat de vaisselle, éclaboussé de sang et tremblant dans sa main. Le cognement s'amplifia, cette fois avec la voix de Snape dedans.
Harry avait toujours pensé, si jamais il devait saigner jusqu'à la mort et sur le point d'être anéanti par un ennemi, que la voix qu'il entendrait serait celle de sa mère, pas celle de Snape. Il sonnait assez ennuyé, également. Drôle de chose, l'esprit.
Draco virevolta, jeta un regard noir à la porte du cottage et puis se dirigea vers la table. Harry traqua ses mouvements avec une sorte de soif désespérée, effrayé de laisser le meurtrier blond hors de sa vue pendant tout le temps que cela lui prendrait pour ciller.
Draco se faufila sous la table pour attraper son pantalon, tira quelque chose de sa poche. « J'peux pas rester chéri, » dit il, et cracha du sang dans la direction d'Harry. « Je te laisserai ta monnaie sur la table de nuit, je peux ? »
« Va… te faire … » parvint à dire Harry, mais Draco déplia simplement les horaires du métro dans ses mains et transplana.
« Merde, » sanglota Harry. Puis il ferma les yeux et laissa le cognement dans sa tête l'emporter.
oOoOoOo
il se réveilla au son d'un chant, bas et doux et familier, pour réchauffer, et un gentil confort enveloppant si profond qu'il en était presque douloureux. Il soupira, roula vers le son et murmura, « Snape ? »
Quelque chose bruissa derrière lui, et la voix de Snape se transporta gentiment dans les oreilles d'Harry. « Hmph. C'est une tradition pour les hommes dans votre position d'appeler leurs mères, Potter. »
Harry se renfrogna mais n'ouvrit pas les yeux. « Elle est morte. »
« Oui. »
Le chant reprit l'instant d'après, la sensation de guérison s'épanouit dans les joues d'Harry, ses épaules, ses cuisses. Il cligna des yeux pour les ouvrir, se questionnant pendant un moment sur la texture bizarre sous lui avant de réaliser qu'il regardait au contours aiguisés des appliques du plafond de sa salle de bain. Et il écoutait Snape, chantonnant une mélodie de phénix quelque part derrière sa tête pendant que de l'eau aux odeurs d'herbes s'évaporait contre sa figure.
Harry pouvait toujours sentir le sang, et il pouvait entendre Dobby s'agiter dans la cuisine. Passant la serpillière, le balais, ramassant du verre et de la vaisselle, et les sanglots furieux de l'elfe au milieu de tout ça, en contrepoint du sort de guérison. Il inspira profondément pour faire partir la douleur écrasante entre ses côtes, mais ça n'arrangea rien.
« Snape, » dit Harry, mais il n'obtint aucune réponse. « Snape, je suis désolé. »
Toujours pas de réponse, mais le chant s'arrêta, et il entendit un bruissement de tissu quand Snape se releva. Son visage était dur comme de l'acier et fermée quand il apparut distinctement à Harry. Il y avait du sang sur sa joue, et étalé sur la chemise où ses robes noires avaient été écartées. Sa baguette était contre celle d'Harry dans son poing serré alors qu'il attendait que Harry dise quoique ce soit qu'il ait voulu dire.
Désolé, ses lèvres formèrent le contour de ce mot une nouvelle fois, en silence.
Désolé de vous embêter, désolé que vous ayez encore eu à me sauver, désolé d'avoir jamais eu regarder ce sort, désolé que Remus ne puisse pas vous aimer, désolé de n'avoir pas cru que vous étiez de notre côté, désolé d'avoir aimé un jour Draco, désolé d'avoir regarder dans votre pensine, désolé de vous avoir haï, de ne pas vous avoir cru, pas compris, désolé d'avoir ruiné votre chemise, désolé je—
« Nettoyez le sang de votre visage, » dit Snape après une longue pause, « Puis allez vous coucher. » il se pencha, ramassa quelque chose de blanc et rouge du sol. Harry réalisa avec surprise qu'il s'agissait de la chemise ensanglantée de Draco, enlevée avant qu'il soit rentré chez lui. Le monogramme sur la poche rutilait un 'DM' en calligraphie argentée.
Merde.
Harry se débattit dans le bercement magique qui le maintenait à flot, et se mit sur ses pieds, et réussi à ne pas couler uniquement en attrapant le rebord de la baignoire à deux mains. « La cheminée, » haleta-t-il. « Je n'ai jamais protégé la cheminée proprement. Il ne l'a jamais utilisé à cause de la cendre, et il était là, et je ne le savais pas, et je—
« L'elfe a mes directives pour le dosage des potions de renouvellement sanguin et pour dormir, » le coupa Snape tandis qu'il se tournait vers la porte et sa voix était aussi lourde qu'un roc. « N'essayez pas de les altérer ou de les éviter, ou il amènera Madame Pomfresh pour s'arranger avec vous. Suis-je compris ? »
« Non, je… » Snape fit une pause dans l'encadrement de la porte, une main sur le linteau, une oreille tournée, son dos et sa mâchoire pris dans le même verrou rigide. Les mots se figèrent dans la gorge d'Harry, jusqu'à ce que la seule chose qui puisse glisser entre l'étau soit, « Ne partez pas… s'il vous plaît. »
Mais Snape secoua seulement la tête et partit. Ses robes murmurant des menaces douces dans son sillage, jusqu'à ce que la porte claque.
Harry ferma les yeux, plongea dans l'eau vaporeuse, et l'imagina se refermer sur sa tête ; remplissant ses poumons, noyant ce sentiment horrible et enfonçant de perte qui se diffusait en lui ; effaçant tout, mélangeant le tout dans la chaleur ambiante et la mémoire pâlissante du chant du phénix.
Mais il était toujours le garçon qui a survécu, même maintenant.
Et quand Dobby vint le chercher pour le mettre au lit, Harry le suivit sans protester.
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A conclure (Muhahahaha)
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Je me confonds en excuse pour le retard. D'un autre côté, j'ai franchement été malade, et mes priorités à ce moment là ne se tournaient pas vers FFnet.
Bon, j'y suis quand même arrivée. J'espère que cet avant dernier chapitre vous a plu. Cluegirl a fini sa fic (mais rien n'est encore publié) et la fin ne devrait pas trop tarder à arriver.
Voilà.
Sinon, je ne suis pas peu fière de vous annoncer que je reprends la traduction de la talentueuse Gaeriel Palpatine, d'une fic de la non moins délicieuse Cybèle 'If you are prepared' ('Si vous êtes prêt'). C'est ma fic préférée à jamais de tout le fandom, vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis contente de pouvoir terminer la traduction ! Je pense commencer à poster d'ici trois semaines, ça vous donnera le temps de lire le début (lien dans mon profil).
Enfin, pour terminer, par curiosité et envie d'autres lectures, je serais assez contente de savoir qu'elle (s) est (sont) votre (vos) fic(s) favorite(s). Laissez moi tous ça par mail ou dans vos merveilleuses reviews. Si ça vous intéresse, je peux aussi donner mes coups de cœur (majoritairement en anglais par contre…)
Merci d'avoir lu, faites moi parvenir vos remarques et un grand merci pour votre soutien !
